Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Bahdon83 le 22 Mai 2017 à 19:29:15
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Je viens d'ajouter une deuxième partie à mon texte. J'espère que cela vous plaira. J'attends vos commentaires avec impatience.
[ Partie 1 ]
Les connaisseurs de la flore et de la faune Djiboutienne seraient étonnés si on leur apprenait que, parmi les espèces animales répertoriées dans le territoire, il se trouve des lions. Non pas des lions avec une crinière flamboyante, des canines tranchantes et des griffes meurtrières, mais des lions d’une espèce toute particulière, qu’on pourrait presque qualifier de « pittoresque » ou de « typique » du pays.
Ces lions sont tout d’abord herbivores, même s’ils ne dédaignent pas une petite ration de viande de temps à autre, et cuite de préférence. Etonnant, non ? Je vous l’avais bien dit… Ceci dit, tout en étant herbivore (et carnivore à temps partiel), ces lions ne consomment pas n’importe quelle herbe : ils raffolent énormément d’une plante qui ne pousse pas chez nous à Djibouti, ils en raffolent tellement qu’on est autorisé à dire qu’ils en ont fait leur mets unique et exclusif, en matière d’herbe du moins. Cette plante très recherchée par les lions de Djibouti s’appelle le khât. Et c’est quand ils en consomment que leur aspect « lion typiquement Djiboutien » paraît le plus évident.
Ce n’est pas tout : nos lions nationaux ne les consomment pas n’importe où, comme de vulgaires lions qui dévorent leur proie à l’endroit même où ils l’ont saisie. Nos lions ont des endroits très spéciaux, où ils se réunissent pour déguster leur herbe favorite : les mabrazes. D’où la dénomination que les autres détenteurs de la nationalité Djiboutienne ont trouvé pour eux : les lions du mabraze.
Eh !oui, il y a les lions de l’Atlas, qui sont une quelconque équipe de football nationale qui, bien qu’ils n’aient pas du tout l’air de lions, osent se dénommer ainsi. Et il y a les vrais lions, ceux du mabraze, de Djibouti.
[ Partie 2 ]
Avant de continuer, j’espère que cette petite introduction animalière conduite sur le mode ironique ne vous aura pas trop dérouté. Si c’est le cas, faisons une petite pause pour faire le point et éclaircir mon propos. Par l’expression « lion du mabraze », je me suis proposé de tracer le portrait humoristique d’une catégorie de personnes qui, à Djibouti, s’adonnent à la consommation du khât, qui est une plante aux propriétés euphorisantes, et qu’on pourrait comparer à la plante de coca sud-américaine (avant qu’elle ne soit transformée en cocaïne, bien sûr), ou à la noix de kola ouest-africaine. Sa consommation provoque des sensations similaires à l’absorption des drogues douces, et elle est d’ailleurs répertoriée comme telle en Europe et aux Etats-Unis. La consommation du khât est un désastre non seulement sur le plan de la santé, mais aussi sur le plan financier (2ème sur la liste des dépenses prioritaires, au niveau national, avant les habits ou la santé). Cette plante produit des ravages sur le plan familial, car elle constitue l’un des points de discorde les plus importants dans un ménage Djiboutien. Pourtant, cette plante est vendue librement et légalement à Djibouti, malgré le fait qu’elle ait transformé les hommes (et les femmes) qui la consomment en zombies, efflanqués, désorientés et apathiques. La raison pour laquelle j’ai décidé de comparer ces personnes à des lions est relative à leurs comportements, une fois sous l’emprise de la plante, où ils se croient capables de tout, même de saisir le monde dans le creux de leurs mains !!!
Après cette parenthèse très ennuyante, retournons à nos moutons, ou plutôt à nos lions, et continuons ce fascinant plongeon dans la faune unique de ce pays, dont les félins sont si particuliers. Voici donc la deuxième partie de notre reportage animalier.
Comment reconnaît-on un lion du mabraze ? Puisque, d’après tout ce je viens de vous révéler, je suppose que vous avez deviné qu’ils ne ressemblent pas vraiment à l’image « touristique » que l’on a d’un lion lambda, banal félin à la crinière terne, se vautrant dans la poussière avec un air tout à fait quelconque. Il sera donc utile de vous donner certaines indications afin que vous ne passiez pas à côté d’un superbe spécimen de cette espèce animale sans vous en rendre compte.
Tout d’abord, le lion du mabraze aime à se promener en fouta, qui est une grande pièce de tissu cylindrique et qui se noue au niveau des hanches ; c’est une sorte de jupe, si vous voulez, ou de kilt africain. Cet habit particulièrement seyant sur un lion du mabraze est un emprunt à la culture indonésienne par les arabes, et qui a été adopté, outre le Yémen, par les habitants de la Somalie, de Djibouti e d’Ethiopie, le jardin d’Eden en ce qui concerne le khât.
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Vraiment amusant ton petit texte, curieux de découvrir les autres parties.
L'illusion est parfaite, j'ai vraiment cru que tu évoquais des vrais lions, je m'attendais à un bestiaire de Fantasy :)
Par contre, petite coquille :
ils raffolent énormément d’une plante qui ne pousse pas chez, ils en raffolent
Chez Nous ?
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Merci beaucoup, j'ai corrigé la coquille, comme tu pourras le voir en relisant le texte. Et je suis sur le point de mettre en ligne la deuxième partie. C'est un texte que j'essaie d'écrire au fur et à mesure; comme je suis récemment devenu papa [ poule :) ], je n'ai pas beaucoup de temps à consacrer à ma passion.