Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: MZK le 15 Mai 2017 à 18:37:31
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" Et si nous consacrions une bonne partie de cet après-midi à stimuler nos organes génitaux respectifs ? "
Il avait prétexté la sur-abondance pluviométrique pour se soustraire à la traditionnelle escapade dominicale et proposer une activité d'intérieure plus libidineuse qu'une ballade en forêt. Dans son imaginaire fleuri, la " main dans la main " devenait caresse dans la culotte et les grands Ents chatouillés dans leur pudeur se transformaient en rideaux de chambre, une alcôve à l'amour.
" Et si nous nous en tenions, comme nos 20 ans de vie commune nous le suggère, à une petite randonnée dans les bois. A ta pluie complice j'offre en parade ton ciré et ta paire de bottes. Je t'autorise même à glisser tes phalanges dans la poche arrière de mon jean pour te montrer que je m'efforce d'aller dans ton sens. "
Elle avait prétexté l'imminence de son cycle menstruel pour se soustraire à la sempiternelle proposition indécente de Marsellus qui accompagnait de façon immuable 2 décennies de fins de semaine. La position horizontale n'offre pas le même confort de digestion que celle utilisée pour aligner des pas. La verticalité de cette marche dans la gadoue favorisera le transit du coq au vin vers son abri stomacal et son coco vaincu par de si brillants arguments finira par se résoudre à abandonner le fantasme ithyphallique pour une excursion elfique.
Mia lui a tendu son parapluie 51 au top du bon goût, celui qui au contact de la pluie transforme les gouttes innocentes en pisse anisée. Une demi heure de twingo plus tard, il ouvre son périmètre de baleines copieusement rouillées au centre d'une prédominance verte chlorophylle comme pour annoncer à l'après-midi que cette cérémonie sylvestre inaltérable n'est pas à mettre à son initiative.
" Putain le sol est degueulasse, on va foutre de la merde plein la voiture. "
Bref. Marsellus n'est pas là de son plein grès.
Sorti de sa mauvaise humeur grâce à l'apparition miraculeuse d'un généreux soleil, Marsellus sifflote les notes d'une partition inventée. Il coule de bout de ses doigts dans la proéminence arrière du jean de sa femme et lui smack la joue. Mia sourie et décide de poursuivre par un chemin inconnu. La végétation se fait rapidement plus dense mais sans les loups, du moins pour le moment. Les fougère enlacent leurs mollets avec insistance, des pommes de pins taquines rendent leur direction incertaine et glissent sous leurs semelles des indications inconnues. Marsellus finit par tomber de tout son long, nez à nez avec une farandole de gros cèpes. Ravi, il retire son ciré et commence à le remplir de précieux champignons. Les deux amants coupent par un sentier, hypnotisés par la promesse d'une omelette au dîner. Au bout d'une centaine de mètres, ils stoppent net devant le perron d'une cabane à première vue abandonnée. Marsellus enroule la came dans son vêtement et avec un bâton, le dresse en baluchon sur son épaule. Il toque à la porte et ne semble pas surpris du silence comme réponse. Ils entrent. La porte de la chambre ouverte offre le spectacle alléchant d'un lit fait au carré parsemé de pétales rouges.
" Et si nous profitions de cet heureux fruit du hasard pour terminer cette charmante escapade par une envolée de jambes en l'air ? Nous pourrions nous laisser aller aux pulsions ravageuses qui nous dévorent et cueillir le fruit mûr de la tentation par le bout de nos orgasmes ? "
Ne prétextant rien d'autre que son désir naissant, Marsellus commence son effeuillage, vite arrêté dans son élan par Mia.
" Et si tu te rhabillais en vitesse avant que le bûcheron, sorti besogner du tronc d'arbre, ne t'interpelle avec le tranchant de sa hache ? Tu y gagnerais en durée de vie et tu t'épargnerais le ridicule d'une situation que je te laisserais seul à gérer. "
Un mouvement de fermeture éclair plus tard, le couple referme la porte du logement forestier et emprunte à contre sens le chemin aller.
Dans la cuisine de leur chez eux, l'huile et les petits oignons sursautent dans la poêle brûlante. Le champignon roi embaume la pièce et dilate les rétines papilleuses. Mia casse 5 œufs pour couronner le festin. L'omelette est comme ils l'aime, bien baveuse.
" Et si nous profitions de ce spectacle orgasmique et de ce blanc d'œuf délicatement coulant pour... "
" Tu m'soûles Marsellus... "
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bonsoir MZK :
Ton texte ma fais assez rire sur la fin et même un peu au début !
Joli texte !
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Bonjour MZK,
un texte drôle et assez jouissif (pas sûr que le mot soit bien choisit concernant ce texte enfin bref). Le couple séparé par une vision différente de la manière de passer un dimanche et l'homme cherchant à embellir de belle lettre ses pulsions j'adore !
Peut-être aurais-tu pu éviter la répétition de la formule ".....plus tard" (avec la demi-heure de twingo et la fermeture de braguette), même si je trouve que ça change -en bien - du comptage classique du temps.
Une petite coquille aussi avec "de son plein grès" *gré, mais rien de bien méchant.
A bientôt ! ;)
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J'essaye des choses plus légères que d'habitude, des petites histoires qui ne mangent pas de pain... C'est peut être qu'en ce moment je vais bien et que de par ce fait tout va bien.
Merci pour votre passage sur ce texte et bonne semaine.
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J'adore. Parler autant de sexualité sans une once de vulgarité tout en nous faisant rire. Bravo, la légèreté de ce texte est bienvenue et efficace ;)
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Salut MZK,
Il coule de bout de ses doigts dans la proéminence arrière du jean de sa femme et lui smack la joue.
le bout ( :viviane:)
Mia sourie et décide de
sourit
Les fougère enlacent leurs mollets
fougères
Sympa comme lecture, ça m'a plu et fait sourire.
J'essaye des choses plus légères que d'habitude, des petites histoires qui ne mangent pas de pain... C'est peut être qu'en ce moment je vais bien et que de par ce fait tout va bien.
c'est cool :)
Merci pour la lecture,
Rémi
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Merci Rémi
Je corrige les coquillettes
Au plaisir
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bonjour MZK,
suggère suggèrent
son plein grès son plein gré
Il coule de bout Il coule le bout
Les fougère enlacent Les fougères enlacent
L'omelette est comme ils l'aime L'omelette est comme ils l'aiment
Une bien belle balade qui nous tire des sourires.
Et une belle image, celle des pommes de pins qui font changer de direction les promeneurs.
Merci pour le partage.
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bonjour,
Comme dit plus haut c'est un texte assez drôle dans son ensemble. Je te tire mon chapeau pour réussir à emmener cette sexualité sans en faire trop ( on ne peut pas en dire autant de Marsellus !). J'ai beaucoup aimé les unités de temps différentes de ce qu'on peut voir habituellement ( ça me fait penser à Bob l'éponge).
Je trouve juste la partie avec la maison un peu incongrue. .
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Le fil conducteur de ce texte c'est cette monomanie de Marsellus à vouloir transformer cette journée en Dimanche sexuel, d'où les redondances dans la construction.
En raison des prénoms des personnages je voulais appeler ce texte PULP FRICTION. Mais le trip trop copyrighté a été refusé par mon éditeur, un homme barbu mais charmant.
Merci pour vos lectures, corrections et commentaires
Au plaisir
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Bonsoir
Le titre est excellent tout comme le texte. : ;D
J'ai bien ri
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Merci Voile
Bonne soirée
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Super texte ;D
Juste une remarque : quand tu parles de "prédominance" verte au centre du périmètre de baleines, j'aurais plutôt vu "proéminence". Même si on change le sens de la phrase, ça reste cohérent et tu décrits ainsi le parapluie avec un nom à connotation plus volontiers sexuelle, au lieu de te cantonner à des considérations de couleur.
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Bien vu, je vais changer ça. Merci :)
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ouaip, mais tu vas avoir deux proéminences à quelques lignes d'intervalle du coup...
(remarque, deux proéminences, ça fait penser à des trucs :-¬? )
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Oui mais dans mes textes je fais la chasse aux répétitions quand elles sont pas volontaires.
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(réponse contextualisée)
-Marsellus, des rosiers ! Sais-tu où poussent des rosiers à l’orée du bois ?
La vision du lit du bucheron, des odorantes pétales bombées, flottait encore dans l’esprit de sa femme.
-Eh bien…il y a le hameau du sentier, et des rosiers chez Flifu et Kostie.
-Tu penses que l’une d’elle…et lui… ?
Et leurs sens se réveillèrent de partager davantage de complicité.
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Oui mais dans mes textes je fais la chasse aux répétitions quand elles sont pas volontaires.
On peut toujours changer la phrase où a lieu la deuxième occurrence du terme :-¬?
Il coule de bout de ses doigts dans la proéminence arrière du jean de sa femme et lui smack la joue.
"Il coule le bout de ses doigts dans les confins du jean de sa femme et lui smack la joue."
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Salut
Pourquoi confins ? Proéminence me va trés bien :)
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Je viens d'arriver sur le forum et ton texte est pour l'instant l'un des plus (agréablement) surprenants que j'y ai rencontré !
Le titre est accrocheur. On a un peu peur en cliquant de se retrouver face à un de ces romans Harlequin (ou pire) . Quelques lignes suffisent toutefois à rassurer et puis j'ai été attrapée par le style un brin provocateur qui ne franchit jamais la ligne. J'ai aimé le ton aussi. Je ne le définirai pas parce que je ne saurai pas le faire et c'est sûrement un peu ce qui m'a plu en fait.
Marsellus & Mia sont les archétypes de la normalité dans le couple mais celle qu'on essaye un peu de cacher ou de ne pas voir. La féministe en moi aurait apprécié que les rôles soient inversés (second degré - ne me cataloguez pas tout de suite, je viens d'arriver :mrgreen: ).
Le parallélisme filé promenade dans les bois / l'ébat ne devient jamais lourd. J'aime le jeu sur les sons auquel spontanément j'ai envie d'ajouter quelque chose: si le lecteur s'attend à voir tomber les bas effilés de Mia, je crois que c'est bien de les lui avoir laisser (quoique, débat: on met des bas quand on se promène dans les bois ?)
Bref, je te dis chapeau bas (histoire de finir en lourdeur pour de bon :) )
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Merci pour ton commentaire et bienvenue sur le MdE
Au plaisir de te lire :)
Bon week end
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Salut
Pourquoi confins ? Proéminence me va trés bien :)
Je trouve que glisser une main dans quelque chose, doit faire penser à quelque chose de creux, qui peut recevoir/contenir quelque chose (une poche, pour contenir la main).
Quand tu parles de "la proéminence arrière du jean de sa femme", tu parles bien de la poche du jean ? Je trouve ça étrange de décrire avec le mot "proéminence" quelque chose de creux.
Cependant le terme proéminence utilisé à cet endroit peut faire penser au caractère rebondi du postérieur de Mia, ce qui va bien avec le style du texte :mrgreen:
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:D Original, drôle, surréaliste, libidineux. C'est chouette.
Et puis ça donne sérieusement envie d'une omelette aux champignons.
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Mangez-moi mangez-moi mangez-moi qu'ils disaient... :p