Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: camdailclot le 15 Septembre 2009 à 14:50:54
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Spirale de plume.
Quelle nécessité me pousse, pourquoi marcher sans relâche sur ce sentier étroit, pourquoi garder la tête basse sans regarder autre chose que le bout de mes chausses ?
Les forêts, je croyais ne plus les craindre, ne plus sursauter au moindre bruit, ne plus trembler entre chien et loup lorsque tout devient sombre et indistinct.
La peur , elle est toujours présente, elle me suit comme mon ombre, attachée inlassablement à mes pas. Elle est une acharnée compagne, mais malgré les souffrances qu'elle engendre elle n'apporte pas la sagesse de fuir ou de se mettre à l'abri.
Chaque foulée apporte sa contribution à l'édification globale. Parfois la sente déroule ses méandres en pente douce, tout est fluide, facile, agréable, presque flatteur. Puis vient la côte, sournoise et insidieuse, qui lentement brise l'élan des jarrets.
Il y a bien sûr des renoncements, des abandons piteux ou las, des marches en arrière où tout s'efface. La mémoire possède le don d'oublier les impasses. Tout recommence alors, avec de nouveaux espoirs.
Le pire vient lorsque le but est atteint. La tentation devient trop grande de tout partager, de se frotter aux regards des autres, de sentir leur souffle derrière sa nuque. On espère les lauriers on craint les quolibets, mais ce que l'on redoute le plus sans doute, c'est l'indifférence.
Ma plume m'emportera toujours dans ces voyages incertains, aucun échec ne me fera renoncer, aucun succès ne sera un point d'orgue. Sans cesse je m'abreuverai et me nourrirai à la lecture des autres, des génies autant que des amateurs. Je croque les mots comme des friandises, comme des morceaux d'éden. Lorsqu'une écriture ou une lecture s'achève je deviens orphelin, amputé d'une partie de moi même, et longtemps je vis avec l'illusion qu'elle est encore accrochée en moi. Ensuite le vivant puise dans l'humus du passé sa nourriture, il pousse et prend peu a peu la place dont il a besoin sans faire trop de cas de ce qui l'a précédé.
Heureusement le chemin n'est pas un cercle, c'est une spirale qui jamais ne revient sur elle même et toujours explore de nouveaux itinéraires.
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Le titre m'a interpelé. ^^
Ça se lit facilement, le texte est fluide et est relativement court. Il se suffit à lui-même, mais comme souvent face à ce genre de texte, je sais pas quoi dire. >< :D
elle n'apporte pas la sagesse de fuir ou de se mettre à l'abri.
Chaque foulée apporte sa contribution
La répétition casse un peu le rythme du texte.
J'ai apprécié l'image de la spirale, mais en parler en termes d'"itinéraires" me semble étrange. Ça impliquerait des notions comme un début ou une fin, tandis que le narrateur paraît marcher car incapable de faire autrement, et donc sans trop savoir où il va.
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merci pour ta critique
effectivement cette répétition m'a échappée
elle n'est pas très heureuse effectivement
L'écriture me paraît un chemin, donc un itinéraire avec un début et une fin , le problème c'est que je ne cesse jamais d'écrire et que tout recommence sans solution de continuité et je crois qu'en écrivant je n'ai pas d'autre but que de satisfaire une envie plus forte que la routine des jours
alors jour après jour sans jamais trouver d'issue la spirale m'emporte
On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve