Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Alan Tréard le 15 Avril 2017 à 13:27:05

Titre: Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Alan Tréard le 15 Avril 2017 à 13:27:05
Bonjour,

Je travaille en ce moment sur des contes féeriques et je suis à la recherche d'impressions de lecture pour satisfaire mes travaux.

Certains contes sont encore en phase d'écriture, d'autres de réécriture. J'espère pouvoir, à long terme, en proposer une version finale avec un manuscrit à la clé ; celui-ci date un peu, me pencher à nouveau dessus me permettra de construire ma démarche.

Un grand merci à vous pour votre gentillesse ! :mafio:



Le Nid aux Oiseaux bleus

Il était une fois, une petite maison élevée sur les hauts plateaux. Dans les hauteurs, on respirait l'air frais des espaces surélevés, cela nourrissait l'esprit et l'inspiration. On connaissait les chemins et sentiers pour rejoindre la maison, mais peu de voyageurs s'y aventuraient tant les dangers apparaissaient sur la route. On conseillait d'être bien expérimenté en randonnée et en escalade avant de se hisser d'une pente caillouteuse à l'autre. Seule la famille peu nombreuse vivant dans cette minuscule maison osait descendre chaque jour dans le bourg un peu plus bas, pour aller chercher de quoi vivre et s'habiller.

On avait appelé cette petite maison le Nid aux Oiseaux bleus tant il paraissait difficile d'y accéder. Les conteurs de droite et de gauche disaient qu'il fallait voir ses ailes pousser pour parvenir à y atterrir sans blessure. Certains racontaient même que cette habitation était installée dans les nuages, et qu'elle s'envolait au loin lorsque le ciel était dégagé. Est-il seulement possible d'installer un toit sur des nuages ? En réalité, une petite fille était née dans cette bâtisse qui avait bel et bien été érigée sur le sol rocheux des monts. Personne ne savait que cette petite fille y était apparue, car sa mère et son père avaient voulu cacher cette heureuse naissance.

Ils savaient bien que la petite fille voudrait sortir visiter la région lorsqu'elle serait grande et insaisissable, mais ils voulaient retarder son départ de la maison aussi longtemps que la vie le leur permettrait. Une fois l'enfant sortie du ventre de sa mère, les deux adultes avaient conclu un accord secret pour maintenir leur progéniture enfermée dans le Nid aux Oiseaux bleus. Alors, quand la petite fille avait mûri, ils lui avaient raconté des histoires de dragons et de gamins sauvages dans les montagnes pour lui faire peur et lui demander de ne pas quitter son Nid. À imaginer le monde par leur bouche, on ne pouvait que croire que le dehors était fait de guerres, de bruits étranges et de bêtises. Les mensonges avaient fonctionné quelques années, puis la petite fille posant toujours de nouvelles questions, les fausses histoires les mirent bien en difficulté !

Bientôt il fallait expliquer pourquoi le dragon les surveillait, ou comment les enfants sauvages devenaient des grands sauvages, ou encore quel monstre géant faisait la pluie et le beau temps.

Un jour que les parents étaient descendus au bourg, la petite fille s'était aventurée en dehors de chez elle. La petite fille ne trouvant plus de réponses à ses questions, elle avait décidé que le mieux serait encore qu'elle vérifiât ses suppositions par elle-même pour ne plus à avoir à ennuyer ses parents avec son insatiable curiosité. Il fallait marcher quelques pas depuis le Nid aux Oiseaux bleus pour rencontrer une fontaine dont les parents pouvaient puiser l'eau qu'ils buvaient. La fontaine était bien là, elle était creusée dans la pierre. Sa mère avait l'habitude de dire que les loups s'y abreuvaient, ce qui faisait drôlement peur à la petite fille. Un peu plus bas, on trouvait un château en ruines. Difficile de surmonter les pierres, le père disait cependant que les fantômes passaient au travers ! Ensuite, après avoir parcouru tout ce chemin, il suffisait de quelques enjambées pour contourner le Précipice du Dormeur et tomber nez à nez avec un potager.

Dans un potager, on trouve de tout : des pommes de terre, des haricots et des carottes ; on peut toujours entretenir un potager en famille, les petits aiment utiliser l’arrosoir et goûter les récoltes au dîner.

Quand elle était plus jeune, la petite fille écoutait ses parents expliquer que des sauvages s'organisaient par centaines et tendaient des pièges aux voyageurs. Avec des filets et des feuillages artificiels, les guetteurs féroces attrapaient tout ce qui venait sur leur chemin, et même les curieux ! Les démonstrations du père pour mimer les cris et les gloutonnement de la tribu présageaient le pire pour le Nid aux Oiseaux bleus qui pourrait se trouver attaqué. Selon les évocations des parents, les sauvages montaient des tentes grandes comme cinq chapelles qu'ils jetaient par-delà le Précipice du Dormeur pour effrayer les géants des pics.

Ayant quitté le Nid aux Oiseaux bleus, la petite fille dépassa la fontaine, puis traversa les ruines du château, puis contourna le Précipice du Dormeur ; elle fut très surprise de trouver un potager, car ses parents n'en avaient jamais parlé. Que se pouvait-il bien se cacher derrière ce secret ? Quelles horreurs du potager pouvaient-elles être si terribles qu'aucun mot ne les définissait ? L'enfant fit quelques pas dans le coin des pommes de terre, puis quelques uns dans le coin des haricots, pour finalement traverser le coin des carottes. Au bout des allées, un vieillard ratissait le sol, il faisait une grimace de souffrance. La terre était un peu sèche, et cela donnait un mal de dos terrible à ce bonhomme très âgé. Le vieillard n'avait pas l'air méchant, et c'est la raison pour laquelle la petite fille l'interpella : « Bonjour vieillard, je viens du Nid aux Oiseaux bleus. Êtes-vous un sauvage ? »

Les mots lâchés par la petite fille firent d'abord peur au vieillard qui ne s'était pas attendu à une telle apparition. Après que la surprise fût passée, celui-ci commença à grogner, puis il tapa du pied, puis leva son râteau pour faire fuir la petite fille. Ce gars avait l'air bien fâché, il n'avait pas l'habitude d'entendre de telles paroles dans la bouche d'une gamine. Les vieillards n'aiment pas être pris pour des sauvages. Quand on fait du jardinage ou qu'on déterre un légume, on voudrait bien être tranquille. Entretenir son potager, c'est faire preuve d'une grande attention.

Il y a parfois des phrases et des expressions qui caressent l'esprit et l'adoucissent, mais il y en a aussi qui dérangent et qui font monter la colère.

Il n'en fallut pas plus à la petite fille pour que celle-ci quitte le potager, contourne le Précipice du Dormeur et s'en retourne dans son Nid protégé ; elle avait peur d'être châtiée. Elle savait très bien qu'elle aurait facilement pu faire tomber le vieillard dans le Précipice du Dormeur si elle avait voulu, mais elle préférait ne pas être prise pour une sauvage. Il valait mieux rester dans le Nid aux Oiseaux bleus. Les parents ne tardèrent pas à rentrer, eux aussi, et ils avaient l'air en colère. Quand on fait des bêtises, on ne sait plus trop où se cacher. Par chance, le père et la mère ne dirent mot sur les agissements de la petite fille qui ne voulait pas parler de ses activités curieuses. L'enfant voulait garder le silence, c'est ce qui la protégerait des sanctions. Celle-ci attendrait que les grands partent à nouveau pour elle-même quitter encore la maison.

Il y a plein d'adultes qui nous demandent de ne pas visiter le monde, mais ont-ils vraiment raison ?

Le lendemain, après la sortie des parents, la petite fille décida de parcourir la montagne pour chasser le dragon et rassurer son père et sa mère. Peu de gens savent chasser les dragons, cela demande une certaine aisance, et un peu d'insouciance. Pour cela, il suffisait de grimper la Colline aux Chardons d'hiver, sans se faire voir par le dragon. Quand on voit la Colline aux Chardons d'hiver depuis tout en haut, on aperçoit très vite des animaux qui s'y déplacent en bas. Selon la mère, il fallait également escalader une cascade sans se faire attraper par les sauvages qui s'y nettoient le corps et s'y lavent les cheveux de temps en temps. Bien sûr, les aventuriers n'ont pas peur de se mouiller pour découvrir l'inconnu. Ensuite, une simple traversée d'un étroit passage menait directement sur le terrain de chasse du dragon. On ne sait jamais ce que l'on trouve derrière une ouverture resserrée. Ce qui terrifiait les parents, c'est que ce dragon eût très bien pu se jeter sur le Nid aux Oiseaux bleus pour y dévorer la famille. Une fois le dragon éloigné, les parents n'auraient plus de raison d'interdire à la petite fille de sortir de chez elle. L'un des meilleurs moyens de convaincre ces deux-là que la petite pouvait sortir, c'était qu'elle leur montre qu'elle avait tenu tête au dragon. C'est pourquoi il y avait de bonnes raisons de faire le chemin jusque là.

La petite fille se souvenait très bien des indications de ses parents, et n'eut aucun mal à trouver le terrain de chasse du dragon. Une fois arrivée sur le lieu de tous les dangers, non sans avoir surmonté sa peur, la petite fille rencontra une femme assise sur un banc. On ne peut pas confondre une femme avec un dragon, ce n'était donc pas ce qui avait été annoncé. Le lieu n'avait pas l'air si sauvage que dans les histoires, et la dame qui était assise sur le banc chantait des chansons avec une guitare dans les mains. Quand on écoute une chanson, on imagine parfois que les paroles sont identiques à la réalité. Celle-ci arrêta de jouer de la musique lorsqu'elle vit la petite fille s'approcher. La grande dame avait un sourire normal et une mine paisible.

« Bonjour Madame la chanteuse, je viens du Nid aux Oiseaux bleus, dit la petite fille. Êtes-vous une sauvage ? » Le ton sur lequel ces mots furent prononcés paraissait tellement naturel et d'une grande sincérité que cela froissa grandement la dame. Après avoir levé son poing au ciel, la chanteuse lança un cri de colère qui fit trembler les montagnes ; cela paraissait encore pire que dans les histoires de dragon !

Il ne manquait rien pour effrayer la petite fille qui fit le chemin inverse, se précipitant de l'étroit passage vers la grande cascade jusqu'à la Colline aux Chardons d'hiver qu'elle franchit d'un bon pour s'engouffrer finalement vers le chemin du retour pour le Nid aux Oiseaux bleus. On sait toujours retrouver son chemin quand on s'enfuit en courant. Après un jour d'attente et de silence, la petite fille s'inquiéta de ne pas voir les parents rentrer à la maison. Elle aperçut cependant la mère revenir, puis le père. Qu'allaient-ils annoncer ? Que fallait-il en penser ? Ceux-ci étaient très en colère, ils attrapèrent la petite fille dans leur mains toutes resserrées, puis lui posèrent tout plein de questions :
« Es-tu sortie du Nid aux Oiseaux bleus dernièrement ?
— Non, jamais ! répondait la petite fille.
— As-tu contourné le Précipice du Dormeur ?
— Non, c'est interdit ! insistait-elle.
— As-tu grimpé la Colline aux Chardons d'hiver ?
— Non, si je sors, les sauvages me jetterons des pierres, » ne cessait-elle de répéter.

Le Nid aux Oiseaux bleus tout entier vibrait sous les insultes et les accusations des parents.

La petite fille attendit que ses parents se calment, puis alla s'enfermer dans sa chambre. La nuit était en train de tomber, et elle espérait que ses parents s'apaiseraient pour ne plus la frapper. Elle savait très bien que des gens viendraient dans le Nid aux Oiseaux bleus maintenant qu'ils l'avaient vue une première fois. Elle comprenait très bien qu'on la rechercherait et qu'on la capturerait. Son père avait l'air de perdre sa confiance, et sa mère pourrait mourir de chagrin. Il ne manquait plus que des gens tapassent à la porte du Nid aux Oiseaux bleus pour que le lit de la petite fût brûlé et ses vêtements confisqués.

Tout le monde a besoin d'une chambre et d'un lit où se réfugier, mais on préférerait parfois vivre dans un château fort dans lequel les méchants n'entreraient pas.

Une fois la nuit tombée, la petite fille décida de sortir de son Nid par la fenêtre. Peu importe les risques que cela représentait, il était temps de prendre son envol ! Enfin jetée dans la nature, elle se lança sur un sentier qui menait vers le pont que ses parents disaient tenu par des ogres. On sait très bien que certains ogres s'installent sur les ponts pour en faire tomber les voyageurs. Elle ne trouva aucun ogre sur le pont, et le traversa pour se rapprocher du puits que ses parents prétendaient visité par des monstres. Il faut éviter de s'approcher d'un puits la nuit, car on risque bien de s'y trouver emprisonné. Il n'y avait là pas plus de monstres que de créatures, et c'est la raison pour laquelle la petite fille n'hésita pas à entrer dans la Forge des Voisins solidaires que ses parents accusaient d'abriter des sauvages qui y fabriquaient leurs épées et leurs chaudrons. Si le père ou la mère avait visité la Forge des Voisins solidaires et y avait trouvé des sauvages, pourquoi ne leur avait-il pas demandé d'en sortir ? La petite fille saurait très bien se servir d'une épée pour éloigner les mauvais esprits qui voulaient la mettre en cage. Quand on entre dans une forge, on y trouve également des couteaux et des marteaux. Et puis il faudrait se préparer à la bataille si l'on voulait enchaîner l'enfant, car elle était bien déterminée à se défendre.

Une fois entrée dans la Forge des Voisins solidaires, il y avait un grand four. En général, on préfère ne pas en toucher les braises de peur de se brûler. Le grand four de la Forge des Voisins solidaires avait pour particularité d'abriter une fée qu'on savait bonne conseillère. Quand on observait la fée du four, on se sentait en sécurité, et l'on partageait une conversation calmement. Les fées disent toutes des choses imprévisibles, les fées ont beaucoup d'assurance. Curieuse de découvrir les secrets que cachait la fée de la Forge des Voisins solidaires, la petite fille lança un grognement comme font les sauvages, et dit ces mots d'un ton haut et fort : « Bonjour fée de la Forge des Voisins solidaires, je viens du Nid aux Oiseaux bleus. Es-tu une sauvage ? »

La fée ne fut pas surprise par cette parole curieuse, car elle savait beaucoup de choses sur le Nid aux Oiseaux bleus. Quand on ne sait pas ce qui se cache dans un lieu fermé, on se donne les moyens d'en deviner le contenu. Malgré les mensonges des parents à tous les habitants des alentours, la fée avait très vite deviné la naissance de l'enfant. La fée de la Forge des Voisins solidaires pouvait reconnaître les traits du visage d'un père, et avait pressenti l'accouchement de la mère des années auparavant. La famille du Nid aux Oiseaux bleus mangeait pour trois personnes, ce qui paraissait bien surprenant considérant la maigreur des deux adultes. Elle avait pu constater que des vols de vêtements d'enfants avaient été remarqués depuis peu, et que l'une des familles les plus pauvres des alentours était celle du Nid aux Oiseaux bleus. Lorsque les parents accueillaient quelques rares visiteurs, ils leur demandaient de garder le secret de la maison pour cacher la naissance de la petite fille, or les voyageurs ne savent jamais garder un secret bien longtemps.

La gamine aurait très bien pu se faire des copines et des copains, elle avait eu bien raison de désobéir à ses parents.

« Dis à tes parents de venir me voir, indiqua la fée d'une voix aiguë, et je leur demanderai de ne pas te gronder, et d'annoncer à tout le monde ta naissance. » Ces paroles avaient de quoi effrayer la petite fille, mais le courage l'amena à s'en retourner chez elle et à dire tout ce qui était arrivé pendant la nuit. C'était inquiétant de devoir répéter les paroles de la fée, on en n'avait pas vraiment l'habitude. Dès l'aube, les parents avaient été interpellés par les habitants des alentours qui demandaient à entrer dans le Nid aux Oiseaux bleus. Tous les gens de la région avaient appris la nouvelle avec joie et voulaient féliciter le père et la mère pour l'heureuse nouvelle. On amena bientôt le médecin depuis l'autre côté des monts pour que celui-ci prenne soin de la petite fille et s'assure de la bonne santé de celle-ci. Souvent, des gamins venaient taper à la porte pour demander de jouer avec la petite fille. On fit intervenir des ouvriers et des architectes pour construire une passerelle au-dessus du Précipice du Dormeur et pour bâtir un escalier sur la Colline aux Chardons d'hiver afin de rendre les environs plus accessibles. Dans le pays, on avait l'habitude d'aider les familles à accompagner leurs enfants, encore fallait-il que ceux-ci soient connus des autres.

Bientôt la famille du Nid des Oiseaux bleus compris que même dans sa situation difficile, elle pourrait bénéficier de la bienveillance de ce petit monde si elle faisait part de ce qu'elle vivait et de ce qu'elle voulait pour ses enfants. On raconte que la famille accueillit l'heureuse nouvelle d'un nouveau né, un garçon cette fois-ci, mais cela reste à vérifier.

Moins on a peur de la vie, mieux on trouve les mots pour raconter les histoires.

Qu'on soit une petite fille, un père ou une mère, on a toutes les raisons de partager ses joies et ses chagrins, c'est ce qui donne vie à l'accessibilité, au soulagement et à la sérénité.
Titre: Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Olik le 02 Mai 2018 à 17:03:06
Quelques notes sur l'utilisation de mots ou d'expressions utilisés dans un sens qui ne me paraît pas correct, à mon niveau très 'amateur', ou bien sur des éléments dont le sens me semble trouble ou m'échappe.


Après, l’interprétation que j'en fais c'est qu'il s'agit d'un conte moral, avec une inversion de rôle, les parents dans le rôle de l'enfant à éduquer et l'enfant qui montre la voie, les libèrent tous par sa curiosité et son combat, malgré les peurs, malgré ses parents.

Titre: Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Alan Tréard le 02 Mai 2018 à 17:39:57
 :coeur: Oh ! Un an que j'attends un retour de lecture...

Merci pour cela L_aï_au_lit !

Je vais me pencher sur tes apports, tu as bien compris à quel point les jeunes filles sont une richesse pour nos pauvres esprits englués dans la morosité...

J'enverrai bientôt ce conte accompagné des autres aux maisons d'édition que j'ai référencées pour l'occasion, heureux que tu y aies apporté ton propre regard !!
Titre: Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Claudius le 02 Mai 2018 à 18:17:05


Je viens de découvrir ce conte Alan, et je découvre la date où tu l'as posté en lisant ta réponse.

En ce qui me concerne, je suis mitigée. C'est une jolie histoire, une idée généreuse et nouvelle.

Au fil du texte :
Citer
Il était une fois, une petite maison élevée sur les hauts plateaux. Dans les hauteurs, on respirait l'air frais des espaces surélevés, cela nourrissait l'esprit et l'inspiration. On connaissait les chemins et sentiers pour rejoindre la maison, mais peu de voyageurs s'y aventuraient tant les dangers apparaissaient sur la route. On conseillait d'être bien expérimenté en randonnée et en escalade avant de se hisser d'une pente caillouteuse à l'autre. Seule la famille peu nombreuse vivant dans cette minuscule maison osait descendre chaque jour dans le bourg un peu plus bas, pour aller chercher de quoi vivre et s'habiller.


- une petite maison élevée sur des hauts plateaux. Dans les hauteurs... espaces surélevés... ça fait beaucoup  de "haut" en moins de deux phrases.
-  tant les dangers "apparaissaient" ... je ne sais pas si c'est le bon verbe à employer. (survenaient ? )
- Seule la famille "peu nombreuse" bizarre aussi

Citer
Personne ne savait que cette petite fille y était apparue, car sa mère et son père avaient voulu cacher cette heureuse naissance.

"y était apparue" idem (y avait vu le jour, y était née)

Citer
Un jour que les parents étaient descendus au bourg, la petite fille s'était aventurée en dehors de chez elle. La petite fille ne trouvant plus de réponses à ses questions, elle avait décidé que le mieux serait encore qu'elle vérifiât ses suppositions par elle-même pour ne plus à avoir à ennuyer ses parents avec son insatiable curiosité. Il fallait marcher quelques pas depuis le Nid aux Oiseaux bleus pour rencontrer une fontaine dont les parents pouvaient puiser l'eau qu'ils buvaient. La fontaine était bien là, elle était creusée dans la pierre. Sa mère avait l'habitude de dire que les loups s'y abreuvaient, ce qui faisait drôlement peur à la petite fille. Un peu plus bas, on trouvait un château en ruines. Difficile de surmonter les pierres, le père disait cependant que les fantômes passaient au travers ! Ensuite, après avoir parcouru tout ce chemin, il suffisait de quelques enjambées pour contourner le Précipice du Dormeur et tomber nez à nez avec un potager.

la petite fille - répétition x 3

la fontaine où les parents puisaient l'eau...

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Dans un potager, on trouve de tout : des pommes de terre, des haricots et des carottes ; on peut toujours entretenir un potager en famille, les petits aiment utiliser l’arrosoir et goûter les récoltes au dîner.

Pourquoi rajouter ce passage alors que plus loin tu dis que la petite fille ne sait pas ce qu'est un potager.

 
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Selon les évocations des parents, les sauvages montaient des tentes grandes comme cinq chapelles qu'ils jetaient par-delà le Précipice du Dormeur pour effrayer les géants des pics.

Je ne comprends pas ce passage, des tentes qui effraient des géants ?

Citer
Quelles horreurs du potager pouvaient-elles être si terribles qu'aucun mot ne les définissait ?

tournure tarabiscotée, Quelles horreurs du potager pouvaient être si terrible pour qu'aucun...

Citer
Il y a parfois des phrases et des expressions qui caressent l'esprit et l'adoucissent, mais il y en a aussi qui dérangent et qui font monter la colère.

Jolie phrase

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Il n'en fallut pas plus à la petite fille pour que celle-ci quitte le potager, contourne le Précipice du Dormeur et s'en retourne dans son Nid protégé ; elle avait peur d'être châtiée.

encore un peu lourd, "celle-ci" est inutile :
Il ne lui en fallut pas plus pour qu'elle quitte le potager.

Citer
Le lendemain, après la sortie des parents, la petite fille décida de parcourir la montagne pour chasser le dragon et rassurer son père et sa mère. Peu de gens savent chasser les dragons, cela demande une certaine aisance, et un peu d'insouciance
de l'aisance ? j'aurais plutôt vu du courage là.

Je me suis arrêtée là pour l'instant, j'y reviendrai.

Tu sais que je ne suis pas très douée en analyse, et sûrement moins calée que toi en écriture, mais je ne me sens pas à l'aise dans ce conte. Bien que l'histoire en elle même me plaise beaucoup et que ta plume soit très littéraire (avec parfois des accents enfantins un peu poussés).

Remarque générale :  je ne sais pas si ce conte est fait pour les enfants, mais je le trouve un peu compliqué dans la formulation des phrases.

Beaucoup de répétitions, petite fille revient souvent, père, mère... Pourquoi n'as-tu pas donné des prénoms à tes personnages ? Cela t'aurait permis de varier le vocabulaire.

A plus Alan  ;)




Titre: Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Alan Tréard le 02 Mai 2018 à 19:20:13
 :D Ah ! Bah je te remercie Claudius, ça fait plaisir de trouver un retour.

Effectivement, mes contes partiront bientôt vers différents éditeurs, et ceux-ci auront le loisir de poser les questions qui leur paraissent importantes.

Je prends note cependant de tes remarques et vois par la même occasion que tu ne manques pas d'aimer la mise en scène, toi aussi. ;)

Heureux de voir que mes contes intéressent quelques curieux en ces recoins secrets de notre Monde...
Titre: Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Claudius le 02 Mai 2018 à 19:22:34
Il faut remercier l'aï qui a eu la bonté de remonter une année en arrière, sinon il serait encore dans les limbes de l'oubli  :mrgreen: :mrgreen:

Oui je suppose que les éditeurs auront des lecteurs bien plus calés que moi, c'est évident.

 ;D ;D
Titre: Re : Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Alan Tréard le 02 Mai 2018 à 19:37:40
Il faut remercier l'aï qui a eu la bonté de remonter une année en arrière, sinon il serait encore dans les limbes de l'oubli  :mrgreen: :mrgreen:

 :\? Ça, ça reste encore à démontrer... Il va falloir faire encore quelques efforts, courage Claudius !
Titre: Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Claudius le 02 Mai 2018 à 19:39:23

Des efforts pour quoi ? continuer à te lire et finir mes remarques ?

 :D :D :D oui, demain, pour ce soir j'attends des amis

 :mrgreen: :mrgreen:
Titre: Re : Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Alan Tréard le 02 Mai 2018 à 19:46:12

Des efforts pour quoi ? continuer à te lire et finir mes remarques ?

 :D :D :D oui, demain, pour ce soir j'attends des amis

 :mrgreen: :mrgreen:

Je ne pense pas qu'un retour « désagréable » soit nécessaire. Ne t'investis dans la lecture de mes contes que si tu y éprouves un réel plaisir.

C'est rare qu'un lecteur fasse un tel mouvement pour dire à l'auteur : « J'ai lu, mais c'était une vraie souffrance, salop !! » je ne voudrais pas te forcer, ne te sens pas obligée.

Et profite bien de tes amis surtout, l'amitié est une valeur importante, Claudius ; toutes mes amitiés.
Titre: Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Claudius le 02 Mai 2018 à 19:59:38
Alan, tu me connais mal, si je lis et commente c'est que ça me plait. Sinon je ne dis rien et je passe mon chemin.

Ton conte m'a plu, j'ai tout suivi, tout compris. J'ai juste quelques réticences quant au ton, aux constructions de phrases et aux mots employés. S'il s'agit d'un conte pour enfant, comme je l'ai dit à Job, le phrasé doit être simple et les phrases aussi.

C'est tout,

Oui mes amis arriveront tard, c'est l'Espagne ici.

 :D :D
Titre: Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Alan Tréard le 02 Mai 2018 à 20:35:29
 :D Bon, bah j'ai du boulot moi, encore merci pour ton retour !!
Titre: Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: O.deJavel le 03 Mai 2018 à 06:09:53
Citer
Moins on a peur de la vie, mieux on trouve les mots pour raconter les histoires.

Qu'on soit une petite fille, un père ou une mère, on a toutes les raisons de partager ses joies et ses chagrins, c'est ce qui donne vie à l'accessibilité, au soulagement et à la sérénité.

J’ai bien aimé l’imagerie du conte, le précipice aux dormeurs, le potager, le pont et ainsi de suite.  Et la petite qui va à l’aventure avec sa belle naïveté. Il y a beaucoup d’action. La formulette semble être « est-ce que vous êtes un sauvage ? » C’a m’a bien fait sourire! La finale est brève, comme il se doit. On constate que la petite a réglé son problème d’isolement, ce qui est une fin heureuse, puisqu’elle a réussi !

Un conte bien ficelé !

Pour ce qui est de la morale, que je mets ici en citation, elle est écrite en deux paragraphes :

1) Je m’interroge sur la ligne « Moins on a peur, mieux on trouve les mots pour raconter les histoires »

Alan, est-ce que tu veux dire ici que les parents rapportaient à l’enfant ce qu’ils croyaient être la vérité ?  Mais que leurs récits étaient faussés par leurs peurs ? Je ne comprends pas trop :)

2) Qu’on soit une petite fille...

Je comprends que la morale ici, c’est que peu importe qui on est, on ne doit pas s’isoler ? On doit se partager et s’ouvrir aux autres ?

Si c’est le cas, j’aime bien cette morale - les deux morales, en fait :)

Je les rephraserais si tu en as le temps où si tu as envie de le faire. Ils pourraient être plus claires.  Note que pour un conte, le  mot « accessibilité » est rébarbatif. Peut-être pourrais-tu mettre « facile d’approche » ou « capable de se faire des amis ».

Enfin, j’ai bien aimé ! :)
Titre: Re : Re : Le Nid aux Oiseaux bleus [conte féerique]
Posté par: Alan Tréard le 03 Mai 2018 à 12:17:51
Bonjour O.deJavel,

Un grand merci à toi pour ce retour éveillé, c'est la première fois qu'un de mes lecteurs insiste sur le message adressé aux adultes ; jusqu'ici, la plupart des retours que j'avais insistaient surtout sur la première lecture adressée à l'enfant.

Je trouve que ton interprétation de cette lecture est très proche de ce que j'ai voulu évoquer (notamment le besoin de sortir de l'isolement) et c'est un réel enrichissement de constater ce que tu en as retenu.

Une chose en revanche qui t'a échappé et sur laquelle je vais revenir pour t'apporter quelques explications, c'est une troisième lecture (eh ! Oui, je m'en offre, des interprétations) qui serait une lecture philosophique.

1) Je m’interroge sur la ligne « Moins on a peur, mieux on trouve les mots pour raconter les histoires »

Alan, est-ce que tu veux dire ici que les parents rapportaient à l’enfant ce qu’ils croyaient être la vérité ?  Mais que leurs récits étaient faussés par leurs peurs ? Je ne comprends pas trop :)

Effectivement, derrière ces mots enfantins se cache tout un monde, je m'amuse à mettre un propos d'une profondeur sous les traits de l'innocence, c'est quelque part un mot d'esprit stylisé...

Moins on a peur, mieux on trouve les mots pour raconter les histoires.

La thématique de l’histoire est celle de parents qui isolent leur enfant pour ne pas avoir à se confronter à son propre regard. On sait à quel point la jeunesse porte un regard critique sur les croyances ou les attitudes des parents. L'éducation revient également à se confronter à ce qu'on transmet à l'enfant. On ne fait pas que nourrir un enfant, on lui apporte en plus tout une éthique tout une identité.

Ce rôle de parent, cette responsabilité envers l'enfant, peut parfois être la source de toutes les angoisses. Et cette même angoisse peut amener à prendre les pires décisions. Transmettre des valeurs à l'enfant avec les mots justes, ce n'est pas un acte anodin, cela demande une véritable concentration, mais également de parler parfois de ce que l'on ne comprend pas soi-même.

J'en profite alors pour faire un parallèle envers mon propre rôle de conteur, celui-ci a vocation également à transmettre aux parents la conscience que leur enfant, même « fille obéissante », se dépassera naturellement et aspirera à prendre possession de son environnement. Que cette peur de voir l'enfant aiguiser son regard, juger son parent, ne peut qu'éloigner le parent de la difficile tâche d'éducation qui est la sienne.

J'encourage avant tout les parents à immédiatement considérer que l'enfant questionnera le monde par lui-même, que l'enfant ira lui-même vérifier que ce qui est dit est vrai ou faux. Que l'enfant aspire lui-même à, plus tard, pouvoir raconter ses propres histoires à ses propres enfants...