Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: ernya le 06 Septembre 2009 à 14:30:10

Titre: ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 06 Septembre 2009 à 14:30:10
Le titre a déjà dû vous interpeller. Oui, c’est de l’espagnol et oui, il y a quelques passages en espagnol, pas beaucoup mais vu la longueur du texte, un peu. Je m’excuse pour les non hispanistes, mais ça m’est venu en espagnol et non en français. Il faut dire que je me suis inspirée d’un film espagnol de Carlos Saura.
En français, le titre donne: pourquoi les papillons ne pleurent-ils pas ?

Pour ceux qui n'ont pas fait espagnol ou qui ont tout oublié, voici la version traduite (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=2393.msg62404#msg62404) ;)

Bonne lecture à tous !

(relu et corrigé en octobre 2014)






¿ Por qué no lloran las mariposas ?


Elle est apparue avec sa grosse valise sur le perron. Selene. Une dizaine d’années environ. Des cheveux noirs, coupés à la garçonne. Une bouche fine que le sourire semblait avoir déserté et des yeux noirs, froids, tristes.
Sa silhouette, frêle, témoignait de la noirceur de son enfance : élevée dans une famille déchirée, au milieu des cris, du silence et des nuits torrides de son père.
La femme qui l’accompagnait la pressait de dire quelque chose. Je lui souhaitai la bienvenue et lui adressai un grand sourire.
« Quiero que se muera. »
Ce fut sa façon de me saluer. Après les récriminations de la femme, on m’expliqua qu’elle ne cessait de répéter cette phrase funèbre depuis la mort de ses parents. Je lui lançai un regard peiné ; son visage se durcit.

Selene, hija de la luna,  c’est chez un peintre que tu aurais dû frapper, il aurait su capturer ce regard sur une toile et l’immortaliser bien mieux que moi. Selene, rancoeur de la vie, Selene, qui m'a tant de fois fait douter du sens de l'existence.

C’était une jeune fille solitaire, qui parlait peu et qui s’ennuyait ferme. Il lui manquait quelque chose à cette petite, quelque chose qui lui permettrait de sublimer son amertume et qui lui rendrait le sourire.

Selene, fille de la lune et des spectres souffrait d’insomnies. Le soir, je restais à son chevet pour l’aider à s’endormir. Son petit visage crispé semblait refouler les souvenirs de son passé. Qui a dit que les nuits d’enfants étaient sereines ?
« Quiero que se muera. ¡ Que se muera ! No soy la almendrita, soy el cuervo de tu noche, mamá. »
Elle ouvrit brusquement les yeux et m’aperçut. Je fus incapable de lui sourire ou de la rassurer. Ses yeux noirs me jugèrent, je pâlis et la laissai seule, comme tous les autres avant moi.

Un jour, elle sera duchesse de Brabant ;
Elle gouvernera la Flandre ou la Sardaigne.
Elle est l’infante, elle a cinq ans, elle dédaigne.

Je ne sais pourquoi ces vers de Hugo me revenaient en la voyant jouer, seule, dans le jardin fleuri. Dans la solitude qu’elle s’était érigée, elle semblait reine et je la contemplais comme un objet trop précieux qu’on n'ose toucher. 

Les jours et les heures passèrent. Sa litanie funèbre se fit plus rare et bien qu’elle ne m’adressât la parole qu’à regret, elle s’efforçait d’accepter ma présence. Cette enfant s’était construit son propre imaginaire dont elle refusait de m’en laisser la clé ; sa voix laissait s’échapper des énigmes : « ¿ Por qué no lloran las mariposas ? »

Las mariposas. Ils la fascinaient. Cela remontait à un souvenir de sa mère. Elle avait attrapé entre ses doigts un petit papillon doré. Le pauvre cherchait à s’échapper et il voletait désespérément entre ses mains jointes, répandant sa poussière dorée un peu partout. Lorsqu’enfin il s’échappa, la mère se mit à jouer du piano et dit à sa fille que le papillon était magique. La musique manquait à cette jeune fille. J’aurais voulu savoir jouer du piano, mais je ne touchais que très peu à la guitare.

Elle me surprit dans mes répétitions. Elle vint avec sa petite tête triste s'asseoir dans le fauteuil le plus éloigné. Lorsque les dernières notes s’évanouirent, elle s’avança vers moi et pour la première fois je vis ses yeux sourire. Elle me demanda de continuer et je m’empressai de répondre à son désir ; elle resta assise en tailleur, la tête entre les mains, juste devant moi.

À partir de ce jour, Selene cessa peu à peu sa litanie de mort, elle fredonna des chansons qu’elle seule connaissait.

« ¡ Pobrecito, qué ojos tristes !
¡ Anda y olvida !
Las manillas pueden torcer
Todavía y todavía
De día o de noche
El recuerdo permanecerá
Como las horas alegres.
¡ Pobrecito, qué ojos tristes !
¡ Anda y olvida ! »

Dès que la musique entra de nouveau dans sa vie, Selene put retrouver l’allégresse propre à son âge. Elle me donna de merveilleuses journées et désormais je n’eus plus peur d’affronter ses yeux noirs.


Selene grandit. Elle trouva un jeune homme qui l’aimait. Elle partit voyager avec lui. Ils restèrent de nombreuses années au Mexique et au Pérou. J’étais heureux pour elle, je me sentais fier d’avoir pu la réconcilier avec la douceur de vivre. Avant de partir, elle m’avait dit qu’elle ne m’oublierait pas, qu’elle reviendrait les bras chargés de souvenirs.

Pobrecito.
Me olvidaste, Selene. Me olividaste. Esperé a tus ojos negros y a tu sonrisa cansada. En vano.
J’ai joué pour te faire revenir nos morceaux préférés sur toutes les routes de France. Tu en as même entendu un à l’autre bout de l’océan, par téléphone, et j’ai entendu ta voix faible comme un sanglot. Mais tu n’es jamais revenue auprès du noble tío.

J’ai quitté notre maison.
Me olvidaste, pobrecita.
Néanmoins en reposant la guitare, cette question me hante toujours : Selene, ¿ por qué no lloran las mariposas ?


Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Milora le 06 Septembre 2009 à 14:48:45
Citer
Selene, rancoeur de la vie, Selene, combien de fois m’as-tu fait douter du sens de la vie ?
"vie" x2 (remplacer l'un des deux par existence ?)

Citer
C’était une jeune fille solitaire, qui parlait peu et qui s’ennuyait ferme. Il lui manquait quelque chose à cette petite, quelque chose qui lui permettrait de sublimer ses rancoeurs et qui lui rendrait le sourire.
Y a déjà eu "rancoeur" un peu plus haut...

Citer
Cette enfant s’était construite son propre imaginaire
construit

Alors... j'ai trouvé ça joli et très bien écrit. Vraiment, j'ai trouvé le style très adapté :) Je trouve quand même qu'il lui redonne goût à la vie un peu vite, en comparaison de la longu description de sa tristesse, qui sonne d'ailleurs très juste.


Pour les passages en espagnol, comme j'ai compris ça ne m'a pas gênée, mais ils sont importants pour le sens du texte ; à mon avis une note de bas de page ne serait aps de trop (sauf pour la chanson et pour le "tío", peut-être)...


Sinon, micro-détail : en espagnol il n'y a pas d'espace avant les signes de ponctuation, je crois ^^

Titre: Re : Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 06 Septembre 2009 à 15:01:16
Citer
Selene, rancoeur de la vie, Selene, combien de fois m’as-tu fait douter du sens de la vie ?
"vie" x2 (remplacer l'un des deux par existence ?)
oui, je sais pas, mais je vais changer la répétition

Citer
C’était une jeune fille solitaire, qui parlait peu et qui s’ennuyait ferme. Il lui manquait quelque chose à cette petite, quelque chose qui lui permettrait de sublimer ses rancoeurs et qui lui rendrait le sourire.
Y a déjà eu "rancoeur" un peu plus haut...
oui, c'est vrai ( je le savais en plus :-[)

Citer
Cette enfant s’était construite son propre imaginaire
construit
ok, j'étais pas sûre, donc word a encore raison

Je trouve quand même qu'il lui redonne goût à la vie un peu vite, en comparaison de la longu description de sa tristesse, qui sonne d'ailleurs très juste.
c'est vrai, c'est un peu rapide, enfin, c'est vrai qu'il a une ellipse, elle va pas non plus changer du jour au lendemain mais la musique ça peut quand même faire des miracles au niveau de l'émotion ^^

Pour les passages en espagnol, comme j'ai compris ça ne m'a pas gênée, mais ils sont importants pour le sens du texte ; à mon avis une note de bas de page ne serait aps de trop (sauf pour la chanson et pour le "tío", peut-être)...
oki, les paroles donc ? et la fin "Me olvidaste..." ?

Sinon, micro-détail : en espagnol il n'y a pas d'espace avant les signes de ponctuation, je crois ^^
ah ? je trouve ça moche en fait sans espaces :mrgreen:

sinon je suis contente que tu aies apprécié ^^
j'avais peur que ça paraisse un peu plat surtout que tu connais mieux l'Espagne que moi et t'as pas relevé de fautes, c'est cool :P
Titre: Re : Re : Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Milora le 06 Septembre 2009 à 15:03:27

Je trouve quand même qu'il lui redonne goût à la vie un peu vite, en comparaison de la longu description de sa tristesse, qui sonne d'ailleurs très juste.
c'est vrai, c'est un peu rapide, enfin, c'est vrai qu'il a une ellipse, elle va pas non plus changer du jour au lendemain mais la musique ça peut quand même faire des miracles au niveau de l'émotion ^^
Certes, mais faudrait qu'on le sente dans le texte... Là j'ai trouvé ça un peu brutal... (c'est en fait le seul bémal que je trouve au texte).

Sinon, ce serait pas "porqué", dans le titre - en un seul mot ?
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Gros Lo le 06 Septembre 2009 à 15:06:11
Citer
Après les récriminations de la femme,
je trouve (c'est donc personnel et il ne faut pas en prendre ombrage :huhu:) que "femme" sonne mal, peut-être qu'avec un adjectif genre "vieille femme" ou... non je sais pas, juste pour moi ça fait un peu wesh, mais bon.


Citer
il aurait su capturer ton regard sur la toile et l’immortaliser bien mieux que les palabres d’un modeste commerçant.
les palabres immortalisent ?


Citer
Selene, fille de la lune et des spectres
j'aime ^^


Citer
No soy la almendrita, soy el cuervo de tu noche, mamá. »
voilà la résonance de cette phrase dans mon inconscient ahispanique : "Ne sois pas toute contrite, sois le caveau de ta nuit, maman" :mrgreen:


J'trouve qu'en français le titre est bien aussi.


Citer
« ¡ Pobrecito, qué ojos tristes !
¡ Anda y olvida !
Las manillas pueden torcer
Todavía y todavía
De día o de noche
El recuerdo permanecerá
Como las horas alegres.
¡ Pobrecito, qué ojos tristes !
¡ Anda y olvida ! »
Le pauvret ! quels yeux tristes !
Comme les olives des Andes !*
Les mains peuvent se tordre
Encore et encore
Nuit et jour
Je recommencerai en permanence
Comme aux heures heureuses.
Le pauvret, quels yeux tristes !
Comme les olives des Andes !


*peut aussi signifier : "Pars aux Andes et oublie !"


***

Comme tu le constates, ne pas parler espagnol m'a un peu handicapé dans la compréhension du texte :-¬?

A part ça, j'aime bien l'ambiance qui se dégage dès les premières lignes, c'est un peu l'image que j'ai des nouvelles espagnoles, qqch comme une ambiance pesante et renfermée, le passé, tout ça.
J'aime beaucoup les passages un peu lyriques (qui te caractérisent) et vraiment beaucoup la fin, la guitare et l'obsession.

moi j'ai vraiment aimé ^^
Titre: Re : Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 06 Septembre 2009 à 15:26:37
@ Mil':
oki, je vois, je changerai peut-être, mais je suis vraiment pas sûre
euh.. il y a plusieurs orthographes, non ? ta mère en pense quoi ? :P

@Lo':

Citer
Après les récriminations de la femme,
je trouve (c'est donc personnel et il ne faut pas en prendre ombrage :huhu:) que "femme" sonne mal, peut-être qu'avec un adjectif genre "vieille femme" ou... non je sais pas, juste pour moi ça fait un peu wesh, mais bon.
euh oui... je sais pas, lol, moi, ça me choque pas :mrgreen:
enfin si tu préfères qu'elle soit vieille....


Citer
il aurait su capturer ton regard sur la toile et l’immortaliser bien mieux que les palabres d’un modeste commerçant.
les palabres immortalisent ?
euh... non, on est bien d'accord, donc il est condamné d'office :mrgreen:
mais peut-être qu'il  écrit des chansons sur elle  et qu'il est modeste...


Citer
No soy la almendrita, soy el cuervo de tu noche, mamá. »
voilà la résonance de cette phrase dans mon inconscient ahispanique : "Ne sois pas toute contrite, sois le caveau de ta nuit, maman" :mrgreen:
lol, nope, pas exactement même s'il y a une idée de noirceur
" Je ne suis pas l'amandine / la petite amande, je suis le corbeau de ta nuit, maman"


J'trouve qu'en français le titre est bien aussi.
cool alors mais il restera en espagnol :P

Citer
« ¡ Pobrecito, qué ojos tristes !
¡ Anda y olvida !
Las manillas pueden torcer
Todavía y todavía
De día o de noche
El recuerdo permanecerá
Como las horas alegres.
¡ Pobrecito, qué ojos tristes !
¡ Anda y olvida ! »
Le pauvret ! quels yeux tristes !
Comme les olives des Andes !*
Les mains peuvent se tordre
Encore et encore
Nuit et jour
Je recommencerai en permanence
Comme aux heures heureuses.
Le pauvret, quels yeux tristes !
Comme les olives des Andes !


*peut aussi signifier : "Pars aux Andes et oublie !"

lol. C'est pas "oliva", hein ? c'est "olvida" :noange:
 arf, pobrecito c'est pas facile à rendre bien...

Pauvre petit, quels yeux tristes !
Marche et oublie  ! ( c'est de  l'approximatif, "anda" c'est plus large que ça)
Les aiguilles peuvent tourner
Encore et encore
De jour ou de nuit
Le souvenir restera
Comme les heures heureuses.
Pauvre petit, quels yeux tristes !
Marche et oublie !


A part ça, j'aime bien l'ambiance qui se dégage dès les premières lignes, c'est un peu l'image que j'ai des nouvelles espagnoles, qqch comme une ambiance pesante et renfermée, le passé, tout ça.
J'aime beaucoup les passages un peu lyriques (qui te caractérisent) et vraiment beaucoup la fin, la guitare et l'obsession.

moi j'ai vraiment aimé ^^
dans ce cas c'est parfait si j'ai su recréer l'ambiance et si la fin est bien, merci  :)

Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Gros Lo le 06 Septembre 2009 à 15:31:52


Boh, ma traduction avait son charme. :-¬?


Citation de: ernya
Citation de: Loredan
Citer
il aurait su capturer ton regard sur la toile et l’immortaliser bien mieux que les palabres d’un modeste commerçant.
les palabres immortalisent ?
euh... non, on est bien d'accord, donc il est condamné d'office :mrgreen:
mais peut-être qu'il  écrit des chansons sur elle  et qu'il est modeste...
ah mais ça veut dire ça ? des palabres c'est une discussion interminable. En espagnol c'est autre chose ?


Titre: Re : Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 06 Septembre 2009 à 15:38:13
Boh, ma traduction avait son charme. :-¬?
oui et tu t'en es pas mal sorti

Citation de: ernya
Citation de: Loredan
Citer
il aurait su capturer ton regard sur la toile et l’immortaliser bien mieux que les palabres d’un modeste commerçant.
les palabres immortalisent ?
euh... non, on est bien d'accord, donc il est condamné d'office :mrgreen:
mais peut-être qu'il  écrit des chansons sur elle  et qu'il est modeste...
ah mais ça veut dire ça ? des palabres c'est une discussion interminable. En espagnol c'est autre chose ?
lol, en fait, je tentai une excuse foireuse :mrgreen:
ben "palabras" en espagnol, ce sont les paroles, oui
mais en fait là, je le prenais plus dans un sens en français, du genre "ce ne sont que palabres", des paroles sans grande importance, tu vois ?
bref, ça choque tant que ça ?
on est bien d'accord qu'une palabre n'immortalise pas, en tout cas
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Gros Lo le 06 Septembre 2009 à 15:45:14

Non juste le "bien mieux que" qui établit un parallèle entre le travail du peintre et... les palabres du commerçant. Mais en coordinant autrement ça ira !
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Zacharielle le 08 Septembre 2009 à 11:44:31
J'ai beaucoup aimé ton texte et j'ai presque compris  les passages en espagnol (il serait temps, après 11 ans mdr) xD

Le ton est bien placé, les paragraphes agréablement espacés, voilà, c'était bien quoi !
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 08 Septembre 2009 à 12:23:23
lol,  j'ai pas fait compliqué ( je pense pas en être capable...),  peut-être juste "mariposas" qu'on croise pas tous les jours, XD


je suis contente que t'aimes bien ^^

Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Leia Tortoise le 08 Septembre 2009 à 15:23:19
C'est jouli! Ca me rappelle un mélange des rares influences hispanisantes que je peux avoir: Manu Chao, Gabriel Garcia Marquez, Olivia Ruiz... Je ne parle pas des cours d'espagnol, j'ai tout oublié  :mrgreen:  Mais du coup j'ai quand même un peu compris les mots en espagnol (pas tout - mais ta réponse à Lo' m'a aidé aussi)

Par contre, le narrateur, je me pose des questions: au début j'avais déduit que c'était une fille, à la fin je déduisais que c'était un garçon... ?

Un passage que j'aime particulièrement:
Citer
Selene, fille de la lune et des spectres souffrait d’insomnies. Je restais à son chevet pour l’aider à s’endormir. Son petit visage crispé semblait refouler les horribles souvenirs de son passé. Qui a dit que les nuits d’enfants étaient sereines ?
Les sonorités sont parfaites, surtout l'écho sereines/Selene...

Belle ambiance et beau texte, en tous cas!
Titre: Re : Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 08 Septembre 2009 à 15:35:22
C'est jouli! Ca me rappelle un mélange des rares influences hispanisantes que je peux avoir: Manu Chao, Gabriel Garcia Marquez, Olivia Ruiz...
ah ? comme influence ce serait plutôt "porque te vas" pour ma part ^^

Par contre, le narrateur, je me pose des questions: au début j'avais déduit que c'était une fille, à la fin je déduisais que c'était un garçon... ?
yep, c'est un garçon, d'où le tío :P et il y a "commerçant" au début, lol
faut respecter la parité, XD

Un passage que j'aime particulièrement:
Citer
Selene, fille de la lune et des spectres souffrait d’insomnies. Je restais à son chevet pour l’aider à s’endormir. Son petit visage crispé semblait refouler les horribles souvenirs de son passé. Qui a dit que les nuits d’enfants étaient sereines ?
Les sonorités sont parfaites, surtout l'écho sereines/Selene...
oh ! j'avais même pas vu !
 ^^

merci beaucoup !
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Kathya le 10 Septembre 2009 à 19:17:13
J'ai beaucoup aimé ce texte, la manière dont les deux personnages se rapprochent et s'apprivoisent même si je trouve la transition vraiment trop brusque. La jeune fille est un personnage très attachant, car bien que détaché et distant elle reste très "humaine". Le fait que ce ne soit pas uniquement ce qu'elle a vécu qui l'ait rendu comme ça donne également plus de profondeur au personnage.

Vos commentaires m'ont aidé, je ne comprends absolument pas l'espagnol, ce qui m'a gâché une partie du texte à première lecture. Car bon c'est un peu comme si je lisais un texte en sautant une ligne sur dix.  :P

J'aime le dernier paragraphe, mis à part la phrase que je comprend pas.  ><

La traduction de Loredan m'a bien fait rire, surtout que j'aurais pas fait mieux !^^
Titre: Re : Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 10 Septembre 2009 à 20:03:25
J'ai beaucoup aimé ce texte, la manière dont les deux personnages se rapprochent et s'apprivoisent même si je trouve la transition vraiment trop brusque.
la transition est brusque par ce que je n'ai pas développé son "rétablissement"
je ne voulais pas l'écrire, tout simplement parce que ça changerait tout le texte (niveau longueur, rythme, etc.) et puis parce que je craignais que ça fasse mièvre
donc certes c'est brusque mais je ne changerai pas :noange:

Vos commentaires m'ont aidé, je ne comprends absolument pas l'espagnol, ce qui m'a gâché une partie du texte à première lecture. Car bon c'est un peu comme si je lisais un texte en sautant une ligne sur dix.  :P
oui, je comprends bien que j'aurai dû mal à lire le même genre de texte en allemand :mrgreen:
mais niveau mise en page, mettre des astérisques ou des numéros pour faire des notes à la fin, je trouve que ça ferait perdre au texte tout son charme, ça ferait scolaire ><
mais je reste à votre disposition si vous voulez une traduction de chaque mot espagnol ^^

J'aime le dernier paragraphe, mis à part la phrase que je comprend pas.  ><
la phrase c'est "Me olvidaste, pobrecita" ?
ça veut dire: "tu m'as oublié, pauvre petite".

en tout cas, ça me touche beaucoup que des gens comme toi et Lo' qui ne parlent pas un mot d'espagnol, aient lu et commenté et même apprécié
ça me fait vraiment vraiment plaisir

merci beaucoup, Kathya^^

Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Kathya le 10 Septembre 2009 à 20:51:24
Mes remarques n'ont pas la prétention d'entraîner modifications.  ;)

Pour ce qui est des traductions, tu pourrais les mettre en annexe à la fin, même sans renvoi. Ca ne changerait rien au fait qu'on les lise "après" le texte, mais au moins elles seraient disponibles. Car c'est un peu frustrant pour le lecteur de pas comprendre (et pas pratique de les dénicher dans les commentaires). Enfin, tu fais comme tu veux.  :P

Je sais pas si on a tant de mérite que ça. En ce qui me concerne, je pense que je ne lis simplement pas le même texte que les lecteurs comprenant l'espagnol et que certains passages n'ont pas la même intensité.
Je pense notamment au passage :
Citer
« Quiero que se muere. »
Ce fut sa façon de me saluer. Après les récriminations de la femme, on m’expliqua qu’elle ne cessait de répéter cette phrase funèbre depuis la mort de ses parents. Je lui lançai un regard peiné, et son visage se durcit.

Lectrice (piètre) germaniste, le peu que j'en comprends c'est que la fillette dit quelque chose d'affreux et/ou d'inaproprié qui parle de mort qui lui vaut la compassion du narrateur dont elle ne veut pas. Je pense que la barrière de la langue, qu'elle en soit une véritable ou non pour le lecteur, accentue le gouffre qui sépare les personnages.

Je veux bien la traduction de :
Citer
« Quiero que se muere. ¡ Que se muere ! No soy la almendrita, soy el cuervo de tu noche, mamá. »

PS : De rien, j'aime encore plus le dernier paragraphe maintenant que je comprends toutes les phrases.   :P ><
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 10 Septembre 2009 à 21:21:11
( j'espère que ça ne te dérangera pas si j'utilise ce post pour répertorier toutes les traductions ;)
en tout cas, tu as bien compris l'enjeu du "quiero que se muere")


donc je mets ici pour ceux qui désirent comprendre tout le texte comme il faut une piètre traduction des passages en espagnol, je restitue grosso modo le sens, je ne suis guère douée pour la traduction donc je ne pourrai pas retranscrire exactement la portée total du mot espagnol :-[


« Quiero que se muera. » : je veux qu'il meurt

hija de la luna : fille de la lune

« Quiero que se muera. ¡ Que se muera ! No soy la almendrita, soy el cuervo de tu noche, mamá. » : Je veux qu'il meurt ! Qu'il meurt ! Je ne suis pas l'amandine/la petite amande, je suis le corbeau de ta nuit, maman"

« ¡ Pobrecito, qué ojos tristes !
¡ Anda y olvida !
Las manillas pueden torcer
Todavía y todavía
De día o de noche
El recuerdo permanecerá
Como las horas alegres.
¡ Pobrecito, qué ojos tristes !
¡ Anda y olvida ! »
:
Pauvre petit, quels yeux tristes !
Marche et oublie  ! ( c'est de  l'approximatif, "anda" c'est plus large que ça)
Les aiguilles peuvent tourner
Encore et encore
De jour ou de nuit
Le souvenir restera
Comme les heures heureuses.
Pauvre petit, quels yeux tristes !
Marche et oublie !


Pobrecito.
Me olvidaste, Selene. Me olividaste. Esperé a tus ojos negros y a tu sonrisa cansada. En vano
Pauvre petit ( en français ça fait bizarre mais en espagnol et en particulier en mexicain, c'est courant, je sais pas trop si on doit le traduire ainsi...).
Tu m'as oublié, Selene. Tu m'as oublié. J'ai espéré /attendu tes yeux noirs et ton sourire  fatigué. En vain.

tío : en espagnol, ça signifie l'oncle,  mais ça a aussi le sens de "mec" "type", je voulais jouer sur l'imprécision ( en gros, en tant qu'auteur ( XD), je suis pas sûre que ce soit son  véritable oncle :mrgreen:)

Me olvidaste, pobrecita. : tu m'as oublié, pauvre petite.




Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Verasoie le 12 Septembre 2009 à 00:44:56
Je comprends rien à l'espagnol (à part Hija de la luna), mais même sans ça j'ai bien aimé le texte... ça donne un aspect très bizarre, en fait. J'aime bien l'idée du texte bilingue en tout cas.

Bon on y perd pas mal quand même (ne serait-ce que le titre que je trouve très beau) donc je lis la traduction, maintenant ^ ^

Après coup : effectivement, les passages en espagnol sont vraiment beaux... J'aimerais entendre le texte à haute voix (je sais pas si c'est un tic du théâtre que de toujours imaginer les textes à voix haute mais sur celui là ça rendrait vraiment bien je pense, autant pour un espagnolophone... enfin quelqu'un qui comprend l'espagnol, que quelqu'un comme moi qui ne ferait qu'apprécier les intonations xD).

J'aime bien ce texte donc, je le trouve triste mais le côté texte "adressé" à un personnage me plaît. Il me fait aussi un peu penser à Citronnelle (le narrateur très centré sur le personnage féminin) mais je pense que je préfère celui là, plus de jolies phrases, plus abouti, plus original aussi avec les deux langues...
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 12 Septembre 2009 à 00:59:03
lol, espagnolophone, c'est juste cool :mrgreen:

ben l'idée de l'espagnol, c'est juste que ça rend largement moins bien en français et les mots ont beaucoup plus de poids en espagnol
et puis l'espagnol, c'est une belle langue

tu as parfaitement raison, c'est peut-être le texte que j'ai le plus lu à haute voix en l'écrivant

ouip, c'est vrai que ça fait penser à Citronnelle mais celui-ci est peut-être plus... travaillé, je dirai et plus musical tout simplement, enfin, ce  n'est que mon avis

merci !
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Fubuki le 12 Septembre 2009 à 08:06:28
Citer
Ils la fascinaient. Cela remontait à un souvenir de sa mère.
Sa mère avait attrapé entre ses doigts un petit papillon doré. Le pauvre cherchait à s’échapper et il voletait désespérément entre ses mains jointes, répandant sa poussière dorée un peu partout. Lorsqu’il s’échappa, la mère se mit à jouer du piano et dit à sa fille que le papillon était magique.

Je trouve ce passage trop "brutal" dans la façon dont il est présenté. La narration donne l'impression que le narrateur était là, alors qu'au début on a l'impression qu'il rencontre Selene pour la première fois ...
C'est ce qui m'a sauté aux yeux à la première lecture.


Le texte m'a plus dans son ensemble mais j'ai du mal avec les textes bilingues et ne pas avoir de traductions à la fin m'a un peu gêné (tant pis pour moi on dira ! xD).
J'aurais trouvé le texte plus clair avec des passages en italique mais c'est une opinion plus que personnelle.


Le mélange de langueur et de tristesse est bien dosé et le zeste de poésie qui arrose le tout donne un texte prenant et plaisant à lire =)
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Kailiana le 24 Septembre 2010 à 15:20:04
Je viens de relire le texte !
Et vraiment, quand on a tout oublié de l'espagnol, on perd beaucoup au texte. Déjà le titre. J'ai pas (re)lu tes commentaires du début, du coup je ne comprenais pas le titre - qui est reprit dans tout le texte. Alors que dès qu'on a la traduction, c'est bien plus compréhensible et agréable  :-[

Du coup, sans la traduction, je n'aime pas plus le texte que ça - parce que je passe à côté de tout ce qui important.
Avec la traduction, je l'aime bien (surtout avec la traduction du titre, titre d'ailleurs très bien trouvé ^^) mais ça reste moins agréable que si j'avais compris dès le départ sans avoir besoin de lire une trad'. C'est dommage, l'espagnol est une belle langue, mais j'ai vraiment tout perdu  :-[

Du coup faudrait deux versions - l'une telle quelle pour ceux qui comprennent, et une autre avec, à coté des passages en espagnol, la trad' en italique pour ceux qui comprennent pas  :mrgreen:
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 24 Septembre 2010 à 15:24:13
XD. Je le donne pourtant d'emblée le titre. Mais soit, je vais poster une autre version avec la trad, même si je vais pas du tout aimer la présentation :-¬?

merci !
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 24 Septembre 2010 à 15:35:40
Version traduite :P



¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Pourquoi les papillons ne pleurent-ils pas ?



Elle est apparue avec sa grosse valise sur le perron. Selene. Une dizaine d’années environ. Des cheveux noirs, coupés à la garçonne. Une bouche fine que le sourire semblait avoir déserté et des yeux noirs, froids et si tristes…
Sa frêle silhouette témoignait pour elle de la noirceur de son enfance : elle avait été élevée dans une famille déchirée, au milieu des cris, des silences et des nuits torrides de son père.
Elle s’approcha. La femme qui l’accompagnait la pressait de dire quelque chose. Je lui souhaitai la bienvenue et lui adressai un grand sourire.
« Quiero que se muera. » (Je veux qu'il meure)
Ce fut sa façon de me saluer. Après les récriminations de la femme, on m’expliqua qu’elle ne cessait de répéter cette phrase funèbre depuis la mort de ses parents. Je lui lançai un regard peiné, et son visage se durcit.

Selene, hija de la luna, comme tu étais pourtant belle ! Qui pouvait rester de marbre face à ce petit minois si envoûtant ? Selene, c’est chez un peintre que tu aurais dû frapper, il aurait su capturer ton regard sur la toile et l’immortaliser bien mieux que les palabres d’un modeste commerçant. Selene, rancoeur de la vie, Selene, combien de fois m’as-tu fait douter du sens de l'existence ?

C’était une jeune fille solitaire, qui parlait peu et qui s’ennuyait ferme. Il lui manquait quelque chose à cette petite, quelque chose qui lui permettrait de sublimer son amertume et qui lui rendrait le sourire.

Selene, fille de la lune et des spectres souffrait d’insomnies. Je restais à son chevet pour l’aider à s’endormir. Son petit visage crispé semblait refouler les horribles souvenirs de son passé. Qui a dit que les nuits d’enfants étaient sereines ?
« Quiero que se muera. ¡ Que se muera ! No soy la almendrita, soy el cuervo de tu noche, mamá. » (Je veux qu'il meure ! Qu'il meure ! Je ne suis pas l'amandine/la petite amande, je suis le corbeau de ta nuit, maman")
Elle ouvrit brusquement les yeux et m’aperçut. Je fus incapable de lui sourire ou de la rassurer. Ses yeux noirs me jugèrent, je pâlis et la laissai seule, comme tous les autres avant moi.

Un jour, elle sera duchesse de Brabant ;
Elle gouvernera la Flandre ou la Sardaigne.
Elle est l’infante, elle a cinq ans, elle dédaigne.
Je ne sais pourquoi ces vers de Hugo me revenaient en la voyant jouer, seule, dans le jardin fleuri. Dans la solitude qu’elle s’était érigée, elle semblait reine.
Je la contemplais comme un objet trop précieux qu’on ose à peine approcher de peur de l’en profaner.

Les jours et les heures passèrent. Sa litanie funèbre se fit plus rare et bien qu’elle ne m’adressât la parole qu’à regret, elle s’efforçait d’accepter ma présence. Cette enfant s’était construit son propre imaginaire ; elle refusait de m’en laisser la clé.
De temps à autre, sa voix laissait s’échapper des énigmes : « ¿ Por qué no lloran las mariposas ? »

Las mariposas. Ils la fascinaient. Cela remontait à un souvenir de sa mère.
Sa mère avait attrapé entre ses doigts un petit papillon doré. Le pauvre cherchait à s’échapper et il voletait désespérément entre ses mains jointes, répandant sa poussière dorée un peu partout. Lorsqu’il s’échappa, la mère se mit à jouer du piano et dit à sa fille que le papillon était magique.
La musique manquait à cette jeune fille. J’aurais voulu savoir jouer du piano, mais je ne touchais que très peu à la guitare.

Elle me surprit dans mes répétitions. Elle vint avec sa petite tête triste et s’assit dans le fauteuil le plus éloigné. Lorsque les dernières notes s’évanouirent, elle s’avança vers moi et pour la première fois je vis des étoiles briller dans ses yeux. Elle me demanda de continuer et je m’empressai de répondre à son désir.
Elle resta assise en tailleur, la tête entre les mains, juste devant moi et ses yeux souriaient.

À partir de ce jour, Selene cessa peu à peu sa litanie de mort, elle fredonna des chansons qu’elle seule connaissait.

« ¡ Pobrecito, qué ojos tristes !                                          Pauvre petit, quels yeux tristes !
¡ Anda y olvida !                                                                    Marche et oublie  !
Las manillas pueden torcer                                                Les aiguilles peuvent tourner
Todavía y todavía                                                                 Encore et encore
De día o de noche                                                                 De jour ou de nuit
El recuerdo permanecerá                                                   Le souvenir restera
Como las horas alegres.                                                      Comme les heures heureuses.
¡ Pobrecito, qué ojos tristes !                                              Pauvre petit, quels yeux tristes !
¡ Anda y olvida ! »                                                                 Marche et oublie !



Dès que la musique entra de nouveau dans sa vie, Selene put retrouver l’allégresse propre à son âge. Elle me donna de merveilleuses journées et désormais je n’eus plus peur d’affronter ses yeux noirs.


Selene grandit. Elle trouva un jeune homme qui l’aimait. Elle partit voyager avec lui. Ils restèrent de nombreuses années au Mexique et au Pérou. J’étais heureux pour elle, je me sentais fier d’avoir pu la réconcilier avec la douceur de vivre. Avant de partir, elle m’avait dit qu’elle ne m’oublierait pas, qu’elle reviendrait les bras chargés de souvenirs.

Pobrecito.
Me olvidaste, Selene. Me olividaste. Esperé a tus ojos negros y a tu sonrisa cansada. En vano. (Tu m'as oublié, Selene. Tu m'as oublié. J'ai espéré /attendu tes yeux noirs et ton sourire  fatigué. En vain.)
J’ai joué pour te faire revenir nos morceaux préférés sur toutes les routes de France. Tu en as même entendu un à l’autre bout de l’océan, par téléphone, et j’ai entendu ta voix faible comme un sanglot. Mais tu n’es jamais revenue auprès du noble tío.

J’ai quitté notre maison.
Me olvidaste, pobrecita.
Néanmoins en reposant la guitare, cette question me hante toujours : Selene, ¿ por qué no lloran las mariposas ?



Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Jezy le 04 Octobre 2010 à 12:24:03
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qu’on ose à peine approcher de peur de l’en profaner.
« le profaner » non ? Ca fait moins lyrique, mais à cette endroit précis je trouvais que c'était un peu trop...

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Cela remontait à un souvenir de sa mère.
Sa mère avait attrapé entre ses doigts un petit papillon doré. Le pauvre cherchait à s’échapper et il voletait désespérément entre ses mains jointes, répandant sa poussière dorée un peu partout. Lorsqu’il s’échappa, la mère se mit à jouer du piano et dit à sa fille que le papillon était magique.
Répétition de "sa mère", qui accroche un peu surtout pour le début du paragraphe (y a moyen de le remplacer facilement). Aussi, le temps à partir de "lorsque" ne me semble pas idéal.
D'emblée, je lisais plus "Lorsqu'il s'était (enfin) échappait, la mère s'était mise à jouer du piano et avait dit..."

____

J’aime bien la fin, le dernier paragraphe !

Par contre, y a des trucs qui m’ont un peu ennuyé dans le texte, en particulier le fait que chaque fois que le narrateur s’emballe un peu, je trouve que ca colle pas. On sait pas grand-chose sur lui, mais le commerçant, puis la guitare, puis de jouer sur les routes de France… enfin je dis pas que ca ne marche pas, simplement ca fait beaucoup de traits qui n’ont pas l’air d’aller ensemble. Bref, c’est pas très important, mais du coup j’avais toujours un froncement de sourcil en le lisant, genre, je le lis, ok mais je le cerne pas bien et du coup j’ai du mal a voir a quel degré de sentiment il parle.

Ceci dit, le texte reste sympatoche a lire.
Et j’aime bien le titre aussi ! Et je regrette de pas avoir compris les passages en espagnol, mais on saisit quand meme, sans traduction, donc ca va c’est pas grave.
Titre: Re : Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 04 Octobre 2010 à 13:05:33
ok, pour les modifs, je vais voir ça.


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Par contre, y a des trucs qui m’ont un peu ennuyé dans le texte, en particulier le fait que chaque fois que le narrateur s’emballe un peu, je trouve que ca colle pas. On sait pas grand-chose sur lui, mais le commerçant, puis la guitare, puis de jouer sur les routes de France… enfin je dis pas que ca ne marche pas, simplement ca fait beaucoup de traits qui n’ont pas l’air d’aller ensemble.
en quoi ?
tu peux être commerçant et jouer un peu. Et on ne sait jamais rien sur mes personnages, dans la vie, on sait pas grand-chose des autres, et j'aime avoir des personnages ainsi. :huhu:
ce qui est sûr, c'est qu'il y est attaché à Selene

merci d'avoir commenté !
Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: Verasoie le 04 Octobre 2010 à 13:19:18
Je sais pas si j'aime le fait qu'il y ait la traduction.

 :mrgreen:

En fait quand je lis ce texte j'ai vraiment toute une ambiance dans la tête, des couleurs chaudes comme dans Vicky Cristina Barcelona, un côté très "chaud et assommant" comme l'après-midi l'été quand on a rien envie de faire, les notes de guitare espagnole (j'adore la guitare espagnole, sérieux xD), et du coup la voix en espagnol que je comprends pas y participe trop, et je trouve que la traduction "juste après" casse beaucoup. Les paroles en espagnol valent la peine d'être traduites c'est sûr, parce qu'elles sont vraiment chouettes, mais genre après ou en petites notes... Enfin, pour moi c'est ça. Après, la plupart des commentaires tendent vers le contraire mais j'exprime mon avis de façon d'autant plus virulente que j'aime vraiment l'ambiance de ce texte  :mrgreen:

Titre: Re : ¿ Por qué no lloran las mariposas ?
Posté par: ernya le 04 Octobre 2010 à 19:49:40
C'est pour ça qu'il y a deux versions, comme ça, tout le monde il est content ::)

En tout cas, je suis contente que quand tu lises le texte, tu aies cette ambiance-là. :-[