Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Debrazer le 01 Avril 2017 à 12:02:53

Titre: L'arbre de l'espoir
Posté par: Debrazer le 01 Avril 2017 à 12:02:53
Bonjour à tous et à toutes, j'ai  ans et e me suis lancé dans l'écriture d'un livre, en voici les quelques premières pages. J'aimerais si possible avoir des avis sur le fond ou la forme car c'est la première fois que je me lance dans ce genre d'exercice
Ps: En espérant que les quelques fautes de francisa ne gênent pas trop votre lecture

L’arbre de l’espoir

J’avais quatre ans lors de sa sortie de terre… En ces temps là j’habitais une petite maisonnette semblable à un dessin d’enfant. Perchée sur le haut du relief, ses tuiles rouges et vives transperçaient l’atmosphère forestière. Dans ma maison il y avait trois chambres. Celle des mes parents, grisonnante à leur image, composée d’un lit double et d’un porte en bois ornée débouchant sur cette pièce à l’odeur de renfermée, comme mourant de l’intérieur. Une grande armoire boisée siégeait contre le mur, face au grand lit double. Elle n’était pas très raffinée dût aux moyens plus que modeste de ma famille. Un grand tiroir ouvrait sur les sur les vêtements de mon père, usées par le temps, de la travail et la misère. Les pays prospères renfermaient des personnes comme nous. Ni trop pauvre pour mourir de faim, ni trop riche pour ne pas soucier du lendemain…
Sous cette pile amorphe de vêtements gisait le portrait de mon grand père dans un vieux cadre rongé par les années. Comme voulant dissimuler son passé douloureux, mon père avait voulu dissimuler le souvenir de cet homme violent lui ayant volé sa jeunesse mais qui lui aura offert un avenir. Il n’aura jamais voulu se débarrasser de sa relique à laquelle il était attaché mais il n’avait jamais non plus voulu l’exposer… Reniant sa triste enfance aux allure glacée, comme la bague à l’annuaire de son père ayant tant de fois heurté son visage, froid marteau frappant ses rêves enfantins pour le ramener à la réalité. Mon père avait par la suite repris la ferme de son propre père. Devenu paysan l’usure de son corps s’accentuait par sa tache. Traversant les âges, la bague argentée que mon père avait héritée devra être vendu suite un triste hiver ayant détruit nos précieuses plantations. L’anneau sera par la suite acheté par un jeune hollandais en voyage dans la région et ayant besoin d’un bijou pour séduire une femme par laquelle il avait été épris durant son trajet. Son besoin avait donc remplacé notre nécessité. La nécessité d’un homme de nourrir sa femme et son enfant de douze ans. Nécessité comme une brise divine frappant en boucle mon père, qui, à l’époque songeait déjà à mettre fin à ses jours.
Dans le tiroir surplombant celui de mon père il y en avait un autre, ressemblant à ce dernier mais plus abimé. Il avait été détérioré par l’humeur changeante de ma mère choisissant entre ses trois tenus et ouvrant ce tiroir frénétiquement plusieurs fois chaque matin. Prise dans une triste réalité mais songeant à une vie de princesse, son seul plaisir quotidien se trouvait dans son pauvre choix de vêtements. Il était hasardeux pour elle de subir cette vie misérable, mais, repoussée par de nombreux hommes fortunés, et ayant trouvé compagnie chez un austère personnage, bien que pauvre, elle avait décidé de s’installer et s’accommoder à ce malheureux destin qu’était le sien. Destin ou se battre pour sa survie prenait le dessus sur quelques copines  perdues par un travail lui réclamant tout son temps. Jusqu'à sa mort, ses mains furent marquées par sa tache aux champs, labourant à la force de ses bras sculptés par l’effort. Elle aurait voulu être célèbre grâce à ses prouesses mais son monde se limitait à un geste mécanique. Elle n’aimait plus mon père, elle avait pour lui de l’affection. C’est pourquoi à sa mort, elle fera plus attristé par son propre quotidien brisé que l’entrée de son mari au cimetière… Ce cimetière elle le connaitra onze ans plus tard. Onze ans ou elle se raccrochera à la vie jusqu’au jour ou le vent l’emportera.
Le bruit de frottement que produisait ce bout de bois usagé redonnait de la vie à ce poids nuisant qui planait sur nous. Cette armoire, nous devrons la brûler par nécessité une de ces années de blizzard et ayant besoin de bois rapidement. Mieux valait vivre en lassant aller le passé que mourir en s’attachant à lui. Nécessité, ce mot a bercé ma vie…
Le passé de ma mère la ramenait à un collier. Ce dernier était son seul bijou et donc le plus important à ses yeux. Ce collier était le seul cadeau qu’une de ses tantes, fortunée, avait offert à ma mère. De retour d’un voyage en Autriche, elle avait pensée à ma mère en lui ramenant ce présent pour finalement l’oublier sur son lourd héritage à l’insu de mon oncle. Ma mère se sentant trahi n’avait plus fréquenté sa famille, s’isolant encore plus dans son monde de douleur. Sur le mur de gauche quand on entrait dans la chambre, on pouvait y voir le seul tableau de la maison. Il n’avait aucune valeur marchande mais avait celle de l’espoir pour mon père. On pouvait y voir l’image d’un voilier, représentant son rêve d’enfance de naviguer et de voyager le long de la mer. Il avait toujours aimé la mer mais ne l’avais jamais vu. Sa mère à lui non plus il ne l’avait jamais connu… Morte à son accouchement il a toujours ressenti le poids de sa vie perdu, lui donnant une démarche de vieillard portant sur son dos le sac de sa vie. Il a par la suite aveuglement obéit à son père comme voulant montré la gratitude qu’il avait qu’on lui ait donné la vie. C’est ce qui la détruit… Il a abandonné son idylle de voyage pour reprendre la ferme familiale. Piégé par ses choix il s’est alors à épouser une pauvre fille pour des qualité qui n’ont pas lieu d’être en amour. Il avait choisit ma mère pour sa docilité, puis avait fini par s’y attacher mais il n’avais jamais ressenti de l’amour puis elle, juste de l’affection.
Les murs blancs de la pièce étaient en écho avec les conversations qui se déroulaient à l’intérieur et le lit froid était comme la relation de mes parents. Rien dans cet endroit nuisible n’indiquait de la joie si ce n’est l’unique fenêtre ou parfois, rarement, on pouvait apercevoir un oiseau sur les arbres en contrebas en train de chanter. Cette mélodie enveloppait alors la maison d’un voile de mensonge faisant passer enfer pour paradis. Le seul objet encore en circulation de la chambre était un livre. Ce livre avait été l’unique cadeau de mon frère lors de son dixième anniversaire. Un livre de comptes pour enfants qui avait finit bien vite dans la chambre de mes parents, qui, ne pouvant plus se consoler dans leurs propres monde imaginaire, avaient considérés qu’ils étaient les plus à-mêmes de s’évader, parfois, à travers des écrits féeriques. Ils ne lisaient pas bien mais, occasionnellement, l’histoire même débridée d’une personne accomplissant ses rêves amenait un relief à leurs expressions blêmes. En y regardant près on aurait pu y voir un sourire. Pas un grand sourire. Un sourire qui aurait au moins le mérite de rallumer un peu leur cœur de larme. Cette chambre était triste mais n’était pas la plus malheureuse… Comme un dégradations de sentiments, nos trois chambres s’accompagnaient dans un long couloir sombre s’éloignant de plus en plus de la sortie. Seul nos quelques passages ébruitaient parfois ce triste corridor. Au fond du couloir, la pièce la plus enfoncée dans cette prison de souvenir tragique était celle de mon frère. Mon frère était parti, sa vie était restait là. Ma mère s’était assise quotidiennement sur son lit pendant une certaine période. Un jour, la douleur de la perte avait surpassé l’espoir d’un retour. Elle était alors parti laissant le lit vide pour le restant de ses jours… Vide comme le monde dénué de sens dans lequel mon frère idéaliste vivait, vide comme son étagère. Un soir, il avait décidé qu’il était temps pour lui de s’en aller et de ne plus revenir. Il avait pris de minces affaires et de pauvres économies et s’en était allé. En prenant la route à ses dix-huit ans il avait choisit de renier plutôt que de luter. Dans un monde ou le bonheur ne lui était pas offert, il a décidé de le chercher plutôt que de continuer à vouloir le créer.  Il n’aurait pas pu le créer. Il n’a pas pu le créer… Ce n’est pas faute d’avoir essayer. On le devine sur son bureau ou sont entassées tous ses essaies écrits sur sa vie rêvée. Ces bouts de papiers chiffonnés et humides, étaient autrefois ce qui lui donnait de l’espoir.  Il a écrit, réfléchit, pris du recul, pensé, changé, s’est réinventé. Il a tout essayé mais dans ce lieu il n’arrivait qu’a un bonheur fictif. Il a versé toutes les larmes de son mal être, puis il est parti. Parti ou la vie le mènerait. Faudrait-t-il supposer qu’il est mort ? Surement. Mais si dans ce lieu tout ce qui n’avait plus de vie était mort, mes parents aussi seraient déjà morts. Mon frère est parti et a perdu sa vie, mes parents sont restés et avait déjà perdu leurs vies. Mes proches ont vécu entre deux mondes, le ciel et la terre. Ils se mélangeaient et je n’ai jamais su les dissocier.
Plus tard, je partirais à la recherche de mon frère, en vain…
Au bord de son lit, il y avait une petite table de nuit surplombée de bougies couleur sang.
 Ils étaient consommaient en partie, l’autre moitié gisait là attendant qu’on allume la mèche mettant fin à sa vie. Les bougies seront brulées plus tard dans un grand feu, trop tard, elles auraient préférés entre libérés plus tôt de leur lourd fardeau. Sous leur pied, il y avait la petite table de nuit sur laquelle, occasionnellement, mon frère posait un objet au détour d’un passage. Rares passages diminuant avec le temps jusqu'à disparaître et être remplacé par un triste calme…  Tout dans cette pièce semblait ressentir son absence. Son étagère avait déjà connu la douce texture des tissus, ou encore un livre parfois. Toutes ces choses avaient étaient remplaçaient par la froide caresse de l’air. Va et vient continue, inconfortable et interminable. L’étagère était moisissant mangée de l’intérieur par sa solitude. Solitude et incompréhension de ne plus savoir où se mettre La chambre pleurant le départ de mon frère dégageant une atmosphère austère, presque maléfique, nuisant aux quelques ignorant voulant s’aventurer dans ce cimetière. Cimetière de souvenir. Souvenirs de pleurs et de soupir…
Ici l’air sec était irrespirable comme si il était impossible de se trouver là ou mon frère s’est perdu. Il était un poète, prophète et il connaissait son destin. Il a choisi la chance plutôt que la fatalité. Peut-être est-il mort juste après son départ. Peut-être à-t-il vécu une vie prospère que nous n’aurons jamais connu. Ce lieu est mort pour lui et lui s’est envolé pour nous après de son départ…
 En retournant dans le couloir, on pouvait reprendre une bouffée dont sa chambre nous avait privé. En se dirigeant vers l’entrée de la maison on tombait sur la porte de ma chambre. C’était la plus proche de la sortie et moi j’étais le moins enfoncé dans cette vie de tristesse. A cet âge là, on pouvait souvent me voir gambader dans la maison, j’étais libéré de cette atmosphère pesante et j’étais voletant quand tous les autres habitants avaient les pieds sur terre. En ouvrant la porte de mon monde on tombait sur la chambre d’un enfant pauvre… Pauvre en bien mais surtout pauvre en attention et affection reçu. J’ai vite appris qu’on était plus heureux en donnant de l’amour qu’en attendant en pantin servile de le recevoir. Alors j’ai vécu ma vie en offrant toujours plus que ce que je recevais, c’était mon moyen de ne pas dépendre des autres et des choses. On se voyait dans une forêt quand on entrait dans mon foyer. Il y avait  avec des pommes de pins, des feuilles et des taches de boues gisant sur le sol Cette maison était mon abri, ma chambre était mon refuge. Sur mon vieux lit cabossé on me voyait dormir guilleret, contrastant avec mon sommier détruit par le désintérêt et la misère qui m’accablaient. J’étais le seul à créer de l’amour. Mon frère était parti quand j’avais un an. J’étais délaissé, malaimé, rejeté mais surtout naïf… Je mettrais longtemps à comprendre que je n’importais pas. Ma bulle de joie était impénétrable et impossible à percer pour quiconque autre que moi-même et cela se reflétait dans ma chambre. L’odeur de la nature contrastait avec ma puanteur. Mon lieu de rêves était, prostré derrière ma fenêtre, à regarder passer les saisons. C’était une petite fenêtre mais dans mon cœur elle avait la taille du monde entier. En contrebas affluait une rivière que je distinguais par interstices à travers une rangée d’arbres. J’allais la voir, souvent, quand je n’étais pas entravé par la météo ou ma famille. La fonte des glaces provoquait un flot continue, tantôt paisible, parfois violent, frappant ou caressant les cailloux qui gisaient au fond de l’eau. Ce jour là, on pouvait me voir recroquevillé sur un rocher, suivant des yeux une libellule, elle était verte et bleue et déployait ses ailes. Moi j’étais jeune, naïf et heureux. Puis, je l’ai vu, lui qui a finit par guidé ma vie. La libellule venait de mener mes yeux à lui. Il était posé la, seul, jeune, beau et cherchant à se faire sa place. Il sera grand, majestueux, beau et deviendra mon guide. Planté la dans ce sol noircit par la pluie, il était là, l’arbre de mon espoir


2.

J’avais sept ans lorsque l’arbre dépassa la taille de mon père… De graines dans la terre, il était maintenant devenu arbuste. Je lui apportais chaque jour de l’affection en ayant l’impression qu’il me la rendait. Parfois, je l’enlaçais fortement, et même si il n’avait pas de chaleur humaine, je sentais en lui plus de vie que tout autre chose dans les alentours. Il avait toujours été la pour moi. Et quand j’étais triste, il me réconfortait. J’étais  rarement triste, du moins je le pensais. Mais parfois, il y avait des larmes que je ne pouvais empêcher de faire couler. Il y a un jour dont je me souviendrais toujours ou il fut la alors que la tristesse avait pris le contrôle de mon corps, sans lui, je serais certainement devenu un autre. Je serais devenu morne triste et la brillante lueur d’espoir que j’avais aurait disparu de mes yeux. Ce jour là, la chaleur torride et le sol brulant nous mordaient les pieds. Je portais ma seule paire de chaussures trouées, et j’avais pris un choix que je n’avais pas fait depuis très longtemps. Je n’étais pas sorti dehors. J’avais donc passé l’après-midi assis sur une chaise de notre cuisine qui faisait par ailleurs office de salle à manger et de salon. J’avais d’abord passé plusieurs heures à rêvasser en observant minutieusement les alentours. Je m’étais beaucoup attardée sur notre vieille cheminée datant de la construction de l’édifice. Elle était grande et se tenait face à moi et se tenait face à moi, toute proche de la porte d’entrée. Comme si les architectes avaient anticipés le climat changeant et désagréable de la région. Les habitants auraient donc étés satisfaits de rentrer et de se trouver directement face à un feu ardent pour se réchauffer ses froids pieds plongés dans la neige lors d’une dure journée hivernale. Sur cette cheminé, il n’y avait qu’un seul souvenir, une veille photo. Elle était vielle et trouée. Elle avait été percée par ma mère. Sur la gauche de la photo, il y avait mon père, grand homme aux épaules carrées presque effrayantes. Il avait déjà le visage marqué par le tourment et difficulté. Ses mains semblaient de fer tout comme son attitude. A coté de cet homme inflexible, il y avait une femme. Il était dur de reconnaître ma mère dessus. Ou plus tard il y aura une femme mince et froide, il y avait une jeune fille d’une trentaine d’années aux formes rondelettes et au visage souriant. C’était un sourire sincère, celui émanant d’une joie plus que d’une mimique forcée dût à la présence de l’appareil. Dans ses bras potelets, il y avait un nourrisson, c’était moi, lorsque j’étais plus jeune. Mes cheveux blonds contrastaient aux noirs de ma mère et mes yeux bleus se différenciaient des autres mirettes plus sombres qui m’entouraient. Puis tout à droite de la photo, il y avait le corps de mon frère. Il n’avait pas perdu la tête. Pas seulement dans la réalité, dans le dernier souvenir qui nous restait de lui, il ne l’avait pas non plus. Ce trou me rendait triste à l’époque car pour moi il représentait le fait qu’il était tombé dans l’oubli rapidement. Le trou dans cette image laissait place au doux rouge des briques formant la cheminée. Ce sentiment de rejet, que je pensais que mes parents le ressentaient envers mon frère et ma compassion pour lui me poussait souvent à détourner les yeux. Alors comme pour me remettre dans l’amère gout du quotidien, je regardais la table sur laquelle nous mangions. Sur elle, il y avait un bout de pain rassis semblant craqueler sous son propre poids tant il était dur. Le temps l’avait tellement travaillé que la sensation qu’il avait en bouche n’était pas plus agréable que celle de se casser les dents sur un caillou. Le gout était insipide, et parfois il me semblait qu’en mangeant notre triste repas, l’effort de la mastication dépassait le bénéfice de sa digestion. Au cours de nos repas, nous ressemblions à des chiens galleux s’attaquant à tout ce que l’on pouvait nous offrir. Bien souvent, la faim creusait nos ventres. J’avais parfois l’impression qu’elle me dévorait de l’intérieur rendant mes côtes visibles et mon corps frêle. Malgré tout cela, on appréciait cette nourriture et on ne demandait pas mieux. On n’aurait pas pu se permettre de demander mieux… Alors, presque tous nos repas se constituaient de ces boules de roches que nous essayions tant bien que mal de manger. On n’était pas maître de notre nourriture, on lui était servile. Le pain n’était pas la seule chose sur cette table. Il y avait un couteau presque plus friable que lui. Il découpait du pain mais il aurait pu faire tant de choses. Il aurait pu être utilisé au cours de l’assassinat des mes parents. Il aurait pu appartenir à un jongleur qui s’amuserait à jouer avec. Il aurait même pu appartenir à une famille riche prenant soin de lui, qui lui aurait évité de finir rouillé et brisé sur le long de sa lame. Mais c’était notre couteau à pain et comme tous les objets piégés dans notre maison, il semblait utilisé à des fins dérisoires par rapport à ce qu’il aurait pu produire en appartenant à des gens qui lui auraient donnés de l’amour. Ici tout était brisé mais les seules choses semblant irréparables étaient mes parents et leurs  existences consternantes. Au bout d’un moment je m’étais lassé de ses piètres observations amenant toutes au même constat tragique. J’avais donc décidé de me lancé dans une activité que je pouvais maîtriser. J’avais donc finalement pris un vieux crayon et une feuille fripée puis j’avais commencé à dessiner. J’étais doué à cela et je me permettais donc de m’évader à travers des images que je créais. En gravant, je me recréait, me réinventait une vie que je ne subissais plus et ou j’étais l’acteur principale. Je pouvais comme cela choisir ma propre voix. Bien souvent dans mes traits on devinait un palace de glace remplaçant notre taudis. La maison de mes rêves était lumineuse. Tellement lumineuse et bienveillante que mes parents dépaysés de leur morne quotidien étaient guillerets. Puis j’avais dessiné mon frère jouant avec moi heureux et présent. Je le représentais grand, fort et beau comme toujours on me l’avait décrit. Enfin mon dernier dessin était celui que je préférais faire. Il y avait du sable fin et chaud caressant les pieds des enfants jouant sur le sol. Un lourd soleil leur frappait la peau. La mer d’un bleu roi contrastait avec l’azur du ciel. Tout au loin semblait bleu sauf quelques taches blanches qui se dessinaient au loin. La plupart étaient des nuages, une autre avait une saveur particulière à mes yeux. Un grand voilier tranchait les vagues au loin. Je me voyais sur la plage les yeux fixés dessus. Avec ses trois mâts, il ressemblait à un trident divin s’extirpant de l’eau. Sur ce bateau, il y avait un homme, seul. C’était mon père, comme je l’imaginais à mon âge. Sa longue chevelure flottait au gré du vent et il souriait. Ce sourire non plus je ne l’avais jamais vu émanant de lui. Ses dents blanches se marient avec ses grands yeux pleins de vie. J’aimais plus que tout l’imaginer heureux, lui que j’avais toujours connu triste. Je l’aimais sincèrement. A ses quatre ans il avait réalisé que son père aurait préféré garder sa femme plutôt que voir naître son fils. Il avait mit du temps à l’accepter, et quand il l’avait fait, il était une personne totalement différente. Il avait commencé à vivre pour ne pas décevoir son père, pour ne plus le décevoir. Bien souvent ce dernier le frappait violement mais il ne se rebellait pas trouvant cela normal. Un jour, de son arcane sourcilière commença à couler un long flot de sang n’empêchant pas son père de continuer sa violente action jusqu’au moment ou mon père sonné tomba inconscient. A son réveil il était sur le sol froid de sa chambre. Du sang était étalé sur le sol et sur sa tête. Le temps de reprendre ses esprits, il se rappelait de ce qui lui était arrivé. Il avait un gout amer dans la bouche, sang coagulé qui lui semblait se trouver là depuis une éternité. C’est au cours de ce triste évènement que s’était marqué une longue cicatrice qu’il avait toujours au dessus de son oeil gauche. Cicatrice d’une enfance violente qui ne s’était jamais renfermée avec le temps. C’est pourquoi sur mon bateau je l’imaginais sans cette cicatrice. Dans ce monde idyllique, il n’avait pas un père qui l’avait brisé, il s’était donc développé comme il aurait du afin d’atteindre son propre bonheur. Je finissais mon dessin lorsqu’au loin un bruit m’extirpa de mon univers. Mes parents qui étaient parti à l’aube aux champs étaient en train de discuter non loin de la maison. J’entendais leurs voix à travers la porte de la maison entrouverte. Ils ne devaient pas savoir que j’étais présent car il était rare que je ne sorte pas l’après-midi pour me poser près de mon arbre favoris. Bien souvent je l’ai avaient écoutés parler de ça mais jamais je m’étais résolu à écouter ces mots. Ils avaient d’abord parlés de mon frère et de la tristesse qu’avait provoquée chez eux sa perte. Ils semblaient l’aimer plus que tout contrairement à ce que je pensais. Ils le regrettaient énormément, lui le fils aimé, intelligent beau et dont ils étaient fiers. Puis ils ont parlés de l’erreur, du spécimen de celui qu’ils n’avaient pas voulu. Ces mots résonnaient dans ma têtes tant ils étaient douloureux.
J’étais resté là, longtemps, prostré sur ma chaise comme si j’avais perdu mon âme. Puis une fois que j’avais compris et réalisé qui était l’erreur, j’avais ouvert la porte et j’étais sorti en courant en direction de la rivière. Mes pieds brulants ne m’importaient plus, ma douleur ne se trouvait pas la. J’avais ouvert ma bulle de sérénité pour qu’on vienne me la briser. Je devais la reconstruire. J’avais compris. Compris pourquoi je ne me sentais pas voulu, compris que ce monde d’amour était celui que j’avais crée. Je suis resté la jusqu'à la tombée du soir puis je suis resté muet en rentrant chez moi. Je n’entendais plus mes parents de peur d’interpréter ce qu’ils me disaient. J’étais au fond du gouffre mais au sein de moi, il restait une lumière. C’est elle qui me caractérisait, la lueur de l’espoir. Alors j’étais retourné voir mon arbre le lendemain et j’avais décidé que peu m’importait si je n’étais pas aimé. Je ne ferais pas les mêmes erreurs que mes parents m’étais-je dis. J’avais alors décidé que ce qui m’avais fait du mal deviendrait ma force. C’est à ce moment que j’ai décidé qu’un jour je rendrais à mes parents le bonheur qu’on leur avait volé. C’est ce jour là que j’avais décidé que je me construirais comme je le devrais.
Titre: Re : L'arbre de l'espoir
Posté par: Jonque le 01 Avril 2017 à 18:42:40
Il y a quelques fautes mais je ne vais pas les énumérer, je suis sûre que j'en oublierais plusieurs.
Je pense que c'est très dense et que ça pourrait être plus agréable à lire si les paragraphes étaient plus espacés.

"petite maisonnette" est un pléonasme que je trouve un peu bizarre.

Le narrateur parle d'un couteau et dit qu'il aurait pu servir à l'assassinat de ses parents? c'est un peu sinistre, non? Je trouve que ça dénote et n'apporte rien au reste du texte.

Je trouve que globalement c'est bien écrit, mais peut-être un peu "long"
Titre: Re : L'arbre de l'espoir
Posté par: Luna Psylle le 04 Avril 2017 à 08:54:47
Salut !

Déjà, première chose : ça fait bloc, mais vraiment gros, très gros bloc. J'ai l'impression de m'attaquer à du ciment alors même que je n'ai pas commencé. Aérer me semble une bonne idée ^^

Ensuite, je lis le premier paragraphe, et :

J’avais quatre ans lors de sa sortie de terre… En ces temps là j’habitais une petite maisonnette semblable à un dessin d’enfant. Perchée sur le haut du relief, ses tuiles rouges et vives transperçaient l’atmosphère forestière. Dans ma maison il y avait trois chambres. Celle des mes parents, grisonnante à leur image, composée d’un lit double et d’un porte en bois ornée débouchant sur cette pièce à l’odeur de renfermée, comme mourant de l’intérieur. Une grande armoire boisée siégeait contre le mur, face au grand lit double. Elle n’était pas très raffinée dût aux moyens plus que modeste de ma famille. Un grand tiroir ouvrait sur les sur les vêtements de mon père, usées par le temps, de la travail et la misère. Les pays prospères renfermaient des personnes comme nous. Ni trop pauvre pour mourir de faim, ni trop riche pour ne pas soucier du lendemain…

Répétitions de "lit double" ; "grand/e"
Et déjà, il y a cet espèce de décalage : s'il s'agit d'un adulte qui parle, certaines formulations font enfantines (ex: Dans ma maison il y avait trois chambres. très simple et semblant un peu spontanée, même pour un bout de description), mais s'il cherche à retrouver ses descriptions d'enfants, certains termes me paraissent trop adultes (je pense notamment à bois orné ou boisée qui renvoient à des termes adultes, voire professionnels).
Pour un premier paragraphe, c'est assez rebutant (de mon avis purement personnel).

Je ne pense pas avoir le temps, ce matin, de lire le texte en entier. Mais j'espère que ce commentaire t'aidera un peu.
Je repasserai quand j'aurais vraiment plus de temps pour plonger dans ton texte, et te donner un ressenti précis et, qui sait, peut-être quelques guides.
Titre: Re : L'arbre de l'espoir
Posté par: Debrazer le 05 Avril 2017 à 11:00:40
Voila une version un peu plus spacieuse et lisible du texte avec un petit ajout ;)

L’arbre de l’espoir

J’avais quatre ans lors de sa sortie de terre… En ces temps-là j’habitais une maisonnette semblable à un dessin d’enfant. Perchée sur le haut du relief, ses tuiles rouges et vives transperçaient l’atmosphère forestière. Dans ma maison se trouvait trois chambres. Celle des mes parents, grisonnante à leur image, composée d’un lit double et d’un porte en bois ornée débouchant sur cette piètre pièce à l’odeur de renfermée, comme mourant de l’intérieur. Une grande armoire boisée siégeait contre le mur, face au grand lit double. Elle n’était pas très raffinée dût aux moyens plus que modeste de ma famille. Un grand tiroir ouvrait sur les sur les vêtements de mon père, usées par le temps, de la travail et la misère. Les pays prospères renfermaient des personnes comme nous. Ni trop pauvre pour mourir de faim, ni trop riche pour ne pas soucier du lendemain…

Sous cette pile amorphe de vêtements gisait le portrait de mon grand-père, dans un vieux cadre rongé par les années. Comme voulant dissimuler son passé douloureux, mon père avait dissimulé le souvenir de cet homme violent lui ayant volé sa jeunesse mais qui lui aura plus tard malgré tout offert un avenir. Il n’aura jamais voulu se débarrasser de sa relique à laquelle il était attaché mais il n’aura jamais non plus souhaité l’exposer… Reniant sa triste enfance aux allures glacées, comme la bague à l’annuaire de son père ayant tant de fois heurté son visage, froid marteau frappant ses rêves enfantins pour le ramener à la réalité. Mon père avait par la suite repris la ferme de son propre père. Devenu paysan l’usure de son corps s’accentuait par sa tache. Traversant les âges, la bague argentée que mon père avait héritée devra être vendu suite un triste hiver ayant détruit nos précieuses plantations. L’anneau sera alors acheté par un jeune hollandais en voyage dans la région et ayant besoin d’un bijou pour séduire une femme par laquelle il aura été épris durant son trajet. Son besoin aura donc remplacé notre nécessité. La nécessité d’un homme de nourrir sa femme et son enfant de douze ans. Nécessité comme une brise divine frappant en boucle mon père, qui, à l’époque songeait déjà à mettre fin à ses jours.

Dans le tiroir surplombant celui de mon père il y en avait un autre, ressemblant à ce dernier, mais plus abimé. Il avait été détérioré par l’humeur changeante de ma mère choisissant entre ses trois tenus et ouvrant ce tiroir frénétiquement plusieurs fois chaque matin. Prise dans une triste réalité mais songeant à une vie de princesse, son plaisir quotidien se trouvait dans son pauvre choix de vêtements. Il était hasardeux pour elle de subir cette vie misérable, mais, repoussée par de nombreux hommes fortunés, et ayant trouvé compagnie chez un austère personnage, bien que pauvre, elle avait décidé de s’installer et s’accommoder à ce malheureux destin qu’était le sien. Destin ou se battre pour sa survie prenait le dessus sur quelques copines  perdues par un travail lui réclamant tout son temps. Jusqu'à sa mort, ses mains furent marquées par sa tache aux champs, labourant à la force de ses bras sculptés par l’effort. Elle aurait voulu être célèbre grâce à ses prouesses mais son monde se limitait à un geste mécanique. Elle n’aimait plus mon père, elle avait pour lui de l’affection. C’est pourquoi à sa mort, elle sera plus attristée par son propre quotidien brisé que l’entrée de son mari au cimetière… Ce cimetière elle le connaitra onze ans plus tard. Onze ans ou elle se raccrochera à la vie jusqu’au jour où le vent l’emportera.

Le bruit de frottement que produisait ce bout de bois usagé redonnait de la vie à ce poids nuisant qui planait sur nous. Cette armoire, nous devrons la brûler par nécessité une de ces années de blizzard et ayant besoin de bois rapidement. Mieux valait vivre en lassant aller le passé que mourir en s’attachant à lui. Nécessité, ce mot a bercé ma vie…
Le passé de ma mère la ramenait à un collier. Ce dernier était son seul bijou et donc le plus important à ses yeux. Il était le seul cadeau qu’une de ses tantes, fortunée, avait offert à ma mère. De retour d’un voyage en Autriche, elle avait pensée à elle en lui ramenant ce présent pour finalement l’oublier sur son lourd héritage à l’insu de mon oncle. Ma mère se sentant trahi n’avait plus fréquenté sa famille, s’isolant encore plus dans son monde de douleur.

Sur le mur de gauche quand on entrait dans la chambre, on pouvait y voir le seul tableau de la maison. Il n’avait aucune valeur marchande mais avait celle de l’espoir pour mon père. On pouvait y remarquer l’image d’un voilier, représentant son rêve d’enfance de naviguer et de voyager le long de la mer. Il avait toujours aimé la mer mais ne l’avais jamais vu. Sa mère à lui non plus il ne l’avait jamais connu… Morte à son accouchement il a toujours ressenti le poids de sa vie perdu, lui donnant une démarche de vieillard portant sur son dos le sac de sa vie. Il a par la suite aveuglement obéit à son père comme voulant montré la gratitude qu’il avait qu’on lui ait donné la vie. C’est ce qui la détruit… Il avait abandonné son idylle de voyage pour reprendre la ferme familiale. Piégé par ses choix il s’était alors contraint à épouser une pauvre fille pour des qualités qui n’ont pas lieu d’être en amour. Il avait choisit ma mère pour sa docilité, puis avait fini par s’y attacher mais il n’avait jamais ressenti de l’amour puis elle, juste de l’affection. Rien qui ne pouvait donner un peu de tourmentes à leurs quelques nuits.

Les murs blancs de la pièce étaient en écho avec les conversations qui se déroulaient à l’intérieur et le lit froid était comme la relation de mes parents. Rien dans cet endroit nuisible n’indiquait de la joie si ce n’est l’unique fenêtre ou parfois, rarement, on pouvait y apercevoir un oiseau sur les arbres en contrebas en train de chanter. Cette mélodie enveloppait alors la maison d’un voile de mensonge faisant passer enfer pour paradis. Dans tous ces vestiges, le seul objet encore en circulation aujourd’hui de la chambre était un livre. Ce livre avait été l’unique cadeau de mon frère lors de son dixième anniversaire. Un livre de comptes pour enfants qui avait finit bien vite dans la chambre de mes parents, qui, ne pouvant plus se consoler dans leurs propres monde imaginaire, avaient considérés qu’ils étaient les plus à-mêmes de s’évader, parfois, à travers des écrits féeriques. Ils ne lisaient pas bien mais, occasionnellement, l’histoire même débridée d’une personne accomplissant ses rêves amenait un relief à leurs expressions blêmes. En y regardant près on aurait pu y voir un sourire. Pas un grand sourire. Un sourire qui aurait au moins le mérite de rallumer un peu leur cœur de larme.

Cette chambre était triste mais n’était pas la plus malheureuse… Comme une dégradations de sentiments, nos trois chambres s’accompagnaient dans un long couloir sombre s’éloignant de plus en plus de la sortie. Seul nos quelques passages ébruitaient parfois ce triste corridor. Au fond du couloir, la pièce la plus enfoncée dans cette prison de souvenir tragique était celle de mon frère. Mon frère était parti, sa vie était restait là. Ma mère s’était assise quotidiennement sur son lit pendant une certaine période. Un jour, la douleur de la perte avait surpassé l’espoir d’un retour. Elle était alors parti laissant le lit vide pour le restant de ses jours… Vide comme le monde dénué de sens dans lequel mon frère idéaliste vivait, vide comme son étagère.

 Un soir, il avait décidé qu’il était temps pour lui de s’en aller et de ne plus revenir. Il avait pris de minces affaires et de pauvres économies et s’en était allé. En prenant la route à ses dix-huit ans il avait choisit de renier plutôt que de luter. Dans un monde ou le bonheur ne lui était pas offert, il avait décidé de le chercher plutôt que de continuer à vouloir le créer.  Il n’aurait pas pu le créer. Il n’a pas pu le créer… Ce n’est pas faute d’avoir essayer. On le devine sur son bureau ou sont entassées tous ses essaies écrits sur sa vie rêvée. Ces bouts de papiers chiffonnés et humides, étaient autrefois ce qui lui donnait de l’espoir.  Il a écrit, réfléchit, pris du recul, pensé, changé, s’est réinventé. Il a tout essayé mais dans ce lieu il n’arrivait qu’a un bonheur fictif. Il a versé toutes les larmes de son mal être, puis il est parti.

Parti ou la vie le mènerait. Faudrait-t-il supposer qu’il est mort ? Surement. Mais si dans ce lieu tout ce qui n’avait plus de vie était mort, mes parents aussi seraient déjà morts. Mon frère est parti et a perdu sa vie, mes parents sont restés et avait déjà perdu leurs vies. Mes proches ont vécu entre deux mondes, le ciel et la terre. Ils se mélangeaient et je n’ai jamais su les dissocier. Plus tard, je partirais à la recherche de mon frère, en vain…

 Au bord de son lit, il y avait une petite table de nuit surplombée de bougies couleur sang.
Elles étaient consommaient en partie, l’autre moitié gisait là, attendant qu’on allume la mèche mettant fin à sa vie. Les bougies seront brulées plus tard dans un grand feu, trop tard, elles auraient préférés entre libérés plus tôt de leur lourd fardeau. Sous leur pied, il y avait la petite table de nuit sur laquelle, occasionnellement, mon frère posait un objet au détour d’un passage. Rares passages diminuant avec le temps jusqu'à disparaître et être remplacé par un triste calme…

 Tout dans cette pièce semblait ressentir son absence. Son étagère avait déjà connu la douce texture des tissus, ou encore celle d’un livre parfois. Toutes ces choses avaient étaient remplaçaient par la froide caresse de l’air. Va et vient continue, inconfortable et interminable. L’étagère était moisissant mangée de l’intérieur par sa solitude. Solitude et incompréhension de ne plus savoir où se mettre La chambre pleurant le départ de mon frère dégageant une atmosphère austère, presque maléfique, nuisant aux quelques ignorant voulant s’aventurer dans ce cimetière. Cimetière de souvenir. Souvenirs de pleurs et de soupir…

Ici l’air sec était irrespirable comme si il était impossible de se trouver là ou mon frère s’était perdu. Il était un poète, prophète et il connaissait son destin. Il avait choisi la chance plutôt que la fatalité. Peut-être était-il mort juste après son départ. Peut-être avait-il vécu une vie prospère que nous n’aurons jamais connue. Dans tous les cas, ce lieu vacant était mort pour lui et lui s’était envolé pour nous après de son départ…

 En retournant dans le couloir, on pouvait reprendre une bouffée dont sa chambre nous avait privé. En se dirigeant vers l’entrée de la maison on tombait sur la porte de ma chambre. C’était la plus proche de la sortie et moi j’étais le moins enfoncé dans cette vie de tristesse. A cet âge là, on pouvait souvent me voir gambader dans la maison, j’étais libéré de cette atmosphère pesante et j’étais voletant quand tous les autres habitants avaient les pieds sur terre. En ouvrant la porte de mon monde on tombait sur la chambre d’un enfant pauvre… Pauvre en bien mais surtout pauvre en attention et affection reçu. J’avais vite appris qu’on était plus heureux en donnant de l’amour qu’en attendant en pantin servile de le recevoir. Alors j’ai vécu ma vie en offrant toujours plus que ce que je recevais, c’était mon moyen de ne pas dépendre des autres et des choses.
On se croyait dans une forêt quand on entrait dans mon foyer. Il y avait  avec des pommes de pins, des feuilles et des taches de boues gisant sur le sol .Cette maison était mon abri, ma chambre était mon refuge. Sur mon vieux lit cabossé on me voyait dormir guilleret, contrastant avec mon sommier détruit par le désintérêt et la misère qui m’accablaient. J’étais le seul à créer de l’amour. Mon frère était parti quand j’avais un an. J’étais délaissé, malaimé, rejeté mais surtout naïf… Je mettrais longtemps à comprendre que je n’importais pas. Ma bulle de joie était impénétrable et impossible à percer pour quiconque autre que moi-même et cela se reflétait dans ma chambre.
 L’odeur de la nature contrastait avec ma puanteur. Mon lieu de rêves était, prostré derrière ma fenêtre, à regarder passer les saisons. C’était une petite fenêtre mais dans mon cœur elle avait la taille du monde entier. En contrebas affluait une rivière que je distinguais par interstices à travers une rangée d’arbres. J’allais la voir, souvent, quand je n’étais pas entravé par la météo ou ma famille. La fonte des glaces provoquait un flot continu, tantôt paisible, parfois violent, frappant ou caressant les cailloux qui gisaient au fond de l’eau.

Ce jour-là, on pouvait me voir recroquevillé sur un rocher, suivant des yeux une libellule, elle était verte et bleue et déployait ses ailes. Moi j’étais jeune, naïf et heureux. Puis, je l’ai vu, lui qui a finit par guidé ma vie. La libellule venait de mener mes yeux à lui. Il était posé la, seul, jeune, beau et cherchant à se faire sa place. Il sera grand, majestueux, beau et deviendra mon guide. Planté la dans ce sol noircit par la pluie, il était là, l’arbre de mon espoir

2.

J’avais sept ans lorsque l’arbre dépassa la taille de mon père… De graines dans la terre, il était maintenant devenu arbuste. Je lui apportais chaque jour de l’affection en ayant l’impression qu’il me la rendait. Parfois, je l’enlaçais fortement, et même si il n’avait pas de chaleur humaine, je sentais en lui plus de vie que tout autre chose dans les alentours. Il avait toujours été la pour moi. Et quand j’étais triste, il me réconfortait. J’étais  rarement triste, du moins je le pensais. Mais parfois, il y avait des larmes que je ne pouvais empêcher de faire couler. Il y a un jour dont je me souviendrais toujours, ou il fut la alors que la tristesse avait pris le contrôle de mon corps. Sans lui, je serais certainement devenu un autre. Je serais devenu morne triste et la brillante lueur d’espoir que j’avais aurait disparu de mes yeux.

Ce jour là, la chaleur torride et le sol brulant nous mordaient les pieds. Je portais ma seule paire de chaussures trouées, et j’avais pris un choix que je n’avais pas fait depuis très longtemps. Je n’étais pas sorti dehors. J’avais donc passé l’après-midi assis sur une chaise de notre cuisine qui faisait par ailleurs office de salle à manger et de salon. J’avais d’abord passé plusieurs heures à rêvasser en observant minutieusement les alentours. Je m’étais beaucoup attardée sur notre vieille cheminée datant de la construction de l’édifice. Elle était grande et se tenait face à moi et se tenait face à moi, toute proche de la porte d’entrée. Comme si les architectes avaient anticipés le climat changeant et désagréable de la région. Les habitants auraient donc étés satisfaits de rentrer et de se trouver directement face à un feu ardent pour réchauffer leurs froids pieds plongés dans la neige lors d’une dure journée hivernale.

Sur cette cheminé, il n’y avait qu’un seul souvenir, une veille photo. Elle était antique et trouée. Elle avait été percée par ma mère. Sur la gauche de la photo, il y avait mon père, grand homme aux épaules carrées presque effrayantes. Il avait déjà le visage marqué par le tourment et les difficultés. Ses mains semblaient de fer tout comme son attitude. A coté de cet homme inflexible, il y avait une femme. Il était dur de reconnaître ma mère dessus. Ou plus tard il y aura une femme mince et froide, il y avait une jeune fille d’une trentaine d’années aux formes rondelettes et au visage souriant. C’était un sourire sincère, celui émanant d’une joie plus que d’une mimique forcée dût à la présence de l’appareil. Dans ses bras potelets, se trouvait un nourrisson, c’était moi, lorsque j’étais plus jeune. Mes cheveux blonds contrastaient aux noirs de ma mère et mes yeux bleus se différenciaient des autres mirettes plus sombres qui m’entouraient. Puis tout à droite de la photo, il y avait le corps de mon frère. Il n’avait pas perdu la tête seulement dans la réalité, dans le dernier souvenir qui nous restait de lui, il ne l’avait pas non plus.

Ce trou me rendait triste à l’époque car pour moi il représentait le fait qu’il était tombé dans l’oubli rapidement. Le trou dans cette image laissait place au doux rouge des briques formant la cheminée. Ce sentiment de rejet, que je pensais que mes parents ressentaient envers mon frère et ma compassion pour lui me poussait souvent à détourner les yeux. Alors comme pour me remettre dans l’amer gout du quotidien, je regardais la table sur laquelle nous mangions.

Sur cette dernière, il y avait un bout de pain rassis semblant craqueler sous son propre poids tant il était dur. Le temps l’avait tellement travaillé que la sensation qu’il avait en bouche n’était pas plus agréable que celle de se casser les dents sur un caillou. Le gout était insipide, et parfois il me semblait qu’en mangeant notre triste repas, l’effort de la mastication dépassait le bénéfice de sa digestion. Au cours de nos repas, nous ressemblions à des chiens galleux s’attaquant à tout ce que l’on pouvait nous offrir. Bien souvent, la faim creusait nos ventres. J’avais parfois l’impression qu’elle me dévorait de l’intérieur rendant mes côtes visibles et mon corps frêle. Malgré tout cela, on appréciait cette nourriture et on ne demandait pas mieux. On n’aurait pas pu se permettre de demander mieux… Alors, presque tous nos repas se constituaient de ces boules de roches que nous essayions tant bien que mal de manger. On n’était pas maître de notre nourriture, on lui était servile.

Le pain n’était pas la seule chose sur cette table. Il y avait un couteau presque plus friable que lui. Il découpait du pain mais il aurait pu faire tant de choses. Il aurait pu appartenir à un jongleur qui s’amuserait à jouer avec. Il aurait pu être l’ustensile favori d’un boucher avide de sang. Il aurait même pu appartenir à une famille riche prenant soin de lui, qui lui aurait évité de finir rouillé et brisé sur le long de sa lame. Mais c’était notre couteau à pain et comme tous les objets piégés dans notre maison, il semblait utilisé à des fins dérisoires par rapport à ce qu’il aurait pu produire en appartenant à des gens qui lui auraient donnés de l’amour. Mais même si ici tout était brisé mais les seules choses semblant irréparables étaient mes parents et leurs  existences consternantes.

 Au bout d’un moment je m’étais lassé de ses piètres observations amenant toutes au même constat tragique. J’avais donc décidé de me lancer dans une activité que je pouvais maîtriser. J’avais donc finalement pris un vieux crayon et une feuille fripée puis j’avais commencé à dessiner. J’étais doué à cela et je me permettais donc de m’évader à travers des images que je créais. En gravant, je me recréais, me réinventais une vie que je ne subissais plus, ou j’étais l’acteur principale. Je pouvais comme cela choisir ma propre voix. Bien souvent dans mes traits on devinait un palace de glace remplaçant notre taudis. La maison de mes rêves était lumineuse. Tellement lumineuse et bienveillante que mes parents dépaysés de leur morne quotidien étaient guillerets.

Puis j’appréciais dessiner mon frère jouant avec moi heureux et présent. Je le représentais grand, fort et beau comme toujours on me l’avait décrit. Enfin mon dernier dessin était celui que je préférais faire. Il y avait du sable fin et chaud caressant les pieds des enfants jouant sur le sol. Un lourd soleil leur frappait la peau. La mer d’un bleu roi contrastait avec l’azur du ciel. Tout au loin semblait bleu sauf quelques taches blanches qui se dessinaient au loin. La plupart étaient des nuages, mais une d’elle avait une saveur particulière à mes yeux. C’était un  grand voilier tranchant les vagues au loin. Je me voyais sur la plage les yeux fixés dessus. Avec ses trois mâts, il ressemblait à un trident divin s’extirpant de l’océan.

Sur ce bateau, il y avait un homme, seul. C’était mon père, comme je l’imaginais à mon âge. Sa longue chevelure flottait au gré du vent et il souriait. Ce sourire non plus je ne l’avais jamais vu émanant de lui. Ses dents blanches se marient avec ses grands yeux pleins de vie. J’aimais plus que tout l’imaginer heureux, lui que j’avais toujours connu triste. Je l’aimais sincèrement. A ses quatre ans il avait réalisé que son père aurait préféré garder sa femme plutôt que voir naître son fils. Il avait mit du temps à l’accepter, et quand il l’avait fait, il était une personne totalement différente. Il avait commencé à vivre pour ne pas décevoir son père, ne plus le décevoir. Bien souvent ce dernier le frappait violement mais mon père ne se rebellait pas trouvant cela normal. Un jour, de son arcane sourcilière avait commencé à couler un long flot de sang n’empêchant pas son propre père de continuer sa violente action jusqu’au moment ou mon père sonné tomba inconscient.

 A son réveil il était sur le sol froid de sa chambre. Du sang était étalé sur le sol et sur sa tête. Le temps de reprendre ses esprits, il s’était rappelé de ce qui lui était arrivé. Il avait eu un gout amer dans la bouche, sang coagulé qui lui avait semblé se trouver là depuis une éternité. C’est au cours de ce triste évènement que s’était marqué une longue cicatrice qu’il avait toujours au-dessus de son œil gauche. Cicatrice d’une enfance violente qui ne s’était jamais renfermée avec le temps. C’est pourquoi sur mon bateau je l’imaginais sans cette cicatrice. Dans ce monde idyllique, il n’avait pas eu un père qui l’avait brisé, il s’était donc développé comme il aurait du afin d’atteindre son propre bonheur.

Je finissais mon dessin lorsqu’au loin un bruit m’avait extirpé de mon univers. Mes parents qui étaient parti à l’aube aux champs étaient en train de discuter non loin de la maison. J’entendais leurs voix à travers la porte de la maison entrouverte. Ils ne devaient pas savoir que j’étais présent car il était rare que je ne sorte pas l’après-midi pour me poser près de mon arbre favoris. Bien souvent je l’ai avaient entendus parler de ça mais jamais je m’étais résolu à écouter ces mots. Ils avaient d’abord parlés de mon frère et de la tristesse qu’avait provoquée chez eux sa perte. Ils semblaient l’aimer plus que tout contrairement à ce que je pensais. Ils le regrettaient énormément, lui le fils aimé, intelligent beau et dont ils étaient fiers. Puis ils ont parlés de l’erreur, du spécimen de celui qu’ils n’avaient pas voulu. Ces mots avaient résonnés dans ma têtes tant ils étaient douloureux.

J’étais resté là, longtemps, prostré sur ma chaise comme si j’avais perdu mon âme. Puis une fois que j’avais compris et réalisé qui était l’erreur, j’avais ouvert la porte et j’étais sorti en courant en direction de la rivière. Mes pieds brulants ne m’importaient plus, ma douleur ne se trouvait pas la. J’avais ouvert ma bulle de sérénité pour qu’on vienne me la briser. Je devais la reconstruire. J’avais compris. Compris pourquoi je ne me sentais pas voulu, compris que ce monde d’amour était celui que j’avais crée. J’étais suis resté là jusqu'à la tombée du soir puis j’étais suis resté muet en rentrant chez moi. Je n’entendais plus mes parents de peur d’interpréter ce qu’ils me disaient.

 J’étais au fond du gouffre, mais, au sein de moi, il restait une lumière. C’est elle qui me caractérisait, la lueur de l’espoir. Alors j’étais retourné voir mon arbre le lendemain et j’avais décidé que peu m’importait si je n’étais pas aimé. Je ne ferais pas les mêmes erreurs que mes parents m’étais-je dis. J’avais alors décidé que ce qui m’avais fait du mal deviendrait ma force. C’est à ce moment que j’avais décidé qu’un jour je rendrais à mes parents le bonheur qu’on leur avait volé. C’est ce jour-là que j’avais choisi que je me construirais comme je le devrais.


3

J’avais treize ans le jour ou un blizzard vint frapper nos murs de pierre. Je me souciais alors de mon arbre plus que de ma propre vie et l’imaginer dehors dans cette tempête me faisait froid dans le dos. J’avais déjà assez froid sans cela. Ce qui me rassurait était le fait qu’il ait grandi de manière à pouvoir le voir depuis mon salon quand le brouillard n’obstruait pas ma vue. En étant réaliste, j’aurais remarqué que mon corps de lâche était le plus à même de finir gelé si le pauvre feu qui nous tenait au chaud à l’intérieur venait à s’éteindre. J’étais toujours frêle mais j’avais commencé à m’endurcir malgré tout.

Ayant décidé d’aider mes parents aux champs depuis mes huit ans, j’avais quand même pris un peu en musculature. Je n’avais pas fait ce choix par rapport au fait que je recherchais une quelconque affection mais simplement car je me sentais redevable. J’avais voulais par intégrité pouvoir ne pas être un fardeau et rendre ce qu’on m’offrait. Je n’étais donc pas devenu aimé mais au moins j’étais utile. Mon but n’était pas de me faire aimer mais de rendre à mes parents le sourire.

 Ce jour-là, nous étions tous les trois avec nos couvertures minables près du feu. Notre seul but était d’attendre que le temps passe. Tout ce que nous voulions c’était se réveiller le lendemain vivant. Personne n’osait sortir, un vent saccadé frappait la maison avec un sifflotement presque terrifiant tant il était fort. Nous avions froid. Cela faisait quatre heure que nous étions prostrés la quand mon père avait remarqué que nous n’avions plus de bois, du moins, presque plus.

On avait tous alors étés pétris à l’idée de devoir sortir avec nos modestes vêtements pour nous rendre dehors,  vers l’arrière de la maison ou une petite pile de buches était entassé. Alors nous avions attendus, espérant que le soleil pointerait à l’horizon. Rien n’apparaissait si ce n’est du blanc. Comme une enveloppe de marbre, ce blanc semblait indestructible. Alors nous avions patienté, encore. Le feu avait commencé à s’éteindre, on ne pouvait plus retarder l’échéance. Mon père, fier homme qu’il était avait alors pris la décision de partir seul. Seul dehors ou son destin semblait presque écrit.

 Il était sorti et le temps paraissait interminable. J’avais regardé dehors et il devait bien y avoir un mètre de neige. Le temps passait et je voyais les secondes défiler dans les yeux anxieux de ma mère. Alors elle s’était leva sans un mot, pour aller chercher mon père qui ne revenait pas. Je m’étais aussi levé et je l’avais interrompu juste avant qu’elle ne franchisse la porte. Elle avait compris que je voulais y aller et fut interrogative en me voyant partir une direction du couloir. Puis, m’ayant vu regarder la fenêtre elle comprit. Je cherchais des yeux mon père désespérément par toutes les petites fenêtres que  nous offrait notre demeure. Je cherchais mais mes yeux étaient perdus dans les vagues et je ne le trouvais pas.  Alors, j’avais ouvert la porte et j’étais parti à sa recherche.

 Je l’avais vu contourner le bâtiment en passant par la droite. J’avais pris le même chemin dans l’espoir de le trouver. Silhouette seule dans ce déchainement apocalyptique, je me démenais pour avancer. Les arbres étaient gelés et avait pour la plupart perdus leurs maigres feuilles. Ils étaient comme des tas de neiges parcourus de formes irrégulières. L’horizon était aussi blanc que ma vie. C’était maintenant que je me devais de la marquer d’un fer rouge. Je n’étais pas sorti dehors pour me faire aimer de mon père en l’aidant, j’étais sorti pour protéger quelqu’un que j’aimais.

 J’étais sur le point d’arriver derrière la maison quand je vis mon père. Il était enfoncé dans la neige et ses poids mêlés avec ses mains gelées l’empêchaient de se mouvoir. L’amas de flocons lui arrivait aux épaules et il était sur le point de mourir de froid. J’étais arrivé juste à temps, avant la catastrophe. Il n’était pas tiré d’affaire pour autant. Au moment où nos regards s’étaient croisés, je n’avais plus reconnu plus mon père. Il avait un regard de chien battu, celui qui nous supplie de ne pas tirer lorsqu’on lui pointe un fusil contre la tempe. J’étais déterminé à le secourir, mais, plus je m’avançais, moins j’arrivais à me mouvoir. Le froid était en train de me brûler le corps et je souffrais beaucoup.

A ce moment-là, il avait crié, crié mon nom. Il avait besoin de moi. Alors, j’avais repris du courage et j’étais reparti de l’avant. Arrivé à son niveau, j’étais moins enfoncé que lui grâce à mon plus petit poids. Puis, je lui avais attrapé la main. Il avait eu du mal à renfermer la sienne sur la mienne tant il était frigorifié. A l’aide de nos efforts, nous avions réussi à le dépêtrer. Puis, une fois capable de se mouvoir, il s’était déplacé en direction du bois au lieu de celle de la porte. Il n’avait peur de rien mais son action restait suicidaire. Mes cordes vocales semblaient gelées car je n’avais alors réussi à relâcher qu’un simple râle.

Alors, je l’avais attrapé et tiré du plus fort que j’avais pu. Puis, revenu à la raison, il s’était restreint à me suivre. Il aurait pu continuer vers les bûches pour par la suite mourir gelé, mais il m’avait écouté. Il avait compris mon message et nous étions repartis ensemble vers la porte de la maison. Nous avions marchés et le court chemin avait semblé interminable. Nos pieds n’avaient pas arrêtés de s’enfoncer dans la neige et nos membres meurtris étaient dures à mouvoir.

 Nous étions en train d’arriver à la porte, lorsque je vis une hache encore un peu détachée du gel contre le mur de la maison. Je l’avais alors saisi et nous étions rentrés, frigorifiés. A l’intérieur, il ne faisait pas bien chaud, mais on aurait pu se croire dans une fournaise. Petit à petit, j’avais retrouvé l’usage de mes membres. Je ne sentais plus mes orteils et la douleur me tordait le corps, mais j’avais une idée. Alors, à l’aide de la hache, j’avais été dans la chambre de mes parents et j’avais commencé à découper leur armoire. J’étais conscient que cela pouvait semblait ingrat, mais dans ma propre chambre, rien de boisée n’était assez volumineux pour nous réchauffer le temps de la tempête.

Petit à petit, à mesure que l’armoire se dégradait, la maison aidée par un feu se réchauffait.
Titre: Re : L'arbre de l'espoir
Posté par: Luna Psylle le 06 Avril 2017 à 07:19:08
Salut !

J'ai lu la moitié de la partie 1. Je pense ne pas être la bonne lectrice pour ton texte...

Je n'aime pas l'ambiance, la pesanteur, mais c'est un choix personnel, donc pas une critique en rapport avec ton texte. J'espère donc que tu trouveras des lecteurs moins réfractaires que moi.



Par contre, deux choses :

On m'a dit une fois sur l'un de mes textes que j'utilisait trop ce que l'on appelle les verbes pauvres, soit "avoir", "être" et "faire". Je vais ici te faire la même remarque. Beaucoup d'utilisation des auxiliaires, qui peuvent être évitées avec l'aide de nouvelles tournures de phrases pour certaines. Je ne te dis pas d'absolument tous les supprimer (je le signale par expérience) mais en retirer une partie évitera qu'on en croise quatre par ligne ou presque.

Ex:
Citer
Comme voulant dissimuler son passé douloureux, mon père avait dissimulé le souvenir de cet homme violent lui ayant volé sa jeunesse mais qui lui aura plus tard malgré tout offert un avenir. Il n’aura jamais voulu se débarrasser de sa relique à laquelle il était attaché mais il n’aura jamais non plus souhaité l’exposer…



Citer
Un livre de comptes pour enfants
Je l'ai imaginé... je l'ai vraiment imaginé... avant de lire "féérique" juste en-dessous.

Une bête toute petite erreur d'orthographe, sur un mot déjà bien enquiquinant en termes d'homonymie (je l'avoue), mais avec l'ambiance du texte, ça a décuplé mon non-étonnement à la lecture, et mon incompréhension à "féérique".

Il existe les "livres de comptes" : livres qui permettent aux voleurs de Skyrim de falsifier la tenue de l'argent des honnêtes commerçants aux commerçants d'avoir un visuel des flux d'argent.

Et il existe les "livres de contes" : livres qui racontent des histoires aux enfants.



Edit :

Citation de: Luna Psylle, un peu plus haut
J’avais quatre ans lors de sa sortie de terre… En ces temps là j’habitais une petite maisonnette semblable à un dessin d’enfant. Perchée sur le haut du relief, ses tuiles rouges et vives transperçaient l’atmosphère forestière. Dans ma maison il y avait trois chambres. Celle des mes parents, grisonnante à leur image, composée d’un lit double et d’un porte en bois ornée débouchant sur cette pièce à l’odeur de renfermée, comme mourant de l’intérieur. Une grande armoire boisée siégeait contre le mur, face au grand lit double. Elle n’était pas très raffinée dût aux moyens plus que modeste de ma famille. Un grand tiroir ouvrait sur les sur les vêtements de mon père, usées par le temps, de la travail et la misère. Les pays prospères renfermaient des personnes comme nous. Ni trop pauvre pour mourir de faim, ni trop riche pour ne pas soucier du lendemain…

Répétitions de "lit double" ; "grand/e"
Et déjà, il y a cet espèce de décalage : s'il s'agit d'un adulte qui parle, certaines formulations font enfantines (ex: Dans ma maison il y avait trois chambres. très simple et semblant un peu spontanée, même pour un bout de description), mais s'il cherche à retrouver ses descriptions d'enfants, certains termes me paraissent trop adultes (je pense notamment à bois orné ou boisée qui renvoient à des termes adultes, voire professionnels).
Pour un premier paragraphe, c'est assez rebutant (de mon avis purement personnel).

J'appuie à nouveau sur ce point, même si la lecture semble plus celle d'un adulte tourné vers son passé.

Une réponse à cette question ?