Tit-ti-di. L'idée de ce texte m'est venue en lisant le dernier de Zach. A y réfléchir, je ne vois plus trop le rapport, mais bon. Ah, bah tiens :
Celui qui me le trouvera aura droit à une barbe à papa au prochain meeting 8)
voilà qui est fait.
Ce n'est pas un texte fait pour y relever des asyndètes et des péritonites. En fait j'ai vraiment écrit ça pour me marrer un coup avec le clavier, après je ne sais pas si vous allez entrer dans le trip :-¬? pas sûr, bref. C'est court, c'est écrit gros et rose. Ca doit pouvoir se lire entre deux flooderies, hm :huhu:
Chérubaille
L’univers chaotique et nocturne. Soleils éteints encore. En ces premières aubes noires du monde, tout n’était que ténèbres froides et purée de poix, à une délicate exception près.
Car, enfoui dans un altostratus affable, il y avait le creux cocon douillet tout rempli d’anges grassouillets, séraphins aux ailes lustrées, archanges hautains, tous de chair recouverts et de rose marbrés. Blonds et joufflus, ces trésors gazouillaient à tort et à travers et voletaient à travers nuées, auréolés de bonnes intentions et les commissures des lèvres rugueuses de sucre glacé.
Au creux du douillet cocon se nichait une porte petite, secrète, mignonnette, tout ornée de bois sculpté, dotée d’une serrure fluette et dorée si astiquée qu’elle attrapait quelquefois le reflet rosi de quelque joue de putto. La clef se trouvait entre les douces mains du plus poupon des charmeurs, ce concubin chéri Chérubin conquis, farceur contrepèteur.
La clef des champs de nuages aurait ouvert la coquette porte que c’eût été un déluge de flammes et de sang qui eût rougi toutes ces bouilles. Dans un coin cotonneux du cocon, l’ange se racla la gorge. Les babillages s’affaiblirent et les chérubins reprirent leur place à tire d’aile. Oui, car trois, quatre ! « Chantons chantons car ce jour est sa-anctifié ! Jouons jouons car ce jour est créati-ooon ! »
Des trompettes clinquantes entonnèrent une douce mélopée toute en fusements éclectiques, « C’est Jéricho préinventé ! c’est l’Apocalypse aux cent mille boutons de roses précédée en ces amours de contrées ! »
L’ange qui présidait la cérémonie fit un geste de la main et les chantonnements diminuèrent.
« La parole… » commença un joli jubilant judicateur joufflu. Un chœur l’interrompit, puis un autre, des trompettes joyeuses, des harpes élégantes et un triangle pétillant cacophonèrent à tire-larigot et à cordes et couteaux tirés.
« La parole est à… » finit le blondinet aux boucles de blé. Le maître de cérémonie toussa bruyamment quelques flammèches follettes, grommela, s’essuya dans ses plumes, fit signe de reprendre.
« La parole est à… » conclut le bambin babillard. Et le chœur de s’exclathousiasbraillurlonner : « Luuu !... »
Et les violons de sangloter de joie : « Ciiii !... »
Et la contrebasse enchantée de laisser échapper : « Feeeeeer ! », repris de concert par toute la troupe potelée à foison.
L’ange crachota à nouveau. Derrière lui, les ténèbres étaient noires et épaisses, au-delà du cocon douillet de nuées mêlées il n’y avait que le vide sans vie.
« Bien, reprit l’ange après s’être essuyé les mains sur l’auréole déchue qu’il portait en ceinture,
donc eh bien allons-y que la lumière soit. »
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