Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Kathya le 02 Septembre 2009 à 13:21:12

Titre: Ranheim
Posté par: Kathya le 02 Septembre 2009 à 13:21:12
Re-bonjour, habitants du monde de l'écriture ! ^^ Comme d'habitude me reprend périodiquement l'envie d'écrire des nouvelles et de venir exercer ma maniaquerie sur celles des autres (je l'exerce aussi sur les miennes mais je garde mes grognements pour moi...), donc me revoilà ! Jusqu'à ce que le temps me manque de nouveau...

Tout d'abord... Excusez-moi c'est long ! ^^

Cette nouvelle là n'est pas récente mais j'ai enfin fini de la retravailler un peu. Elle me paraît plus simple et moins tordue que ce que j'écris d'habitude (ou peut-être n'est-ce qu'une impression de ma part) car elle emprunte vaguement quelques rouages à un autre de mes projets et car je l'ai écrite comme une sorte de conte. Je parle bien sûr de ma vision du conte, ça fait trop longtemps que j'ai pas fait de français littéraire ou non pour définir les genres correctement.

J'ai changé le titre de ma nouvelle exprès pour éviter le spoil en puissance donc je ne vous expliquerai pas pourquoi Ranheim, même si ça peut se comprendre. De même, je ne vous expliquerai pas quelques détails en filigrane à moins que la question vous taraude, car ça serait vraiment spoiler tout le texte.

Il y a des ellipses entre tous les chapitres, c'est voulu. (Bien qu'à l'origine cause d'une limite de mots je crois...*sort*)

Voilà, bonne lecture aux courageux... !




***Ranheim***



Il fut un temps, où l’imprudence se payait plus chèrement que de raison.

*1.Frontière des mondes*


               Tenant fermement sa pique, Alyin scrutait les eaux agitées. Habituée au balancement régulier de sa barque, elle ne se laissait pas distraire, s’autorisant seulement de rares et furtifs regards pour surveiller son turbulent petit frère. Edyis, pour ce qu’elle en avait compris, essayait de battre les vagues à la course et lorsqu’il perdait, ce qui ne manquait pas d’arriver, il frappait furieusement les flots de sa pique, dans des gerbes d’écume bouillonnante.
Alyin avait renoncé à le sermonner sans cesse, c’était sa vengeance secrète du fait qu’on lui confiât son frère. D’autres, mêmes plus jeunes que lui, se rendaient à la pêche sans que cela ne choquât quiconque. Mais ces autres-là pêchaient, tandis qu’Edyis n’était bon qu’à effrayer le poisson. Pourtant, quand il s’en donnait la peine, il avait l’œil pour repérer sa proie, et l’adresse pour l’épingler. Il ne lui manquait que la patience de l’attendre.
Tout l’étonnait, le fascinait, il n’avait aucune concentration. Il avait déjà laissé plus d’un poisson lui filer entre les doigts, émerveillé par le chatoiement de ses écailles. S’ils avaient tous été comme lui, il leur aurait fallu vivre de sable et d’air du temps. Car une chose aussi triviale que de devoir manger ne trouvait pas grâce aux yeux d’Edyis.

               Alyin, elle, s’était faite une raison. Son frère effrayait ses proies, mais il en restait toujours une, égarée, ou assez affolée pour choisir la mauvaise direction. Celle-là n’avait jamais de seconde chance. La jeune fille maîtrisait ses gestes et même si ses cousins raillaient son panier à demi-vide, accusant sa féminité d’être cause de sa maladresse, elle ne le ramenait qu’au prix de son exceptionnelle patience. Dans le sourire reconnaissant et le regard fier de sa mère, elle trouvait le réconfort nécessaire pour endurer sans broncher ces moqueries éternelles. Elle était consciente qu’aucun de ses cousins ne supporterait jamais de se voir confier la mission de surveiller Edyis, qui aurait dû être en âge d’assumer ses bêtises, et que bientôt, elle serait mariée et appelée à d’autres tâches.
Les bras ankylosés, les yeux rivés sur les vagues, à la fois immuables et sans cesse changeantes, elle aperçut sa proie, un fin poisson allongé, aux écailles miroitantes sous le soleil matinal, serpentant à vive allure à seulement un bras de la surface.
« Alyin, Alyin, regarde ! »
La jeune fille ajusta silencieusement son coup, s’apprêtant à frapper. Règle d’or pour pêcher avec Edyis, pêcher d’abord, l’écouter ensuite. Ou mieux encore, ne pas l’écouter.
Crispée sur sa pique, elle s’obligeait à attendre le moment idéal. Le trait meurtrier jamais ne s’abattit. Sa barque fit une brusque embardée, et elle n’en rétablit l’équilibre qu’au prix de grands efforts. Elle jura. Et fut d’autant plus furieuse lorsqu’elle vit qu’Edyis s’était appuyé sur son embarcation, causant sa folle agitation.
La honte et le remords n’avaient jamais trouvé leur route dans les méandres de l’esprit du jeune garçon, et c’est sur le ton le plus naturel du monde, qu’il s’exclama, sans adresser un regard à sa sœur, focalisé qu’il était sur l’eau qu’il pointait de sa rame :
« Là ! Il y a quelque chose qui brille ! »

               La seule chose qui brillait, du point de vu d’Alyin, était l'envoûtement dans les yeux du garçon. Elle se ressaisit, peut-être s’agirait-il d’un autre poisson ? Cela apaiserait sa déception d’avoir manqué le précédent. Elle se pencha légèrement, scrutant les eaux troubles.
« Il n’y a rien ! s’énerva-t-elle.
-Si ! Là ! Regarde ! » insista Edyis.
Et Alyin distingua enfin ce qu’avait vu Edyis. Dans l’eau, avançant au rythme régulier des vagues, scintillait… elle ne savait trop quoi. Une pierre aurait coulé. Et les écailles d’un poisson présenté de multiples éclats d’or et non cette orpheline lanterne. Elle plongea la main dans la mer pour s’en saisir. Elle aurait presque pu l’avoir, il lui manquait à peine quelques centimètres… Elle tendit le bras au maximum, se risquant à plonger son coude dans l’eau, et de ses doigts effilés tenta de s’emparer de l’étrange petite étoile. Elle y était presque. Elle se pencha encore, oubliant la prudence… et la barque bascula.
Alyin sombra, dans les eaux trompeuses et tièdes de cette mer nonchalante. Elle disparut, emportée par les indolents et paresseux remous, qui, patiemment, avaient attendu le moment de sa chute. A peine entendit-elle Edyis crier son nom. La voix claire et vive du garçon lui sembla grave et sombre, pareille au son du glas.

               Et d’Alyin, ne demeura plus sous le ciel qu’une barque retournée, frêle coquille abandonnée, dépossédée de son fruit. Augure aussi limpide qu’un corps sans vie. Avidement, Edyis, se jeta sur l’embarcation pour la rétablir, avec l’espoir enfantin qu’il trouverait sa sœur en dessous, riant de son désarroi, lui adressant une parole rassurante et reprenant sa chasse. Mais d’Alyin nulle trace. Il ne la retrouverait pas. Remettre d’aplomb la barque, avait été aussi vain et dément que d’espérer trouver une perle dans les mâchoires de l’huître.
Et les flots continuaient, dans une indécente langueur, leur paisible danse assassine.
Alyin aurait peut-être perçu une triste litanie dans le murmure des vagues. Mais le cœur gelé, comme si ce coup du sort lui avait ôté toute chaleur, Edyis n’y entendait que des ricanements étouffés. Il arrima les deux barques, et s’emparant de sa pique, scruta les eaux.
La mer jamais ne rendait ceux qu’elle emportait. Elle les envoyait simplement mourir au large.

*2. Jeux de lumière*


               Alyin s’éveilla, comme on s’échappe d’un songe. En sursaut. Elle avait perdu connaissance et elle était toujours sous l’eau, un froid rocher plat ayant manifestement stoppé sa chute. Elle s’affola. Il fallait qu’elle remonte à la surface, et vite ! Elle ne s’expliquait pas pouvoir être encore en vie, mais elle ne voyait pas là une raison suffisante pour ne pas lutter. Se redressant, elle prit appui sur ce que, l’obscurité lui masquant tout indice, elle se voyait contrainte d’appeler stupidement sol, poussa de toutes ses forces, et battant des pieds et des mains, se propulsa vers le haut. Cela lui parut plus difficile qu’à l’accoutumée. Elle ne distinguait aucune lumière. Pas même l’éclat d’aigue-marine et de turquoise des eaux sous le soleil. Peut-être la nuit était-elle tombée ? Elle oublia aussitôt cette idée démente, cela revenait par trop à ses yeux à accréditer sa propre mort.
Dans sa lutte effrénée contre l’emprise des flots, pareille à celle d’un oiseau éperdu qui voudrait fuir le ciel, elle heurta violemment ce qu’elle identifia comme un énorme rocher poli par les flots.
Le choc lui vrilla les tempes, et paradoxalement, si elle n’avait pas déjà manqué d’air depuis ce qui lui semblait désormais des lustres, elle se serait sans doute noyée.

               « Es-tu stupide ou suicidaire ? »
Alyin mit un certain temps à identifier la provenance de cette voix lointaine, où se mêlaient irritation, indignation, et consternation. Dans un éclat blafard, elle s’aperçut avec stupeur qu’une femme agacée, la tête ceinte d’une abondante chevelure rougeoyante qui s’éparpillait gracieusement, la fixait de ses petits yeux perçants, pareils à deux topazes bleus. Dans sa torpeur, elle avait presque regagné le sol.
L’impatience plissait le front de l’inconnue. Elle la gratifia d’un regard méprisant, jugeant manifestement l’absence de réponse d’Alyin assez éloquente.
La jeune fille aurait volontiers précisé que la noyade n’était pas réputée pour ses bienfaits. Mais elle ne trouvait pas ses mots, subjuguée par l’étrange pierre que tenait la femme rousse. Il s’agissait d’un éclat de roche grossier, mais recouvert d’une mousse fine aux teintes d’opales qui baignait la pièce de lumière.
« Es-tu muette ? » demanda finalement la femme, en arquant un sourcil. Elle n’avait pas, malgré sa dureté apparente, l’habitude de se livrer à des conclusions hâtives.
Alyin se retint de nier en secouant la tête.
« Non… J’essayais de regagner la surface. »
Ses propres mots l’étonnèrent. Elle s’était attendue à suffoquer, se noyer. Mais elle devait bien l’admettre, il n’y avait plus d’air dans ses poumons.
« Tu es donc stupide. Tu ne seras pas libre de partir, tant qu’ils n’auront pas statué sur ton sort.
-Comment se fait-il que… commença Alyin, les questions se bousculant dans son esprit.
-Paix. Nous n’avons que peu de temps. Il faut que tu te prépares.
-Me préparer ?
-Dans leurs étranges caprices, les rois de Ranheim ont décidé qu’ils voulaient te voir avant de rendre leur jugement, expliqua-t-elle avec ce qui s’apparenta à un soupir, sauf que l’eau sortait de sa bouche en s’écoulant placidement et sans un bruit. Et la vue de tes haillons ne pourrait que les offenser. Mais de cela, ne t’inquiète pas, car c’est à ce dessein que mon maître m’a envoyé. »

               Et tout en parlant, la femme disposa la pierre de lumière dans une sorte de vase comportant de nombreuses ouvertures aux formes torturées, et l’obscurité de la pièce se trouva dévorée, morcelée, par l’ardente lueur blanche. De forme globalement ovoïde, ses murs affichaient la grisaille de cette même roche polie sur laquelle elle avait tenté de se fendre le crâne. La seule sortie qu’ils offraient, aussi sombre qu’impénétrable, évoquait à Alyin une des bouches de l’enfer ouverte sur le néant. Il n’y avait là ni porte, ni meubles, juste une énorme malle aux attaches rouillées dans laquelle farfouillait la femme. Au final elle avait l’impression d’avoir atterri dans une anfractuosité d’un immense rocher, rongé par la mer au fil des ans.
La femme lui fourra une robe rouge somptueuse entre les mains. Alyin n’avait jamais vu d’habits de soie ou de satin, mais elle aurait juré qu’aucun des deux matériaux n’avait cette finesse. Mais avant qu’elle ait pu contempler ce trésor tout son saoul, la femme se ravisa, lui arracha des mains, et lui donna sans plus de ménagement une robe turquoise. Ornée de perles et brodée de fil d’or, elle se trouva fort embêtée par ce tissu aux motifs splendides. Alors qu’elle s’apprêtait à lui poser une question, un regard venimeux de la femme l’en dissuada, et elle resta les bras ballants, avec au bout de ses doigts pendant négligemment la gracieuse étoffe. La femme hésita, puis lui reprit et lui donna à la place une robe noire. Elle n’avait rien de sobre, et n’aurait aucunement convenu à un enterrement, à moins que la mort du défunt soit sujet à réjouissance exacerbée et étalage de raffinement.
Alyin n’aurait su en dénombrer toutes les teintes de noir tant les arrangements judicieux l’élevait au rang de couleur, créant d’harmonieuses arabesques et d’étranges dessins de dentelles. Elle adressa un regard implorant à la femme, trop de questions lui brûlaient les lèvres.
Excédée, la femme lâcha brusquement :
« Mirka est mon nom. Ainsi que toi, mes ancêtres n’étaient pas uniquement les enfants des Hommes, sans quoi la mer aurait ravi nos vies à toutes deux. Enfants de Ran nous sommes mais ceux-là ne peuvent quitter la mer. Je suis ici servante. Un jour je serai de nouveau mon propre maître. Mets cette robe. »

               Alyin obtempéra et réalisa qu’elle ne trouvait pas dans l’eau la même grâce et la même habileté que sur terre. Elle s’empêtrait dans sa chemise de lin, son pantalon de toile était raidi par le sel. Mirka avait poliment détourné les yeux, prétextant de ranger la malle pour épargner sa pudeur, mais elle ne tarda pas à lui porter secours. Une fois vêtue, la servante lui présenta un miroir d’argent, et peu familière de tels objets, Alyin eut grand peine à s’y reconnaître.
Normalement hâlée par le soleil d’été, sa peau apparaissait diaphane, sous la lumière blanchâtre des étranges champignons. La robe d’un noir profond, renforçait sa pâleur inhabituelle. Son visage fin et anguleux, aux joues légèrement creusées, ses cheveux blonds en volutes désordonnées, tout ce qui aurait pu lui être familier, achevait au contraire de lui donner l’allure d’un spectre. Et ses yeux bruns sombres et sévères n’arrangeaient rien au tableau qu’elle offrait.
Malgré cela, Mirka eut un sourire appréciateur, et elle conclut qu’elle jugeait également que la robe lui allait bien. Elle ne l’avait pas rendue jolie, mais l’avait dotée d’une effroyable splendeur. De la beauté des pièges évidents où l’on s’avance en sachant que le prix s’avérera trop cher à payer.
Seules la perplexité et la fragilité qu’Alyin éprouvait et affichait, à être là, loin des siens, perdue pour jamais sous les flots, lui octroyait le bénéfice indécent de l’innocence, sous le sourire meurtrier de la mante.

               Une fois recoiffée, les yeux fardés de noir, et les ongles peints d’un blanc plus pur encore que l’arrogante lumière, Alyin se risqua à croiser le regard de Mirka, avec une timidité qui tranchait profondément avec sa mise de grande dame. La servante répondit de nouveau sans attendre la question :
« De ton sort ils décideront. Le reste, il importe peu que tu le saches ou non...
-Douce et délicate Mirka, tu ne voudrais pas teinter des affres de l’effroi ses derniers instants ? » railla un homme qui venait de faire irruption dans leur grotte.
Alyin sursauta. Les sons lui paraissaient toujours distants, comme s’ils s’étaient perdus en d’inutiles détours avant de lui parvenir, et de ce fait, elle ne se rendit compte de la présence de l’homme que lorsqu’il fut à moins d’un mètre d’elles.
Il sembla à Alyin que l’ironie grinçante de sa voix ne concordait pas avec la douce espièglerie qu’elle lisait dans ses yeux pourpres. Le regard de l’homme s’était posé sur Mirka qui gardait résolument les yeux baissés. Alyin ne put s’empêcher de remarquer, que les deux derniers doigts de ses mains ne s’étaient jamais dissociés, que ses ongles d’une blancheur d’os à nu étaient aussi longs que son pouce, et que d’étranges écailles translucides couvrait le dos de ses mains. Elle ne trouva nulle autre différence dans le reste de sa personne. De stature impressionnante, sa chevelure noire lâchée derrière lui comme une bannière au vent, ainsi que son impressionnant manteau gris, lui donnait l’allure menaçante d’un oiseau de proie aux aguets. Il se fendit d’un sourire étincelant et carnassier. Mais lorsqu’il se tourna vers Alyin, il n’eut plus qu’un rictus sinistre, et la jeune femme eut l’impression de lui avoir profondément déplu. Elle avait sans doute rougi de honte de l’avoir dévisagé de la sorte, mais elle aurait juré qu’il ne l’avait pas vu. Même le sang qui battait dans ses artères ne pouvait que s’effacer sous de si blanches lumières.
« Qu’elle nous rejoigne lorsqu’elle sera prête. » lâcha-t-il froidement, avant de quitter les lieux d’un pas leste, comme s’il y avait rencontré une vive contrariété.
Mirka lui donna l’impression de se remettre à vivre, comme une sorte de pantin ensorcelé.
« Ne les fais pas attendre. Un autre que moi te guidera. Mais souviens-toi, s’ils t’épargnent, prend garde à tes paroles »
Et, lui agrippant le bras, comme si subitement, elle craignait de ne plus jamais la revoir, Mirka récita : « Des trois rois qui règnent sur Ranheim, le premier veut le trépas pour les enfants des hommes, un autre, leur salut, le dernier les veut libres, sans condition aucune. Je ne peux te dire qui ils sont, je n’en ai pas le droit. »

*3. Le jugement*


               Maladroite fut l’entrée d’Alyin dans l’imposante salle du trône. Son cœur cognait dans sa poitrine tandis qu’elle s’efforçait de rester digne, sous le poids des regards pesants et hostiles de la triple cour de Ranheim. De taille prodigieuse, les murs percés de larges ouvertures – ne laissant par ailleurs apercevoir que les flots ténébreux - s’achevaient si haut que le sommet de la salle se perdait dans l’obscurité. Sculptés avec minutie, ils contaient une histoire qu’Alyin ne comprenait pas, dans un foisonnement d’écailles, de tentacules et de nageoires, le tout couvert d’or, que le temps effaçait lentement laissant affleurer la pierre en de trop nombreux endroits. Le sol même de la salle n’était pas en reste. Il scintillait en formant de curieux symboles, et la jeune fille aurait juré qu’il s’agissait là du même phénomène que celui qui faisait briller la pierre de Mirka, bien que s’accroupir pour vérifier eût sûrement été jugé comme la pire des impolitesses . De ce qu’elle avait vu, c’était le moyen le plus commode des habitants de Ranheim pour s’éclairer. Cette lueur trop vive et trop blanche n’était pas pour autant comparable à l’étoile d’or qui l’avait conduite ici.
Alyin gardait les yeux légèrement baissés. Autant pour éviter d’affronter les courtisans de Ran, que pour s’assurer qu’elle ne s’empêtrait pas les pieds dans le tapis d’or qui drapait le sol. Ce qui aurait été à n’en point douter du plus mauvais effet.
La traversée de la salle lui parut interminable et elle ne pouvait imputer son calvaire uniquement aux dimensions de la pièce.

               Dans un silence oppressant, Alyin s’inclina devant les monarques, et espéra qu’ils ne lui tiendraient pas rigueur d’avoir dû battre des bras pour ne pas s’affaler.
Le premier roi à sa gauche, s’appelait Sindelyn. Le guide auquel l’avait confié Mirka, lui avait donné leurs noms, mais à son insistance, n’avait répondu qu’en répétant les propos nébuleux de la servante sur les opinions divergentes des monarques. Le roi, nonchalamment assis sur un trône de nacre, l’observait d’un œil intrigué. Curiosité que partageaient à ses côtés un dauphin agité, que devoir rester calme contrariait fortement et une raie qui remuait paresseusement ses gigantesques nageoires. Vêtu de blanc, ses cheveux blonds retenus par une couronne d’argent incrustée de perles, il ne lui paraissait pas menaçant. Mais elle sentait aussi qu’il voyait sa venue comme une sorte de divertissement.
Le deuxième roi était une reine. Affichant une moue dédaigneuse, Anetcka siégeait au centre sur un imposant siège de marbre habillé de velours et de soierie écarlates. Sur sa fière chevelure brune, se dressait un diadème orangé, rappelant la carapace des crabes, orné de grenats, et servant de cachette à une petite anémone, dont les filaments venimeux se tortillaient placidement. Sa robe était d’écailles rouges –sans qu’Alyin ne put distinguer s’il s’agissait d’un habit ou de son corps véritable- rehaussée de pics d’oursin et de coraux. Une anguille s’enroulait autour de son bras droit sans qu’elle sembla gênée par son contact, ne s’en souciant pas davantage que des trois murènes menaçantes emmêlées à sa gauche. Mais Alyin oublia bien vite leurs gueules monstrueuses, tétanisée par le regard de braise ardente que posait sur elle la souveraine.
Craignant de se consumer si elle le soutenait trop longtemps, la jeune fille détourna aussitôt les yeux et fut d’autant plus terrorisée que la reine lui évoquait une sorte de rascasse : comme elle aurait préféré mourir que d’avouer pareille pensée, elle ne pouvait qu’espérer que son attitude ne la trahirait pas.
Elle reconnut aussitôt le troisième roi, il s’agissait d’Aegyr, l’homme qui avait réclamé sa venue. Qu’il se soit déplacé en personne, elle ne l’expliquait que difficilement, d’autant plus que désormais, il ne lui accordait aucune attention. Assis sur un trône de roche, sculpté admirablement mais couvert par endroits d’algues et de coquillages, il râpait distraitement la pierre de ses longs ongles d’albâtre, et la simple idée du son abominable que cela pouvait produire donnait à Alyin l’envie de gémir, et elle dut se retenir de ne pas porter préventivement les mains à ses oreilles. De part et d’autre de son siège, veillaient deux horribles poissons abyssaux, aveugles, armés de crocs comme autant de dagues effilées et avides, leur trompe portant sans fléchir une douce lanterne. Alyin frémit à l’idée que ce leurre effroyable ait pu être celui qui l’avait mené là.

               Plus frêle que jamais, au milieu de cette assemblée respirant l’assurance, l’arrogance et l’insolence, elle sauvait de son mieux les apparences, ce qui consistait, l'eau la rendant plus gauche que jamais, à rester immobile. Statue élégante d'ivoire et d'obsidienne, elle ne pouvait ôter de son esprit le sentiment que personne n’en était dupe.
Si les mots s’avéraient à leurs yeux des jouets trop futiles pour que les trois souverains en usassent entre eux, ou si cela n’avait été qu’une mise en scène habilement préparée, Alyin ne le sut jamais. Mais sans qu’ils aient échangé ne serait-ce que l’ombre d’un regard, leur reine rendit le verdict. Plongea froidement ses yeux flamboyants dans ceux de la jeune fille, qui par la suite fut incapable de savoir à quel moment elle avait bien pu les relever, prononça à haute et intelligible voix la sentence. Sans prendre pour autant la peine de l’empreindre de gravité, comme si la vie de la jeune fille au marché de la cour de Ranheim avait à peine plus de valeur que la viande avariée.
C’est seulement à cet instant qu’Alyin s’avisa qu’ils s’exprimaient dans une langue qui lui était complètement inconnue. Elle se sentit défaillir.

*4. Réception abyssale*


               « Vous avez été très chanceuse ce jour-là, Alyin. Si elle avait été moins prétentieuse et plus observatrice, Anetcka n’aurait certainement pas confondu votre effondrement avec une révérence », déclara Aegyr en offrant un verre à Alyin.
A son grand soulagement, il s’agissait d’un verre « normal », comme elle en avait l’habitude –au détail près qu’elle n’avait jamais bu dans des verres en cristal ciselés-, et non de ces étranges verres tarabiscotés, qui, têtes en bas, gardaient d’étranges breuvages de densité moindre. Depuis des mois qu’elle résidait à Ranheim, elle n’avait toujours pas compris comment on pouvait y boire convenablement. D’autant plus que siroter un verre normal couronnait généralement une soirée d’efforts laborieux.
Le roi, qui semblait par ailleurs toujours contrarié de la voir arriver, ne cessait pour autant de la mander à ses fêtes privées. Loin d’être modestes ou de réunir un comité restreint, il se contentait de ne pas y convier les deux autres monarques et leur encombrante suite. Alyin, habillée par les soins et savants conseils de Mirka, ne manquait pas de s’y présenter, et de se montrer courtoise. On murmurait qu’elle devait à Aegyr sa grâce et son salut, et que s’il continuait à suivre ses délirants desseins, viendrait un jour qui la verrait le prendre pour époux –car nul ne considérait que l’avis d’Alyin importait en cela. Loin de porter grief à son bienfaiteur d’être en vie et non servante, elle craignait et fuyait autant que possible sa compagnie. Car à ses oreilles, toujours, résonnait à l’infini l’avertissement du bas peuple de Ran, que répétaient aussi les courtisans à mi-voix. Et Aegyr, qui toujours posait sur elle ce regard si cruel et se comportait avec Mirka d’une manière que seul son rang interdisait de qualifier d’odieuse, ne pouvait être que le roi qui voulait asservir les enfants des Hommes. Dans le meilleur des cas.
Et l’idée d’épouser un tel être lui procurait quelques contrariétés.
Elle prit donc, comme de coutume, congé à la première occasion convenable, et, sous le regard peiné du roi, elle s’éclipsa, tel un timide et capricieux soleil de printemps.

*5. Silence éloquent et mots trompeurs*


               Alyin ne pleurait pas. Elle n’était pas triste mais effrayée. Incapable d’esquisser le moindre geste, elle restait prostrée sur son lit, en tremblant fébrilement, certaine que pour une fois, les pierres brillantes la faisaient apparaître aussi pâle qu’elle était réellement. Elle se sentait anéantie. Comme si, emportée dans une longue chute, elle ne s’avisait qu’à cet instant fatidique de la présence du sol quelques mètres plus bas, de l’impact meurtrier, de l’absence d’échappatoire. Elle épouserait Aegyr ainsi qu’il le voulait. Peut-être arriverait-elle à l’influencer et à épargner son peuple demi-sang? Mais désormais que se jouaient ses jours, Alyin était plus que jamais encline à l’égoïsme, et se répétait sans cesse que, même sa mère qui rêvait de la voir faire un beau mariage, n’aurait pas donné sa bénédiction à cette union. La mer avait ravi d’autres vies avant elle à sa famille, et au fil des mois, elle avait retrouvé la trace dans des archives d’algues marquées d’encre de noms aux consonances familières. Elle ne pouvait pas épouser sciemment un meurtrier, fut-il roi.
Aegyr fit irruption dans la pièce, et Alyin bondit tant son affolement lui avait mis les nerfs à vif, sa robe rouge virevoltant en cadence.
Loin de lui épargner son dégoût habituel, il parut visiblement courroucé de la voir. Avant même qu’Alyin eut le temps de lui cracher qu’elle n’épouserait pas un homme pour qui sa simple vue semblait être une torture, Aegyr rugit. Ou peut-être parla-t-il en même temps qu’elle, mais sa voix, amplifié par la colère couvrit alors sans peine les doléances d’Alyin.
« Comment oses-tu ? Comment peux-tu te permettre de porter ces vêtements ? »

               Alyin, par réflexe, baissa les yeux sur la longue robe grenat que lui avait donnée Mirka, la même qu’elle lui avait repris des mains le jour de son jugement. Et dans les plis voluptueux et le déploiement gracieux des rubans écarlates, elle ne trouva rien qui pût justifier le courroux du roi. Son incompréhension dut se lire sur son visage, car il se calma aussitôt, telle une soudaine éclaircie après un orage fugace.
Et elle vit sa souffrance. Il gardait en lui, l’image des deux femmes qu’il avait un jour aimé. Et ne voulait pas les confondre. L’autre ne méritait pas l’oubli, elle garderait à jamais, un sanctuaire dans son esprit, une emprise sur son cœur. Elle comprit finalement qu’il avait en réalité dit « Comment peux-tu te permettre de porter ses vêtements ? ».
En proie à un profond malaise, Alyin retira la robe et Aegyr se détourna. Elle ne prononça pas le nom de Mirka. Il ne parla pas du départ sans retour de Ran, qui, qu’elle vive ou non, était morte pour eux tous. Elle ne parla pas de ceux qu’elle avait perdus. Ni lui, ni elle, ne prononcèrent d’excuses. Il ne lui dit pas qu’il l’aimait. Elle ne lui dit pas qu’elle ne savait plus quoi penser. Il finit par rompre le silence, comme à regret et lâcha :
« Je ne veux pas imposer ton choix. Mais j’ai un honneur à défendre. Je te laisse une chance de m’épouser et une chance de fuir. Vaste est la mer, et clémente pour Ran et les siens. Tu peux aussi partir d’ici, mais pour cela, il faudrait le vouloir plus qu’il ne t’est possible. »
Et il partit, allant trouver Mirka. Et elle resta troublée et peinée, pour avoir brisé le fil de ses dialogues informulés, par l’étrange destin de Ran, par sa liberté qu’on lui rendait, par l’étrangeté même de Ranheim.

*6. L’appel du large*


               Perchée sur le toit de la plus haute tour de Ranheim, abandonnée depuis des siècles à en croire les légendes, Alyin se sentait libre. Le soleil se levait et baignait de lumière les eaux dansantes. Ce paysage là, elle l’avait tant vu qu’il ne l’étonnait plus. Cependant, maintenant qu’elle en voyait l’envers du décor, il lui semblait qu’elle le contemplait pour la première fois. Sur la pointe des pieds, bras et doigts tendus, elle pouvait percer la surface de ce monde, et sentir la morsure du vent sur ses doigts.
En un instant sa décision fut prise, elle s’élança, et émergea. Vidant autant que possible l’eau de ses poumons, ouvrant avec peine ses yeux sur son ancien monde. Peinant, toussant, s’asphyxiant à demi. Ses yeux la piquaient terriblement. A des mètres de là voguait la barque d’Edyis, c’était une certitude. Son cœur se réjouit, battant la chamade, comme autant de tambours entonnant la danse de la victoire. Bientôt elle serrerait dans ses bras tous ceux qui lui étaient chers, leur parlerait de cet étrange monde. Ou ne leur parlerait pas de ce monde du tout. C’était dangereux, et que ferait-elle, s’ils désiraient s’y rendre ? Que cette idée la tracassât tandis qu’elle bataillait pour reprendre son souffle et rester hors de l’eau, la troubla profondément.
              
               Edyis ne pourrait pas rester indifférent devant de telles merveilles. Elle en rit, imaginant les yeux brillants de curiosité de son frère, et s’étouffa à demi par l’eau qu’elle voulait fuir. Ses forces faiblissaient. Elle luttait dans un sens et les flots dans l’autre. Sa mère, ses cousins, son frère. C’était là qu’était sa place. Mais à chaque battement de ses mains, de ses pieds, les flots inexorablement l’emmenait vers le large.
Impuissante elle se laissa sombrer. Offrit de nouveau son corps à la mer. Et les flots l’accueillirent, telle une fidèle amie de longue date.
Pour partir d’ici, il faudrait le vouloir plus qu’il ne t’est possible.
Elle était fille de Ran, la mer était son ciel, les abysses sa demeure.
Les larmes lui montèrent aux yeux. Pour les siens qu’elle ne reverrait jamais plus. Et de soulagement aussi, bien qu’elle en eut honte, à l’idée qu’elle ne quitterait pas Ranheim. Sa mère aurait-elle jamais vent de ses noces ? Idée futile. Alyin était morte pour eux, désormais, autant que Ran à ses enfants. A son grand étonnement, ses larmes avaient pris forme et glissait sur ses joues. Elle les balaya en riant d’un revers de la main. A son grand étonnement elle les vit filer emportées par la mer, fines gouttes diaphanes, aux éclats d’or sous le soleil. Elle frémit de stupeur, reconnaissant ce singulier spectacle.
Et, par l’arrogance de Ranheim, non sans quelques remords, elle faillit à s’en attrister.




Bravo, vous avez survécu.  :P
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Rain le 02 Septembre 2009 à 15:10:25
Yo !

Juste, deux remarques avant de commenter : pourquoi tu ne mets pas d'alinéas à chaque paragraphes ? Et aussi, maintenant qu'on a une belle fonction justifier, ça ferait plus joli de s'en servir.

Bon, cela dit ce sont deux remarques mineures, hein. Allez, passons au texte.


Citation de: Kathya
***Ranheim***
Dans la mythologie nordique, "heim" est un suffixe attaché à la fin de chaque monde. Il sgnifie "chez soi" en norvégien et en islandais. En norvégien, "ran" signifie le séjour, mais aussi le vol à main armé, le braquage. Sans doute aucun rapport, mais s'agit-il du Monde des voleurs ?

Fin du délire interprétatif :mrgreen:


Citation de: Kathya
Il fut un temps, où l’imprudence se payait plus chèrement que de raison.
J'aime cette entrée en matière. Mais la virgule est en trop, je crois.

Citation de: Kathya
Alyin, elle, s’était fait une raison.
s'était faite

Citation de: Kathya
qui aurait du être en âge d’assumer ses bêtises,
aurait dû

Citation de: Kathya
Une pierre aurait coulé. Et les écailles d’un poisson présentées de multiples éclats d’or et non cette orpheline lanterne.

présenté. D'ailleurs, il vaut pas mieux répéter l'auxiliaire ? Parce qu'on s'y perd un p'tit peu, au final. "Auraient présenté", ça passerait mieux.

Citation de: Kathya
Elle disparut, emportée par les indolents et paresseux remous, qui patiemment avaient attendu le moment de sa chute.

qui, patiemment, avaient attendu...


Citation de: Kathya
Et les flots continuaient, dans une indécente langueur, leur paisible danse assassine.
J'adore cette phrase.


Citation de: Kathya
elle prit appui sur ce que, l’obscurité lui masquant tout indice, elle se voyait contrainte d’appeler stupidement sol,
Je trouve la formulation un peu lourde. Mais j'ai rien à te proposer en échange  :-¬?

Citation de: Kathya
Et tout en parlant, la femme s’affairait, elle disposa la pierre de lumière

Un point à la place de la deuxième virgule ? Parce qu'en une seule phrase, c'est peut être un peu lourd aussi.

Citation de: Kathya
le dernier les veut libre, sans condition aucune.
libres

Citation de: Kathya
–ne laissant par ailleurs apercevoir que les flots ténébreux-
Il manque des espaces entre le texte et les tirets.


Citation de: Kathya
que le temps effaçait lentement laissant affleurer la pierre en de trop nombreux endroits.
Il manque une virgule entre lentement et laissant, non ?

Citation de: Kathya
–bien que s’accroupir pour vérifier ait sûrement été jugé comme la pire des impolitesses-
Manque des espaces. Eût sûrement été

Citation de: Kathya
Cette lueur trop vive et trop blanche n’était pour autant pas comparable à l’étoile d’or qui l’avait conduite ici.
N'était pas pour autant comparable... ?

Citation de: Kathya
ses cheveux blonds retenu par une couronne d’argent
retenus

Citation de: Kathya
–sans qu’Alyin ne put distinguer s’il s’agissait d’un habit ou de son corps véritable-
Encore les espaces  :noange:

Citation de: Kathya
par crainte de se consumer si elle soutenait trop longtemps son regard
Répétition de "regard" que tu as employé deux ou trois lignes au dessus.

Citation de: Kathya
–ce qui, vu comme l’eau la rendait gauche consistait à rester immobile et lui donnait l’allure d’une statue d’ivoire et d’obsidienne-
Espaces  :mrgreen: et il manque une virgule après gauche. J'aime pas trop "vu comme", ici, la formule rompt avec la poésie et l'ambiance du texte.

Citation de: Kathya
-qui par la suite fut incapable de savoir à quel moment elle avait bien pu les relever-
Espaces, toujours. Tu mets beaucoup de phrases entre tirets dans ce chapitre alors que tu ne le faisais pas dans les deux premiers, et je trouve cette soudaine abondance un peu étrange.

Citation de: Kathya
« Vous avez été très chanceuse ce jour là, Alyin.
Ce jour-là

Citation de: Kathya
On murmurait qu’elle devait à Aegyr, sa grâce et son salut,

Première virgule en trop.

Citation de: Kathya
Car à ses oreilles toujours, résonnait à l’infini l’avertissement du bas peuple de Ran
Virgule en trop ?

Citation de: Kathya
Comme si, emportée dans une longue chute, elle ne s’avisait qu’à cet instant fatidique, de la présence du sol quelques mètres plus bas
Dernière virgule en trop ?

Citation de: Kathya
et se répétait sans cesse, que même sa mère qui rêvait de la voir faire un beau mariage n’aurait pas donné sa bénédiction à cette union.
Pas de virgule après cesse, mais une après mère et une après mariage ?



Pfiou. Fini. J'ai beaucoup aimé ce petit conte, duquel se dégage une atmosphère particulière, un peu oppressante et étouffante, comme doit l'être un monde sous-marin. Ton style d'écriture est un peu particulier et tout à fait adapté à cet univers. Il y a des passages bien trouvés, le récit est bien construit et tient en haleine du début à la fin.

La chute me fait penser à une tragédie, avec l'illusion d'un dénouement heureux, le destin qui en décide autrement et la résignation du personnage. Le seul point négatif que je vois est la dernière phrase, un petit peu tordue, et que je suis pas sûr d'avoir compris.

Au final, je dirais que c'est un excellent conte que j'ai beaucoup aimé. Oui, je radote.

Voilà !

Et au final, j'avais pas si tort que ça pour le titre.
Titre: Re : Re : Ranheim
Posté par: Kathya le 02 Septembre 2009 à 15:43:23
Deux réponses aux deux remarques :
-Les copier/coller ont tué ma mise en page, et du coup de guerre lasse je n'ai pas remis d'alinéas.  J'ai quand même mis des paragraphes qui n'y étaient pas, sinon c'était trop affreux.
-Pour ce qui est de l'option "justifier" je ne m'en sers jamais voilà tout. Oui, je sais c'est pas bien, mais ça me paraît toujours surfait, j'aime bien les lignes qui s'arrêtent à leur guise.

Bien essayé pour le monde des voleurs, mais Ran est également déesse des mers dans la mythologie scandinave. Et quelque part la notion de vol au sens large marcherait aussi mais c'est pas fait exprès. ^^

J'ai pas perdu ma manie de mettre des virgule n'importe où. Enfin peut-être, mais vu que ce texte date de mon époque virgules en folie, y en a encore des qui traînent à des endroits bizarres. Cf la virgule de la toute première phrase, qui grammaticalement s'incruste sans raison, mais qui correspond à la manière dont je lis le texte.

Par contre pour la plupart des autres j'ai pas d'excuses sinon l'inattention. Pour les tirets (et certaines des fautes du début, j'ai honte) cela provient de mes modifications de relecture d'hier, j'ai corrigé/ enlevé la plupart des tirets. Je savais que j'étais pas capable de pas voir les fautes que j'avais sous le nez, que j'en rajoute en corrigeant m'effraye considérablement...
En tout cas merci d'avoir signalé les fautes.

La phrase de la fin signifie simplement qu'elle a changé désormais, et que même si elle a honte de l'admettre (d'où ses remords), elle ne peut pas s'empêcher de rêver qu'il arrive la même mésaventure à son frère. Elle sait que tout ce qui lui est arrivé n'a pas été une partie de plaisir, mais préfèrerait quand même qu'il la rejoigne, maintenant qu'elle n'arrive plus à partir. La fin est très très égoïste alors qu'au départ cette charmante enfant est l'altruisme incarné ou peu s'en faut. :P

Et merci d'avoir commenté ! o/ (et lu !  J'avais peur que le nombre de lignes effraie mais couper le texte en deux ne rimait à rien... )
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Gros Lo le 02 Septembre 2009 à 16:20:47


Heureusement que les vacances continuent un peu, il est énorme ce texte xD j'y vais ligne par ligne.


*1.Frontière des mondes*

Citer
s’autorisant seulement de rares et furtifs regards, pour surveiller son turbulent petit frère.
virgule inutile après "regards"

Citer
Mais ces autres là pêchaient
autres-là

Citer
Pourtant quand il s’en donnait la peine,
virgule après "Pourtant"

Citer
Il ne lui manquait que la patience de l’attendre.
la patience et l'attente c'est quand même très proche... ça fait un peu "Il ne lui manquait que la patience de patienter" :-¬? supprimer "de l'attendre" ?

Citer
il leur aurait fallu adopter un régime de coquillages de coraux, de sable et d’air du temps.
un peu lourd

Citer
Alyin, elle, s’était faite une raison.
t'es sûre qu'on accorde faire dans ce cas-là ?

Citer
les yeux rivés sur les vagues, à la fois immuables et sans cesse changeantes,
un peu lourd aussi, "à la fois"/"et sans cesse".

Citer
Règle d’or pour pêcher avec Edyis, pêcher d’abord, l’écouter ensuite. Ou mieux encore, ne pas l’écouter.
ça fait beaucoup de fois le son "or", mais c'est du chipotage.


Citer
« Là ! Il y a quelque chose qui brille ! »
c'est mon Précieux :coeur:

Citer
Et les écailles d’un poisson présenté de multiples éclats d’or et non cette orpheline lanterne.
? présentait ? la phrase est bizarrement tournée, ça passerait dans un texte plus poétique, mais dans une scène purement romanesque sans autres effets antérieurs, ça fait un peu bizarre.

Citer
frêle coquille abandonnée, dépossédée de son fruit.
le problème quand on colle deux métaphores, c'est qu'elles ne se répondent pas toujours... là on voudrait que ce soit le fruit de la coquille, or ça ne voudrait rien dire :huhu:

Citer
Augure aussi limpide qu’un corps sans vie.
c'est un peu compliqué...



voilà quelques remarques au fil de la lecture... je continuerai plus tard ! pour l'instant j'aime bien, c'est assez détaillé, ça me fait penser au SDA (deux personnages dans une barque, le poisson, l'éclat dans l'eau, le chavirage), mais je préfère tes textes sur les loups ^^ plus travaillés j'trouve, plus poétiques.
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Rain le 02 Septembre 2009 à 16:27:32
Citation de: Kathya
La phrase de la fin signifie simplement qu'elle a changé désormais, et que même si elle a honte de l'admettre (d'où ses remords), elle ne peut pas s'empêcher de rêver qu'il arrive la même mésaventure à son frère. Elle sait que tout ce qui lui est arrivé n'a pas été une partie de plaisir, mais préfèrerait quand même qu'il la rejoigne, maintenant qu'elle n'arrive plus à partir. La fin est très très égoïste alors qu'au départ cette charmante enfant est l'altruisme incarné ou peu s'en faut.  :P
D'accord. Bon, j'avais pas compris ça  :-¬? Ce serait une bonne idée de faire un poil plus explicite ? Enfin, attend quand même d'autres avis, je suis toujours très dur de la comprenette, donc mon avis vaut ce qu'il vaut.

Et je savais pas pour Ran. Maintenant si ^^


Citation de: Lo'
Citation de: Rain
Alyin, elle, s’était faite une raison.
t'es sûre qu'on accorde faire dans ce cas-là ?
Il me semble, non ? C'est Alyin le sujet, et l'auxiliaire, c'est être. M'enfin, j'suis pas un expert de l'orthographe.
Titre: Re : Re : Ranheim
Posté par: Kathya le 02 Septembre 2009 à 16:45:15
Citer
Heureusement que les vacances continuent un peu, il est énorme ce texte xD j'y vais ligne par ligne.
Parle pour toi je suis censée être en révisions intensives. :P

Citer
Citer
Il ne lui manquait que la patience de l’attendre.
la patience et l'attente c'est quand même très proche... ça fait un peu "Il ne lui manquait que la patience de patienter" :-¬? supprimer "de l'attendre" ?
C'est peut-être pléonasmique dans la formulation, mais dans ma vision des choses, Edyis peut se montrer très patient pour peu qu'on lui confie une tâche qui l'intéresse. Il peut regarder les vagues pendant des heures, mais attendre pour transpercer des poissons c'est pas son truc. :P

Citer
Citer
Alyin, elle, s’était faite une raison.
t'es sûre qu'on accorde faire dans ce cas-là ?
J'ai eu le doute mais c'est le verbe "être" et Rain pense que oui.

Citer
Citer
frêle coquille abandonnée, dépossédée de son fruit.
le problème quand on colle deux métaphores, c'est qu'elles ne se répondent pas toujours... là on voudrait que ce soit le fruit de la coquille, or ça ne voudrait rien dire :huhu:
Si car pour moi c'est une coquille de noix. ^^

Pour le reste, j'assume mes phrases bizarres. Par contre toute ressemblance avec le sda est purement fortuite, ils sont pas dans un marais avec des morts et 3 mètres d'eau.  x'D

Pour "mes" textes sur les loups, le pluriel me choque, tant le second continuait sur la lancée du premier. :P
Mais je reconnais que ce texte-là n'a pas hérité de ma tendance au poème qui n'en est pas, sinon dans quelques phrases par-ci, par-là. Pour avoir retravaillé les phrases qui me chagrinaient, je suis contrainte d'admettre qu'il reste simple dans sa formulation, et dans son déroulement aussi, mais je trouve que cela fait aussi partie des artifices du conte.

Merci o/ J'ai rectifié tout ça, ou presque.


D'accord. Bon, j'avais pas compris ça  :-¬? Ce serait une bonne idée de faire un poil plus explicite ? Enfin, attend quand même d'autres avis, je suis toujours très dur de la comprenette, donc mon avis vaut ce qu'il vaut.
J'ai pas l'habitude de faire des fins très explicites, c'est contraire à mon éthique.  :P

Plus sérieusement j'ai failli rajouter un épilogue pour expliquer toutes les choses qui n'avait pas dans le texte leur explication claire : le départ de Ran, l'attitude de Mirka, les rôles des monarques, etc. Au final c'est un conte avec plein d'ombres dans les coins.

Puis j'ai décidé que chacun était libre de se forger sa propre idée, et que je n'en voudrais à personne de ne pas comprendre les choses comme moi. ^^
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Verasoie le 13 Janvier 2010 à 00:37:10
Je déterre sur les conseils de Rain : D

J'ai beaucoup aimé aussi ! Bon, ça paraît long comme ça mais en fait quand on est dedans ça va tout seul. Il y a juste le passage, dans le deuxième chapitre, où tu parles beaucoup de Mirka mais en disant "la femme" et en le répétant beaucoup que j'ai trouvé lourd. Enfin juste pour ce détail, quoi.

Le reste j'ai aimé l'ambiance, les petits détails (la description de la robe, de la salle, la raie et le dauphin, ... : D), l'impression sous-marine bien maintenue... La fin aussi même si, c'est vrai, j'ai trouvé le tout dernier paragraphe un peu ardu par rapport au reste.

Voilà, prochaine étape, le roman feuilleton !
Titre: Re : Ranheim
Posté par: ernya le 13 Janvier 2010 à 23:55:45

2.
Dans sa torpeur, elle avait presque regagné le sol.
j'ai pas trop compris cette phrase vu qu'elle est dans l'eau

Ainsi que toi, mes ancêtres n’étaient pas uniquement les enfants des Hommes, sans quoi la mer aurait ravi nos vies à toutes deux.
"ainsi que toi" à l'oral, bof bof, je trouve

3.
Maladroite fut l’entrée d’Alyin dans l’imposante salle du trône.
ça fait un peu trop commentaire de maître Yoda :mrgreen:

j'aime pas trop la description, disons que la trouve un peu mal introduite, tu parles des habitants puis des murs puis de nouveau des habitants
du coup la description fait un peu trop ajout, elle s'enchâsse mal avec le reste, je trouve

Dans un silence oppressant, Alyin s’inclina devant les monarques, et espéra qu’ils ne lui tiendraient pas rigueur d’avoir dû battre des bras pour ne pas s’affaler.

je trouve cette phrase étrange... elle manque de tomber en s'inclinant ?
en fait ce qui est bizarre c'est qu'on dirait qu'elle sait d'avance qu'elle va s'affaler par terre... du fait de la juxtaposition des verbes "s'inclina" et "espéra"

Une anguille s’enroulait autour de son bras droit sans qu’elle sembla gênée par son contact
semblât, non ?

4.
dans des verres en cristal ciselés
pas sûre: c'est pas plutôt le cristal qui est ciselé ?

Loin d’être modestes ou de réunir un comité restreint, il se contentait de ne pas y convier les deux autres monarques et leur encombrante suite.
modeste, non ?

Car à ses oreilles, toujours, résonnait à l’infini l’avertissement du bas peuple de Ran, que répétaient aussi les courtisans à mi-voix.
je trouve cette phrase vraiment lourde

5.
Ou peut-être parla-t-il en même temps qu’elle, mais sa voix, amplifié par la colère couvrit alors sans peine les doléances d’Alyin.
amplifiée

Il gardait en lui, l’image des deux femmes qu’il avait un jour aimé.
manque un accord aimée ou aimées


Voili voilu. Dans l'ensemble c'est un joli conte, mais je trouve que ça traîne un peu en longueur à des moments et que parfois tu fais des phrases un peu alambiqués ce qui nuit au sens et à la fluidité, je trouve. La fin, j'ai pas trop compris ce qui se passait ><
ça me fait penser à une histoire que j'avais lue étant gamine d'une petite fille qui allait dans l'eau avec son chien je crois, mais c'était vachement différent. En fait ce que je reproche un peu à ce texte c'est qu'il est assez long pour peu d'actions en fait. L'idée est bien, les descriptions sont sympa mais je trouve que parfois l'écriture dérive un peu et qu'on perd le texte, enfin moi, j'ai un peu décroché quand même :-[
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Kathya le 14 Janvier 2010 à 20:14:15
Merci pour vos commentaires.  :D

Ca fait un moment que je me dis que je devrais reprendre ce texte.
Mais bon entre les partiels et les autres trucs que j'ai déjà pas le temps d'écrire, ça s'entasse un peu.

Mais je désespère pas de retoucher ce texte et de revenir répondre à vos remarques constructives. o/
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Kailiana le 19 Janvier 2010 à 18:55:09
Oups le texte date un peu  :mrgreen: enfin vu mon retard de textes c'est pas si grave zut  :-¬?
Je n'ai pas lu les autres commentaires au détail pour cause de flemme.

1
Citer
Et les écailles d’un poisson présenté de multiples éclats d’or e
présentaient
Citer
Edyis, se jeta sur l’embarcation
pas de virgule
Citer
Remettre d’aplomb la barque, avait été aussi vain et dément
idem. Vu que dans le reste du texte tu mets des virgules à des endroits "normaux" ici il n'en faut pas

2
Citer
Alyin s’éveilla, comme on s’échappe d’un songe. En sursaut
ça fait bizarre car perso quand je me réveille après un rêve c'est lentement et non en sursaut
Citer
avec au bout de ses doigts pendant négligemment la gracieuse étoffe.
au début j'ai lu "doigts pendant" (comme si les doigts pendaient)
Citer
Alyin ne put s’empêcher de remarquer, que les deux derniers doigts de ses mains ne s’étaient jamais dissociés
pas de virgule

3
Citer
Le premier roi à sa gauche, s’appelait Sindelyn.
pas de virgule normalement
Citer
Le guide auquel l’avait confié Mirka, lui avait donné leurs noms
idem
plus généralement ya plusieurs endroits dans ce passage où tes placements de virgules ne sont pas très "grammaticaux", mais comme à chaque fois ça donne un rythme particulier je trouve pas ça si grave (certains crieront peut-être au scandale, tant pis pour eux) Donc en fait tu peux tout laisser comme ça.

4
Citer
« Vous avez été très chanceuse ce jour-là, Alyin. Si elle avait été moins prétentieuse et plus observatrice, Anetcka n’aurait certainement pas confondu votre effondrement avec une révérence »
XD
Citer
Le roi, qui semblait par ailleurs toujours contrarié de la voir arriver, ne cessait pour autant de la mander à ses fêtes privées.
XD
Citer
que, même sa mère qui rêvait de la voir faire un beau mariage
pas de virgule après "que", une virgule avant "qui" (ici c'est obligatoire ou sinon ça fait vraiment bizarre)
Citer
La mer avait ravi d’autres vies avant elle à sa famille
"d'autres vies à sa famille avant elle" ? c'est pas forcément mieux
Citer
Il gardait en lui, l’image des deux femmes qu’il avait un jour aimé.
la virgule fait aps très beau
Citer
elle garderait à jamais, un sanctuaire dans son esprit,
pas de virgule après jamais



Ben je suis contente du déterrage. J'ai vraiment aimé ce conte, contrairement à Ernya je n'ai pas trouvé de longueur. Le scénario à l'état brut peut être assez banal, mais ton écriture particulière, et l'ambiance que tu donnes, rendent le texte vraiment sympa à lire. J'aime également beaucoup le ton de la fin, à la fois heureuse et triste un peu comme dit Rain.
Par contre c'est vrai que la toute dernière phrase est... nébuleuse   :-¬?
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Gros Lo le 08 Octobre 2010 à 15:13:18
C'est long mais ça se laisse lire. Peut-être même que sans chapitre je l'aurais lu avec plus de fluidité ; ç'aurait été très long, sans coupure, certes, mais j'aurais moins eu cette impression d'épisodes mal équilibrés.
Y a pas mal de choses que j'ai aimées, dans les détails, dans la façon de décrire, et qui font qu'on a vite des images très précises en tête. Genre j'avais lu le 1er chapitre y a très longtemps, et j'avais toujours des images quand je m'y suis remis hier ; même si elles étaient déformées, inexactes, la poésie restait toujours la même.
A part ça, quelques lourdeurs quand même, un manque d'aisance dans la fluidité du récit, je trouve. C'est assez vite inextricable et assez vite résolu. J'avais eu peu l'impression d'un exercice sur le schéma actanciel, et de voir très bien se détacher "situation initiale+élément perturbateur+péripéties+élément de résolution+situation finale".

Voilà ! un peu en demi-teinte, des bonnes choses à retravailler ?
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Kathya le 09 Octobre 2010 à 21:39:25
Merci Kail' et Lo'. ^^

Alala, j'avais pourtant espoir que personne ne le ressorte avant que j'ai eu le temps de me repencher dessus.

Si un quelconque schéma ressort de ce texte, c'est purement fortuit, pour la simple raison que j'ai jamais eu à étudier en détail les mécanismes du conte et que je serais pas capable de les énumérer moi-même, au delà de "situation initiale-élément perturbateur". Non l'explication du découpage haché et du pourquoi tout s'accélère pour s'achever super vite à la fin... C'est que j'avais une limite de mots ou de ligne lorsque je l'avais écrit.

Oui, je sais, c'est complètement pourri comme excuse mais c'est la vérité, j'aurais pu le retravailler mais j'ai pas encore pris le temps de le faire.  :D

Il y a pas mal de lourdeurs, j'en ai conscience, certaines que j'avais repérées avant même de poster le texte... J'ai encore l'espoir d'y remédier. x')

Cela vaut aussi pour mes autres textes que d'autres ont commenté, je vous répondrai quand j'aurais le temps et la motivation pour faire des modif's. ^^
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Kailiana le 15 Octobre 2010 à 18:10:29
Commentaire à la relecture pour le recueil, ça sert pas forcément mais tant pis, ça peut toujours t'intéresser d'avoir un avis rapide  ^^

J'ai moins aimé qu'à la première lecture, je crois. J'ai trouvé que c'était long. J'avais toujours les images dans la tête (d'un côté c'ets positif, ça veut dire que la 1ere lecture m'a marquée) mais le scénario est un peu trop facile et pas toujours assez clair, il y a beaucoup d'éléments importants pour le scénar' qui me semble largué "comme ça" juste pour justifier ce qui arrive à l'héroïne. Et puis... j'ai trouvé ça long, et il y a des phrases bizarres qui accrochent.
Ca veut pas dire que je trouve le texte mauvais, mais je voulais nuancer mon premier commentaire maintenant que j'ai du recul ^^

Comme dit Lo, de bonnes choses qui seraient à retravailler (encore faut-il trouver le courage de le faire)
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Milora le 20 Octobre 2010 à 10:48:01
J'ai pas trop trop accroché... Enfin si, j'ai bien aimé qu'il y ait une histoire, j'ai bien aimé l'idée de l'histoire, et tout ça. Mais la façon dont elle est racontée m'a un peu bloquée. Le premier paragraphe, j'étais bien plongée dedans. Mais ensuite, je n'arrivais plus à visualiser les scènes, des trucs me chiffonnaient (elle arrive à marcher sous l'eau ? le tapis tient en place par terre ? Elle entend des sons ? Pas d'explication sur le pourquoi du comment elle arrive à respirer ? Etc. etc.). ça m'a semblé un peu... flou. Et un peu rapide. Notamment le passage où on apprend qu'Aegyr veut l'épouser... euh, juste comme ça ? D'une information donnée au détour d'une phrase, ça devient un ressort entier de l'histoire, et une source de malheur pour l'héroïne.
Il y a quelques maladresses dans la forme, mais ça se laisse quand même bien lire.
En gros, j'ai trouvé ça pas mal, mais ça mériterait d'être retravaillé, rallongé peut-être (j'ai trouvé qu'il manquait quelques descriptions et explications... non non, pas forcément pour la fin, cette fois !), et les personnages pourraient être étoffés. Par exemple - c'est peut-être moi qui ai pas compris - mais j'ai pas trop saisi le rôle de Mirka dans toute cette histoire... Et les rois, finalement, qui était pour quelle option ?

Bref, sympathique, mais inachevé à mon avis  :-[ J'ai nettement préféré Akya !
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Jezy le 26 Octobre 2010 à 15:54:12
J’aime bien le style d’écriture, ça a un côté heu… je sais pas si tu vas bien le prendre, un côté « livre jeunesse », dans la facilité de compréhension, dans les images simples mais efficace, dans le style aux mêmes qualités. Enfin moi j’aime bien, meme si on s’arrêtera rarement pour se dire « wouha, quelle tournure ! », on s’arrêtera pas non plus pour se dire « bon, j’ai rien compris, là ! »


Citer
accusant sa féminité
le terme « féminité » reflète mal l’idée que tu veux faire passer je trouve.

Citer
La honte et le remords n’avaient jamais trouvé leur route dans les méandres de l’esprit du jeune garçon, et c’est sur le ton le plus naturel du monde, qu’il s’exclama
Perso j’enlèverais la virgule après « monde ». Sinon, j’aime bien la phrase ^^

 
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Elle se ressaisit, peut-être s’agirait-il d’un autre poisson ? Cela apaiserait sa déception d’avoir manqué le précédent.
La phrase me semble pas utile ici, on se doute de ce qu’elle pense, pas la peine de mettre des mots dessus, ça alourdit du coup.

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les écailles d’un poisson présenté de multiples éclats d’or et non cette orpheline lanterne.

Nice !

Je sais pas si c’est moi qui ai zappé une phrase, mais j’avais cru que les 2 étaient dans la meme barque… j’ai compris mon erreur qu’à la fin…



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Elle ne s’expliquait pas pouvoir être encore en vie, mais elle ne voyait pas là une raison suffisante pour ne pas lutter.

L’idée est belle, la phrase un peu tortueuse…

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Elle oublia aussitôt cette idée démente, cela revenait par trop à ses yeux à accréditer sa propre mort
.
Oulà, alors la c’est carrément pas compréhensible :S

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« Es-tu muette ? » demanda finalement la femme, en arquant un sourcil. Elle n’avait pas, malgré sa dureté apparente, l’habitude de se livrer à des conclusions hâtives.
J’aime bien ce personnage. Pour le peu qu’on l’a vu jusque là, j'accroche.

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-Paix.
XD désolé mais quand c’est employer comme ça, je trouve toujours ça un peu ridicule lol.

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cette même roche polie sur laquelle elle avait tenté de se fendre le crâne.
Elle a pas tenté de se fendre le crane, si ? Je veux dire, elle voulait sortir, ce serait plutôt « elle avait failli se fendre le crâne » non ?

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Alors qu’elle s’apprêtait à lui poser une question, un regard venimeux de la femme l’en dissuada,
Le « alors » va moyen avec la construction de la phrase, trouvé-je.

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Ainsi que toi
« Tout comme toi » non ?

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Normalement hâlée par le soleil d’été, sa peau apparaissait diaphane, sous la lumière blanchâtre des étranges champignons.
Enlever la virgule après « diaphane » ?

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La robe d’un noir profond, renforçait sa pâleur inhabituelle.
Pareil, la virgule ici, je comprends pas son intérêt.

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perdue pour jamais sous les flots
,
le « pour » au lieu du « à » m’a intrigué, mais il n’est pas encore trop choquant (pas comme « ainsi que toi » XD)

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comme s’ils s’étaient perdus en d’inutiles détours avant de lui parvenir, et de ce fait, elle ne
J’aime bien l’image ici. Tu ne verrais pas mieux « de fait » plutôt que « de ce fait » ?

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Alyin ne put s’empêcher de remarquer, que les deux derniers doigts de ses mains ne s’étaient jamais dissociés,
La première virgule me semble superflue. Sinon, au lieu de « ne s’étaient jamais dissociés », plutôt « ne pouvaient se dissocier » ; le truc dans ta phrase c’est qu’on dirait qu’elle parle de Mirka, ou de quelqu’un qui est là depuis super longtemps, et qu’elle a eu le temps de l’observer. Alors que là, le mec vient de rentrer, donc c’est une première observation/impression. Il ne faut pas cet effet de longueur dans le temps, right ?

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son impressionnant manteau gris, lui donnait l’allure menaçante d’un oiseau de proie aux aguets.
Moi, a part les cheveux noirs, il me fait plutôt penser a un Wraith XD

La fin de cette deuxième partie est cool ! ^^



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bien que s’accroupir pour vérifier eût sûrement été jugé comme la pire des impolitesses .
Word me dit : un espace en trop après « impolitesses »

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Le guide auquel l’avait confié Mirka, lui avait donné leurs noms
Pourquoi une virgule ?

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Le deuxième roi était une reine.
Haha ! J’adore XD !

Question hors-sujet : c’est quoi une rascasse ?

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Plus frêle que jamais, au milieu de cette assemblée respirant l’assurance, l’arrogance et l’insolence, elle sauvait de son mieux les apparences,
Le dernier « -ance » d’apparence fait un peu celui de trop. Les 3 premiers ca gênait pas, pasqu’ils vont ensemble, mais le 4eme… pas convaincue.

 
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Anetcka n’aurait certainement pas confondu votre effondrement avec une révérence », déclara Aegyr en offrant un verre à Alyin.

C’est là qu’on se rend compte qu’il y a beaucoup de « A » dans les prénoms de tes persos, en particulier en tête de noms (mais pas que).

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viendrait un jour qui la verrait le prendre pour époux

Tournure un peu confuse

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Loin de porter grief à son bienfaiteur d’être en vie et non servante, elle craignait et fuyait autant que possible sa compagnie.

Porter grief c’est faire le repproche, me semble-t-il. Donc pas super approprié ici.

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Mais désormais que se jouaient ses jours
Jolie ^^

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et se répétait sans cesse que, même sa mère qui rêvait de la voir faire un beau mariage, n’aurait pas donné sa bénédiction à cette union.
Pas mal l’humour ^^ mais côté virgule, j’aurai déplacé la première pour la mettre derrière « mère ».

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Il gardait en lui, l’image des deux femmes qu’il avait un jour aimé.
Virgule en trop

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L’autre ne méritait pas l’oubli, elle garderait à jamais, un sanctuaire dans son esprit, une emprise sur son cœur.

La virgule après « jamais » n’a pas sa place.

Citer
Et il partit, allant trouver Mirka.
Hein ? Pourquoi il va retrouver Mirka Je veux dire, bon déjà il peut juste partir, pas besoin de préciser ou, mais si en plus c’est pour trouver Mirka, la question c’est « pourquoi ? »

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Elle était fille de Ran, la mer était son ciel, les abysses sa demeure.
Très beau !

Citer
A son grand étonnement elle les vit filer emportées par la mer, fines gouttes diaphanes, aux éclats d’or sous le soleil. Elle frémit de stupeur, reconnaissant ce singulier spectacle.
Et, par l’arrogance de Ranheim, non sans quelques remords, elle faillit à s’en attrister.
Hum, je suis pas sure d’avoir compris la fin, alors je te dis comment je vois les choses :
Les larmes, c’est ce qu’elle a crut voir quand elle est tombée a l’eau au début. Et c’étaient celles du roi qui pleurait son premier amour.
J’ai bon ?

Sinon, a part les virgules qui m’ont bien soulées, j’ai trouvé l’histoire très belle et très bien racontée. Manque peut etre une touche de détails en plus concernant la cité, peut etre une touche d’originalité supplémentaire (les peuples sous-marin genre Atlantis, on commence a bien connaitre).
Mais sinon, bien, très bien !


P.S : jusqu'à la fin, je croyais que c'était un texte de Rain XD.
Titre: Re : Ranheim
Posté par: Leia Tortoise le 28 Octobre 2010 à 16:26:15
Sans le recueil, j'aurais infiniment repoussé la lecture de ce long texte.

Heureusement que Le Preux m'a obligé de m'y pencher pour de bon, parce que j'ai bien aimé, c'est un très beau conte que voilà!
Titre: Re : Ranheim
Posté par: nasnas29 le 07 Novembre 2010 à 06:01:16
Ouf! j'ai manqué d'air parfois, lire en apnée n'est pas facile pour moi. Bon le fil de cette histoire est une étrange contre-plongée dans cette cité de Ranheim. On pénètre volontiers dans cette univers amphibien avec des descriptions "géosousmarines" éclatantes. Cependant j'espérais être un peu plus éclairé sur la déesse à la robe pourpre " Ran " et je comprends pas bien le rôle des trois prétendants au trône. Sans doute l'heure était arrivée de choisir l'élue qui règnerait sur leur monde et la petite semblait cette promise de choix? Si oui! que vient faire la prétendue Myrka(je crois) qui l'accueille. Elle n'est qu'une concurrente en proie à la jalousie en espérant régner à son tour?
bah! je m'aperçois que j'ai pas assez l'esprit fantasy pour augurer ces questions dans un flot merveilleux qui n'appartient en fait qu'au mystérieux monde de ranheim! ;)