Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: andre48 le 06 Mars 2017 à 00:36:08
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Un homme sans famille, âgé, fatigué, peut-être alité sait qu’une éclipse aura lieu. Pour tromper sa solitude, il imagine ce petit récit destiné à un petit-fils qu'il n'a pas …
« Tu sais.
On peut aller sur la colline, s‘asseoir dos à dos, tu regarderas ta première éclipse, elle sera inoubliable. Bien sûr, tu me diras que je ne la verrai pas, c’est vrai, mais je préfère revivre une éclipse à moi, celle de mes huit ans, quand j’avais ton âge.
Après bien des années de songes et rêveries, je peux créer mes mondes imaginaires derrière mes paupières à bout de souffle. Toutes les choses vues, personnes, villes, tableaux … tous les livres avalés, enluminures, textes, héros d’aventures ou de forfaitures… et bien des émotions ; j’en dispose à ma guise.
Plus tard, je te dirais mon éclipse, le silence d’alors, le chemin de terre et son fossé au bord même de la ville. Et ma main dans celle de mon père pendant ces quelques minutes…
Aujourd‘hui, je veux aussi être cette ombre courbée qui envahit la terre et balaye plaines, mers et montagnes. Jusque dans vos souffles, elle s’infiltre, voit tout, réjouit, fait rêver, apaise ou inquiète hommes et animaux. Ombre, je me répandrai comme une douce inondation bienfaisante. Dans ce temps presque figé, je verrai et saurai peut-être toutes choses depuis …
Puis tu seras excité et tu me tireras de mes rêveries, je mettrai ma main sur ton épaule et nous rentrerons à la maison.
Tu te souviendras à jamais de ma bizarrerie et tu diras à tes parents : « Tu sais papy a regardé de l’autre côté, là où on ne voit rien, moi j’ai tout vu ! », et ils resteront pensifs.
Cette dernière éclipse, je la veux à ma façon, quel dommage de ne pas avoir eu d’enfant ».
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« Quel vin est aussi pétillant, savoureux, enivrant, que l'infini des possibles ! » Soren Kierkegaard
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Prophétique... dûr à assumer !
Ca marche pas du tonnerre avec moi, mais probablement qu'avec d'autres... :)
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Salut !
On peut aller sur la colline, s‘asseoir dos à dos, tu regarderas ta première éclipse elle sera inoubliable.
éclipse, elle
Toutes les choses vues, personnes, villes, tableaux … tous les livres avalés, enluminures, textes, héros d’aventures ou de forfaitures… et bien des émotions ; j’en dispose à ma guise.
je trouve cette phrase assez maladroite niveau syntaxe (tu passes du féminin au singulier sans changer le déterminant) et sens (tu passes de l'idée de création à celle de souvenir, j'ai l'impression, ce n'est pas exactement la même chose)
Plus tard je te dirais mon éclipse,
Plus tard, je te dirai
Aujourd’hui, je veux aussi être cette ombre courbée qui envahit la terre, balaye plaines, mers et montagnes.
une petite conjonction de coordination pour relier tout ça ?
Jusque dans vos souffles elle s’infiltre, voit tout, réjouit, fait rêver, apaise ou inquiète hommes et animaux.
vos souffles, elle
Dans ce temps presque figé, je verrai et saurai peut-être toutes choses depuis …
j'aime pas trop cette rupture, même si je la comprends avec la phrase suivante
Cette dernière éclipse, je la veux à ma façon, quel dommage de ne pas avoir eu d’enfant ».
c'est pas son vrai papy ?
La dernière phrase interroge et je trouve ça dommage de clore le texte sur ça alors que le reste du texte mettait plus en avant le souvenir de l'éclipse (c'est un motif qui se suffit à lui-même et du coup, je trouve la dernière phrase superflue niveau émotion, car l'émotion est déjà là). J'ai peut-être pas compris la dernière phrase, ceci dit.
J'ai pas mal accroché au texte, je pense que tu peux le poncer encore un peu pour qu'il soit encore plus fluide et donc plus poignant, plus poétique. Mais dans l'ensemble, ça fonctionne pas mal sur moi ;)
(pas compris l'intérêt ni le rapport avec ton texte de la citation finale par contre)
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Merci Ernya, ma ponctuation est souvent défectueuse.
J'ai mis un préambule qui éclairera peut-être ce monologue, et la citation finale.
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Merci Lila, j'ai corrigé le texte. Ce monologue, est un peu obscure, ( éclipse de sa vie ? ) permet à un vieil homme d'évoquer son passé et de s'imaginer un instant précieux avec un petit-fils qu'il n"a pu avoir... Lui reste le pouvoir de l'imagination.
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Bonsoir Andre,
Ce récit est clair pour moi et … beau. Poignant.
Et bien écrit à part la dernière phrase, à mes yeux. Peut-être n'est-elle pas au bon endroit ?
La fin sur "resteront pensifs " serait belle… Bon c'est mon avis ;)
Merci de ce moment très émouvant.
A bientôt,
Luv
PS il y a des enfants (et leurs parents) qui recherchent des grands-parents " de coeur" , cela existe. :)