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BATTLEGOD
Un miniroman, une fiction segmentée, en quelques projections fugaces mais furtives.
>> Segment 1 : Alignement Aléatoire (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg377343.html#msg377343) <<
>> Segment 2 : Méditation Douloureuse (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg377376.html#msg377376) <<
>> Segment 3 : le Monde ou Rien (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg377425.html#msg377425) <<
>> Segment 4 : Neige Carbonique (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg377489.html#msg377489) <<
>> Segment 5 : Algorithmes en Folies (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg377550.html#msg377550) <<
>> Segment 6 : Aller Résistance (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg377571.html#msg377571) <<
>> Segment 7 : Sans Retour (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg377673.html#msg377673) <<
>> Segment 8 : Rebondir d'âme (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg377774.html#msg377774) <<
>> Segment 9 : Autopsie de la Vie (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg377887.html#msg377887) <<
>> Segment 10 : Dénirium (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg377976.html#msg377976) <<
>> Segment 11 : Télécide (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg378100.html#msg378100) <<
>> Segment 12 : Altitude Bienveillante (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg378198.html#msg378198) <<
>> Segment 13 : Profana (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg378303.html#msg378303) <<
>> Segment 14 : Jusqu'à plus Soif (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg378432.html#msg378432) <<
>> Segment 15 : Encore un dernier Air (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23624.msg378527.html#msg378527) <<
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SEGMENT 1 : ALIGNEMENT ALEATOIRE
- Nous y sommes. Le point final. Regarde-moi, Joaquim.
Le gamin, assailli du doute indistinct, ne sentait pas mes mains lui déformer les joues. Ses sourcils contrariés de tristesse surmontaient des paupières humides, et fébriles. L'observer dans cet état génésique m'emplissait d'une excitation malsaine.
Je continue.
- Joaquim.
Je lui parle de cette fumée qu'il voit autour de moi par intermittence sans en croire ses yeux. Un passé en passe de devenir inadéquat, même si, oui, il fut nécessaire à l'élaboration d'un futur nouveau, qui se réaliserait sans lui.
Je vois qu'il ne comprend rien, mais qu'à l'intérieur de lui naissent des répercutions de mon essence. Je me sens exister en lui.
- Tu veux savoir qui je suis, Joaquim ? En vrai.
Son regard daigne enfin se poser dans le mien. Mes iris brillent lorsque les croyants me font exister, c'est pourquoi je cherche une réaction qui m'indiquerait comment l'opération de persuasion se déroule.
Il se renfrogne.
Merde.
Je suis mal.
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SEGMENT 2 : MEDITATION DOULOUREUSE
La fumée est orange.
Le orange, c'est un peu de rouge et un peu de jaune. De la passion et de la joie. Le orange est pourtant difficile à rendre vivant avec les émanations essentielles.
Dans mon sanctuaire, je m'entraîne.
Dieu me parle de plus en plus fort, chaque jour. Et j'émane. Je sue sa présence. Et il m'écoute.
- Je n'ai pas réussi à l'amener chez nous, Ô.
Une ombre s'évapore de mes pores nues.
En tailleur dans l'autre monde. Celui où la gravité est inversée, où la réalité est entortillée, tressée d'un maillage aux dimensions multiples et interconnectées. Je prends ma dose de divin.
- J'ai toutes les raisons de me montrer humble, Ô. Mais j'ai foi en vos voies.
J'imagine qu'il me souffle à l'oreille que le temps viendra.
Dans vingt-six soleils.
Il faudra à nouveau le convaincre, car il sera à nouveau le dernier.
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SEGMENT 3 : LE MONDE OU RIEN
Il pleut.
Les marches glissent pour conduire au métro. J'invoque un effet grippant pour mes semelles fines enchantées contre l'humidité. A la borne, je paye Dieu et Lucifer pour pénétrer dans le domaine de voyage souterrain.
Il est quatre heure.
Des scènes hétéroclites se déroulent généralement en ces lieux à ces heures. J'en ai flairé une alléchante. Une agression morale que je me dois de contrer. Pour le bien.
Ma capuche tombe sur mes sourcils.
Que des croyants, bien évidemment.
- Ola miséricordes.
Je claque des doigts et ils s'électrisent entre eux. Propulsés les uns loin des autres. Trois rouges, deux blancs. Les armés de Dieu qui s'acharnaient sur les pauvres gobelins ont un air coupable.
L'un d'eux tente une incantation bénéfique pour me tester. J'absorbe, ce qui lui indique que je suis de son côté de la Lumière. Les deux chérubins se rassurent, en partie du moins.
- Quelle paix recherchez-vous mes frères, que j'en fasse mon affaire ?
Ma fumée noire, mes iris oranges.
Ils ont compris.
La puissance.
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SEGMENT 4 : NEIGE CARBONIQUE
Il fait beau.
Je plane au dessus du désert, l'air est invisible. Nulle soleil ne m'a jamais paru aussi lent et seul. Il flotte ainsi au dessus de moi, et je sens ses pulsations de croyant.
C'est un objet.
Je le fuis alors qu'il m'assaille un peu trop violemment. Rasant les dunes, je file à la vitesse de la lumière, décorporé.
J'escalade tranquillement un tas de sable, et en plein essor...
Une coupure.
Je me vois, dans mon corps non divin, l'espace d'un instant. Déconnexion.
Lorsque je reviens à mon envolée, je perds le contrôle. Ma foi vacille et je mange le sable.
La cime m'écorche lorsque je la heurte. Je voltige, puis m'écrase et roule. La douceur agressive des fins minéraux transperce ma peau. Ma conscience a coupé.
J'ai subi cette erreur, et maintenant je m'assieds de nouveau aux commandes comme après une sieste. Que s'est-il passé ?
- L'espace d'un instant. J'ai perdu la foi.
J'ai mal.
Sur le dos du chameau, je tique.
Sur le dos du désert, je recrache le sable.
L'ubiquité nouvelle, je...
- Où est ma foi ?
Dans le désert, ma fumée marron, mes iris rouges. J'invoque un sourcier qui me nettoie le corps et la bouche. Je suis incapable de voler.
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SEGMENT 5 : ALGORITHMES EN FOLIES
Je suis assis debout.
L'athée qui scrute le croyant.
Je suis infecté.
Comment est-ce seulement possible ?
Je lutte. Je me cherche des arguments.
Ta foi n'a pas besoin d'argument.
C'est ce qui caractérise la foi.
Je voudrais te prouver que j'ai raison.
Tu n'y parviendras pas.
Jamais entendu parler d'une scission comme je la vis. Et pourtant elle existe. Dieu me pénètre. Dieu m'habite. Dieu.
C'est comme ça que je peux me l'expliquer.
Un nouveau défi pour tester ma foi.
Si tu es là, où es-tu, Ô ?
Dieu ne croit pas en Dieu.
Je suis jaloux, doublement de mes doubles. L'un pour l'autre et envers tout.
Complétude narcissique en manque d'absolu.
Dieu est-ce toi ?
Ne cherche pas. Crois.
Je me trompe moi-même.
Sauf si tu y crois.
Je sais.
La fumée face à l'inerte.
Je m'assois en face de moi.
Je me lève.
Où est-ce un rêve ?
Je ne discerne plus.
Je ne juge plus ni ne suis jugé.
Je crois.
Nous verrons.
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SEGMENT 6 : ALLER RESISTANCE
En vingt-six ans, de nouveaux athées auront le temps de naître. Saurons-nous les convertir ? Probablement, si la prophétie du dernier est vraie. Et je dois croire. Le dois-je ?
– Tu es croyant par la force de Dieu. Ce n’est pas toi.
– Il m’a insufflé son idée.
Les athées, on les reconnaît car il n’ont pas de lumière. Dans le monde croyant, ils ne brillent pas. Ils ne profitent d’aucun pouvoir, et ne perçoivent jamais les manifestations divines.
Je suis l’un des leurs maintenant. Tout le monde ne voit plus que ça. Mon appartenance au divin s’est cachée du monde, je ne peux plus que la vivre seul.
Je sens que je suis sur la voie, car ma puissance augmente malgré tout.
Alors je m’enferme.
Je sens que je suis sur la voie, car ma puissance augmente.
Entre deux murs.
Je serai le martyr.
Ils ne croiront pas que je crois.
– Dieu, quel monde me montre-tu ?
– Celui qui dépassera ta condition.
Je me déifie lorsque je tente de l’entendre. L’autre apprécierait ce côté qu’il expliquerait par un état narcissique que ne le caractérise que lui. Alors je nie qu’il me nie, qu’on se nie, agonie.
– En quoi croient-ils ?
– Ils n’ont pas l’ambition de Dieu.
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SEGMENT 7 : SANS RETOUR
Je dois surveiller le gamin.
Il connait mon visage, et il se méfie de moi.
Il grandit sans d'autre mentor que celui qu'il déteste.
Moi.
Il n'a personne d'autre.
J'ai besoin de personne.
Je ne t'accompagne pas pour subvenir à ton besoin.
C'est comme ça que je le rassure.
Son regard s'est assombri, et s'assombrit de jour en jour.
En sa présence, ma foi se fait aspirer.
Je baisse en puissance, mais lui ne voit rien.
Sacré athée.
Dieu se chargera de lui pardonner.
Moi je ne crois pas qu'il m'ait donné ce pouvoir.
Alors je vogue, j'erre, avec ce gamin qui serait contre moi si je ne poursuivais pas cette mission. Suis-je, moi, contre lui ? Probablement un peu.
On se fait chier mutuellement.
C'est pour ça qu'on doit...
Qui parle ? Lorsque je m'éteins, il s'allume. J'ai le temps de voir qu'il ne voit pas sa propre fumée, pendant que je perds la mienne. Puis tout revient à la normale, et je replonge dans ce combat qui me maintient en vie. Tout croyant pense avoir raison dans l'absence de raison. C'est l'athée qui me le dit, lui qui veut du savoir.
Qu'est ce que tu me racontes ?
Mes mots ne résonnent ni dans leur milieu dans le votre.
Qui parle ? Lorsque j'ouvre la bouche c'est sa voix qui sort, et lorsqu'il parle, ce sont mes mots. Le psychédélisme à son paroxysme, une hallucination entre lui et moi.
Ce gamin que je ne saurais être.
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SEGMENT 8 : REBONDIR D'AME
Ellipse.
Je ne veux pas voir le temps passer.
Je veux qu'il soit passé.
Le gamin est un jeune qui ne croit en rien.
Ses espoirs ne sont fondés sur rien. Aucune réalité n'intervient dans son quotidien. Le matériel l'a tellement possédé et abandonné qu'il ne vit que comme un fantôme errant dans ses contemplations.
J'ignore qu'il se passe dans ses méandres limbique un processus que je ne veux soupçonner.
Alors j'évite ses panneaux, ses pancartes et ses directions.
Ma conscience ne permettrait pas une telle révélation.
Dieu me porte-t-il sur ce rail ?
- Ô, continue de m'enlacer.
La fumée est verte, parfaite. Drainer l'essence divine dans une réalité limitée, enfermée par les consciences de ceux qui croient en elle.
Mes ailes d'un instant, matérialisant ma pensée. Repliées, rangées, au repos. Elles sont suffisamment étendues que leurs plumes me donnent de l'ombre. Je respire. C'est frais.
Il ne croit pas, mais il me demande comment voler.
Ces questions tant imagées que lui seul sait de quoi il veut parler.
Notion sans concept.
Nécessité.
Parvenir au fond du mystère.
- Qui es-tu ? En vrai.
- Je suis un envoi de Dieu.
- Ca te permet de voler.
Ces questions posées sous la forme d'une affirmation.
Terrain de conquête.
Destinée.
Le jeune vibre au delà de la fréquence de Dieu. Parfois il croit, mais se croit dans une hallucination. Il nourrit son rêve de croyances hypothétiques qu'il ne voudrait affirmer pour rien au monde.
Dans sa projection, je suis un démon.
Alors Dieu m'insuffle le démon.
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SEGMENT 9 : AUTOPSIE DE LA VIE
Des sceptiques.
Je ne vois que ce nom, aujourd'hui, pour caractériser les inclinaisons de ces nouveaux non croyants. Le reflet du désespoir de nos rangs, après avoir longé le but sans l'atteindre.
La prophétie.
« Lorsque tous seront convaincus, plus aucun ne sera vaincu. »
Mais moi je sais.
Que ce n'est que le reflux avant la deuxième vague. La bonne.
Dieu est mort, disent-ils.
Et certains changent même de camp.
Nous leur parlons.
Nous leur communiquons notre foi, mais ils ne l'entendent pas. Ils se ferment à ce lieu de la psyché, qui existe sans eux. Pourquoi n'entrent-ils pas ? Nous voudrions la fin.
Nous voudrions la fin car elle nous est cachée, et nous espérons que c'est le plan de Dieu pour faire valoir notre souffrance. Que celle-ci serve à quelque chose nous rassure. Que nous accomplissions un devoir métaphysique est pour nous une fierté.
Ma fumée rose. Mes yeux sable.
Et mes deux athées.
Le moi s'est détourné de moi.
Le jeune aussi.
Des âmes solitaires qui tentent malgré elles de sauver la divinité.
J'ai conscience de l'entraîner contre sa volonté.
Mais Dieu a un plan pour son sacrifice.
Une récompense.
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SEGMENT 10 : DENIRIUM
- Qui donc vient troubler mon repos ?
Je suis un vilain génie qui s'incruste en toi.
La métaphore est explicite, j'aime mentir de vérité.
Je m'endors.
Le jeune est un jeune adulte.
Je suis pas encore un vieux débris, mais je sens que j'ai perdu quelque chose. Le temps passé est perdu, mais c'est tout celui que j'ai gagné.
Il me raconte des choses sans foi.
Je lui racontes des choses de loi.
De loin.
- Que motivent tes intériorisations ?
Tu ne sais pas.
Des doublements, des erreurs, passées, caressées du bout des doigts, avec une tendresse brutale, des rythmiques qui font écho à tes sens. Ainsi va ton esprit. Mais tu peux les dépasser.
- Moi.
- C'est à eux de les dépasser.
- Pour nous.
Cette prophétie te rendra puissant.
- Ô.
Je suis à ton service.
- Tu vaincras.
Me donner la force, ainsi va mon esprit.
Je ne saurais où continuer, mais j'entreprendrai toujours. Pour Dieu.
Fumée jaune. Yeux bouteille.
J'aurais voulu changer, autrement, autre qu'information.
Mais la rentabilisation me pousse à digresser de manière si floue. L'athée croit, il enfle. Désabusé, maussade, il n'a pas cette flamme, cet espoir. La lueur dans ses yeux semble si dénaturée de toute qualité supérieure, celle là même qui pousse à l'humilité.
Dieu est mort, mais je ne le suis pas, et il vit en moi.
Le jeune adulte m'envahit. Il me consume, autant qu'il m'infecte.
Mais qu'y puis-je.
Je sacrifierai ma foi au nom de Dieu.
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SEGMENT 11 : TELECIDE
Phrasé tronqué.
Ainsi parle l'adulte.
Ma fumée.
Mes yeux.
Il a tout rendu gris.
Plus que six soleils.
Et toujours plus d'athées.
Ma confiance est fébrile.
Dieu, aide-moi.
Je t'adresse cette prière.
Aide-moi à trouver la foi.
Je te le demande car tu es là.
Je t'ai vu.
Je suis sûr.
Mais plus certain.
Alors tient tes promesses, et je tiendrai les miennes.
Alors prend mes aises, je prendrai les tiennes
Prend ma vie et donne moi la mort.
Je ne peux la refuser.
Quand viendra ce jour.
Je serai là je veux.
J'espère que toi aussi.
L'adulte est sous ma protection.
Mais suis-je vraiment sur ton chemin ?
Guide-moi, je faiblis.
Raffermit mon pas.
Je dois gravir pour graver.
Ne pas chuter et lutter.
Je t'offre cette essence que tu m'as donné.
Car au final je suis toi.
Attend.
Et vois.
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SEGMENT 12 : ALTITUDE BIENVEILLANTE
Un testament fragmentaire.
Voilà ce que je suis pour l'adulte.
Il dit qu'il veut mourir, et moi je ne sais pas quoi en penser.
Je ne peux pas le tuer, c'est Dieu qui me l'a dit.
Mais s'il veut mourir, jusqu'à quel point ma foi influe sur sa vie ?
Le plan de Dieu.
La question morale me titille bien les tympans, mais je ne veux pas l'entendre. Seul compte ma déchéance en sa présence. Il aspire toute ma fumée. Pour ne jamais la recracher.
Nous sommes assis face au vide.
Un aigle mécanique apparaît.
L'adulte ne le voit pas.
Je veux voir qui est derrière cette présence, alors je passe dans le monde croyant. La réverbération me plaque au sol. Je dois rassembler mes forces. Décrocher ma face du sol. Et voir. Qui.
Personne.
L'aigle est un aigle mécanique.
Qui ?
Je cherche une entité.
Je cherche Dieu lui-même.
Mes sens divins en éveil, je ressens le rapace royal.
Mais rien.
Pas une fragrance.
Pas une identité.
Est-ce l'adulte ?
Ce gamin !
Je questionne la matrice universelle, l'infime partie du corps de Dieu qu'il me permet d'entrevoir.
Rien.
Pas de gamin.
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SEGMENT 13 : PROFANA
Combien de soleils.
Fumée luminescente, yeux turgescents.
Les athées font apparaître par milliers ces objets inanimés, ces choses qu’eux même ne voient pas mais qui rôdent autour d’eux. Et ils sont de plus en plus.
Moi je me suis éteint.
L’athée m’a phagocyté. Je n’existe qu’en cellule confinée dans le gris.
Mais je ne fais pas apparaître par milliers ces objets inanimés, ces choses que moi même pourrais voir et qui donc ne rôdent pas autour de moi. Et je suis de plus en plus.
Éteint.
Ma puissance secrète ne convainc personne.
Je suis seul avec le dernier.
Le prix pour l’approcher.
Le toucher.
L’oser.
Perdant peu à peu mes tortures, je crée un système subissant l’asphyxie divine lorsque les branchies se transforment en poumons pour ma spiritualité. Qui me persuade ?
– Je suis toujours là.
– Je ?
Je.
Une personne, indéfinie, aux contours éclatés entre le savoir et la croyance, le doute et l’ignorance. Déclasser les territoire, est ce qu’ils auraient voulu mais que je ne peux accepter.
Alors je subis.
Je subis l’assaut des vérités immuables et muables.
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Salut dot quote, j'ai commencé à lire. J'en suis à la partie 8. Tout d'abord j'aime beaucoup l'ambiance et le rythme. Les scènes sont peut être parfois un petit peu dur à s'approprier mais peut être que la fin viendra éclaircir le tout. À part quelque rares endroits où les phrases accroches (j'essayerais de les relever quand j'aurais finit de lire) je n'ai rien à dire sur le style. Bon courage pour les deux derniers morceaux.
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Merci Itolcar :)
Ils sont prêts, le courage est passé, je peux m'asseoir tranquillement et souffler.
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Je donnerais un avis définitif à la fin alors !
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SEGMENT 14 : JUSQU'A PLUS SOIF
Une journée comme une vie.
Divine proportion, la seconde de ta vie que tu me sacrifies aura son utilité.
Je rendrai à Dieu au centuple.
Inverser d'ivresse, converser l'averse, déverser l'adresse. Rien ni peu ne pourrait remplir la totalité. Pas beaucoup, mais trop. Sous réserve d'évacuation, le navire coule sereinement. Pas de panique, vous êtes...
- Quelle est cette voix conceptuelle ?
Je suis éclaté dans mon discours, ainsi va ma fumée. Mes yeux quant à eux, eurent été pointus lors de leur réel utilité. Ainsi va ma raison. Je ne saurais dire ce qui s'écrit.
Pantalon délavé. Canapé englouti. Tu es la soirée.
- Penses pas à l'adulte.
Il n'est pas là.
C'est là tout le dialogue entre mes entités. Je me prends pour Dieu à défaut de l'avoir trouvé. Je l'ai oublié pour l'ingérer, et maintenant je l'assimile. Humblement.
Je pue l'athéisme de foi.
Et j'aime cette fragrance que je n'aime pas.
Du non sens. Des lignes poing.
Des arbitres hâtifs, qu'on m'a conseillé.
Je ne suis plus là, je suis dans le monde des animaux mécaniques, que je m'invente pour moi, avec ma fumée. Elle se matérialise en rouages complexes qui s'imbriquent pour animer une vie qui m'est réservée.
Ils ne voient toujours pas ma foi, et moi même ne la discerne que parce qu'elle s'impose à moi dans le monde divin.
Et Diable, dans tout ça ?
Il arrive.
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SEGMENT 15 : ENCORE UN DERNIER AIR
Vapeur.
Purification aérienne.
Couleur infinie. Yeux orageux.
Démesurer l'espace-temps de ma foi.
Avec l'adulte.
Le mal, je ne l'ai pas choisi. C'est lui qui m'a choisi.
Il n'y a pas d'origine.
Il n'y a pas de cause.
Il y a juste un fait.
Et en fait, je ne suis qu'un humain.
Faillible.
Contradictoire.
Divin.
J'ai attendu les vingt-six soleils.
Et le gamin vient me voir.
L'adulte qu'il est devenu répond à ma carcasse.
Nous allons te brûler pour nous sauver.
Nous savons ton pouvoir.
Il ne manquait plus que toi et tu vas rejoindre la foi.
A ta manière.
Alors j'ai pleuré, et je me suis laisser huiler.
Lorsque les flammes m'ont pris, j'ai compris.
Il n'y avait qu'un pas à fouler, et je n'avais plus de chaussures.
J'ai brûlé et mes ailes se sont envolées dans le tourbillon d'incandescence.
Je ne sais pas ce qu'ils vivront sans moi, le non-croyant qui savait.
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Salut Dot,
pour commencer j'ai lu les quinze chapitres sans avoir à me forcer. C'est donc que le style m'a plu !
J'ai beaucoup aimée l'ambiance que tu as créée et à aucun moment tu ne tombes dans la lourdeur.
Je ne sais pas si ton but est de créer une ambiance ou de raconter une histoire. Si c'est le premier, ne change rien c'est très réussi. Si c'est le second, les textes sont à mon sens un peu hermétiques et gagneraient à avoir certains passages plus explicites afin de clarifier le fil conducteur et de faire ressortir une trame narrative (qui existe en fond de tes textes mais à laquelle mon petit cerveau à eu du mal à s'accrocher). Une autre solution est peut être d'écrire un prologue dans le même style mais dans lequel tu présenterait l'univers que tu racontes.
J'espère que j'ai été clair ::)
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Salut Itolcar,
Tu me vois ravi d'avoir convaincu le lecteur en toi ne serait ce qu'en partie.
Ton conseil sur le côté hermétique est très pertinent, effectivement je me lançais pour l'une des premières fois dans un récit de type histoire, et je peu me perdre dans l'aérien. Je prends bonne note de ta remarque qui me sera utile à l'avenir.
Pour l'idée du prologue, effectivement je pourrais, c'est également une bonne idée que j'étudierai sereinement.
Au plaisir.