Mémorial Intemporel
Parfois sans pronostic, le sable d'or s'attaque
A l'avancée d'un matin : le Temps filandreux
Dort, s'étire dans son invisible caraque,
Sombre carquois usé par les jours méandreux.
La clepsydre est vidée ; le temps fuit vers sa fin.
Inlassables, les aiguilles suivent leur cours,
Tantôt créatrices, tantôt d'un goût malsain,
Saignant leurs victimes, sans utile secours.
Mirant ce liquide qui goutte à goutte tombe,
J'attends le temps. A gorge déployée, je ris :
« La vie est régie par ce maître d'hécatombes.
Le temps mourra quand tout le reste aura péri. »