Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: PaulCahin le 24 Janvier 2017 à 09:24:01

Titre: Lettres à No Nymes (9 parties / Récit Complet) -- merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 24 Janvier 2017 à 09:24:01
Je m'essaies à trouver les ressorts du récit qui accrochent/retiennent/conservent l'intéret du lecteur.
J'ai donc pensé à une suite d'aventures de pure distraction mêlant mystère et  énigmes.. Le récit est intentionnellement découpé en 9 (courtes) parties qui seront chacune postée chaque jour, comme les "roman-feuilletons" avec à chaque fois une fin qui j'espère font de la présente nouvelle une sorte de "page turner".
Exit donc l'émotion et les belles phrases, place à l'imaginaire et le suspens.

Merci d'avance pour vos retours/commentaires afin d'améliorer/persévérer (d'autres récits sont prévus, suffisamment de zones d'ombre intentionnellement laissées), ou laisser tomber (si c'est mauvais, n'hésitez pas à le dire non plus).


Edit 24/01/2017 :  Lettres à No Nymes (Début) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375233.html#msg375233)
Edit 25/01/2017 :  Lettres à No Nymes (Suite 1) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375318.html#msg375318)
Edit 26/01/2017 :  Lettres à No Nymes (Suite 2) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375424.html#msg375424)
Edit 27/01/2017 :  Lettres à No Nymes (Suite 3) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375519.html#msg375519)
Edit 28/01/2017 :  Lettres à No Nymes (Suite 4) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375657.html#msg375657)
Edit 29/01/2017 :  Lettres à No Nymes (Suite 5) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375695.html#msg375695)
Edit 30/01/2017 :  Lettres à No Nymes (Suite 6) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375768.html#msg375768)
Edit 31/01/2017 :  Lettres à No Nymes (Suite 7) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375857.html#msg375857)
Edit 01/02/2017 :  Lettres à No Nymes (Suite 8, fin, épilogue et... début) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375940.html#msg375940)

----------------------------------------------------------------------------

Ça a commencé il y a deux semaines. Un jeudi, je m'en souviens. Le matin du jeudi 15 décembre. Jamais je n'oublierai cette date.
Un matin noir comme savent en produire les hivers les plus mornes, un matin triste où j'aurais mille fois préféré rester au lit, où mille fois j'aurais dû. Mais un matin où désir et réalité s'affrontent inutilement tant on sait combien travailler est nécessaire, vital pour qui veut son indépendance, un soupçon de liberté.

Prête et moyennement motivée, je descendais les escaliers quand je vis dépasser de ma boite aux lettres une enveloppe bleue, bleu nuit. Étrange me suis-je dit, qui peut bien m'envoyer du courrier. C'est qu'aujourd'hui, on ne reçoit guère plus par la poste que des factures. Et encore. Ou alors des faire-parts... J'écartais le décès, vu la couleur. Mais restait quoi ? Un mariage ? Une naissance ? Quoi qu'il en soit une bonne nouvelle qui ne pourrait attendre jusqu'au soir et mon retour du travail.

Je pris l'enveloppe, juste l'enveloppe, sans ouvrir ma boite. Seul ce courrier m’intéressait. Il serait toujours temps pour les sempiternelles factures, et le lot quotidien de publicités.
Le courrier était adressé à Francine MOUROT, 15 rue Galon, etc. Si l'adresse était bonne, la destinataire pas du tout. Un erreur sans doute que je m’apprêtais à corriger en regardant les noms de mes nombreux voisins sur les autres boites. Si j'en connaissais certains, ceux de mon étage et le pépé du premier surtout, la plupart m'étaient totalement inconnus. Mourot, Mourot... non, pas trouvé. Je défilais à nouveau devant les boites, dans l'autre sens : Mourot, Mourot,... rien. Pas de Mourot ici. A moins qu'il s'agisse d'une nouvelle qui vient d'arriver, et qui n'a pas encore fait imprimer son nom.
Je me dirigeais vers la loge du gardien, du libidineux et pervers gardien de mon immeuble que je fuyais habituellement comme la peste, quand distraitement je retournai la lettre. J'y vis ce qui encore aujourd'hui me glace d'effroi et rend tout ceci des plus dingues : en haut du verso, d'une belle encre rouge était inscrit le nom de l'expéditeur, comme il se fait parfois encore. Un nom que jamais je ne pourrais oublier : le mien.
Sauf que jamais je n'avais envoyé ce courrier, et certainement pas à moi, et sous un autre nom que le mien en plus !...

J'ai d'abord pensé à une blague, une sale blague de sale gosse, mais qui ? Et pourquoi ? Et plus je regardais le dos de la lettre et plus j'y reconnaissais... mon écriture. Un sale gosse qui me connaitrait assez bien pour m'imiter, connaitre mon adresse, et... "Mon adresse"... mais comment un facteur aurait-il pu mettre dans ma boite un courrier qui n'est pas à mon nom ? Et pourtant, pas de doute, le timbre était bien oblitéré, tout semblait "normal".  Sauf ce nom, mon écriture, et... la date ! A moitié sur le timbre, à moitié sur l'enveloppe, figurait la date du cachet de la poste, une date claire, sans bavures, mais qu'il me fallut lire à plusieurs reprises afin d'en être tout à fait sûre, afin d'être sûre de pas être devenue folle :  sur le courrier figurait la date du lendemain, du 16 décembre.
Une erreur de la poste ? peu vraisemblable. Et encore une fois, je ne m'expliquais pas comment un courrier adressé à une autre pouvait avoir été déposé par un facteur dans ma boite. Une lettre que j'aurais moi-même écrite, et qui serait postée... demain.
Tout ça, et la date, voilà pourquoi je suis certaine que tout a commencé le jeudi 15 décembre.

Mais qu'allais-je en faire ? Je revenais sur mes pas, voyant déjà l'inextricable situation dans laquelle j'allais me mettre à informer le gardien d'une chose aussi incroyable. Pour sûr il aurait pris ça pour de la drague, pour sûr il aurait essayer d'en profiter pour m'inviter, etc, etc. Non, dès le matin, c'était au-dessus de mes forces.
J'allais déposer la lettre dans ma boite, tout au fond, quand la curiosité vainquit mon désarroi. Je me ravisais et après un haussement d'épaules pouvant signifier "si c'est moi qui l'ai écrite...", j'ouvrais l'enveloppe.

RIEN ! Il n'y avait rien à l'intérieur. Strictement rien. Je l'ouvrai en grand et regardai de plus près : pas de lettre, pas de carte. Le vide. Une très mauvaise plaisanterie.
J'allais déchirer l'enveloppe, en faire des confettis et oublier toute cette farce quand sur la face interne du recto je vis comme des signes, à l'encre claire. Pas des caractères, des "signes" :

⊂ ◠ ∣ ∣

Si ça ressemblait un peu à des lettres (un "C" et deux "I"), le second dessin n'en faisait résolument pas partie, quelque soit l'alphabet. Une espèce de "C" qu'on aurait pivoté à 90 degré, une sorte de "couvercle" que jamais j'avais vu. Et à y bien regarder, même le "C" me semblait suspect, tant il était ouvert et allongé. Non, ça n'était pas des caractères, ni un filigrane commercial; et on voyait clairement que l'enveloppe avait été fabriquée de toute pièce, manuellement. Après qu'on y ai tracé ces signes.
Dubitative, je tournai l'enveloppe, et trouvai  à l’intérieur du verso d'autres signes, juste en face des précédents. Même encre, même calligraphie,.. et même énigme. Trois signes cette fois :

⊃ ◡ ◡

Encore un couvercle en forme de "C", mais à l'envers, comme en reflet du précédent, deux fois; et un "C" retourné, la gueule ouverte sur la gauche. S'il s'agissait d'un message, il était bien peu clair; s'il s'agissait d'une blague, j'avais marché à fond.

J'en étais là de mes réflexions quand j'entendis la porte de la loge s'ouvrir, et le gardien commencer à sortir. Il ne m'en fallut pas plus pour me décider et déjà je franchissai le seuil de l'immeuble qu'il me souhaitait une bonne journée. Je ne répondais pas.


----------------------------------------------------------------------------

à suivre (...)
ici : Lettres à No Nymes (suite 1)  (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23412.0.html)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (Début) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: Fried le 24 Janvier 2017 à 11:27:47
Ce texte est plaisant à lire, le début d'une énigme s'annonce. J'ai bien envie de lire la suite.
Déjà j'aimerais en savoir plus sur cette inconnue qui par travailler.
"Après qu'on y ai tracé"
Je me demande s'il ne faut pas écrire "ait".
Titre: Re : Lettres à No Nymes (Début) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: Kham le 24 Janvier 2017 à 11:34:29
Citer
et déjà je franchissai le seuil de l'immeuble qu'il me souhaitait une bonne journée. Je ne répondais pas.

je franchissais... Je ne répondis pas...

Quelques fautes d'ortho ou de conjugaison par-ci par-là, mais rien de grave.
Sinon, le texte coule de source et l'énigme est bien présente.

On attend la suite.
Titre: Re : Lettres à No Nymes (Début) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: Alan Tréard le 24 Janvier 2017 à 14:57:31
Bonjour Paul,

Ton histoire est accrocheuse mais peut-être un peu forcée.

Ton personnage est difficile à cerner, quelques précisions mériteraient d'être faites tout au long du récit.

Tu joues sur un élément du quotidien, aller chercher son courrier, qui deviendrait soudainement surnaturel !! Et ça marche plutôt bien, c'est une bonne base.

Les codes du fantastique ou de la science-fiction (selon la suite de l'histoire) y sont présents, mais en nombre insuffisant ; n'hésite pas à nous glisser plus de détails sur la vie quotidienne de cette femme pour qu'on comprenne bien en quoi sa vie va changer du jour au lendemain (si je ne m'abuse...).

Et voilà, heureux de faire ta connaissance à travers ce premier texte que je lis de toi.
Titre: Re : Lettres à No Nymes (Début) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 24 Janvier 2017 à 15:27:33
Hello,

merci Alan, merci pour ce retour.
la suite est deja ecrite, j'ai fini le tout récemment et si je poste une partie par jour, c'est pour ajouter à l'addictif, faire réfléchir le lecteur et l’intéresser d'autant; c'est une nouvelle-feuilleton.
c'est surtout ça que je veux tester, en plus d'une histoire intrigante et qui accroche.
merci pour tes commentaires, je prends en compte et on en reparlera lors de l'ultime partie, dans ... 8 jours, mais que ça n'arrête en rien vos retours : chq partie est à commenter du genre "tiré par les cheveux", "baisse de rythme", "maintient bien ne haleine", etc...
Paul.
Titre: Re : Re : Lettres à No Nymes (Début) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 24 Janvier 2017 à 15:29:47
Ce texte est plaisant à lire, le début d'une énigme s'annonce. J'ai bien envie de lire la suite.
Déjà j'aimerais en savoir plus sur cette inconnue qui par travailler.
"Après qu'on y ai tracé"
Je me demande s'il ne faut pas écrire "ait".

Merci Fried.
n'hésite pas à commenter la suite (demain).
en préambule, il y aura un rapide rappel des "épisodes" précédents, pour simplifier/fluidifier tout ça.
Titre: Re : Re : Lettres à No Nymes (Début) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 24 Janvier 2017 à 15:31:25
Citer
et déjà je franchissai le seuil de l'immeuble qu'il me souhaitait une bonne journée. Je ne répondais pas.

je franchissais... Je ne répondis pas...

Quelques fautes d'ortho ou de conjugaison par-ci par-là, mais rien de grave.
Sinon, le texte coule de source et l'énigme est bien présente.

On attend la suite.

Merci Kham pour le temps consacré et corrections proposées.
suite demain.
++
Titre: Lettres à No Nymes (suite 1)
Posté par: PaulCahin le 25 Janvier 2017 à 10:10:43
Toujours dans la cadre de ce projet, suite de l'épisode précédent :   Lettres à No Nymes (Début)   (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.0.html)

Rappel de l'épisode précédent :
Noémie à trouvé dans sa boite aux lettres un courrier destiné à une certaine Francine Mourot, portant au dos son nom rédigé de son écriture. Le courrier porte un cachet postal daté du lendemain et figurent à l'intérieur des signes ou dessins énigmatiques. Rien d'autre.
Un courrier que jamais elle n'a écrit et qui a manifestement été déposé dans sa boite par quelqu'un. Qui ? Pourquoi ?
En pleine réflexion, Noémie entend arriver son gardien et souhaitant l'éviter part aussi pour son travail.


----------------------------------------------------------------------

Toute la journée j'ai repensé à ces signes, toute la journée j'ai creusé ma mémoire pour retrouver une Francine, Mourot ou non, ce dernier pouvant être un nom de mariage. Et toute la journée j'ai fait chou blanc.
J'avais recopié les signes, en deux bandes distinctes, et en les disposant les uns sous les autres j'en étais bien arrivé à un mot : "SOU". Mais je n'étais pas convaincue par ma trouvaille. On voulait un "sou" ? Me faire chanter pour si peu ? Autant j'aurais pu "comprendre" "SOS" autant "SOU" m'était une énigme. Une de plus.

J'essayais d'orthographier mon nom, avec application d'abord, avec nonchalance ensuite, et chaque fois je trouvais des ressemblances frappantes entre mon écriture et celle de la lettre. La façon de ne pas fermer le "O", d'accrocher les lettres entre elles, l'espace entre nom et prénom, mon habitude des majuscules, etc. C'était plus que troublant tant tout concourait à laisser penser que c'était bien moi qui avait rédigé cette lettre, à mon intention, via Francine Mourot.

Francine..., je savais là une partie de la solution, si solution il y avait. Et j'attendais la pause-déjeuner pour faire des recherches, consulter un éventuel compte, un éventuel profil. Et je le trouvais, de la façon la plus simple du monde : Facebook. Et pour sûr, je fus de suite certaine que c'était le bon, sans aucun doute possible tant la coïncidence était impossible : sur le compte de Francine Mourot figurait une photo d'elle, les cheveux noir frisé, les yeux vert, le teint clair... Moi, avec d'autres couleurs.
Je fus sous le choc, atterrée. J'en pleurais presque : un sosie ! Qui me connaissait !
Je farfouillais un peu sur son compte et consultait la liste de ses amis : aucun que je connaissais mais une référence constante au travers de ces profils, comme un leitmotiv sans cesse seriné : "Ishtar", avec le lien pour un site sur lequel je n'osai pas cliquer. On n'est jamais trop prudent.
Je me promettais de faire plus tard des recherches, de chez moi, et continuais mes pérégrinations sur le profil de Francine quand je tombais sur sa bio. Très simple, sa bio, très courte, mais toutefois une information qui fini d'ébranler le peu de lucidité que j'avais su conserver : sa date de naissance. 21 Novembre 1978..., la même,... la même que la mienne. Un sosie... ou une jumelle ? 
Il me fallait en savoir plus, il me fallait dialoguer, et c'est juste alors que mon patron passait la tête par ma porte, les bras chargés de dossiers, que je cliquais sur la demande qui ferait peut-être de Francine une amie, une de mes amies. Une sœur ?

Pendant le trajet du retour, je récapitulais ce que j'avais pu glaner et qui à jamais devait marquer cette journée. J'avais reçu... non : on avait déposé dans ma boite aux lettres un courrier pour Francine Mourot daté de demain et que j'aurais moi-même rédigé. A l'intérieur de l'enveloppe étaient tracés des signes sibyllins dont je considérai n'avoir pas réussi à découvrir la signification tant "SOU" me semblait une impasse. Et cette Francine, en plus d'être mon portrait craché était née à la même date que moi. Enfin, elle et tous ses amis semblaient faire partie d'un même groupe ou forum répondant au nom d'Ishtar, vocable qui s'il me disait vaguement quelque chose ne m'en était pas pour autant familier. C'est là que je devais dorénavant concentré mes efforts, j'en étais sûre.

Le bus arrivait à mon arrêt que j'en oubliais presque de descendre. N'eut été le rappel du chauffeur, j'aurais bien pu passer ainsi la moitié de la nuit. Et du matin suivant. Mais il est des habitudes qui vous sauvent des écarts, des routines qui parfois ont du bon, et c'est par un conducteur et chaperon avisé qu'il me fut rappelé mon arrêt. Je pris mon sac, mon enveloppe, et dans un chaleureux merci répondait au bonsoir du chauffeur, de quoi égayer une partie de sa nuit que j'imaginais devoir être longue. Comme la mienne.

Ishtar, Ishtar,... je n'avais que ça à l'esprit quand j'allumai mon PC, à peine arrivée chez moi. Je n'avais même pas relevé ma boite aux lettres, réflexe pourtant pavlovien de mes retours de travail. Bus, marche, pain, courrier. Escalier, courrier, pub, appart. Manteau, chaussures, musique, courrier. Vin, courrier... Toujours un verre de vin, un seul. Ma seule concession au monde du vice. Même si parfois...
Donc, pas de courrier ce soir, pas de pub, pas de factures, mais une recherche, intensive, complète, et peut être, peut-être, des réponses. Ou du moins, des éléments de réponse.

A peine allumé mon ordinateur m’avertit de 15 nouveaux messages. Des spams, ma mère, un relevé de compte, et... une notification Facebook : "Francine Mourot est maintenant votre amie". Acceptée, elle avait acceptée ma demande. A... 13h58; soit dans les quelques minutes qui avaient suivi. Elle devait être connectée en même temps que moi, au même instant, alors que j'explorais son compte. En faisait-elle de même avec le mien ? Avait-elle posté sur mon mur ? Non, pas possible avant.., mais après ?
Je consultais mon compte : rien, si ce n'est une nouvelle amie. Et une référence : Ishtar.gov.  "Gov" ? Comme "gouvernement" ? Je cliquais sur le lien.

Une page bleue, bleue nuit. Et un cadre, en plein milieu, un cadre à deux entrées : "nom", "mot de passe". Une fenêtre de connection, sans rien de plus; rien en bas, rien en haut : RIEN.
J’essayais mon nom, "SOU" en mot de passe, sans grande conviction, et...  me retrouvais sur mon compte Facebook. Pas même de message d'erreur, pas même de renvoi pour inscription : juste un retour à la page précédente, sans explication.
Je réessayais, plus de trois fois, et me retrouvais systématiquement au point de départ. Une impasse. Quoi que... Quitte à y être, et maintenant qu'ont étaient amies, je décidais d'envoyer un message à Francine. Une simple question qui, je l'espérai, me permettrai d'en savoir un peu plus, de mieux comprendre ce qui se tramait autour de moi : "Ishtar ?"

La réponse ne se fit pas attendre : mon PC s'éteignit, comme ça, d'un coup. La cuisine était toujours allumée, la chaine aussi qui diffusait sa musique d'ambiance, tout avait l'air de fonctionner correctement. Sauf l'ordinateur.
Je le rallumais, passais l'étape comme quoi "Windows" s’était "sauvagement" arrêté etc., et revenait sur ma page Facebook. J'avais perdue une amie : Francine. "Compte désactivé" disait le site.
Je tapais "Ishtar.gov" dans la barre d'adresse et après quelque secondes tombais sur un 404, un code erreur internet : "la page demandée n'existe pas". Je vérifiais l'orthographe, le ".gov" et notais, dépitée; tout en sachant par-devers moi la vérité un peu différente : la page n'existait plus, la page avait existé.

Je farfouillais ensuite sur la toile, tapant ici le nom de Francine (rien), là celui d'Ishtar (plein de trucs, trop de trucs,... rien) et parti me coucher après un club sandwich des plus sommaires et une entrave à ma ligne de conduite vieille de 10 ans : un second verre de vin.

Demain, peut-être demain, pensais-je allongée dans mon lit. Qu'est-ce qu'une amie de moins, qu'est-ce qu'une amie de plus, sur un réseau tel que celui-ci ? Ça n'est pas la vraie vie, ça n'est pas la "vérité".
Et pourtant, qu'est-ce-qu'elle me ressemble !... Qui est-elle ? Pourquoi ? Et pourquoi moi ?

----------------------------------------------------------------------

à suivre (...)
ici : Lettres à No Nymes (suite 2)  (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23435.0.html)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (suite 1) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: Miromensil le 25 Janvier 2017 à 10:14:17
Salut PaulCahin, comme cet épisode est la suite de " Lettres à No Nymes (Début) ", ça te va si je fusionne les deux dans un même fil ?
Titre: Re : Lettres à No Nymes (suite 1) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 25 Janvier 2017 à 10:34:59
Hello,

heu.. non.
l'idée était justement de découper la nouvelle comme pour un roman-feuilleton pour ajouter un effet addictif : une parution par jour, le temps au lecteur de reflechir, etc.

il y a 9 parties/episodes en tout.
Titre: Re : Lettres à No Nymes (suite 1) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: Meilhac le 25 Janvier 2017 à 11:02:53
salut Paul
je viens de lire le début, je trouve que ça démarre pas mal du tout  :)
c'est léger et simple, deux grandes qualités. sans chichis. ça donne envie d'en lire +.
je crois qu'en général on dit "creuser dans sa mémoire", et non pas "creuser sa mémoire"
bonne suite, au plaisir d'en lire + dès que j'ai le temps ! :)
Titre: Re : Re : Lettres à No Nymes (suite 1) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: ernya le 25 Janvier 2017 à 19:59:25
Hello,

heu.. non.
l'idée était justement de découper la nouvelle comme pour un roman-feuilleton pour ajouter un effet addictif : une parution par jour, le temps au lecteur de reflechir, etc.

il y a 9 parties/episodes en tout.
Bonjour, on a une section prévue (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/board,3.0.html) pour ça ! Tu peux poster dans même fil, avec des post successifs ton histoire. (On fait comme ça pour garantir une lisibilité égale entre chaque auteur  ;)).
Si ton texte n'est pas assez long pour figurer dans la section des Textes Longs, il faudra quand même réunir tes fils sur un seul topic (clarté, rangement, égalité tout ça tout ça)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (suite 1) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 25 Janvier 2017 à 20:42:21
Hello ernya,
je comprends.
est-ce qu'on pourrait les réunir une fois les 9 parties postées sous 9 input differents (ie 1/jour) ?
Titre: Lettres à No Nymes (suite 2)
Posté par: PaulCahin le 26 Janvier 2017 à 09:07:31
Toujours dans la cadre de ce projet, suite de l'épisode précédent :    Lettres à No Nymes (suite 1)   (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23412.0.html)

Rappel des épisodes précédents :
Noémie à trouvé dans sa boite aux lettres un courrier destiné à une certaine Francine Mourot, portant au dos son nom rédigé de son écriture. Le courrier porte un cachet postal daté du lendemain et figurent à l'intérieur des signes énigmatiques. Un courrier que jamais elle n'a écrit.
Faisant des recherches internet sur sa mystérieuse destinataire, Noémie tombe sur le compte Facebook de son sosie, née le même jour qu'elle, et dont les amis semblent tous faire partie d'un groupe ou forum obscur : Ishtar.
Ayant reçu l'adresse du forum, Noémie tente de se connecter mais est à chaque fois déboutée. C'est alors qu'elle tente de contacter sa nouvelle amie Facebook lui ayant communiquer l'adresse d'Ishtar que son pc s'éteint brutalement. Une fois reconnectée, le réseau social lui dit le compte de Francine Mourot désactivé et la page de connection Ishtar a disparu.
Le lendemain :


----------------------------------------------------------------------

16, le 16 décembre, jour où j'étais sensée avoir posté la lettre. Celle de la veille, celle reçue le 15. Un jour qui s'annonçait aussi gris que les précédents, aussi froid et peu engageant que peut l'être un jour d'hiver. Mais un vendredi, le dernier jour de la semaine, la seule chaleur, la seule lumière, dans ce monde noir et glacé.

Je descendais les escaliers, déjà au travail dans ma tête, encore à l’énigme dans mon esprit. Ishtar, Ishtar.gov, même cette dernière recherche n'avait rien donné, tant en historique que nom de domaine : inconnu. Aucune trace. J'avais pourtant pas rêvé qui par quatre fois avait vu sa page de connection, une page bleue comme l'enveloppe, bleue comme... !!!

Je  n'en croyais pas mes yeux et manquais perdre un talon tant la surprise me pris au corps, et au cœur qui d'un battement failli s'arrêter. Bleue comme une enveloppe,... Une autre ! Celle qui je le voyais, dépassait légèrement de ma boite aux lettres, là bas, sur le palier. Encore.
Et un gardien qui doucement fermait la porte de sa loge, un gardien qui aurait très bien pu être à l'origine de tout ceci, je m'en rendais maintenant compte, même si ça n'expliquais pas le sosie, ishtar.gov, etc. Mais pour ce qui était de mettre du courrier dans ma boite, il faisait le coupable idéal : toujours là, connaissant mes horaires habituels, pouvant même imiter mon écriture qui sur les chèques et autres reçus figurait. Oui, j'en étais presque sûre, c'était lui le facteur, c'était lui le postier, lui l’instigateur de cette farce. Je le hélai, avant que se referme sa porte.

- Bonjour M. Grives
- Bonjour Mademoiselle Nymes. Co..., comment ?... Fait froid ce matin, couvrez-vous bien. Et pour ce qui est de...
- Monsieur Grives, c'est vous qui avez mis cette enveloppe dans ma boite aux lettres ?
- Quelle enveloppe ?
- La bleue, celle qui dépasse.
- Là-bas ? Non. Mais je l'ai vue.
- Le facteur ?
- Non, la personne qui l'a mise. Ce matin. Très tôt ce matin. Il devait être 6 heures environ, je sortais les poubelles. Et je l'ai vue, qui sortait de l'immeuble.
- Qui "sortait" ? Vous ne l'avez pas vu entrer ? C'est qui ?
- Non, je ne l'ai pas vu entrer, sauf hier soir. Elle avait l'air bien dubitative. Une dure journée ?
- Comment ça ?
- Vous !... ,... c'est vous que j'ai vu rentrer hier soir, toute absorbée par vos pensées. On ne pense jamais au vieux Hector, mais moi je vois tout, je sais tout. Et...
- Et ?... Que savez-vous,... Hector ?
- Vous, c'est vous que j'ai vu rentrer hier soir,... et sortir ce matin. Après avoir posé cette lettre. dans votre propre boite.
- ... M... Moi ? Vous..., vous en êtes sûr ?
- Oui, pour sûr, je suis sûr. C'est pour ça que vous voir à l'instant m'a surpris : je vous croyais partie. Partie travailler.
- Si vous savez tout, M. Grives,...
- Hector...
- Si vous savez tout, Hector, vous devez savoir que je pars travailler à 7h30, pas à 6h.
- Oui,... ça m'a surpris,... aussi. Mais c'est pourtant vous que j'ai vue ce matin. Ou votre jumelle.
- Ma jum... Ah oui, ça doit être ma sœur. Excusez-moi, Hector. Où avais-je la tête. Merci Hector. Et bonne journée. Couvrez-vous bien, Hector, fait pas chaud aujourd'hui.
- Oui, c'est ce que je disais. Et...
- Oui, Hector ?
- Votre sœur, votre sœur jumelle, je ne l'ai pas vu entrer, hier. Si vous lui avez donné un double de vos clefs, il faut me le signaler, Mademoiselle. Je dois savoir qui peut entrer ou sortir à volonté de l'immeuble. Pour votre sécurité.
-  Bien sûr. Au-revoir, Hector.
- Au-revoir. Tous les mêmes, jamais ils pensent aux charges du vieux Hector, jamais...

Je laissais ici le gardien à ces réflexions et avant de sortir, d'un pas alerte et décidé, allais cueillir mon courrier. Ma seconde enveloppe. Celle déposée par ma "soeur", ma jumelle. Francine ?...

C'est d'un geste fébrile que je sortais l'enveloppe de mon sac, une fois confortablement assise dans le bus qui me menait au travail. Bleue, bleu nuit, comme la précédente. Ça, je le savais déjà, que j'avais pu distinguer en descendant les escaliers.
"Anne THORY, 15 rue Galon", etc. Exit Francine. Si le courrier n'était toujours pas à mon nom, l'adresse était toujours la mienne. Comme l'écriture au verso qui sans être une copie exacte de la précédente n'en était pas moins de ma main, ou semblait l'être. Mème encre, même timbre, même cachet. Mais pas la même date. Une date qui en soi ne fut pas aussi incroyable qu'hier, une date qui en soi avait sa logique, même si celle-ci m'échappait totalement : 17 décembre. Demain. Encore.

J'avais donc dans les mains la répétition d'hier ; une lettre envoyée demain, adressée par moi à un nom inconnu et qu'on avait déposée dans ma boite. Deux variantes toutefois : un "on" qui semblait être... moi, ou suffisamment me ressembler pour se faire passer pour moi, et la destinataire : Thory.
Si je connaissais au moins une "Anne", j'étais sûre et certaine quelle ne s'appelait pas Thory, quelles que soient ses fréquentations. Et à 90 ans passés, il est des jeux qu'on laisse aux autres, aux farceurs, des jeux qui exigeraient bien trop d'une personne aussi âgée. Non, c'était clair : encore une fois, je ne connaissais pas la personne a qui j'étais supposée avoir écrit et pour qui j'avais apparemment moi-même déposé le pli... dans ma propre boite aux lettres.
Présenté comme ça, c'était plus que flippant, et c'est en flippeuse pleinement consciente de sa flipperie que j'ouvris délicatement la lettre non sans l'avoir préalablement tâtée et passé à la lumière naissante du jour. Et ce, pour en constater ce que mes examens précédents m'avaient déjà suggéré : rien. Il n'y avait rien dans l'enveloppe. Rien, si ce n'est les habituels dessins sur les faces intérieurs, des signes différents mais toujours aussi énigmatiques. Toujours l'un en face de l'autre.

ᐠ ᐟ ╵ ⊏ ---- ⊂ disait le premier, sur le verso.

⊏ ----  ⊃ était tracé sur le recto.


----------------------------------------------------------------------

à suivre (...)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (suite 1) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: Miromensil le 26 Janvier 2017 à 10:25:11
je comprends.
est-ce qu'on pourrait les réunir une fois les 9 parties postées sous 9 input differents (ie 1/jour) ?
Le souci c'est que si tu fais comme ça, tes textes bénéficieront de plus de lisibilité/visibilité, les textes des autres partiront plus vite en page 2,... pendant tes 9 jours, donc le mal sera fait en quelque sorte.


Édit ben.g
Tes sujets ont été fusionné,  pour les raisons que te donne miro : pour toi d'abord,  ça évite aux lecteurs milles manips et fouilles archéologiques pour trouver les suites, et pour les autres aussi, cela évite de spammer la page 1, pensons à tot le monde :)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (suite 2) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 26 Janvier 2017 à 11:09:33
ça devient illisible.
virez tout : je vais poster l'ensemble de la nouvelle en texte long meme si je n'aime pas trop cette sections au regard du peu de lecteurs/retours.
Titre: Re : Lettres à No Nymes (Début) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: Miromensil le 26 Janvier 2017 à 11:51:07
Non, il y a moyen de faire en sorte que ce ne soit pas illisible. En prenant comme exemple ce fil (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16565.0.html), tu pourrais éditer ton premier poste en mettant des liens vers les différentes parties. De cette façon, tout le monde saura s'y retrouver.

D'autre part, tu dis toi-même que ton texte est une nouvelle, donc à moins qu'elle ne fasse plus de 10.000 mots, elle n'aura pas sa place en textes longs. Si elle en fait plus que 10 000 et qu'elle y a effectivement sa place, mais que tu trouves que les lecteurs y sont peu nombreux parce qu'en effet c'est plus long à lire, je peux te suggérer de trouver un binôme de lecture grâce à  ce fil (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,17257.msg279434.html#msg279434).

Voilà, à toi de voir.
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 26 Janvier 2017 à 13:41:22
Parution de la 3eme partie :  Lettres à No Nymes (Suite 2) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375424.html#msg375424)
Titre: Re : Re : Lettres à No Nymes (Début) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 26 Janvier 2017 à 13:59:25
Non, il y a moyen de faire en sorte que ce ne soit pas illisible. En prenant comme exemple ce fil (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,16565.0.html), tu pourrais éditer ton premier poste en mettant des liens vers les différentes parties. De cette façon, tout le monde saura s'y retrouver.

Merci Miro.
Solution adoptée mais up necessaire sans quoi direct en page 2
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 27 Janvier 2017 à 09:13:56
Toujours dans la cadre de ce projet, suite de l'épisode précédent :  Lettres à No Nymes (Suite 2) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375424.html#msg375424)

Rappel des épisodes précédents :
Noémie à trouvé dans sa boite aux lettres un courrier destiné à une certaine Francine Mourot, portant au dos son nom rédigé de son écriture. Le courrier porte un cachet postal daté du lendemain et figurent à l'intérieur des signes énigmatiques. Un courrier que jamais elle n'a écrit.
Faisant des recherches internet sur sa mystérieuse destinataire, Noémie tombe sur le compte Facebook de son sosie, née le même jour qu'elle, et dont les amis semblent tous faire partie d'un groupe ou forum obscur : Ishtar.
Ayant reçu l'adresse du forum, Noémie tente de se connecter mais est à chaque fois déboutée. C'est alors qu'elle tente de contacter sa nouvelle amie Facebook lui ayant communiquer l'adresse d'Ishtar que son pc s'éteint brutalement. Une fois reconnectée, le réseau social lui dit le compte de Francine Mourot désactivé et la page de connection Ishtar a disparu.

Le lendemain matin, Noémie trouve une nouvelle lettre, que son concierge dit avoir été déposée à 6h00 par.... elle. Noémie s'invente alors une soeur jumelle pour couper court à la conversation, mais sort ébranlée par ces affirmations. Et toujours un courrier daté du lendemain, une destinataire inconnue (Anne Thory), son nom au dos, son écriture et... des signes énigmatiques tracés sur les faces internes de l'enveloppe. D'autres signes, rien d'autre :


ᐠ ᐟ ╵ ⊏ ---- ⊂ sur le verso, 
⊏ ----  ⊃ sur le recto.


------------------------------------------------------------------------------------

J'y reconnaissais certains des signes de la précédente lettre. Juste quelques uns. Et des nouveaux. Mentalement j'essayai d'associer les deux "bandeaux", comme hier, sans grand espoir. Et à ma surprise, ça marcha. Un peu. "VIE S", ça donnait "VIE" suivi d'un blanc et d'un "S", comme hier. Le résultat était effarant mais ne me donnait rien de plus. Autant "SOU" était énigmatique, autant "VIE S" était... bizarre. Et pourtant c'était sans équivoque : il y avait bien un espace entre le "E" et le "S".

"VIE" : devais-je considérer seul ce terme ? S'agissait-il d'une suite, d'une... phrase ? "SOU VIE S" ? Un anagramme ?  Voussie ? Ca voulait dire quelque chose, ça, "voussie" ? Et..., et s'il s'agissait d'une phrase, d'un "code, était-il "complet" ? Ou allais-je "recevoir" de nouveaux courriers, "m'adresser" de nouveaux signes ?  Une idée et une réflexion qui me décidèrent instantanément, sans hésitation : puisqu'il semblait que ce soit moi qui me déposait ces courriers, j'attendrai demain pour en avoir le cœur net. Demain, 6h. Restait à trouver le lieu dans lequel je me cacherai, à l'insu de mon facteur, en cachette de ma postière, et ailleurs que dans la loge d'Hector-le-pervers. Un samedi matin, dans la loge d'Hector, avec Hector, de quoi faire jaser tout l'immeuble ! Beurk !

Je n'attendais pas midi pour lancer mes recherches. Au diable mon boulot, au diable mon patron, ma vie était ballotée par des vents bien trop importants pour en reporter le mouillage. Sans parler des rochers. Manteau, café, bonjours, je me précipitais sur mon ordi. Un coup d’œil au bureau de mon boss, et heureuse de le constater déjà en réunion, je fonçais sur ma page Facebook.

Francine était toujours absente, je n'osais pas aller sur ishtar.gov. Mais je lançais toutefois une recherche de patronyme dans Facebook. Trois, j'eus droit à trois réponse, dont une que de suite j'écartais : THORI Anne, alors que ma demande était claire : THORY, avec un "Y". M'en restait deux. Mais même s'il m'en était resté vingt, la sélection aurait été aisée, connaissant maintenant les informations à chercher : photos, dates, Ishtar. Dans cet ordre.

Pas de photo, ce coup ci. Pas de photo des profils mais quelques photos sur les comptes, dont une qui retint mon attention. Une grande bâtisse sur le fonds, deux personnes sur le devant. Des adolescentes, apparemment. Une grande mulâtre à la peaux d'ébène et... une... moi. Ou Francine. Ou ma jumelle. Sauf qu'elle était blonde quand je suis brune, les yeux foncés alors que les miens sont clairs, et les cheveux roux alors que je suis châtain. Une moi... différente, ou une Francine travestie. Mais ce qui me décida fut ailleurs, plus loin sur la photo, un bout d'un panneau indicateur, de bourgade ou lieu, je ne savais pas trop, mais dont les lettres visibles étaient comme une confirmation, un adoubement : "VIE S".
J'avais trouvé mon second sosie, ma seconde jumelle. J'avais trouvé Anne THORY, à qui j'avais adressé cette lettre... demain.

Anne THORY ne répondit jamais à ma demande d'ami. Ni à mes messages. Un compte qui s'il n'était pas désactivé avait toutes les caractéristiques d'un compte abandonné. Aucune date de naissance n'avait confirmé mes soupçons, et Anne semblait n'avoir aucun ami. Ou n'avait jamais répondu. Aucune référence à Ishtar non plus. Mais j'étais sûre que c'était la bonne, et avant qu'elle ne disparaisse vu ce qui s'était passé la veille, j'imprimais la photo sitôt rentrée chez moi. En couleur. Et enregistrais une copie dans mes fichiers personnels : qui sait si avec les logiciels adéquats je n'arriverai pas à trouver le lieu en question, à l'aide des maigres indices dont je disposais - la maison, le panneau tronqué, "VIE S". Un faible espoir mais un espoir tout de même.

Je tentais une incursion sur Ishtar.gov mais tombait encore sur un 404. En gros caractères. Toutefois, il me sembla que quelque chose avait changé, quelque chose sur quoi je n'arrivais pas à mettre la main. Les couleurs ? Non, toujours ce bleu nuit, une comparaison avec mes lettres l'attestant. Bleu nuit ! J'y étais : les 404 sont des messages qui ont leur propres couleurs, non pas des messages texte qui se superposent aux sites puisqu'ils n'existent pas mais des pages en tant que telles : blanches. J'aurais dû le voir, dès la veille, mais trop obnubilée par la disparition du compte de Francine Mourot, je n'avais pas alors fait attention, pas assez.

Ça n'était pas un 404, pas un vrai, mais un 404 "maquillé" destiné à éconduire les importuns. Se cacher. Du coup, il me fut assez facile de trouver "l'entrée", ce qui permet de passer outre et qui bien souvent est codé. Le plus dur n'a pas été le code, le plus dur n'a pas été la clé, mais la porte. C'est dans le "0" que se cachait l’accès, en plein milieu des seuls caractères affichés à l’écran, et en plein centre de ce milieu. La souris ne réagissait pas, qui de pointeur restait pointeur, sans souligner de lien. Mais une fois cliqué le centre du "0", s'ouvrit une seconde fenêtre, en pop-up, avec ce simple mot : "code ?".

Sans hésiter je saisi le seul qui me vint à l'esprit, celui que me semblait le plus naturel dans cette histoire des moins naturelles : "SOU VIE S". Et alors apparu la fenêtre de connection la même que la veille, sur laquelle je m'étais acharnée quatre fois et qui bizarrement avait éteint mon ordinateur.
Je ne voulais pas rejouer la scène, je ne voulais pas courir le risque d'endommager mon pc, et perdre mon contact, si peu volubile qu'elle soit.  Alors j'essayais une fois, une unique fois : mon nom et à nouveau le code. Et à nouveau je revins à la page précédente, à nouveau au 404. Je me dis alors que si on voulait vraiment que j’accède à ce cite, on me donnerai en temps voulu l'ensemble les éléments me permettant de le faire.
Et ceci confirmait le soupçon qui depuis ce matin me taraudait : il y aurait une autre lettre, demain. Un "indice" supplémentaire, une occasion de plus de comprendre, et pourquoi pas, d'alpaguer mon facteur. Ma jumelle. Et tirer tout ça au clair.

Je me couchais tôt ce soir-là, très tôt. Je ne dinais pratiquement pas, et ne prenais pas non plus de second verre de vin. Je devais pour le lendemain être fraiche et dispos, alerte et aux aguets, tous les sens éveillés et prête à en découdre. Alors je me couchais tôt. Mais m’endormis tard, tant tournaient et retournaient dans ma tête les évènements de ces deux derniers jours qui de fille unique m'avaient données 3 sœurs, 3 jumelles.
A moins qu'Anne ou Francine soit ma postière. Mais même deux, j'avais du mal à l'envisager, du mal le comprendre. C'est alors que je me rappelai le mail de ma mère, vu mais non lu la veille. Des jumelles, ma mère,... il faudrait que j'interroge ma mère... demain. Ma mère devrait savoir... demain... Sur quoi je m'endormis.

------------------------------------------------------------------------------------

à suivre (...)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 27 Janvier 2017 à 09:19:21
Parution de la 4eme partie  :  Lettres à No Nymes (Suite 3) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375519.html#msg375519)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: Kham le 27 Janvier 2017 à 21:38:58
(suite1) Eh oui, on n' a pas toujours le temps de suivre au jour le jour...  ;)

Citer
Je réessayais, plus de trois fois, et me retrouvais systématiquement au point de départ. Une impasse. Quoi que... Quitte à y être, et maintenant qu'ont étaient amies, je décidais d'envoyer un message à Francine. Une simple question qui, je l'espérai, me permettrai d'en savoir un peu plus, de mieux comprendre ce qui se tramait autour de moi : "Ishtar ?"


Je réessayai...  et me retrouvai ?... Quoique ?...  qu'on était amies... je décidai... qui, je l'espérais... me permettrait...   8)




Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 28 Janvier 2017 à 18:53:49
Toujours dans la cadre de ce projet, suite de l'épisode précédent :   Lettres à No Nymes (Suite 3)   (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375519.html#msg375519)

Rappel des épisodes précédents :
Depuis deux jours, Noémie trouve dans sa boite aux lettres une enveloppe bleue portant chaque fois le nom d'une autre destinataire, son nom au dos rédigé de son écriture et un cachet postal daté du lendemain. Rien à l'intérieur si ce n'est des signes qui assemblées donnent "SOU VIE S". Jamais elle n'a écrit ces lettres.
Après recherches, Noémie découvre que les mystérieuses inconnues lui ressemblent comme des jumelles et semblent faire partie d'une société secrète : "Ishtar", dont un site permet l’accès mais lui est pour l'instant refusé.
Chaque date de chaque courrier semblant signifier qu'une autre enveloppe sera alors délivrée, Noémie décide de surprendre le prochain "facteur" et lui demander des comptes.
Celui-ci devrait passer à 6h ce matin, comme l'a vu la fois précédente son concierge qui l'a décrite... comme sa jumelle.
Une de plus ?


------------------------------------------------------------------------------------------------

5h30. Un bip, deux bips, trois...  légers puis de plus en plus forts. De plus en plus stressants. Le réveil, 5h30, ce samedi 17 décembre. Le jour de la troisième lettre.
Une fois les idées en place, je me levais et rapidement me passais la tête sous l'évier de la salle de bain. On verrait plus tard pour une douche, l'urgence d'abord : le facteur.

J'avais deja réfléchi aux habits que j'allais mettre, aux meilleurs des choix : des vêtements foncés, un fichu sur la tête après avoir noués mes cheveux, des baskets,... tout était prévu pour une discrète surveillance. Et une bombe lacrymo, une cordelette,... tout était prévu pour une parfaite appréhension, et plus si nécessaire.
Tout était prévu, sauf moi, qui déjà rechignait et tentait de trouver une alternative. Et si je ne faisais que la suivre, que la filer jusqu'à son antre ? Et si je bouchais ma boite aux lettres, avec du papier, du scotch, etc. Et si...

5h50 : et si j'y allais...

Je descendais doucement les escaliers, me tenant au plus près de la rampe pour mieux me cacher et éviter les habituels grincements. Et surtout pour ne pas trébucher, tant il faisait sombre. Arrivée à mi-étage, je risquais un coup d'oeil sur le hall d'entrée, lentement. La porte était fermée, le palier vide, et seul filtrait de sous la porte de la loge un mince filet de lumière qui donnait à la scene un semblant de vie. Le gardien était réveillé et debout, déjà.

La veille, j'avais longuement réfléchi à la meilleure façon d'alpaguer ma postière. D'où la bombe lacrymo. Et, surtout, du lieu de surveillance le plus proche et le plus pratique, car il n'était pas question de débouler des escaliers, au risque de faire du bruit, ou me rompre le coup avant d'avoir pu approcher ma cible. Non, j'en étais persuadé, le mieux était de me terrer dans le hall même, dans son ombre la plus noire et cachée à la vue de l'entrée : derrière les grilles qui menaient aux caves.

Après m'être assurée de n'avoir rien vu bouger, je continuais de descendre les quelques marches qui menait en bas. C'est à trois marches du seuil que j'entendis la clé de la loge tourner dans sa serrure : le gardien allait sortir... Foutu gardien ! Je sautais les dernières marches et me précipitais rapidement vers les caves ou je me réfugiais, haletante et bénissant mes baskets pour leur exceptionnelle discrétion.
C'est alors que je la vis...

J'ai cru que mon cœur allait lâcher, j'ai cru que j'allais défaillir de peur. Et si je ne suis pas tombée dans les pommes, je n'ai pu contenir ce cri, cette plainte, qui de moi instinctivement s'expulsa.  Pour sûr elle a eu peur, pour sûr elle a été surprise, elle aussi. Mais certainement pas autant que moi, qui derrière ces grilles me croyais à l'abri, protégée, et loin de penser me confronter... à moi-même. Car c'est bien "moi" que j'ai vu, subrepticement, avant de crier et que s'éloigne l'intruse dans l'ombre des escaliers. "Moi", avec les mêmes yeux, le même teint,... la même peur. "Moi", qui rapidement est descendu dans les caves et s'est soustrait... à ma vue.
Ma jumelle, ma parfaite jumelle.

Déjà le gardien était sur moi, déjà le poing levé et prêt à s'abattre. Je luis fis face et criai :
- Un rat ! J'ai vu un rat !
- Mademoiselle Nymes ? C'est vous ? Que faites vous ici à cette heure ?
- Un rat, il y avait un rat. Ici !
- C'est possible, Mademoiselle, ce sont les caves. Mais pourquoi chassez-vous les rats, si tôt un samedi ? Laissez-les donc bouffer le raticide répandu sur le bord des marches, c'est certainement plus efficace que... votre bombe. Vous vouliez faire quoi avec ça ? En capturer un ?
- ... Je... Je ne sais pas. Je...
- Est-ce-que ça va, au moins ?
-... Oui,... oui, je crois. Je vous pris de m'excuser, je n’aurais pas dû crier comme ça mais...
- Ça n'est rien, j'ai l'habitude d'entendre les filles crier, vous savez...
- Ah ?...
- Oui, je suis grand-père, trois fois grand-père, et j'ai huit petites-filles, alors pour ce qui est des cris...
- Ah !... Je comprends.
- Bon, c'est pas tout mais je dois faire ma tournée de nettoyage... alors, si vous voulez bien m'excuser...
- Mais bien sûr... Bonne journée M. Grives.
- Bonne journée Mademoiselle.

Et alors qu'il retournait à sa loge, la tête dodelinante et certainement à ses réflexions habituelles :
- Monsieur Grives ? Hector ?...
- Oui ?
- Ces caves, là, en bas, où mènent-elles ?
- Comment ça ? Ben,... aux caves.
- Oui mais.... c'est tout ?
- Oui. On dit qu'il y a des passages avec les catacombes, mais moi, je ne les ai jamais trouvé. Jamais. Je pense que ce sont des sornettes, des choses qui étaient peu être vraies il y a cinquante ans, mais maintenant...
- Pourquoi ?
- Ben, les travaux. Tout a été refait il y a plus de 20 ans. Pour la crue. Enfin, ... au cas où il y ait une crue.
- La seine ?
- Oui, comme au début du siècle. Le siècle dernier, je veux dire.
- D'accord. Merci Mons..., merci Hector.
- De rien, Mademoiselle. Bonne journée.

Les caves, les catacombes, voilà pourquoi Hector avait dit hier n'avoir pas vu "entrer" ma sœur, voilà pourquoi il pensait que je lui avais donné un double.  Voilà par où passait ma factrice. "Mon" double.

Je remontais pensivement à mon étage, toute à mes réflexions et qui déjà projetai une inspection en règle des lieux et souterrains, quand par réflexe je jetai un dernier regard à ma boite aux lettres. Rien, pas de courrier.
Qu'avais-je fait ? Avais-je rompu le cycle qui aurait pû m'aider à comprendre, à savoir ? Peut être à l'intérieur, oui, c'est ça, peut être que pressée, ma factrice avait déposé sa lettre dans ma boite, qu'elle était tombé au fonds, tout au fonds.
J'envisageais déjà de redescendre avec mes clés quand du palier je la vis, là, sous ma porte, délicatement posée et dépassant au trois-quart du seuil, en bleu sur le tapis gris du couloir : la lettre.
L'enveloppe bleu nuit de ma troisième lettre.

Je me précipitais vers ma porte, restée entr'ouverte. J'avais prévu devoir revenir ici en catastrophe et avoir les mains trop "chargées" pour pourvoir ouvrir avec mes clés. Alors, à 5h50 du matin, j'avais tenté le coup et juste tiré ma porte au maximum. Sans la fermer.
Et maintenant, je m'attendais au pire ; si elle avait pu déposer un pli sous ma porte, qu'est-ce-qui aurait empêcher ma factrice de faire plus : me voler, ou poser un micro, une camera,... Tous les plus mauvais et paranoïaques scenario me vinrent à l'esprit. Même ceux parlant de montres sanguinaires, et de victimes très dénudées.

C'est perplexe et légèrement anxieuse que je poussais la porte de mon appart. Tout en restant sur le seuil. Et tout en me demandant comment, mais comment, avait-elle pu ainsi se déplacer sans que je la voie, sans qu'on la voit, moi et le gardien.
Un énigme. Une énigme de plus.

Apparemment rien n'avait bougé, tout était à sa place. Et plus j'inspectais les lieux plus je me convainquais qu'il s'était décidément passé trop peu de temps pour que quelqu'un puisse y "enlever" ou "rajouter" quelque chose. Déposer délicatement la lettre, bien droite et perpendiculaire à la porte, avait déjà dû prendre un peu de temps, qui nécessite de se baisser voire s’agenouiller. Mais c'est la bombe toujours à la main que je refermai enfin ma porte et reportais mon attention sur la lettre, rectangle bleu nuit à mes pieds.

De suite je sus voir ce qu'il fallait distinguer et qui maintenant devenait rituel : d'abord le nom, puis "mon" nom, et enfin la date.
Le cachet était encore celui du lendemain, 18 décembre, le nom au verso était encore le mien, de ce qui semblait bien être mon écriture. Toujours la même encre, toujours la même calligraphie, et encore une destinataire inconnue : Corinne ERBION.

Je ne connaissais pas de Corinne, j'étais catégorique. Enfin...., si... ma mère. Ma mère que je m'étais promise d'appeler aujourd'hui, pus tard. Mais je ne voyais aucune relation entre le nom de ma mère et celui-ci. Erbion, Erbion,... non : ça ne me disait rien.
Je savais le plus intéressant à l'intérieur, aussi, après m'être assurée n'avoir rien omis de mon inspection, je déchirai l'enveloppe par le haut et l'ouvrai en grand.
Les signes étaient là, comme les deux fois précédentes. Comme d'habitude aurais-je été tenté de dire, faisant abstraction de l'anormalité de la situation. Trois signes, à nouveau. Sur chaque face :
+ ◠ ⃓ -- au recto,
⃓ --◡ ⃓  -- au verso.

Une énigme des plus simples, un assemblage des plus évidents qui immédiatement me sauta aux yeux, l'expérience aidant : "TOI".
J'avais ainsi la troisième partie de ce qui ressemblait maintenant de plus en plus à une phrase, ou un mot de passe : "SOU VIE S TOI".
Et en disposant ainsi les lettres, en considérant l'espace particulier du second courrier par rapport aux deux autres me vint l'idée qu'il manquait quelque chose, un lettre. Et si ce blanc était un "N"... Et si la phrase était SOU VIENS TOI. Et si... Mais de quoi ? De quoi devrais-je me "souvenir" ?

Je me jetais sur le PC. Ishtar, que me dirais Ishtar.gov si je rentrais "SOUVIENS TOI" comme mot de passe ?
J'avais encore un mail de ma mère, que je parcouru brièvement, en diagonal. "Comment tu vas", "appelle-moi", etc... Rien de neuf, rien qui aurai pu m'aider. Et un une nouvelle notification de Facebook, un message de... Corinne Erbion... qui souhaitait être amie avec moi. Je me connectais rapidement et lisais le détail de son invitation, qui se résumait en cinq mots, cinq petits mots comme autant de coups qui cinglèrent mes tempes, une pression sanguine à la limite du supportable : "Tu m'a fais peur".

Corinne, Corinne Erbion... Ma factrice ! En avait-il été de même les fois précédentes ? Est-ce-que Francine et Anne avait respectivement déposé le premier et second pli ? C'était "probable". Pas sûr, mais probable.
J'acceptai et rajoutai à mes amis ma camarade de cache-cache, la seule que j'avais réussi à "contacter", et garder. J'en profitais pour lancer une recherche sur Francine Mourot mais Facebook me répondit comme à l'accoutumée en me proposant divers homonyme plus ou moins corrects ou judicieux. Mais aucune Francine Mourot.

La tentative de connection sur Ishtar ne donna rien. Toujours le 404, toujours l'accès caché dans le "0', et toujours une fenêtre qui me renvoyait une page en arrière : au 404.
L'étape pop-up avait disparu, "SOU VIE S" ne servait plus à rien. J'en fus d'abord déçue puis je compris alors que c'était plutôt bon signe, que ça signifiait plus que ça ne voulait en dire. En supprimant cette étape passée la veille, "on" ne faisait que me confirmer ma bonne compréhension de l'énigme, des signes. Même s'il y avait un pas, un sacré pas, entre "SOU VIE S" et "SOUVIENS TOI"...
Mais ça voulait aussi dire une autre chose, une chose encore plus importante : "SOUVIENS TOI" était un code mais pas Le Code, et c'est là que je devais chercher. Du moins l'espérai-je, un peu perdue que j'étais.
Pour me changer les idées, je décidais de faire ce que je m'étais déjà promis à plusieurs reprises de faire : j'appelai ma mère.

- Bonjour M'man !
- Ah, No, quel plaisir. Bonjour ma fille. Comment tu vas ?
- Ça va. Et toi ?
- On fait aller, tu sais...

Des banalités, de piètres et rasantes banalités, relevant plus de la mondanité que de la réelle inquiétude. "Je vais bien", "tu vas bien",... "on va tous bien"...
Non, je n'allais pas bien, ma vie prenait des tournants que jamais je n'avais négociés, sur un bolide que je ne maitrisais pas. Je ne pouvais pas en parler au téléphone, pas comme ça, j'avais besoin de voir ma mère, de la toucher, de sentir sa façon de parfois taire le caché, d'esquiver le secret. Me mentir. J'avais besoin qu'elle soit là, devant moi, de voir ses joues rosir, ses yeux fuir, quand j'aborderai l'épineuse question de mes "jumelles".

Je coupais court, expédiais la conversation et l'invitai à déjeuner pour le lendemain. Ici, dans mon appart, où le cas échéant je pourrais montrer les "pièces à convaincre", les "preuves à questionner". Les éléments à charge.
Ici, demain. Le jour où j'étais sensé avoir envoyé ce dernier courrier. Le dernier ?

------------------------------------------------------------------------------------------------

à suivre (...)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 28 Janvier 2017 à 18:57:05
Parution de la 5eme partie  : Lettres à No Nymes (Suite 4) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375657.html#msg375657)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 29 Janvier 2017 à 13:08:30
Rappel des épisodes précédents :
Depuis deux jours, Noémie "reçoit" une enveloppe bleue portant chaque fois le nom d'une autre destinataire, son nom au dos rédigé de son écriture et un cachet postal daté du lendemain. Rien à l'intérieur si ce n'est des signes qui assemblées donnent "SOU VIE S". Jamais elle n'a écrit ces lettres.
Après recherches, Noémie découvre que les mystérieuses inconnues lui ressemblent comme des jumelles et semblent faire partie d'une société secrète : "Ishtar", dont un site internet permet l'accès qui lui est pour l'instant refusé.
Chaque courrier annonçant le suivant par son cachet postal, Noémie décide de surprendre le facteur de la prochaine lettre et se retrouve nez-à-nez avec une nouvelle "jumelle" qui s'enfuit par les caves, non sans lui avoir déposé un pli sous la porte de son appart. Encore une enveloppe bleue, toujours datée du lendemain, adressée à une inconnue, avec son nom au dos et des signes tracés à l’intérieur. Des signes qui ajoutés aux précédents donnent SOU VIE S TOI" que Noémie suppose être "SOUVIENS TOI" mais dont la clé lui échappe.
Encore une jumelle, une de plus. Noémie décide d'interroger sa mère et pour ce faire l'invite à déjeuner chez elle le lendemain, dimanche 18 Décembre.

------------------------------------------------------------------------------------------------

Dimanche. Le dimanche 18 décembre. Trois jours que tout ceci avait commencé, trois jours durant lesquels j'avais vécu plus de choses qu'en 20 ans d'existence. Trois jours qui suscitèrent plus de questions qu'en 20 ans d'interrogation. Et une fille, ça s'en pose des questions, croyez moi ! Déjà en "temps normal", alors maintenant...

Je descendais faire des courses pour le repas dominical quand je me rendis compte n'avoir même pas encore pensé aux enveloppes, à la lettre qui peut être m'attendait, en bas. Car autant on n'attend pas de courrier le dimanche quand il est déposé par la poste, autant on peut s'attendre à tout quand on s'amuse à vous livrer par porteur. Mais obnubilée par ma mère et tout un tas de questions, sans doute inconsciemment "vaccinée" par les événements de la veille au matin, et plus ou moins certaine d'avoir déjà tous les signes en mains, je m'étais apparemment faite une raison et avais écarté l'éventualité d'une nouvelle lettre. A ceci près : chaque lettre portait la date du lendemain, et chaque lendemain  j'avais eu droit à une nouvelle lettre. Alors pourquoi pas aujourd'hui ?

J'en accélérai mon pas, qui de léger devint pressant, et sitôt passé l'angle de l'escalier donnant sur le hall d'entrée, je sus que j'avais raison, qu'aujourd'hui serait un jour sans. Sans lettre. J'ouvrais toutefois ma boite, au cas où : rien. Rien, de rien. "Normal" pour un dimanche... Au fond de moi j'étais déçue, un peu abattue, aussi. J'aurais tant aimé ne pas avoir à questionner ma mère, impitoyablement exiger des réponses. Des vérités. On ne peut pas avoir trois jumelles sans que sa mère n'en sache rien. Ça me semblait impossible. Et déjà je sentais le poids d'un terrible secret s'abattre sur moi. Et libérer ma mère.

Ma mère arriva sur le coup des 11h. Fraîche, pimpante, volubile... Ma mère quoi ! En cinq ans, je ne lui avais pas vu une ride, pas un pli se creuser plus qu'un autre. Et quand je lui demandais son secret, elle me répondait invariablement que c'était... un secret, et que les secrets de filles devaient rester... secrets. Elle me rassurait ensuite en me disant avoir hérité de ses gènes, bénéficier comme elle de radicaux et autres bienfaits qui devraient me protéger de bien des tourments féminins. Et il est vrai, à ma grande surprise, qu'à 21 ans j'avais encore l'élasticité et la souplesse de mes 13 ans, âge fatidique qui de fille me fit femme.

- "Tiens, je t'ai amené ça. C'était dans ma boite aux lettres..." me dit ma mère une fois assise, alors que de son sac elle sortait... un rectangle bleu. Une enveloppe bleu nuit.
- Tu... A quel nom ?
- Quelle question ! Au tiens, voyons ! Sinon, comment j'aurais su que c'était pour toi ? Tu as de ces questions ! Sans soute une de tes vieilles amies de lycée, ou de fac, qui ne connaît pas ta nouvelle adresse.
Je prenais la lettre que me tendais ma mère, et que déjà d'un œil avisé j'inspectais. Mais pour inspecter quoi ? Quoi de plus "normal" qu'un courrier à moi adressé ? Mais, cette couleur, ce bleu... Je savais avoir affaire à une nouvelle lettre, la quatrième, et si je comprenais pourquoi "on" avait préféré la déposer dans une autre boite que la mienne, je n'en comprenais pas la destinataire. Moi !, sans adresse aucune. Juste mon nom, écrit de la même encre que les précédentes : Noémie NYMES. Mais avec un timbre. Et... un cachet !
- Y'a pas d'adresse ?
- Non, j'ai vu. Peut être quelqu'un qui s'est ravisé, ou qui travaille à la poste ?... Fais voir, que j'y regarde de plus près...
- Non, c'est bon. Le principal est que que je l'ai.
- Tu ne l'ouvres pas ?
- Si,... , plus tard.
- Allons, No, ne te gène pas pour moi, voyons. Je te laisse cinq minutes, je vais me refaire un brin de beauté. Tu auras tout loisir de...
- Ça n'est pas la peine, maman, je peux très bien...
- Tst tst tst... je te laisse. ET puis, peut être est-ce un garçon... Un amoureux...
- Maman !...
- Je te laisse.
Ma mère sortie, je me jetais sur la lettre, que j'avais posé sur la table basse, et concentrais mon attention sur la seule chose qui d'extérieur restait comparable au précédentes : le cachet. Y figurait bien une date, mais à ma grande surprise, ça n'était pas celle du lendemain. Une date plus lointaine : le 31 décembre ! Et une heure, la première fois que je voyais le cachet porter une heure, j'en étais sûre : 21:00. Le 31 décembre, à 21h00. Qu'allait-il se passer le 31 décembre à 21h00 ?
J'en étais là de mes réflexions quand je distinguais dans le cachet un motif que jamais auparavant je n'avais vu, un dessin aux traits éminemment fins mais qui sans conteste représentait quelque chose que je connaissais, que très récemment je me rappelai avoir vu : à l'intérieur du cercle du cachet sur le pourtour duquel figuraient date et heure, se trouvaient finement représentées les branches d'une étoile. Une étoile dans un cercle, je connaissais ce motif. Mais où l'avais-je vu ? J'allais vérifier les trois autres enveloppes quand me mère revint de la salle de bain.

- "Alors, pour quand ce mariage ? Mais... tu ne l'as pas encore ouverte ?
- Je..., non...
- Allons, ma fille ? A quoi rêvasses-tu donc ? Tu es sûre que ça va, No ? Je te sens toute chose...
- Ça va maman. Je dois juste avoir faim. Je regarderai plus tard" dis-je en re-déposant la lettre sur la table.

Après le repas, je décidais d'entrer dans le vif du sujet, quitte à être directe, offensive. Offensante. Nous avion bien mangé, et bien bu, et si la conversation fut des plus conventionnelles et policées, il allait en être autrement. J'escomptai être aidée dans ma tache par le vin que toutes deux avions ingurgité. Moi pour me donner du courage, ma mère pour en faciliter les réponses. Et c'est une fois assises l'une en face de l'autre, chacune une tasse de café fumante sur la table basse, que je me lançais.
- Maman ?...
- Mmm ?...
- J'ai déjà eu des sœurs ? Des jumelles, je veux dire ?
C'est la première fois que je vis ma mère blêmir ainsi, la première que je la vis s'écrouler, si vite qu'on aurait dit un ballon vidé de son air, une femme vidée de ses secrets. Mais ça restait ma mère, et avant toute continuation, je m'approchais d'elle et la pris dans mes bras. Comme le font les filles. Comme le font les mères.
- Co..., comment sais-tu ? Tu t'en souviens ?
Ces mots, ce verbe... Instinctivement je me reculais. Et attendais. J'attendais qu'elle continu, qu'elle finisse ce qu'elle avait commencé à raconter. Mais rien.
- "O... Oui, je m'en souviens", mentis-je, histoire de forcer un peu le destin... sans me douter que j'allais le...pulvériser.
- Oh, No ! Ce fut si dure, si terrible. Pendant toutes ces années. Je ne pensais pas que tu pourrais, que tu saurais. Je...
- Combien, maman ? Je me souviens mais pas de combien. Combien j'ai de sœurs, maman ?
- Maman ? Mais... No... Si tu te souviens...
- "Oui ?" dis-je affolée, sûr qu'allait sur moi tomber la pire des catastrophes tant le ton de ma mère était alarmant.
-  No... Si tu te souviens... tu sais alors que je ne suis pas ta mère. Enfin, pas tout à fait. Et.... et que tu as autant de sœurs que de... cousines. De numéros... Pardonne-moi, c'est trop dur. Je dois partir. Où est mon sac. J'y vais, on s'appelle. Prend bien soin de toi, No, et fais attention. Fais très attention...
Et elle partit. Comme ça.

Je n'avais pas bougé, je ne pleurais même pas. J'étais juste assommée, anesthésiée. Comme inconsciente, vivant la scène à travers une autre, la-haut perchée au plafond, une spectatrice qui ne serait pas concernée par les énormités qu'avait proféré ma mère.
Il était enfin sorti, ce secret si longtemps supposé, si longtemps gardé. Et bon dieu, qu'est-ce que ça faisait mal.
Plusieurs fois j'appelais, plus tard dans l'après midi. Et plusieurs fois je tombais sur son répondeur. Et puis plus rien, plus de tonalité. Je sus alors que si j'avais gagné des sœurs j'avais perdu ma mère. Par ma faute.

J'avais donc des jumelles, qui bizarrement étaient aussi mes cousines, mes... comment déjà avait-elle dit ?... Des... "numéros".... Qu'avait-elle voulu dire par là ? Que signifiait tout ça ? Les lettres d'abord déposées dans ma boite aux lettres, les dates, le 31 décembre à 21h00, l'étoile encerclée, etc. Tout se bousculait dans ma tête, tout s'accélérait et prise de malaise j'allai rendre mon déjeuner quand je me souvins. Pas de mes "sœurs", pas de mes "cousines", nom, mais du... motif. L'étoile encerclée que déjà j'avais croisé, et récemment vu quelque part. L’emblème d'une déesse, d'une religion : Ishtar. La divinité sémitique représentant l'amour, et symbole d'une société matriarcale. Et qu'avais-je lu aussi qui maintenant me revenait à la mémoire ? Un chiffre, un chiffre traditionnellement associé à la déesse : le 15.... Comme le 15 décembre.

Je pris l'enveloppe. Rageusement j'en déchirais le haut, furieusement j'en écartai les pans, jusqu'à en disjoindre les bords. Et amèrement j'en constatais le vide, l'absence. Rien, rien n'était écrit à l'intérieur de l'enveloppe. Aucun signe, aucun dessin. RIEN.
Comme je l'avais supposé, j'avais déjà en main tous les signes, toutes les "lettres", et ce dernier pli n'avait  qu'un but, qu'une raison d'être : me signifier la date et l'heure. Le 31 décembre à 21h.
Mais la date et l'heure de quoi ?

------------------------------------------------------------------------------------------------


à suivre (...)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 29 Janvier 2017 à 13:12:03
Parution de la 6eme partie  :  Lettres à No Nymes (Suite 5) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375695.html#msg375695)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 30 Janvier 2017 à 12:27:23
Rappel des épisodes précédents :
Depuis trois jours, Noémie "reçoit" une enveloppe bleue portant chaque fois le nom d'une autre destinataire, son nom au dos rédigé de son écriture et un cachet postal daté du lendemain. Rien à l'intérieur si ce n'est des signes qui assemblées donnent "SOU VIE S TOI" que Noémie suppose être "SOUVIENS TOI" mais dont la clé lui échappe.  Jamais elle n'a écrit ces lettres.
Après recherches, Noémie découvre que les mystérieuses inconnues lui ressemblent comme des jumelles et semblent faire partie d'une société secrète : "Ishtar", dont un site internet permet l'accès qui lui est pour l'instant refusé.
Décidée à demander des explications à sa mère, Noémie l'invite à déjeuner chez elle. Après lui avoir transmis une enveloppe bleue adressée à Noémie et trouvée dans sa boite aux lettre, face aux questions insistantes de sa fille, sa mère apprend à Noémie ... qu'elle n'est pas sa mère ("enfin, pas tout à fait"), puis disparait sans laisser de traces.
Reste l'enveloppe apportée par "mère", la quatrième, identique aux précédentes mais sans messages, si ce n'est un cachet légèrement différent représentant une étoile dans un cercle et sur le pourtour duquel figure en plus d'une date une heure. Le 31 décembre 21:00. Voilà le message.
Mais que va-t-il se passer le 31 à 21h ? Une nouvelle lettre ? Et pourquoi si tard, pourquoi pas... demain, comme les fois précédentes ?

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Samedi 31 Décembre. Ça a commencé il y a deux semaines. Le matin du jeudi 15 décembre. Et 16 jours après me voilà, assise devant mon pc, à attendre l'heure fatidique, la connection qui me permettra de comprendre, et savoir. Comprendre pourquoi j'ai des sœurs, savoir pourquoi elle ne sont pas de ma mère. Mon ex-mère.
Jamais je n'ai réussi à la joindre. Je suis même allé chez elle, mon ancien "chez moi". Rien. Elle a déménagé, semble-t-il, précipitamment m'a dit son concierge, qui a ceci de commun avec le mien que quand on lui parle il vous détaille des seins aux fesses. Un pervers. Un autre. Peut être une condition au métier de gardien. Et pour les gardiennes ?...

Ça a commencé il y a deux semaines et en deux semaines s'est passé beaucoup de choses, qui m'ont vu recevoir des courriers sibyllins, croiser des jumelles mystérieuses, tomber sur un site ou forum secret, qui encore aujourd'hui se cache.
Mais plus pour longtemps. Car je l'ai compris, j'ai eu le temps d'y réfléchir et de deviner au cours de ces derniers dix jours, les jours passés depuis le départ de ma..., les jours passées depuis ma dernière lettre.
Si "SOUVIENS TOI" est sans doute un code, c'est surtout le code qui donne le code. En fait tout était "codé". Je ne l'ai deviné que sur le tard, il y a à peine deux jours, et depuis, chaque minute qui passe renforce mon sentiment et ma détermination. Mes certitudes.

L'indice final se cachait dans l'avant-dernier pli, si particulier qu'il aurait de suite dû me sauter aux yeux : si tous les signes assemblés formaient bien des lettres, si toutes ces lettres assemblées formaient bien une phrase, deux particularités donnaient la solution. Le "N" manquant d'abord, que déjà j'avais repéré. Et puis... le "+", celui qui figurait dans la troisième enveloppe et qui donnait le "T" de "TOI". Un "T" un peu particulier, un "T" indice. "+" et "N" devaient forcément être des clés, des clés qui permettraient d'ouvrir la porte aux réponses. Longtemps j'ai réfléchi, longtemps j'ai cherché, et c'est en pleine nuit, avant-hier, que m'est apparu la solution :
Francine,
Anne,
Corinne,
des prénoms féminins comportant tous deux "N"

MOUROT,
THORY,
ERBION,
des noms de familles dont les deux premières lettres prise dans cet ordre donnent... "MO TH ER", "MOTHER".

Un "+" qui disait "additionne". Un "N" qui disait quoi. A nouveau il fallait assembler, comme les signes, mettre les uns sous les autres les destinataires.

Une telle coïncidence ne peut être fortuite, pas après le mal qu'on a pu se donner pour me communiquer ces lettres, pas après ce que j'ai pu vivre, ce que j'ai pu voir.
Il s'agirait de ma "mère" qu'on aurait certainement agit autrement, plus "clairement". Alors je sais maintenant de quoi il retourne, et c'est pour ça que j'attends devant mon pc l'heure annoncée dans la dernière lettre. 21h, le 31 décembre; soit dans... dix minutes maintenant.

La fenêtre de connection Isthar est déjà à l'écran, déjà j'ai passé le 404 et son accès caché. Déjà j'ai rentré mon nom. Je n'attends plus que 21h pour faire le reste, fruit de 15 jours d'épreuves qui ont ébranlés ma vie, atomisé mes habitudes. Et qui maintenant me font peur, encore plus peur qu'avant. Car si Ishtar est la déesse de l'amour, c'est aussi celle de la guerre. Suis-je un fantassin ? suis-je un pion ? de la chair à canon dans un échiquier qui me dépasse ? Dans cinq minutes je le saurais, dans cinq minute je serai une autre. Mais qui ?

C'est l'heure. Le moment de vérité. Je tape sur le clavier, fébrilement, corrige une erreur, et m'apprête à valider. "SOUVIENS TOI", en majuscule : oui, tout semble ok, je suis prête,... je valide.
L'écran de bleu devient noir. Je pense d'abord que mon pc a de nouveau "été  éteint", mais non : le témoin de l'écran est toujours allumé, celui de mon pc également que je viens de vérifier. Et alors s'affiche en grand le symbole, un dessin fait d'or représentant l'étoile encerclée. Et au dessous est écrit Ishtar, le même dessin miniature figurant le point du "i". Une minuscule sur la majuscule.
Puis, lentement s'affiche une vidéo, sur fond bleu nuit, une vidéo dont la flèche de lecture est exactement placée sur le symbole du "I", qui s'y insère parfaitement, sans dépasser.

J'y suis. Connectée. Et bientôt informée. J'ai peur. J'ai peur mais je clique sur la vidéo, sur le symbole, et la magie opère, apparaît un visage qui rempli au trois-quart l'écran, un visage que je ne peux pas ne pas connaître, qui ne peut pas m'ébranler, m'émouvoir : ma mère.
Bien qu'à y regarder de plus près, je distingue des différences : dans la coiffure, la manière de se maquiller,... le regard. Un regard intensif, un regard offensif, un regard qui vrille mes yeux et retient toute mon attention pendant la seconde muette qui s'étend entre la début de la vidéo et... le discours. L'appel :
- "Bonjour Noémie, bonjour ma fille..."

Je pleure. Des larmes brouille ma vue, souillent mon clavier qui de mes joues tombent comme autant de certitudes se brisant sur les vagues de la vérité. Ma... mère sait, ma mère s'est tu, qui me laisse le temps de me ressaisir. Une vidéo enregistrée ou du direct ? La pensée traverse mon esprit,... puis s'efface. S'efface quand reprend le monologue :

- "Noémie, je sais que tu es surprise, je sais que c'est difficile à accepter, mais je suis ta mère. Ta vraie mère. Corinne,... Corinne est ta tante. Ma "sœur". Mais je t'expliquerai tout ça plus tard. Pour l'instant ce qui compte c'est La Cause, celle que dans l'ombre on mène depuis mille ans, celle pour laquelle les numéros ont été créés, celle que demain te sera révélée. Demain sera le début d'une nouvelle ère, celle d'Ishtar et de ses descendante; demain, le 01/01/01. 
Soit au 15, place du panthéon, demain à 15h. Tu trouveras l'étage toute seule, je te fais confiance, toi qui a déjà su arriver jusque là. Tout te sera expliqué, demain, tout sera différent.
Demain, par la grâce d'Ishtar.
A demain numéro 6, à demain ma fille."


Puis plus rien. Ou plutôt, plus de vidéo mais retour à la fenêtre de connection.
J'étais tenté de me reconnecter, d'entendre à nouveau ce discours des plus mystérieux, de... Mais à quoi bon ? J'avais déjà belle matière à réflexion, beaucoup de choses sur lesquelles réfléchir. Et moralement je devais me préparer. Me préparer à affronter d'autres vérités, d'autres turbulences. Et comprendre.

"Numéros", encore ce mot. Et comment m'avait-elle appelé à la fin ? "Numéro 6" ? Ça ressemblait à une blague mais le ton, les efforts,  tout concourrait au lugubre et sérieux de la chose. Non, ça n'était pas une farce :  non, ma "mère" n'avait pas fuit pour une raison futile; non, ma "mère" n'avait pas enregistré cette vidéo dans un but comique. Oui, j'étais bien malgré moi embarquée dans un navire en partance pour je ne savais où, et dans une brume opaque j'entendais une voix qui m'invitait, une voix insistante qui peut être m'entrainerait sur les rochers,... et ferai de ma vie un naufrage.

"Une nouvelle ère", "la Cause", "depuis mille ans" : autant de termes qui faisaient froid dans le dos, autant de menaces qui gèleraient les plus hardis, eussent-ils été préparés. Autant de questions que de possibilités, pour autant de réponses et de vérités. Mais voulais-je vraiment savoir, voulais-je vraiment comprendre ? Ne pourrais-je pas laisser là tout ça, partir dès ce soir et tout oublier. Du moins essayer ?
Non, n'auraient été que mes "sœurs", n'auraient été que Ishtar, peut être. mais il était aussi question de ma mère, ma "vraie mère" qui, si je le comprenais bien, était aussi la mère de mes jumelles. La sœur de celle qui pendant 21  ans avait été ma "mère"et qui poussée dans ses retranchements s'était volatilisée, non sans avoir laissé un vide qui invariablement répondait en écho "tes-soeurs-tes-cousines-ta-mère", "tes-soeurs-tes-cousines-ta-mère", etc. Car maintenant je comprenais pourquoi mes soeurs et mes cousines étaient les mêmes.

Mais un dernier passage finit par me déstabiliser, un dernier passage qui définitivement me convainquis de me rendre demain au rendez-vous : "la causse pour laquelle les numéros ont été créés". "Créés "? Dont moi, que ma "mère" a appelé "numéro 6" ?
Comment peut-on créer quelqu'un ? Et pourquoi ?
Dans quel but ?

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

à suivre (...)

Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 30 Janvier 2017 à 12:29:21
Parution de la 7eme partie  :  Lettres à No Nymes (Suite 6) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375768.html#msg375768)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 31 Janvier 2017 à 12:29:23
Rappel des épisodes précédents :
Depuis trois jours, Noémie "reçoit" une enveloppe bleue portant chaque fois le nom d'une autre destinataire, son nom au dos rédigé de son écriture et un cachet postal daté du lendemain. Rien à l'intérieur si ce n'est des signes qui assemblées donnent "SOU VIE S TOI" et que Noémie suppose être "SOUVIENS TOI" mais dont la clé lui échappe. Jamais elle n'a écrit ces lettres.
Après recherches, Noémie découvre que les mystérieuses inconnues lui ressemblent comme des jumelles et semblent faire partie d'une société secrète : "Ishtar", dont un site internet permet l'accès qui lui est pour l'instant refusé.
Décidée à demander des explications à sa mère, Noémie l'invite à déjeuner chez elle et c'est après lui avoir transmis une enveloppe bleue adressée à Noémie et trouvée dans sa boite aux lettres,  que sa mère apprend à Noémie qu'elle n'est pas sa mère et disparait sans laisser de traces.
Reste cette quatrième lettre, identique aux précédentes mais qui ne semble délivrer qu'un seul message par la date de son cachet : le 31 décembre 21:00.
Pendant 10 jours Noémie a mis a profit ses réflexions pour casser le code et c'est à 21h le 31 décembre, une fois connectée au site Ishtar, qu'elle apprend d'un sosie de sa "mère" que tout lui sera révélé le lendemain à 15h, soit le 01/01/01. Mais la fin du message est bien sibylline, qui de Noémie fait sa fille mais aussi un "numéro", "numéro 6". Un "numéro créé pour la Cause". Quelle "cause" ?
C'est dans le quartier latin que rendez-vous lui a été donnée : 15 place du Panthéon, demain 15h.
Toujours et encore des 15, toujours et encore Ishtar...

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Premier jour de l'année, premier jour du nouveau siècle. Premier jour de ma "nouvelle vie". De fille, de fille plus unique, de soeur.  De... "numéro".
Il fait gris dehors, tout est calme. La fête est finie, les fêtards se reposent, le temps suit son cours. La catastrophe annoncée n'a pas eu lieu qui d'alarmes en menaces prédisait la fin du monde. Comme l'an dernier. Et certainement comme l'an prochain. Ainsi est fait l'homme, qui de frayeurs surmontées renforce ses croyances. Mais jamais il ne retient qu'il a lui-même créé ses peurs, que lui-même s'enferme dans ses contraintes, sa prison. Curieux animal qui de barreaux fait des protections alors qu'il suffirait de nier le danger, vivre ses libertés. Un esprit tourmenté dans un monde tourmenté, un pur produit de la "civilisation". Il est des fois où je préférerai ne pas être "civile", ne pas me comporter en être "civilisé". Des fois où ma bombe lacrymo pourrait être ma seule réponse, la seule digne de "mon" intérêt.

Je ne sais pas d'où me viennent ces pensées; la solitude, sans doute. Et les événements, les événement de ces derniers 15 jours, qui m'ont fait découvrir des sœurs, une mère qui n'en était pas une, une autre qui se prétend l'être et... des "numéros", une société secrète, une Cause. Et que sais-je encore ? Que ne vais-je encore découvrir cet après-midi ? Des petits hommes verts qui gouvernent le monde ????...

Je suis perturbée, c'est certain; je suis perturbée et... impatiente. Impatiente de savoir, impatiente de connaître. Je trépigne.
J'ai "relu" toutes mes lettres, ce matin, tous les "signes". Et encore maintenant, je me demande comment tout ça a pu arriver. Et comment tout ça va finir. Mais je le saurais bientôt, dans... deux heures.

Je connais bien le quartier, un des plus vieux de la capitale, aussi je partirai au dernier moment. A moins que l'envie me prenne de me balader au Jardin du Luxembourg. Pourquoi pas, si le temps se dégage. Ah, si je savais comme ma jumelle passer par les caves, les catacombes et autres chemins souterrains...
J'ai repensé à cet épisode cette nuit, celui de la troisième lettre, et je suis presque que sûre que ma "sœur" n'a pas fuit par les catacombes, mais par les tunnels du métro. Les catacombes sont connues, répertoriées, et il n'y en a pas par ici, ou peu. Du moins celles qu'on connaît. Non, le métro, ça me semble plus logique, plus probable, même si j'ignore comment il est relié aux caves de mon immeuble. Mais je ne m'aventurerai pas par là, certainement pas, alors pour le Luxembourg, ça sera si le soleil daigne bien se montrer, sinon tant pis. Ou au retour, si retour il y a....

Ma bombe est indispensable, qui me rassure, et peut être me protégera. Mais peut-on se protéger de l'imprévu, de... l'impensable ? Peut-on se protéger de tout ? Si fuir n'est pas protection, s'armer non plus. Mais ça me rassurera, alors je mets la bombe lacrymo sans mon sac. Avec les enveloppes. Les quatre.
J'ai aussi pris mes papiers, carnet de famille compris, de quoi "asseoir" mon "identité", me raccrocher à quelque chose de tangible, existant. Rassurant. Mais je sais que tout ça va voler en éclat, je sais qu'en définitive va aujourd'hui m'être asséné le coup final qui fera de moi un non-être, mi-non-vivante et mi-morte : une zombie. Un... numéro. Je pressens la vérité, les vérités, mais pas le pourquoi. Le comment est inutile, il ne m’intéresse pas, seul le pourquoi me motive : pourquoi moi, pourquoi ma mère, pourquoi des sœurs, Ishtar... Pourquoi avoir "créé" tout ça. "Moi" compris. Pour quoi et pour qui : pourquoi ?

Je n'ai même pas un regard pour ma boite aux lettres. Je passe devant sans même y prêter attention, à elle, instrument de ma non-vie, complice de la déprime qui depuis ce matin m'assaille. J'ouvre la porte d'un geste machinal, la tête ailleurs. Le cœur aussi. Heureusement, je n'ai pas croisé mon gardien, je n'aurais pas pu le supporter. Pas aujourd'hui.
Il fait froid, il fait terne. Un temps... dépressif. Un temps,.. comment disait le poète, déjà ?... "un ciel si gris qu'un canal s'est pendu". C'est exactement ça. Mais non, je ne lui pardonnerai pas. Pas moi, pas aujourd'hui.

Voyage morne, personne, par les voies "civilisées" du métro. Il faudra un jour que j'emprunte les "autres".
Je repense à tout ça, à ces mystères, et un peu mon cœur s'égaie, par la curiosité animé. Et avant de retomber dans l'apathie qui depuis hier m'habite, ma station est annoncée. J'ai décidé de descendre à Cluny, je ferai le reste du chemin à pied. J'ai envie de revoir mon ancienne fac, de quoi évoquer le passé, mon... ancienne vie. J'ai toujours aimé ce quartier, tant de souvenirs, tant de joies. Tant d'amants. Oh, pas "tant" que ça, mais comparativement à ce que j'ai pu connaître ces deux dernières années, oui, c'est beaucoup. Et lointain.

Me voilà sur la place, le Panthéon en gardien. Je sais très bien où est le 15, dès hier soir j'ai matérialisé l'endroit, dans ma tête. C'est juste en face de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, de l'autre coté de la place. Un endroit magnifique, un endroit où j'aimerai bien vivre, où j'aimerai revenir souvent. C'est déjà ça...
La porte est ouverte, je n'ai pas besoin d'utiliser l'interphone. La porte est ouverte et derrière gît... la gardienne, qui d'un signe de tête me dit bonjour, ou m'invite à entrer, ça n'est pas très clair. Et déjà la porte se referme, et déjà la gardienne la verrouille. Il semble qu'il n'y ai pas d'autres "visiteurs" d'attendus, du moins à cette heure. A moins que je sois la dernière. Il n'est pourtant que 14h55. Cinq minutes pour trouver l'étage et m'y rendre, exactement ce que j'avais prévu.

Je me rends devant les boites aux lettres, d'autres boites aux lettres. Depuis quelques temps ma vie est décidément dictée par des boites, des messageries, des lettres. Je parcours les noms... Ishtar, Ishtar,... non, pas d'Ishtar. J'aurais du consulter les pages blanches, je m'en veux maintenant, stupide parmi les stupides. Pourtant...
J'insiste et défile dans l'autre sens,... puis la trouve : "RATHS I.", Ishtar, à l'envers. "I." pour Isadora ? Ma mère s'appellerait-elle Isadora ? Ou ?... Pas la peine de me prendre la tête, bientôt je saurais. Bientôt. "RATHS I. 3ème gauche", c'est tout ce que j'ai besoin de savoir l'instant. Voilà, je sais où je vais.

Je ne prends pas l'ascenseur, je préfère reconnaître les lieux, me familiariser avec les escaliers. Au cas où...
Immeuble chic, décor agréable,... oui, j'aimerai habiter ici.
Un, deux,... et trois. Moquette de partout, escalier, hall d'étage. J'entr'ouvre mon sac, ma bombe à disposition, et le cœur battant à tout rompre, je me décide à sonner à la porte portant le nom de Raths, Inès Raths. Ma mère s'appelle Inès.

C'est... moi qui ouvre. A l'intérieur. Moi ou... Francine. Oui, c'est "Francine", ma... première jumelle. Elle est souriante, elle semble heureuse, épanouie, et d'un élan soudain se penche vers moi qui déjà met la main dans mon sac, et... m'embrasse.
- Noémie ! Quelle joie ! Quelle joie de te "revoir".
- Fran..., Francine...
- Non, Francine, c'était pour l'énigme. Je m'appelle Noreen, tu ne te souviens pas ?
- ... N... Non. Je...
- Ça te reviendra, c'est pas grave. Mais ne reste pas là, entre, on est toute là. On...
- Toutes ?...
- Oui, nous trois. Pour nous quatre réunies. A nouveau. C'est pas bien, ça ?
- .... Si. Enfin,... je pense.
- Allez, entre. Je t accompagne.


--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


à suivre (...)

Suite et fin, demain.
Ou début....
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 31 Janvier 2017 à 12:31:26
Parution de la 8eme partie  :  Lettres à No Nymes (Suite 7) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375857.html#msg375857)
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: Fried le 31 Janvier 2017 à 14:32:46
Hello Paul,
J'ai lu lu jusqu'ici, la 8eme partie.
Le récit est captivant et mystérieux,  j'aime beaucoup ce suspens bien distillé. Beaucoup de suppositions sont permises. De l'histoire de famille à la confrérie secrète d'ishtar. Il y a comme une embiance à la "Adèle Blancsec" .
J'ai hâte de lire la suite.
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 31 Janvier 2017 à 14:41:18
Merci Fried, merci bcp : je desesperai d'nteresser qq'1 meme si je me suis dis que certains attendraient le dernier opus pour (peut etre) lire le tout d'une traite.
oui, Adèle est bon comparatif : tout est essentiellement dans l'action, le mystère : le divertissement du lecteur, but principal recherché.
Encore merci Fried.
La suit et "fin" demain... suspens....
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 01 Février 2017 à 09:57:29
Rappel des épisodes précédents :
Depuis trois jours, Noémie "reçoit" une enveloppe bleue portant chaque fois le nom d'une autre destinataire, son nom au dos rédigé de son écriture et un cachet postal daté du lendemain. Rien à l'intérieur si ce n'est des signes qui assemblées donnent "SOU VIE S TOI" et que Noémie suppose être "SOUVIENS TOI" mais dont la clé lui échappe. Jamais elle n'a écrit ces lettres.
Après recherches, Noémie découvre que les mystérieuses inconnues lui ressemblent comme des jumelles et semblent faire partie d'une société secrète : "Ishtar", dont un site internet permet l'accès qui lui est pour l'instant refusé.
Décidée à demander des explications à sa mère, Noémie l'invite à déjeuner chez elle et c'est après lui avoir transmis une enveloppe bleue adressée à Noémie et trouvée dans sa boite aux lettres,  que sa mère apprend à Noémie qu'elle n'est pas sa mère et disparait sans laisser de traces.
Reste cette quatrième lettre, identique aux précédentes mais qui ne semble délivrer qu'un seul message par la date de son cachet : le 31 décembre 21:00.
 Pendant 10 jours Noémie a mis a profit ses réflexions pour casser le code et c'est à 21h le 31 décembre, une fois connectée au site Ishtar, qu'elle apprend d'un sosie de sa "mère" que tout lui sera révélé le lendemain à 15h, soit le 01/01/01. Mais la fin du message est bien sibylline, qui de Noémie fait sa fille mais aussi un "numéro", "numéro 6". Un "numéro créé pour la Cause". Quelle "cause" ?
Noémie se rend au rendez-vous. La porte vient de s'ouvrir sur... Francine, la première jumelle ,qui lui apprend s'appeler Noreen et invite Noémie à entrer faire connaissance avec... ses deux autres jumelles.


------------------------------------------------------------------------------------------------------


Un salon magnifique, richement décoré, des meubles de prix, et... un énorme tableau sur le mur du fond, une peinture gigantesque que je devine être la représentation d'Ishtar, la déesse. Une pièce lumineuse, avec de grandes fenêtres, et... 2 "moi" sur un immense canapé de cuir italien. Deux "autres" moi, deux paires de jambes croisées, dans deux pantalons, et quatre yeux qui me scrutent. Deux reflets d'un même miroir, l'enjouement en plus.
- Bonjour No !
- Bonjour Noémie !
- B... Bonjour... Anne ?... c'est ça ? Et toi... tu dois être Corinne, non ? Excuse-moi, je n'ai eu le temps que de t'apercevoir, avant que...
- Non, Noémie, elles aussi portaient pour l'énigme des prénoms factices, des prénom avec deux "N". Anne, ici, c'est Noëlle. Quant à Corinne, à qui tu as fait aussi peur qu'elle t'as fait, c'est Nora. Noëlle,... Nora,... Noreen... : ça ne te rappelle rien ? Et... Nolwenn ?
- Noreen !
- Noreen, tu ne devrais pas. Si Mother...
- Non, ça ne me dit rien. Si ce n'est qu'ils commencent tous par "No". No, comme le mien, comme m'appelle... m'appelait ma...
- Viens là, ça va aller. Oui, il commence tous par "No". Ce sont des prénoms qu'on a choisi, toutes seules, comme tu as choisi le tien. Il y a...
- Le mien ? Ça n'est pas ma... mère... qui...
- Non, pour Mother tu es "numéro 6". Je suis "Numéro 2", Noëlle et Nora sont respectivement "Numéro 4" et "5".
- Noreen... elle voulait dire sa... mère d'avant : Corinne. Le c...
- Chut ! En son temps ! Oui, tous nos prénoms commence par "No", et c'est nous qui les avons choisi. En même temps que toi. Après notre "naissance". Un jeu entre nous, un jeu de filles, d'ado fatigués d'être appelés par des numéros. Alors on a dérivé le "N°" de "numéro" pour le remplacer par "No". Car toutes, toi compris, sommes des anonymes, des "No Names". Alors on s'est inventé un "état civil", à partir des voyelles disponibles, et sont "nées" Noreen Nemes, Noëlle Nomes, Nora Numes, et Noémie Nymes.
1, 2, 3, 4, 5, 6; a, e, i, o, u, y; chacune sa voyelle. Pour quatre numéros. Quatre patronymes qu'en définitive Mother a accepté, pour ce qui est officiel, parce que pour le reste... nous restons des numéros, ses quatre numéros.
- ... Quatre ? Mais... tu as parlé de 6 voyelles, je ne suis pas... le "numéro 6", avec un "y" comme la sixième voyelle ?
- ... Si. Tu...
- Tu as raison, Noémie. Noreen, il faut lui dire. Maintenant ou tout à l'heure, qu'est-ce-que ça change ? Noémie, nous sommes bien quatre mais à l'origine on était six; enfin on était sensé être six. Personne ne s'est jamais appelé "Names". "Numéro 1" est morte durant l’opération. C'est en son "honneur" que personne n'a pris "Names" comme nom, une sorte d'hommage.
- Et... trois, "numéro 3" ?
- ... Nouchka...
- Noëlle ! Nous n'avons pas le droit de parler de Nouchka. Même évoquer son prénom...
- Elle est "morte" aussi ? Lors de l'opération ? Et d'abord, c'est quoi cette "opération" ?
- Noémie, que sais-tu du clonage, que sais-tu des recopies génétiques ?
- ... Vous me faites peur les filles, vous...
- Calme toi, No. Ce qui est fait est fait, on n'y peux plus rien. Mais comprendre n'est pas interdit. Et puis... nous ne sommes pas vraiment des clones; enfin "pas tout à fait".
- Pas... "pas tout à fait" ? C'est la deuxième fois que j'entends cette expression, et sincèrement, je comprends de moins en moins ce que ça signifie "pas tout à fait". "Pas tout à fait" ma mère, "pas tout à fait" des clones... je ne suis  "pas tout à fait" sûre de vouloir en entendre plus. Vous m'avez l'air de sérieuses cinglées, toutes les trois. Et puis, si vous n'êtes pas des jumelles, si vous n'êtes pas des clones, qu'es-ce-que vous êtes alors ? Des mirages ?
- Des... copies. Nous sommes des copies, Noémie toutes "crées" en même temps. Un clone est une image génétique qui va naître, croître, et acquérir ses propres habitudes, vivres ses propres expériences. Nous sommes des copies, nées... à 13 ans. Avec tout un bagage, là, dans la tête. Pas d'apprentissage, pas de secrets, pas...
- Non... c'est..., c'est impossible !
- No, tu as vu la photo sur mon compte Facebook, celle avec la grande maison ? Ça ne te rappelle rien ? Et Pavie, ça ne te dit rien ?
- Pavie ?... En Italie ?
- Non, en France. Pavie sur Gers.
- "VIE S". C'est de là que vient "VIE S" ?
- Oui. Et la grande maison, celle qui est au second plan de la photo ?
- Non, rien, ça ne me dit rien... Mais on s'écarte du sujet. Si on est toutes des "copies" nées à 13 ans, et je dis bien "si", c'est pour quoi ? Et des copies de qui, d'abord ?
- Ma fille, dit doucement une voix clair et autoritaire.
La voix de la femme sur la vidéo, la voix de celle qui se prétendait ma vraie mère et que les autres, mes "sœurs", appelaient "Mother". La voix de la vérité, la voix du dénouement, qui alors qu'on conversait et que chancelait ma raison avait passé la porte, sans qu'on s'en rende compte le moins du monde.
- "Numéro 0" était ma fille, comme vous êtes toutes mes filles. Toi aussi, Noémie. Six filles, une morte et une autre... Mais quatre c'est suffisant. Après mille ans d'attente Ishtar va enfin avoir sa vengeance, voir se concrétiser ses espoirs et naître une nouvelle aube : celle des femmes.

Le reste ne fut que confirmations sur évidences, et si je ne me souvenais de rien, force m'était d'admettre que ces histoires comblaient bien des trous, répondaient à bien des questions. Sur moi, mon enfance, mon père absent, ma mère distante.
Que mes "sœurs" et moi ayons exactement les mêmes souvenir d'avant 13 ans finit par me convaincre, finit par me persuader que nous étions bien toutes quatre une sorte de copie de chair et d'esprit de la fille unique de Mother, condamnée après un grave accident. Une fille en laquelle elle avait mis tous ses espoirs, mais une vie que le destin jugea autrement. "L'épreuve d'Ishtar" philosophait Mother, une façon de se faire une raison, d'accepter le deuil tout en restant motivée.

N'eut été déjà ça, un autre fait rajouta à mes convictions : ma "mère". Mother et ma mère étaient plus que sœurs, Mother et ma mère n'étaient que les prémisse des fabuleux pouvoirs technologiques d'Ishtar, société secrète qui regroupait un nombre incalculable de scientifiques. Toutes des femmes. Ma mère et Mother étaient toute deux les premières-nées d'une avancée révolutionnaire qui encore aujourd'hui est "officiellement" impossible : le clonage. Toutes deux sont des clones, d'un modèle mort il y a 15 ans. 15 ans, quand Mother pris le relais et la tête de la confrérie, charge à elle de mener le combat du prochain millénaire, avec nous, ses filles, ses... numéros. Ses soldats.

Voilà le "secret de fille" de ma mère, voilà un des multiples secrets que je découvrais, par ce maussade après-midi du 1er janvier 2001, après 15  jours d'inlassables mystères qui chamboulèrent ma vie. Une existence que je devais continuer à vivre comme si de rien n'était, Mother était catégorique, une vie que je quitterai une fois accomplie ma mission, une fois utilisés à bon escient mes accès et talents de secrétaire. De secrétaire au Ministère. Au Premier Ministère.
Mes "sœurs" ont également leur feuille de route qui placées judicieusement pourront le moment voulu apporter leur contribution à la Cause. Alors on s'enclenchera la phase II, celle qui d'un monde patriarcal reviendra aux sources d'Ishtar et mettra les femmes au premier plan. Les autres au second. Un monde sur lequel régnera la femme et où humain sera féminin. Féminin pluriel.



Epilogue

Je rentrais un peu groggy de cette avalanche de secrets, de cette tornade de révélations. J'étais tenté de tout rapporter, de tout raconter à la presse ou autre mais qui me croirait. Et puis, Mother me l'avait confirmé : si j'avais bien des papiers, si j'étais bien enregistrée à l'état civil sous le nom de Noémie Nymes, ça n'était que par le truchement d'un des nombreux membre de la confrérie. Rien de plus facile que  de m'effacer, rien de plus facile que de me supprimer.
Et puis... Mother m'avais promis que je reverrais ma mère, enfin, ma mère d'avant, et... mon père. Enfin, le père de "Numéro 0", et donc "pas tout çà fait" mon père, mais tout comme. Et ça, et d'autres choses, comme la complicité que rapidement nous (re)trouvâmes ensemble, tout ça m'aurait manqué. Et la promesse de Noëlle de m'emmener visiter les catacombes, celles connues et celles secrètes, et les tunnels du métro, ceux connus et ceux secrets, oubliés. Oui, cette perspective me plaisait, et l'idée de se voir nous quatre arpentant les sous-sols de Paris me ravissait au-delà de bien des plaisirs que jusqu'ici j'avais eu.

Une seule ombre au tableau, non deux : on ne s'expliquait pas comment j'avais oublié, conditionnée que j'étais de me souvenir lors de mon vingtième anniversaire. Ça avait très bien marché pour les autres, sauf moi et... Oui, deuxième ombre au tableau : "numéro 3". "numéro 3" qui n'avait manifestement jamais "oublié, qui apparemment faisait comme ses sœurs mais "en secret" vivait tout autrement. A tel point qu'à 19 ans elle était partie, d'un coup, sans laisser la moindre trace.
On le sentais, une souffrance au moins aussi douloureuse que la perte de sa fille pour Mother. Un échec. Un bien épineux problème que Mother n'allait pas jusqu'à qualifier d'épreuve d'Ishtar. Mais à coup sur un grain de sable dans les plans posés il y a dix siècles et dont l’avènement devait se produire mille ans après, fruit de recherches, obstinations et génies de milliers de femmes, de milliers de victimes ou martyres, qui de leur foi et pour la Cause embrassèrent bien des carrières, supportèrent bien des tourments, toute une histoire dans l'Histoire que Mother me promettait d'un jour me raconter.

J'étais éreintée. Lessivée. Deux verre de vin, de suite, et un club sandwich des plus frugales. puis je me mettais au lit, pour aussitôt m'endormir.

Une nuit paisible qui le lendemain me vit alerte et reposée. Une nuit paisible qui instantanément agit sur mon humeur, qui du "bonjour Hector" au sifflement dans la rue me surpris au-delà de ma nature habituelle. Une nuit paisible après une journée qui avait "remit les pendules à l'heure", donné un nouveau sens à ma vie, qui de quidam m'avait fait guerrière, de fantassin colonelle. Une nuit bénie.

C'est heureuse et pimpante que j'arrivais au Ministère. Bonjour ici, bises par là, sourires à tous. Ah, mon bureau, mon cher bureau. Et l'agenda, le précieux agenda de mon patron, celui qui devait me permettre d'assurer ma mission, "rendre à Ishtar ce qui appartenait à Ishtar". Mais d'abord un café, un peu de papote, un peu de civilités, et puis boulot. Boulots : l'officiel et le secret. Surtout le secret.

Personne à la machine, juste deux minutes de pause, mais deux minutes qui d'un coup refroidirent mon enthousiasme, deux minutes qui subitement auraient pu faire chavirer mon cœur, du côté sombre.
Là, sur ma chaise, un morceau de carton que je devine plus que je ne le vois. Mais la couleur, "sa" couleur, cette couleur...
Bleu. Bleu nuit exactement. Une enveloppe bleu nuit posée sur ma chaise.... Par qui ? Quand ? Elle n'y étais pas tout à l'heure, je suis formelle. Ou folle.

Je m'approche, ma raison confirme, mes mains tremblent qui sur la tasse en carton laisse des marques dangereuses. Poser la tasse, prendre l'enveloppe.
Un nom : "Noémie". Et rien d'autre. Pas de cachet, pas d'adresse, rien au dos non plus. Rien.
J'ai la gorge sèche, rien que regarder mon café m’écœure, je vais défaillir. Souffler, doucement, inspirer... expirer... inspirer...
C'est ici, c'est manifestement quelqu'un d'ici, quelqu'un qui sait. Mais comment peut-on savoir ce que moi même j'ignorais encore hier. A moins que...

J'ouvre l'enveloppe, à l'aide du coupe-papier, je m'en sens incapable autrement. Et je regarde. A l'intérieur.
Des... "signes", des lettres, un mot :

"Ne leur fais pas confiance".

Et en face une signature :

"Numéro 3".

Ma vue se brouille, des sueurs froides, la tête qui tourne...
Je m'écroule.


------------------------------------------------------------------------------------------------------

FIN.
Ou début, tant il reste de mystère....

Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties) -- Projet de recueil/roman; merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 01 Février 2017 à 10:02:12
Parution de la 9ème et dernière partie :  Lettres à No Nymes (Suite 8, fin, épilogue et... début) (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,23400.msg375940.html#msg375940)

Voilà, le récit est complet, l'aventure terminée; cette aventure.
A vous de me dire si ça vous a plus, si le et les mystère(s) sont assez bien distillés, amenés et si d'autres aventures dans le meme contexte peuvent (vous, tous, voire plus) intéresser : j'ai semé suffisamment de zones d'ombres pour d'autres développements.

D'avance merci.
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties / Récit Complet) -- merci de votre aide
Posté par: Fried le 02 Février 2017 à 07:54:26
hello Paul,
à la fin on reste un peu sur sa faim  ;) j'ai préféré la quête des indices que ce dénouement.
il y a bien en partie l'explication des prénoms de ses "copies", le pourquoi et le comment du clonage est peu expliqué.
idem pour l'explication de Ishtar qui tient en cette ligne : "Ishtar, société secrète qui regroupait un nombre incalculable de scientifiques. Toutes des femmes". je pense qu'un petit historique de cette société aurait été le bienvenu.

Petite coïncidence, j'ai également écris un petit texte où je me suis amusé à faire renaitre Ishtar, pour une prise du pouvoir par les femmes. Je te met le lien et le titre ici  j'ai fait un rêve  (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,20620.0.html).
"Après mille ans d'attente" Je pense que c'est plutôt deux mille cinq cent ans depuis aujourd'hui, la fin du culte d'Ishtar.
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties / Récit Complet) -- merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 02 Février 2017 à 09:16:40
Merci Fried pour ce retour.

la fin : oui, je comprends ta remarque/deception mais, il fallait bien donner qq explications, sans que ça tourne à la demonstration indigeste et tout en laissant suffisamment d'espace pour une eventuelle suite. Et raconter des episodes passées de la confrerie,c'est justement une des portes que je me suis gardé pour d'autres nouvelles. C'est l'idée même du recueil dont le pivot serait cette société secrète, son combat, etc... au travers de differents recits, placés à differentes époques.
Maintenant, est-ce que ça peut interesser ??? C'est tout l'objet de ma demarche (bien sur, la présente nouvelle serait la première, qui introduit l'intrigue générale)

Ishtar : dans l'esprit du récit, le culte a été "réactivé" au tournant du précédent millénaire, pour un but a atteindre 1000 ans apres (le temps présent de la nouvelle). Donc, oui,  le culte est bien plus ancien mais les 1000 ans sont à considérer depuis la naissance de la confrérie, pas du culte.

Encore merci pour le temps que tu as consacré à mes modestes écrits, Fried, c'est très important pour moi, comme pour tout "auteur", dont le doute est partie intégrante de ses motivations.
Je vais de ce pas te rendre la pareille en commençant par "ton Ishtar".

PS : c'est marrant cette coincidence.
par quoi a été motivé ton texte/idée ?
moi, c'est un roman de E. Hand; elle n'y parle pas d'Ishtar (ou tres très peu) mais d'autres déesses anciennes et bien sûr, du desir de résurgence d'une société matriarcale.

Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties / Récit Complet) -- merci de votre aide
Posté par: Fried le 02 Février 2017 à 19:37:03
Dans cette dernière partie, le paragraphe avec l'histoire des prénoms est moyennement intéressante, je me demande si il ne faudrait pas le présenter autrement ou si ce ne  serait pas mieux qu'elles aient le même prénom que dans les lettres...

Si l'histoire peut intéresser, oui, mais il faut quelques fois un peu de temps avant les lectures. et là, la série peu refroidir ceux qui ont peu de temps à consacrer au forum. Mais encore, personnellement ça m'a passionné.
"dans l'esprit du récit, le culte a été "réactivé" ok je comprends mieux.

par quoi a été motivé ton texte/idée ?: en fait je suivais d'assez près l'actualité des conflits Syrie et Daesh.
J'avais vu l'été précédent les camps de réfugiés en Turquie, et rencontré des réfugiés pas très loin de la Syrie. Une nuit j'ai rêvé à peu près cette histoire, c'était assez décousu,  j'ai remis ça par écris, brodé un peu et situé l'histoire en Irak.

 
Titre: Re : Lettres à No Nymes (9 parties / Récit Complet) -- merci de votre aide
Posté par: PaulCahin le 03 Février 2017 à 09:12:32
Merci Fried,

les prénoms : non, il faut garder ces doubles prénoms :
certains sont pour les enigmes et d'autre pour renforcer les personnages et coller à l'histoire qui de Numero (1,2,...6) sont devenus No et d'anonymes (a,e,....y) sont devenus Names, Nemes, etc... J'avais ça dans l'idée avant meme de commencer à écrire cette aventure.
présenter ceci autrement : peut être, mais là, je ne vois pas comment; je vais toutefois y reflechir.

Encore merci pour le temps consacré et je suis d'accord avec toi : je ne pense que que ce forum soit le meilleur lieu pour de longues nouvelles; la brieveté, l'instantané, dirigent notre habitude/besoin de consommation, toutes nos consommations.