Il doit être tard depuis le temps que nous crapahutons dans les couloirs, à l’abri de la trop grande chaleur du soleil. À vrai dire il n’est pas exclu qu’il fasse nuit, à présent. Nous volons de pièces en pièces, à nous cacher, à nous éclipser ; nous sommes les ombres de ces lieux, furtifs comme les enfants peuvent en rêver. Nous nous faufilons entre les recoins du château. Sur plusieurs étages, nous jouons à savourer la connivence, de mèche. Nous nous exaltons à espionner, expertement, les banalités. Jouissons de l’accomplissement de voir, sans être soupçonnés.
À dire vrai, il est probablement nuit. Nous croisons de moins en moins de mouvements, de plus en plus de salons désertés. Depuis le réseau des poutres et des charpentes, douze verges au-dessus des grands sols, là, où nous folâtrons, aucun accès ne nous est plus interdit. Nul homme ne peut plus nous borner : nous voguons de perchoirs en perchoirs, de salles en salles, au-travers des trappes de bois qui tapissent les parois ; ici, à la cime des murs.
Passée une énième porte, à-demi rampants, nous entendons le son mat de sa fermeture qui résonne ; dans le noir. Nous progressons à-tâtons, le temps que nos yeux s’accoutument. Les planches resserrées grincent en frottements sourds lorsque nos coudes les effleurent. Synchrones, nous nous dirigeons à plats-ventres vers la petite lumière, pas si loin, de plus en plus avenantes, filtrant entre les fines persiennes du seuil d’un nouvel univers à explorer. Nous y arrivons, nous rapprochons précautionneusement de la chambre encore éclairée… Nous reculons d’un coup, par réflexe ; nous attendons en retrait dans le passage, sans bouger, peu fiers, que l’on nous interpelle. Nous nous voyons démasqués.
Rien ne se passe, et nous n’entendons aucune voix, aucun appel. Nous nous concertons, regardons nos yeux masqués de pénombre. Un acquiescement, mutuel, silencieux, puis nous nous approchons à nouveau…
L’odeur nous reprend mais cette fois nous l’attendions ; nous détaillons chaque recoin de la pièce le plus efficacement possible, sur le qui-vive et prêts à détaler à la première alarme. Un parfum d’écailles, animal, une senteur fauve, une impression de brûlé, insaisissable et presque agressive, qui nous vrille les naseaux.
C’est la chambre à coucher de Tatbraüm, le Vieux Dragonnier. Nous n’osons plus nous mouvoir ; nous nous demandons combien de temps encore il nous tolèrera, parce qu’il est assuré qu’il nous a remarqués.
Des murs en pierres cloisonnent de près un sol parsemé de paille et de débris soyeux. Un lit sommaire mais imposant est défait, un feu sur le déclin projette ses étincelles et craque parfois sous les braises. Une impressionnante ouverture sur la vallée laisse pénétrer l’air agréable de la nuit estivale, et offre une plongée abrupte sur la rivière boisée, qui descend, régulière et sereine. Des oiseaux nocturnes quittent leur feuillage sans bruit, à plus de quatre cents toises de la baie. C’est bel et bien la nuit. Sinestre est de sortie.
Tatbraüm est enfoncé dans son siège, dos à la jetée verte et face à nous mais il semble ne nous prêter aucune attention. Il a la tête inclinée vers son ouvrage. Il fait jouer deux pointes et du fil, machinalement, rythme en deux temps inéluctables. La laine tirée de sa pelote vient lentement s’échafauder, faire prendre forme à l’ébauche d’une chaussette ocre. Son buste se replie, tout doucement, vers ses genoux, comme s’il s’assoupissait progressivement. Au point où nous le voyons déjà s’endormir pour de bon ses doigts s’arrêtent de bouger, tombent avec lui, et tirent dangereusement sur l’œuvre qu’ils tissaient ; à ce moment nous cessons de respirer.
Il inspire longuement, son poitrail se gonfle, et lorsqu’il atteint presque le dossier du trône l’appréhension s’incarne. Tatbraüm, le vieux Preux, le magnanime ; Tatbraüm, le roi munificent, se fissure. Effroyablement, d’un inimaginable, un inconsolable sanglot. Qui emplit tout l’espace, qui comble en un seul souffle nos petits cœurs perméables d’une tristesse abominable. Tatbraüm, le Héros Sempiternel, pose les deux genoux à terre et toute notre salive devient pâteuse, soudainement gorgée à saturation d’un terrible désespoir, terrifiant. Des larmes roulent et précipitent sur nos joues, et pourtant ce n’est pas nous qui pleurons.
La voix de Tatbraüm, Unificateur des Mondes, s’élève des tréfonds de sa stature, se répercute entre les trois murs en un écho démesuré. Une désolation colossale portée à l’étouffement sur les traits du plus Grand des dragonniers. Il s’adresse à un ami, un frère, à un interlocuteur à qui désormais lui seul peut encore s’adresser ; en une plainte fracassante qui ne lui parviendra jamais. Sa voix vibre, soutenue par un coffre qui ne peut plus retenir l’horreur… qui ne peut plus résister à l’absoluité du dépit. Ses mains s’écroulent, ses mâchoires se brisent sur ses mots qui ne peuvent plus maintenant que s’échapper, la chaussette se déchire, se fend entre les doigts massifs. Les doigts massifs qui savent mieux que quiconque que nul, nul ne pourra jamais les éponger. Les larmes de Tatbraüm, le vieux Dragonnier.
Nous saignons à nous vider de notre corps, face à notre mentor qui s’écorche aux sangs à tutoyer la Mort.
« C’était toi, qui m’avais appris à sentir le vif du vent ; c’était toi, Cöll… Je n’étais qu’un môme, je babillais ma jeunesse, il me suffisait de me coucher dans tes yeux pour étreindre la vie ; tu m’apprenais tout juste à tirer à l’arc. Tu tirais à l’arc et tu avais fait de l’archerie ta vie ; tu tirais mieux que les archers eux-mêmes. Je t’admirais. Je t’admirais comme rien au monde ne pouvait adorer d’une telle force de candeur. Je buvais tes paroles, au goulot, je dévorais tes sourires ; et je me noyais dans ton ombre, si chaleureuse…
« Nous étions partis alors qu’il ne faisait pas jour, tu n’avais rien emporté, pas même ton arc lourd que je peinais à soulever. Il faisait bon, bon comme sont les nuits de la fin du printemps. Tu appelais cette période dont le troisième jour nous donnait, ce matin, son ton ‘l’ère de la ponte’. Onze jours durant, chaque année, tu me couvais au plus près, me parlant de centaines de choses, de dragons, et du danger guetteur. Tu me disais notre insignifiance, et tu déversais ta sagesse dans ma coupelle, qui absorbait. Tu riais à l’affût, alerte, tu ne te laissais aucun repos. Tu étais heureux pourtant, rien autre que ces onze jours n’allumaient telle complétude, tel enthousiasme, sur ta figure cernée…
« Tu ne m’avais pas dit où nous nous rendions, tu m’avais juste réveillé avant l’aube, et je t’avais suivi avec ma fierté de mioche. Ma fierté d’être en un sens au moins ton petit frère. Il y avait une petite brise, tu te souviens ? Il y avait une petite brise, et elle était tiède.
« Tu ouvrais la voie, j’enfonçais mes jambes dans les creux précis que les tiennes plaçaient, comme on marche sans toucher les arrêtes ; sur les blocs que tu foulais je déroulais la feuille de mes pieds. Nous ascensionnions, nous contournions les trop gros rochers à flanc de montagne et parfois tu saisissais ma main malhabile, pour la hisser jusqu’à toi. Nous avions grimpé longtemps, prenant quelques pauses de temps en temps ; c’était l’occasion d’admirer la vue. Le sol s’éloignait vertigineusement, assis de notre place nous pouvions contempler toute la vallée. Nous aurions pu expirer et notre souffle s’en serait allé nourrir le Vent. Notre respiration grossissait les rangs du Monde. La terre, de nuit, la roche, l’air et nos deux jambes qui tutoyaient le vide. C’était beau à se sentir magique.
« Nous sommes parvenus en haut, tu m’as regardé, et tu m’as souri.
« Le sol était blanc, calcaire, j’étais tombé assis d’ébahissement ; l’Horizon était juste en face. Tout entière. Rien de plus haut, rien de plus infini que le vent sifflant mes oreilles. Tu t’étais levé et avais ouvert les bras au fluide, je n’avais osé inspirer…
« Nous étions resté là, béats à ne plus rien connaître, je n’avais amorcé un geste. Tu te souviens ? Tu venais de m’apprendre la magie. L’émerveillement intarissable. Puis la nuit avait continué sa course, et dans la moire de nos yeux était né le jour.
« Le Ciel tout au loin s’était allumé, l’air lapait mon visage, et bousculait mes sens, mais je me souviens de ce soleil ; je le voyais pour la toute première fois. Je n’avais su me défaire du spectacle. Un camaïeu de rosée, magenta, qui irradiait la courbure de l’Immensité. Puis la chaleur, qui fondait sur ma peau… Le Soleil était levé, énorme, rouge, calorifère. Et sur son corps déliré se découpaient des silhouettes, gigantesques.
« Tu avais rabattu tes bras, pas complètement : ils battirent encore, quatre périodes, puis tu te retournas vers moi. Tu souriais toujours, mais quelque chose avait passé dans tes yeux. Tu avais compris, tu avais déjà tout compris et tu souriais toujours. Et moi j’étais émerveillé encore, de voir voler ces monstres fantastiques, et moi j’étais émerveillé encore…
« Tu étais descendu du piédestal, calmement, tu m’avais cajolé puis tu m’avais dit cinq mots, quatre mots. Cela avait sonné comme la plus déchirante des excuses. Cela avait sonné comme une condoléance. « J’ai oublié mon arc. » J’avais voulu t’accompagner. Rien n’avait parcouru mon échine ; je n’avais pas encore saisi. Nous avions dévalé la pente, précautionneusement, nous avions pris une pause. Tu avais compris qu’il était déjà trop tard ; nous devions ne pas nous essouffler.
« En l’occasion la première flamme s’est abattue. J’ai capté. Une langue de feu, énorme, une chaleur déferlante ; cela avait été un fracas détonnant. J’avais été porté à blanc, frappé d’un seul coup par le rayonnement inimaginable du clocher qui s’effondrait. Les gerbes suivantes ne tardèrent pas à tomber.
« Des voûtes de feu crachées par des dieux volants, colossaux, sur les écailles desquels se reflétaient les rais de l’astre qui venait tout juste d’éclore… Tu avais observé notre village se faire réduire en brasier. Nous étions alors déjà proche de notre maison, excentrée, encore épargnée ; une larme avait point sous ton œil gauche, mais tu l’avais retenue. Une larme de regret, une peine profonde qui t’avait pris par-dessous, et que tu n’avais su endiguer. Il te fallait récupérer ton arc, c’était toute ta vie, la seule chose que la naissance t’avait laissé ; la masure ne tarderait pas à flamber, alors tu t’es élancé… »
Alors Tatbraüm faiblit. Il ferme ses yeux un long moment, un long moment, sans pouvoir se résoudre à les sécher. Il relève la face, pour inspirer un air plus frais. Il pleure toujours mais avec moins de force, il pleure comme s’il était trop tard pour s’arrêter.
« Approchez-vous, si vous êtes là, les enfants… »
Il nous a désigné mais nous ne répondons pas, nous sommes encore bouleversés, dévastés.
« Il voulait s’enfuir, il voulait m’emmener loin, nous sauver, épargner ce qui pouvait encore l’être… Des hommes ne pouvaient pas affronter des Dragons, nous n’avions pas d’alternative. Nous quittions notre village, notre demeure, les habitants qui avaient peuplé nos enfances, le panier qui m’avait porté, et le seuil qui l’avait accueilli… Nous quittions tout ; tout allait brûler. Sans rage. Sans colère. Juste un énorme chagrin. Cöll n’avait pas la folie d’haïr, il n’avait pas l’outrecuidance de se sentir spolié : il avait juste son sourire, grand, et le bout de ses yeux qui trahissaient la détresse. Il m’a dit que rien ne serait épargné, que nous aurions peut-être une chance de nous cloîtrer dans le vieux puits éboulé, et que nous ne pourrions jamais imaginer courir si vite que nous nous fussions portés assez loin. Il avait compris. Il avait tout compris, et cela lui avait suffi pour tout accepter. Mais on nous a arrêté. Un homme a crié son nom, il s’est arrêté, je m’étais réfugié dans son dos. La voix de l’homme tremblait de fureur, sa brutalité m’avait terrorisé.
« Là, là que tu étais, Cöll ! Cöll, espèce de lâche ! Tu nous abandonnes ? Toi ! Tu nous balances comme des chiens ? Tu vas nous laisser mourir comme ça ? Comme des putains de… chiens !
- Larch, viens avec nous, Larch… Ce n’est même plus la fin, c’est déjà terminé…
- Cöll, sale enfant de… putain ! Fils du Déshonneur, Frère de Trahison ! Non, non Cöll ! Non, non, non, non, non. Tu ne t’en tireras pas comme ça. Tu entends enfoiré ? Tu ne te tireras pas comme ça !
- C’est Cela, Larch, c’est vraiment ce que tu veux ? devant Tat… Jette cette arbalète, je ne te permets pas de la pointer sur nous, j…
- Va te faire foutre, Cöll, va bien te faire foutre. Tu vas prendre ton arc, tu vas bouger ton derche et tu vas assumer tes putains de choix, tu vas bouffer tes responsabilités, et toute cette merde qui déferle, lâchée directement sur nos gueules par t…
- Larch ! (Cöll avait crié)
- Je tire, enfoiré. (Et Larch m’avait mis en joue)
- Cela ne vous suffit pas… Cela ne vous suffit pas. Cela ne vous suffit pas de perdre, non ; il vous faut tuer, il vous faut exterminer, et tant qu’à faire autant crever dans l’idée, que ça ajoute au moins un au compte… Mais cela ne vous suffit pas de crever, oh non, cela ne vous suffit même pas de crever. Il vous faut emporter des comparses avec vous, surtout ; caner seul surtout pas, surtout pas, alors qu’importe les moyens, mais il faut rameuter du cadavre, le plus possible, que surtout le vôtre ne se sente pas seul… Misérables. Rien ne vous suffira donc jamais.
- F…
- Oui. Desserre ; regarde : je lève les mains. Ouais. Je viens avec toi. Je viens te porter ta putain de compagnie. Misérable. Misérable… »
« Et alors tu m’avais étreint, tu t’en souviens ? … Tu m’avais étreint et tu m’avais chuchoté d’être fort. Fier. Tu m’as murmuré que tu ne m’oublierais jamais. Et tu t’es effondré en pleurs en prononçant mon nom. ‘Tat’ ; ‘Frérot’. Et puis tu avais posé ta main sur mon crâne… Tu souriais une ultime fois.
« Ce matin-là j’ai réussi à joindre le vieux puits éboulé, des brasiers dans les joues, une fournaise dans la bouche… J’avais descendu l’échelle, et quand la lumière n’avait plus pu rejoindre en droite ligne j’avais cédé ; je n’avais plus pu contenir et j’étais tombé comme une chiffe sur la boue croupie. Je m’étais effondré comme les maisons, les bâtiments, toute la chaux, la terre cuite, je m’étais écroulé comme la réalité toute entière, consumé.
« J’avais neuf ans. »
Tatbraüm, notre père a cessé de parler ; les yeux séchés par la bise. Il conserve sa posture, nous restons suspendus à ses lèvres, dans l’attente de la suite, la fin. Il nous sait là, à quelques pieds au-dessus de lui mais nous n’existons pas. Dans cette petite pièce de la nuit d’été les vivants portent un catafalque. Et cela fait une impression tout à fait étrange.
Après la gargantuesque effusion c’est le silence, qui tinte, et éclaire d’un rire froid. Un rire nerveux, presque chevrotant ; un rire pétrifiant. Et alors il narre la suite, la fin, à la volée, riant comme un cynique au terme de l’angoisse.
« Tu étais absent, te souviens-tu ? Le temps de sortir s’immisçait. Il faisait soif ; les membres crissaient. Il n’y avait plus de Cöll, à mes côtés, pour voir l’ample scorie, le titanesque plat, la dévastation elle-même, descendue sur sol juste pour moi. Juste pour moi. Alors j’ai ri. J’ai ri aux éclats, mes larmes se sont évaporées comme la poudre dans l’atmosphère cramée. Pense-tu, j’ai ri. Quoi faire d’autre, comment répondre. J’ai ri comme un damné et ç’avait été moi à nouveau dans tes bras. Tu n’étais pas là pour m’essuyer la bouche, et les papouilles, alors j’ai été tout barbouillé de cendres, un sourire figé sur ma gueule. Et ça sentait comme dans un cratère. Je ne me suis pas essuyé, je suis même resté droit dans mes pieds ; faire fin partie de ce désert calciné. Tu n’étais pas là devant l’arraché béant, pour voir avec moi les braises voleter encore au raz du monoxyde.
« La toile avait été rendue bien hâve : il ne restait rien. Rien du tout que des cendres, et de la fumée braise. La forêt laissait des souches éparses, noircies, le village conservait une ou deux ébauches de façades, par-ci, par-là. Si tu avais pu imaginer comme c’était cocasse, Cöll. Pas un cadavre, pas un vestige. Pas une trace de l’église que nous méprisions tant, pas une goutte de la rivière qui nous décrassait, pas une feuille qui n’eut pas volé en fumée !
« Crois-tu, Cöll ? Plus rien ! Plus une personne pour nous abhorrer, t’esclaffer aux rires, aux larmes. Il n’y avait plus rien à casser, on aurait pu en profiter pour tout bafouer. Quel dommage, Cöll, que tu aies raté ça. Quel dommage.
« Ils avaient même embrasé les nuages. Perdu et minuscule comme j’étais j’ai marché un peu. Après cela qu’aurait-il pu arriver en ajout ? Je n’avais rien cherché, j’avais juste gambadé le sourire aux lèvres, la douleur au ventre, toi dans l’âme. Je n’y pouvais plus rien : l’absurde me faisait chicaner. Tu me l’avais dit : quand il paraît que l’on ne peut plus trouver, il suffit de chercher autre chose. Je n’ai pas trouvé d’autres choses à chercher. Et puis malgré la mort du ciel j’étais toujours là, plus pour longtemps mais qu’importait ? Tu n’étais pas là mais je pensais à toi : tu disais que si mourir était simplement disparaître alors rien n’aurait pu bien sembler méchant. ‘Parce que vivre c’est évoluer, renaître chaque trois-temps.’ Ce jour-là il m’a semblé renaître, pour la première fois pourtant.
« J’ai trouvé un œuf. Posé comme ça sur le sol, tout droit et pointu vers les mirages, gris des poussières ignées. Il était noir et rugueux, en un relief charbon qui imitait l’écorce. Je l’ai reconnu tout de suite, te souviens-tu. Le pourquoi du tout cela, l’excuse de la Déflagration, la promesse qui renouvelle ; la vie qui évolue. C’était un peu ton meurtrier. Je me suis mis à rire de plus belle. À m’asseoir en tailleur ; ton enthousiasme au cœur. Je me suis dit que ce n’était pas grave. Après tout. ‘Tant pis !’
« Il y avait eu un petit fracas, comme le choc d’une pierre contre le cocon rêche, qui put se fissurer.
« Tu aurais été si fier de moi. »
« Cöll, si tu me voyais, si tu me voyais maintenant… Tu serais si fier de toi. »