vers le lieu d'où aucunec'est subtil mais : le fait de mettre "revient" au lieu de "vient" prouve que l'oiseau en a envoyées et qu'il attendait des réponses. D'où les douleurs, peut-être (il n'en a pas reçues).
lettre
ne me revient ?
Le rythme est essentiellement visuel! Il m'arrive de me laisser guider par mes yeux pour le rythme; je pense que c'est dû à une pratique assidue de la danse.
L'espace n'est pas un vide, c'est un plein que l'on creuse. Ce n'est pas une masse informe, il épouse ce qu'il accueille et fait corps avec lui.
Il n'est pas neutre : quand on le travaille, on peut le transformer en attente, en respiration, en cri.
Moi ce qui m'épate dans cette histoire, c'est votre obstination à m'expliquer ce que doit - ou ne doit pas - être la poésie. De la poésie, j'en lis sous pleeein de formes, et je ne m'offusque pas qu'elles ne soient pas celles que j'attends. Si elles ne me satisfont pas, je passe outre ! C'est aussi bête que ça.
Par contre, les déclarations du genre "la poésie est x et n'est pas y", j'ai du mal à les entendre sans broncher. N'y voyez aucun mal.
Bah, ça fait des siècles qu'on essaie de virer "par contre" du bon usage, et il revient tout de même. J'admire cette persévérance.en ce moment il est quand même en difficulté, sur la défensive.
Une fois que je vois le texte, je décide des figures qu'il va dessiner. C'est à dire que je redispose les choses autrement que je ne l'avais d'abord fait.
Concernant ton deuxième point ... Pour moi, l'espace a une valeur littéraire, il est une matière comme une autre qui contribue à l'expressivité et au rythme du texte. Ce qui ne signifie pas qu'il importe avant tout. À l'origine, Pehache et moi ne parlions que de musique; il ne s'agissait pas pour moi d'affirmer qu'on ne faisait un poème qu'avec de l'espace. Simplement de discuter de la valeur musicale de ce dernier.
Et pour moi l' espace de la page n'est pas neutre à partir du moment où quelque chose s'y déroule. Comme le silence qui est partie intégrante de la musique, et sans lequel elle ne pourrait pas être. Les blancs comme les silences sont contaminés par ce qui se forme en eux. Ils deviennent significatifs parce qu'ils sont troublés par quelque chose qui a lieu en leur sein, et qui se nourrit d'eux.
Je n'affirme nullement que la musique ne compte pas, mais que la définition de celle-ci en poésie n'a rien d'une évidence. Même en étant un lecteur assidu - et je suis une lectrice assidue - on n'en finit pas d'apprendre dans ce domaine. D'où ma présence sur ce forum ...
Luciole, ce que tu dis sur l'espace, le silence et la matière qu'ils forment me parle intimement.
Musicienne pour ma part - et comédienne au départ - j'imagine que d'autres pratiques artistiques aident à cette perception.
Bien sûr que l'espace n'est pas un vide! Je suis très étonnée que l'on puisse penser l'inverse.
L'espace dont je parle est celui de la page. Ma vision se concentre sur cet espace-là. Il est borné. Et oui, pour moi, la police, les couleurs, les espacements, la taille de la feuille, etc. ont une grande valeur. J'éprouve du plaisir à voir comment modifier les propositions pour leur donner des inflexions nouvelles selon une certaine forme. Oui, le sens en est altéré. Le travail poétique est un dévoiement.
J'insiste sur ce plaisir à façonner les choses. Je ne rends pas des comptes au dieu de la poésie, qui n'existe pas. Je bricole mes jouets du dimanche. Si l'on a des remarques constructives à faire sur la façon d'améliorer lesdits jouets, je les écoute. Je retouche mes petits bébés (j'ai l'habitude de pas mal raccommoder mes textes). Je ne prétends pas que cela soit la meilleure manière de procéder. C'en est une parmi d'autres. Personne n'est illégitime a parler de ce qu'il fait, tant qu'il le fait avec coeur. Voili voilou !