Bonjour à tous !
Je vous présente aujourd'hui un travail de réécriture de deux textes que j'avais écrit il y a plus de deux ans. Autant vous dire que c'est avec beaucoup d'appréhension que je le poste ici, ne sachant pas tellement quoi en penser au final. C'est un texte qui m'a longtemps hanté et j'espère pouvoir m'en libérer maintenant qu'il a une forme "convenable". Bref, n'hésitez pas à me dire votre pensée et votre ressenti vis à vis :)
Sur ce, je vous laisse à la lecture.
Désillusion
Texte retravaillé, dernière modification du 23/01/2017
Au loin, la lumière orangée du crépuscule dansait avec les ombres dans une passion enivrante. Nous étions émerveillés par la nuit qui, d’une douceur incroyable, nous livrait un concert de mélodies envoûtantes. Les fleurs, elles, embaumaient l’air de leur parfum délicat. À l’extérieur des murs, les légendes se présentaient en une épaisse forêt. Curieux à en corrompre l’inconnu, nous nous étions laissés happer par l’appel de son mystérieux chant.
Derrière nous, la citadelle, froide mais rassurante, se laissait dévorer par l’obscurité de la nuit sans lune. Mais les étoiles, encouragées par notre échappée improvisée, se dévoilaient timidement à nos regards admiratifs. Avec une certaine impatience, nous avancions sur le sentier, nous tenant la main tels les amants que nous ne serions jamais, obsédés par l’idée de diriger nos vies. Nous sommes entrés dans le bois avec euphorie, sans jamais remettre en cause nos choix.
D’ici, le ciel se cachait de nous et le chemin devenait sinueux, aspiré dans la pénombre. Serrés l’un contre l’autre, nous avancions encore et toujours plus loin, sans nous préoccuper de la destination. Des poussières d’étoiles illuminaient la voie de leurs lumières diffuses et la musique se rapprochait à chaque mesure, rythmant nos pas et le battement de nos cœurs. Dans l'ivresse merveilleuse du bonheur, nos paupières se fermaient et nos corps se laissaient aux mains de l'autre. Dans tes bras, oui dans tes bras, je m’abandonnais à notre danse, accompagné par le lyrisme d’un piano poétique.
...
Les yeux bandés d’un foulard rouge, je ne contrôle plus rien. La douce mélodie nocturne s'est transformée en une violente tempête et pourtant, je ne ressens plus la chaleur ou le froid, juste nos corps soudés dans une transe désarticulée. Et pourtant, tout continue, le monde tourne toujours à s’effondrer lui même. S'imposant à mon regard, le vide s'offre à moi sans que je puisse en comprendre le sens. Le sol se dérobe sous mes pieds mais pourtant, je ne tombe pas, mon corps semble flotter, voguant à travers les airs. Dans sa chute, le piano continue sa mélopée, sombrant dans un sinistre requiem annonçant la fin. Je crois crier quelque chose, effrayé face à la réalité de ce destin incertain, mais mes lèvres restent fermées, comme attachées.
Condamnés à danser l’éternité sur le rythme d’un désordre chaotique, mon esprit reste là, déphasé par l’infini mouvement autour de nous. J'implore les déesses de nous venir en aide, impuissant devant la destinée qui s'impose à moi. Je sens un liquide chaud couler sur mes joues ; est-ce l’expression charnelle de la torture ou celle de mon désespoir ? Tout a fané autour de nous, les délicieuses odeurs d'autrefois se sont changés en une dense fumée âpre et la lumière n'est plus que l’ombre d’elle même désormais. Et soudainement, le son disparaît dans un vacarme de silence. C’est à ce moment que je réalise ton importance à mes yeux, plongé dans la crainte insoutenable de ne plus jamais entendre ta voix.
Dans un ultime supplice, je sens tes doigts cousus aux miens se retirer de mon étreinte, m’arrachant la chair et des larmes. La main ouverte et le cœur écorché, j’éprouve le regret de mes paroles souvent insensées, de mes actes insignifiants et l'absence de tes mots.
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