Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: kokox le 24 Décembre 2016 à 12:24:28

Titre: La Vraie Couleur des Gens
Posté par: kokox le 24 Décembre 2016 à 12:24:28


La Vraie Couleur
des Gens



   
   
   
   
   
T'es-tu déjà posé cette question ?
   Que fais-tu de si extraordinaire le jour ?
   Eh bien, la plupart du temps tu vaques à tes occupations, si jamais tu as des occupations. Et, pour tenir ton corps debout et tes pensées plus ou moins à flot, tu absorbes du dioxygène que tu rejettes en dioxyde de carbone des milliers de fois dans la journée, et d'autres milliers de fois dans la nuit.
   En grand routinier de l'inspire et de l'expire, tu n'es ni vraiment heureux, ni vraiment malheureux, en faisant cela.
   Pourtant, tu t'astreins à remplir docilement tes tâches, car cela te semble juste et bon.
   Tu prends vaguement à témoin ta femme, tes enfants, un collègue de travail, ou ton chien, et tu vaques, et tu vaques, pour étourdir tes incertitudes, pour mieux calfeutrer ton horizon précaire.
   Parfois, tu regardes l'heure, sans même savoir pourquoi elle existe ni qui l'a inventée.
   Et tu vaques encore un peu jusqu'à ce que tes forces t'abandonnent,  jusqu'à l'engourdissement.
   Ainsi, tu espères te rendre utile à l'attraction terrestre, en posant ta petite brique humaine sur la grosse brique Chaotique de l'Univers, inlassablement.
   Ainsi, tu espères gagner l'estime de tes parents, de tes amis, de ton voisin de palier, voire même de ton reflet.
   On te demande « Qu'as-tu fait aujourd'hui ? ». Et tu réponds « J'ai fait ceci, j'ai fait cela ! ». Et les gens sont bien contents d'avoir appris cela, et toi aussi tu es très heureux de leur avoir appris que tu savais te servir correctement de tes deux mains et des infinies possibilités de ton cortex cérébral.
   Ou bien tu n'espères rien. Tu musardes, tu butines l'air ambiant. Tu te laisses simplement vivre.
   Ou bien tu te dis « Après moi le déluge ! ».
   Ou bien, tu mastiques des souhaits. Tu te tricotes quelques désirs au bout du bout de ta langue.
   Ou bien tu pries l'Invisible, sans même penser à ouvrir un livre de sciences.
   Et tu te soignes encore si tu as des douleurs, mal au cul, mal au crâne, mal à l'estomac.
   Tu vas faire la queue à la pharmacie, en attendant ton tour, derrière d'autres personnes qui ont elles aussi mal au cul, mal au crâne, mal à l'estomac.
   Et tu reviens de la pharmacie, un peu moins craintif, en te faisant couler un grand verre d'eau pour avaler tes médicaments, sans chercher à comprendre d'où te viennent tous ces maux à répétition.
   Et puis, comme tu es un rien bromophobe, tu te laves dès que tu commences à sentir un rien mauvais, sans chercher à comprendre d'où te viennent tes odeurs corporelles. Elles te viennent de millions de bactéries qui se nourrissent de tes peaux mortes et des molécules sécrétées par ton sébum. Elles se nourrissent tout comme toi tu te nourris. À ceci près que tu es un géant et qu'elles sont microscopiques.
   Comme elles, tu bois aussi, tu manges aussi, et généralement tu t'en vas digérer sur ton canapé en t'informant de l'information des autres qui ont été plus ou moins bien informés par des informateurs lointains, ou en t'abrutissant de fictions qui puisent dans l'information d'autrui le pollen d'une réalité maintes fois altérée.
   Parfois, tu lustres tes jolies fesses avec du papier molletonné, crêpé, ouaté, imprimé, avec ou sans motifs.
   Si tu es gentiment bio, tu lapes ton yaourt nature brassé au lait entier, en te disant que tu as encore de très jolies mains pour ton âge.
   Si tu es un rien rebelle, tu fumes une cigarette. Tu l'éteins et tu en rallumes une autre, en te fichant complètement de savoir si tu mourras de ceci ou de cela.
   Et la lumière aussi, tu finis par l'éteindre.
   Tu as déjà mis une croix sur ce énième crépuscule.
   Et maintenant, tu attends très sagement le retour de l'aurore, dans ton lit. Si tu as la chance d'avoir un lit et un toit sur ta tête.
   Et d'ailleurs, à bien y réfléchir, la nuit, que fais-tu de si extraordinaire ?
   La nuit, tu ne fais rien. Ou presque rien.
   La nuit, tu te laisses ballotter par le chaos de tes pensées.
   Mais parfois, tu es pris d'insomnies roses.
   Tu te rêves en beaucoup mieux.
   Tu fabriques alors deux boules minuscules en plastique contenant chacune un petit palais doré, blotti au bord du Gange, d'où rentrent et sortent de nombreux êtres que tu aimes et dont tu es aimé. C'est un travail onirique très minutieux. C'est ton chef-d’œuvre nocturne et insensé. Tu tentes de le réinventer chaque nuit, mais il manque toujours un détail à ton idéal pour que tu sois pleinement satisfait.
   Le palais doré, tu le construis avec les feuilles d'or de tes paupières, comme tu prends enfin pleine conscience de ta propre géologie précieuse.
   Le Gange, tu le remplis goutte à goutte avec tes larmes de joie qui sont d'un bleu céruléen.
   Oui, c'est comme cela, tu pleures en bleu céruléen depuis la nuit des Temps, mais tu ne le sais pas, car tu l'as oublié.
   Avec ces deux trésors finement ciselés par tes soins, tu te dis : « Demain, je remplacerai mes yeux globuleux avec ces deux boules féeriques et je ne verrai plus alors que beauté dans ce monde ».
   Mais au matin, tu te réveilles et tu ne te souviens de strictement plus rien.
   Maintenant, imagine un instant !
   Arrête de vaquer !
   Imagine un seul instant !
   Tu t'éveilles soudain et tu imagines.
   Te souviens-tu de ces moments de grâce quand tu étais petit, quand tu ne savais rien, quand tu imaginais tout ? Quand tout te paraissait encore possible !
   Te serait-il possible d'oublier un instant qui tu es, ce que tu as d'important à faire aujourd'hui ?
   Non ! Ne réfléchis surtout pas.
   Dis-toi seulement : est-ce que ma vie, cette vie, n'est pas plus importante que ce que j'ai d'important à faire aujourd'hui ?
   Tu n'y parviens pas ?
   Je vais t'aider un peu.
   Baisse simplement les yeux et découvre ce petit gosse que tu fus autrefois. Il vient d'apparaître, là,  juste devant toi !
   Il est beau. Il est fier. Laisse-le imaginer pour toi.
   Non ! C'est raté !
   Quel dommage, le grand a encore réfléchit à la place de ton petit mioche.
   Tes vieux réflexes urbains te mènent la vie dure.
   Et d'abord, je commence à te soûler menu. Et tu te demandes bien pourquoi je te tutoie ainsi.
   Tu te demandes qui je suis d'aussi impérieux pour te demander tout cela.
   Cependant, je vais te répondre par la négative afin           d'abonder dans ton sens et te faire retrouver doucement la suavité de tes nobles perceptions.
   Je ne suis pas un excentrique.
   Je ne suis pas ton garde-fou.
   Je ne suis pas la somme des délires absurdes d'autrui.
   Je ne suis pas le triste jouet des secousses de ce monde.
   Je ne suis pas une poussière ingrate qui voltige naïvement dans l'éther.
   Je ne suis pas le pauvre type qui se nourrit exclusivement des promesses des autres.
   Non, je ne suis pas tout cela. Je suis tellement mieux.
   Je suis ta propre promesse d'azur.
   Je suis le fin sourire de ton Éternité.
   Je suis l'Ange que tu caches sous ton masque d'Anonymous.
   Je suis celui que tu es vraiment et que tu connais si peu encore.
   Je suis à l'intérieur même de toi-même.
   Je chuchote chaque jour à ton oreille, mais tu m'entends très mal.
   Mais allons, tu n'as pas encore deviné ?
   Je suis le « Pur Diamant » qui brille au fond de ton cœur.
   Commences-tu à entrevoir où je veux en venir ?
   Commences-tu à ressentir cette tiédeur majestueuse s'écouler tendrement dans tout ton être ?
   Commences-tu à imaginer le grand et beau voyage que tu vas entreprendre, là, juste en bas de chez toi, aujourd'hui ?
   Si oui, c'est que tu viens de faire un pas vers toi avec un joli paquet cadeau.
   Tu le déballes alors. Il te semble vide. Tu penses à une plaisanterie. Détrompe-toi. Il est plein à ras bord de ta tendresse.
   Car tu vas sortir de chez toi, maintenant, subitement, sans réfléchir.
   Sans te regarder dans un miroir, sans te parfumer.
   Sans prévenir personne.
   Sans ton téléphone.
   Mais en n'oubliant pas tes clefs.
   Ni tes chaussures.
   Faut pas déconner, quand même !
Je te propose à présent de faire un rêve les yeux grands ouverts.
   Avec tes yeux d'antan et de toujours, non avec ceux d'Internet.
   Un rêve qui ne te coûtera absolument rien et te fera me rencontrer au plus près, au plus chaud.
   Je te propose de prendre le temps. Un magnifique temps pour toi. Rien que pour toi. De voler un temps au Temps. Et de t'en ensevelir. A pleines mains. A pleine bouche. De plein fouet.
   Es-tu d'accord ?
   Es-tu partant ?
   Fais-moi confiance, je ne veux que ton bien.
   Allez, VIENS !
   Clac ! Ta porte est refermée !
   Te voici dans l'escalier, dans la rue, sur le sentier, dans le sous-bois.
   Fait-il beau ?
   Tu apprécies.
   Pleut-il ?
   Tu t'en fiches.
   La pluie n'est après tout qu'un peu d'eau du ciel qui lave gratuitement tes cheveux.
   Et tu marches, sans réfléchir.
   Et tu marches. Et tu marches. Et tu marches encore.
   Bras ballants ou mains dans les poches, peu t'importe.
   Laisse tes chaussures te guider. Tes jambes te dégourdir.
   Ne choisis aucun chemin.
   Va tout droit, ou bifurque soudain.
   Suis tes intuitions qui fuient. Deviens le zigzag des chiens qu'on lâche et qui fouillent la liberté avec leur truffe.
   En bout de route, tourne à droite ou à gauche, peu t'importe.
   Laisse seulement les caresses du vent t'aimer, rire avec ton front, rire avec tes joues, rire avec tes mains.
   Mais tu réfléchis encore un peu.
   Eh oui, c'est tout à fait normal.
   Puisque ce n'est pas tout à fait normal de marcher sans réfléchir.
   Je vais te donner une astuce toute bête pour ne plus être le prisonnier de tes pensées.
   Tu vas simplement cheminer en ne regardant plus par terre, plus jamais tes pieds. Tu vas te forcer un peu à lever ton menton, et à visser ton regard sur un point à l'horizon.
   Au bout d'à peine trente secondes, si tu as bien écouté ce que je t'ai dit, tes idées, tes opinions, tes tracasseries, tes spéculations, ne seront plus que pâles fumées dans le chaudron bouillonnant de ton crâne.
   Si malgré tout tu cogites encore un peu, ne t'inquiète pas. C'est parce que tu es dorénavant seul avec ton soi véritable.
   Et que tu n'en as pas l'habitude.
   Désolé, mais cette fois-ci, il n'y a pas d'astuce pour dissiper cette troublante impression de vide intérieur.
   Au contraire, il va te falloir renforcer ce sentiment.
   Pour cela, imagine que tu n'as jamais eu de mère, ni de père. Que tu n'as jamais eu le moindre ami. Le moindre toit sur ta tête. Que tu n'as plus aucunes attaches. Qu'il n'y a plus que toi sur ta route, enlacé par les bras de la terre et du ciel.
   Juste toi et les caresses du vent sur ton visage.
   Dis-toi que personne ne t'a jamais enfanté. Tu es à présent le frère du vent. Le père de ton chemin.
   Né de ta volonté et de ta liberté, tu es ton propre enfant.
   Souviens-toi à présent !
   C'était quand la dernière fois que tu as fait quelque chose d'extraordinaire pour la première fois de ta vie ?
   C'était quand la dernière fois où tu t'es senti aussi libre ?
   Regarde maintenant, il y a une fuite au niveau de ton cœur. Quand tu sors de chez toi, tu mets systématiquement un doigt dessus pour la boucher.
   Mais parfois, ce n'est pas aussi facile que tu le penses. Il y a toujours un petit jet qui arrive à gicler sur un passant.                                                                                     
   Tu admires fugacement cette fille aux yeux verts. Les cheveux de jais bouclés de cet homme te fascinent. Mais tu te dis : « Je ne peux pas, je n'en ai pas le droit, on va me prendre pour un fou ! »
   Pour ne pas importuner les gens avec ton amour, tu as inventé une rustine de politesse. Rassure-toi, les autres ont fait exactement de même. Tu ne dois pas être trop embêté non plus dans la rue.
   Mais n'oublie pas que tu es libre comme l'oiseau à présent.
   Aussi, je t'invite à faire aujourd'hui quelque chose d'inouï que tu n'as jamais osé faire.
   Tu vas apprendre ce qu'est l'amour inconditionnel !    À partir d'un point aléatoire de ton périple aveugle, tu vas soudain ralentir tes pas et t'approcher de ce passant. Tu ne vas pas passer à côté de lui, comme toutes ces autres fois. Tu vas lui faire part de ton amour. Comme ça gratuitement. Pour rien. Qu'il soit arabe, noir, jaune, blanc vieux, blanc crème, énorme ou freluquet, borgne ou moustachu, tu vas lui dire ceci : « Monsieur, madame, je vous aime. Ne me demandez surtout pas pourquoi ! »
   Et puis, tu rentreras chez toi à grandes enjambées, presque en courant, comme un gamin qui vient de faire une grosse bêtise.
   Ton cœur battra alors très vite !
   N'aie pas peur, ce n'est rien !
   Arrête d'avoir toujours peur de tout !
   Si ton cœur bat aussi vite, c'est simplement parce que tu m'auras rendu très heureux !
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: Goémine le 24 Décembre 2016 à 15:56:31
J'ai pioché comme un oiseau picore....

en survolant, en voletant, sans pourtant me poser

au gré des lignes, des flaques et du vent.

j'ai senti mon cœur s'affoler et mon sourire affleurer

pour un oiseau de mon âge, je lis déjà très bien, mais je n'ai pas eu le temps d'apprendre à écrire encore

alors je ne te dis pas merci, alors je ne t'écris pas,

quand je serai grand, dans quelques jours, je m'arracherai une plume

la plus jolie que je trouverai et je t'écrirai quelques lignes tremblantes en remerciement
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: kokox le 26 Décembre 2016 à 12:10:01
Merci beaucoup Goémine d'avoir pris ta plus belle plume pour commenter ce petit texte. Ce n'est pas un grand texte, c'est un texte naïf, un rien utopiste, mais c'est un texte sincère !  :)

Bien à toi !
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: Goémine le 26 Décembre 2016 à 15:32:54
Alors, disons, que je suis petite, utopiste, naïve et sincère............ ça me va.
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: kokox le 26 Décembre 2016 à 15:41:30
J'espère qu'il n'y a pas eu de confusion. Je parlais de mon texte, pas de ton joli commentaire !  :)
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: Luv le 26 Décembre 2016 à 22:11:58
Kokox salut,
Ben oui, je me souviens de ces moments  de grâce et je vais m'en souvenir encore plus en sortant de ce pas… Merci !  :noange:
J' ai aimé ton texte à partir de cette phrase.
La liste des " je ne suis pas "   ne m'a pas parlé  ;  par contre , quels beau passage- entre autre - sur le vide intérieur..!
Merci  ::)
Je  te laissse, je sors !  :-¬?
Luv :-*
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: kokox le 26 Décembre 2016 à 22:21:43
Un grand merci chère Luv pour ta lecture !
Je n'ai rien cherché à traficoter avec ce petit texte. Il est sorti ainsi, naïvement, un pied devant l'autre. Ce n'est absolument pas une recette de transcendance, mais plutôt une invitation à la danse.
Je n'écris pas comme Rimbaud, l'un de mes maîtres, très loin de là. Mais depuis l'âge de 16/17 ans, j'ai toujours été fasciné par le rapport inspirant et très précieux qu'il entretenait avec la marche. L'idéal rimbaldien serait de lire et même d'écrire en marchant afin de fusionner la mobilité du corps à celle de la création poétique et de la réception de l'oeuvre. Il faut lire Rimbaud, le relire bien sûr, mais surtout en ne demeurant pas sur place. Sa lecture ne sera poétiquement possible et efficace qu'à la condition d'éviter la sédentarité, de ne pas se réfugier dans l'espace tranquille et rassurant du bureau. D'ailleurs, lui même conseillait à son ami Delahaye de "beaucoup marcher et lire". "Lis ceci en marchant", lui disait-il. Toujours, du moins essayer, de lire Rimbaud en marchant, en transit, en passavant. "Je suis le piéton de la grand'route", disait-il encore. C'est un lien réel, d'ordre métonymique, qui rapproche la littérature de la marche. On peut rappeler, indifféremment, les longues promenades de Hugo, Flaubert, Mallarmé, ou les déambulations citadines de Balzac, Baudelaire, Nerval. Comme je vois la chose, il y a deux phases dans la démarche de l'écrivain déambulateur, une première qui le mène, par fascination; à tout fouiller du regard, à tendre l'oreille, à ouvrir la main, à sentir, mais à retenir la parole, si pressée de relater, d'exprimer. Et une seconde étape, inverse de la première, où il conviendrait lui-même à retenir son ardeur, à laisser le lieu venir à lui et à laisser aller ses mots.

Bien à toi !
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: Luv le 26 Décembre 2016 à 22:50:08
Merci  bien Kokox   ! Ce lien entre la marche et la lecture , ou l'écriture, m'intéresse ;    alors merci de tes précisions et  des références.
Au plaisir de te lire,
Luv :-*
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: Luv le 27 Décembre 2016 à 12:24:17
Bonjour Kokox,

Je relis ce matin cette histoire.
Elle  porte la vitamine du bonheur, celle qui n'a pas de nom , celle qui nous attend… et  qui s'invite dès que l'on aime et que l'on s'oublie  :-¬?
 Vive ce  voyage précieux   vraiment !   merci    et…   bon   après-midi à toi,
Luv :-*
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: kokox le 27 Décembre 2016 à 13:31:33
Et puis, comme dirait Escayrol : "L'avantage de marcher quelquefois à côté de ses pompes, c'est qu'on ne les use pas !".  :) :) :)
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: Luv le 27 Décembre 2016 à 14:01:06
 ;D
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: Goémine le 28 Décembre 2016 à 15:46:35
Bonjour Kokox,

Non! Ne te fais aucun souci, j'avais bien saisi que tu parlais de ton texte et pas de mon commentaire. Mais j'ai bien aimé endosser pour un instant cette défroque de petite, naïve , utopiste et... Sincère ( n'en déplaise à ceux que j'ai parfois égratigné sur ce forum). La sincérité peut être piquante parfois... Mais c'est comme le piment pil-pil-couli, elle n'abîme que les palais outrageusement réfrigérés...

Bien sincèrement ( donc ! )
Goémine
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: Nacas le 28 Décembre 2016 à 16:38:36
C'est joli.
Cela m'indique d'être indulgent, et de garder mes amertumes pour moi.
Ce texte ne m'est sûrement pas destiné,
Alors je vais vous laisser l'admirer.
Parce qu'il est tout de même joli.

Nacas.
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: Cinnamon le 28 Décembre 2016 à 17:05:29
Texte très véridique (je me suis reconnu dans ce côté où les humains s'occupent l'esprit sans se rendre compte des phénomènes qui l'entourent) et très bien écrit.  :)
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: kokox le 28 Décembre 2016 à 18:17:16
Un grand merci aux sieurs Nacas et Cinnamon pour avoir porté vos pas jusqu'à cette "Couleur". Le monde me semble un peu à l'arrêt aussi. Il serait temps qu'il se mette en marche. Petit pas par petit pas. Le plus dur à faire dans une marche de 10.000 kilomètres est toujours le premier pas, a dit un sage qui en avait dans la semelle !  :)
Sinon, à l'occasion, "100 raisons d'adorer et de haïr Jeanne Berto" est un texte plus moderne, plus percutant, un peu moins "cucul la praline" (ne cherchez pas, y a pas plus ironique et sévère avec moué) :)

Bien à vous !
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: Goémine le 28 Décembre 2016 à 18:39:30
J'ai réellement adoré ce texte, son souffle onirique et sa pluie d'espoir pudique ( ça rime, mais ce n'était pas calculé ! )

Quelques remarques ( toutes petites)

tu t'astreins à remplir docilement tes tâches 

remplir des tâches , ça m'évoque tout de suite " remplir de couleur des coloriages" comme les petits enfants ( oui, l'accent circonflexe me dit qu'il ne s'agit pas de taches d'encre) donc j'aurai préféré "remplir tes occupations" pour éviter tout quiproquo.... Cela dit, cela pourrait être une très jolie métaphore pour dire qu'il passe sa vie à la colorier, à la remplir de gribouillis... Si c'est à ce "jeu de mots" que tu pensais... C'est bien vu

Tu fabriques alors deux boules minuscules en plastique contenant chacune un petit palais doré

c'est un de mes passages favoris, mais j'ai tiqué sur le mot " plastique" qui vient un peu briser le charme ambiant...


Cependant, je vais te répondre par la négative afin           d'abonder dans ton sens et te faire retrouver doucement la suavité de tes nobles perceptions.
une petite faute de frappe avec la barre d'espacement ?

pour le reste :


Oui, c'est comme cela, tu pleures en bleu céruléen depuis la nuit des Temps, mais tu ne le sais pas, car tu l'as oublié.

  Laisse seulement les caresses du vent t'aimer, rire avec ton front, rire avec tes joues, rire avec tes mains

 ces phrases, ces morceaux choisis, sont d'une incroyable musicalité et d'une rare douceur, elles m'ont beaucoup touchées...


  Un rêve qui ne te coûtera absolument rien et te fera me rencontrer au plus près, au plus chaud.

là, je ne sais pas si c'est l'effet Noël qui traine dans l'air ambiant ces jours-ci, mais à partir de cet instant,  j'ai cru que tu parlais d'un ange gardien s'adressant à ton personnage.
 D'ailleurs plus loin on pourrait continuer à le croire et c'est finalement la sensation que j'ai gardé jusqu'à la toute fin...

  Je suis ta propre promesse d'azur.
   Je suis le fin sourire de ton Éternité.
   Je suis l'Ange que tu caches sous ton masque d'Anonymous.
   Je suis celui que tu es vraiment et que tu connais si peu encore.
   Je suis à l'intérieur même de toi-même.
   Je chuchote chaque jour à ton oreille, mais tu m'entends très mal.


Si ton cœur bat aussi vite, c'est simplement parce que tu m'auras rendu très heureux !

je sais que parfois les mots, les images utilisées par un auteur, prennent une vie toute autre dans l'imaginaire d'un lecteur. Aussi seras-tu peut-être surpris par cette idée sotte et grenue du dialogue avec l'ange gardien... mais c'est ainsi ! c'est la petite graine étrange qui a germé dans ma tête à l'improviste...

Goémine
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: kokox le 28 Décembre 2016 à 19:03:53
  Je suis ta propre promesse d'azur.
   Je suis le fin sourire de ton Éternité.
   Je suis l'Ange que tu caches sous ton masque d'Anonymous.
   Je suis celui que tu es vraiment et que tu connais si peu encore.
   Je suis à l'intérieur même de toi-même.
   Je chuchote chaque jour à ton oreille, mais tu m'entends très mal.


J'en ai sans doute un peu trop fait sur ce passage. Car, visiblement, il y a confusion. Le narrateur qui s'adresse au lecteur n'est absolument pas son Ange Gardien, mais la voix de son propre coeur, le "pur diamant" qu'il faut sertir et sertir encore afin de totalement le découvrir ! D'où cette phrase finale :"Si ton coeur bat ainsi, c'est que tu m'auras rendu très heureux !"
Tu fais donc bien d'avoir relevé ce petit détail. Lorsque j'aurais un peu de temps, je reviendrai sur cette guirlande un rien pompeuse. Je ferai beaucoup plus simple et immédiat.

Bien à toi !
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: Goémine le 28 Décembre 2016 à 19:09:07
Cela n'était pas du tout dans mon intention de t'amener à modifier ces passages ! ils sont très bien ainsi ! Puis les guirlandes, c'est de saison !! :noange:

je voulais juste te faire savoir ce que j'avais intimement ressenti, ce léger court-circuit dans mes neurones... Et c'est sans doute très personnel puisque personne n'a rien relevé qui aille dans ce sens !

Et si tu devais modifier tes écrits à chaque remarque... Ce ne serait plus vraiment toi ..............
Titre: Re : La Vraie Couleur des Gens
Posté par: kokox le 28 Décembre 2016 à 19:33:24
Ah non, non, détrompe-toi ! Je suis très à l'écoute des remarques d'autrui si elles me semblent justifiées. Sur ce coup-là, rétrospectivement, je trouve que tu as entièrement raison. Ce passage est too much et peut induire en erreur certains lecteurs. Or, le but de ce petit texte, sans putasserie aucune, est justement de parler, si possible, droit au coeur du plus grand nombre. Je suis grand croyant mathématique et sensitif devant l'Éternel (absolument pas religieux), mais je crois plus en la perception de certaines présences, de type inspiration, instinct ou intuition, plutôt qu'en la réalité tangible de grands anges ailés qui nous soutiendraient les hanches en cas de défaillances, ou nous souffleraient des mots doux à l'oreille à l'heure du coucher. Les Anges au Ciel, les Hommes sur la Terre, telle est ma doctrine, chacun chez soi ! À mes yeux, le propre de l'homme est de tendre justement vers l'Ange à travers la roue incessante des vies et des morts, de déployer ses propres ailes, non de vivre infantilisé sous les rais onctueux de quelques puissances invisibles, aussi bienfaisantes soient-elles. J'ai fait mien ce credo, tiré d'un livre dont j'ai malheureusement oublié l'auteur et le nom de son ouvrage, et qui disait à peu près ceci : "Si tu regardes trop bas, ce sont les feuilles mortes. Si tu regardes trop haut ce sont les noirs nuages. La Vie doit se regarder droit dans les yeux, à hauteur d'homme". Nous avons déjà ces formidables outils que sont nos cinq sens, qui nous permettent de pouvoir écouter et chanter la beauté du monde à tout instant. Malheureusement pour certains, bien mal acquis ne leur profite pas. Bref, de plus en plus mes méditations, mes contemplations, je les fais les yeux grands ouverts et non plus en tailleur, les yeux clos, à l'instar de Sylvain Tesson dont je recommande vivement (pour ceux que cela intéresse) le très beau et intègre essai "Dans les forêts de Sibérie".