Défi tic tac au sujet de cette photo :
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Prendre le métro vêtu d’une armure n’est pas chose aisée, Hazel le sait, mais il n’a pas eu le choix. Il appartient à l’escadron qui s’occupe des nuisances sonores et débarrasser la ville de ce qui incommode ses habitants est ce qui le définit en tant que personne. Quand on lui demande ce qu’il fait dans la vie, il répond pourtant qu’il fait partie de ces gêneurs dans les wagons parce qu’ils ont une grosse armure. En même temps il en a besoin quand un essaim de libellules, en provenance des campagnes environnantes, décident d’envahir les rues de toutes leurs couleurs bleus métalliques avec la même véhémence qu’une tempête de sable. La panique envahit les piétons, on ferme les fenêtres, on se précipite dans les magasins, chacun se rabougri sur lui-même et limite sa vue à l’horizon de son col de manteau. Hazel déboule avec ses collègues, tout cliquetant. Son job consiste principalement à ouvrir les vannes de tuyaux remplis d’eau dont se servent normalement les pompiers, des trombes d’eau qui giclent vers le ciel obscurci par les nuées de libellules. Lui et ses collègues avancent d’un pas quand une dizaine de libellules tombe noyée en plein vol. Après il marche sur les petits cadavres aux ailes brisées, ses chaussures de métal sur les quelques lambeaux de chair font flotch flotch. Les piétons sortent des boutiques, jamais habitués aux salves de morts humides chutant d’en haut, mais le ciel est bleu. Alors ils sont contents et aident parfois l’escadron à nettoyer les rues.
Après il prend le métropolitain, où le ciel se revêt de pavés blancs. Son armure n’a pas la même prestance que celle des chevaliers du Moyen-Age. Elle évoque davantage un déménagement : des parallélépipèdes rectangles en métal s’amoncellent autour de son corps, jusqu’à enfermer sa tête. Comme s'il était fait en boites de carton sauf qu’il ne capte pas l’humidité, les insectes viennent s’y cogner et dégouliner quand il demeure debout, au milieu des nuées qui s’effondrent. Il s’excuse dans le wagon, il prend de la place, en plus avec son cube sur la tête il voit les mines énervées à côté de lui, il marmonne mais on ne l’entend pas. Sous son casque il peut observer sans être vu, c’est l’avantage. Il occupe deux sièges d’une personne, c’est dire s’il prend de la place. Parfois il voudrait ouvrir les vannes d’eau et les diriger contre les gens entassés dans les wagons. Ca prendrait plus de temps les faire reculer. Un pas après l’autre au fur à mesure qu’un individu tombe en face de lui, de l’eau plein la figure et les mains inutilement levées pour se protéger. Ce sont ses pensées mauvaise humeur, quand il voudrait que les gens comprennent qu’il est utile à la société parce qu’ils les débarrassent des insecte en exode vers les villes. Il imagine nettoyer les rames des déchets, des odeurs d’urine, des regards plongés vers les souliers, des mauvaises humeurs, dont la sienne. Alors il se tiendrait seul, debout sur une place assise, un peu recroquevillé sur lui même, mais le wagon étincellerait autour de ces amas humains rutilants à ses pieds.
Il voudrait bien suivre les libellules. Il sait qu’elles traversent juste la ville, elles émigrent vers le beau temps, de l’autre côté. Mais pour tout le monde elle sont annonciatrices de mauvais temps parce qu’elles noircissent la vue. Il est pas fier quand il rentre chez lui pour rincer son armure des petits corps encore mouillés d’espoir d’arriver de l’autre côté. En fait il se sent sale de tuer ce qu’il y a de couleur dans les rues. Sinon elles sont noires des cendres et de fumée que crachent les métros aérien. Les rails de ces lignes à vapeur sont posées sur des ponts métalliques. A chaque passage du métro, la structure bringuebale et fait un bruit tonitruant au niveau des étages des maisons. Le métro est noir, fait du bruit, va et vient. Les libelles sont bleues et ne font que passer.
Le lendemain, il partira en exode vers les campagnes d’où viennent les salves vertes électriques. Il empruntera une dernière fois son moyen de locomotion habituel. Au milieu de tous ces gens dont le nez pique vers le bas, il parlera - fort, parce que sinon on ne l’entend pas. Il leur dira « ne vous en faite pas, je suis une unité en moins de l’escadron dont la raison de vivre est de vous débarrasser de ce que la mairie a estimé être des nuisances visuelles, mais les copains seront toujours là ». Qu’il leur disent ou pas ne change rien, mais il voudrait faire ces gestes amples qui dérangeront ses proches voisins, qu’ils le considèrent une dernière fois comme étant lui-même un élément perturbateur. « Allons monsieur, tenez-vous tranquille, on sait que vous transpirez sous votre armure mais nous on y peut rien », ils penseront. Il sera content parce qu’il sait qu’il part en voyage et que ce sont eux, les Quotidiens, qui n’appartiennent à aucun escadron et qui doivent justifier de leur propre utilité auprès de leurs proches, qui resteront à bord. Ils sont gris, silencieux ou énervés, et ils vont et viennent. Le métro tangue, les nuées volent. Hazel ne manquera pas de leur distiller quelques tapes d'encouragement dans le dos, autant d'au revoir métallisés. Au fond, leur masse grouillante dans le métro aérien, qui se meut le matin et le soir en répandant de la fumée âcre sur son passage, était son exode routinier qui vaque d’un bout à l’autre de la ville. Une libellule, un papillon, c’est leur faute, ils déportent leur attention sur ce qui migre. Demain Hazel part seul en exil, avec en mémoire les myriades liquéfiées dans le métro, celles dont les perspectives citadines s'obstruent les unes les autres.
Yop, déso pour le temps mis pour répondre
@Ben
c'est pas explicite le déménagement dans ma tête :\?
Avec les boites en carton, non ? En fait j’avais lui en tête mais en plus grand : (mais c’est sur que je devrais faire apparaitre les cartons plus tôt) :
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remarque au passage, sur ce genre de phrase typiquement tu pourrais utiliser les tirets ou les parenthèses, parce que c'est l'effet voulu au final, et que du coup ca sépare un peu trop les deux préposition, ca perd un peu avec les virgules
Les tirets c’est comme les points virgules, je suis pas très à l’aise avec. Tu mettrais où les tirets ?
Là où ca coince un peu c'est à mon avis que ca manque un peu de structure, dans le sens où je sais pas si c'est volontaire ou pas les répétitions à propos de la place dans la société, et sur les petits corps des libelules aussi, chea, c'est surtout que c'est à chaque fois des phrases de répétition enitère et ca alourdi pas mal, et du coup ca casse un peu la progression générale. Bref plusieurs fois je vois que ca a un sens, que ca fait écho à ce qui est dit, mais des fois bof moins
suis tout à fait d’accord, c’est un tique d’écriture, faut vraiment que j’arrête de faire ça >< je vais retravailler le texte et les supprimer, merci de les avoir pointées. Merci pour ton commentaire ^^
@Rémi
Ben dis donc, t'as réussi à être plus prolixe cette fois-ci, c'est cool.
Oui mais y a des répétitions :D Un jouuuur je ferai un texte dont je serai satisfaite.
Sacré univers que tu nous proposes là en tout cas. Le steam punk arrive un peu tard je dirais (ou je ne l'ai pas pu assez tôt), c'est un peu fouillis sur la fin (on sent que la montre es cruelle !), mais globalement le texte est bien sympa.
Oui t’as raison, je devrais mettre des éléments du steampunk plutôt. Merci pour ton com en tout cas !
@DlM
Je comprends pas les pavés blancs, ça représente quoi?
Rien :D J’ai pensé au métro parisien en l’écrivant. Les tunnels sont en pavés blancs non ?
Je ne comprends pas ce que tu entends par: sauf qu'il ne capte pas l’humidité..
Oui faut que je retravailles ce passage…
Petit changement de couleurs non?
J’avais en tête que les libellules sont bleues/vertes en même temps, mais j’ai manqué de temps pour creuser mon idée c’est sur.
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Le temps de narration que tu utilises m'a aussi donné quelque peine à suivre l'action par moment, surtout entre le premier et le deuxième paragraphe.
Aarf oui c’est possible, parfois je cafouille vraiment avec les temps. Je vais checker ca, merci.
Merci pour ton commentaire !