Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Kwak' le 05 Novembre 2016 à 15:52:17
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Elle était allongée
Là sur les pavés
Contre le mur
Entre la rue
Le soleil
Le ciel
Et les bouches d'égout
Elle était adossée
Ici
Entre le mur
Le sol
Les chalands
Et les nonchalants
Et c'est là
Entre les passants
Le sol
Le ciel
La mort
La vie
Que
J'ai vu ses doigts
Plier sur eux mêmes
Et sa bouche qui
Ployant de douleur
Exhumait une bave
Pâteuse et toxique
Ecumant jusqu'au bord
De ses lèvres noircies
Quand son bras s'est tendu
Je me suis approché
Quand son souffle a fondu
Je me suis accroché
J'ai dû saisir sa main
Caleuse sale voleuse bouffie
Et j'ai senti tomber
L'abime sur ses paupières
Alors,
Au dernier moment,
Au tout dernier moment,
Je lui ai dit
Qu'elle était belle
Comme un enfant
Comme une étoile
Comme un printemps
Et dans un dernier souffle
Je crois qu'elle a souri
De toutes ses dents noires
Juste avant de mourir
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Bonjour bonjour !
Très bon petit texte même si je me demande si il ne serait pas mieux dans lq partie poésie ... La dernière partie est bien montée à la fois attendrissante et triste :)
Je n'ai pas grand chose d'autre à dire dessus ..
Au plaisir de te relire !
AmyM.
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Texte simple et sympa :)
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Merci à vous
Ouais j'vais voir ce que je peux faire pour plier et ployer, ce passage là de toute facon est un peu chelou par rapport au début très saccadé.
J'ai juste voulu partager un truc (écrit vite fait, méa culpa) sur ces pauvres naufragés des trottoirs, genre quelques mots doux dans toute cette violence sociale (http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/11/06/paris-le-centre-d-hebergement-du-16e-arrondissement-attaque-une-2e-fois_5026292_1654200.html)...
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Bonsoir,
un texte très dur, et très bien écrit puisque je me suis laissé emporter sans m'attacher à la forme.
C'est dansant comme une mélodie, sur un sujet très difficile.
Je trouve que c'est parfaitement réussi.
Merci
Diallo
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Salut Kwakou,
Le texte est très fort avec une structure qui claque au début, saccadée, jusque au "que",
avant que la douleur ne la fasse s'étirer sur ce trottoir.
Quand son bras s'est tendu
Je me suis approché
Quand son souffle a fondu
Je me suis accroché
J'ai dû saisir sa main
Caleuse sale voleuse bouffie
Et j'ai senti tomber
L'abime sur ses paupières
très chouette (si on peut dire) ce passage, les images et le rythme sont top.
La fin est à couper le souffle. La simplicité liée à la tristesse et à ce dernier instant, ce dernier sourire, c'est poignant.
++
Rémi