Mil !
Je trouve que cette entrée en matière est trop vague. L'idée est trop cool et les phrases sont jolies, mais au début du texte il faut tendre la main au lecteur pour qu'il monte dans le train de l'histoire, il faut lui donner quelques pistes pour qu'il sache à quoi se raccrocher : une scène, une image, un personnage, ou quelque chose comme ça. Là, tu nous donnes une idée, qui est très générale, mais sans support tangible auquel le lecteur puisse se raccrocher (il ne peut rien visualiser, rien situer). Du coup, ces deux phrases iraient bien si la scène qui suivait était plus précise (soit qu'on puisse la visualiser nettement, soit que tu nous donnes des éléments de contexte pour situer/camper André et Eugène). Je sais pas si tu vois ce que je veux dire ? En gros, je trouve que ton entrée en matière est trop abstraite pour que le début du texte remplisse bien son office.
Tu as entièrement raison, c’est mon vieux penchant >< Je ne veux évidemment pas me limiter à des phrases jolies, mais même si j’ai le cadre et le décor dans ma tête, va savoir pourquoi j’oublie de la retranscrire. Sur un texte long, la conséquence serait qu’on reste extérieur à l’histoire jusqu’au bout, ce que je voudrais éviter.
Tu es sûre du verbe...? S'épancher, ça veut dire soit se répandre (pour un liquide) soit donner libre cours à un sentiment : http://www.cnrtl.fr/definition/%C3%A9pancher Du coup là ça ne me semble pas approprié (ou alors je n'ai pas bien compris ce que tu voulais dire).
Justement, j’ai voulu jouer avec la signification des verbes (et faire un rappel de pencher de la phrase juste avant pour les sonorités). Après, surement que ça ne fonctionne pas. Je voulais faire un paradoxe : s’épancher sur une expérience parce que justement ils mettent leurs sentiments de ce qui est censé être objectif, et ce, sois-disant au service de la science (faire en sorte qu’on ne soit plus préoccupé par des soucis pour pouvoir se concentrer sur « l’essentiel », le travail ou le progrès).
J'aime beaucoup la scène, mais je pense que quelques éléments visuels en plus aideraient le lecteur a visualiser (d'autant que, si je comprends bien la chute de l'histoire, les bulles restent dans la pièce…?)
Sacre bleu, c’est fou comme j’en oublie le plus important >< L’idée c’est qu’ils sont juste dans leur labo mais en effet, je devrais dire que les bulles montent vers le haut puis finissent par éclater (comme des bulles de savon normales).
S'adonner au progrès, ça me fait bizarre. S'adonner ça contient l'idée de loisir, alors que là il me semble que c'est plutôt l'idée d'écarter l'inutile pour se focaliser sur le progrès...? (ou alors j'ai mal compris ?)
Oui le paradoxe est encore voulu, mais rien n’est expliqué donc ce n’est pas que tu as mal compris, c’est moi qui ai mal écrit. Ils voulaient se débarrasser des sentiments pour se focaliser sur le progrès sauf qu’évidemment c’est pas possible de s’en débarrasser totalement en sifflant des bulles, donc au final leur expérience n’oblitère pas le fait que vouloir se concentrer sur le progrès reste une sorte de « passion de l’âme » comme une autre (càd envie d’être maitre et possesseur de la nature pour parler en terme de l’époque) (mais rien de tout cela n’est expliqué donc c’est ma faute).
La phrase est trop longue, à mon sens : il y a plein d'idées/de subordonnées dedans. Elle aurait plus de poids en étant scindée.
Oui en effet !
Je ne suis pas sûre de saisir la chute (peut-être pourrais-tu la préparer davantage en amont ?)
Absolument, c’est difficile de la comprendre en l’état. Juste pour poser mon idée : se débarrasser totalement de ses sentiments négatifs c’est impossible, in fine les chercheurs ne peuvent pas se rendre maitre de leur corps/émotions. A terme, la croyance que c’est possible peut avoir des conséquences négatives (que je n’ai pas décrites!), donc il aurait fallu prévoir un plafond, une limite à leur envie de vouloir maitriser ce qui n’est pas maitrisable.
Mais je trouve que tu ne donnes pas assez d'éléments au lecteur pour l'insérer dans ton texte. Tu lui livres l'idée de ton texte (typiquement, les deux premières phrases : tu donnes le principe du texte), mais sans l'intégrer à une scène visualisable ou à un récit bien identifié. À mon sens, donner quelques éléments visuels pour mieux pouvoir visualiser la scène d'André et Eugène (par ex, je les ai imaginés dans un cadre steampunk, à cause de la moustache et des noms, mais à la fin leurs remarques font plutôt contemporaines, donc je suis restée perplexe et je sais pas comment je dois imaginer leur laboratoire), pourrait être une idée. Et/ou donner plus de substance à ce que tu racontes : qui sont-ils ? que pensent-ils ? Comment sont-ils arrivés là ? Concrètement, qu'est-ce qui se passe chez les gens qui oublient leurs tracas ? Montre-nous la/les scènes ou résume la/les : c'est une histoire que tu racontes, pas une idée. Je ne dis pas de rallonger le texte, mais de donner des exemples ou des éléments concrets d'appui.
Je suis pas sûre d'être claire, mais en gros c'est comme si tu me disais : "La tristesse". Oui, mais de qui, à quoi on le voit, dans quelle scène, où, pourquoi ? Alors que si tu me dis "Le petit garçons regardait la fenêtre avec un air abattu", ça y est, on voit la tristesse. (Je sais pas si je suis plus claire ?).
Tes remarques sont d’une clarté limpide, et je m’en veux presque de ne pas avoir réalisé ça plus tôt. Tu m’avais fait une remarque analogue sous un texte du Mout (celui sur les rumeurs), et ça avait provoqué une mini révolution dans ma tête, tellement c’était évident et vrai. Après ce texte j’ai écrit le creux des méandres, où là j’ai réussi à faire partager une émotion. Mais faut croire que m’exprimer en termes plus abstraits c’est ce que je fais spontanément, en fait faudrait que quelqu’un me tire la manche pour me ramener dans le présent de l’histoire pour ne pas oublier de décrire les lieux et les personnes (et éventuellement arriver à partager une émotion). « C’est une histoire que tu racontes, pas une idée » résume ultra bien ce réflexe que j’ai. Je crois toujours qu’en lisant les textes des autres et des romans ça va me « ramener les pieds sur la terre de ce que moi j’écris » mais faut croire que c’est une illusion :mrgreen: C’est sur que spontanément j’écris des idées, didju. Forcément ça va rallonger le texte, mais ce n’est pas un mal au contraire (Rémi a réussi à faire l’exact opposé ! son texte est plus long mais l’idée sous-jacente est belle et je pense l’avoir comprise même si elle n’est décrite nulle part).
L’idée était effectivement de planter le décor dans un cadre steampunk. Par contre, je ne te suis pas dans le fait que les remarques de la fin font trop contemporaines ? « souffle-t’en une » ? Arf, j’espérais que ça ne contredise pas le caractère vieillot de l’histoire…
Je te suis reconnaissance infinie pour ton commentaire, qui me rappelle de vieux démons que tu m’as déjà pointés. Ca tombe très bien avant le nano, où de toute façon je serai trop pressée par le temps que pour m’exprimer comme ça (ça prend trop de temps) - du coup le nano est un bon exercice pour moi. Je comprends pourquoi on survole davantage qu’on y entre ! C’est parce que moi-même j’écris de l’extérieur, je fais tout de l’extérieur (et ton commentaire et ma manière de faire en l’état sont symptomatiques de ma personnalité évidemment).
Comme l’histoire est courte et que j’ai du temps je vais faire une V2 en essayant vraiment de ne plus être si externe, mais plus « dedans », et ça commence par décrire les lieux. Merci de me tirer un peu par la manche pour me rappeler de ne pas m'exprimer en termes d'idées, ici c'est vraiment une sorte de résumé abstrait !
Bonjour Jurle ! (ton pseudo est assez comique je dois dire :D )
Le verbe "croire" m'a fait un peu bizarre, je ne sais pas s'il est véritablement approprié ou si c'est la phrase en elle-même, mais le sens que tu dégages me plaît beaucoup :) La difficulté pour moi, c'est que tu enchaînes ensuite avec une métaphore des humeurs, et ce verbe "croire" me dérange un peu... Mais ça, c'est peut-être juste moi :p C'est joliment dit en tout cas !
Arf je ne sais pas si je te comprends bien, c’est le fait de croire que des humeurs puissent être lourdes qui te perturbe ? Je t’avoue que j’aime bien faire dans le fantastique, du coup c’est vrai que ce n’est pas vraiment plausible pour nous de croire en ça. Ca m’intéressait surtout de faire une sorte de paradoxe ^^
J'ai peut-être mal compris, mais ils respirent les bulles de savon ? Ou c'est le parfum de toute cette alchimie mélangée, cette odeur de savon résultant de cette expérience qui donne cet effet désinhibant et euphorique ? Je ne pense pas avoir tout à fait compris, si tu peux m'éclairer s'il-te-plaît ^^
Alors, je me suis inspirée d’une description d’un vieux bouquin qui a été scanné sur le site de Gallica. Je te la mets en spoiler, disons que c’est la vieille façon de faire des bulles de savon (nous on fait ça avec un bout de plastique).
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Comme Milora, le mot "progrès" a fait tilt. Ça ne serait pas plutôt s'adonner aux plaisirs, à la légèreté d'esprit, à l'hilarité ou la tranquillité, tous problèmes envolés ? =o
Comme j’ai dit à Milora, effectivement c’est paradoxal (voulu, mais pas décrit x.x). Disons qu’il est léger de croire qu’on peut se débarrasser scientifiquement de ses émotions. S’adonner au progrès ça sous entend que leur expérience révèle qu’il y a des sentiments dans cette affaire (envie de se débarrasser des émotions négatives), même s’ils voudraient pouvoir objectiver leur corps pour ne penser qu’au progrès. Mais j’avoue c’est pas possible de comprendre en l’état.
J'aurai peut-être aimé voir d'avantage la vie monotone ou triste des gens qui les pousse à user de ce nouveau procédé alchimique pour ne ressentir qu'un bonheur béat, qui aurait pu être illustré dans un dialogues entre personnes lambda qui découvrent le produit, etc.
Tu tombes à pic, je pense que je vais décrire cet aspect là de la vie des gens pour rendre le tout plus immersif ! Je ne pense pas qu’il y aura une suite, mais en tout cas une V2 (voir un nano).
Merci beaucoup pour ton commentaire !
Salut Rémi :)
Pour avoir lu le tiens, c’est marrant de voir qu’on a pris des directions opposées. Le tien est plus long mais plus prenant, le mien est plus court mais plus abstrait. Je t’avoue que je tends vers ton approche, en l’état je suis pas trop satisfaite de ce que j’ai fait.
Merci pour les fautes que tu as pointées, je les ai corrigées.
Me fait penser aussi à l'insoutenable légèreté de l'être, forcément.
Là encore c’est curieux, j’ai écrit mon commentaire sous ton texte où je fais aussi référence à ce livre. Décidément il nous a marqué tous les deux :mrgreen: je t’avoue que je pensais au steampunk en écrivant ça, et pas du tout à la légèreté de l’être mais effectivement on peut l’y raccrocher…
Après, c'est vrai que c'est court, mais c'est compact. Développer un poil chaque partie pourrait apporter quelque chose mais c'est pas sûr en fait.
Hum je pense que si :D
Au plaisir de refaire un tic tac un de ces jours ;)
Oui il faudra refaire ça ^^ Merci d’avoir proposé le défi et lu ce texte en tout cas !