Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Nacas le 13 Septembre 2016 à 19:43:19
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Extrait d'une fiche de personnage de ma concoction, j'ai pensé que cela pouvait être divertissant ; je vous laisser en juger.
Description
« Bonjour. ».
Ses yeux d’ovale iris paraissent vous gratifier d’une salutation distante, mesurée.
Il ne vous a pas adressé la parole ; vous ne l’avez pas vu parler. Ses dents en épines tranchantes se referment sous ses lèvres inamovibles ; sa langue, elle se dérobe à votre curiosité.
Une sensation étrange vous envahit, insinueuse, prudente au bénéfice du doute… Dans le blanc de ses yeux, un éclat colore le maculé : un reflet ancré dans la teinte, imprégné de l’humeur ; un reflet ambré, une draperie flavescente, une lueur fauve…
Il vous fixe maintenant, il vous examine de ses yeux appréhensifs, les sourcils presque froncés, toujours dans cette curieuse marge entre la crédulité, l’analyse et la répulsion instinctive… vous ne le répugnez pas, mais vous lui êtes indigne de son attention… ses yeux passent de vous à un autre, sans vous toiser, sans omettre d’invariablement vous délaisser : son plan n’est pas celui sur lequel vous évoluez, purement.
Sa chevelure s’ébouriffe, sa parure se taille en falaises et en panels ; aile de corbeau. Parfois la lumière tente de faire luire la crête de quelques brins orphelins, elle est happée, retenue captive, dans des geôles d’épis aile de corbeaux… vous aussi. Ses yeux analysent en un instant chaque chose, une à une, méticuleusement, avec une aperception professionnelle.
Votre regard est capté par ses atours et vous ne parvenez pas, quelques efforts que vous fournissiez, à délimiter sa bordure : comme si de rencontrer la peau de blanc jais votre vue s’étiolait, s’abîmait, s’engouffrait dans lamélasse capillaire épidermique… Cet amas d’arabesques tranchées, cette masse d’à-pics gerbants… « La peau de blanc jais… »
Ses pommettes se fendent de sillons fuligineux, envoûtants, qui enserrent ses yeux noyés de cheveux, qui soulignent l’acuité de ses pupilles, et votre incapacité à s’en délier…
Sa bouche est presque close, dans une continuité de son expression : ses dents forment une moue examinatrice ; ses dents, elles se dérobent à leur appellation…
Ses dents sont crocs.
Il s’est détourné de vous ; d’un seul coup toute la tension s’est enfuie, comme une poche soudainement crevée, comme un vent sourdement évanoui… Encore hébété vous observez le reste de son corps, ses habits…
Il est paré d’une ample veste, noire, de la couleur de ses yeux, qui colle tant à la souplesse de ses formes qu’elle paraît les dissimuler… il est camouflé, en plein jour, sous cette pleine lumière dans cette obscure noirceur cotonnée il est parfaitement camouflé. Ses mains sont gantées ; des gants d’un cuir enténébré, moulant les arches de ses phalanges, plongeant dans ses manches de telle sorte que vous ne puissiez voir leur naissance… Ces gants lui moulent des sortes de griffes unicolores, protégées, en une seule esquisse impressionnante de netteté, que l’on pourrait presque penser vraies, si l’on ne s’en tenait pas si éloigné…
Vous ne trouvez rien ne notable lorsque vous balayez votre regard sur ses jambes, seulement des chausses fines noires, plaquées contre sa surface, et une… non… vous ne discernez rien, rien d’autre que cette inexplicable impression, qui vous parcourt le derme…
Dans son dos onze empennages, onze nuances de sombre, trouvant toutes prolongement dans les tiges de matériau obscur rangées dans la panse horizontale affleurant son bassin, servant à sa main droite les flèches dont elle n’a même pas à chercher à se saisir…
Juste au-dessus, accroché parallèlement à l’éventail meurtrier, un arc ; noir.
Vous ne sauriez précisément, et même très imprécisément quel âge lui donner.
Ses dents sont crocs.
Nacast.
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Pour ma 1ere lecture, mes 1eres remarques, j'ai voulu me consacrer à un texte sans commentaire, histoire de compatir...
Bien m'en a pris.
Ce texte est riche, son vocabulaire incisif, son rythme oppressant et les non-dits... en disent bcp.
j'ai bcp aimé. un qqchose de Baudelaire, dans une prose irréprochable.
Je n'ai trouvé qu'une chose qui m'a légèrement gêné : l'utilisation trop rapprochée à mon gout de "chevelure".
je verrais mieux un autre terme/synonyme lors de la seconde occurrence.
Mais quoi qu'il en soit : Bravo.
Je m'en vais à la recherche d'autres Nacas(series).
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Une fiche de personnage ? Du rp ? JE SUIS JOUASSE. Parfois, j'ai l'envie de partager des bouts de fiche que j''écris/ais écris, mais je n'ai jamais osé, trouvant que c'était inapproprié sur un forum d'écriture, tout simplement..... Pas à sa place x). Alors je salue ton initiative, tu donnes corps à une envie secrète. /O/
"Ses yeux d’ovale iris paraissent vous gratifier d’une salutation distante, mesurée." > Hiiiin, "yeux d'ovale iris" ? Pas sûr du tout que ce soit juste côté construction de phrase.
"Il ne vous a pas adressé la parole ; vous ne l’avez pas vu pas vu parler" > *pas vu vous parler, ou bien un petit "vu" de trop qui c'est glissé ici :D.
"Une sensation étrange vous envahit, insinueuse, " > *insidieuse
"vous ne le répugnez pas, mais vous lui êtes indigne de son attention… " > *vous êtes indignes, le "lui" est de trop.
"Sa chevelure s’ébouriffe, sa parure se taille en falaises et en panels ; aile de corbeau. Parfois la lumière tente de faire luire la crête de quelques brins orphelins, elle est happée, retenue captive, dans des geôles d’épis aile de corbeaux… " > Répétition de la formule "aile de corbeau". Tu gagnerais à modifier le premier, à mon sens, le deuxième sonne mieux. ^ ^
"comme si alors de rencontrer la peau de blanc jais votre vue s’étiolait, s’abîmait, s’engouffrait dans une mélasse capillaire épidermique… " > Hmm, petite confusion dans la construction de cette phrase. "Comme si de rencontrer la peau" passerait mieux, le "alors" est de trop.
" Ses mains sont gantées ; des gants d’un cuir enténébré, moulant les arches de ses phalanges, plongeant dans ses manches de telle sorte que vous ne voyiez leur naissance… " >*puissiez voir leur naissance, ça passerait mieux.
BON. Ces citations mises à part, j'adore ta prose. Elle est très riche, très évocatrice, très. Veloutée ? Comme si elle tournait en arabesques d'images pétris devant nos yeux, et c'est. DOUX. Hypnotique. La confusion peau/cheveux m'a particulièrement marqué, j'ai trouvé ça tellement original et bien rendu.
Tu sembles avoir un vocabulaire développé, qui est très justement utilisé, et c'est vraiment agréable :D. Tu m'as même appris quelques mots. Pour n'en citer qu'un, "aperception".
En somme, c'est une très belle description de personnage, dont la singularité est portée avec délicatesse par ta prose elle même singulière. Je suis curieux de lire d'autres textes issus de ta plume, car celui-ci m'a beaucoup plu stylistiquement.
Tiens, puisque c'est gratuit, je te cite même les phrases qui m'ont le plus fait frisonner de plaisir. ( Parce-que l'écriture lyrique me fait PROFONDÉMENT JOUIR. )
"Ses dents en épines tranchantes se referment sous ses lèvres inamovibles"
"Sa chevelure s’ébouriffe, sa parure se taille en falaises et en panels ; aile de corbeau. Parfois la lumière tente de faire luire la crête de quelques brins orphelins, elle est happée, retenue captive, dans des geôles d’épis aile de corbeaux… vous aussi."
"Votre regard est capté par ses atours et vous ne parvenez pas, quelques efforts que vous fournissiez, à délimiter sa bordure : comme si alors de rencontrer la peau de blanc jais votre vue s’étiolait, s’abîmait, s’engouffrait dans une mélasse capillaire épidermique… Cet amas d’arabesques tranchées, cette masse d’à-pics gerbants… « La peau de blanc jais… »"
"il est camouflé, en plein jour, sous cette pleine lumière dans cette obscure noirceur cotonnée il est parfaitement camouflé. "
Et tant que j'y suis, dernière remarque random : je trouve que la balise italique est bien utilisée. /O/ VOILA.
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Respectivement :
- Mais, À TON SERVICE ! ^w^
- Fait à dessein !
Modifié !
Fait à dessein !
Fait à dessein : même la grammaire usuelle est happée par cette aura... !
Fait à dessein : je pense sincèrement que la force du second tient grandement de la présence du premier à cette place.
Hm... je vais voir ce que ça donne de changer "une" en "la". Et ta recommandation me plaît !
De même, j'approuve la correction ! ^^
- Oh, merci... tiens, pour toi et en se souvenant que c'est rare de ma part : deux émojis qui se substitueront à mon épanchement de fière gratitude ! :coeur: :mrgreen:
- HEUREUX DE CONSTATER TELLE SIMILITUDE ENTRE NOS DEUX ORGANISMES RESPECTIFS !
- Merci encore : j'y apporte un soin tout particulier ^W^
Merci encore bis : vous contribuez à ma joie, inhérente à mon être.