Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Nacas le 06 Septembre 2016 à 19:03:26
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Elle est là.
Là. Par la fenêtre vitrée, déployant en deux angles superbes les membres de ses instincts inférieurs, tutoyant de ses extrémités l’herbe poudroyée… S’abandonnant comme le désir ruisselle sur le fil tressé de sa chevelure, prolongement de son buste livré au grès de l’asphalte calorifère… Elle est allongée à même le sol, à moitié dans l’herbe, à moitié sur le bitume, ne se soucie pas de la voie ou du sol ; elle est là, et c’est bien tout ce qui importe.
Je pousse la porte violette, en costume ; ma main esquisse un signe, le morceau de bois peint se referme sur lui. Le barreau pousse la porte de verre ; je m’immisce à l’extérieur… appose précautionneusement mes doigts, mes paumes, sur le gris brûlé… je fais couler lentement d’un mouvement très mesuré mes cuisses et mon buste à son côté…
Reniant mon angoisse interne je m’allonge, laisse tendre mes pieds, au-dessus de la fraîcheur doucereuse de l’herbe. Je sens mon corps découpé en deux, séparé comme par cette rupture de la nature avec le théâtre, de pierres.
C’est une étrange sensation.
Et puis je clos mes yeux, et le Soleil m’embrase. Comme on appliquerait un miel sur la croûte assouplie de mon visage la lumière couche ses feux épais dans le creux de mes paupières, pour dénicher mes yeux… Alors que la musique reparaît. Elle émerge doucement de l’air fuyant, ses bribes s’assemblant pour reconstituer sur son buste bombé la trompette seule hurlante… Le vacarme des corps mus enfin tu elle parvient à mes oreilles, à côté de moi… libérée par le téléphone posé sur sa poitrine.
Et alors la brûlure du soleil s’impose. L’appendice huileux des flammes lèche, corrosif, ma surface, rognant petit à petit pour tenter d’atteindre le calque de ma rétine, stoppé dans sa progression par ma peau plissée ; crispée…
Je détends mes muscles, laisse se faire pénétrer de chaleur mon crâne… Mes nerfs luttent une seconde, se relâchent, se ressaisissent… Mes mâchoires se desserrent dans mon sourire, bougent un petit peu, frémissent un instant fiévreux dans la couverture des chairs de mes gencives réchauffées… Je me surprends une seconde à voir mes os résister, et m’abandonne complètement à la douceur délectable du calme, de la détente…
J’entrouvre les yeux, éblouis, détourne ma tête, ma nuque, étourdie ; « Elle est si parfaitement délicieuse… ».
Là, à une trentaine de centimètres, même pas, offerte à ma proximité… sa peau tannée baignée de ses cheveux rugueux, souples, laissés à ma disposition, chacun individuellement merveilleux ; au sommet magnifique de sa résolution…
« Qu’est-ce que c’est bon. »
« Oui. »
Le chuchotement s’enfuit de mes lèvres, en un soupir sanctuaire, dans un langoureux respect du silence… Qu’est-ce qu’on est bien, là, l’un contre l’autre, calcinés par le soleil fumant, allongés dans le vent qui file… L’odeur de la cigarette artisanale filtre mes narines immobiles, voluptueuse, fraîchement piquante ; contrastante note de l’âcre dans le torrent brûlent de l’esquisse excellente… La nature enfièvre mes sens, elle embaume mes sens ; elle caresse mon torse…
Le vent étouffe mon murmure ; ma voix s’insinue dans ma gorge ; un nouveau soupir éclos de mon bonheur…
« Je te veux. »
Susurré au monde entier ; à l’air nageant, aux feux brûlants, à l’herbe vivace, et craquante ; à toi, Sarah…
Quel prénom si disgracieux pour de tels yeux…
Quelque chose semble s’émaner de moi alors ; quelque chose de froid… Quelque chose qui court un instant sur ma langue, effleure la voûte de mon palais, pour se libérer dans les volutes invisibles du vent. Cette chose qui est en moi et qui me quitte un peu, qui se distille amoureusement pour épancher l’air ambiant… Me quitte et m’emporte avec lui, avec elle, dans l’étendue verdâtre de cet après-midi de mai fuyant ma mémoire… Titouan, qui arrive, qui n’a pas le temps de me voir…
Le moment disparaît, effacé, remplacé ; supplanté par le souvenir du désir, d’elle, et de l’Ardeur, calme ;
Absolue.
Absolue.
HREHAAAA!AAHAAHAAHHHH
Mon cri déchire le bouillonnement. Le rugissement explose mes tympans. Ma gorge lacère l’extase ; mes bras s’ouvrent, s’ébranlent d’une secousse ; s’affaissent, inertes.
Mon corps s’effondre, sur le dos. Dans l’herbe jaunie de cette après-midi de juin. Ma tête se fracasse contre le lit mort du champ de vie ; vert tranché ocre.
En suspension.
Le Soleil plaque mes membres, foudroie mes os ; fulmine, fustige, écrase, défonce mon être… enfonce mon âme.
Ma clameur désaccordée fait trembler le sol. Éclater le monde. Ébranlé. Désarticulé.
Spectre igné cadavérique.
Qui secoue de rage l’inerte ; le vivant ; la mort. Qui éclabousse mon crâne. Qui détruit moi.
Qui…
Moi.
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Bonjour,
Alors... Il y a une telle abondance, une surenchère, une outrance (je parodie, c'est mon côté agaçant) d'épithètes, de formules lourdes tout étant creuses, d'effets faussement choc mais assurément cheap, dans ce texte qu'il en devient risible et même me concernant Illisible. Parfois c'est précieux nunuche "Et puis je clos mes yeux" souvent ça ne veux rien dire "tenter d’atteindre le calque de ma rétine". Bref vous l'aurez compris, ça ne m'a titillé l'intérêt ou ma passion des mots à aucun moment. J'ai déjà pris plus de plaisir à lire un horoscope...
A vous lire, éventuellement, sur un autre texte.
S.
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Ha !
Merci Servanne, mine de rien ça fait du bien un grand coup de latte dans les dents comme celui-là ! ^.^
Personnellement je le trouvais moi-même un peu plus lourd que 'riche', mais, si je l'ai posté ici, c'est que j'en étais un petit peu fier tout de même (aoutch !) !
Je ne prétendrai donc pas lui proposer une quelconque circonstance atténuante : votre cruauté porte si juste !
Au plaisir de tenter une autre fois un autre genre de texte (je n'écris plus que ce genre de badigeonnades d'épithètes en ce moment...), et de vous le présenter alors !
Nacas.
!
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Ha ha !
Ma cruauté n'est ici que proverbiale, parfois les gens n'aiment pas entendre ce qu'ils n'ont pas envie qu'on leur dise.
Soit.
Je vous trouve le mérite de savoir encaisser un uppercut :p Mais quand je n'aime pas je le dis, je ne l'enrobe pas de guimauve pour faire passer la pilule.
Pour être plus "gentille" je dirai que votre travail laisse quand même entendre du potentiel : vocabulaire, jongleries grammaticales, etc, vous n'êtes pas un novice du graffiti.
je suggère un débroussaillage de ce texte et d'aller plus loin dans la simplicité.
A bientôt,
S.
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@ Servanne : je ne peux pas t'envoyer de mp, c'est bloqué donc :
je me permets de t'envoyer un mp pour te signaler que je te cite dans le message que tu trouveras ici :
http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,5082.msg357769.html#msg357769 (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,5082.msg357769.html#msg357769)
on peut aussi en parler par mp si tu le souhaites :)
Milla
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@ Milla. J'ouvre l'accès, en restant sur mes gardes...
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Modération
@Servanne :
Suite à la levée de ta mise sous silence, nous t'avions déjà adressé un message de modération (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,21654.msg353769.html#msg353769) t'enjoignant à être plus constructive et moins gratuitement désobligeante dans tes commentaires :
Les retours méprisants ne sont absolument pas constructifs et ne sont pas tolérés sur ce forum.
Nous ne t'adressons pas d'avertissement, mais te prions de tenir compte de ce message et de faire attention au ton de tes commentaires à l'avenir.
Malgré ce rappel, nous avons constaté qu'à plusieurs reprises tes commentaires ne respectaient pas les règles élémentaires de politesse et de courtoisie envers les autres membres alors qu'elles sont exigées dans la Charte (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,4.0.html) que tu t'es engagée à suivre en t'inscrivant et en participant :
- http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,22012.msg357754.html#msg357754
- http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,22067.msg358468.html#msg358468 (et ton intervention suivante)
- http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,22026.msg358097.html#msg358097
Pour ne citer que ceux-là.
L'équipe du forum se portant garante de la bonne ambiance de la communauté, nous ne pouvons tolérer la persistance d'un tel comportement. Nous l'avons déjà sanctionné à l'occasion de deux avertissements, suivis d'une mise sous silence et arrivons aujourd'hui au bout des options disponibles, puisqu'il y a eu récidives dans les six mois suivant la fin de cette mise sous silence.
Par conséquent, et conformément à la Charte (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,4.0.html), tu nous contrains à te bannir du forum.
Ce message n'appelle pas de réponse.
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Ah Nascas, quel bonheur !
Vous lire continue de me ravir, chère collègue, chère auteure (n'ayons pas peur des mots).
Et pour la première fois, j'ai ressenti une profonde émotion tant ce texte est beau, désespéré.
Et de ces tournures, de ces phrases...Un plaisir à chaque Majuscule, un déchirement à chaque point...
par ex, j'ai tout particulièrement aimé "Le vacarme des corps mus enfin tu" : on dirait de la musique
mais tjs mon lot de remarque.
minime, la remarque et peut être totalement injustifiée :
dans "Comme on appliquerait un miel sur la croûte assouplie de mon visage la lumière couche..." ne devrait-on pas voir une virgule pour marquer le silence : Comme on appliquerait un miel sur la croûte assouplie de mon visage, la lumière couche...
Voilà : infime remarque, comme je l'avais dit. Parole tenue.
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je me (j'ose me) répondre à moi-meme apres avoir le les commentaire de Servanne :
Je peux comprendre son point de vue.
Qui n'aime pas Beaudelaire n'aimera pas Les fleurs du mal; qui n'aime pas Poe, n'aimera pas etc. (point d'affront, une seule citation suffit).
Si d'aucun considère ton style ampoulée, ne résiste points à tes élans : c'est ton style, ta marque, tes aspirations.
un auteur qui se met au diapason des lecteurs est un auteur commercial et sauf à m'y tromper, Nacas, tu est tout sauf "commerciale".
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Je cesse de m'épancher en introduction de chacun de mes posts sur mon plaisir de plaire.
Et je reste concis.
La virgule ? C'est une très bonne idée, je note !
Servanne ? je n'ai pas encore assez soupesé chaque soupesures la concernant : je ne sais encore trop qu'en penser (le contexte étant qu'elle a été bannie, comme tu as dû le voir). Cependant je ne lui attribue pas de mauvais sentiments.
PS : je remarques que tu accordes tes épithètes laudatives au féminin... pourquoi pas, après tout : généralement on présume la masculinité, sur internet, tu fais peut-être bien de donner un change !
Mon genre importe peu.
Nacas.
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A la 1ere lecture, j'ai pensé "féminin".
c'est bien un truc de mec, ça.
désolé si j'ai fait erreur.
si c'est le cas, va falloir que je me replonge dans le b.a.ba, un truc comme Le club des cinq ou La Comtesse de Ségur.