Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: gage le 05 Septembre 2016 à 10:39:40

Titre: Le noyau
Posté par: gage le 05 Septembre 2016 à 10:39:40
Le noyau


L'image est mauvaise.
Un homme très âgé parle face à la caméra, dans une pièce qui est manifestement un salon. Surexposé, son visage disparaît parfois dans des éblouissements blancs qui mêlent son crâne chauve et brillant, des reflets sur ses lunettes et la chemisette claire qu'il porte, col ouvert.
La caméra a sans doute été posée sur une table basse, si bien que les traits sont un peu déformés par la contre-plongée.
Cependant, la voix est assez nette, et il n'y a aucun doute quant à l'accent allemand du personnage qui s'exprime dans un français plus que correct.
À l'écran le vieil homme tient dans ses mains tavelées des feuillets qui tremblent et auxquels il se réfère de temps à autre :


« Si quelqu'un regarde cette cassette, c'est que je suis mort, de ma belle mort, et depuis un certain temps. Mes directives sont assez précises pour que j'en sois sûr. Si les chasseurs de nazis, comme on les appelle, avaient mis la main sur moi, cet enregistrement aurait été détruit par mes proches, et ses révélations perdues à jamais. Ce serait bien dommage. Je suis extrêmement fier d'exposer ici les fruits de mes travaux des années quarante. Un seul échec, un malencontreux grain de sable a provoqué la défiance du Führer, et la fin de ces essais de haut niveau ; pourtant je sais, je suis certain que j'aurais pu réussir si l'on m'en avait laissé le temps.
Je ne suis pas amer pour autant, il me reste toute ma dignité et l'assurance d'un travail parfait et digne d'un orfèvre ! Du reste, je n'ai démérité dans aucune des missions qui m'ont été données durant toute cette période.»



Jeanne, Jeanne, ils me droguent... Mais je m'en réjouis sais-tu, parce que je les oublie et que j'oublie la guerre, et qu'il n'y a plus que toi, Jeanne, et je me souviens...
Le champ moissonné, ta robe fleurie, ton chapeau de paille et ton visage si gracieux. Jeanne, laisse ta main dans la mienne, chante-moi encore de ta voix claire, veux-tu ?




« Je commencerai par vous lire cinq procès verbaux très succincts qui, réunis, forment en fin de compte la seule preuve concrète de mon travail de l'année 1941. Rien n'a jamais pu permettre de relier ces événements divers dont la ressemblance des dates et des heures est pourtant loin d'être fortuite. Ces comptes-rendus, bien que modestes, révèlent l'apogée de mes recherches et de ma réussite.»
Le vieux passe sa langue sur sa lèvre inférieure et se penche sur les pages qui vibrent dans ses mains :



Jeanne, ils m'ont fait mal, mais ce n'était rien, tu sais, rien du tout. Jeanne, ma douce Jeanne j'avais déjà tant souffert. Mais tout est oublié quand tu m'apparais descendant les trois marches de pierre du jardin, courbant ta taille si souple pour cueillir une pivoine et la porter à tes lèvres en baissant un peu la tête. Ton visage est toujours plus frais que la plus belle des fleurs.
Ils me parlent sans fin durant ces lourds sommeils qu'ils me confectionnent, mais ma mie, il n'y a que toi, je ne les entends presque pas.




« Le 2 janvier 1941 à 20h35, au camp de Auschwitz-Birkenau, l'individu immatriculé 135208 s'en est pris soudainement à un voisin de baraquement, fracassant son crâne à maintes reprises contre les montant d'un lit. Sa détermination était telle qu'il a fallu trois personnes pour le maîtriser. Bien que faible et malade, ses camarades eurent tout le mal du monde à le contraindre. L'on ne put que constater le décès de sa victime dont le visage n'était plus qu'esquilles et débris sanglants et dont la boîte crânienne présentait nombre de fractures. Il est à noter que les deux individus, assassin et victime, étaient deux cousins très proches. Le matricule 135208 n'a pu expliquer son geste. Il semblait même l'avoir complètement oublié sitôt accompli.»



Jeanne, quand je sors de mes léthargies hallucinées pour me retrouver face à ce docteur allemand qui éructe sa rage et me gifle à tour de bras, je comprends de moins en moins ce qu'il attend de moi. À quoi servent ses drogues, que cherche-t-il en moi, je n'en sais rien. Au réveil il ne me reste que l'écho de vagues exhortations, de longues litanies invasives. Mais dans mon esprit torturé, je ne laisse de place que pour toi et nos souvenirs, je t'assure. Il m'est si facile ainsi de leur tenir tête.
Chante-moi notre chanson, je t'en prie : « Quand nous... »




« Le 2 février 1941, à 20h35, au camp de Ravensbrück, la jeune femme immatriculée 14753 a brutalement empoigné la codétenue avec laquelle elle était de corvée de soupe et immergé sa tête dans le liquide brûlant, la maintenant ainsi jusqu'à ce que l'on intervienne. Ce geste de folie est d'autant plus surprenant chez cette femme paisible quand on sait les liens d'amitié qu'elle avait noués avec sa victime. À aucun moment la meurtrière n'a semblé souffrir des graves brûlures qu'elle s'était infligées aux mains au cours de son acte dément. Elle a, du reste, été incapable de justifier son acte, conservant un état de totale stupeur jusqu'à son exécution. »



Jeanne, ma chère, si chère Jeanne. Je crois que je finirai par ne plus me réveiller, saturé par ce bavardage sans fin que l'on m'inflige et dont je ne me souviens jamais. Ils ont installé des sortes d'électrodes qui me rentrent dans le crâne et qui me brûlent. Les doses de drogue ont augmenté, je n'émerge qu'épisodiquement de ce lent coma qui nous réunit. Ton sourire charmant accompagne chacun de mes instants. Je te vois à nouveau comme l'été dernier, assise sur ce talus ensoleillé où des coquelicots froissés s'empressaient à tes côtés.
« Et les amoureux... »




« Le 2 mars 1941, aux alentours de 20h30, Frau Elga Sattler, femme de ménage à la Kommandantur de Münich a assassiné par strangulation sa propre fille de 6 ans. Frau Sattler, mariée à un employé de la Deutsche Post, n'avait jusque-là jamais montré les moindres signes d'une fragilité mentale. La malheureuse s'est défenestrée deux jours plus tard sans qu'aucun motif n'ait été trouvé à son crime. »



Jeanne, je ne sais plus depuis combien de temps on me maintient dans ce lit d'hôpital. Le point de perfusion me paraît infecté, mais personne ne semble s'en soucier. La sueur me coule dans les yeux, mon bras est enflé et plein de croûtes, et je crois que l'on ne me nourrit plus, ou bien j'ai oublié. Le docteur allemand vocifère dans sa langue et me postillonne dessus en me traitant de dégénéré : Entartet ! J'ignore la raison de cette trêve dans leurs expériences mais ils ont l'air décontenancés et furieux à la fois. J'ai hâte qu'elles reprennent pour te serrer à nouveau dans mes bras.



« Le 2 avril 1941, à 20h35 précises, l'Obersturmführer Wilhelm Opfer, commandant de la Waffen-SS de Regensburg s'est donné la mort en se tirant une balle dans la tête alors qu'il participait à un dîner mondain chez le bourgmestre de la ville. Sa voisine de droite affirme l'avoir entendu prononcer très distinctement ces mots avant son geste fatal : « Ich bin ein Gänseblümchen » (Je suis une pâquerette). »



Jeanne, te voilà ma douce, descends de cette échelle, je vais monter moi-même. Que tu es jolie avec ces cerises sur les oreilles... laisse-moi les croquer sur toi ! Le petit panier est déjà bien plein et tes mains, si fines et si blanches quand tu y puises. Prends garde que je te morde quand tu approches tes doigts de ma bouche avec leur offrande. Jeanne, ce sont tes lèvres que je veux croquer, Jeanne mon amour, tu es si jolie !



« Le 2 mai 1941, entre 20h10 et 20h45, le père Betstuhl, prêtre de la paroisse St Peter de Köln, s'est pendu dans sa sacristie avec son étole. Il venait de donner la messe ce vendredi soir. Il a été découvert par sa bonne, étonnée de ne pas le voir arriver pour le dîner. Aucun message n'a été retrouvé pour éclaircir ce geste, incompréhensible chez un homme du caractère et de la piété du père Betstuhl. »



Jeanne, tu me permets de défaire tes cheveux ? Mais laisse-moi d'abord baiser ton cou et serrer entre mes mains ta taille. J'adore tes sourcils froncés qui disent non et ta bouche qui dit oui.
« Quand nous en... »




« Quelle précision, quelle beauté ! Je suis le seul, je vous l'affirme, le seul au monde à avoir atteint un tel degré de suggestion et de conditionnement chez ses patients !
Je les ai programmés comme des automates de foire ! Préparés comme des bombes à retardement, rien ne pouvant laisser prévoir leur geste. Quelles chorégraphies subtiles ! À l'heure près, au mot près ! Je peux, en toute modestie, me vanter d'être parvenu à faire sauter leurs verrous les plus serrés ! »

À l'image, le vieillard surexcité brandit sa liasse de feuilles vers la caméra, scandant ses paroles en leur assénant une claque du dos de la main à chaque exclamation.
Puis l'excitation se dissipe et l'homme âgé s'assombrit en baissant le ton.



Jeanne, c'est amusant, l'image du grand Charles me hante en ce moment. Je me souviens son nez conséquent penché sur ta main quand nous l'avions reçu à Meaux. Je le revois à l'ombre du cerisier en fleur, alors que ce jour-là je n'avais d'yeux que pour toi dans ta robe bleue. Je me rappelle tes yeux malicieux sous le bord de ta capeline, tandis que tu sirotais ta citronnade. Jeanne, que tu étais belle, que tu es belle ma Jeanne !
« ...seront tous en fête ! »




« Il a fallu que je tombe sur un militaire hyper-entraîné, voilà. Mes cinq tests s'étaient passés à la perfection. Il m'avait suffi d'une journée de conditionnement pour les deux juifs, 48 heures pour la Sattler, quatre jours pour le pauvre Wilhelm, et pas plus pour le curé. Et avec quasiment la même dose de drogue ! Ils auraient tués père et mère quinze fois pour moi ! Pour moi !
Mais ces Français sont fourbes et préparaient forcément leurs soldats en les gavant d'hypnotiques, en leur lavant le cerveau. Ça a interféré avec ma méthode, c'est manifeste ! »



Quand nous en serons au temps…



« On m'avait fait parvenir le vice-amiral De Vitrey à la fin de 1940. Ma charge était très simple, il me fallait programmer ce proche de De Gaulle pour qu'il aille l'assassiner à Londres sans le savoir lui-même. Il était évident que ce veuf sans attaches voudrait tenter de passer la Manche.
C'était un militaire exemplaire qui avait subi la torture sans rien lâcher du peu qu'il savait sans doute. Admiré de ses hommes, fier et déterminé, j'étais pourtant certain de faire tomber ses barrières quelles qu'elles soient. Pousser Wilhelm au suicide avait été laborieux, mais j'avais réussi. Alors j'étais sûr de moi avec ce noble à particule.
Mais chez ce Français sans doute dégénéré, il y avait un nœud. Une anomalie peut-être génétique, la consanguinité de l'aristocratie n'étant plus à prouver.
Je me suis heurté, des semaines durant, à un noyau profondément incrusté dans son subconscient. »



Seront tous en fêtes...



« Plus je le droguais, plus il affichait dans sa torpeur un sourire béat en répétant des phrases incompréhensibles au sujet du « Camp Nouze » que je n'ai jamais identifié, puis de « Mézilles » qui est un village de Bourgogne sans caractère stratégique. Son sourire me donnait envie de l'étrangler, tellement j'avais le sentiment qu'il se moquait de moi ce Schwein ! »



Jeanne, réjouis-toi, ils disent qu'il faut en finir ! Je vais bientôt te retrouver. Nous pourrons nous promener au crépuscule, ma main à ton épaule, nous inclinant sous les branches basses, nos pieds foulant la pâquerette et le pissenlit. J'arrive ! Jeanne, chante pour moi, tu sais que j'en suis incapable, tu t'en es assez moquée !
« Mais il est bien court... »
Mon Dieu, comme il fut court, le temps des cerises ma noble Jeanne, mon amie ! Comme je t'ai perdue tôt et comme la douleur est longue.
Je me réjouis tellement de te retrouver sous l'arbre, ton panier à la main et le sourire aux lèvres ! Gai rossignol... merle moqueur...




« J'étais sur le point d'essayer de nouvelles drogues qui avaient fait leurs preuves lors d'expériences parallèles, envisageant même de modifier l'implantation des électrodes, quand j'ai reçu l'ordre d'abandonner. Abandonner ! J'étais si près du but, je le jure !
J'aurais fait sauter son verrou à ce Français minable ! Je l'aurais extrait, son noyau sur lequel je me cassais les dents depuis des semaines !
On ne discute pas un ordre du Führer, et l'ordre était de me débarrasser de De Vitrey.
Il m'a suffi de provoquer une surdose de l'hypnotique qu'il avait en perfusion ce jour-là. Eh bien, signe d'une déficience manifeste, jusqu'à la fin je l'ai entendu tenter de fredonner quelque chose, le sourire aux lèvres, ce sale Hund ! »









Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux, du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur !

Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l’on s’en va deux, cueillir en rêvant
Des pendants d’oreilles…









Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Chouc le 05 Septembre 2016 à 14:42:15
Salut Mout !

Quand j'ai ouvert ton texte, ma première réflexion a été pour la longueur qui m'a rebutée. Et en fait, ça se lit tout seul !
C'est un très bon texte, tout à fait dans le thème. Je n'ai butté sur aucune phrase ni aucune formule, la forme est à la fois complexe et facile d'accès...Bref, j'adhère. Si je dois mettre un bémol, je dirais que j'attendais une fin plus "retentissante", peut-être une explication plus développée. Rien de gênant en soi, c'est pour pinailler (et pour prolonger la lecture  ;) )

Merci pour cette participation, au plaisir  ;)
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 05 Septembre 2016 à 15:42:32
Bonjour choucroute-estivale !

c'est toujours très agréable quand le premier commentaire que l'on reçoit pour un texte est positif. Ça nous arme pour affronter les suivants qui le seront peut-être moins.
Et ça rassure énormément.

Je comprends ta réticence quant à la fin. Mais un dénouement  "retentissant" n'aurait peut-être pas collé avec l'atmosphère du texte. Ça se termine plutôt comme le pauvre De Vitrey, par un endormissement.

Merci en tout cas pour ton passage et ton commentaire plus que positif !

à plus
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Nocte le 06 Septembre 2016 à 01:01:02
J'ai beaucoup apprécié l'enchaînement des passages avec Jeanne et les procès verbaux, il y avait un joli souffle là-dedans.
Pas très fan du ton "vexé" de notre Docteur vers la fin, ce n'est qu'un avis personnel, mais j'aurai préféré que ce soit plus froid, plus docte, plus "procès verbal" en somme.
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 06 Septembre 2016 à 07:17:15
Bonjour demoiselle WEG.

Merci d'abord pour les compliments.
Je comprends ce que tu reproches à la fin du texte. Cependant, ce ton vexé du docteur, c'est ce qui met en valeur cet échec, et surtout la totale incompréhension de ce type, le contraste entre son agressivité et ses expériences morbides avec ce qui sauve  De Vitrey, la pureté de ses souvenirs.
Je voulais vraiment que se heurtent une certaine violence aveugle et un amour contre lequel on ne peut rien.

Voilà, merci encore WEG
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Kanimp le 06 Septembre 2016 à 15:11:34
Bonjour Mout,

Pour moi il y a une erreur de localisation dans cette phrase.
Citer
Un homme très âgé parle face à la caméra, dans une pièce qui est manifestement un salon.
« Un homme très âgé parle face à la caméra » comme lecteur je suis dans la pièce.
« dans une pièce qui est manifestement un salon » comme lecteur je suis derrière la TV.

Incohérence avec les sujets précédents.
Citer
La malheureuse s'est défenestrée deux jours plus tard sans qu'aucun motif n'ait été trouvé à son crime.
Les autres sont arrêtés et ignore leur crime. Celle-ci elle est laissé libre et non interrogée. Rien n’indique une quelconque arrestation. Elle se défenestre donc elle se trouve dans un lieu sans barreaux.
C’est important car l’heure du crime indiquée laisse supposer des témoins.
Cela s’explique par la suite.



Sujet difficile et bien traité. Merci pour ce texte.
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 06 Septembre 2016 à 17:50:35
Bonjour Kanimp !

Merci pour ton commentaire.

Pour la première remarque, j'étais parti du principe que quand on regarde à la télé quelqu'un qui s'est filmé lui-même, on garde présent à l'esprit qu'il est face à une caméra, même si on ne la voit pas. Mais peut-être pas, vu ta réaction. Je vais attendre d'autres avis.

Pour ta deuxième remarque, elle est tout à fait légitime ; il est vrai que si je devais entrer plus dans les détails, il me faudrait expliquer comment cette femme est parvenue à se défenestrer alors qu'elle était manifestement enfermée. J'ai préféré ne pas sortir de ce schéma de comptes-rendus hyper succincts qui ne détaillent vraiment rien, du fait de leur froideur administrative.
On pourrait me demander des détails pour chaque meurtre, mais ce n'était pas le sujet.
Mettons que cette pauvre femme, désespérée, a pu déjouer un instant la surveillance dont elle était l'objet, pour se tuer pendant un transfert entre deux cellules. Tu vois, tout peut s'expliquer, mais je ne pense pas que ça apporte quoi que ce soit à mon récit.

En tout cas merci pour ta lecture avisée, et merci pour tes observations.
Titre: Re : Re : [T04] Le noyau
Posté par: Kanimp le 07 Septembre 2016 à 00:32:32
Bonsoir Mout,

Pour la première remarque, j'étais parti du principe que quand on regarde à la télé quelqu'un qui s'est filmé lui-même, on garde présent à l'esprit qu'il est face à une caméra, même si on ne la voit pas. Mais peut-être pas, vu ta réaction. Je vais attendre d'autres avis.

Je suis plus proche des arts-visuels que des arts littéraires. C'est la raison pour laquelle, je chasse ce genre d'erreur de focalisation.
Tellement elles m'ont pollué mes écrits, maintenant  je tique dessus tout de suite.

La justification que tu donnes, j'y ai pensé et est logique.
Si malgré cela, je l'ai signalé c'est que c'est la première phrase du texte.
Celle qui permet au lecteur de prendre ses marques.
Je ne pense pas que je l'aurais relever si cette phrase se trouverait plus loin dans le texte.

C'est plus la position de la phrase qui m'a dérangé que l'utilisation d'une formule parlée.
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 07 Septembre 2016 à 06:47:41
Salut Kanimp, et merci de repasser faire un tour.

Je comprends tout à fait ton avis, et d'autant plus que tu m'expliques ton point de vue. Je comprends mieux aussi que cette phrase te choque. Reste à découvrir si un lecteur lambda sera aussi gêné que toi.
Merci encore pour tes précisions.
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Kerena le 07 Septembre 2016 à 10:32:19
Hello Mout !

Je suis conquise !
(oui, mon commentaire démarre fort)
J'ai tout aimé, vraiment : l'alternance des narrateurs, de leurs pensées et leurs époques, l'omniprésence de Jeanne, les affreuses expériences... Tout est bon.
En plus, c'est remarquablement écrit, ça se lit tout seul.

Un coup de cœur pour moi ! Merci pour ce texte :mafio:
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: extasy le 07 Septembre 2016 à 13:13:51
Salut mout,

Je suis vraiment désolé, mais perso je n'ai pas vraiment réussi à rentrer dans le texte. Il est bien écrit, maîtrisé, et l'idée est originale, mais quelque chose, et qui doit être une simple question de goût, me bloque. Je ne saisis pas très bien pourquoi tu as passé en revue tellement de cas avant d'en venir à l'essentiel, par exemple. Les personnes sont certes différentes dans la forme mais au fond, leur histoire est la même, elles ont été manipulées de la même manière et je ne vois pas quel genre de progression ces répétitions apportent au récit. Et souvent, les passages avec Jeanne se ressemblent et font transmettre la même émotion, toujours sans faire avancer le récit. Je sais que dans un texte, l'essentiel n'est pas toujours la progression, la destination, et j'imagine que c'est justement dans ces choses que je trouve répétitives qu'il faudrait aller chercher de la beauté, mais je n'y arrive pas, et la structure redondante du texte me cause du souci.
Cela dit, il est tout à fait possible que quelque chose de fondamental m'ait échappé ^^ (par exemple, je ne comprends pas très bien ce que peuvent signifier ces dates presque exactement espacées d'un mois).

Je précise une dernière fois que ce n'est qu'un simple avis parmi d'autres, et que probablement, quelque chose bloque de mon côté. Désolé mout, et bonne continuation :)
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 07 Septembre 2016 à 17:22:16
- Kerena : Merci beaucoup pour ton commentaire élogieux. Je suis content que ce texte ait fonctionné pour toi et que tu l'ait autant apprécié, merci encore.

- Extasy : c'est moi qui suis désolé que ce texte ne t'ait pas du tout convaincu.
Les cinq cas passés en revue sont la seule preuve du pouvoir du docteur, et mettent d'autant plus en valeur son échec. Ils font partie de l'essentiel contrairement à ce que tu as ressenti, et les dates espacées d'un mois prouvent que ces crimes sont liés et programmés précisément. Les passages avec Jeanne sont plus ou moins les mêmes, tu as raison, et c'est normal, c'est un seul et unique noyau.
J'en conviens, mon texte peut se résumer en deux lignes, mais ce ne serait pas très fun. J'espérais faire naître une émotion du contraste entre ce qui se passe dans l'esprit de De Vitrey et ce qui s'acharne en vain autour de son corps. Tu n'y a pas été sensible et c'est sans doute parce que ce n'est pas vraiment réussi.
J'en reviens à ce que tu dis : il n'y a pas de progression. C'est exact, c'est un texte entièrement statique où il ne se passe pas grand chose. C'est aussi une histoire de l'amour plus fort que l'horreur.
Une autre fois peut-être ?
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: extasy le 07 Septembre 2016 à 17:36:25
Citer
c'est sans doute parce que ce n'est pas vraiment réussi.
Non non non, pas du tout, et les commentaires précédents sont là pour le prouver ; c'est moi qui n'ai pas capté, et s'il y en a un qui doit être désolé c'est moi, mais je t'assure que tu ne devrais pas remettre en cause ton travail juste parce que tu as reçu un commentaire négatif :)
Citer
c'est moi qui suis désolé que ce texte ne t'ait pas du tout convaincu.
Je ne dirais pas que ça ne m'a pas du tout convaincu ; je reconnais les marques d'une écriture maîtrisée et une idée originale, et je n'ai pas dit ça dans mon précédent commentaire pour t'adresser un compliment dans le but de compenser mon avis négatif. Je ne sais pas comment dire, mais je pense que dans une certaine mesure, je sais faire la distinction entre "je n'ai pas aimé parce que l'écriture laisse à désirer" et "je n'ai pas aimé parce que mes attentes ne sont pas comblées par l'écriture" ^^
Citer
Une autre fois peut-être ?
Sans doute !
Titre: Re : Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 07 Septembre 2016 à 17:53:51
tu ne devrais pas remettre en cause ton travail juste parce que tu as reçu un commentaire négatif :)
Ça, ça peut dépendre de qui émane le commentaire en question...   :P
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: extasy le 07 Septembre 2016 à 17:56:34
Bof, je suis qu'un lecteur lambda, t'as rien à craindre de mon avis ^^
Si t'es quelqu'un que je connais, je suis sûr que je t'ai déjà apprécié dans d'autres textes, et si t'es un nouveau, je suis sûr que je t'apprécierai dans de prochains textes si jamais tu en postes, car comme j'ai dit, je ne renie ni la qualité de ton écriture, ni l'originalité de tes idées :)
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Rémi le 11 Septembre 2016 à 20:15:24
Salut Mout !

Citer
Le petit panier est déjà bien plein et tes mains, si fines et si blanches quand tu y puises .
espace en trop avant le point

Écriture impeccable, progression de l'intrigue et du sens qui se dévoilent peu à peu, pas mal d'émotion - ce mélange de souvenir d'amour et d'atrocités est drôlement bien maîtrisé et assez fort.

Le compte-rendu du vieux est assez froid, comme on imagine le bonhomme : inhumain, scientifique et glaçant. À côté, la litanie de la chanson et des pensées de l'amoureux... quel contraste !

Merci pour la lecture, très bon texte, sur le fond, la forme, le style et la construction je trouve.

Rémi
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 11 Septembre 2016 à 20:46:40
Cher RémiDeLille,

eh bien.... un tel commentaire a le pouvoir de me couper les jambes.

Et il est très difficile d'y répondre, en fait.

Merci, merci d'avoir apprécié mon texte tel que j'espérais l'avoir écrit, d'avoir totalement compris l'intention.
Tout est dans tes remarques, je suis comblé que tu aies goûté les contrastes de ton et la manière dont ils se heurtent.

Merci, vraiment.
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Elk le 13 Septembre 2016 à 23:15:50
Salut Mout !

Alors, pour être honnête, je m'attendais à ce que le narrateur-en-italique tue Jeanne à la fin, un peu sur le modèle des deux premiers meurtres. Du coup, j'ai été surprise par la fin, même si on peut considérer qu'elle est assez "simple" :).
J'ai trouvé qu'il y avait parfois un côté cliché aux descriptions de Jeanne (la robe, les champs, la taille souple, les fleurs...), que tu pourrais peut-être contrebalancer en donnant des éléments plus particuliers sur leur relation, comme c'est un peu le cas à la fin ? (Mais ce n'est qu'une suggestion bien sûr !)
Par contre, j'ai bien aimé l'alternance des deux récits, avec les deux narrations bien distinctes qui contrastent et qui du coup se mettent mutuellement en valeur tout au long du texte :)

Merci pour la lecture !

Quelques remarques plus précises :

Citer
de ma bonne mort
On dit généralement "de ma belle mort", non ? Mais c'est peut-être volontaire :)

Citer
Un seul échec, un malencontreux grain de sable à provoqué la défiance du Führer
a provoqué

Citer
chante-moi encore de ta voix claire
Je ne comprends pas bien ce que tu entends par là. Est-ce que l'idée c'est de "chanter pour moi" ou de "me chanter" (?) ?

Citer
Rien n'a jamais pu permettre de relier ces événements divers dont la ressemblance des dates et des heures est pourtant loin d'être fortuite.
La structure de cette phrase me gêne un peu  :\?. Le "dont" au milieu me semble un peu bancal, mais je ne vois pas par quoi le remplacer autrement que par un point.

Citer
Il est à noter que les deux individus, assassin et victime étaient deux cousins très proches. Le matricule 135208 n'a pu expliquer son geste.
Là, je commence à m'attendre à ce que ça se termine mal avec Jeanne...

Citer
la jeune femme immatriculée 14753  a brutalement empoigné
Double espace après 14753

Citer
« Ich bin ein Gänseblümchen » (Je suis une pâquerette)
Jusque-là je saisissais bien le fil conducteur entre les meurtres, mais j'avoue que ce passage me laisse perplexe ^^ (mais ce n'est pas forcément négatif, j'aime bien le côté absurde qui débarque là)

Citer
Il a fallu que je tombe sur un militaire hyper-entraîné, voilà. Mes cinq tests s'étaient passés à la perfection. Il m'avait suffi d'une journée de conditionnement pour les deux juifs, 48 heures pour la Sattler, quatre jours pour le pauvre Wilhelm, et pas plus pour le curé. Et avec quasiment la même dose de drogue ! Ils auraient tués père et mère quinze fois pour moi ! Pour moi !
Mais ces Français sont fourbes et préparaient forcément leurs soldats en les gavant d'hypnotiques, en leur lavant le cerveau. Ça a interféré sur ma méthode, c'est manifeste !
Il faudrait utiliser des guillemets pour ce paragraphe, comme ça a été fait pour les précédents, non ?

Citer
Ça a interféré sur ma méthode
Il me semble qu'on dit plutôt "interférer avec"
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: icampagne le 13 Septembre 2016 à 23:20:01
J'ai beaucoup apprécié ce texte. Une seule phrase qui me semble un peu lourde a attiré mon attention hors du récit :

 
Citer
Rien n'a jamais pu permettre de relier ces événements divers dont la ressemblance des dates et des heures est pourtant loin d'être fortuite.

Dont la ressemblance est pourtant ... ça va ; mais dont la ressemblance des dates et des heures... ça m'embête.

Rien de grave car pour le reste je suis conquise. Je n'apprécie pas forcément les retours à la seconde guerre ou au nazisme, là, la poésie mêlée adoucit ce qu'il faut en maintenant une tension.
Je n'ai pas eu de souci avec la prise de vue de la caméra qui laisse deviner un salon derrière. On devine aisément où un youtubeur (comment ça s'écrit ? sans doute sans le u...) a tourné sa vidéo.

Et j'ai adoré la chute sur la chanson que je n'avais pas vu venir malgré les extraits.

 
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 14 Septembre 2016 à 15:47:35
@ Elk : Merci pour ton passage !
J'ai corrigé tout ce que ta vigilance avait repéré.
J'imagine très bien ce que le texte aurait pu être si ce que tu croyais au début avait dû se produire. Ça aurait été  une autre histoire... qui reste à écrire.  :)
Les descriptions de Jeanne sont cliché, effectivement, volontairement. D'ailleurs ce ne sont que des souvenirs idéalisés par un homme éperdument amoureux, et des souvenirs un peu hallucinatoires, en plus. Du fait du temps des cerises, je tenais aussi à ce que ses souvenirs soient bucoliques, alors que l'on aurait pu les imaginer écoutant un disque dans la véranda ou que sais-je. Donc ils sont plutôt répétitifs, il les visionne en boucle.
Citer
Rien n'a jamais pu permettre de relier ces événements divers dont la ressemblance des dates et des heures est pourtant loin d'être fortuite.
C'est amusant comme les gens sont réfractaires à mes longues phrases, d'autant plus quand j'ai le malheur d'y mettre une conjonction de coordination... Elle est très bien cette phrase, et tout à fait correcte...  :D
L'histoire de la pâquerette, c'est pour prouver combien le conditionnement du docteur peut être précis : il l'a programmé pou dire précisément ça à ce moment précis.
Voilà ! Et merci encore pour tes compliments !
@ icampagne : Merci d'être venu me voir !
Et merci beaucoup pour ton gentil commentaire. Je me suis expliqué juste au-dessus sur ma phrase compliquée. Il me semble que les jeunes lecteurs n'ont plus l'habitude des phrases un peu longues. Les subordonnées ont tendance à disparaître et dès que je mets une conjonction de coordination on la trouve moche...  :( Mais je résisterai !  :D
merci encore et à plus !
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Elk le 14 Septembre 2016 à 16:44:32
Bonjour Mout,
C'est vrai que mes remarques/questions sur les descriptions de Jeanne et sur la pâquerette ont un peu trouvé leur réponse à la fin de ton texte :). D'ailleurs, je ne l'ai pas dit dans mon premier commentaire, mais j'ai trouvées bien jouées tes références (proches ou lointaines) aux cerises et à la chanson !
Concernant la phrase avec le dont, on va dire que je persiste à ne pas la trouver très jolie, même si je veux bien croire qu'elle est correcte ^^ (mais je vois que tu ne céderas pas ;))
Au plaisir !
Titre: Re : Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 14 Septembre 2016 à 17:12:56
Coucou Elk, et merci de repasser !  :)

Concernant la phrase avec le dont, on va dire que je persiste à ne pas la trouver très jolie, même si je veux bien croire qu'elle est correcte ^^ (mais je vois que tu ne céderas pas ;))
On a les prétentions littéraires qu'on peut ! :D
(Ahhhh que c'est dur d'être incompris !!!  ^^ )
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Loïc le 15 Septembre 2016 à 21:08:32
Tagazok cher Mout' !

Citer
des éblouissements blancs qui mêlent son crâne chauve et brillant, des reflets sur ses lunettes et la chemisette claire qu'il porte, col ouvert.

La surabondance de virgule rend cette phrase un peu hachée, et du coup j'ai eu du mal à comprendre la syntaxe.

Texte agréable à lire, les enchainements se font assez bien.
Par contre j'ai eu du mal à vraiment m'y plonger, le fond étant assez léger. Surtout, je suis pas sûr que la forme soit vraiment adaptée. On n'est pas tellement dans le récit, et on comprend assez vite de quoi il s'agit ; du coup perso j'ai rien eu qui m'a poussé à aller au bout.
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 16 Septembre 2016 à 11:07:07
Salut Loïc !

J'adore quand tu parles de surabondance de virgules dans une phrase qui n'en contient que trois !  :D
Tu ne dois pas être adepte des phrases longues, en fait. Cette petite énumération ne pouvait qu'être rythmée par des virgules, c'est curieux que du coup tu la perçoives comme "hachée".

Désolé que tu n'aies pas accroché à mon propos... tout en ayant trouvé le texte agréable à lire, ce qui est presque paradoxal. C'est un texte simple dans l'ensemble, la forme permettait de ménager du suspens et de confronter tout le long deux atmosphères différentes.

Une autre fois, sans doute, merci d'être passé.
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: ZagZag le 24 Septembre 2016 à 22:34:22
Salut Mout' !

Si j'ai bien apprécié le texte et été pris par sa lecture, je ne peux pas m'empêcher d'avoir quelques réserves. Les passages avec Jeanne tout d'abord, deviennent rapidement assez creux et répétitifs et j'ai personnellement eu du mal à m'y investir. Je pense que c'est pas mal du au côté un peu franco-centré du texte. Je m'explique. Même si c'est assez léger, le "héros" résiste quand même à l'expérience par le pouvoir de l'amour, mais aussi parce qu'il est français. Et puis il y a la mission pour laquelle il est sensé être conditionné : assassiner de Gaulle. Alors je n'ai pas forcément une grande culture historique, mais je pense qu'en Angleterre, il y devait tout même il y avoir une ou deux personnes qui devaient empêcher un peu plus Hitler de dormir la nuit que notre bon Charles (Churchill, des haut-gradés militaires par exemple ?).
En fait je crois que j'ai un peu de mal avec le cliché des nazis qui font des expériences plus folles les unes que les autres pendant la guerre, on en a bouffé quoi, c'est marrant quand ils vont sur la lune, mais il y a un moment où ça s'essouffle.

Pour résumer, ton texte m'a pas mal plut sur le coup, mais après réflexion, j'ai un peu de mal à le trouver aussi génial que mes prédécesseurs. :/

Bonne continuation en tout cas ! :)
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 25 Septembre 2016 à 01:40:11
Salut Zagreos !

Je comprends toutes tes réserves, sauf celle où tu dis que c'est parce qu'il est Français que le personnage résiste à l’expérience... Je n'avais pas l'impression d'avoir glissé cette notion-là, et je ne vois pas trop où elle émerge.

Pour le côté répétitif des passages avec Jeanne, je m'en suis expliqué plus haut, parce que tu n'es pas le premier à m'en faire le reproche.  :huhu:

Pour le reste, je conviens que le propos peut paraître simpliste, et je t'avouerai que si j'avais eu un peu plus de culture, j'aurais essayé d'ancrer mon récit dans un autre contexte historique, mais j'en suis incapable.
Alors désolé que cela t'aie gâché après coup le plaisir initial que tu avais pu éprouver à sa lecture.
Pour moi ce contexte est un peu secondaire, d'ailleurs, parce que le vrai sujet c'est quand même l'évasion mentale d'un type qu'on torture, grâce à ses souvenirs d'amour.
Un peu comme dans le film "Brazil".

Merci pour ton passage Zagreos, et peut-être seras-tu conquis une prochaine fois, même si je n'aspire pas forcément à écrire des textes "géniaux".  :D

Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Miromensil le 25 Septembre 2016 à 12:45:14
Coucou Mout !

Citer
Il est à noter que les deux individus, assassin et victime étaient deux cousins très proches.
Phrase qui m'a fait sortir de l'ambiance, y a un souci de rythme en termes de virgules non ? j'en aurais mis une deuxième après "victime".

Beaucoup bonnes choses, j'ai bien aimé les 2 formes de récit hyper opposées (l'amour/l'expérience horrible). Le côté cliché de Jeanne m'a un peu embêtée au début puis je me suis dit que c'était nécessaire pour contrebalancer l'horreur du truc. Je voudrais être sure d'avoir bien compris : le "noyau" du français qui fait l'objet de l'expérience = Jeanne. Le narrateur qui pense à Jeanne tout le temps est donc ce français, right ?

Sinon pour mon le texte réussit à faire quelque chose de très difficile : faire ressentir plutôt que décrire. Le monstre dans l'humain, toussa. Pour ça je tire mon chapeau  :mafio:
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 25 Septembre 2016 à 13:18:49
Bonjour Miromensil !

Tu as raison pour la virgule, son absence avait échappé à la vigilance de tes prédécesseurs, c'est corrigé !

Je te remercie pour ton gentil commentaire , et oui, tu as tout à fait compris qui est qui, pas de problème.  :) Je suis content que tu aies apprécié la forme, et rassuré que tu puisses considérer que le  cliché "Jeanne" était nécessaire.

Très heureux que tu aies "ressenti" quelque chose à la lecture du récit.

À bientôt !
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Miromensil le 25 Septembre 2016 à 13:59:37
Ca fait toujours plaisir de comprendre les intentions de l'auteur, merci Mout :D
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 25 Septembre 2016 à 18:43:07
C'est moi qui te remercie chaleureusement de revenir me remercier, Miromensil...  :D
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Erwan le 27 Septembre 2016 à 14:22:17
Bonjour Mout.

Citer
qui mêlent son crâne chauve et brillant,
-> je n'arrive pas à comprendre ce qui se mêle à quoi.

Il y a, en particulier au début du texte, des sauts de ligne dont je ne perçois pas l'intérêt (s'ils sont volontaires).

Citer
J'ignore la raison de cette trêve dans leurs expériences mais ils ont l'air décontenancés et furieux à la fois.
-> je suis surpris de sa lucidité, ce n'est pas comme ça que je le percevais, je pensais qu'il était en bonne partie dans les vapes.

Citer
Mais ces Français sont fourbes et préparaient forcément leurs soldats en les gavant d'hypnotiques, en leur lavant le cerveau. Ça a interféré avec ma méthode, c'est manifeste ! »
-> Ça ne fait pas très scientifique comme explication, je pense que c'est ça qui m'a un peu gêné.


Je trouve ton texte intéressant, bien qu'un peu long. Vers les deux tiers du texte, je ne trouvais pas forcément du nouveau, je veux dire j'avais compris où tu voulais en venir et ça commençais à tourner en rond, l'alternance des deux discours (médecin / victime) devenait monotone. Puis la fin m'a de nouveau captivée. C'est le principal reproche que je pourrais faire, c'est une certaine monotonie à cette alternance des vues. Sinon, il y a de l'idée. Je suis donc un peu mitigé, je pense à cause de cela, principalement.

Merci pour la lecture et bonne continuation  ;)
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 27 Septembre 2016 à 19:56:11
Salut Erwan, merci de passer par ici.

Citer
-> je n'arrive pas à comprendre ce qui se mêle à quoi.
C'est peut-être parce que tu es trop jeune pour avoir connu les vidéos amateurs de qualité parfois discutable. Je voulais dire que comme elle est surexposée, tout ce qui est blanc se mélange parfois : son crâne chauve, ses lunettes, sa chemise, et on ne distingue plus rien momentanément.

Citer
-> je suis surpris de sa lucidité, ce n'est pas comme ça que je le percevais, je pensais qu'il était en bonne partie dans les vapes.
C'est justement à un moment où le docteur a levé le pied, impuissant qu'il est, que le personnage a une période de lucidité qui lui fait constater l'état de son bras, par exemple.

Citer
-> Ça ne fait pas très scientifique comme explication, je pense que c'est ça qui m'a un peu gêné.
C'est vrai, je voulais montrer, peut-être maladroitement, que le docteur, vexé, cherche des explications fumeuses pour justifier son échec, alors qu'il en ignore toujours la cause.

Voilà... Pour le reste : cette monotonie, elle est voulue, malgré tout, et notamment en ce qui concerne les souvenirs idéalisés qui tournent en boucle dans la tête du personnage. C'est son rempart.
Désolé que tu n'aies pas plus que ça apprécié le procédé qui, je l'avoue, enfonce le clou tout au long du texte.
Tu n'es pas le seul à m'en faire reproche, il y aurait peut-être d'autres moyens de raconter la même histoire. En ce qui concerne les sauts de lignes du début, ils servent à alléger la mise en page, parce que je sais combien est rébarbatif un texte qui ressemble de prime abord à un bloc massif.
Merci en tout cas pour ton commentaire. À une prochaine fois, ici ou ailleurs !


Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Erwan le 27 Septembre 2016 à 21:02:23
Citer
C'est peut-être parce que tu es trop jeune pour avoir connu les vidéos amateurs de qualité parfois discutable. Je voulais dire que comme elle est surexposée, tout ce qui est blanc se mélange parfois : son crâne chauve, ses lunettes, sa chemise, et on ne distingue plus rien momentanément.
OK, je comprends. En relisant, ça me paraît assez clair, en fait. Je devais avoir le cerveau un peu embrouillé.

Ok aussi pour l'instant de lucidité, ce n'est peut-être que moi à ce moment là.

Pour ce qui est de la monotonie, là aussi c'est un avis très personnel. Je précise toutefois que ce n'est pas le procédé en lui même qui m'a gêné, mais le fait que tu le pousses un tout petit peu trop loin pour moi. Disons qu'il y avait à mon goût une répétition de trop, et c'est dommage car j'ai un peu décroché du texte à ce moment. Mais j'ai repris le fil peu après, donc ce n'est pas si grave non plus  ;)
Et je suis désolé, mais j'ai beau fouiller dans ma mémoire, impossible de me rappeler où exactement j'ai décroché brièvement. C'était peu avant la fin. J'aurais du le noter !
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 28 Septembre 2016 à 18:21:17
Merci beaucoup Erwan de repasser pour ces précisions.

Peut-être as-tu raison, et peut-être ai-je trop insisté pour illustrer mon idée. Difficile de savoir quand on doit s'arrêter.
Ce qui me rassure, c'est que tu aies quand même repris le fil ensuite et que ton impression générale reste positive dans l'ensemble.
Merci encore !
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: MillaNox le 30 Septembre 2016 à 22:33:40
Salut Mout :)

au fil du texte....
Citer
La voix cependant est assez nette,
La voix, cependant, est assez nette,
ou
La voix est cependant assez nette,

Citer
chante-moi encore de ta voix claire, veux-tu ?
chante tout court ou chante moi *qqch*, non ? (ou chante encore pour moi ?)

Citer
Le vieux passe la langue sur sa lèvre inférieure
se passe la langue   ou     passe sa langue

Citer
et dont la boîte crânienne présentait nombre fractures.
on dit pas "nombre de" ? :\?

hop là tout lu !

Alors alors, j'ai beaucoup aimé ton texte :) Sur l'écriture c'est plutôt fluide ça se lit bien. J'aime bien l'alternance sur laquelle tu as joué avec deux tons et ambiances plutôt opposées. Et puis j'ai bien aimé le fond, je trouve que c'est joli de parler de la résistance du mec par cette chanson, et ta façon de raconter le sentiment amoureux aussi.
bref c'était un chouette moment de lecture :)

Merci pour ce texte

Milla
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 01 Octobre 2016 à 17:13:27
Bonjour MillaNox !

merci beaucoup pour ton passage.
J'ai corrigé les coquilles, en en laissant une : celle du "chante-moi de ta voix claire". Je ne saurais dire pourquoi, mais je l'aime bien comme ça.

Pour le reste je te remercie sincèrement pour ton commentaire : je ne demande rien d'autre que d'être perçu comme "chouette moment de lecture"...  :)
Merci encore, vraiment !
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Kailiana le 13 Octobre 2016 à 21:49:09
Je reste dubitative par l'ensemble. Ca se lit très bien, c'est fluide, mais les passages en italiques sortent un peu de nul part ; à la fin, je comprends qu'il s'agit du militaire sur qui l'expérience n'a pas fonctionné, mais... je sais pas, le scénario ne m'a pas intéressée  :-[ Y'a un mec qui a "conditionné"  d'autres personnes et ça n'a pas marché sur une personne en particulier, ok, et alors... ?

Et puis j'ai eu la même sensation de répétition qu'extasy, de mon point de vue les passages avec Jeanne se ressemblent tous, et ceux sur les "sujets" sont trop nombreux : un, deux, trois, ça montre ce qui s'est passé et c'est bien, mais ensuite j'ai trouvé que cela n'apportait plus rien de nouveau.

Bref je trouve que c'est bien écrit de ce côté là je n'ai vraiment rien à redire, mais ce texte là en particulier n'est pas pour moi. Une autre fois !
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 14 Octobre 2016 à 12:58:02
Salut Kailiana !

si je comprends bien, c'est le procédé d'écriture qui ne t'a pas convaincue. Tu n'es effectivement pas la première.
Je me suis expliqué plus haut de cette inertie dans les souvenirs, et de cette répétitivité du texte...

Quant au texte en italique, expliquer dès le début d'où il vient me semblerait dommage, et puis rédiger tout le récit de manière linéaire et banale le rendrait absolument fade, à mon avis.

Je suis navré que, tel qu'il est, il n'aie pas fonctionné avec toi.

Une autre fois peut-être, en tout cas, merci d'être passée !
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Marygold le 15 Octobre 2016 à 10:59:34
Salut Mout !
J'ai beaucoup apprécié l'enchaînement des passages avec Jeanne et les procès verbaux, il y avait un joli souffle là-dedans.
Pas très fan du ton "vexé" de notre Docteur vers la fin, ce n'est qu'un avis personnel, mais j'aurai préféré que ce soit plus froid, plus docte, plus "procès verbal" en somme.
Je cite WEG in extenso parce que c'est exactement ce que je pense !
Je comprends très bien ton explication aussi, et elle justifie très bien ton choix ; mais c'est vrai qu'à la lecture, je l'ai trouvé un brin caricatural et "surjoué", ce docteur (sur la fin).
A part ça, très équilibré et très bien écrit, c'est un super texte !

Merci Mout ! Et bonne chance !
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 15 Octobre 2016 à 15:13:36
Bonjour Marygold !

c'est très agréable et apaisant que cette cession de commentaires s'achève (vraisemblablement) sur une note positive et calme.

Tu sais, ce vieux nazi cacochyme, sans doute gaga (pour si tard vouloir graver dans la pellicule l’œuvre dont il est le plus fier), je trouve logique qu'il pète un peu un câble au souvenir de cet échec humiliant...

Merci beaucoup en tout cas pour ce gentil commentaire enthousiaste qui ne pourra déboucher sur aucune modification de toute manière !  :D
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: ernya le 16 Octobre 2016 à 17:06:19
Salut,

Je n'ai pas réussi à rentrer dedans. En fait, je ne suis même pas sûre d'avoir tout compris et j'en reste à ma même conclusion que Lial "ça n'a pas marché sur une personne et alors ?". Je n'ai pas non plus bien compris pourquoi "le temps des cerises" mais il doit me manque une référence pour piger le choix de cette chanson.
Bref, c'est peut-être un bon texte, mais j'y suis resté complètement hermétique et je ne crois pas avoir compris ton intention.
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 16 Octobre 2016 à 19:52:22
Salut Ernya !

c'est toujours fascinant de comparer la manière dont chaque commentateur a perçu un texte. C'est d'ailleurs évidemment ce qui fait l'intérêt de livrer un récit à un panel de  lecteurs.

Je n'ai pas grand chose à répondre à ton avis, qui rejoint celui d'autres Mdéiens... si ce n'est, peut-être, dommage.

Mon texte a très bien marché avec certains, pas du tout avec d'autres, qu'en déduire si ce n'est que d'un lecteur à l'autre les attentes sont bien sûr différentes, mais le vécu aussi.

C'est comme ça, je suis contrit de ne t'avoir pas convaincue.

Si je peux me permettre un petit jugement tout à fait personnel, et qui ne concerne pas mon texte : je me demande si un marathon des commentaires en dernière minute rend bien justice à certaines productions, plus longues ou plus compliquées que la mienne. Je trouve que certains des textes proposés méritaient qu'on y revienne et méritaient aussi que soient lus les commentaires qui les accompagnent. Mais c'est une impression, qui n'est peut-être due qu'au fait que je me sens vraiment incapable de procéder moi-même comme ça !  :D

Une prochaine fois j'espère, et merci d'être passée.
Titre: Re : Re : [T04] Le noyau
Posté par: ernya le 16 Octobre 2016 à 20:35:27
Citer
Si je peux me permettre un petit jugement tout à fait personnel, et qui ne concerne pas mon texte : je me demande si un marathon des commentaires en dernière minute rend bien justice à certaines productions, plus longues ou plus compliquées que la mienne. Je trouve que certains des textes proposés méritaient qu'on y revienne et méritaient aussi que soient lus les commentaires qui les accompagnent. Mais c'est une impression, qui n'est peut-être due qu'au fait que je me sens vraiment incapable de procéder moi-même comme ça !  :D
Tu as parfaitement raison, je ne peux pas me permettre, si je veux finir dans les temps imposés par l'AT, de passer une heure sur chaque texte à le lire et à le relire. Je t'avoue aussi que j'ai passé beaucoup de temps lors de mes études à éplucher des textes en long en large et en travers et que ce que je veux bien faire pour des études/ un mémoire / l'agreg, je n'ai pas l'envie de le faire pour des lectures plus plaisir telles que peuvent l'être les textes mdiens (quelle que soit leur complexité). Sans parler du fait que lire un texte sur ordi n'est pas chose toujours très agréable/aisée.

Mais oui, on est d'accord que lire une vingtaine de texte en une journée, c'est pas ouf ouf.
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: Fried le 20 Octobre 2016 à 18:35:43
Texte intéressant qui dit que l'amour est plus fort que les douleurs de la torture, le merle moqueur fait de la résistance face au spécialiste du noyau psychique. C'est presque un jeu de mot. J'aime beaucoup les textes qui se mêlent aux chansons.
Titre: Re : [T04] Le noyau
Posté par: gage le 21 Octobre 2016 à 15:35:23
Salut Fried !

oui, le message est là, et des plus simplistes :

L'amour plus fort que l'horreur.

Merci pour ton passage.