Le dernier des stoïques
Marc-Aurèle était resté là où ses geôliers l’avaient déposé. Allongé sur le sol froid et sale de sa cellule, il attendait patiemment dans le noir, économisant ses forces. Une nouvelle épreuve approchait, et ramper jusqu’à sa paillasse pour profiter du peu de confort qui lui était alloué ne l’aiderait pas plus. Ses muscles tout entiers demandaient grâce. Son corps était perclus d’hématomes, stigmatse de leurs coups. La douleur le rongeait peu à peu, elle faisait partie de sa vie désormais, rituel inconstant, mais jamais trop lointain.
Depuis quand était-il ici ? Un mois ? Deux ? Un an ? Dix ? Privé du soleil, il avait perdu jusqu’au décompte des jours, oubliant dans leur violence l’ennui de son être. Bientôt, ils reviendraient. La peur lui serrait les entrailles. D’un rictus, il tenta de réprimer cette sensation animale, mais son corps entier tressaillait à l’avance, sa peau était plus dure que le marbre, ses mains plus fébriles qu’un roseau sous le vent. Oh, ce n’était pas de la mort qu’il avait peur. Ce n’était qu’un état, qu’une transition nécessaire pour chaque humain. Non, c’était de survivre encore à leurs assauts, de subir toujours leurs regards apeurés propre à ceux qui cherchent dans les autres le soutien nécessaire à leur faiblesse. Le mépris qu’ils lui inspiraient l’envahit un bref instant. Canalisant cette force, il bouta l’effroi hors de son monde. Dans ce moment de lucidité, Marc-Aurèle eut conscience de son corps, faible reliquat de ce qu’il avait été avant, émacié, sans vigueur, creusé par les coups, buriné par la vermine, vaincu par leur folie. « Le corps n’est que chair, se rassura-t-il, l’intelligence demeure, l’intelligence libère l’esprit ! ».
Soudain habités par la frénésie des déments, les yeux du captif balayèrent sa prison, traquant furieusement un quelconque défi à relever. Il avait déjà tout calculé, les dimensions de la pièce (quatre mètres vingt-sept sur trois mètres quarante), l’aléatoire des rainures de béton au sol (dû probablement à l’usage d’au moins cinq truelles pour lisser la dalle), le nombre de livre que cette pièce pourrait contenir (environ trente-cinq mille). Le désespoir l’assaillit alors sans pitié, aussi mordant que la mer sur la falaise. Marc-Aurèle avait dompté les mystères de son monde, il avait dominé sa geôle par l’esprit et d’autant plus grande serait la chute, lui qui n’avait plus rien à comprendre de ces lieux. En lui, l’esprit ruait, refusant de s’oblitérer. Un roulement infernal provint du fond de son crâne, trois lettres brûlantes et acides lui firent vomir son maigre repas journalier. « NON » hurlait l’animal, il ne devait pas mourir. « Non » pleurait l’humain, il ne pouvait pas céder.
Cherchant vainement à se rassurer, Marc-Aurèle rassembla ses fétiches, puisant dans ses souvenirs la force de résister un jour de plus. Quelques mots lui revinrent en tête, ils se grimèrent poème, se firent vers. Digue éphémère mais salutaire face à la résignation qui le rongeait. Rassemblant son souffle, ravalant la bile que sa nausée continuait de lui déverser en bouche, le désespéré murmura ce qui avait inscrit Kipling dans la légende.
« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un mot te mettre à rebâtir… »
Derrière la porte, il entendit le couloir s’animer. Les voilà qui revenaient. Son estomac tenta à nouveau de pleurer sa bile mais Marc-Aurèle l’ignora. Plongé dans sa litanie, prière païenne et stoïque, hymne à l’homme, il se rappela ce qui l’avait forgé.
« Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot… »
La poste s’ouvrit, dégorgeant d’une lumière artificielle et agressive. La pénombre disparut, vaincue par la charge de ses bourreaux. C’était les sens de Marc-Aurèle qu’on assassinait, trop de sons, trop de couleurs trop de mouvements Il n’aurait pas su compter combien de ces tortionnaires étaient présents, incapable de seulement murmurer sa poésie.
« Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front… »
Des mains le saisirent, le soulevant sans aucune douceur pour le trainer dans le couloir, plus blanc que la mort, plus austère qu’un cœur aride, plus triste qu’un tyran. Marc-Aurèle ne se débattit pas, sa mémoire fouillant avec méticulosité ses souvenirs pour achever l’oraison. Il ne sentit même pas la matraque qui se fracassa contre se côtes. On l’assit sans plus de ménagement. Face à lui, un homme mince au nez proéminant et cassé attendait. Il brisa le silence qui s’installait avec la dextérité d’un bourreau, signant de sa voix élégante des mots qui lacéraient l’air.
« Bonjour monsieur Randien, désirez-vous une tasse de thé ? »
Marc-Aurèle le dévisagea sans haine, avec la curiosité de l’inconnu. Il secoua lentement la tête pour refuser, son visage s’illuminant alors que les derniers vers du poème lui revenait en mémoire. Pris d’une soudaine énergie, insoupçonnée et absurde, Marc-Aurèle acheva sa déclaration avec un sourire absolu.
« Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront
Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les rois et la gloire
Tu seras un homme, mon fils*. »
Son interlocuteur le laissa dire, observant sans passion la subite virulence qui animait les traits du prisonnier. Marc-Aurèle sentit une force nouvelle couler en lui, celle de ses premiers amours de littérature, quand il avait épousé la foi stoïque, quand il avait vu dans l’avenir un défi de chaque instant. Probablement trahi par sa joie, Marc-Aurèle entendit son geôlier reprendre :
« J’ai toujours été fasciné par l’espoir… chez les hommes comme vous, il se traduit par la… résistance, dit-il en appuyant ce mot avec dégoût. C’est une chose assez compréhensible. Le divertissement nous promet à chacun un temps de chevalerie, l’histoire nous l’apprend aussi, l’humain doit se battre, il doit s’imposer. Le monde prend sens dans la lutte. L’homme avant vous a tenté de me tuer. Il a sauté sur moi, sans doute en comprenant le rapport hiérarchique qui me mettait à la tête de ce pénitencier. Et j’insiste sur le mot hiérarchique, nul domination ici. Il est mort avant même de se lever. Aussi, si vous sentez un trou dans la chaise, j’ai peur que ce soit de ma faute. »
Marc-Aurèle gardait sa bouche résolument close. Que les mots de son futur tortionnaire soient vrais ou simple manipulation, cela ne lui importait que peu. En fait, Marc-Aurèle, se concentrait sur son visage, cherchant à assimiler ce nouveau venu. Rien n’était comparable à cette tête. Oh bien sûr, le nez s’approchait de celui, si célèbre, de Cyrano. Les yeux, perçants et fouineurs, remplis d’une malice sournoise et abjecte, pouvaient faire penser à Malraux. Mais c’était le menton, plus osseux qu’un squelette, qui rendait ce corps plus absurde qu’un tableau de Munch. Et pendant que Marc-Aurèle continuait sa prospection teintée d’émerveillement, l’autre continuait.
« Cependant, votre résistance est toute autre. Vous existez par l’esprit. Vous êtes persuadé qu’un seul mot, qu’un seul individu peut changer le monde. C’est à moi que revient la dure besogne de vous ramener sur terre. Comme le père Noël, l’humain bienveillant est un mensonge, seul il n’est capable que du pire. Racisme, sexisme, homophobie, spécisme, regardez ce que l’histoire a écrit. Nous sommes la pire horreur que nous ayons jamais bâtie. Il vous suffit de le dire.
— De le dire, répéta Marc-Aurèle, interloqué ?
— C’est évident, non ?
— Oh… alors oui, je veux bien du thé aux fruits rouges s’il vous plait.
Un muscle tressaillît sur la mâchoire de l’homme. Pendant un instant, Marc-Aurèle eut peur d’avoir déjà dépassé une limite. Et alors qu’il voyait le bras se lever, une certaine tristesse l’envahit. Ce n’était pas le coup qu’il craignait, mais de ne plus pouvoir jamais observer le visage qui lui faisait face. Le mystère du menton continuait de l’obnubiler, trop fin pour être associé à l'un de ces Tsars russes, pas assez dessiné pour s’assimiler aux peintres italiens. Heureusement, sa crainte fut vite balayée lorsqu’il comprit qu’on se contentait d’accéder à sa requête. On lui présenta rapidement un breuvage fumant qui répandait un arôme doux et délicat, gorgé de saveur, situation grotesque face à la rigidité des militaires en armes dans la pièce. Burlesque encore renforcé par les chatons qui dansaient sur la tasse. C’est seulement à cet instant que son interlocuteur reprit.
— Savez-vous pourquoi vous êtes ici monsieur Randien ?
— Parce que je ne vénère que la raison, répondit l’intéressé.
— Précisément, et en la matière, vous êtes… une anomalie non normative. Votre exubérance n’est pas socialement acceptable. Vous refusez d’être plaint, niez l’altruisme, objectez aux sentiments.
— D’un autre côté, je vivais en dehors du monde avec mes livres avant que vous veniez vérifier si un chalet, même dans la neige, ça brulait bien, répliqua Marc-Aurèle avec une pointe d’ironie.
Il se sentait revivre. Une joute verbale, une existence de l’esprit ! Et il était toujours plongé dans la contemplation de ce menton, persuadé désormais de l’avoir déjà vu un jour. Mais sa mémoire, affaiblie par le traitement qu’elle avait subi, ne parvenait pas à le resituer. L’officier continua.
— C’est là tout ce qu’on vous reproche : votre égoïsme. Vous ne pensez qu’à vous, assis sur vos abjects privilèges, oubliant que vous êtes le produit de l’absurde arbitraire du destin. Vos parents se sont aimés, vous n’êtes pas mort en route, ni même né dans un de ces pays barbares où on tue des animaux pour se nourrir.
— Et donc, j’aurais dû mener une guerre pour leur dire que le tofu c’est le meilleur des plats gastronomiques ?
— Vous auriez dû remercier l’espèce de votre existence ! Donner de votre temps pour les autres, soumettre votre intelligence au bien commun plutôt qu’à votre… caprice.
— Pourquoi les autres avant moi ?
— Parce qu’ils en avaient besoin ! Parce que vous êtes capable là où ils ne le sont pas. On appelle ça la justice.
— Non, on appelle ça la pitié. La justice c’est une affaire d’humain à humain, elle ne traite pas des disparités de la nature.
— Eh bien, ayez pitié ! Mais allez sauver les autres.
— Ont-ils fait quoi que ce soit pour se sauver eux-mêmes ?
A peine avait-il prononcé cette phrase qu’il la regretta aussitôt, non pas à cause de sa véracité, mais de la matraque qui s’appuya sur sa main. Le craquement fut sonore, résonnant encore longtemps après que le bruit aie disparu. Sidéré, Marc-Aurèle regarda ses doigts plus tordus que sa tignasse tendre vers le violet sans ressentir la douleur. « Le corps n’est que chair, l’esprit sauve l’humain » se remémora-t-il, trouvant dans ce fétiche un refuge.
— La douleur récompense la stupidité, Monsieur Randien. Ecoutez-là, entendez donc votre sang battre à vos tempes, sentez votre cou se hérisser. Et comprenez. Ce sont les gens comme vous qui, hier, damnaient l’humain.
— On le dira à Sénèque, murmura Marc-Aurèle.
— Ce sont les gens comme vous qui hier mangeaient de la viande, qui exploitaient les autres humains, pour la simple et bonne raison que vous le pouviez ! Que vous jouissiez du confort de votre intelligence pour asservir l’autre.
— Il me semble aujourd’hui que c’est vous qui nous voulez asservis.
— Le bien commun le demande. Car vous le pouvez, et de toute manière, cela ne doit pas vous importer puisque vous refusez les sentiments. Vous abandonnez l’inique au fatalisme. Vous n'écoutez pas la douleur de l'autre et dans votre indifférence, vous en devenez responsable ! Vous leur devez une vie meilleure !
— Du coup, si on me tue, on résoudra le problème de la faim dans le monde ? C’est pratique la religion du sentiment, me voilà l’antéchrist qui va simplement acheter les péchés des hommes.
— Riez, avez-vous seulement déjà agi contre la faim dans le monde ?
— Oui et on m’a jeté en taule un mois pour ça. Le soja est une plante qui détruit le sol, quant à manger de la viande, bien que ça résoudrait les carences de beaucoup, c’est impensable.
— Vous semblez obnubilé par la nourriture. Sans seulement penser à la souffrance animale.
_ C’est vrai que lorsqu’un loup bouffe un gosse, l'animal se demande si l'enfant pleure parce qu’il a mal ou si c’est de la joie de soulager la faim du loup.
— Mais enfin, cessez ! Aucun esprit sain ne peut tolérer qu’on mange un cadavre ! De plus, ça rend malheureux.
— D’ailleurs, Montaigne était connu pour être un sale con dépressif, rit à nouveau Marc-Aurèle.
Marc-Aurèle laissa l’autre poursuivre sa logorrhée, il dirigeait à nouveau ses pensées sur le menton de son interlocuteur. Son regard remonta un peu et c’est en se focalisant sur l’un des replis que le prisonnier découvrit son secret. La maigreur quasi-famélique de son vis-à-vis empêchait un goitre de s’y développer. Cela donnait au bas de ce visage un aspect hors du temps, aussi aiguisé qu’une épée qui aurait dû s’émousser à la première joute. Marc-Aurèle s’émerveilla de sa découverte, trouvant immédiatement dans son esprit les visages de ceux qui, aidé par un grand embonpoint, pouvaient ressembler à l’officier.
— Monsieur Randien, ne tournons pas plus autour du pot. Vous êtes une anomalie.
— Rien de bien grave, notre monde les affectionne particulièrement. Ce sont des trésors à chérir, des êtres à aider, il faut se sacrifier pour pallier la nature. Problème résolu, vous me refilez une maison loin du monde, je sers de singe pour les imbéciles qui culpabilisent de ne pas être moins cons et basta.
— Non, vous n’êtes pas normé… ni normable.
— J’avais oublié que la pitié avait aussi ses critères. Être confronté à sa propre faiblesse enivre l’homme. Que sommes-nous fort de nous sacrifier au mieux de nos capacités. Mais être confronté à son absurdité, c’est l’insigne horreur pour vous. C’est réfléchir à votre condition. C'est vous rappeler que le langage n'a pas pour but de pleurer. Cela, le corps s'en charge. Non, Le langage amène à dépasser l'animal, à formuler ce qui fera demain.
Son interlocuteur garda le silence longtemps, un voile de tristesse s’abaissant lentement sur son visage et Marc-Aurèle sut sa fin proche. Il comprit que la pitié qui lui était imposée était celle qu’on offrait aux morts en sursis. Il allait avoir droit à une dernière joute verbale, une dernière balade sous le soleil, peut-être un dernier poème.
— Malgré tout notre amour, vous êtes l'échec de notre société. J'espère qu'un jour, nous sauront soigner l'égoïsme. Nous avons essayé de détruire votre esprit, mais votre résistance pendant ces dix-huit mois me confirme ce que nous avons tous toujours su. Vous êtes malade. Et c’est incurable. Car votre souffrance vous aveugle, agenouillée par le poids d’une intelligence qui n’aurait pas dû vous être échue, que vous avez volé au bien commun. La seule preuve d’amour que nous puissions vous offrir, c’est de vous tuer.
— A long terme, pensez à long terme, murmura Marc-Aurèle, conscient de la vacuité de son conseil.
— A long terme, nous sommes tous morts.
— Vous exigez de l’homme qu’il s’excuse d’exister.
— J’en ai assez d’entendre vos inepties !
— Et moi les vôtres ! Mais moi, je vais mourir, alors obéissez à vos préceptes et laissez-moi partir l’esprit soulagé de sa tristesse ! Vous imposez une religion de sentiment où le péché est le pire des crimes et l’objection le blasphème le plus atroce ! Vous reléguez la raison à un rêve et voyez le talent comme un poids. Vous n’orientez pas les humains, ils s’éparpillent dans leur douleur, sans guide. Ils se définissent par leur souffrance qu’ils portent en tabard. Fier représentant du déclin de ceux qui, hier, voyageaient jusqu’aux étoiles ! Vous vouliez les libérer du joug de ceux qui étaient capables, vous pensiez que c’était à l’intelligence de se soumettre à la masse et vous les avez fait esclaves du cœur, les pires serfs qui soient : inféodés à des désirs insatiables, sans objectifs, sans labeur pour les forger. Il n’y a que le travail pour être heureux. Un jour, un des plus grands dirigeants que la terre ait connu, un empereur romain qui traversa les mémoires connu comme le dernier des stoïques, celui dont je porte le prénom, répondit à l’interrogation de ce siècle. Votre quête tétraplégique du bonheur qui s’exprime dans un altruisme vicié et imposé. Vous avez détruit ce sentiment ! En avez fait un objet de marchandise, pire, un dû ! Et pourtant, la réponse existe, ô combien plus simple. Ce seront mes derniers mots, ceux d’un grand homme que j’ai toujours révéré. Sauvez ces mots, partagez-les et vous sauverez le monde : « Qui est en paix avec soi-même est en paix avec l’univers ».
Marc-Aurèle se leva. Son esprit était plus clair que jamais, plus lucide aussi. Il lui semblait être à nouveau nourrisson, conscient de ce monde comme s’il le redécouvrait. Il marcha en comptant les pas, en suivant chaque écho, en traquant chaque fissure. L’univers entier devenait données sous son crâne. Il compta sept cent cinquante-deux pas jusqu’à la porte. Les gardes l’ouvrirent avec précaution, conscient, au fond de leur indigence intellectuelle, que l’homme quittait pour la dernière fois l’humanité. Le seuil d’acier luisant de rouille n’opposa aucune résistance. Le condamné eut un temps d’arrêt. Sa gorge recracha la fragrance du thé, ses yeux profitèrent de l’herbe qui poussait devant lui… Alors, un sourire gravé sur son visage, apaisé d’enfin retrouver la nature, Marc-Aurèle foula la terre. Et lui qui toute sa vie avait était lucide de son monde, lui qui avait calculé les schémas de déplacement des foules, il n’entendit pas le fusil qui s’armait, pas plus qu’il ne sentit la douleur lorsque une balle lui perfora le cœur.
* Tu seras un homme mon fils. (If, selon le titre original) poème du prix Nobel britannique Rudyard Kipling, traduit en Français par Paul Ricoeur.