Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: noaset13 le 30 Août 2016 à 21:04:21
-
Au lendemain de la fin du monde, après une énième boucherie des humains, Arès, désireux d’avoir enfin son propre champion, décréta qu’il était temps de couronner le Conquérant Suprême. Sa rivale, la déesse Athéna, avait Ulysse le rusé. Enée et Pâris servaient Aphrodite, son ancienne amante et déesse de l’amour. Zeus avait comme héros ses propres enfants. Lui, point. Qu’à cela ne tienne ! Il parcourait le monde d’est en ouest, du nord au sud, du commencement jusqu’à sa fin pour trouver le conquérant qui avait fait trembler le monde.
Il revêtit ses sandales d’airain, sa cuirasse flamboyante, son casque étincelant. Il ceint son glaive de feu et saisit son javelot à la pointe d’obsidienne. Au plus fort de sa gloire, il était prêt à rencontrer son futur champion. Il frappa le sol de son javelot.
- Roi des Enfers ! Frère de mon père ! Ressuscite d’entre les morts le conquérant qui a répandu l’effroi par-delà les contrées !
La terre se fendilla sous la pointe de sa lance, en jaillit un homme massif aux longs cheveux roux, revêtu d’une cotte de maille et armé d’une courte épée. Une barbe, rousse également, ornait son menton.
- Je suis Arès, dieu de la guerre ! Donne-moi ton nom et ton origine, raconte-moi tes exploits et tes conquêtes, vante-moi ton héritage, que je juge si tu es digne d’être mon champion !
L’homme se redressa, planta son regard dans celui du dieu.
- Mon nom est Brennus, chef des farouches Celtes. J’ai vaincu l’armée romaine sur la rivière Allia. J’ai conquis Rome : je l’ai pillée, j’ai violé ses filles, égorgé ses fils. J’ai brisé ses statues, englouti son butin. Mon souvenir est resté ancré dans la mémoire des survivants et s’est propagé dans celle de leurs descendants. Bien des siècles après ma conquête, ils tremblaient encore en entendant mon nom et celui de mon peuple. Choisis-moi, et tous trembleront devant toi !
Bien que son orgueil de Grec en souffrit, Arès dut reconnaître qu’il était impressionné par les exploits du barbare. La capitale romaine était un véritable trophée, à n’en pas douter ! Mais un détail retint son attention.
- Pourtant, Rome a survécu à ta venue durant sept siècles, comment l’expliques-tu ?
Pour la première fois depuis le début de leur entrevue, le grand Brennus cilla.
- Les Romains du Capitole ont résisté jusqu’à démoraliser mes troupes. J’ai traité avec leur chef, qui a obtenu mon départ en échange d’une forte rançon.
Les prunelles du dieu s’enflammèrent. Brennus porta les mains à son visage en hurlant. De la fumée s’échappait entre ses doigts. Il tomba à genoux.
- Lâche ! tonna Arès. Seules deux alternatives sont envisageables en temps de guerre : la victoire ou l’anéantissement. Renoncer à Rome, la ville fondée par mon propre fils Romulus ! Que valent quelques monceaux d’or devant la Louve ? Comment as-tu osé la vendre ?
Sa colère ne connaissait plus aucune limite. Il dégaina son glaive et l’abattit brutalement sur le crâne du guerrier celte qui explosa en un nuage de cendre.
- Hadès ! Frère de mon père ! Envoie-moi un conquérant qui soit digne de ma face !
La terre s’ouvrit de nouveau, révélant un homme bien plus jeune que le précédent. Ses cheveux blonds illuminaient l’abîme. Il portait le même équipement guerrier que le dieu, quoique bien moins divin. Un Grec. Arès en conçut une vive fierté.
Il réitéra la même formulation qu’avec Brennus. Le jeune homme se prosterna devant lui.
- Grand Arès, Guerrier Suprême, Roi de la Guerre, je me prosterne à tes pieds. Je suis Alexandre le Grand, roi de Macédoine. J’ai levé une armée de 57 800 hommes. J’ai conquis les territoires grecs, je me suis allié aux peuples balkaniques. J’ai défait les Perses, puis les Indiens et les Egyptiens. J’ai conquis les plus grandes capitales de mon époque. J’ai tranché le nœud gordien. J’ai été couronné roi d’Asie. La mort m’a enlevée à l’âge de 31 ans. Si elle ne m’avait pas emportée, j’aurais été le maître du monde. Accepte-moi à tes côtés, et je te l’offrirais.
Sa suffisance, malgré ses origines et sa position agenouillée, agaça le dieu. Être Grec n’empêchait pas la modestie !
- Les cités que tu as prises, les as-tu rasées ? Les as-tu quittées en ne laissant que ruines fumantes ?
- Pour certaines, oui, répondit Alexandre le Grand, j’ai intégré les autres villes et leur culture à la mienne. Leurs sujets sont devenus les miens.
Intégrer des cultures participait à l’effort de conquête dès lors que la culture principale en était renforcée. Aussi, Arès ne trouva rien à y redire.
- Qu’en est-il de ton héritage ? s’enquit-il.
Le visage du conquérant frôla la poussière.
- Ma mort aussi soudaine qu’injuste a pris mes généraux au dépourvu, ils n’ont pas réussi à perdurer mon œuvre : ils se sont affrontés et se sont partagés mon empire. Ce dernier s’est trouvé morcelé entre l’Egypte, la Grèce et l’Asie. Les deux premières ont fini par tomber sous la domination des Romains.
- Dans ce cas, je devrais sans doute me tourner vers eux pour trouver mon champion, car toi, tu ne le seras pas, répliqua Arès dédaigneux.
- Grand Arès…
- Il suffit ! Conquérir n’est qu’un bain de sang inutile sans administration pour l’accompagner. On se souvient de toi, certes, mais de ton empire, il ne reste que des mentions dans des livres et de la poussière. Adieu ! trancha-t-il en transperçant sa gorge de sa lance.
Il la planta ensuite dans le sol.
- Frère de mon père, je ne m’en irai pas tant que tu ne m’auras pas présenté le conquérant digne de m’accompagner ! clama-t-il.
Sortit des profondeurs de la terre un homme massif revêtu d’une armure de maille et de fourrure. Sur l’injonction du dieu de la Guerre, il se présenta. Son nom était Hannibal Barca, militaire carthaginois à l’origine de la Deuxième guerre punique qui l’a confronté aux Romains. Il avait alors quitté l’Espagne avec son armée, traversé les Pyrénées, puis les Alpes pour atteindre le nord de l’Italie, et ainsi assiéger Rome. Sa conquête échoua au bout d’une dizaine d’années : les Romains repoussèrent son armée et le forcèrent à regagner Carthage. Malgré sa défaite, ses stratégies militaires ont traversé les âges. Surnommé le « père de la stratégie », Rome s’est par la suite appropriée sa tactique militaire, ainsi que Napoléon Ier. Sa vie a également inspiré des artistes comme Nicolas Poussin ou Henri Motte.
Arès restait néanmoins sceptique. L’empire carthaginois avait disparu en même temps que son héros le plus illustre. Bien qu’il soit resté dans les mémoires, il ne servait plus qu’à entretenir la créativité des hommes et à étoffer l’art de la guerre. Même si ce dernier élément plaisait au dieu, il ne suffisait pas à pour en faire son champion, aussi le renvoya-t-il aux Enfers.
Le conquérant suivant n’était autre que Scipion l’Africain, l’ennemi mortel d’Hannibal Barca. La vie du sénateur romain avait tout pour réjouir le dieu de la Guerre. Le tribun avait pris part à la guerre dès l’âge de 17 ans, porté secours à son père blessé durant les batailles du Tessin, commandé un groupe de rescapés qu’il ramena à Rome. Mais surtout, il avait infligé de nombreuses défaites à Hannibal et remporté la victoire de Zama, scellant ainsi la seconde guerre punique. Elu consul et prince par le Sénat romain, le procès qu’on intenta contre lui et son frère pour détournement d’une partie du tribut de guerre imposé à Antiochos mit fin à sa carrière politique, et le contraignit à l’exil jusqu’à sa mort. La fin de sa vie fut le bémol qui sonna aux oreilles du dieu : que valait un conquérant sans patrie ? Arès renonça à sa candidature avec beaucoup de réticences.
Un autre Romain attira son attention : le célèbre Jules César, le vainqueur de la Guerre des Gaules et descendant de Vénus, autre nom de la déesse grecque de l’Amour. Donc un candidat plus que sérieux. Pontife puis consul, il mena la Guerre des Gaules durant huit ans, années pendant lesquelles il livra 30 batailles, fit 8 sièges et conquis 800 oppidum. Après plusieurs autres conquêtes, il voulut restaurer la royauté et fut pour cela assassiné. Malgré son parcours impressionnant, Arès n’eut aucun mal à le rejeter : il avait guerroyé pour s’enrichir et acquérir du prestige, et non pour l’honneur de sa patrie. Cela déplut fortement au dieu qui le rejeta.
De même, il balaya de son épée les autres soldats romains et les rois mérovingiens. Aucun d’entre eux ne pouvait se vanter de conquêtes dignes d’attirer son illustre regard. Son orgueil lui interdit d’envisager l’érection d’un champion barbare. Bien que certains d’entre eux, à l’instar d’Attila ou de Gengis Khan, puissent se montrer dignes d’être son champion, il ne pouvait envisager – en tant qu’ancien Grec – un champion dont le sang ne serait pas européen.
Quand l’un des morts indiqua son nom, Guillaume dit le Conquérant, le dieu de la Guerre reprit espoir.
- Guillaume le Conquérant, fils de Robert Ier dit le Diable, raconte-moi tes exploits et tes conquêtes, vante-moi ton héritage, que je juge si tu es digne d’être mon champion !
L’intéressé s’exécuta : il lui raconta comment lui, duc de Normandie, était devenu par le jeu des alliances et des conquêtes, roi d’Angleterre. Mais pas le premier, songea Arès. Il n’avait donc rien fondé. Un roi comme les autres, en somme, qui avait cessé de guerroyé dès que la couronne d’Angleterre s’était juchée sur sa tête. Au moins était-il mort au combat, une fin honorable pour un guerrier.
Arès passa en revue les différents autres rois que lui envoyait son oncle, Hadès. Il écarta rapidement les rois, car ces derniers se contentaient d’élargir leur territoire sans s’aventurer au-delà de celui-ci. Bien que rustres et arrogants, les conquérant antiques avaient au moins eu le mérite d’être ambitieux, contrairement aux souverains médiévaux qui avaient une certaine tendance à l’inertie. Trois siècles plus tard lui apparut enfin un chevalier harnaché dans son armure, sa tête dissimulée dans son heaume. Il tenait une épée dans sa main droite, un étendard dans sa main gauche. Trois anges y étaient représentés.
« Enfin un champion à ma gloire ! », songea le dieu. Enlève ton heaume, chevalier, donne-moi ton nom et narre-moi tes exploits, que je juge si tu es digne d’être mon champion ! tonna-t-il.
Son opposant planta son épée puis son étendard dans le sol, croisés entre eux, puis ôta son heaume. Une femme, aux cheveux courts certes, mais une femme. Arès crut s’enflammer de fureur. La femme s’exécuta, impassible malgré cet accès de rage :
- Je suis la Pucelle d’Orléans, la dénommée Jeanne d’Arc. Sous les ordres de Saint Michel, Sainte Marguerite et de Sainte Catherine, j’ai bouté les Anglais hors du royaume de France. J’ai rétabli le véritable roi, Charles VII, sur le trône de France. J’ai été capturée par les Anglais en voulant défendre Compiègne. Ces bâtards m’ont jugée puis m’ont fait brûlée vive pour sorcellerie. Malgré cela, je n’ai jamais douté en Notre Seigneur Jésus Christ !
S’en était trop ! Arès la balaya de sa lance comme ses prédécesseurs. Désespéré, il délaissa ses armes et s’envola loin des terres de son oncle. S’il avait réellement existé un siècle, un peuple où le conquérant était une femme chrétienne, à quoi bon explorer les époques postérieures ? Il traversa les champs de bataille, dédaigna les monceaux de cadavres et les corbeaux qui s’en nourrissaient. Il finit par trouver les vestiges d’un missile. Planté dans le sol, il n’avait pas explosé. Dépité, Arès s’assit, dos à la coque, mit sa tête dans les mains. Existait-il un champion à sa hauteur ?
- Vous m’avez l’air bien soucieux, Monsieur le dieu, fit une voix fluette et ronronnante à ses pieds.
Arès baissa la tête. Un chat noir, à peine plus grand que sa main, le fixait de ses yeux d’émeraude.
- Il existe encore des êtres de ton espèce ? s’étonna le dieu.
- Rien n’est moins sûr, mais moi je suis encore là, n’est-ce pas le plus important ? fit le chat. Mais vous, vous existez toujours, donc l’humain a survécu et notre race survivra, cela est sûr.
- Comment peux-tu en être certain ?
- Mais, Monsieur le dieu, sans les hommes, vous-même n’existeriez plus ! Un dieu n’existe que s’il subsiste un homme pour croire en lui. Puisque l’humain a la guerre dans l’âme, il en reste au moins un pour garantir votre existence, répondit le chat en se passant la patte derrière l’oreille.
- Qu’en est-il de toi et de tes semblables ? s’enquit Arès avec dédain.
- S’il reste des humains pour peupler cette bonne vieille Terre, nous survivrons, décréta le chat, lorsque ses conditions de vie s’amélioreront, la gente humaine nous accueillera de nouveau à bras ouverts.
- Tu me parais bien sûr pour quelqu’un d’aussi infime.
- Monsieur le dieu, notre histoire et celui de l’humain sont étroitement liées. L’humain nous vénère durant les temps pharaoniques. Oh, cela a bien changé durant les siècles qui ont suivi : ces barbares nous craignaient tellement qu’ils ont fini par nous brûler sur des bûchers. Les imbéciles ! En notre absence, les rats ont pu proliférer, et avec eux la Grande Peste. Mais nous nous sommes bien vengés durant ces derniers siècles. Les papes et les hommes politiques ont fini par nous accueillir sur leurs genoux. Mais notre apogée a connu son paroxysme avec l’arrivée d’Internet et la création de Youtube. Nos photos, vos vidéos ont fait le tour du globe. Ces inventions ont permis notre conquête du monde entier.
- Comment une telle domination est-elle possible ? demanda Arès, impressionné malgré lui.
- Parce que nous avons su nous montrer indispensable, pardi ! Notre beauté fascine, nous chassons les nuisibles, nos yeux brillent la nuit. Officiellement nous avons des maîtres, mais nous savons qu’il suffit d’apparaître sur un perron quelconque pour être caressé, flatté, nourri. Les humains ne nous ouvrent pas toujours leurs portes, mais cela ne nous empêche pas de nous y engouffrer. On nous chasse, nous revenons. On finit par nous adopter, mais nous partons quand la nourriture se raréfie. L’humain en vint même à nous préférer à sa propre espèce : un jour, un homme s’est filmé en train de fracasser un chaton contre un mur. Condamnations sur le bourreau et dons multiples pour l’innocent ! Le même jour, des enfants se filmaient en train de maltraiter un enfant handicapé, nul ne s’en est soucié !
Ces derniers mots finirent de décider le dieu. Il se releva d’un bond, son armure de nouveau flamboyante. Ses armes réapparurent entre ses mains, tout aussi rutilantes.
- Chat, accepterais-tu de devenir mon champion ? demanda-t-il d’une voix tonnante.
Le félin s’immobilisa, la patte figée sur sa tête, ses yeux plantés dans ceux du dieu.
- Un champion ? C’est quoi au juste un champion ? s’enquit-il.
- Toi, dont la présence seule suffit à conquérir un territoire, je t’élève au rang de Conquérant Suprême, le seul être digne de me représenter sur les champs de bataille.
- Monsieur le dieu, je m’interroge : qu’entendez-vous par Conquérant Suprême ?
- C’est un titre fort honorable qui montre au monde entier que tu es mon champion. Tous trembleront devant toi !
- Les souris le font déjà, fit remarquer le chat. Et puis, ne vous en déplaise, je ne vois pas l’intérêt d’une telle chose. Comme je vous l’ai déjà dit, je n’ai qu’à apparaître devant les humains pour qu’ils m’offrent ce que je veux.
- Et la gloire ?! L’immortalité ?! Qu’en fais-tu ?
- Nul n’est immortel en ce monde, pas même vous, Monsieur le dieu. Lorsque cette Terre aura définitivement cessé d’exister, nous disparaîtrons tous, ainsi que notre gloire. Par ailleurs, vous oubliez une chose essentielle, Monsieur le dieu : je n’appartiens à personne, là réside ma force. Une loi, une seule, me dirige : en tant que chat, je suis partout chez moi.
Ainsi, le Conquérant Suprême existe bel et bien. Il n’est l’apanage de personne, humain ou divin. Il conquiert les territoires par son seul charisme, voire avec quelques coups de griffes. Quand il n’est pas dans notre maison, il est dans notre ordinateur, puis dans les deux. Des établissements, des cultes lui sont consacrés. Nul ne peut s’en passer. Lui porter préjudice est un affront fait à l’humain même. C’est le chat bien sûr.
-
Coquille : « aussi le renvoya-t-il renvoya aux Enfers ».
Quelques fautes, mais peu nombreuses.
Vers la fin du texte, une réplique du chat est rédigée à la suite et non introduite par un tiret, d’où confusion.
Mis à part ces quelques broutilles, le récit est plutôt bon. C’est imaginatif, distrayant et bien écrit. Le ton s’accorde bien avec le thème qui, lui, est original.
Ça me rappelle ces fabliaux que je lisais durant mon enfance.
En un mot, c’est une réussite. Faire dans la qualité tout en captivant le lectorat n’est pas donné à tout le monde.
-
Bonjour,
C'est une manière originale de revisister les grands héros de l'Antiquité à nos jours. C'est un Ro minet philosophe le gagnant. Bien vu !
Bravo pour cette histoire amusante.
-
Salut !
Merci beaucoup pour ces commentaires, ils sont très instructifs :) Je viens de corriger certaines coquilles qu'on m'a signalées, merci beaucoup pour vos observations !
-
Salut noaset13 !
Ton texte est sympa, j'ai pris plaisir à le lire. Le rythme y est et on voit une bonne recherche/connaissance du thème et une fin assez distante du début du récit.
J'ai quelques commentaires qui n'engagent que moi:
- Je suis un peu perdu dans cette alternance Grec/Romain. Tu dis à un moment " la ville fondée par mon propre fils Romulus"; Arès n'est pas Mars même s'il s'y apparente. Ils partagent juste des mythes semblables. La même chose m'a frappé quand tu dis "Vénus, autre nom de la déesse grecque de l’Amour". Soit tu parles des mêmes dieux/déesses, soit tu fais intervenir un filtre tel que "Vénus, l'alter ego de mon aimée". Pour moi c'est perturbant.
- J'aime bien l'appel à Hadès qui est systématique. Ca donne un fil conducteur, une continuité. J'éviterais cependant de l'appeler 3 fois "Frère de mon Père". J'irais aussi chercher dans du "Toi que mon Père a libéré" ou encore "Fléau de Déméter".
- "Envoie-moi un conquérant qui soit digne de ma face !" De ma face ? Moi, ça me choque. Je dirais plus "qui soit digne de mes éloges" ou "qui puisse me faire rougir". Ajouter une tendresse dans sa recherche ferait du dieu une figure plus humaine.
- "Intégrer des cultures participait à l’effort de conquête dès lors que la culture principale en était renforcée." OK mais lourd, je reformulerais.
- "ils n’ont pas réussi à perdurer mon œuvre". Pérenniser ?
- ", car toi, tu ne le seras pas". S'il lui dit "Dans ce cas, je devrais sans doute me tourner vers eux pour trouver mon champion", ça signifie qu'Alexandre ne peut l'être. L'affirmation sus-citée est donc inutile.
- "Sa vie a également inspiré des artistes comme Nicolas Poussin ou Henri Motte." A mon sens cette phrase brise le ton du narrateur. Tu fais intervenir des individus qui existeront ou qui auront existé mais qui, en aucun cas, n'appartiendront au groupe des dieux et héros.
- "du Tessin et commandé un groupe"
- Je dirais "durant huit ans pendant lesquels il livra 30 batailles, fit 8 sièges et conquis 800 oppida."
- "Il écarta rapidement les rois, car ces derniers se contentaient d’élargir leur territoire sans s’aventurer au-delà de celui-ci" Je comprends l'idée mais comment conquérir des territoires sans s'y aventurer?
- "C’en était trop !"
- La présence du chat se faufile assez subtilement dans ton texte. Mais pourquoi finir aussi abruptement avec des phrases courtes et sans appel ? Ce découpage saccade la fin du récit et noie un peu l'idée du texte dans une cascade d'évidences.
- Un dernier commentaire de fond : j'ai des amis qui vendraient père et mère pour sauver leur chien et qui d'un chat ferait du ragoût. N'y aurait-il pas moyen de faire apparaître cette guerre millénaire dans le dernier dialogue ?
J'espère t'être utile ! Bàt