Ce sujet a pour vocation de recueillir les réflexions au sujet des liens qu'entretiennent les femmes avec la littérature, ainsi que de ceux qu'elles n'entretiennent pas.
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Il me semble impératif de se poser, collectivement, différentes questions. Nous pourrions commencer par nous demander pour quelles raisons les grandes figures de la littérature sont très majoritairement de sexe masculin.
Ce constat est en effet terrible. La belle, la grande littérature française est celle de Balzac, de Molière, de Corneille, de Montesquieu, de Voltaire, de Rousseau, d'Hugo, de Rimbaud, de Baudelaire. Des hommes, des hommes, des hommes. Parmi eux, quelques femmes, bien sûr. Par exemple, Duras. Mais, dans le fond, le sexe masculin domine entièrement le domaine de la production littéraire, en terme de quantité. C'est pour cette raison que je me suis fixé comme objectif estival de ne lire que des écrivaines. A savoir, une petite dizaine d’œuvres, inégales, de périodes différentes, de contextes différents, et de plumes différentes.
Ce chemin m'a conduit vers l'incontournable Virginia Woolf, et plus particulièrement vers A Room of One's Own. Cet ouvrage est en fait la retranscription de conférences qu'elle a tenu autour du sujet que je soumet à la réflexion aujourd'hui. Pour toutes les personnes n'ayant pas lu le livre - et ne comptant pas le faire dans l'immédiat - voici un court fragment de celui-ci qui résume correctement sa teneur :
(...) il est indispensable qu'une femme possède quelque argent et une chambre à soi si elle veut écrire une oeuvre de fiction.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Les conditions qu'énoncent Virginia Woolf vous semblent-elles pertinentes/suffisantes ?
Que toutes vos pensées à ce sujet viennent nourrir ce sujet crucial. N'hésitez pas à venir déposer vos fiches de lectures, vos questionnements, et vos réponses. Ce sujet n'a pas encore de véritable articulation, cette première pierre n'a comme intérêt que de lancer les hostilités.
Mon commentaire contient des termes explicites, vous êtes prévenus !
Je m'éloigne un peu de ta question de base, mais tout ça me fait penser à un livre que j'ai relu récemment : Ce que les hommes ne savent pas, écrit par Lucía Extebarria, où elle dénonçait dans la première partie la différence entre auteur et auteure, ainsi que littérature classique, érotique et pornographique.
Le livre en lui-même est un recueil de nouvelles, écrites par des femmes et narrant les aventures de femmes.
Quatrième de couverture :
"Le désir à ses caprices que la raison ignore. Provocante, Extebarria convoque l'imagination de ses amies artistes pour revisiter avec humour l’Éros et ses alentours. Tour à tour dominatrices, libertines et passionnées, les amazones modernes de ces nouvelles libèrent la parole et les sens, balayant les conventions, pour ne laisser place qu'au plaisir... de lire !"
Dans la première partie, Lucía Extebarria explique via une anecdote la différence faite entre littérature classique et littérature érotique selon si l'auteur est un homme ou une femme, et qu'un livre écrit par une femme (elle-même), qu'elle qualifie d'à peine moins prude qu'un livre de la Bibliothèque Rose sera remarqué uniquement pour son aspect érotique, mais qu'un livre écrit par un homme et possédant, selon ses mots, une scène sadomaso avec "pluie dorée" se verra entièrement passer sous silence cet aspect du livre.
Edit : les deux livres étaient en compétition pour un prix littéraire.
Personnellement, j'aime beaucoup ce livre car il raconte des histoires qui sonnent tellement vraies, tellement proches de ce que je pourrais ressentir dans ces situations et qui m'a aussi montré quelques situations en décalage avec ma vie de tous les jours (par exemple, une scène où une vendeuse -femme- explique à un client -homme- les différences entre les sextoys, ceux que les hommes croient adaptés aux femmes, ceux que les femmes pensent être les plus efficaces, ceux que d'autres femmes savent être les plus jouissifs, la différence entre les gammes, les formes et les couleurs, etc...). J'ai vraiment pu m'attacher aux différents personnages et aux différentes situations, malgré le fait que les nouvelles fassent à peine dix pages chacune. Bien sûr, j'ai mes préférences en rapport à mes propres fantasmes, mais dans l'ensemble, ce livre montre l'expérience comme une femme peut le ressentir et non comme un homme peut penser qu'elle le ressent (je suis claire, là ?).
Voilà pour mon petit commentaire sur la place de la femme dans la littérature en tant qu'auteur.