Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => Salle de débats et réflexions sur l'écriture => Discussion démarrée par: Dot Quote le 09 Août 2016 à 16:56:22

Titre: Penseur ? Rêveur ? Autre ?
Posté par: Dot Quote le 09 Août 2016 à 16:56:22
Il me semblait avoir créé un topic sur le sujet, mais ne le retrouvant pas...

Comme tout bon lecteur, mais en amont de celui-ci, tout bon écrivain effectue une projection dans un environnement fictif ; c'est valable bien évidemment pour les romancier ou novellistes de SFFF qui s'inventent des mondes, mais ça l'est aussi pour le caractère imagé des poésies, ou mêmes des biographie qui ne peuvent se départir d'une forme d'interprétation subjective. Même si parfois (souvent), l'écrivain se base ou tente de refléter le réel, il n'en est pas moins acquis qu'il déforme celui-ci, ou l'amplifie, ou l'interprète.
C'est dans ce sens que va ma question : tentez-vous plus la rationalisation de vos écrits, ou au contraire leur côté watzeufeuk ?

On peut accessoirement faire des liens avec ce fil... (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,19649.0.html)
Titre: Re : Penseur ? Rêveur ? Autre ?
Posté par: Alan Tréard le 10 Août 2016 à 12:22:45
Bonjour bonjour,

Alors moi, je suis plutôt WTF, j'aime bien rechercher des situations à l'extrême comme pour toucher le bout des choses. Je ne renie jamais le lien avec la réalité, mais ça ne tient parfois qu'à un fil ! Bon, ceci dit, c'est comme cela quand j'ai la liberté de développer un sujet ; quand je me concentre sur quelque chose de plus risqué et donc de moins libre, il me faut bien faire preuve de subtilité.
Titre: Re : Penseur ? Rêveur ? Autre ?
Posté par: nanomag le 10 Août 2016 à 19:25:01
J'aime bien que cela reste cohérent dans un ensemble complètement watzeufeuk :p

Hantise suprême : Un lecteur qui penserait "mais attends c'est pas possible là, complètement contradictoire avec chapitre X"
Titre: Re : Penseur ? Rêveur ? Autre ?
Posté par: Aïsha le 12 Août 2016 à 02:33:07
Tout ce que j'écris se passe dans le monde réel. Je me documente sur les lieux, la culture, les gens, le mode de vie (habillement, langage, etc.) ce qui me permet d'écrire une fiction réaliste. Je n'aime pas le moins du monde, mais cela n'engage que moi, les récits « imaginaires ».
Titre: Re : Penseur ? Rêveur ? Autre ?
Posté par: Umi le 13 Octobre 2016 à 10:48:19
Comme j'évolue beaucoup dans des mondes parallèles (avec des dragons, de la magie, etc.), mais que je reste très "élitiste" dans ma façon d'écrire, je reste dans une écriture assez "cadrée" dans un contexte assez "watzeufeuk".
Titre: Re : Penseur ? Rêveur ? Autre ?
Posté par: milena-owein le 13 Octobre 2016 à 11:06:03
Étonnante question :D

Étonnante parce que spontanément je me suis dit : "moi je suis du genre à tout rationaliser". Sauf que j'écris de la fantasy pur et dure donc difficile de faire moins rationnel !

Pour ma part je ne pense pas que le coté rationnel/irrationnel entre réellement en jeu dans un récit. Je veux dire par là que le but du rationnel n'est pas de créer un monde ou récit en lequel le lecteur puisse croire. Le but n'est pas qu'une oeuvre soit cohérente "pour le lecteur" mais qu'elle soit cohérente avec elle-même.

Une oeuvre livre ses propres code et c'est au regard de ces codes que le lecteur va juger de la rationalité d'une oeuvre et de s'il y croit ou non.

Un exemple : il y a peu de temps, une des filles que je garde (je fais du babysitting, et la fillette à 7 ans) me racontait les aventures d'une licorne rose à poix violet qui pétait des arc-en-ciel et vomissait des étoiles. Et je lui ais répondu : "Attend c'est pas possible, les chevaux peuvent pas vomir, ils ont pas les muscles qui faut pour ça". Ce qui l'a fait beaucoup rire :D la seule chose qui me choquait dans son récit était que sa licorne rose à poix violet vomisse !
Pourquoi était-ce la seule chose qui me choquait ? parce qu'elle m'avait dit que c'était une licorne, et les licornes sont des chevaux, et les chevaux ne vomissent pas; et donc cette information allait à l'encontre de sa première affirmation : soit ce n'était pas une licorne, soit elle ne vomissait pas, soit les licornes n'était pas des chevaux.

Bref, il n'existe rien de suffisament WTF pour que le lecteur ne puisse y croire, pour peut que l'oeuvre soit cohérente avec elle-même.
Et il n'existe aucune oeuvre, si rationnelle soit-elle, qui tiendrait la route si elle ne respecte pas ce précepte ^^

Voilà mon avis sur la question.
Titre: Re : Penseur ? Rêveur ? Autre ?
Posté par: Sillya le 13 Octobre 2016 à 16:52:59
Alors moi tout dépend des moments, il y a ces jours où je me surprends à écrire des mots venus d'ailleurs, laissant la réalité loin très loin...  déléguant à mon imagination le soin de guider ma plume.
 Cependant il m'arrive aussi de rationaliser et de garder les pieds sur terre. Il m'est d'ailleurs plaisant de me documenter dans le domaine sur lequel j'écris afin que même un fin connaisseur n'y trouve aucune fausse note.
Titre: Re : Penseur ? Rêveur ? Autre ?
Posté par: Nocte le 13 Octobre 2016 à 18:38:46
Un peu de rationnel dans le wtf. La miscibilité d'une fraction de l'un dans l'autre donne un univers à dominante merveilleuse, avec la réalité qui persiste comme un fil d'Arianne qui présèrve sa crédibilité.
Titre: Re : Penseur ? Rêveur ? Autre ?
Posté par: Pensécrire le 13 Octobre 2016 à 18:52:04
Bonjour :)


Même derrière le processus de rationalisation il y a un délire. Et le plus gros délire c'est d'être quelqu'un de rationnel mais de fou (savant fou, psychopathe). Qui a dit que le processus de rationalisation n'était pas une pulsion de notre être cognitif, l'homo sapiens sapiens ?

Pour répondre à la question, j'ai un processus rationnel d'écriture (la fulgurance) mais la forme, le style c'est plutôt "what the..." , le fond lui reste lui aussi très rationnel, réfléchi, raisonné, lucide, etc...

Etre penseur c'est forcément être rêveur, et même la plus grande sagesse s(t)imule les plus grands songes. Parfois se vouloir être complet, nous demande d'être ambivalents et parfois nous rend contradictoires, être complet c'est être pluriel. La facilité, ici, c'est de se catégoriser, la difficulté c'est de retrouver sa plénitude qui est si riche que c'est parfois flou ; ah, le flou, chose qu'on veut éviter, le flou on veut le rendre clair. L'homme instinctivement n'aime pas la vacuité et l'absurde.