1 : Moondyne
2 : Le jour de Moondyne (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,21786.0.html)
3 : Moondyne en orbite (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,21824.0.html)
JB Johns se considère comme un écrivain brut.
Brut, en référence à la théorie de l’art brut.
Il n’aime pas ceux qui le jaugent comme un amateur, parce qu’amateur, même si ça veut plutôt dire que t’as pas de formation, les gens pensent que ça signifie surtout que t’as pas de talent.
Il n’aime pas ceux qui le traitent de raté, parce que même si dans les fictions carte postale, c’est aussi pitoyable que romantique, en vrai ça n’attire que les cœurs tellement libres que personne ne les a jamais touché.
Il n’aime pas vraiment l’état brut non plus, mais comme il est juste écrivain et non ingénieur linguistique, il s’est dit que le terme parlerait à tout le monde dans la vision la plus proche de la sienne.
JB Johns a un fichier avec des noms de personnages qu’il a piqué à l’histoire avec un grand hash, parce qu’il en a marre des noms qui se vantent de résonner à l’oreille encrassée de gens en manque de clichés de tels ou tels genre.
Mais pour son tout nouveau projet, JB Johns ne trouve pas de double sens entre son histoire avec un petit hash et ses personnages farfelus ou excentriques ayant vraiment existés.
Pour éviter le manque d’inspiration, JB Johns va donc sur son ordinateur et tape quelque chose dans la barre de recherche :
JB Johns.
« Joseph Bolitho Johns, Moondyne Joe
Moondyne Joe fut un bandit australien connu pour avoir été le roi de l'évasion. Il s'évada tellement de fois de prison qu'une cellule spéciale fut conçue pour lui, avec la promesse du gouverneur que s'il réussissait à s'en échapper, il serait pardonné. Il réussit à s'en évader et cette promesse lui fut utile pour atténuer sa peine quand il se fit reprendre 2 ans plus tard. »
Pas mal.
Moondyne sera comme lui, dans sa fiction. Un écrivain qui lui ressemble. Parce qu’il a besoin de s’identifier à son personnage pour se cerner lui-même. Il ne veut pourtant pas d’un héros, parce qu’il considère que c’est hypocrisie de créer un personnage meilleurs que soi juste pour vivre les aventures qu’on n’ose pas vivre par soi-même. Et parce qu’il est un brin sadique. Il veut que son personnage en chie, plus que lui, même.
Il veut surtout exorciser le malin à l’intérieur de ses entrailles, le cristalliser pour l’enfermer dans le monde virtuel, et ensuite rassurer son égo en se disant : y’a pire, comme vie pourrie.
Donc JB Johns commence avec Moondyne.
Moondyne attend la mort, parce qu’il a pas aimé l’échantillon de vie que ses parents se sont sexuellement transmis, comme une maladie. Ou alors parce qu’il y a déjà trouvé tout ce dont il avait besoin.
Si tu pars à la chasse au trésor et que tu tombes sur un ticket gagnant de loto sur ton perron en sortant, et bien tu retournes chez toi, à la fois content et blasé.
Moodyne, lui, se fait pas chier avec les noms de personnages. Après tout, il n’a jamais rien écrit, puisqu’il vient de naitre. Tout ce qui pourrait jaillir de son esprit ne serait que bulle du jacuzzi de JB Johns, même s’il n’y croit pas vraiment. Alors, pour rigoler, il note sur son clavier le nom d’un protagoniste virtuel :
Guillemet Point.
Il ne sait pas ce qui va lui arriver, mais ça se passera dans sa tête. Parce que le monde réel, c’est devenu craignos autant que ringard, même si les gens le répètent sans le comprendre pour autant.