Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: lifeguard le 24 Juillet 2016 à 19:13:20

Titre: Court texte intitulé "pensée sur la religion"
Posté par: lifeguard le 24 Juillet 2016 à 19:13:20
Bonjour! Je vous partage un petit texte personnel, et, en soi, tout est dit dans le titre. J'aimerais avoir des avis sur l'écriture en elle-même, et évidemment, le sujet pouvant porter à débat, pourquoi pas discuter du thème, mais je vous prie de garder en tête que ce n'est qu'une "pensée", que tout est profondément subjectif, et que toute hostilité serait à des kilomètres d'une réaction possible à un texte aussi bénin  ;) j'espère que cela vous plaira, n'hésitez pas à me donner vos avis !
Merci!  ^^

PENSÉE SUR LA RELIGION

J’ai toujours aimé les églises. Il y a, dans la droiture de ces murs, un calme envahissant. Une sorte d’éternité fortuite qui cherche à se faire ressentir par chaque personne y pénétrant par un ensemble de statues et de bougies scellant le pacte de solennité passé depuis les premiers jours entre les Hommes et leurs dieux. On se sent petit, dans une église. Et si la formule paraît ici un peu faible, c’est bien ce que je ressens quand j’y suis. Petite. Petite chose. Et je ne crois pas en Dieu - en aucun Dieu d’ailleurs - mais c’est une chose qui me fascine : la foi.

Je crois en la science. Je crois aux mathématiques, aux atomes, aux faits ; et même si je me perds souvent dans des idées abstraites, je suis sûre que le monde n’est gouverné que par la force de la nature, l’existence incroyable d’attractions et d’énergies qui nous font vivre et voir ce qui vit autour de nous. Peut-être que je vois le monde, son avenir et surtout la société comme un concept voué à l’échec, et que ce scepticisme inhibe toute possibilité d’existence d’un esprit supérieur. Je crois aux matières, aux climats, aux infections et à la mort comme état de décrépitude. Je crois aux hormones, aux protéines, aux espèces, au début et à la fin. Si on y pense, c’est une religion, en soi. Mais tout ces gens autour de moi qui croient qu’il y avait quelque chose avant leur vie sur Terre, et qu’il y aura quelque chose après, me sidèrent. J’aimerais, une fois, ressentir ce qui les anime. Ce qui leur fait penser que leur vie n’est qu’un court instant d’un parcours spirituel infini. Ce qui les fait prier quand tout va mal, et ce qui les fait prier quand tout va bien. Comme je crois aux sciences je veux comprendre ce que je ne comprends pas, évidemment.

   Les églises me laissent muette, en quelque sorte, car c’est le fruit d’un sentiment que je ne comprends pas. Le résultat de l’obsession des Hommes d’imaginer un esprit supérieur pour ne pas accepter l’idée, vertigineuse, effrayante même, qu’ils sont bien seuls. Inventer un dieu est un moyen d’expliquer l’inexplicable, et d’exprimer nos incertitudes par un « si dieu le veut » engagé. Créer des différences, arguments pour manifester la violence qui attend son heure en chacun de nous ; se procurer un filet en cas de détresse, de pouvoir compter tout le temps, en toute circonstance et quoi que l’on ait fait, sur quelqu’un. Ne jamais être seul quand on ne veut pas l’être. Espérer. Prier pour les autres parce qu’on veut se faire bien voir, puisque lorsqu’on comprend qu’on ne peut être que déçu par notre vie « ici-bas » on rêve de toutes nos forces qu’il y en a une meilleure après. Notre vie devient un challenge : respecter des valeurs morales, être bon, raisonnable, altruiste, par peur d’un châtiment divin. Je pense que si la vie est une grande boîte que l’on remplit de boules représentant tout ce qui compte pour nous, ou tout ce qui nous fait du mal, la religion est l’eau qui permet de remplir les vides qui s’y trouvent. Une porte de sortie à tout problème, là, toujours présente. Un gage d’insouciance. Pour moi, la religion c’est un grand filet qui retient tout ses fidèles de la chute dans la clairvoyance. Et ça fait rêver, car je considère qu’il vaut mieux être naïf, car alors on est heureux, qu’omniscient, car alors on ne peut pas l’être.

J’aurais aimé pouvoir avoir la foi. Ne jamais comprendre la misère de nos vies, notre futilité, nos horreurs ; ne jamais ne voir dans une foule qu’un amas de squelettes recouverts de chair et de cors, ne jamais voir derrière chaque regard toute la puanteur de l’âme. Je pense que personne n’est vraiment bon. Vivre n’est qu’égoïsme. Et je le crois car c’est un fait ; mon fait, si vous voulez, mais un fait quand même. Vivre quand on a la foi est tout aussi vain, mais moins douloureux. Alors j’aurais aimé avoir la foi. Mais j’ai eu la raison. Finalement, c’est peut-être la pire des pathologies.