J'arrive sur cette place pleine de gens, de hauts ou de bas rangs, de regards plus ou moins errants.
J'attends cette personne, ma part d'âme, ma moitié de cœur, cette patate de choux-fleur.
Puis j'aperçois cette touffe brune.
Tu es encore monté en haut d'un arbre, et les yeux pétillants tu guettes la folie de ces prochains instants.
Et dans ce bref souffle de plénitude, je me précipite alors vers le tronc que tu as pris peine de ne pas écorcher en grimpant.
J'ose prononcer ton nom, et tu te détournes dans un élan d'ivresse. Sans hésiter tu sautes de ta branche, et je dégringoles ces quelques mètres avec toi, pour finalement m'évaporer dans nos éclats de rire.
Une fois ceux-ci partis en fumée, nous pouvons sentir la réalité du moment présent, mais le temps lui barre le passage, complètement figé pour ce peu de secondes que je passe à me pincer le bras. Les cheveux ébouriffés, sans rien dire, nous entamons une longue accolade, et je débute le puzzle de mon cœur.
Comme un sparadrap, ces mots que tu souffles m'aident à panser mes blessures, et à ne plus penser à ces cassures.
Puis vient le silence.
Quelques paroles suffisent pour communiquer, et nos âmes comme retrouvées, chantent l'air d'une mélancolie disparue.