Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Askia le 05 juin 2009 à 19:24:44

Titre: La complainte des immortelles.
Posté par: Askia le 05 juin 2009 à 19:24:44
On ne voulait plus vivre.
Sommes-nous mortes pour autant?
Nos pétales blancs d'immortelles
ont-ils péri une seule fois pour ne plus jamais renaître?

Nous n'avons pas de souvenirs
Nous n'avions pas d'avenir
Nées au lendemain de l'hiver
et mortes à la veille de l'été
Nous restons en vie même au fond de notre tombeau.

Que nous veut le soleil?
Qui nous languit et qui cueille soudain
nos plus belles années, sinon le temps ou la main criminelle?
Je n'ai jamais rêvé sinon la fin du monde,
celle jamais connue, celle sans cesse espérée.

Et qui donc viendra m'aimer à en mourir, me haïr à m'en tuer?
Qui pour une immortelle irait se damner?
Personne ne viendra sinon pour me cueillir, personne jamais
ne saura m'emmener, m'offrir un avenir
et un jour m'oublier.


[Bon ça fait des siècles que je suis pas venue! :-[, avec les cours, les concours tout ça j'avais plus trop la tête à écrire. Mais ça y est c'est fini. Donc voici mon dernier poème en date, qui change un peu de ce que je fais d'habitude mais bon, ce n'est qu'une enième exploration des sentiments incarnés cette fois par de jolies fleurs. *aime les fleurs^^*]
Titre: Re : La complainte des immortelles.
Posté par: Matt le 05 juin 2009 à 20:19:09

Citer
Nos pétales blancs d'immortelles
ont-ils péri une seule fois pour ne plus jamais renaître?

Pourquoi "d'" ? d'immortelles quoi ? et puis c'est assez bizarre après, s'ils ont péri et qu'ils ne peuvent pas renaître, ce ne sont pas des immortels (et non immortelle, car pétale est masculin) Je suis un peu perdu dans le sens de la phrase.  (qui est qui ?)

Citer
Nous n'avions pas d'avenir

La phrase à l'imparfait, je sais pas, je trouve que c'est bizarre. (surtout si c'est pour parler du passé)

Citer
sinon le temps ou la main criminelle?

Je vais peut être exagéré mais avec ce "sinon", je trouve que ça casse le rythme (aussi cela ressemble à "la vie ou la mort"... si je comprends bien le texte)

Citer
Je n'ai jamais rêvé sinon la fin du monde,

Ici j'aime pas le "sinon", pareil. De plus pour moi la phrase n'est pas française, il doit manquer un mot.

Citer
me haïr à m'en tuer?

Je comprends pas "à m'en tuer", "m'en" ???  c'est pas très joli et puis cela ne se dit pas.  (je peux me tromper mais c'est mon avis)

Citer
Qui pour une immortelle irait se damner?

Donc ce sont les fleurs qui sont immortelles...

Citer
personne jamais

J'ajouterais une virgule.


Voilà, bon et sinon, des espaces avant les "?".


Pour le texte désolé, mais je ne sais pas quoi dire pour le moment.


Titre: Re : La complainte des immortelles.
Posté par: Askia le 05 juin 2009 à 21:16:11
Matthieu t'es trop terre à terre... '-_-.

Bon alors petite explication française et botanique  :-¬? :
Citer
Pourquoi "d'" ? d'immortelles quoi ? et puis c'est assez bizarre après, s'ils ont péri et qu'ils ne peuvent pas renaître, ce ne sont pas des immortels (et non immortelle, car pétale est masculin) Je suis un peu perdu dans le sens de la phrase.  (qui est qui ?)

Alors immortelLES parce que ce n'est pas l'adjectif de "pétales" (je sais que c'est masculin : "pourquoi nos pétales ont-ils péri") mais le complément du nom. Les immortelles sont des fleurs donc le mot est féminin. Donc le groupe a un sens analogue à celui du groupe nominal "nos robes de jeunes filles" par exemple. Faut-il vraiment que tout soit toujours logique? Je joue justement sur le paradoxe entre ces fleurs qui ne fanent pas mais qui peuvent pourtant mourir et les autres fleurs qui fanent mais refleurissent. Voila donc pourquoi les pétales ont péri pour ne plus renaître.

Citer
La phrase à l'imparfait, je sais pas, je trouve que c'est bizarre. (surtout si c'est pour parler du passé)
Oui c'est un effet de style voulu, pour dire que dès le départ il n'y avait rien à espérer.

Citer
sinon le temps ou la main criminelle?
moi j'aime bien ce sinon ^^ d'autant plus qu'il fait écho au suivant et qu'encore une fois il renforce l'idée de fatalité. Et non ce n'est pas "la vie ou la mort" je ne vois pas trop ce que tu veux dire par là, c'est encore une allusion à la seule façon qu'on les immortelles de faner. qui est effectivement la mort mais bon.
Et sa reprend le thème du carpe diem des poèmes de Ronsard grâce à la présence des fleurs. Au fond c'est la logique inverse : ce ne sont plus les femmes qui sont comparées à des fleurs mais les fleurs qui sont comparées à des femmes.

Citer
Je n'ai jamais rêvé sinon la fin du monde,
...je vois pas ce qui peut ne pas être français^^ en développant ça donne je n'ai jamais rêvé de rien si ce n'est de la fin du monde, mais la forme contractée reste correcte il me semble... ?

Citer
me haïr à m'en tuer?
me haïr au point de me tuer (c'est assez agaçant d'avoir à reformuler toutes les phrases '-_-^^) pour moi ça se dit... tiers personne?^^

Citer
personne jamais

je ne mets de virgule que lorsque c'est vraiment essentiel. En l'occurrence, ça couperait trop le vers il me semble.

Voila, je sais pas si maintenant tu comprends mais je peux pas faire grand chose de plus. C'est absolument pas un poème réaliste donc bon... Après peut-être que mes phrases sont effectivement pas françaises mais il me semble que non... ??? donc si je pouvais avoir d'autres avis (d'autant plus que tu es le premier à me le dire alors qu'il a déjà été lu... =S, à voir^^)




Titre: Re : La complainte des immortelles.
Posté par: ernya le 05 juin 2009 à 21:40:37
faut vraiment que je fasse une pause niveau disney, XD
ton texte me fait penser à Alice aux pays des merveilles
bref

hum, moi, ce qui me gêne c'est le rythme :-[


On ne voulait plus vivre.
Sommes-nous mortes pour autant?
Nos pétales blancs d'immortelles
ont-ils péri une seule fois pour ne plus jamais renaître?

hum, je trouve que le poème commence sur uen parole plutôt aristo, lol
disons que je trouve que le "on" passe mal, surtout que le "d'imortelels", ça fait limite titre de noblesses, lol
je serai d'avis de mettre un "nous" peut-être, pour renforcer le carctère majestueux
ensuite le dernier vers est bien trop long, je trouve
c'est personnel, mais je ne comprends pas pourquoi dans les vers libres, on veut absolument mettre des vers longs, parce que ça casse le rythme
en plus tu parles de mort donc il serait bien plus logique de racourcir le vers, mais le prolème c'est surtout que c'est trop long, du coup, ça casse toute poéticité :-[


Nous restons en vie même au fond de notre tombeau.

rha, c'est dommage, t'aurais fait un alexandrin là


pour la suite, je trouve que ça va mieux pour le rythme
pour la question du français, c'est bizarre mais il me semble que ça passe, je suis pas non plus une référence donc à voir avec d'autres

pour le texte en lui-même, hormis les petits soucis de rythme, je le trouve trop court
il me manque quelque chose en plus, je ne sais pas absolument pas quoi par contre :-[
mais le thème est pas mal et la fin top, XD
Titre: Re : La complainte des immortelles.
Posté par: Matt le 06 juin 2009 à 09:58:20

Ok pour les fleurs, les immortelles ! merci ! sinon pour les trois dernières citations (que tu reprends) je reste toujours sur ma position de départ.
Titre: Re : La complainte des immortelles.
Posté par: Plume d'argent le 06 juin 2009 à 16:17:07
Je suis d'accord avec Ernya sur la question du rythme. Pour moi, le problème ne réside pas dans les vers longs ou courts, mais dans le fait que tu n'aies pas gardé de rythme dans les strophes du poème.

Si j'ai bien compris, "sinon le temps ou la main criminelle?" est une continuité à "Que nous veut le soleil", c'est comme dire, Que nous veut le soleil(...) sinon le temps ou la main criminelle. C'est ça ? Parce que comme ça, comme tu l'as écrit, c'est bien confus comme expression. En fait, le sens est clair mais la tournure embrouille.

"Nos pétales blancs d'immortelles
ont-ils péri une seule fois pour ne plus jamais renaître?"

J'aime bien mais c'est assez lourd surtout que le dernier vers de la strophe casse le rythme.

Sinon, pour le poème dans l'ensemble, je le trouve pas mal.





 
Titre: Re : La complainte des immortelles.
Posté par: Zephyr le 08 juillet 2009 à 22:06:47
J'ai toujours été sensibles au fleurs, à la nature, à notre faune varié. Mais je trouve ce poème est empli d'un ton plutôt contraire ç ce que l'on pourrait attendre d'un teste portant sur ces fleurs. Mais j'ai été agréablement surpris.

On pourra toujours regretter quelques problème de rythmes par-ci par-là.

Nos pétales blancs d'immortelles
ont-ils péri une seule fois pour ne plus jamais renaître?

Le début nous transporte un peu dans un univers blanc et immaculé. Mais ce dernier vers casse un peu cet univers par sa longueur. Bien que je trouve le propos très bien formulé, sa taille nous ralenti un peu.

Qui nous languit et qui cueille soudain
nos plus belles années, sinon le temps ou la main criminelle?

La construction de ce vers est un peu complexe. Plume d'argent nous a déjà donné son interprétation :
Si j'ai bien compris, "sinon le temps ou la main criminelle?" est une continuité à "Que nous veut le soleil", c'est comme dire, Que nous veut le soleil(...) sinon le temps ou la main criminelle. C'est ça ? Parce que comme ça, comme tu l'as écrit, c'est bien confus comme expression. En fait, le sens est clair mais la tournure embrouille.

Pour moi, il ne faut pas rattacher ces vers au précédent. Il faut les prendre indépendamment. Le soleil agace ses fleurs éphémères, il les nargue par sa révolution incessante, infini. Ces fleurs qui ont le nom d'immortelles ne peuvent rivaliser ave l'astre solaire, car le temps et les hommes les "tuent".
Mais après c'est une interprétation très personnelle. Et j'ai mis du temps à en comprendre le sens.

Mais comme je l'ai dit, j'ai bien aimé ce poème.

Nous n'avons pas de souvenirs
Nous n'avions pas d'avenir
Nées au lendemain de l'hiver
et mortes à la veille de l'été

Je trouve le changement de temps très bien utilisé. On voit que leurs vies est vaines et que rien ne les rattache à ce monde, ni souvenirs, ni avenirs.
Et puis l'antithèse entre l'été et l'hiver, le lendemain et la veille est tout simplement sublime.

Je n'ai jamais rêvé sinon la fin du monde,
celle jamais connue, celle sans cesse espérée.

Je trouve simplement ces deux vers très beaux et que la tristesse qui s'en dégage est très émouvante.


Et qui donc viendra m'aimer à en mourir, me haïr à m'en tuer?
Qui pour une immortelle irait se damner?
Personne ne viendra sinon pour me cueillir, personne jamais
ne saura m'emmener, m'offrir un avenir
et un jour m'oublier.

Je trouve que c'est dans cette dernière strophe que l'on fait le rapprochement entre immortelles et femme. Ces fleurs veulent vivre un vie normale, avoir des sentiments et être aimé, même si c'est aussi éphémère que leurs vies d'immortelle.