Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Pierrot Larchet le 17 mai 2009 à 20:07:08
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Premier texte proposé. Allez-y. J'ai du mal à me faire critiquer.
Le faucon
Oublié sur la dune et vite perverti
Le faucon prédateur ne sait plus qui aimer
Ses plumes enchantées de beaux rubis sertis
Ont volé en éclats dans la mer enflammée
Sa femelle a pondu les œufs miraculés
Elle a poussé le mâle pour nourrir ses petits
Il est parti blafard promptement acculé
A voler au hasard vaincre son appétit
Ses jeunes proies n’ont pu résister à son bec
Si puissant il a su les égorger alors
Vainqueur toujours épris fier comme un évêque
Très vite revenu a déposé leurs corps
Leurs entrailles ouvertes et toujours palpitantes
A ses petits qui crient d’une voix déchirante
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Ce sonnet atteint presque la perfection!
Elle a poussé le mâle pour nourrir ses petits
Leurs entrailles ouvertes et toujours palpitantes
Ces deux vers ont chacun malheureusement 13 pieds.
Vainqueur toujours épris fier comme un évêque
Celui-ci, je n'en suis pas certain, mais il me semble qu'il n'a que 11 pieds : quelqu'un pourrait-il confirmer ou infirmer mes dires?
À mon avis, "fier" ne compte que pour un seul pied tout comme "pui" dans "puissant" ici que tu as bien compté :
Si puissant il a su les égorger alors
Quelques corrections très mineures au fond, car ton poème a de la gueule, mon ami!
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Merci pour les compliments, ça fait du bien. Impossible de s'auto-évaluer.
Pour les 13 syllabes, y-a pas! tu as raison. Ce sera mon devoir du soir, ou de demain...
"Fier" ne vous va pas pour 2 syllabes... bon, je vais me renseigner. J'espérais...
Que les experts es-versification aident un peu.
Merci pour les conseils.
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Il est parti blafard promptement acculé
A voler au hasard vaincre son appétit
niveau syntaxe, j'ai un peu de mal avec ces vers :-[
Vainqueur toujours épris fier comme un évêque
mouais... :mrgreen:
l'image de l'évêque fier, lol, je trouve que ça va pas trop avec le reste du texte en fait
et pour le fier, d'après le dico (la honte, et dire que je suis en classique) ça vient de ferus donc la diérèse est pas possible
il me semble que pour ces histoires de diérèses faut voir avec l'étymologie
ex: li-on est possible car ça vient de leo
Très vite revenu a déposé leurs corps
Leurs entrailles ouvertes et toujours palpitantes
A ses petits qui crient d’une voix déchirante
là au niveau du rythme, je trouve que ça accroche un peu, surtout entre les deux derniers vers
alors dans l'ensemble, j'ai pas trop accroché
ce que je veux dire, c'est que c'est peut-être ma faute mais je n'arrive pas à lire ton texte en oubliant le reste de la littérature ><
et donc avec un sonnet, j'attends une pointe ou une chute
et l'image de ce faucon me fait beaucoup penser à Musset sauf que je préfère largement Musset :-[
du coup, il me manque une originalité dans ce poème parce que l'absence de ponctuation, on connaît déjà avec Apollinaire
enfin bref, il me manque quelque chose :-[
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Merci à ernya pour les commentaires
Pour la diérèse et son opposé la synérèse, j'ai consulté le vocabulaire de la stylistique de chez PUF. Effectivement c'est lié à un problème d'étymologie. Pour décider, en accord avec les règles classiques, s'il y a 1 ou 2 syllabes il faut obligatoirement connaître l'étymologie du mot.Fier, adjectif, synérèse. Fier, verbe, diérèse.
Dans une perspective moins stricte on fait ce que l'on veut "les règles se plient à la nécessité du mètre à assurer".
Au début je vais m'imposer d'être un peu classique... et comme c'est trop compliqué pour moi, la diérèse, je trouverai autre chose.
Pour le reste, je ne suis pas du tout classique.
" fier comme un évêque", ( sauf que ça ne va plus), c'est de la déconnade. Construit à partir de "fier comme Artaban", et écrit à partir d'une dérive lexicale (c'est pas obligatoirement le bon concept). Le Robert expression, consulté aprè coup, cite Simenon: fier comme bar-tabac, fier comme un petit banc.
Du mal avec la syntaxe: c'est fait exprès. Je comprends que ça ne plaise pas.
Ça accroche un peu: mouais. Mon objectif n'est pas d'écrire joli, mais méchant. Et pas obligatoirement logique.
En fait, pour dire vrai (mais on est toujours, même ici, dans l'écriture), j'ai changé d'objectif au fur et à mesure de l'écriture de ce poème.
Le sens premier est dans le 2ème vers. Le faucon se fait virer du nid. Et puis il regrette, mais c'était pas voulu au départ. Alors, bien con, il veut revenir. Et le poète, compréhensif avec ce jouvenceau, invente un histoire ménagère pour le faire revenir. La muse, qui l'a viré, se fait avoir avec l'histoire du panier repas. Les mouflets, qui n'arrêtent pas de brailler, peuvent manger à leur faim. Banale histoire de jeune couple.
Il y aurait aussi une version Hard à écrire, mais je n'ai pas le droit.
Le poème est un peu tout ça. Pas classique du tout.
Il me faudra du temps pour corriger les trois erreurs de versification, car changer un mot change l'ensemble du sens.
Ressemblance avec Musset (même de loin...), je ne vois pas.
Merci pour les commentaires, parce que la critique me permet de comprendre aussi des excès que je ne perçois pas.
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pour Musset, tu sais, c'est le poème-là avec la Muse et le poète, un des Nuits
l'image du père qui nourrit ses gosses et des entrailles, j'ai tout de suite penser à la fameuse image du pélican
mais avec tes explications, je vois que ce n'est pas ça :mrgreen:
ouaip pas classique, enfin le problème n'est pas là, lol, c'est juste que pour qu'on puisse trasposer le poème avce l'histoire de la muse, il faut quand même qu'il y ait à un moment donné une comparaison
sinon on pourrait faire des rapprochements avec n'importe quoi pour les textes
pour reprendre l'exemple de Musset (pourquoi j'ai une furieuse envie de l'appeler Mumu ?), il le dit explicitement que la douleur du pélican et son don de soi est identique aux poètes
donc pour en revenir à ton texte, la comparaison, je vois pas trop où elle est, lol
et pour l'évêque, ok, mais bon, si c'est juste pour faire comme ça... :mrgreen:
enfin bref, c'est pas très grave, je crois qu'on a deux visions différentes, on pourra toujours en reparler dans les questions existentielles ;)
et tu pourrais peut-être m'expliquer pour la syntaxe ? tout choix se doit d'être justifié, lol ^^
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Pour l'évèque, je vois que ça ne passe pas. Il y avait aussi un banal problème de rime.
Je changerai toute la deuxième partie du vers, mais il me faut le temps.
Pour la syntaxe, en recomposant, ça donnerait:
Il est parti blafard vaincre son appétit
promptement acculé à voler au hasard
C'est franchement pas joli (mince, j'ai oublié que je voulais pas faire joli. Bon, ça dépend des fois.)
Quant à la comparaison, ça me semble limpide et ne pas nécessiter d'explication. Sans vouloir jouer sur les mots (le faux con):" Elle a poussé le mâle pour nourrir ses petits", on peut s'imaginer des scènes de la vie quotidienne. :'( Je suis content, j'ai réussi à mettre une petite tête. Et puis les personnes qui se trouvent de bonnes raisons pour faire ou dire des choses, alors qu'elles sont poussées par leurs fantasmes. Les enfants ôtages.
Un déchiffrage ( du point de vue de la psychanalyse) du vocabulaire utilisé donne une autre vision du poème: oublié, perverti, prédateur, aimer,volé, enflammée, pondu, miraculés, poussé, acculé....
De ce point de vue, évêque ne va pas du tout, et le dernier vers est faible au niveau du sens. Il n'est effectivement pas dans la cohérence de ce qui vient d'être dit.
Je vais laisser mijoter. Assez pour ce soir. Je travaille, moua, demain. :huhu:
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C'est bien maitrisé quand même à part les vers cités par Krokomec qui font chacun 13 syllabes ( à cause des pluriels ).
Sinon le fier ne m'a pas gêné.
Pour le fond je sais pas trop quoi en penser.
J'y penserai demain.
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Voili voilo quelques corrections: vers 6,11, 13 et 14.
Qu'est-ce que ça vous dit?
Le faucon
Oublié sur la dune et vite perverti
Le faucon prédateur ne sait plus qui aimer
Ses plumes enchantées de beaux rubis sertis
Ont volé en éclats dans la mer enflammée
Sa femelle a pondu les œufs miraculés
Elle a poussé le mâle à nourrir ses petits
Il est parti blafard promptement acculé
A voler au hasard vaincre son appétit
Ses jeunes proies n’ont pu résister à son bec
Si puissant il a su les égorger alors
Vainqueur toujours épris jamais mis en échec
Très vite revenu a déposé leurs corps
Leurs entrailles vidées et toujours palpitantes
A ses petits qui crient d’une voix languissante
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Pour être honnête, j'ai un peu de mal avec ton poème. Je trouve la lecture difficile.
Par exemple au niveau du premier tercet :
Ses jeunes proies n’ont pu résister à son bec
Si puissant il a su les égorger alors
Vainqueur toujours épris jamais mis en échec
Il y a un gros problème de rythme. Quand je le lis je suis sans arrêt coupé. (alors, vainqueur, toujours, épris jamais, mis en échec)
Le "alors" en fin de vers est de préférence à éviter. D'ailleurs c'est lui qui pose en premier le problème de rythme de ce tercet.