Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Rain le 01 Mai 2016 à 17:51:35

Titre: L'homme et le songe
Posté par: Rain le 01 Mai 2016 à 17:51:35
Salut !
Je compte participer à l'AT sur le rêve des éditions Arkuiris (http://www.arkuiris.com/appels.php) avec un texte que j'ai écrit l'an dernier pendant mon projet Bradbury. Du coup je l'ai relu, retapé, rerelu, reretapé et maintenant j'aimerais bien avoir un regard extérieur pour savoir ce qu'il reste à corriger.

Pour la petite histoire, c'est un texte que j'avais en tête longtemps avant de l'écrire et qui n'avait pas du tout cette forme-là. Ce devait être à la base un genre de journal, dans un contexte plutôt méd-fan, et centré sur des aspects légèrement différents. Mais finalement, ben... comme d'hab, rien ne se passe comme prévu  :mrgreen:

Bonne lecture !





L’homme et le songe


« Dis-moi… est-ce que les rêves comme moi peuvent rêver à leur tour ? »
Je me tiens devant la Frontière. Je me sens un peu seul, mais je ne le serai plus pour longtemps. Tout ce que j’ai perdu, je le retrouverai de l’autre côté de cette ligne. Quitte à me perdre moi-même.
Ce n’est qu’une ligne de craie tracée au sol, un peu tremblotante, qui se perd dans des ruelles où personne ne met jamais les pieds. Pourtant, c’est la Frontière – pire qu’un rempart. Traverser la ligne, c’est changer de monde, troquer une réalité sombre, si sombre, contre des rêves et des mirages. Il n’y a qu’un pas à faire, le premier. C’est toujours le plus difficile, celui qui demande le plus d’efforts. On dit que nul n’est jamais revenu d'un voyage au pays des rêves, mais peut-être qu’ils ne voulaient tout simplement pas faire demi-tour ? Je n’y crois qu’à moitié. Les rêves vous envoûtent, ils vous avalent tout entier et ne vous recrachent plus jamais. Personne ne choisit de rester. Ce sont eux qui choisissent de vous garder.
Je prends mon souffle, je ferme les yeux, je fais le premier pas.
Quand je les rouvre, rien n’a changé autour de moi. Je suis toujours dans la ville, les immeubles se dressent autour de moi, le ciel noirâtre pèse au-dessus de ma tête. Les seules lumières proviennent des quelques lampadaires fatigués que j’ai laissés dans mon dos. Je fronce les sourcils. C’était trop facile. Je n’ai même pas senti la Frontière, elle n’a fait aucun remous. Je m’attendais à une sensation de froid, comme une plongée peut-être – la traversée d’un lac ou d’un miroir. Il n’y a rien eu de tout cela. Je suis entré dans les rêves comme on passe une porte.
Devant moi tout est noir, ville éteinte, ville morte. Le doute s’insinue comme une anguille dans mes pensées, mais je le chasse aussitôt. Ce que je vois n’est qu’une illusion, je le sais, une vision de l’esprit qui ne tardera pas à se déformer puis à s’effacer, à s’effeuiller comme une réalité d’automne. Les rêves rôdent, racoleurs de l’ombre. Ils m’examinent de leurs perchoirs, prêts à fondre sur moi au moindre faux pas, mais je compte bien leur donner un peu de fil à retordre. Je connais leur manège, j'ai déjà arpenté leur domaine maintes et maintes fois – chaque soir, dans mon sommeil, bien en sécurité au fond de mon lit. Alors j’avance, avec ma volonté pour seul bagage.
Je marche dans les rues pendant un moment, je tourne au hasard quand je rencontre un croisement. Petites ruelles pavées, grandes avenues bétonnées, cela n’a aucune importance. Le tout est de rester focalisé sur son but pour façonner soi-même son chemin. Surtout ne pas laisser les rêves se dérouler comme ils l'entendent – il faut leur montrer qui est le maître pour ne pas perdre le contrôle. C’est plus dur que quand je dors. Le soir, dans mon lit, je suis le chef d’orchestre, je n’ai qu’à fermer les yeux pour composer l’univers tout entier. Ici c’est différent. Mon esprit éveillé doit gérer mon corps, mes pieds qui se déplacent, mon souffle qui s’amenuise, ma chair qui frissonne dans le froid et toutes ces choses dont on ne prend conscience que lorsqu’elles s’imposent et qu’elles vous gênent. Ça n’a rien d’un banal rêve lucide. Rien de ce que Sün m’a enseigné n’a l’air de fonctionner ici. Sün…
« Est-ce que les rêves comme moi peuvent rêver ? »
La phrase résonne dans ma tête. Elle ne m’a jamais vraiment quitté, mais elle trouve dans ces rues sans vie un écho lourd et tangible, presque palpable. Elle porte avec elle un parfum de songe réel. Sün.
Je secoue la tête avec virulence. Je dois me reprendre et me concentrer, il faut avancer. Maîtriser son environnement, ne pas se laisser entraîner en dehors de son chemin. Commencer par les petites choses. Recréer la lumière par exemple. Une lampe, une bougie, même un briquet suffira. Une fois que j’aurai quelque chose, je pourrai le faire grandir. Alors je m’attelle à la tâche et je sculpte ma volonté en un feu vif et lumineux. Je sens la chaleur monter autour de moi, je vois des étincelles briller derrière les fenêtres noires des bâtiments et des braises commencent à rougeoyer dans le caniveau. Se contrôler. Il ne s’agirait pas de mettre le feu aux immeubles – le rêve virerait au cauchemar.
Finalement j’y parviens. Après quelques minutes d’effort plus intense que je ne l’aurais cru, une flammèche naît au creux de ma main, à peine plus vive qu'une braise à l'agonie. C’est toujours mieux que rien, un pas dans la bonne direction. Patiemment, je la fais grandir – c’est plus facile maintenant. Elle prend du poids, de la hardiesse, elle saute avec joie dans les airs, découvre le vent nourricier et le froid qu'elle bannit. Ma petite étincelle devient une flamme ardente et curieuse, elle tend de plus en plus vers les bâtisses qui nous surplombent. Elle cherche à se répandre, à grossir encore, à échapper à mon contrôle. Je ne la laisse pas faire. Plus l'aise à présent, je façonne une lanterne autour d'elle. Elle résiste un instant, tente de s'enfuir tant bien que mal, mais elle abandonne rapidement et finit par s'installer dans son socle, apaisée. Je soupire, relâche la tension que j'avais accumulé sans m'en rendre compte et me remets en route, ma nouvelle lanterne dressée devant moi pour éclairer mon chemin. Je n’ai plus peur des choses dans le noir. Et si je peux maîtriser le feu…
Un croisement. Je tourne et je suis ailleurs. Toujours en ville mais plus la même. Les murs ont pris de la couleur – un léger ton beige pâle qui pointe sous le gris, promesse d’une avancée rapide maintenant que j'ai dompté les lieux. Après quelques virages de plus les teintes se font vives, saturées de couleurs en tout genre. Les immeubles eux-mêmes ont changé. Les blocs de béton auxquels je suis habitué ont laissé la place à de hautes maisons, avec leurs toits de tuile et d’ardoise, leurs vieilles pierres naturelles, leurs colombages sombres et vivants. Elles me rappellent les antiques bâtisses qui hantent les photos d’archive de Strasbourg, Stockholm ou Varsovie avant leur assimilation par la Métropole. J’aperçois des rideaux de velours derrière les fenêtres, des lueurs  tamisées, parfois même des mouvements. La ville se peuple de figurants perdus dans ma toile, créatures de mes pensées qui ne sont là que pour combler un vide.
Après les maisons, j’assainis l'air empoussiéré et pour la première fois, j’ai l’impression de remplir mes poumons pour de vrai. Puis je dégage le ciel de ses nuages noirs pour dévoiler le soleil et sa lumière. C’est un vestige lui aussi, comme les maisons, comme l’air pur. Je ne l’ai jamais vu ailleurs que dans les stations de réalité alternée, ces parcs sinueux où l'hologramme côtoie le tangible – comme un amoncellement de souvenirs que l'on se refuse à reléguer au passé.
Les rues ont un visage neuf à présent. Les yeux grand ouverts, j’assimile tout ce que je peux. Je touche les murs de pierre et je caresse les lampadaires ouvragés. Plus rien n’a l’air réel. Ou plutôt, tout a l’air trop réel. La lumière nouvelle joue avec le grain de la matière, les creux et les bosses qui parsèment la pierre, les gouttes d'eau qui s'écoulent tranquillement le long des gouttières et des caniveaux. Les ombres dansent avec les reflets. Elles se baladent sur les murs et dans la rue comme des êtres vivants, révélant une profondeur insoupçonnée là où ne résidait jusqu'à présent que des aplats moroses. J'ai l'impression de redevenir un enfant qui découvre le monde.
Je pourrais vivre ici. Profiter du soleil, de la chaleur douce qui commence à m’envahir, de la lumière si éclatante qu’elle dévoile la beauté cachée de tout ce qu'elle touche. Je pourrais rester pour de bon, ne jamais revenir en arrière. Qu’est-ce qui m’attend, là-bas, après tout ? Je n’ai même pas à être seul, ici, je peux m’inventer autant de gens que je le souhaite. Soudain les rues se remplissent de voix, de cris et de sons. Mon cœur bondit, bat plus fort que jamais. On est si loin des foules ternes que j’ai toujours connues.
On me bouscule. Je m’aperçois subitement que je suis au milieu du passage et que je bloque la voie aux autres passants. Je m’excuse, gêné ; on chasse mon embarras d’un sourire et d’un geste de la main puis on me pousse gentiment en avant. Je me remets en marche d’un pas flottant, moitié perdu, moitié hébété, mais néanmoins heureux. Je pourrais emmener Sün dans ce quartier quand je l’aurai trouvée.
D’aussi loin que je me souvienne, elle a toujours voulu voir la ville. Pas la Métropole, cette ville-monde qui a écrasé la terre sous ses tonnes de bitume et d'acier ; plutôt les anciennes cités, semblables à celle que je parcours à présent, ces carrefours affluents où la nature avait encore sa place, ces points de départ vers ailleurs, partout ailleurs. Elle en parlait avec ferveur, perdue dans un passé lointain. Dans un rêve.
« Est-ce que les rêves peuvent rêver ? »
Je secoue la tête, j’accélère. A présent, c'est moi qui pousse les gens. Ils ont tous ralenti, un masque songeur posé sur le visage. Je me laisse trop aller, mes pensées commencent à sourdre et à contaminer mon rêve. J’essaye de calmer ma respiration et de reprendre ma concentration mais je n’y arrive pas. Je commence à être essoufflé par mon train rapide, épuisé par mes efforts pour tenir la bride à mon esprit. Il faut que je retrouve Sün rapidement et qu’on ressorte bientôt. Sün. Sün. Sün. Elle envahit ma tête et je ne parviens plus à la maintenir en dehors. Tant pis, autant s’en servir. Sün. Sois mon fil d’Ariane.
Autour de moi le décor frissonne et se trouble. Je perds la main. Les passants s’harmonisent, prennent tous la même taille, la même couleur de cheveux. Leurs traits sont flous, imprécis, je distingue à peine leur visage. Celle que je cherche n’est pas parmi eux.
Je tourne encore et je m’arrête. Cette fois, le changement n’est pas de mon fait. Je me trouve sur une petite place tapissée de vert et dominée par de hautes maisons de granit. Au centre un grand pilier marron, rugueux, couronné de rose. Je retiens mon souffle, incapable de respirer devant un tel spectacle. Pour la première fois de ma vie, je vois un arbre pour de vrai.
Je m’approche doucement, je m’arrête à nouveau, j’hésite, le pied en l’air. Ce n’est qu’un mirage complexe, un piège pour m'attirer loin de ma route. Je dois m’en souvenir, toujours. Rester lucide. Me méfier des changements que je ne contrôle pas. Ne pas me laisser bringuebaler par les rêves. Atteindre mon but. Sün.
Pourquoi un arbre ?
Alors que je me creuse un tunnel dans les murs de la maison la plus proche, un coin de ma tête réfléchit. Les rêves fonctionnent selon une certaine logique : ils prennent dans votre mémoire des informations au hasard pour les observer et les trier d'une manière bien à eux, quitte à les déformer au passage – comme un album photo absurde et insensé. Pourtant je n’ai jamais vu d’arbre, pas même en réalité alternée. Je ne savais pas que leurs branches ondulaient au vent ou que leurs feuilles attrapaient les courants comme des voiles solaires. Je n’avais aucune idée de la grâce que pouvaient avoir ces monolithes. Ce rêve ne pouvait venir que de moi, et pourtant ce n’était pas le mien.
Sün.
Je sors de mon tunnel et je m'arrête un instant, méfiant. Devant moi, la ville a disparu, remplacée par des arbres. Partout. Des grands, des petits. Serrés, espacés. Des rouges, des verts, des bruns, la plupart un peu dégarnis, leurs branches crochues tendues vers moi. Le sol est couvert de feuilles mortes et de buissons retors. Ce n'est pas ce que j'avais prévu, les rêves gagnent du terrain sur ma conscience. Je parviens tout de même à créer un sentier à peu près praticable avant de me remettre en marche. Mes vêtements se prennent dans les branches et les épines m’éraflent la peau, comme si la végétation cherchait à m'empêcher de passer. Ça doit signifier que je me rapproche. Je presse le pas. Là, devant moi, une trouée de lumière vers laquelle je me précipite.
Je débouche dans une clairière – je crois que c’est le nom approprié. Un espace dégagé, vert et fleuri, encerclé par la forêt. Au centre une très grande souche, bien plus large que tous les autres arbres que j’ai rencontrés jusque-là. Sur la souche, un corps allongé qui attend patiemment. On croirait à un conte de fée. Une princesse endormie. Je sais qu’elle ne dort pas vraiment, mais je m’approche en silence pour ne pas la déranger.
Je l’observe un moment, fasciné comme toujours par son visage. Ses visages. Je n’ai jamais su comment le définir. Elle a des traits bien marqués, reconnaissables entre mille avec son nez aquilin, sa mâchoire pointue, ses oreilles un peu trop grandes. Et pourtant, elle change. Elle est plusieurs. Elle est nette et floue à la fois, comme si la perspective à travers laquelle je la vois évoluait constamment. Je pense à elle comme à une femme, mais elle ressemble parfois à un homme et parfois, elle a le museau d’un animal. Elle est mon autre moi, mon rêve. Sün.
Elle est née comme tous les autres quand le tissu entre rêve et réalité s’est lentement déchiré. Personne n’en avait conscience à l’époque. Ils n’étaient que des pensées égarées, des idées volatiles, des songes éphémères issus de notre contact prolongé avec les réalités alternées. Ils se sont formés peu à peu de sons, d’odeurs et d’images et sont entrés dans nos vies comme des chats, à petits pas feutrés. Sün, elle, est apparue dans le tambour d’une averse et le chant des cloches de la ville. Un jour, sans que je m’en rende compte, elle avait donné une voix aux bruits de la Métropole. Elle les avait façonnés en histoires, en tableaux, en personnages et en aventures.
Elle avait pris forme timidement. Elle apparaissait dans mon champ de vision au gré de mes rêveries et devenait tour à tour corneille parmi les corneilles, enfant capricieux qui saute dans les flaques, créature merveilleuse qui se fond dans les volutes de fumée des cigarettes. Ce petit jeu a duré presque une année entière. Je la guettais de plus en plus et je la trouvais presque à chaque fois, glissée dans le décor comme un détail rajouté qui magnifiait le tableau. Elle avait éclairé ma vie tel un phare, m’avait guidé hors de la monotonie lassante des journées noires. Et ce n’était pas la seule : chacun avait son rêve à lui, qui devenait une tache de lumière dans la rue. C'était notre jeu à tous d'apprendre à les distinguer. La réalité alternée commençait à sourdre hors de ses interfaces  sans que personne ne s'en préoccupe. Pour la première fois depuis des dizaines d’années, la Métropole avait trouvé un peu de joie et de couleur, un peu de rêve pour l’habiter.
Puis ils avaient commencé à nous consumer à petit feu. On ne pouvait plus vivre sans nos rêves ; ils nous dévoraient. Nous étions leurs prisonniers, ils étaient notre drogue. Certains hommes se sont laissé mourir de faim, perdus dans la contemplation de leurs phantasmes. D'autres sont devenus fous ou se sont retranchés dans une solitude d’ermite, et plus personne ne les a vus. Les rêves restés seuls se sont éteints, ils ont commencé à errer telles des âmes en peine à la recherche d'une accroche. Ils se sont rassemblés aux confins oubliés de la Métropole, s'agglutinant comme des bulles invisibles. Ils ont enflé, se sont dilatés jusqu'à recouvrir des quartiers entiers. Les lumières qu'ils touchaient mouraient les unes après les autres, comme si la ville se gangrenait peu à peu. Seuls les plus désespérés se sont aventurés en leur sein, car personne n'en revenait. On a tracé la Frontière de leur monde à la craie pour se rappeler de ne pas la franchir, puis on les a abandonnés à leur sort à l'orée de notre conscience.
Sün, elle, était un peu différente des autres rêves. Elle développait sa propre conscience, ses propres réflexions. On aurait dit qu'elle devenait une personne chaque jour un peu plus. Vivante. Indépendante. Réelle. Mais elle demeurait rêve, mon rêve, et certaines choses lui étaient interdites. L'inconscience. L'imagination. Elle n'avait aucun moyen d'échapper à la veille constante qui l'habitait. Le jour, elle furetait dans la Métropole et la nuit, elle me guidait à travers les songes.
« Dis-moi… est-ce que les rêves comme moi peuvent rêver à leur tour ? » me demandait-elle parfois d'une voix fatiguée.
Je ne savais jamais quoi lui répondre.
Nous avons cherché à deux sans jamais rien trouver, jusqu’au jour où elle a disparu sans laisser de trace, purement et simplement. Je me suis rendu compte en me réveillant ce matin-là de tout ce qu’elle avait emporté avec elle. Quelques souvenirs, pas mal de certitudes et une bonne partie de mon cœur. Une moitié de moi. J'ai paniqué, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas la laisser m’abandonner. J'ai retourné la Métropole à sa recherche sans la trouver nulle part. Les étincelles des rêves se faisaient éparses, elles étaient peu nombreuses et Sün n'était pas parmi elles. J'ai fini par me rendre à l'évidence : il ne restait plus qu'un seul endroit que je n'avais pas exploré. Je commençais à me sentir désespéré. Alors j’ai rejoint la Frontière…
… Et me voilà à son chevet. Sün aux paupières closes. Elle qui dort, moi qui veille. Je me demande si elle a trouvé ses rêves, finalement. Je tends la main vers son visage pour lui caresser les cheveux. Elle ouvre les yeux.
Son regard m’a toujours fasciné, car elle a des yeux de rêve. Changeants, sages et fous à la fois, ils prennent mille teintes et s’ouvrent sur autant de mondes différents. Quand je plonge dans ses pupilles, j’entrevois la porte de l’infini et des chemins à perte de vue. Aujourd’hui, ce ne sont que des impasses.
« Il n’y a rien, murmure-t-elle. Je suis seule dans le noir et j’ai peur. »
Je sens la douleur dans sa voix. Elle m'agrippe soudain et serre mon bras très fort. Trop fort. Ma main commence à s’engourdir et je n’arrive pas à la dégager. Je tente de la rassurer d’une voix douce et calme. Un peu tremblante, aussi. Je n’imaginais pas nos retrouvailles ainsi. Je voulais la convaincre de rentrer, mais sa peur est contagieuse.
« Pourquoi ? continue-t-elle. Je veux rêver moi aussi. C’est injuste ! »
Elle se relève lentement, désespérément, inéluctablement. Elle a changé, je le vois sur son visage. Elle prend des traits affreux et difformes, elle ne fait plus aucun effort pour se maintenir. Elle dégénère.
Sa poigne se raffermit encore, coupant tout le sang dans ma main. Elle me fait mal à présent. Autour de nous le décor s’assombrit. Les fleurs fanent et l’herbe devient jaune, puis grise. Les arbres autour grandissent en créatures menaçantes, comme des oiseaux de proie qui sortent les serres. Ils se rapprochent, resserrent le cercle sur nous, inexorablement. Sur moi. Comme la Frontière, ils grignotent les espaces de vie pour les faire disparaître dans le noir. Sün est méconnaissable à présent. Elle vire au cauchemar. Elle se rapproche de moi, la bouche ouverte sur un cri de silence assourdissant. Je cherche à lutter mais je n’ai plus assez d’influence sur mes rêves. Je n’arrive pas à me concentrer, j’ai du mal à me contrôler moi-même, à prendre le dessus sur la terreur qui m’envahit. Il n’y a rien que je puisse faire. Me laisser aller à mon cauchemar. Abandonner. Devenir partie de Sün et errer avec elle dans un entre-deux, ni vivant, ni mort, au bord même de l’existence, jusqu'à finir par me dissoudre complètement. Plus de ville, de maison à tuiles ou de colombage. Plus de Sün. Même plus d’arbre couronné de rose.
« L’arbre. »
J’ai dit le mot tout haut sans m’en rendre compte. Sün s’arrête, me regarde sans comprendre.
« L’arbre rose. C’est mon rêve, je l’ai trouvé sur mon chemin. Mais il ne vient pas de moi. Je n’ai jamais vu d’arbre. C’est toi qui explorais le monde dans tous ses recoins. C’est toi qui as vu ces choses-là, qui les connais, qui peux les créer. C’est toi, Sün, qui as rêvé cet arbre. »
Le temps passe, le reste se fige. La scène est digne d’un tableau. Pas un son, pas un geste. Rien que Sün, immobile, me tenant fermement dans ses mains, et les arbres qui s’apprêtent à nous bondir dessus. Ils ont presque l’air penauds, pétrifiés dans leur élan comme si on les avait surpris à faire des bêtises. Lentement, ils commencent à reprendre leur place. Sün desserre sa prise, me libère de son étreinte. Elle a le visage inexpressif, les yeux éteints. Elle a du mal à comprendre, à sortir de sa torpeur de cauchemar.
Je me concentre. J’ai retrouvé mes pensées claires. Je manipule et je façonne le monde, puis, délicatement, je la prends par les épaules et je la fais pivoter. A la place de la souche se tient l’arbre couronné de rose.
Sün pleure doucement. Elle s’approche, tend la main vers le tronc, caresse son écorce sans trop y croire.
« Il vient de toi, bredouille-t-elle.
— Mais tu m’as montré comment faire. Je n’aurais jamais pu le recréer sans avoir vu ton rêve. »
Elle se tait, tout à ses pensées. Ses songes. Ses idées nouvelles, ses horizons qui s’ouvrent. Je la laisse réfléchir un moment, mais maintenir l’arbre est épuisant. Je ne tiendrai pas longtemps.
« Rentrons, » je finis par annoncer.
Elle s’apprête à répliquer, remarque mon état, se mord la lèvre, se lance quand même.
« Je ne peux pas. Ma place est ici. Je ne peux plus revenir. Je veux pouvoir être entourée de… tout ça. Il n’y a pas d’arbres dans ton monde. Toi, reste ici ! Je te protégerai ! »
J’aimerais bien. Oh, j’aimerais tant que ce soit possible ! Mais je sens les rêves solitaires qui guettent alentour comme des charognards. Ils sentent que je faiblis et n’attendent plus que de m’envoûter pour me happer, faire de moi leur nouveau vaisseau, me consumer de l'intérieur. Je saisis Sün par la main, je tente de l’entraîner derrière moi mais elle refuse de suivre. Je ne peux pas la quitter ; mais en restant, je disparaîtrai à mon tour et je la laisserai seule, rêve orpheline qui deviendra folle. Je ne peux pas m’y résoudre. Je ne peux pas abandonner ma moitié. Autour de nous, les arbres ont senti ma panique et reprennent leur course. Ils repoussent sans peine mes tentatives pitoyables pour les apaiser. J'ai perdu ce qui me restait de lucidité. Ils vont nous engloutir à tout moment. Je sens Sün qui m'attire à elle, me serre contre elle. Je me blottis dans ses bras, lève la tête vers son visage et plonge une dernière fois dans son regard. J'y vois une lueur nouvelle tandis qu'elle s'approche encore un peu plus. Ses lèvres rencontrent les miennes un instant, son souffle s'engouffre dans mon corps comme un courant d'air.
Sün disparaît. Je ne le comprends pas tout de suite. Je ne suis plus dans ses bras et pourtant je la sens toujours devant moi, autour de moi, en moi. Elle nous a réunis. Deux moitiés pour un être complet. Deux entités, deux savoirs, deux mondes.
Nous savons ce qu’il nous reste à faire. Nous rêvons. Et tandis que nous rêvons, le monde de cauchemar tangue et vacille autour de nous. Il s’apprête à fusionner, lui aussi, avec la réalité. La Frontière s’efface. Les rêves comprennent, paniquent, s’agitent en tout sens, mais nous ne leur laissons pas le choix. Ils sont la couleur. Ils sont nécessaires. Ils trouveront enfin la vie qu’ils recherchent avec tant de détresse. Le monde renaîtra, le soleil reviendra, les villes rejailliront et les arbres pousseront de nouveau.
Nous sommes le couple. L’homme et le songe. La voix et le guide.
Et par le rêve nous cimentons ce monde nouveau.
Titre: Re : L'homme et le songe
Posté par: Navilys le 01 Mai 2016 à 19:20:49
Bonjour Rain,
C'est vraiment un plaisir de te lire, le style est beau, les descriptions à la fois riches et éthérées (ça rend bien l'aspect d'un rêve je trouve) et l'univers classique du rêve est traité de manière originale. J'ai particulièrement aimé le côté introspectif de l'écrit, qui nous dévoile ton monde par les yeux et la pensée du personnage. Quelques passages m'ont posé question, mais j'ai peut-être mal saisi. Voilà dans le détail ce que ça donne -j'ai copié tout le texte par habitude, les remarques concernent en général la phrase ou le paragraphe précédent.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Merci beaucoup pour ton texte, un très bon moment de lecture!
Titre: Re : L'homme et le songe
Posté par: Rain le 03 Mai 2016 à 14:11:41
Salut ! Merci pour ton retour complet, je vais m'atteler à corriger ça. Je suis d'accord avec la plupart de tes remarques en particulier concernant la forme, donc je vais pas forcément revenir dessus.


Citer
Ce n’est qu’une ligne de craie tracée au sol, comme une marelle maladroite qui ferait le tour de la ville.
Je chipote un peu, mais une marelle c'est pas vraiment une ligne, plus une succession de cases, et l'image colle moins avec la suite du texte où la frontière est décrite comme très nette.
Vrai. Ça fait partie de ces phrases qui ont été écrites en tout premier, quand j'avais une certaine idée du texte, mais qui n'a pas évolué en même temps que le reste. Que penses-tu de :
"Ce n’est qu’une ligne de craie tracée au sol, un peu tremblotante, qui se perd dans des ruelles où personne ne met jamais les pieds. Pourtant, c’est la Frontière [...]" ?

Citer
Ce que je vois n’est qu’une illusion, je le sais, une vision de l’esprit qui ne tardera pas à se déformer puis à s’effacer, à s’effeuiller comme une réalité d’automne. Les rêves rôdent, racoleurs de l’ombre, ils m’examinent de leur perchoir pour savoir à quelle sauce ils vont me manger.
La première fois j'avais compris que le risque était de se perdre dans le rêve, que les rêves étaient décrits comme voraces plus selon l'avis du personnage. Mais l'image se fait vraiment forte avec cette idée qu'ils ont intérêt à le manger. Pourquoi les rêves désirent-ils absorber le personnage?
Hum, peut-être que l'expression est pas très bien choisie, alors. Je vais la remplacer.

Citer
Je compte bien leur donner un peu de fil à retordre. Je sais déjà comment ils fonctionnent.
Là aussi j'ai un bug (c'est peut-être moi): j'avais l'impression que le personnage entrait dans le monde des rêves pour la première fois (et le paragraphe suivant m'a l'air de continuer sur cette lancée avec le fait que les rêves sont généralement sous contrôle sans effort), comment sait-il comment les rêves fonctionnent?
Du coup j'ai corrigé ce passage dans son ensemble, je pense que ça fonctionne mieux.
"Les rêves rôdent, racoleurs de l’ombre. Ils m’examinent de leur perchoir, prêts à fondre sur moi au moindre faux pas, mais je compte bien leur donner un peu de fil à retordre. Je connais bien leur manège, j'ai déjà arpenté leur domaine maintes et maintes fois – chaque soir, dans mon sommeil, bien en sécurité au fond de mon lit. Alors j’avance, avec ma volonté pour seule bagage."

Citer
Je ne l’ai jamais vu ailleurs que dans les simulations de Réalité Alternée qu’on trouve dans les musées.
Je ne sais pas pourquoi, les majuscules me font bizarre: voir si ça fait ça à d'autres lecteurs. Surtout que tu les abandonnes plus loin pour la même expression -certes une seule fois.
Elles n'y étaient pas à la base, mais une autre lectrice m'avait fait une remarque là-dessus (comme quoi ce n'était pas très clair comme concept et qu'on avait l'impression que je m'étais embrouillé avec réalité virtuelle ou réalité augmentée. Ce que j'ai en tête est plutôt un genre de mix entre les deux, c'est pour ça que j'ai employé un troisième nom (en plus je trouve que ça sonne bien  :D)). Mais donc oui, en fait, je suis pas très fan des majuscules non plus donc je vais les supprimer.

Citer
Ils se sont rassemblés comme une bulle de noirceur  , ils ont enflé, se sont dilaté jusqu'à recouvrir des quartiers entiers. Les lumières qu'ils touchaient mouraient les unes après les autres, comme si la ville se gangrenait peu à peu. Réalité altérée.
J'imagine que oui, mais altérée au lieu de alternée c'est bien voulu?
Sinon j'ajouterais bien un "s" à dilaté, mais les verbes pronominaux c'est un casse-tête à chaque fois. A vérifier.
Réalité altérée, oui, c'est voulu. Je voulais caser le jeu de mot, mais peut-être que j'y ai été avec des sabots un peu trop gros  :D
Pour les verbes pronominaux, j'avais justement vérifié pour un autre cas juste avant en plus (bon, pas le même, mais du coup j'aurais dû tilter). Donc oui, c'est bien un s à la fin (selon la règle "le participe s'accorde lorsque le sujet fait l'action sur lui-même").


Citer
Elle se tait, tout à ses pensées.
toute?
Autre cas à débats, l'accord de tout  :D En l'occurrence, je crois que c'est tout. On dirait "ils sont tout à leurs pensés" et pas "ils sont tous à leurs pensées". Du coup je pense pas qu'on l'accord dans ce cas précis.

Citer
Ils sentent que je faiblis et n’attendent plus que de m’envoûter pour me disséquer.
Oo Disséquer? Ca rejoint un peu mon interrogation du début: pourquoi? Tu évoques la folie des rêves à un moment, mais y a-t-il une raison pour laquelle les rêves attaquent les hommes?
Ouais, disséquer est un peu fort du roquefort. Ils "attaquent" pas vraiment, c'est surtout le ressenti du narrateur. Mais ils cherchent une nouvelle accroche qu'ils auront tendance à consumer de la même manière que leurs premiers veilleurs. Je sais pas trop si c'est compréhensible ou pas, ça doit pas tenir à grand chose si c'est pas le cas. J'ai rajouté un micro détail dans le passage flashback, je pense qu'il passera inaperçu mais peut-être qu'il aidera inconsciemment à comprendre en attendant que je trouve mieux.
"Ils sentent que je faiblis et n’attendent plus que de m’envoûter pour me happer, faire de moi leur nouveau vaisseau, me consumer de l'intérieur."

Merci beaucoup pour ton texte, un très bon moment de lecture!
Merci à toi pour ta lecture, je suis content que ça t'ait plu !
Titre: Re : L'homme et le songe
Posté par: Alan Tréard le 03 Mai 2016 à 23:20:47
Bonjour Rain,

Je viens de lire ton texte, et je dois dire que j'ai passé un agréable moment de lecture ! C'est bien ficelé. Je me suis laissé porté par le fil de la narration.

Sa poigne se raffermit encore, coupant tout le sang dans ma main. Elle me fait mal à présent. Autour de nous le décor s’assombrit. Les fleurs fanent et l’herbe devient jaune, puis grise. Les arbres autour grandissent en créatures menaçantes, comme des oiseaux de proie qui sortent les serres. Ils se rapprochent, resserrent le cercle sur nous, ineorablement.
Petite erreur.

En ce qui concerne le rêve, l'ambiance est très bien reproduite, j'ai vraiment eu l'impression de m'immerger dans l'atmosphère du rêve. Il y a une sorte de fil conducteur qui fait son effet. Je crois cependant que tu aurais peut-être dû exagérer certaines coupures, comme pour rendre au rêve sa part de variations imprévisibles. Et voilà, pour moi, c'est un exercice réussi.
Titre: Re : L'homme et le songe
Posté par: Miromensil le 06 Mai 2016 à 13:56:09
Salut Rain !

Citer
C’est plus dur que quand je dors
là, je comprends qu’il est dans un reve éveillé

Citer
Après quelques minutes d’effort plus intense que je ne l’aurais cru
il ne faut pas « s » à intense ?

Citer
ne flammèche naît au creux de ma main, perdue au bout d’une brindille toute fragile
ce passage me fait penser au texte d’Ambriel sur la petite flamme ^^

Citer
Les murs ont pris de la couleur – un léger ton beige pâle qui pointe sous le gris, promesse d’une avancée rapide maintenant que j'ai dompté les lieux.près quelques virages de plus les teintes se font vives, saturées de couleurs en tout genre.
c’est bien décrit, j’ai plein d’images dans la tete

Citer
Les blocs de béton auxquels je suis habitué ont laissé la place à de hautes maisons de carte postale
…par contre, le carte postale m’a personnellement fait sortir du texte. vu la description que tu fais des maisons juste apres, il me semble que tu n’as pas besoin de dire qu’on dirait des maisons de carte postale

Citer
Je me remets en marche d’un pas pressé, à moitié perdu, à moitié hébété, complètement heureux
je chipote, mais les différents adjectifs me semblent contradictoires.. pour moi, qqn qui est à moitié hébété et perdu ne marche pas d’un pas pressé puisqu’il flâne, se laisse aller au gré de sa promenade. être pressé ne renvoie pas à qqchose de positif (« heureux ») pour moi, plutôt quelqu’un qui a hate de rentrer chez lui et qui se dépêche d’avancer dans les rues.

Citer
Je me laisse trop aller, mes pensées commencent à sourdre et à contaminer mon rêve.
ok, donc ça ça veut dire que sa volonté doit garder une maitrise suffisante sur son reve pour que son entreprise fonctionne

Citer
Un jour, sans que je m’en rende compte, elle avait donné une voix aux bruits de la Métropole
:coeur:

Citer
Ils se sont rassemblés comme une bulle de noirceur ,
espace en trop

Citer
On a tracé la Frontière de leur monde à la craie pour se rappeler de ne pas la franchir, puis on les a abandonnés à leur sort à l'orée de notre conscience.
:coeur:

Citer
Mais elle demeurait rêve et certaines choses lui étaient interdites. L'inconscience. L'imagination. Elle n'avait aucun moyen d'échapper à la veille constante qui l’habitait.
Ah ok donc c’est elle le reve qui se demande s’il peut rêver

Citer
Il n’y a pas d’arbre dans ton monde.
avec «s » car il y en a plusieurs dans son monde ?

Citer
Mais je sens les rêves solitaires qui guettent alentour comme des charognards.
tu veux dire "qui guettent les alentours", ou bien c'est une expression que je ne connais pas ?

Citer
Autour de nous, les arbres ont senti ma panique et reprennent leur course. Ils repoussent sans peine mes tentatives pitoyables pour les apaiser. J'ai perdu ce qui me restait de lucidité. Ils vont nous engloutir à tout moment. Je sens Sün qui m'attire à elle, me serre contre elle. Je me blottis dans ses bras, lève la tête vers son visage et plonge une dernière fois dans son regard. J'y vois une lueur nouvelle tandis qu'elle s'approche encore un peu plus. Ses lèvres rencontrent les miennes en un baiser au goût d'air et de flocon. J'ai l'impression de respirer pour la première fois.
Si je comprends bien la logique, il faut que le narrateur garde une maitrise (une lucidité) sur la réalité altérée pour ne pas que les reves l'emportent. Sinon, les reves l'engloutissent. mais en même temps, il y a un dialogue au-dessus où Sun se demande si elle même peut créer des reves, et le narrateur la convainc que c'est elle qui, par son reve, lui a inspiré l'arbre rose. donc les reves qu'ils créent à deux sont ceux qui les engloutissent quand ils n'ont plus de maitrise dessus ? je comprends bien ? si oui, ça casse le côté un peu mignon-doux de l'ambiance onirique et ça insinue un côté sombre dans le cours des choses qui ne dépend pas du narrateur et de Sun, ce qui fait que l'intrigue est équilibrée dans ma tête de petit lecteur, j'aime bcp  ^^

Citer
Nous sommes le couple. L’homme et le songe. La voix et le guide.
Et par le rêve nous cimentons ce monde nouveau.
Cette fin  :coeur: en lisant, j’ai cru entendre 2 voix différentes dire ensemble les memes mots

Avec un thème pareil, hyper déjà vu, le truc à mon avis c'est d'être original. Je trouve que tu remanies à ta sauce certains clichés du rêve (différence réel/irréel, terminer classiquement par un "mais ce n'était qu'un reve"). Notamment, la première phrase accroche bien, on dirait comme une mise en abime qui se termine effectivement, à la fin, par le fait que l'homme et le songe vont créer ensemble une nouvelle réalité. tu m'excuseras mais du coup je n'ai pas grand chose à redire  :-\ parce que l'intrigue ne laisse rien présager de ce qu'il va arriver, elle est bien équilibrée (cf. ce que j'ai dit dans le commentaire détaillé), l'ambiance est onirique à souhait...

Après, mais c'est très personnel, j'aime moins les phrases comme "Je ne peux pas abandonner ma moitié", le côté un peu conte de fée où le narrateur la voit allongée sur une souche, toussa.
"Je pense à elle comme à une femme, mais elle ressemble parfois à un homme et parfois, elle a le museau d’un animal" : j'aurais peut-être aimé en savoir plus, parce que à cause de la manière dont tu parles de Sun dès le début, pour moi c'était clairement une femme. on comprend qu'elle est un songe (sa moitié), mais je veux dire, c'est un songe qui a les traits d'une femme. du coup j'aurais bien aimé voir à quoi ressemble un songe aux traits d'homme ou d'animal, mais c'est qu'une mini suggestion, n'en tiens pas forcément compte  :huhu:
Je dis que je n'aime pas mais, à la fin, on comprend qu'une moitié c'est l'homme et l'autre moitié un songe, donc ça n'a pas "que" le sens classique amoureux (je sais pas si je suis claire).

Voilà, j'espère que mon modeste commentaire t'aidera un peu, en soi je n'ai pas grand chose à redire mais j'ai pas mal aimé. Merci pour la lecture, comme on dit  ^^
Titre: Re : L'homme et le songe
Posté par: Pyjsa le 06 Mai 2016 à 14:57:42
Tu fais peur. Ton perso se forge un auto-conditionnement par la terreur.

Que d'autres lui ai souvent posé la question qui fait son leitmotiv lénifie la force de caractère indépendante du personnage.
Titre: Re : L'homme et le songe
Posté par: extasy le 06 Mai 2016 à 21:57:50
Wah, vraiment très chouette ce texte !

Je vais entrer en mode chipotage max, car sinon bah j'aurais rien à dire à part que j'ai beaucoup aimé ^^ (je préviens d'avance, c'est ultra-subjectif)

Citer
Il n’y a qu’un pas à faire, le premier. C’est toujours le plus difficile, celui qui demande le plus d’efforts.
Ici, tu parles d'une vérité générale, ou seulement de franchir la Frontière ? Parce que dans ce dernier cas, je pense qu'il n'a aucun moyen de le savoir, si ?

Citer
Je n’ai même pas senti la Frontière, elle n’a fait aucun remous, aucune vague.
Mhhh, c'est subjectif mais je ne suis pas fan de coupler remous/vague, ça me fait l'effet de deux idées trop proches pour ne pas être redondantes. Mais peut-être que tu ne vois pas ça comme une répétition mais plutôt comme une nuance ?

Citer
Je m’attendais à une sensation de froid, comme une plongée peut-être – la traversée d’un lac ou d’un miroir
Han, j'aime beaucoup comment la traversée d'un miroir semble naturelle une fois associée à celle d'un lac.

Citer
une vision de l’esprit qui ne tardera pas à se déformer puis à s’effacer, à s’effeuiller comme une réalité d’automne.
Hoo, j'adore ! (bon, mollo avec les passages préférés, il y en a bcp  :D )

Citer
Ils m’examinent de leur perchoir
leurs perchoirs ? Mais je souligne juste au cas où, parce que je doute un peu ; mais en vrai je suis plutôt pour le singulier aussi.

Citer
Je secoue la tête avec violence
Peut-être violence est un peu trop fort ? Jusque-là, même si les choses se compliquent, j'ai gardé une certaine impression de tranquillité/immobilité.

Citer
Une fois que j’aurai quelque chose, je pourrai le faire grandir
la faire grandir ?

Citer
Surtout ne pas laisser les rêves se dérouler comme ils l'entendent – il faut leur montrer qui est le maître pour ne pas perdre le contrôle. C’est plus dur que quand je dors.
Ah ça aussi j'aime beaucoup, parce que ça marque une distinction entre les rêves ordinaires et ceux matérialisés, ça montre que ce n'est pas la même chose et que les règles ne sont pas les mêmes pour les deux. Bref c'est dur d'expliquer cet aspect de mon ressenti, mais je trouve que c'est toujours cool d'enrichir les idées d'un texte de cette façon.

Citer
Recréer la lumière par exemple.  Une lampe,
Espace en trop après le point.

Citer
Les blocs de béton auxquels je suis habitué ont laissé la place à de hautes maisons de carte postale
Maisons de carte postale ? C'est quoi ce machin  :mrgreen:

Juste une petite pause pour dire que la progression jusqu'ici est chouette.

Citer
j’assainis l'air empoussiéré et pour la première fois, j’ai l’impression de remplir mes poumons pour de vrai.
Je crois que plus bas, tu dis une fois de plus qu'il a l'impression de respirer pour la première fois pour de vrai. (je verrai si je garde cette remarque en arrivant à ce moment)

Citer
Je pourrais vivre ici, profiter du soleil, de la chaleur douce qui commence à m’envahir, de la lumière si éclatante qu’elle dévoile la beauté cachée de tout ce qu'elle touche.
Alors cette idée de beauté dévoilée me gêne un peu, parce que je n'ai pas trop l'impression de voir à quoi tu fais références. Certes, tu as fait de très belles descriptions plus haut, mais je sais pas, j'ai comme la sensation que quelque chose manque. Si tu avais dit juste avant un petit truc, genre qu'avec ce nouveau soleil plus rien n'est pareil, qu'on est sensible, je sais pas, aux touches de couleur sur les murs qui apparaissent infiniment plus riches, etc. ; bref si tu avais accordé plus d'importance aux détails, là j'aurais pu adhérer à 100% à ce processus de transfiguration. Mais là on n'a que ça :
Citer
Les rues ont un visage neuf à présent. Les yeux grand ouverts, j’assimile tout ce que je peux. Je touche les murs de pierre et je caresse les lampadaires ouvragés. Plus rien n’a l’air réel. Ou plutôt, tout a l’air trop réel. Plus vrai que nature.

Des rues qui ont un visage neuf, sans plus de détails ; les murs de pierre et les lampadaires qui sont ouvragés mais sans qu'on sache de quelle manière ; et que tout a l'air plus vrai que nature, mais ça veut dire quoi exactement ? Bref, je pense que c'est peut-être pas suffisant et à développer  :\?
Mais si ça se trouve, tu avais volontairement décidé de ne pas accorder trop d'importance à cet aspect-là ; c'est peut-être qu'une question d'intention ? Enfin je sais plus  ><

Citer
Les passants s’harmonisent, prennent tous la même taille, la même couleur de cheveux.
C'est intéressant, d'habitude la notion d'harmonie est positive alors que là ce n'est pas le cas ; je ne dis pas que ça me dérange, c'est juste un truc sur lequel je me suis arrêté.

Citer
Au centre un grand pilier marron, rugueux, couronné de rose. Je retiens mon souffle, incapable de respirer devant un tel spectacle. Pour la première fois de ma vie, je vois un arbre pour de vrai.
Je m’approche doucement, je m’arrête à nouveau, j’hésite, le pied en l’air. Ce n’est qu’un mirage complexe, un piège pour m'attirer loin de ma route. Je dois m’en souvenir, toujours. Rester lucide. Me méfier des changements que je ne contrôle pas. Ne pas me laisser bringuebaler par les rêves. Atteindre mon but. Sün.
J'aime beaucoup ce passage. On apprend juste après (mais je pouvais pas mettre le tout ça aurait fait un gros bloc) que quelqu'un d'autre est intervenu dans son rêve, ça fait une richesse de plus au récit. Et l'accent est mis sur le côté volontaire des rêves qui semblent posséder une conscience propre. Bref, je trouve tout ça cool.

Citer
Un espace dégagée
dégagé

Citer
Elle est nette et floue à la fois, comme si la perspective à travers laquelle je la vois évoluait constamment. Je pense à elle comme à une femme, mais elle ressemble parfois à un homme et parfois, elle a le museau d’un animal.
Encore un détail que j'aime beaucoup, cette sorte de corps multiple, non figé. Perso j'aurais seulement parlé d'une fille, mais toi t'as ajouté une richesse de plus, c'est vraiment sympa d'être surpris tout le long du texte.

Citer
Elle est née comme tous les autres quand le tissu entre rêve et réalité s’est lentement déchiré.
Ouh, encore de nouveaux éléments :aah:
J'adore !
(bon, ptet un poil trop long)

Citer
Certains hommes se sont laissé mourir de faim
laissés ?

Citer
et ils ont commencé à errer tels des âmes en peine
tels, telles ? saipas ><

Citer
Sün, elle, était un peu différente des autres rêves.
Citer
Jusqu’au jour où elle a disparu sans laisser de trace, purement et simplement.
Yep, cool tout ça, encore et toujours de nouvelles choses, ça fait vraiment un chouette rythme. Et c'est cool aussi de savoir pourquoi il a décidé de passer la Frontière, de comprendre la problématique.

Citer
Ses lèvres rencontrent les miennes en un baiser au goût d'air et de flocon. J'ai l'impression de respirer pour la première fois.
Ah voilà, le truc de respirer pour la première fois. (mais je sais pas si c'est très grave cela dit).

Citer
Nous sommes le couple. L’homme et le songe. La voix et le guide.
Et par le rêve nous cimentons ce monde nouveau.
J'appréhendais la fin, mais je la trouve très chouette.

Bon bon bon, j'avais aussi envie de te dire des trucs d'ordre général, mais j'ai la tête un peu explosée et j'ai oublié ><

En gros, d'un côté t'as le rythme, une progression bien nette et qui ne perd pas en cohérence malgré de nouveaux éléments qui s'ajoutent au récit paragraphe après paragraphe, une chouette narration, avec des phrases et paragraphes qui s'enchaînent et qui résonnent bien entre eux ; et d'un autre côté un style impeccable qui embellit le tout. Bon bah c'est bien quoi  :mrgreen:

Sinon, le truc de la réalité alternée, ce qui semble être la base de la Mégalopole, je ne suis pas trop sûr d'avoir parfaitement assimilé ce que ça voulait dire ; ça allait bien mais quand tu as utilisé le mot "alterné" ça m'a un peu troublé. Enfin j'ai pas les idées très claires, je reverrai plus tard du coup.

Merci, ça fait vachement plaisir de lire un texte de cette qualité :)
Titre: Re : L'homme et le songe
Posté par: Rain le 07 Mai 2016 à 19:12:49
Salut à tous ! Pleins de retours détaillés, chouette ! C'est partie.


@Alan
Ah oui, bien vu pour la petite faute. Le pire, c'est que je crois que je l'ai corrigée, et puis après j'ai fait un ctrl+z.  ><
Pour les cassures plus nettes je sais pas trop où ni comment m'y prendre pour le moment, mais il y a des chances pour que ça vienne au fur et à mesure des corrections.
Merci pour ton avis, content que ça t'ait plu !


@Miromensil

Citer
C’est plus dur que quand je dors
là, je comprends qu’il est dans un reve éveillé
Ouip, c'est l'idée !

Citer
Après quelques minutes d’effort plus intense que je ne l’aurais cru
il ne faut pas « s » à intense ?
Hum, non, c'est l'effort qui est intense, pas les minutes. (Enfin, je crois ?)

Citer
ne flammèche naît au creux de ma main, perdue au bout d’une brindille toute fragile
ce passage me fait penser au texte d’Ambriel sur la petite flamme ^^
Ah oui, c'est vrai ! Il est chouette ce texte en plus, du coup ça me fait plaisir.

Citer
Les blocs de béton auxquels je suis habitué ont laissé la place à de hautes maisons de carte postale
…par contre, le carte postale m’a personnellement fait sortir du texte. vu la description que tu fais des maisons juste apres, il me semble que tu n’as pas besoin de dire qu’on dirait des maisons de carte postale
C'est vrai, j'enlève ça.

Citer
Je me remets en marche d’un pas pressé, à moitié perdu, à moitié hébété, complètement heureux
je chipote, mais les différents adjectifs me semblent contradictoires.. pour moi, qqn qui est à moitié hébété et perdu ne marche pas d’un pas pressé puisqu’il flâne, se laisse aller au gré de sa promenade. être pressé ne renvoie pas à qqchose de positif (« heureux ») pour moi, plutôt quelqu’un qui a hate de rentrer chez lui et qui se dépêche d’avancer dans les rues.
C'est très vrai aussi (même si en vrai, j'ai tendance à marcher vite (enfin, plus exactement, à longues foulées un peu soutenues qui font travailler les jambes) quand je me sens bien, donc ça me paraît pas si contradictoire - mais c'est vrai que ce n'est pas "pressé").
"D'un pas flottant" ?


Citer
Je me laisse trop aller, mes pensées commencent à sourdre et à contaminer mon rêve.
ok, donc ça ça veut dire que sa volonté doit garder une maitrise suffisante sur son reve pour que son entreprise fonctionne[/quote]
C'est ça. Comme pour un rêve lucide, il faut rester un minimum (ou en l'occurrence un maximum) concentré si on veut contrôler ses rêves, contrecarrer ses cauchemars ou simplement éviter de se réveiller à cause de sa propre conscience (sauf qu'ici, il n'a pas l'option du réveil).

Citer
Mais elle demeurait rêve et certaines choses lui étaient interdites. L'inconscience. L'imagination. Elle n'avait aucun moyen d'échapper à la veille constante qui l’habitait.
Ah ok donc c’est elle le reve qui se demande s’il peut rêver
Exactement !

Citer
Il n’y a pas d’arbre dans ton monde.
avec «s » car il y en a plusieurs dans son monde ?
Je sais jamais comment accorder quand il n'y a rien, mais a priori, c'est comme tu le décris.

Citer
Mais je sens les rêves solitaires qui guettent alentour comme des charognards.
tu veux dire "qui guettent les alentours", ou bien c'est une expression que je ne connais pas ?
Je sais pas si c'est une expression, mais c'est plutôt "qui guettent aux alentours" (c'est eux qui sont tout autour et qui guettent le personnage, ils guette pas les alentours). Sauf que du coup, je trouvais que ça coulait un peu mieux comme ça. Je peux modifier si jamais ça fait vraiment bizarre.

Citer
Autour de nous, les arbres ont senti ma panique et reprennent leur course. Ils repoussent sans peine mes tentatives pitoyables pour les apaiser. J'ai perdu ce qui me restait de lucidité. Ils vont nous engloutir à tout moment. Je sens Sün qui m'attire à elle, me serre contre elle. Je me blottis dans ses bras, lève la tête vers son visage et plonge une dernière fois dans son regard. J'y vois une lueur nouvelle tandis qu'elle s'approche encore un peu plus. Ses lèvres rencontrent les miennes en un baiser au goût d'air et de flocon. J'ai l'impression de respirer pour la première fois.
Si je comprends bien la logique, il faut que le narrateur garde une maitrise (une lucidité) sur la réalité altérée pour ne pas que les reves l'emportent. Sinon, les reves l'engloutissent. mais en même temps, il y a un dialogue au-dessus où Sun se demande si elle même peut créer des reves, et le narrateur la convainc que c'est elle qui, par son reve, lui a inspiré l'arbre rose. donc les reves qu'ils créent à deux sont ceux qui les engloutissent quand ils n'ont plus de maitrise dessus ? je comprends bien ? si oui, ça casse le côté un peu mignon-doux de l'ambiance onirique et ça insinue un côté sombre dans le cours des choses qui ne dépend pas du narrateur et de Sun, ce qui fait que l'intrigue est équilibrée dans ma tête de petit lecteur, j'aime bcp  ^^
C'est exactement ça. En fait, les rêves viennent toujours de toi parce qu'ils se construisent sur ton vécu et sur tes émotions. C'est ton inconscient qui reprend le dessus, qui te retire ta maîtrise des événements et te fait voir un peu ce qu'il veut (des choses belles ou des choses horribles) sans que tu aies tellement ton mot à dire. Dans un cauchemar, tu te retrouves plus ou moins emprisonné dans ton propre inconscient. L'état de lucidité, c'est quand ton moi conscient est suffisamment éveillé pour choisir comment organiser les rêves, ou le cas échéant, pour leur échapper s'ils deviennent trop horribles.

Du coup, c'est tout à fait l'idée : en étant conscient, ils peuvent créer ce qu'ils veulent, mais s'ils perdent leur concentration, s'ils se laissent aller aux émotions un peu négatives, ils creusent leur propre prison qui au final risque de les consumer tous les deux.

Citer
Nous sommes le couple. L’homme et le songe. La voix et le guide.
Et par le rêve nous cimentons ce monde nouveau.
Cette fin  :coeur: en lisant, j’ai cru entendre 2 voix différentes dire ensemble les memes mots
Ca c'est très très chouette, ça me fait plaisir que ça marche aussi bien  :-[
 
Après, mais c'est très personnel, j'aime moins les phrases comme "Je ne peux pas abandonner ma moitié", le côté un peu conte de fée où le narrateur la voit allongée sur une souche, toussa.
Là-dessus ça dépend un peu des passages, mais je suis d'accord avec toi pour certains moments où j'appuie peut-être un peu "trop" dessus. Pas forcément le côté conte de fait, mais un peu plus les tournures guimauves.

"Je pense à elle comme à une femme, mais elle ressemble parfois à un homme et parfois, elle a le museau d’un animal" : j'aurais peut-être aimé en savoir plus, parce que à cause de la manière dont tu parles de Sun dès le début, pour moi c'était clairement une femme. on comprend qu'elle est un songe (sa moitié), mais je veux dire, c'est un songe qui a les traits d'une femme. du coup j'aurais bien aimé voir à quoi ressemble un songe aux traits d'homme ou d'animal, mais c'est qu'une mini suggestion, n'en tiens pas forcément compte  :huhu:
Hum, c'est vrai que ça tombe peut-être un peu comme un cheveux sur la soupe. Je sais pas trop comment introduire ça un peu mieux sans alourdir le paragraphe (en soi, ça n'a rien d'extraordinaire. C'est déjà un peu le cas au tout début de Sün, quand elle se fait "corneille parmi les corneilles" ou qu'elle se fond parmi les enfants. Mais c'est que des micro détails qu'on peut facilement rater).
Pour le côté "c'est clairement une femme", c'est parce que c'est clairement une femme dans la tête du narrateur, du coup c'est "normal" que ce soit l'aspect le plus présent de Sün dans le texte.

Je dis que je n'aime pas mais, à la fin, on comprend qu'une moitié c'est l'homme et l'autre moitié un songe, donc ça n'a pas "que" le sens classique amoureux (je sais pas si je suis claire).
Si, tu es claire et je suis d'accord ! (même si l'aspect amoureux est peut-être un peu présent. A la toute base, au tout début de l'idée, ça devait être l'histoire d'un homme amoureux de son rêve dans un monde où les rêves sont aussi tangibles que les êtres vivants. Mais en suivant son rêve au pays des rêves, il se fait rejeter par toute sa communauté parce que c'est tabou. Alors, le rêve vire au cauchemar et le personnage ne peut plus le supporter. S'enfonçant au coeur du territoire des rêves, il décide d'en arracher le coeur pour bannir les rêves du monde, effaçant la frontière entre leurs pays. Les rêves se retrouvent emprisonné dans le sommeil des gens et tout le reste de sa vie, le personnage regrette cet acte de colère. Au moment de sa mort, quand il raconte cette histoire dans un journal, il décide que son dernier voyage sera parmi les rêves pour leur rendre l'accès au monde. Voilà pour ce à quoi l'histoire devait ressembler au départ ! La version que j'ai écrite finalement est beaucoup moins ambitieuse mais beaucoup plus dans mes cordes.)

Voilà, j'espère que mon modeste commentaire t'aidera un peu, en soi je n'ai pas grand chose à redire mais j'ai pas mal aimé. Merci pour la lecture, comme on dit  ^^
Vouip, merci à toi pour ton retour, content que le texte t'ait plu !


@Pyjsa
Tu fais peur. Ton perso se forge un auto-conditionnement par la terreur.

Que d'autres lui ai souvent posé la question qui fait son leitmotiv lénifie la force de caractère indépendante du personnage.
Hum, je veux bien que tu explicites ton commentaire que je ne suis pas sûr de pleinement saisir. Qu'appelles-tu "autoconditionnement par la terreur" et dans quel contexte est-ce que tu le perçois ? En quoi est-ce gênant pour toi et en quoi est-ce que cela fait de moi quelqu'un qui fait peur ?

La question n'est pas tellement son leitmotiv. Ou plutôt, ce n'est pas le contenu de la question son véritable leitmotiv, mais plutôt les circonstances dans lesquelles on (et la personne qui) la lui a posée. Qu'entends-tu par "lénifier sa force de caractère indépendante" ? Amoindrir sa personnalité ? Le rendre moins tangible, moins creusé, moins abouti, moins crédible ?

Bref, j'aimerais bien que tu détailles un peu plus ton avis pour m'en donner les clefs et m'aider à améliorer mon texte  ^^


@extasy

Wah, vraiment très chouette ce texte !
Merci !  :-[

Je vais entrer en mode chipotage max, car sinon bah j'aurais rien à dire à part que j'ai beaucoup aimé ^^ (je préviens d'avance, c'est ultra-subjectif)
Le chipotage c'est le bien !

Citer
Il n’y a qu’un pas à faire, le premier. C’est toujours le plus difficile, celui qui demande le plus d’efforts.
Ici, tu parles d'une vérité générale, ou seulement de franchir la Frontière ? Parce que dans ce dernier cas, je pense qu'il n'a aucun moyen de le savoir, si ?
C'est une très bonne question. Je penche plutôt pour la vérité générale, parce que le premier pas est souvent le plus dur pour tout.

Citer
Je n’ai même pas senti la Frontière, elle n’a fait aucun remous, aucune vague.
Mhhh, c'est subjectif mais je ne suis pas fan de coupler remous/vague, ça me fait l'effet de deux idées trop proches pour ne pas être redondantes. Mais peut-être que tu ne vois pas ça comme une répétition mais plutôt comme une nuance ?
Je suis d'accord, et en vrai, des répétitions comme ça j'en ai viré treize à la douzaine dans ma relecture juste avant de poster le texte ici  :D Celle-ci était restée pour une question de rythme peut-être, mais avec le recul c'est vrai que ça sert pas à grand chose.

Citer
Ils m’examinent de leur perchoir
leurs perchoirs ? Mais je souligne juste au cas où, parce que je doute un peu ; mais en vrai je suis plutôt pour le singulier aussi.
Bonne question. Le singulier implique qu'ils sont tous tassés au même endroit. du coup je sais pas trop. Je pense que je vais mettre au pluriel quand même.

Citer
Je secoue la tête avec violence
Peut-être violence est un peu trop fort ? Jusque-là, même si les choses se compliquent, j'ai gardé une certaine impression de tranquillité/immobilité.
Je vais remplacer par "virulence" qui est moins directement violent. Mais c'est quand même à partir de là qu'il se fait réellement violence à lui même pour ne pas se perdre et pour se concentrer sur sa tâche.

Citer
Une fois que j’aurai quelque chose, je pourrai le faire grandir
la faire grandir ?
(Læ en fait mais c'est pas très accepté :mrgreen:.) J'ai toujours vu "quelque chose" comme une expression neutre (j'ai tendance à dire "quelque chose de beau") du coup je vais le garder au masculin.

Citer
Surtout ne pas laisser les rêves se dérouler comme ils l'entendent – il faut leur montrer qui est le maître pour ne pas perdre le contrôle. C’est plus dur que quand je dors.
Ah ça aussi j'aime beaucoup, parce que ça marque une distinction entre les rêves ordinaires et ceux matérialisés, ça montre que ce n'est pas la même chose et que les règles ne sont pas les mêmes pour les deux. Bref c'est dur d'expliquer cet aspect de mon ressenti, mais je trouve que c'est toujours cool d'enrichir les idées d'un texte de cette façon.
C'est rigolo, parce que j'ai l'impression que tout le monde le ressent pas de la même manière (certains ne voient pas de différence entre les deux). Je l'ai écrit en pensant plutôt comme toi, mais les deux interprétations me vont, finalement.

Citer
Les blocs de béton auxquels je suis habitué ont laissé la place à de hautes maisons de carte postale
Maisons de carte postale ? C'est quoi ce machin  :mrgreen:
C'est corrigé, cf. la remarque de Miro  :-¬?

Citer
j’assainis l'air empoussiéré et pour la première fois, j’ai l’impression de remplir mes poumons pour de vrai.
Je crois que plus bas, tu dis une fois de plus qu'il a l'impression de respirer pour la première fois pour de vrai. (je verrai si je garde cette remarque en arrivant à ce moment)
Vrai ! L'inconvénient des corrections, c'est que tu n'as pas tout le détail du texte en tête et les répétitions comme ça arrivent vite.  >< Je vais changer plutôt la fin, du coup.

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Je pourrais vivre ici, profiter du soleil, de la chaleur douce qui commence à m’envahir, de la lumière si éclatante qu’elle dévoile la beauté cachée de tout ce qu'elle touche.
Alors cette idée de beauté dévoilée me gêne un peu, parce que je n'ai pas trop l'impression de voir à quoi tu fais références. Certes, tu as fait de très belles descriptions plus haut, mais je sais pas, j'ai comme la sensation que quelque chose manque. Si tu avais dit juste avant un petit truc, genre qu'avec ce nouveau soleil plus rien n'est pareil, qu'on est sensible, je sais pas, aux touches de couleur sur les murs qui apparaissent infiniment plus riches, etc. ; bref si tu avais accordé plus d'importance aux détails, là j'aurais pu adhérer à 100% à ce processus de transfiguration. Mais là on n'a que ça :
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Les rues ont un visage neuf à présent. Les yeux grand ouverts, j’assimile tout ce que je peux. Je touche les murs de pierre et je caresse les lampadaires ouvragés. Plus rien n’a l’air réel. Ou plutôt, tout a l’air trop réel. Plus vrai que nature.

Des rues qui ont un visage neuf, sans plus de détails ; les murs de pierre et les lampadaires qui sont ouvragés mais sans qu'on sache de quelle manière ; et que tout a l'air plus vrai que nature, mais ça veut dire quoi exactement ? Bref, je pense que c'est peut-être pas suffisant et à développer  :\?
Mais si ça se trouve, tu avais volontairement décidé de ne pas accorder trop d'importance à cet aspect-là ; c'est peut-être qu'une question d'intention ? Enfin je sais plus  ><
C'est vrai, ça manque de quelques détails sur les jeux de lumière pour que l'image fonctionne parfaitement. (En vrai, en général, je saute un peu les descriptions parce que je suis nul avec  :D)

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Les passants s’harmonisent, prennent tous la même taille, la même couleur de cheveux.
C'est intéressant, d'habitude la notion d'harmonie est positive alors que là ce n'est pas le cas ; je ne dis pas que ça me dérange, c'est juste un truc sur lequel je me suis arrêté.
Néo te dirait que l'harmonie, c'est pas toujours bon signe quand il aperçoit une armée d'agents Smith  :mrgreen:

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Elle est nette et floue à la fois, comme si la perspective à travers laquelle je la vois évoluait constamment. Je pense à elle comme à une femme, mais elle ressemble parfois à un homme et parfois, elle a le museau d’un animal.
Encore un détail que j'aime beaucoup, cette sorte de corps multiple, non figé. Perso j'aurais seulement parlé d'une fille, mais toi t'as ajouté une richesse de plus, c'est vraiment sympa d'être surpris tout le long du texte.
Bon ben je laisse ce détail alors (cf. mes réponses à Miro). Je verrais si j'arrive à l'étoffer un peu mais je peux pas le garantir.

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Elle est née comme tous les autres quand le tissu entre rêve et réalité s’est lentement déchiré.
Ouh, encore de nouveaux éléments :aah:
J'adore !
(bon, ptet un poil trop long)

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Certains hommes se sont laissé mourir de faim
laissés ?
Raaah, les règles chiantes de l'accord des verbes pronominaux au participe passé ont encore frappé ! Il me semble que j'avais vérifié et que j'en été arrivé à la conclusion que c'était invariable dans cette situation, mais je me trompe peut-être  ><
C'est vraiment l'horreur ces règles d'accord.

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et ils ont commencé à errer tels des âmes en peine
tels, telles ? saipas ><
Ben, du coup, "telles". Y'a eu le même problème ailleurs.

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Ses lèvres rencontrent les miennes en un baiser au goût d'air et de flocon. J'ai l'impression de respirer pour la première fois.
Ah voilà, le truc de respirer pour la première fois. (mais je sais pas si c'est très grave cela dit).
Ben, c'est la deuxième première fois, ça fait un peu tache  :D
"Ses lèvres rencontrent les miennes un instant, son souffle s'engouffre en moi comme un courant d'air. Sün disparaît."

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Nous sommes le couple. L’homme et le songe. La voix et le guide.
Et par le rêve nous cimentons ce monde nouveau.
J'appréhendais la fin, mais je la trouve très chouette.
Chouette !

Sinon, le truc de la réalité alternée, ce qui semble être la base de la Mégalopole, je ne suis pas trop sûr d'avoir parfaitement assimilé ce que ça voulait dire ; ça allait bien mais quand tu as utilisé le mot "alterné" ça m'a un peu troublé. Enfin j'ai pas les idées très claires, je reverrai plus tard du coup.
A la base, c'était censé être une réalité virtuelle, mais je trouvais ça un peu, heu, cheap. En gros c'est un futur plus ou moins imprécis dans lequel les gens se replient sur ces questions de réalité virtuelle/alternée dont les simulations sont de plus en plus présente. L'idée c'est que la frontière entre le "réel" et le "virtuel" s'efface, laissant la place aux rêves dans le monde matériel, on va dire. La réalité virtuelle reste "enfermée" dans un casque. La réalité alternée est un peu comme une réalité augmentée, elle s'ajoute au réel, mais plutôt sous forme d'hologrammes. Je peux mettre réalité holographique, aussi, mais ça sonne moins bien  :mrgreen: Et puis comme je le disais dans ma réponse à Navilys, je l'avais casé pour le jeu de mots "réalité altérée" dans le flashback.
Cela dit, je vois que vous avez presque tous buté dessus. Soit je le détaille un peu, soit je le remplace par un terme plus évocateur. Je vais voir.

Merci, ça fait vachement plaisir de lire un texte de cette qualité :)
Merci pour ton retour et ton enthousiasme  ;D Je m'attelle aux corrections.

EDIT : J'ai posté quelques corrections, quelques détails. En particulier une "explication" de la réalité alternée :

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Après les maisons, j’assainis l'air empoussiéré et pour la première fois, j’ai l’impression de remplir mes poumons pour de vrai. Puis je dégage le ciel de ses nuages noirs pour dévoiler le soleil et sa lumière. C’est un vestige lui aussi, comme les maisons, comme l’air pur. Je ne l’ai jamais vu ailleurs que dans les stations de réalité alternée, ces parcs sinueux où l'hologramme côtoie le tangible – comme un amoncellement de souvenirs que l'on se refuse à reléguer au passé.

Une description un poil plus poussée de la lumière du soleil :

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Les rues ont un visage neuf à présent. Les yeux grand ouverts, j’assimile tout ce que je peux. Je touche les murs de pierre et je caresse les lampadaires ouvragés. Plus rien n’a l’air réel. Ou plutôt, tout a l’air trop réel. La lumière nouvelle joue avec le grain de la matière, les creux et les bosses qui parsèment la pierre, les gouttes d'eau qui s'écoulent tranquillement le long des gouttières et des caniveaux. Les ombres dansent avec les reflets. Elles se baladent sur les murs et dans la rue comme des êtres vivants, révélant une profondeur insoupçonnée là où ne résidait jusqu'à présent que des aplats moroses. J'ai l'impression de redevenir un enfant qui découvre le monde.
Je pourrais vivre ici. Profiter du soleil, de la chaleur douce qui commence à m’envahir, de la lumière si éclatante qu’elle dévoile la beauté cachée de tout ce qu'elle touche. Je pourrais rester pour de bon, ne jamais revenir en arrière. Qu’est-ce qui m’attend, là-bas, après tout ? Je n’ai même pas à être seul, ici, je peux m’inventer autant de gens que je le souhaite. Soudain les rues se remplissent de voix, de cris et de sons. Mon cœur bondit, bat plus fort que jamais. On est si loin des foules ternes que j’ai toujours connues.

Et puis quelques fautes élaguées par-ci par-là.
Titre: Re : L'homme et le songe
Posté par: Kailiana le 08 Mai 2016 à 12:01:13
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mais je compte bien leur donner un peu de fil à retordre. Je connais bien leur manège,
répétition bien
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Alors j’avance, avec ma volonté pour seule bagage.
seul ?
Citer
Après quelques minutes d’effort plus intense que je ne l’aurais cru
intenses si il s'agit des minutes ?
Citer
Après quelques minutes d’effort plus intense que je ne l’aurais cru, une flammèche naît au creux de ma main, perdue au bout d’une brindille toute fragile. Une allumette.
je trouve bizarre qu'il fasse aparaitre une flamme au bout d'une allumette au lieu d'une flamme toute seule
Citer
Je me remets en marche d’un pas flottant, à moitié perdu, à moitié hébété, complètement heureux.
je trouve que le "complètement" ne sonne pas parfaitement bien, y'a peut-être moyen de faire mieux
Citer
Alors que je m’ouvre un passage dans une maison de granit sous la forme un tunnel traversant qui ressemble aux traboules de mon quartier,
formulation avec "sous la forme" un peu moins jolie que le reste du texte, même si ça passe
Citer
Le tunnel débouche sur un autre monde.
je trouve la transition pas complètement appropriée. Il voit un arbre, il crée un tunnel dans une maison à côté, et ça débouche sur un autre monde ; alors que tel que c'est décrit, j'avais l'impression qu'il n'y avait aucun rapport entre l'arbre et la maison (si ce n'est qu'ils sont à côté). Je sais pas si je m'exprime très bien, mais peut-être que tu pourrais décrire l'arbre à côté de la maison, ou alors au-dessus des murs on aperçoit des arbres, un truc du genre ?
Citer
Le sol est couvert de feuilles mortes et de buissons crochus.
si les arbres sont encore couverts de feuilles, il vaut sans doute mieux le préciser, car là je sais plus trop si on a des arbres avec des feuilles + des feuilles mortes par terre, ou bien des arbres un peu décharnés comme en automne

De manière générale j'aime moins le passage où il découvre le coin avec les arbres, je trouve la description plus banale, en dessous du reste du texte.

Citer
La réalité alternée commençait à sourdre hors de ses interfaces de contrôle sans que personne ne s'en préoccupe.
"interfaces de contrôle" pas forcément approprié
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Certains hommes se sont laissé mourir de faim, perdus dans la contemplation de leurs phantasmes. Certains autres sont devenus fous, d’autres encore se sont retranchés dans une solitude d’ermite et plus personne ne les a vus.
"certains/certains autres/d'autres" bof
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Les rêves restés seuls se sont éteints, ternis par le chagrin, et ils ont commencé à errer telles des âmes en peine à la recherche d'une accroche.
est-ce que "ternis par le chagrin" est vraiment utile ? perso je les vois pas trop chagrinés, c'est juste que leurs créateurs ne sont plus là. Soit c'est à réécrire/rendre plus subtil, soit perso je préfèrerais juste que tu enlèves le "ternis par le chagrin", le lecteur peut s'imaginer tout seul le pourquoi exacte je trouve, c'est déjà assez implicite/imprégné dans le texte
Citer
Ils se sont rassemblés comme une bulle de noirceur, ils ont enflé, se sont dilatés jusqu'à recouvrir des quartiers entiers. Les lumières qu'ils touchaient mouraient les unes après les autres, comme si la ville se gangrenait peu à peu. Réalité altérée. Seuls les plus désespérés se sont aventurés en leur sein, car personne n'en revenait
à mieux décrire. D'abord j'ai vu les rêves en une grosse bulle noire, un peu comme dans, euh je sais pas, un des films de myasaki peut-être, une espèce de grosse bulle de liquide sombre et visqueux qui recouvre plusieurs quartier. Puis finalement je crois comprendre que c'est l'endroit où le perso d'est aventuré au début, donc que finalement... y'a pas une grande différence avec le réel. Enfin pas aussi visible que je me l'imaginais. Donc je pense qu'il faut mieux décrire l'image car je sais plus trop à quoi ça ressemble.
Et je trouve la phrase "Réalité altérée" un peu maladroite.
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Elle devenait une personne chaque jour un peu plus.
à reformuler
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Nous avons cherché à deux sans jamais rien trouvé,
trouver
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J'ai paniqué, me suis rendu compte que je ne pouvais pas la laisser m’abandonner.
j'aurais trouvé "je me suis rendu compte" plus fluide
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Je commençais me sentir désespéré.
à
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Elle agrippe soudain et serre mon bras très fort.
formulation bizarre
Citer
Je tente de la rassurer, d’une voix douce, et calme. Et tremblante
"et tremblante" moins fluide
Citer
Un monde d’essences sans imagination pour être façonné.
pas très clair
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Elle se tait, tout à ses pensées
toute ?
Citer
je la laisserai tomber,
"tomber" pas aussi bien formulé que le reste je trouve



J'adore la fin  :coeur:

Ben c'est un très bon texte je trouve ^^ Y'a un bon rythme, enfin l'ensemble du texte reste très descriptif et assez lent, mais je trouve que tu distilles bien des infos au fur et à mesure, ce qui fait qu'on est intrigué et qu'on veut en savoir plus.
Niveau style, très bien, surtout la première partie ; vers la fin je trouve que c'est un peu moins "parfait", y'a quelques formulations qui détonnent, je les ai relevées.
Pas grand chose de plus à dire. Le passage où il voit l'arbre puis qu'il rejoint l'endroit où y'en a plein peut sans dotue être amélioré, je l'ai trouvé un peu en dessous du reste. J'aime bien la scène entre le narrateur et Sün, et l'idée de la fin est vraiment chouette !
Titre: Re : Re : L'homme et le songe
Posté par: Rain le 10 Mai 2016 à 14:18:37
Coucou !

C'est parti.

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Après quelques minutes d’effort plus intense que je ne l’aurais cru
intenses si il s'agit des minutes ?
Ben, du coup, je sais pas si c'est plus logique qu'il s'agisse des minutes ou de l'effort. Dans ma tête, c'est l'effort qui est intense.

Citer
Après quelques minutes d’effort plus intense que je ne l’aurais cru, une flammèche naît au creux de ma main, perdue au bout d’une brindille toute fragile. Une allumette.
je trouve bizarre qu'il fasse aparaitre une flamme au bout d'une allumette au lieu d'une flamme toute seule
C'est vrai. Surtout que vu la suite, c'est délicat d'utiliser des objets en bois comme une alumette (même si elle pourrait être d'une autre matière, mais j'ai pas envie d'alourdir mon texte à le préciser). Du coup, refonte du paragraphe :

"Après quelques minutes d’effort plus intense que je ne l’aurais cru, une flammèche naît au creux de ma main, à peine plus vive qu'une braise à l'agonie. C’est toujours mieux que rien, un pas dans la bonne direction. Patiemment, je la fais grandir – c’est plus facile maintenant. Elle prend du poids, de la hardiesse, elle saute avec joie dans les airs, découvre le vent nourricier et le froid qu'elle bannit. Ma petite étincelle devient une flamme ardente et curieuse, elle tend de plus en plus vers les bâtisses qui nous surplombent. Elle cherche à se répandre, à grossir encore, à échapper à mon contrôle. Je ne la laisse pas faire. Plus l'aise à présent, je façonne une lanterne autour d'elle. Elle résiste un instant, tente de s'enfuir tant bien que mal, mais elle abandonne rapidement et finit par s'installer dans son socle, apaisée. Je soupire, relâche la tension que j'avais accumulé sans m'en rendre compte et me remets en route, ma nouvelle lanterne dressée devant moi pour éclairer mon chemin. Je n’ai plus peur des choses dans le noir. Et si je peux maîtriser le feu…"

C'est pas trop lourd ?

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Je me remets en marche d’un pas flottant, à moitié perdu, à moitié hébété, complètement heureux.
je trouve que le "complètement" ne sonne pas parfaitement bien, y'a peut-être moyen de faire mieux
"Je me remets en marche d’un pas flottant, moitié perdu, moitié hébété, mais néanmoins heureux."


Citer
Alors que je m’ouvre un passage dans une maison de granit sous la forme un tunnel traversant qui ressemble aux traboules de mon quartier,
formulation avec "sous la forme" un peu moins jolie que le reste du texte, même si ça passe
Je vais essayer de trouver mieux.

"Alors que je me creuse un tunnel dans les murs de la maison la plus proche, un coin de ma tête réfléchit."

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Le tunnel débouche sur un autre monde.
je trouve la transition pas complètement appropriée. Il voit un arbre, il crée un tunnel dans une maison à côté, et ça débouche sur un autre monde ; alors que tel que c'est décrit, j'avais l'impression qu'il n'y avait aucun rapport entre l'arbre et la maison (si ce n'est qu'ils sont à côté). Je sais pas si je m'exprime très bien, mais peut-être que tu pourrais décrire l'arbre à côté de la maison, ou alors au-dessus des murs on aperçoit des arbres, un truc du genre ?
Hum, je veux bien que tu explicites, en effet. Oui, les maisons et l'arbre sont bien à côté, et non il n'y a pas de lien direct entre les deux si ce n'est ça. On ne voit pas non plus les autres arbres derrière parce qu'ils ne sont pas encore là, ils apparaissent après (ou pendant) qu'il traverse le tunnel. C'est le rêve qui évolue autour de lui parce qu'il commence à en perdre le contrôle. Le tunnel agit un peu comme une zone de chargement de décor, quoi. Je vais quand même retravailler la transition, parce qu'elle est un peu faible et pas très claire, du coup. Je vais aussi rajouter deux mots pour étoffer un chouïa la description de la place (dire qu'il y a "des maisons de granit" quoi).
Du coup, léger remaniement du paragraphe :

"Je sors de mon tunnel et je m'arrête un instant, méfiant. Devant moi, la ville a disparu, remplacée par des arbres. Partout. Des grands, des petits. Serrés, espacés. Des rouges, des verts, des bruns, la plupart un peu dégarnis, leurs branches crochues tendues vers moi. Le sol est couvert de feuilles mortes et de buissons retors. Ce n'est pas ce que j'avais prévu, les rêves gagnent du terrain sur ma conscience. Je parviens tout de même à créer un sentier à peu près praticable avant de me remettre en marche. Mes vêtements se prennent dans les branches et les épines m’éraflent la peau, comme si la végétation cherchait à m'empêcher de passer. Ça doit signifier que je me rapproche. Je presse le pas. Là, devant moi, une trouée de lumière vers laquelle je me précipite."

Citer
Le sol est couvert de feuilles mortes et de buissons crochus.
si les arbres sont encore couverts de feuilles, il vaut sans doute mieux le préciser, car là je sais plus trop si on a des arbres avec des feuilles + des feuilles mortes par terre, ou bien des arbres un peu décharnés comme en automne

De manière générale j'aime moins le passage où il découvre le coin avec les arbres, je trouve la description plus banale, en dessous du reste du texte.
Du coup j'ai corrigé juste au dessus. Est-ce que c'est un peu mieux ? (la description a pas fondamentalement changé, mais peut-être que c'était une question de place des mots ? On peut toujours espérer  :D)

Citer
La réalité alternée commençait à sourdre hors de ses interfaces de contrôle sans que personne ne s'en préoccupe.
"interfaces de contrôle" pas forcément approprié
"Interfaces" toutes seules, ça passe mieux ?

Citer
Les rêves restés seuls se sont éteints, ternis par le chagrin, et ils ont commencé à errer telles des âmes en peine à la recherche d'une accroche.
est-ce que "ternis par le chagrin" est vraiment utile ? perso je les vois pas trop chagrinés, c'est juste que leurs créateurs ne sont plus là. Soit c'est à réécrire/rendre plus subtil, soit perso je préfèrerais juste que tu enlèves le "ternis par le chagrin", le lecteur peut s'imaginer tout seul le pourquoi exacte je trouve, c'est déjà assez implicite/imprégné dans le texte
Ça me va (j'étais pas trop sûr c'est pour ça que je le laissais)

Citer
Ils se sont rassemblés comme une bulle de noirceur, ils ont enflé, se sont dilatés jusqu'à recouvrir des quartiers entiers. Les lumières qu'ils touchaient mouraient les unes après les autres, comme si la ville se gangrenait peu à peu. Réalité altérée. Seuls les plus désespérés se sont aventurés en leur sein, car personne n'en revenait
à mieux décrire. D'abord j'ai vu les rêves en une grosse bulle noire, un peu comme dans, euh je sais pas, un des films de myasaki peut-être, une espèce de grosse bulle de liquide sombre et visqueux qui recouvre plusieurs quartier. Puis finalement je crois comprendre que c'est l'endroit où le perso d'est aventuré au début, donc que finalement... y'a pas une grande différence avec le réel. Enfin pas aussi visible que je me l'imaginais. Donc je pense qu'il faut mieux décrire l'image car je sais plus trop à quoi ça ressemble.
Et je trouve la phrase "Réalité altérée" un peu maladroite.
Dommage pour le "réalité altérée", je l'aimais bien  :D D'ac pour la description (je ferai ça ce soir, là ça va me prendre un peu trop de temps)



Citer
Elle agrippe soudain et serre mon bras très fort.
formulation bizarre
C'est parce que c'est "elle m'agrippe"  :mrgreen:


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Je tente de la rassurer, d’une voix douce, et calme. Et tremblante
"et tremblante" moins fluide
"Un peu tremblante", ça passe mieux ? Ou "tremblante" tout court ?

Citer
Elle se tait, tout à ses pensées
toute ?
Comme dit à je sais plus qui, je suis pas sûr (j'ai du mal à faire le tri dans les règles d'accord), il me semble que c'est bien "tout" mais du coup je doute.

Citer
je la laisserai tomber,
"tomber" pas aussi bien formulé que le reste je trouve
  "Je ne peux pas la quitter ; mais en restant, je disparaîtrai à mon tour et je la laisserai seule, rêve orpheline qui deviendra folle."


J'adore la fin  :coeur:

Ben c'est un très bon texte je trouve ^^ Y'a un bon rythme, enfin l'ensemble du texte reste très descriptif et assez lent, mais je trouve que tu distilles bien des infos au fur et à mesure, ce qui fait qu'on est intrigué et qu'on veut en savoir plus.
Niveau style, très bien, surtout la première partie ; vers la fin je trouve que c'est un peu moins "parfait", y'a quelques formulations qui détonnent, je les ai relevées.
Pas grand chose de plus à dire. Le passage où il voit l'arbre puis qu'il rejoint l'endroit où y'en a plein peut sans dotue être amélioré, je l'ai trouvé un peu en dessous du reste. J'aime bien la scène entre le narrateur et Sün, et l'idée de la fin est vraiment chouette !
Merci pour ton retour, content que ça t'ait plu !
Je suis encore en train de retoucher un ou deux trucs, mais globalement tu as bien mis le doigt sur les passages qui me dérangeaient le plus aussi sans que j'arrive à trouver réellement ce qui me gênait, du coup merci pour le coup de boost !
Titre: Re : L'homme et le songe
Posté par: extasy le 13 Mai 2016 à 18:21:03
Yop,

Juste pour dire que j'ai relu et vu les modifications sur la réalité alternée et la lumière du soleil. Je trouve ça mieux maintenant et encore une fois : le texte est vachement très bon :)
Titre: Re : L'homme et le songe
Posté par: Luna Psylle le 21 Mai 2016 à 12:24:20
J'ai enfin réussi à le lire jusqu'au bout ! et franchement, je ne sais pas trop quoi en dire.

J'ai commencé par une lecture difficile des premières lignes (j'ai dû m'y reprendre à trois lecture avant de vraiment me lancer et aller jusqu'au bout), jusqu'à la création du feu (incluse). Je ne dirais pas que je n'ai pas accroché, mais j'ai eu du mal à rentrer dedans.
Ensuite, j'ai été intriguée par cette sorte de quête pour retrouver "Sün", avec une curiosité croissante pour l'objet de convoitise.
Et finalement, la fin du texte avec ses explications, donnant du sens à pas mal de choses du début.

Par contre, un hic :
Commencer la lecture par une question qui n'appartient pas au narrateur et que je dois d'emblée mettre de côté alors qu'elle est sensée me servir d'accroche pour lire, ça a été vraiment très dur pour moi, en tant que lectrice. Et je pense que c'est ce qui m'a bloquée à mes premières lectures.

Titre: Re : Re : L'homme et le songe
Posté par: Miromensil le 23 Mai 2016 à 12:48:35
Citer
Il n’y a pas d’arbre dans ton monde.
avec «s » car il y en a plusieurs dans son monde ?
Je sais jamais comment accorder quand il n'y a rien, mais a priori, c'est comme tu le décris.
Je n'ai pas le temps de lire le texte maintenant mais je passe pour dire que ma remarque n'était pas correcte : tu as raison, quand il n'y a rien bah on ne met pas de "s"  ^^ J'ai eu affaire à cette formule dans mes travaux et ai été posé la question aux assistants, qui m'ont répondu qu'il ne fallait pas de s.

Tu nous dira si ton texte a été retenu ? :)