Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Navilys le 19 Avril 2016 à 23:39:54

Titre: Ricochets
Posté par: Navilys le 19 Avril 2016 à 23:39:54
Le galet vole, flotte un instant au-dessus de la surface de l’eau, l’effleure légèrement comme pour la caresser, puis la magie opère, mystérieusement.
Son énergie soudain renouvelée, le roc reprend sa course, bondit un peu plus loin. Il tourne sur lui-même, comme incertain de la direction à prendre, et ce tournis seul lui évite de sombrer complètement.
Il recommence ainsi plusieurs fois, jusqu’à ce que la fatigue ayant raison de sa vitesse, il s’engouffre presque sans bruit dans l’eau. Une goutte en jaillit, fusée de détresse couronnant sa tombe, puis vient elle aussi s’écraser, formant une série de vaguelettes qui se pressent d’aller raconter à chaque parcelle du cours d’eau l’histoire et la fin de la pierre.

— Sept rebonds, compte machinalement Laurence.

Elle ne cherche pas à comparer ce résultat à un score quelconque : la vertu supérieure du ricochet, c’est d’être une activité parfaitement stérile. Pas d’efficacité à chercher, pas de compétition à mener, pas de comptes à rendre. Voire. Il paraît que certains en font des championnats. Dommage. Laurence sait très bien à quel point son inutilité, sa gratuité rend le ricochet irremplaçable.

Elle a décidé de remonter un peu la rivière, jusqu’au lac dont la profondeur lui fait espérer de jolis sauts.
La marche est rude pour se trouver au-dessus de la chute, plus d’une centaine de mètres de dénivelé sur un sentier au sol instable. Ses jambes lui sont vite lourdes et ses genoux douloureux. Une citadine comme elle n’a pas tellement l’habitude de la randonnée.
La pause est inévitable. Laurence s’assied près de la chute, souffle profondément. Elle n’a pas l’endurance des cailloux. Le continuel murmure de la rivière se frottant contre son lit la berce comme les  comptines du soir qu’on chantonne doucement aux petits enfants pour les accompagner dans leur sommeil.
Qu’il est loin le temps des histoires du soir, le rituel du chapitre lu au coucher, le marchandage pour avancer encore un peu, lire plus loin, savoir ce qu’il va se passer ! Mathieu revient de temps en temps à la maison, sans doute par habitude ou par devoir. Il pose peu de questions, c’est désormais lui qui tient la plume pour continuer son aventure. S’il est hésitant, il n’en laisse rien voir : il a la fierté un peu folle des jeunes gens, qui s’empêchent tout aveu de faiblesse dans leur autonomie nouvellement conquise.

Elle se redresse, une pierre dans la main, et tente de nouveau un ricochet en contrebas. Peine perdue. Après deux pauvres rebonds, le galet va buter dans une roche affleurant puis coule presque immédiatement. Certains coups sont des échecs, comme ça, parce que le projectile ne suit pas l’impulsion donnée, ou du moins l’impulsion voulue.
On ne sait jamais pourquoi il décide soudain de couler au lieu de continuer sa route. Les remous s’effacent vite près de la chute et rien ne témoigne plus de la migration du voyageur minéral.
Laurence poursuit sa marche et l’ardu chemin la fait presque suffoquer sous l’effort. L’eau est là, toute proche, rafraîchissante. Elle bruisse et cahote, se heurte à elle-même dans sa descente et le son tambourinant de la cascade fait frémir. S’y engloutir, laisser le froid l’envahir, l’eau chasser la sueur de son visage… L’envie se fait plus forte, oppressante. Ses pas accélèrent, levant derrière elle une volute de poussière qui efface les traces pâles qu’elle vient de laisser.

La voici enfin au sommet, le nez contre le lac. Le soleil lui laisse voir toute l’étendue liquide, ridée par le vent, et au-delà, sur l’autre versant, la rocaille nue que borde un épais massif de cyprès.
En y repensant, il n’est pas si grand, et en faire le tour prendrait bien peu de temps, une dizaine de minutes peut-être. Laurence n’ose pas, l’autre bord lui a toujours semblé investi d’une dimension particulière, comme l’énigme d’un roman qu’on ne veut pas terminer de peur d’être déçue.
Cette impression quasi mystique s’est gravée en elle depuis leur première rencontre.

La lumière était tout autre alors, comme prisonnière d’un brouillard qui ne paraissait jamais devoir se lever. A quelques mètres, la vue rencontrait un mur opaque, si bien que rien ne permettait d’envisager la taille réelle de la pièce d’eau. Il faisait humide et froid, et Laurence avait déjà décidé en arrivant qu’elle ne resterait pas là longtemps.
Saisie d’une impulsion soudaine, en partie par dépit d’avoir fait le chemin, elle avait pris une pierre pour s’adonner à son occupation habituelle. Elle l’avait jetée d’un geste rageur sur la surface immobile, et le son l’avait saisie.

Après les quelques rebonds aqueux que son oreille exercée n’avait su compter, le choc d’un sol inconnu lui était parvenu, promesse d’une terre nouvelle au-delà de la brume. La magie de l’instant l’avait accaparée et elle était restée là, hébétée, comme avait du l’être un Christophe Colomb découvrant un pays dont nul n’aurait pu soupçonner l’existence. Elle était alors redescendue, se promettant de revenir voir son nouveau monde lorsque le temps le lui permettrait.

Le souvenir encore vif lui donne des frissons. La chaleur lui pèse, pourtant, et elle a hâte d’être au fond de l’eau. Elle
retire ses vêtements doucement, leur poids glisse de ses épaules comme une libération. Elle se sent légère à présent, son fardeau loin de son dos.
La raideur de sa nuque, qui l’élance depuis l’accident de son mari, s’estompe un peu.
Laurence grimpe sur un rocher qui surplombe le lac et jette un coup d’œil au pays enchanteur qui s’étend en face d’elle. Le vide sous ses pieds exerce une fascination qu’elle connaît bien, mais elle n’y cède pas. Pas encore.
Ses pensées, captives du moment, dirigent son regard vers l’autre rive, en quête d’un point où les amarrer. Son fils surgit soudain et lui fait plisser le front. Doucement, comme à regret, elle l’écarte de sa rêverie et revient porter son attention sur le monde béni qui semble l’attendre, au soleil. Un sourire coupable s’esquisse sur ses lèvres. Sa décision est prise. Elle plonge.

La natation n’est pas au nombre des spécialités de Laurence et son entrée dans l’eau fait éclater la surface du lac en une gerbe de gouttelettes noires. Les ondulations se répercutent et s’enchevêtrent, maintiennent vivant quelques secondes le souvenir de la chute. Puis le silence se fait, le calme revient, chargé d’absence.

Le froid la saisit de toutes parts, l’immobilise, la libère. Ses pensées s’affadissent devant l’ombre glacée des profondeurs de l’eau. Ici, impossible d’éviter le présent, des myriades d’aiguilles comptent chaque seconde, lui transpercent la peau. Retenant sa respiration, Laurence saisit ses genoux, et le fœtus qu’elle est devenue s’enfonce plus bas dans le ventre du lac. Ses yeux fermés, on pourrait croire qu’elle dort.
La gestation est longue : seules les bulles, éclatant de temps en temps en mille rides successives, communiquent encore avec la surface. Elles se font plus espacées, cependant. Laurence sombre dans le sommeil, dans un océan vide, peu à peu. Le dernier souffle d’air s’échappe de ses narines.

Et la magie opère. Prise soudain d’une irrésistible envie de respirer, elle sent ses jambes s’agiter vigoureusement sous elle, pousser son corps engourdi de fatigue et de froid vers la vie. Ses épaules percent l’eau, elle ressort. Laurence titube, ses poumons en feu se gorgent d’air, la plongeant dans des vertiges tourbillonnants.

Elle vit, cependant. Elle ne sait pas trop quelle main lui a impulsé l’énergie tout au fond de l’abîme, mais elle a rebondi, et ses esprits une fois retrouvés, toutes les directions s’offrent à elle.


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Titre: Re : Ricochets
Posté par: ernya le 20 Avril 2016 à 23:21:36
Salut,

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Pas d’efficacité à chercher, pas de compétition à mener, pas de comptes à rendre. Voire. Il paraît que certains en font des championnats. Dommage.
je ne comprends pas bien ton "voire"

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Laurence sait très bien à quel point son inutilité, sa gratuité rendent le ricochet irremplaçable.
j'ai un peu de mal avec la structure de la phrase (l'accord pluriel avec la virgule d'un côté, le "son" d'un autre)

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La marche est rude pour se trouver au dessus de la chute,
au-dessus

(je ne suis pas trop convaincue par la digression sur le fils de Laurence)

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Les remous s’effacent vite près de la chute et rien ne témoigne plus de l’odyssée du voyageur minéral.
carrément ?  :P

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comme l’énigme d’un roman qu’on ne veut pas terminer de peur d’être déçue.
tu pars du principe que le "on" renvoie à Laurence ? c'est pour ça que tu as mis un accord au féminin ?

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La magie de l’instant l’avait accaparée et elle était restée là, hébétée, comme dut l’être un Christophe Colomb découvrant un pays dont nul n’aurait pu soupçonner l’existence
j'ai du mal avec le choix de tes temps verbaux, notamment "dut" et "n'aurait pu"

Je n'étais pas forcément dans les bonnes conditions pour lire ton texte (j'avais Top Chef en fond sonore) : je n'ai pas réussi à rentrer dedans. Le thème de ton texte ne m'emballe pas plus que ça donc ce n'est pas forcément la faute de ton texte si je n'accroche pas !
Je l'ai trouvé un peu répétitif et les moments plus intimes de ma vie de cette femme (la partie sur le fils, l'accident, le presque-suicide) m''ont semblé assez mal rattachés au reste, je me demandais ce qu'ils faisaient là au milieu du reste plus contemplatif. 

Une prochaine fois sûrement  ;)
Titre: Re : Ricochets
Posté par: Navilys le 21 Avril 2016 à 00:52:27
Salut ernya,
merci beaucoup d'être passée et d'avoir commenté! C'est toujours agréable d'avoir des retours, même (et peut-être en fait surtout) s'ils sont mitigés.

Je commence par les remarques générales, parce qu'elles concernent en partie les remarques particulières.
Je pense que je n'ai pas assez forcé le trait dessus suite à ton commentaire, mais en fait le titre n'est pas seulement l'évocation de l'activité favorite de Laurence, mais aussi celle de sa trajectoire personnelle. Il y a un rapprochement à faire entre les scènes initiale et finale, que j'ai essayé de souligner par l'emploi du vocabulaire et certaines des expressions ("la magie opère" par exemple est présent dans les deux scènes).
Je voulais garder cette atmosphère contemplative au récit, du coup c'est vrai que les passages personnels font zarb et pourtant, ils expliquent ou plutôt ils évoquent le creux dans la vie de Laurence qui donne naissance au rebond (un fils absent, lointain, qui semble venir comme à regrets, un mari dont la seule chose qu'on sait est qu'il a eu un accident, manifestement grave, mortel?, qui lui donne des raideurs de nuque en tout cas). Le deuxième ricochet, loupé, arrive en écho de l'histoire du fils. L'autre bord, inaccessible, est un simulacre d'au-delà. L'accident du mari est mentionné juste après.
Ce que je voulais explorer aussi, c'est ce narrateur mi-interne, mi-externe, qui raconte les pensées telles que Laurence les forme, sans ajouts, mais avec des ellipses, ce qui a l'air d'avoir posé des problèmes de compréhension. Il devient complètement externe par moments, c'est vrai qu'il a une position étrange, ce narrateur introspectif. Je ne sais pas si cela t'as gênée dans la forme à la lecture?

Passons aux remarques particulières.

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je ne comprends pas bien ton "voire"
Je viens de regarder, en fait c'est un vieux sens de voire, qui sert à émettre un doute. On pourrait mettre "encore que" à la place mais ça sonne mal.

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    Laurence sait très bien à quel point son inutilité, sa gratuité rendent le ricochet irremplaçable.
j'ai un peu de mal avec la structure de la phrase (l'accord pluriel avec la virgule d'un côté, le "son" d'un autre)
C'est vrai que ça peut choquer au niveau de l'accord, mais je crois que c'est possible de distribuer l'accord sur une virgule, sans mettre un "et". Si je n'ai pas voulu mettre "et" c'est parce je trouve que la virgule souligne le fait que le deuxième mot est à la fois complémentaire et dans le prolongement du premier. Il n'y a pas seulement l'idée d'ajout, mais aussi celle de correction, de précision (on est dans les pensées de Laurence). Tu as une idée de comment rendre ça différemment?

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au-dessus
Je corrige! Maudits tirets, ils me mènent la vie dure  :D

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(je ne suis pas trop convaincue par la digression sur le fils de Laurence)
La coupure est trop nette avec le reste du récit? J'avais peur d'y passer trop de temps. Laurence a décidé de mettre fin à ses jours et quelque part cherche à bannir les pensées qui l'y amènent. C'est ce qui fait le côté "incursion" de ces épisodes, comme quelque chose de lourd qui remonte par bouffées mais qu'on essaye d'étouffer. Peut-être faudrait-il développer davantage par souci de clarté? Ou mieux l'introduire? Mais je ne veux pas vendre la mèche dès le début. Tu as des suggestions?

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carrément ?  :P
Ca fait too much? C'est en partie lié au fait d'éviter les répétition, en partie au fait d'évoquer un plus grand voyage (l'odyssée c'est un parcours d'une vie entière, enfin de 10 ans, ce qui rapproche plus des rebonds de vie)

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tu pars du principe que le "on" renvoie à Laurence ? c'est pour ça que tu as mis un accord au féminin ?
Oui, c'est l'espèce de narrateur bizarre que j'ai choisi, qui de temps en temps raconte ses pensées depuis la tête de Laurence. Tout du long du texte, c'est son avis, son ressenti qui transparaissent. Faut-il retirer le e? Si on est orthodoxe de la grammaire, on est indéfini, mais comme ça renvoie au point de vue de Laurence, je l'ai signalé comme j'ai pu.

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j'ai du mal avec le choix de tes temps verbaux, notamment "dut" et "n'aurait pu"
En remplaçant dut par "avait du", cela marcherait mieux? Le deuxième verbe me choque moins, le conditionnel comme marque de l'irréel me paraît moins assujetti à la concordance des temps, peut-être est-ce une faute de ma part (j'ai toujours compris l'intérêt de la concordance des temps comme permettant de former une chronologie, mais la supposition/l'irréel échappe quelque part à la temporalité et donc à la chronologie, non?)?

En tout cas merci de ta réponse! Une prochaine fois sans doute en espérant que le thème te plaira davantage (quel thème rentrerait plus dans tes cordes d'ailleurs?)!  :)
Titre: Re : Ricochets
Posté par: Invité le 21 Avril 2016 à 01:12:45
Je voulais lire ton texte depuis un moment mais comme il n'y a pas d'interligne, ce serait possible de mettre plusieurs retours à la ligne ? Quand je vois ce gros bloc comme ça, j'ai beaucoup de difficultés à lire. Si tu pouvais faire ça, je lirai ton texte demain après-midi et je te donnerai mon avis.

Sinon, j'ai mon regard qui s'est posé sur ça : -   Sept rebonds.

Plutôt qu'un signe de soustraction et trois espaces, je suggère : — Sept rebonds.

Ou encore : « Sept rebonds. »

Il y a bien sûr d'autres méthodes, mais ce sont les plus utilisées.
Titre: Re : Re : Ricochets
Posté par: ernya le 21 Avril 2016 à 01:15:43
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Ce que je voulais explorer aussi, c'est ce narrateur mi-interne, mi-externe, qui raconte les pensées telles que Laurence les forme, sans ajouts, mais avec des ellipses, ce qui a l'air d'avoir posé des problèmes de compréhension. Il devient complètement externe par moments, c'est vrai qu'il a une position étrange, ce narrateur introspectif. Je ne sais pas si cela t'as gênée dans la forme à la lecture?
je ne sais pas trop, en relisant très très vite, je n'ai pas l'impression que le narrateur soit gênant. Niveau narration, là où j'ai le plus de mal, c'est les moments où tu emploies le possessif "ses poumons", "elle l'écarte de sa rêverie". Peut-être que ça rejoint ta vision d'un narrateur mi-externe, mi-interne.

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je ne comprends pas bien ton "voire"
Je viens de regarder, en fait c'est un vieux sens de voire, qui sert à émettre un doute. On pourrait mettre "encore que" à la place mais ça sonne mal.
d'acc. C'est vrai que du coup j'emploie plus un "encore que".

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    Laurence sait très bien à quel point son inutilité, sa gratuité rendent le ricochet irremplaçable.
j'ai un peu de mal avec la structure de la phrase (l'accord pluriel avec la virgule d'un côté, le "son" d'un autre)
C'est vrai que ça peut choquer au niveau de l'accord, mais je crois que c'est possible de distribuer l'accord sur une virgule, sans mettre un "et". Si je n'ai pas voulu mettre "et" c'est parce je trouve que la virgule souligne le fait que le deuxième mot est à la fois complémentaire et dans le prolongement du premier. Il n'y a pas seulement l'idée d'ajout, mais aussi celle de correction, de précision (on est dans les pensées de Laurence). Tu as une idée de comment rendre ça différemment?
je ne suis pas une experte en grammaire mais je me demande si une des manières ne serait pas de faire un accord singulier où la virgule serait plus une sorte de "ou" que de "et".


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(je ne suis pas trop convaincue par la digression sur le fils de Laurence)
La coupure est trop nette avec le reste du récit?
perso, je trouve ça un peu net, oui. Il faut voir si ça le fait à d'autres lecteurs ou pas.
Je te donne un début d'idée :
Elle n’a pas l’endurance des cailloux. Le continuel murmure de la rivière se frottant contre son lit la berce comme les  comptines du soir qu’on chantonne doucement aux petits enfants pour les accompagner dans leur sommeil. Qu’il est loin le temps des histoires du soir, le rituel du chapitre lu au coucher, le marchandage pour avancer encore un peu, lire plus loin, savoir ce qu’il va se passer ! Maintenant Mathieu revient de temps en temps à la maison, sans doute par habitude ou par devoir. C’est désormais lui qui tient la plume pour continuer son aventure. et à partir de là peut-être retrouver une accroche pour revenir à Laurence
Grosso modo, je te conseille d'éviter les "Laurence pensa à son fils". Fais-le nous comprendre autrement. D'autant plus que là ta transition est toute trouvée !

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carrément ?  :P
Ca fait too much? C'est en partie lié au fait d'éviter les répétition, en partie au fait d'évoquer un plus grand voyage (l'odyssée c'est un parcours d'une vie entière, enfin de 10 ans, ce qui rapproche plus des rebonds de vie)
ouip mais l'odyssée, c'est du voyage de compèt ! Avec cyclope, sirènes, Circé et compagnie ! Je trouve que réduire l'odyssée au parcours d'une simple vie, c'est un peu dommage.


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j'ai du mal avec le choix de tes temps verbaux, notamment "dut" et "n'aurait pu"
En remplaçant dut par "avait du", cela marcherait mieux? Le deuxième verbe me choque moins, le conditionnel comme marque de l'irréel me paraît moins assujetti à la concordance des temps, peut-être est-ce une faute de ma part (j'ai toujours compris l'intérêt de la concordance des temps comme permettant de former une chronologie, mais la supposition/l'irréel échappe quelque part à la temporalité et donc à la chronologie, non?)?
oui, je pense qu'un plus-que-parfait passerait mieux

Merci pour tes réponses enrichissantes  :)
Titre: Re : Ricochets
Posté par: Navilys le 21 Avril 2016 à 12:18:52
Merci d'avoir répondu si vite (surtout vue l'heure)!
@Aïsha
Merci de te proposer, tous les avis sont bons à prendre!
J'ai fait des retours à la ligne pour retirer son côté trop imposant au texte. Fais-moi savoir si cela te convient mieux, que je modifie au besoin. :)
@ernya
Merci beaucoup pour la relecture si rapide!
Je répond brièvement:
Je vais garder mon narrateur pour le moment; ça va sans doute accrocher aussi avec d'autres lecteurs, j'affinerai ça au fur et à mesure en fonction de ce qui ressortira le plus dans les commentaires.
Pour le "voire", je vais faire un peu la même chose, attendre et voir si ça bloque beaucoup de monde. Je le préfère à "encore que" pour sa sonorité, mais ça ne doit pas prendre le pas sur le sens.
Pour la question du pluriel de verbes et de virgule, apparemment tu as raison, pour des sujets multiples qui expriment une idée proche ou une gradation, on met le verbe au singulier. C'est ce que me dit le cordial en ligne.
Pour les coupures de récit, ok (merci pour l'idée d'ailleurs), il faut que je retravaille un peu tout ça pour le rendre plus fluide.
Pour l'Odyssée, soit, je vais essayer de trouver un remplaçant. N'empêche que l'Odyssée raconte le périple d'un soldat qui veut rentrer au pays retrouver son épouse et qui est retenu en chemin par une autre femme (Calypso), qui brave la paresse ou l'envie de rester de ses hommes (Circé, les lotophages), ou tout simplement leur désobéissance (l'histoire d'Eole, des boeufs qui meuglent sur les broches...). C'est d'ailleurs, à mon avis, parce que les problématiques de l'Illiade et de l'Odyssée sont restées très actuelles qu'elles ont toujours autant de valeur aujourd'hui.