Un texte écrit comme si comme ça, au gré de l'inspiration, sans haute visée ou ambition, juste le plaisir de lire et si j'y arrive, j'en serai toute heureuse. La chute n'est pas une grannnnde chute mais bon. Bref, je l'ai écris juste pour m'amuser, un point c'est tout :mrgreen:
Vala, bonne lecture!
Contes et fariboles du chevalier Louis, le Crayon:
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Bien le bonjour, madame, monsieur. Je suis Louis, le crayon, pour vous servir. Oh, non, pas n'importe lequel ! Je suis un crayon d'écriture. Noble métier, ne croyez-vous pas ? Parmi tous mes frères et toutes mes sœurs, mon jeune maître m'a choisi, moi, pour écrire. Ne vous méprenez pas sur le mot «écrire». Je vous vois de loin grimacer en pensant : «Ecrire ? Tout le monde fait cela de nos jours.» Eh bien, non. Mon maître ne rédige pas son journal, il n'écrit pas seulement ses cours et devoirs, bien qu'il le fasse chaque jour de la semaine. Mon maître a élevé son esprit bien au-delà de ses ennuyantes absurdités du quotidien. Il m'a nommé «écrivain», le plus noble titre que puisse recevoir un simple crayon. Et à compter de ce moment, je l'ai servi aussi fidèlement qu'un chevalier récemment adoubé. Valeureux sujet, je me suis peu plains de la tâche qu'il m'incombe d'exécuter. Je sais mon existence courte, aussi m'attelé-je au travail très sérieusement.
Il faut avouer qu'elle n'est pas aussi simple qu'au premier coup d'œil. Pour parfaire mes efforts, je pars en queste solitaire à la recherche d'une dame étrangère, que le voyageur le plus hardi ne rencontre que par un hasardeux coup du destin. Les plus chanceux la côtoient des semaines et on dit de ses beaux discours un éloge plus fantaisistes que la plume des poètes. La plupart du temps, je reviens hagard. Je n'écris pas ces jolies phrases dont mon maître raffole. Mais à une ou deux reprises, je n'ai vu qu'une traînée de poussière, un voile de soie blanc qui flottait dans le ciel et j'ai su que c'est elle. Peu après, mon maître a été bien satisfait.
Tout ce racontar devait m'amener … où, exactement? Ah ! Tout cela pour dire … Hé, ho, toi le stylo noir, cesse donc d'assombrir le ciel de mon royaume. Sale enquiquineur ! Il me semble juste vert de jalousie car môssieur n'est qu'un vulgaire sujet alors que j'ai une plus haute et noble naissance. Haha, vert de jalousie ! Elle est bien bonne celle-là.
Pour en revenir à nos crayons, j'essaye de vous dire que mon maître m'a chargé d'une mission bien périlleuse : Vaincre la Page Blanche, un adversaire redoutable et féroce qui s'est manifesté dès lors que mon maître a été de mauvaise humeur. Serai-je à la hauteur ? Je veux dire, j'ai combattu un grand nombre de feuilles pour conquérir leurs territoires mais celle-ci est la plus maligne, la plus vicieuse et la plus sauvage de toutes mes rivales. Il faut redouter le pis. Oyez ! Haut les cœurs, mes amis ; je vaincrai !
Je vérifie que la pointe de ma lame est bien aiguisé, c'est là ma seule arme et mon unique salut. Je voyage léger. Mon maître me dépose sur les terres ennemies ; je me prépare au combat. Le paysage d'un blanc laiteux me déroute d'abord ; le mystère du nom n'est plus un secret. Ma première peur passée, j'engage le combat. Le tranchant de ma lame siffle, fend l'air et s'abat. Mon adversaire résiste à mes coups et m'en assène de plus violents en raillant. Je tiens bon. Un coup fatal brise ma lame ; sous le choc, je perds l'équilibre et m'écroule. La Page Blanche profite de ce moment de faiblesse pour me mettre hors d'état de nuire. Je n'ai pas pu riposter à temps. Je ferme les yeux, ma fin est proche. L'espace d'un instant très court, je repense à ma famille qui profitera encore de ce que la vie peut lui offrir. Je me demande … Est-ce qu'on se rappellera seulement de moi ? Qui chantera mes gloires et exploits ?
Un éclair … Un éclair vif déchire l'espace infime qui me sépare de ma rivale. Elle est projetée en arrière. Un éclat blême brille dans le ciel. Il grandit d'instant en instant. Un visage se dessine, des cheveux flottent, une robe virevolte dans l'air. Mon cœur se remplit de joie.
C'est elle.
Etre bien-aimé, chérie des plus nobles plumes sur cette terre. Elle m'apparait alors que j'ai cru tout perdu. Elle me touchera de sa science gracieuse et j'en suis tout émerveillé. Mon sentiment est celui d'un jeune crayon qui découvre pour la première fois les arabesques que sa pointe peut produire. Je me relève, ému et heureux. Sa min se tend vers moi ; je lui offre un sourire ivre de bonheur. Elle me sourit à son tour en posant doucement ses doigts sur mon cœur … et tout se précipite. Une force sans pareille coule en moi, ma pointe guérit, des lignes s'édifient, des mots se bâtissent et je sombre dans l'inconscience.
Lorsque la raison me revient, je me découvre entouré de visages interloqués et soucieux. Ils s'éclairent lorsque je me mets à bouger. Et sans attendre, une multitude de mains m'empoignent et me portent en criant ma victoire.
Mon maître est le plus enchanté. Plus tard, il me raconte que, grâce à ma prouesse, on lui a présenté une valeureuse preuve de considération. Je suis heureux pour lui. Il me permet de prendre quelques jours de repos.
Je me souviens toujours de cet instant là, précieusement gardé au fond de mon âme alors que celle-ci est sur le point de s'éteindre. Ce souvenir m'accompagne fidèlement. Je ne cesse de la remercier par pensée. Un vague sourire s'accroche encore à ma mémoire.
Muse est son nom.