Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Alan Tréard le 12 Avril 2016 à 18:26:22

Titre: La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 12 Avril 2016 à 18:26:22
Bonjour, bonjour,

Nouveau texte, nouvel exercice de style.

ATTENTION : contenu explicite et violent.

Ce texte a encore besoin d'être retravaillé, c'est une forme de tentative de réflexion sur nos modèles et nos conditionnements constants. Je me suis relu un peu vite, n'hésitez pas à corriger l'orthographe si vous relevez des erreurs. À travers le destin d'une femme, je questionne notre rapport à ce qui nous fait tels que nous sommes, et j'y questionne l'humain.

C'est aussi une narration différente, dans la continuité d
'Orphée Aquatique que j'avais proposé précédemment.

Merci à l'avance pour votre lecture !


La Solitude V2

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


   Un instant de réflexion vient nous élever l'esprit, nous devons y penser.
   Ici commence le malheur de Florence.
   C'est son nom dans ce qu'il a de plus simple.
   L'existence semblable à un étau invalidant, je n'aurai sans doute aucun mal à décrire la situation dans son inévitable causalité. On peut parler d'un événement à part, comme une vie oubliée, or vous y retrouverez les grandes thématiques essentielles.
   Cette femme ne voulait pas d'une vie trop désagréable, et pourtant, le mauvais sort a voulu d'elle. Elle avait chaque instant un peu plus de considération pour les différents problèmes de sa vie, et elle avait toujours de bonnes raisons de trouver les bonnes solutions. On en tirera toutes les conclusions que l'on veut. La parole n'appartient jamais aux victimes. Florence s’appliquait à chaque instant à ce que sa carrière ne soit pas entachée par les déceptions ; il fallait bien vivre, répondre à ses besoins variés en toute tranquillité. On aurait pu voir en elle l'incarnation de la mesure. Du reste, elle ne savait pas quoi en penser ; avons-nous besoin de croire en quelque chose ?
   Son collègue de travail savait pertinemment que Florence était célibataire ; c'est le « prix d'une sérieuse application au métier, » expliquaient certains pour justifier sa solitude. Il y a mille manières d'être professionnel, Florence avait les siennes. On pouvait la comparer à ces vieilles pierres qui ont fait leur usure dans l'érosion du temps. Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :
   « Chez moi, depuis peu, ils ont coupé l'eau, lui avait-il assuré. C'est gentil de m'apporter ton soutien. Tu pourras me demander ce que tu veux en retour. Je devrais avoir retrouvé l'eau courante d'ici une semaine ; j'espérais disposer de ta douche le temps d'une demi-heure ; j'ai besoin de me remettre en forme pour le boulot de demain.
   ─Nous avons toujours besoin les uns des autres, affirma-t-elle. J'admets que tu serais sérieusement empêché si tu venais ainsi dans l'équipe, sans avoir bénéficié d'une bonne douche depuis plusieurs jours. Je n'imagine pas l'odeur ! Quelque chose me dit que je vais pouvoir tirer profit de la situation pour te demander une aide en retour sur l'un des dossiers qui me préoccupe. »
   L'accord avait été rapidement conclu, renforcé par l'idéale confiance qui animait les deux équipiers.
   Son collègue n'avait pas manqué de rire en entendant les paroles éclairées de Florence.
   S'était alors mis en marche un mouvement déterminant.
   On peut souvent attribuer à la bonne humeur les plus inavouables illusions.
   Les moments où l'on se laisse porter par la simplicité naturelle provoquent occasionnellement l'impensable.
   À sa maison, il avait voulu que Florence lui indique où se trouvait la salle de bain, il fallait qu'elle la lui montre ; puis il s'était empressé de requérir une serviette, il la fallait pour ses soins, pour enfin lui demander comment fonctionnait le loquet. En toute honnêteté, elle voulait faire preuve de politesse. Alors elle avait joué le jeu avec délicatesse. Tout ce cinéma avait poussé Florence à lui faire une démonstration de l'utilisation du loquet de la salle de bain. La situation prenait un tournant surprenant, comme dans un rêve. Ainsi attirée par son collègue de travail, elle avait été abasourdie par sa détermination et par sa soudaine impudeur. Personne ne pouvait prévoir un tel basculement. C'était comme un début de dispute, les paroles se mélangeaient à l'agacement. Il était difficile de faire la part des choses. Celui-là l'avait projetée à l'autre bout de la salle de bain, sans retenue, afin de saisir son corps d'un peu plus près. La force y était, l'exagération également.
   L'acharnement règne toujours en maître.
   « Tu ne m'en veux pas d'être intrusif, n'est-ce pas ? » lâcha-t-il violemment.
   Il cherchait les moyens de pérenniser la stupeur.
   Pour mieux décrire la scène, je dirais qu'on pouvait y voir le déchaînement prémédité. Je ne saurais décrire le regard apeuré de la victime, ni même celui de l'agresseur.
   L'homme avait profité de la stupeur de Florence pour mouiller ses vêtements à l'aide du pommeau de douche. Rien n'est plus déstabilisant qu'un jet d'eau dans un instant imprévu. Il ne fallut qu'un peu de liquide sur le corps de la femme pour justifier son emprise par la force :
   « Je te trouve en bien mauvaise position maintenant que tu es mouillée...
   ─Ne fais pas... essaya Florence.
   ─Toute cette eau sur tes vêtements, il va bien falloir que quelqu'un s'en occupe ! » conclut-il avant d'enlever son pantalon.
   Après avoir déshabillé la victime qu'il maintenait fermement, il cherchait un moyen de l'installer en bonne position.
   Aussi vrai que l'habitude renforce la confiance en soi, l'inhabituel choque et paralyse ; ceux qui l'ont compris manipulent les esprits à leur guise. Il en est de même lorsque l'on veut mettre en place un pouvoir par la force, on n'épargne alors aucune maltraitance.
   Il est clair que l'homme profitait de la pudeur de Florence pour introduire un malaise dont la liberté d'action lui permit l’exécution de son projet lubrique. Les accomplissements criminels sont souvent les plus virulents. Le coup de l'horreur vint sonner la malheureuse en une condition fulgurante.
   Il ne fut pas difficile de violer Florence en passant son cul sur le meuble et en écrasant son visage sur le miroir. Il matraquait son sexe aussi sauvagement que malhabilement. Florence n'éprouvait quasiment aucune douleur, l'homme exploitait sa vulve sans qu'on ne puisse l'arrêter. La main posée sur la nuque d'une victime est toujours la plus imposante. Et le climat oppressant qui habitait la petite salle de bain allait jusqu'à effacer les émotions de l'un comme de l'autre, l'adrénaline avait remplacé la conscience. Il lui dit :
   « J'espère que tu comprends mon geste : ton air triste me fait bouillir. Tu peux comprendre que tes charmes provoquent en moi l'attirance. Un homme s'occupe toujours bien des femmes ; même les moins souriantes ont droit à un peu de compassion, tu comprends ? »
   C'était le meilleur moyen de la maintenir en effroi.
   Il lui avait ensuite proposé de l'inviter au restaurant pour la remercier. On avait quitté le dialogue, on était entré dans l'obéissance. Florence ne put refuser quand elle apprit qu'il avait convié les autres collègues à manger avec eux. Ce n'était pas qu'un instant de pure violence, non, l'homme avait mis en place toute une logique d'asservissement.
   Cette histoire ne devait pas se savoir, Florence devait empêcher l'homme de révéler les faits aux autres collègues. Elle allait tout faire pour reprendre le contrôle. Comment pouvait-elle s'assurer qu'il ne leur raconterait pas tout si elle n'acceptait pas l'invitation au restaurant ?
   En fait, la carrière professionnelle prend parfois des tournants vertigineux dans lesquels on ne sait plus ce qu'il faut laisser transparaître de la vie intime. D'un côté il y a l'intégration professionnelle, celle qui fait prendre tant de risques, et de l'autre, il y a le secret qui censure. Dénoncer le viol, oui mais quand ? comment ?
   L'invitation au restaurant fut acceptée, le crime oublié.
   De la manière la plus ignoble qui soit, son collègue violeur avait préparé les autres à cette belle histoire d'amour. Il ne restait de la vie de Florence que l'écho à ce qu'elle avait un jour été. Très rapidement, il sut travestir la réalité, recréant absolument l'identité de Florence.
   Après l'avoir installée chez lui, les jours passèrent à sans cesse proférer de nouvelles menaces afin de contraindre Florence à taire la vérité sur le viol.
   Il suffisait même de parler un peu du boulot pour faire peser l'ombre menaçante sur les perspectives de carrière.
   Chaque soir ramenée du travail à chez lui, cette scène d'horreur se répétait tantôt sur le lit, tantôt sur un canapé. L'homme sachant mentir, il pouvait à tout moment détériorer l'image de cette femme, la défigurer. Florence ne pouvant échapper à la souffrance immense, elle avait au moins appris à souffrir moins, à se protéger légèrement mieux de ces violences ; attendant un jour ou l'autre une issue. C'était comme un contrat d'obéissance, elle devait faire preuve à chaque instant de sa fidélité solide. Et une fois le conditionnement établi, toute forme de résistance avait disparu.
   On fait pareil avec notre mode de consommation, on se laisse prescrire les produits que l'on aime et ceux que l'on doit éviter.
   Je pense que c'est ce que je pouvais révéler de plus précis sur le malheur de Florence et sur sa supposée vie de femme heureuse.
   Car les tortures à répétition lui avaient appris à prétendre qu'elle était satisfaite et libre.
   J'ai raconté son histoire car je ne suis pas sûr qu'elle osera la raconter elle-même.
Titre: Re : La Solitude (contenu explicite -18)
Posté par: Cambrien le 12 Avril 2016 à 22:26:21
Le thème est traité de façon originale.

Au niveau de la forme, le "il y a" au début du texte est totalement inapproprié. Il s'agit là d'un fondamental selon moi. En ce qui concerne le viol, on se demande quand il commence. Ce n'est pas assez bien amené à mon goût. Quant aux dialogues... la femme parle beaucoup trop bien pour que la chose soit vraiment naturelle. Disons que ça ne "sonne" pas très authentique.

La manipulation qui s'ensuit est  aussi bien pensée qu' inattendue. En revanche, pour une femme aussi intelligente et capable d'assez de force mentale pour tout sacrifier à sa carrière, je la trouve bien influençable, pour ne pas dire manipulable à l'envie. Certes, on imagine que son agression a provoqué une faille en elle mais sur le long terme... je suis assez réservé la-dessus. Je ne continuerais pas sur cette voie car peu habilité pour évoquer ce genre de problème.

En tout cas, l'exercice de style est convaincant si on excepte les éléments relevés plus haut.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 13 Avril 2016 à 14:57:32
Merci pour ton commentaire, Cambrien.

Je viens de retravailler en profondeur le texte.

En ce qui concerne la forme, le "il y a" que l'on pourrait rattacher à "il était une fois," il introduit la morale qui est contenue dans l'histoire.

Ce n'est pas l'intelligence d'une femme qui est questionnée, mais bien le conditionnement dans lequel nous sommes tous plongés depuis notre plus jeune âge ; ce même conditionnement qui devrait nous permettre de nous intégrer, et qui pourtant devient rapidement un piège plus atroce que dangereux.

La morale de l'histoire, c'est : sommes-nous bien maîtres de ce que nous disons aimer et accepter ? Avons-nous les mains sur ce que nous choisissons être ?

C'est notre identité qui est utilisée contre nous-mêmes.

La manipulation, elle s'adapte. Nul n'est épargné par les illusions qui trompent. L'homme sait changer sa stratégie en fonction de sa cible, si bien que nous devenons tous potentiellement les victimes du crime, quelque soit notre personne.

Ainsi, nul jugement de valeur dans ce texte.

Ensuite, en ce qui concerne le viol, j'ai un peu ajouté des détails pour répondre à tes attentes, mais je fais preuve d'une certaine pudeur afin de ne pas dévier du sujet initial. Ainsi, il en est de même dans la vie de chacun, la limite entre le viol et l'acte consentant  est toujours plus difficile à définir. C'est ce même flou qui caractérise le viol. Ceux qui ne veulent pas violer auront une attitude bien loin de cette limite difficile à observer afin de s'en distinguer, or ceux qui veulent violer prendront souvent le soin d'être à cette même limite afin toujours de préserver l'incertitude et la présomption d'innocence.

C'est en ne sachant pas trop de quoi il en relève que l'on peut échapper à la justice.

Merci à toi pour ta lecture, je transformerai peut-être le texte pour lui enlever son côté moraliste ou autre, mais il me faudra encore un peu de temps pour y réfléchir, et peut-être aussi de nouveaux avis.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Cambrien le 13 Avril 2016 à 17:24:26
L'ensemble est plus crédible et nous sommes moins dans le registre du sous-entendu. Je dois reconnaître que lors de ma première lecture, je ne savais pas trop si le texte se voulait descriptif d'une situation donnée ou plus ou moins moraliste. J'ai fini par intégrer les deux éléments dans ma façon de voir l'histoire ce qui ne constituait pas forcément la meilleurs approche.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 13 Avril 2016 à 22:02:26
Ah ! Oui, content que la nouvelle version te plaise un peu plus.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Mikis le 13 Avril 2016 à 22:59:12
Salut Alain
pour moi, ton histoire est intéressante. J'aurais aimé que tu la racontes sans passages explicatifs, mais en nous faisant ressentir les émotions décrites dans lesdits  passages par l'écriture. Je ne saurais te conseiller sur le moyen d'obtenir ce résultat, et puis ce ne sont que mes goûts.
Quoi qu'il en soit, j'ai passé un bon moment avec ton texte, merci
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Kanimp le 14 Avril 2016 à 11:55:54


Dès les premières lignes, je trouve la narration peu fluide et rébarbative.

Citer
Ici commence le malheur de Florence.
   C'est son nom dans ce qu'il a de plus simple.
Déjà, Je ne vois pas la simplicité d’un nom et avec ce qui suit je ne comprends pas l’utilité de cette phrase.
« Ici commence le malheur de Florence, prénom simple pour une vie compliquée » ?


Citer
Cette femme ne voulait pas d'une vie trop désagréable, et pourtant, les inconvénients avaient voulu d'elle.
“Cette femme espérait une vie agréable, mes les inconvénients s’acharnaient sur elle”?
Je ne trouve pas le bon mot pour remplacer inconvenient.


Citer
Elle ne cherchait pas à échapper aux problèmes, elle les comprenait comme il fallait.
Ne pas fuir devant les problèmes dénote que l’individu ne les fuit pas, il les affronte.
Dans la phrase, Florence  à le courage de rien faire face aux problèmes.
Où alors remplacer le verbe comprendre par gérer.

Citer
Florence s’appliquait à chaque instant à ce que sa carrière ne soit pas entachée par les déceptions ; il fallait bien vivre, répondre à ses besoins variés en toute tranquillité.
J’ai du mal avec ces deux phrases qui me semble contradictoire. Car la première se traduit comme suit :
« Florence s’appliquait à ne pas décevoir pour ne pas entacher son plan de carrière. »
Et est incohérente la compréhension que j’ai de la deuxième partie.
« Elle travaille pour vivre et se contente d’éviter les écueils » JE pense que c’est la réellement le type de caractère de Florence.
Citer
Du reste, elle ne savait pas quoi en penser ; avons-nous besoin de croire en quelque chose ?
Pas compris, Cela fait référence à ce qu’elle est « elle l'incarnation de la mesure”


Citer
Son collègue de travail savait pertinemment que Florence était célibataire ; c'est le « prix d'une sérieuse application au métier, » expliquaient certains pour justifier sa solitude.
Ici, je trouve que la nature de Florence change. C’est une femme arriviste et car conséquent elle est seule car personne ne veut d’elle ou inversement et se perd dans sa solitude.

Citer
On pouvait la comparer à ces vieux bois qui ont fait leur usure dans l'érosion du temps
à ces vieilles pierres. Le bois est un matériau vivant qui ne s’érode pas.

Citer
Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :
   « Chez moi, depuis peu, ils ont coupé l'eau, lui avait-il assuré.
Elle demande à son collègue de lui apporter des trucs, mais c’est l’inverse qui se passe.

A partir du début de la scène du viol, c’est plus facile à lire.

Citer
   Pour mieux décrire la scène, je dirais qu'on pouvait y voir le déchaînement prémédité. Je ne saurais décrire le regard apeuré de la victime, ni même celui de l'agresseur.
À mettre dans la scène de combat directement.


Alors je trouve le début en conflit avec le reste. Car dès le début du texte Florence se comporte déjà comme la femme qui sera violé plus tard.
La scène du viol et tout au moins le début est un peu abracadabrant.

Pour avoir vu des émissions sur la prostitution.
La domination des prostituées qui tombe involontairement dans   ce milieu, se fait presque comme décrite.
Mais ne fonctionne que si la femme se laisse volontairement pénétrée. Car c’est le fait qu’elle l’ait fait une fois qui permet l’acceptation des suivantes.

Je suis mitigé, car le fond de l’histoire est fort et bien agencé, mais la forme n’est pas à la hauteur.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 14 Avril 2016 à 14:46:26
Bonjour Mikis,

En ce qui concerne le descriptif, il semble que tu sois d'un avis contraire à Cambrien. À moi de trancher ! En revanche, étant la seule chose que tu aies relevée de l'histoire, je devine que c'est chez toi une chose d'une particulière importance à tes yeux.

C'est aussi une part importante du récit.

Il faut savoir que les descriptifs que je propose sont volontairement rares et ponctuels, tout autant que les émotions, et que je ne prévois de développer ni les uns ni les autres pour des raisons de structure. Il faut parfois faire preuve de pudeur.

Je te remercie cependant pour ton commentaire, je prendrai le temps de considérer ta lecture au moment de proposer une nouvelle version du texte.



Bonjour Kanimp, c'est un commentaire déçu que tu me proposes aujourd'hui !

 :\?

Dès les premières lignes, je trouve la narration peu fluide et rébarbative.
Désolé.

Déjà, Je ne vois pas la simplicité d’un nom et avec ce qui suit je ne comprends pas l’utilité de cette phrase.
« Ici commence le malheur de Florence, prénom simple pour une vie compliquée » ?
Non ! Tu me donnes une formulation de film populaire. Ce n'est pas un reportage télévisé, mais un texte philosophique. Bon, ce que tu proposes va quand même dans le sens dans lequel je souhaite aller, mais tu vas un peu trop loin pour moi.

“Cette femme espérait une vie agréable, mes les inconvénients s’acharnaient sur elle”?
Je ne trouve pas le bon mot pour remplacer inconvenient.
S'acharnaient, ça fait penser à une pauvre bête. Personnifier les inconvénients me permet d'évoquer le fait qu'ils seront incarnés par un homme. Par ce terme, vouloir d'elle, j'évoque la présence d'une volonté humaine derrière le malheur de Florence, et non d'une intervention divine. En fait, Florence est parfaitement responsable, nulle naïveté chez elle, nulle fatalité divine si ce n'est sa grande conformité.

Ne pas fuir devant les problèmes dénote que l’individu ne les fuit pas, il les affronte.
Dans la phrase, Florence  à le courage de rien faire face aux problèmes.
Où alors remplacer le verbe comprendre par gérer.
Non, on est dans un registre métaphysique, là. J'aborde le regard de Florence sur les obstacles qu'elle rencontre, je montre qu'elle réagit normalement. Il s'agit de dire les deux choses que tu proposes car Florence a des petits moments de courage, et des petits moments de faiblesse... comme tout le monde.

J’ai du mal avec ces deux phrases qui me semble contradictoire. Car la première se traduit comme suit :
« Florence s’appliquait à ne pas décevoir pour ne pas entacher son plan de carrière. »
Et est incohérente la compréhension que j’ai de la deuxième partie.
« Elle travaille pour vivre et se contente d’éviter les écueils » JE pense que c’est la réellement le type de caractère de Florence.
Citer
Du reste, elle ne savait pas quoi en penser ; avons-nous besoin de croire en quelque chose ?
Pas compris, Cela fait référence à ce qu’elle est « elle l'incarnation de la mesure”
Alors,
C'est une réflexion métaphysique sur sa vie. On se regarde dans le miroir, on fait le tri entre les petites victoires et les petites défaites, on ne sait plus quoi en penser... Ça ne t'arrive jamais ? Florence n'est pas l'incarnation de la mesure, contrairement à ce que certains prétendent, mais elle est l'incarnation du conditionnement : un coup elle s'applique à ne pas décevoir, un coup elle évite les écueils, bref, une attitude tout ce qu'il y a de plus humaine !

Ici, je trouve que la nature de Florence change. C’est une femme arriviste et car conséquent elle est seule car personne ne veut d’elle ou inversement et se perd dans sa solitude.
En tout cas, elle est conditionnée à vivre.

à ces vieilles pierres. Le bois est un matériau vivant qui ne s’érode pas.
J'ai changé la phrase.

Citer
Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :
   « Chez moi, depuis peu, ils ont coupé l'eau, lui avait-il assuré.
Elle demande à son collègue de lui apporter des trucs, mais c’est l’inverse qui se passe.
Lui apporter le nécessaire à lui, ce qui lui est nécessaire à l'homme : la douche. Remarque, je fais exprès de préserver le doute, ça fait partie de la narration, ce petit vice de sens. Le vice de compréhension est un effet de style que j'emploie à plusieurs reprises dans le texte :
Chez moi/chez elle/lui apporter... qui ça au fait ?
Idem tu pourras retrouver dans le texte "Il matraquait son sexe." le sexe à qui, à lui ou à elle ?
C'est l'incarnation de la rupture dans les habitudes, on ne trouve plus ses petits repères.
Et après ça, on revient sur la phrase, on se mélange les pinceaux, le lecteur est tout autant désorienté que Florence.

A partir du début de la scène du viol, c’est plus facile à lire.
Tu l'as dit !!

À mettre dans la scène de combat directement.
La scène de combat comme les actes sexuels ont tout un lot de préliminaires. En fait, à travers ces préliminaires, la scène de combat a commencé ici :
Celui-là l'avait projetée à l'autre bout de la salle de bain, sans retenue, afin de saisir son corps d'un peu plus près.

Alors je trouve le début en conflit avec le reste. Car dès le début du texte Florence se comporte déjà comme la femme qui sera violé plus tard.
La scène du viol et tout au moins le début est un peu abracadabrant.

Pour avoir vu des émissions sur la prostitution.
La domination des prostituées qui tombe involontairement dans   ce milieu, se fait presque comme décrite.
Mais ne fonctionne que si la femme se laisse volontairement pénétrée. Car c’est le fait qu’elle l’ait fait une fois qui permet l’acceptation des suivantes.

Je suis mitigé, car le fond de l’histoire est fort et bien agencé, mais la forme n’est pas à la hauteur.

D'abord, je suis curieux de savoir comment tu distingues une femme protégée d'une femme qui sera violée plus tard. Tu tiens la grande solution à la misère humaine en ayant cette maîtrise. Tu tiens probablement un outil pour faire de la prévention que je n'ai pas.

En ce qui concerne la prostitution, celle-ci est ciblée, contrairement à la scène que je décris qui est moins habituelle, plus difficile à discerner.

Je tiens mes propos d'un vécu, non pas de moi, mais de témoignages directs. Aucun viol n'est abracadabrant, et plus encore, aucun viol n'est formalisé. Je relève donc là un phénomène particulier, un cas à part, qui me permet d'évoquer des principes fondamentaux. J'ai voulu parler d'une femme normale, et de son destin difficile à cause d'un traitre manipulateur. Je questionne la place de notre conditionnement dans le quotidien.

Ce sont toutes nos certitudes qui y sont bousculées.

J'ai conscience que le sujet du viol est un sujet complexe est extrêmement controversé, nulle intention d'ajouter des contradictions aux contradictions ; or c'est un sujet qu'il m'est essentiel d'aborder et de considérer pour redonner place à l'humain qui est en moi.

J'essaierai au fur et à mesure de revenir sur le texte qui reste avant tout un exercice de style, je ferai évoluer le projet, je le retravaillerai.

Je rappelle à nouveau ici que Florence est tout à fait normale, intégrée, citoyenne, mais que l'homme qui lui a menti fait preuve d'une violence sans limite contre laquelle nous avons tous beaucoup de mal à résister.
Titre: Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Kanimp le 14 Avril 2016 à 16:05:10
C'est une réflexion métaphysique sur sa vie. On se regarde dans le miroir, on fait le tri entre les petites victoires et les petites défaites, on ne sait plus quoi en penser... Ça ne t'arrive jamais ? Florence n'est pas l'incarnation de la mesure, contrairement à ce que certains prétendent, mais elle est l'incarnation du conditionnement : un coup elle s'applique à ne pas décevoir, un coup elle évite les écueils, bref, une attitude tout ce qu'il y a de plus humaine !
Ce qui m’a décontenancé en fait c’est qu’à la lecture de la première partie, je n’ai jamais réussi à typer le personnage. Soit elle était une femme arriviste soit ou femme victime de quelque(s) chose(s).
Après la lecture, pour moi Florence se comportait comme la femme victime du viol qui allait se dérouler plus tard.
À la réflexion, on peut effectivement faire une analogie entre notre mode de vie asservi, à celui d’un être asservi par un tiers.

Mais c’est mon défaut de lecteur, tu n’es pas le premier à me déboussoler de cette manière, pour réfléchir sur la signification du texte, je ne dois pas chercher à le comprendre.

Ce qui explique que j’ai tiqué sur ce point :
Citer
Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :
   « Chez moi, depuis peu, ils ont coupé l'eau, lui avait-il assuré.
Elle demande à son collègue de lui apporter des trucs, mais c’est l’inverse qui se passe.
Lui apporter le nécessaire à lui, ce qui lui est nécessaire à l'homme : la douche. Remarque, je fais exprès de préserver le doute, ça fait partie de la narration, ce petit vice de sens. Le vice de compréhension est un effet de style que j'emploie à plusieurs reprises dans le texte :
Chez moi/chez elle/lui apporter... qui ça au fait ?

Mais pas sur celui-ici :

Idem tu pourras retrouver dans le texte "Il matraquait son sexe." le sexe à qui, à lui ou à elle ?
J’ai instinctivement ajouté « de ». Pour compléter la phrase.

D'abord, je suis curieux de savoir comment tu distingues une femme protégée d'une femme qui sera violée plus tard. Tu tiens la grande solution à la misère humaine en ayant cette maîtrise. Tu tiens probablement un outil pour faire de la prévention que je n'ai pas.
Attention : au cas où cela je ne serais toujours pas clair. Je ne parle pas d’une femme qui se protège de quelque chose (d’un viol en l’occurrence). Pour moi au début du texte, Florence  se comporte déjà comme la femme qui a subi le viol, alors que ce dernier n’arrive que plus tard dans le texte.

En ce qui concerne la prostitution, celle-ci est ciblée, contrairement à la scène que je décris qui est moins habituelle, plus difficile à discerner.
Sans remettre en cause, la pertinence des informations que tu as utilisées pour écrire ton texte. J’en possède d’autres et je ne les aie signalé qu’au cas où. Et c’est intéressant de savoir que cela peut arriver autrement.

Mais nous parlons de deux choses différentes. Toi de la victime et de sa condition (sociale) moi de la méthode d’asservissement. Oui Florence n’est pas une prostituée et son cas est plus difficile à détecter. Malgré cela la méthode pour l’asservir d’une manière sexuelle et fondamentalement identique, à celle utilisées pour prostituer des femmes.


Aucun viol n'est abracadabrant, et plus encore, aucun viol n'est formalisé.
Toutes mes excuses, le mot abracadabrant ne porte pas sur le viol, mais sur la manière employé par son collègue pour attirer Florence dans le guet-apens.


J'ai voulu parler d'une femme normale, et de son destin difficile à cause d'un traitre manipulateur.
Ce que tu as réussi. Puisque tu décris la vie de Florence avant son viol.
Alors que moi je ne comprends pas pourquoi elle se comporte ainsi avant l’événement.

Je rappelle à nouveau ici que Florence est tout à fait normale, intégrée, citoyenne, mais que l'homme qui lui a menti fait preuve d'une violence sans limite contre laquelle nous avons tous beaucoup de mal à résister.
C’est réaliste ce que tu dis, mais pour moi la violence contre laquelle nous ne pouvons lutter c’est du harcèlement.
De mon point de vue le texte gagnerait en clarté et en puissance si Florence était harcelée par un autre collègue. Ce qui permettrait de mettre en avant les techniques d’harcèlement et avec de la chance permettrait au lecteur de les détecter suffisamment à temps, pour s’en prémunir.
Dans un deuxième l’homme de l’histoire réutilise les mêmes techniques afin d’asservir Florence sexuellement.
Les deux thèmes dissocier dans un même texte devrait permettre de les réunir en une réflexion métaphysique sur sa vie. Celle de Florence mais aussi base de travail pour se poser des questions sur sa vie de lecteur.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Mister Pim le 14 Avril 2016 à 16:25:53
On éprouve le même plaisir à lire ce que le texte, Alan, traduit chez toi. J'aime voir comment tu rassembles tes plans que le vent des commentaires a dispersés autour de la maison édifiée à 90%. Les arguments que tu amènes sont convaincants. Aucun risque pour eux de se perdre au large et de sombrer. On sent dans ton discours les visées de l'architecte et les manches retroussées du chef-de-chantier, c'est bien de l'artisanat, pas de la parlotte élitiste, pas de la branlette de cerveau. Et je dis ça sans dénigrer les arguments de Kanimp ou des autres intervenants. Vraiment très intéressant, ami Alan, de nous offrir ça. 
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Fried le 14 Avril 2016 à 17:31:28
Bonjour Alan,

La trame de ton récit est intéressante, histoire d'une femme seule qui se fait violer et manipuler par un collègue de travail. Je trouve le style un peu étrange ou vieillot. Tous les petits commentaires explicatifs.
Pour les "inconvénients", un euphémisme, pourquoi pas dire le mauvais sort.
Titre: Re : Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 14 Avril 2016 à 18:40:03
@Fried, On me reproche souvent d'être vieux jeu, c'est mon petit défaut. 8) Pour le mauvais sort, ça fait un équilibre entre ce que j'ai proposé et ce que proposait précédemment Kanimp, je trouve ça équilibré, j'ai changé le texte.



Ce qui m’a décontenancé en fait c’est qu’à la lecture de la première partie, je n’ai jamais réussi à typer le personnage. Soit elle était une femme arriviste soit ou femme victime de quelque(s) chose(s).
Après la lecture, pour moi Florence se comportait comme la femme victime du viol qui allait se dérouler plus tard.
À la réflexion, on peut effectivement faire une analogie entre notre mode de vie asservi, à celui d’un être asservi par un tiers.
Oui, la question de la servitude n'est jamais très loin. Tu as pu remarquer que le texte se concluait ainsi :
"Car les tortures à répétition lui avaient appris à prétendre qu'elle était satisfaite et libre."
Je parle de servitude.
C'est donc bien que la réflexion sur l'absence de liberté était sous-jacente au texte.

Attention : au cas où cela je ne serais toujours pas clair. Je ne parle pas d’une femme qui se protège de quelque chose (d’un viol en l’occurrence). Pour moi au début du texte, Florence  se comporte déjà comme la femme qui a subi le viol, alors que ce dernier n’arrive que plus tard dans le texte.
Ok, je comprends. :bouquine: L'erreur vient de la narration, il y a sûrement un moyen d'améliorer le début. À l'écrit, j'ai peut-être trop projeté la scène qui suit, j'aurais peut-être dû mieux marquer le contraste entre sa vie d'avant et sa vie d'après,
J'y réfléchirai.

Sans remettre en cause, la pertinence des informations que tu as utilisées pour écrire ton texte. J’en possède d’autres et je ne les aie signalé qu’au cas où. Et c’est intéressant de savoir que cela peut arriver autrement.
Oui, ta comparaison est intéressante, or je suis conscient que j'aborde-là un cas juridique très particulier (à faire pleurer un avocat).

Mais nous parlons de deux choses différentes. Toi de la victime et de sa condition (sociale) moi de la méthode d’asservissement. Oui Florence n’est pas une prostituée et son cas est plus difficile à détecter. Malgré cela la méthode pour l’asservir d’une manière sexuelle et fondamentalement identique, à celle utilisées pour prostituer des femmes.
Je connais mal la prostitution, mais ce que tu dis me paraît absolument rationnel. Je sais que l'élément supplémentaire en ce qui concerne la prostitution, c'est l'effet de groupe (les nombreux clients). Les moyens pour asservir se ressemblent toujours dans leur ignominie.

Toutes mes excuses, le mot abracadabrant ne porte pas sur le viol, mais sur la manière employé par son collègue pour attirer Florence dans le guet-apens.
Oui, alors, pour être plus précis : j'ai conscience que l'homme passe par des chemins très surprenants, je l'ai noté à même le texte, or que c'est en provoquant cette même surprise qu'il tient son emprise sur sa victime. J'ai donc conscience de ne pas raconter une scène banale de la vie quotidienne. Simplement nous parlons d'un sujet qui peut concerner directement un ou plusieurs lecteurs, et que dans un tel cas, il est préférable de faire attention aux mots employés. Disons plutôt que je raconte une situation hors normes. En revanche le texte lui-même explique en quoi cette situation un peu absurde a été savamment orchestrée par le criminel, comme dans toute arnaque.

Ce que tu as réussi. Puisque tu décris la vie de Florence avant son viol.
Alors que moi je ne comprends pas pourquoi elle se comporte ainsi avant l’événement.
C'est que j'ai dû laisser passer quelque chose. Je vais revoir le texte à froid pour trouver ce qui ne marche pas. Ainsi ai-je voulu écrire :
On peut éventuellement reprocher à cette femme de ne pas s'être assez méfiée de son collègue de travail ; mais ayant moi-même été trahi de la pire manière qui soit dans ma propre vie, je ne conçois pas de tirer une conclusion aussi hâtive.
On se protège comme on peut, mais ça ne suffit pas vraiment.
Malheureusement, il est difficile de faire le tri entre ses collègues de travail, et on se voit mal leur refuser l'aide à laquelle ils ont droit.
De cette façon, on pourrait expliquer son comportement ainsi : Florence est conforme aux règles du vivre ensemble.

C’est réaliste ce que tu dis, mais pour moi la violence contre laquelle nous ne pouvons lutter c’est du harcèlement.
De mon point de vue le texte gagnerait en clarté et en puissance si Florence était harcelée par un autre collègue. Ce qui permettrait de mettre en avant les techniques d’harcèlement et avec de la chance permettrait au lecteur de les détecter suffisamment à temps, pour s’en prémunir.
Dans un deuxième l’homme de l’histoire réutilise les mêmes techniques afin d’asservir Florence sexuellement.
Les deux thèmes dissocier dans un même texte devrait permettre de les réunir en une réflexion métaphysique sur sa vie. Celle de Florence mais aussi base de travail pour se poser des questions sur sa vie de lecteur.

Je comprends. Nous avons un regard différent, toi et moi. Je répète ici volontiers la morale du texte, avec laquelle tu as tout à fait les droits d'être en désaccord :

On éprouve le même plaisir à lire ce que le texte, Alan, traduit chez toi. J'aime voir comment tu rassembles tes plans que le vent des commentaires a dispersés autour de la maison édifiée à 90%. Les arguments que tu amènes sont convaincants. Aucun risque pour eux de se perdre au large et de sombrer. On sent dans ton discours les visées de l'architecte et les manches retroussées du chef-de-chantier, c'est bien de l'artisanat, pas de la parlotte élitiste, pas de la branlette de cerveau. Et je dis ça sans dénigrer les arguments de Kanimp ou des autres intervenants. Vraiment très intéressant, ami Alan, de nous offrir ça. 
Ça fait partie du job.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Vir le 15 Avril 2016 à 23:22:15
   Ici commence le malheur de Florence.
   C'est son nom dans ce qu'il a de plus simple.

Je ne comprends pas.


   L'existence étant cet étau invalidant, je n'aurai aucun mal à décrire la situation dans son inévitable causalité.

Je trouve cette phrase un peu lourde, trop moralisatrice, surtout dès le début d’un texte.


   Cette femme ne voulait pas d'une vie trop désagréable, et pourtant, les inconvénients avaient voulu d'elle.

Très joliment tourné. J’aime beaucoup le fait que les inconvénients « aient voulu »


Elle ne cherchait pas à échapper aux problèmes, elle les comprenait comme il fallait.

C’est-à-dire ? Qu’ils sont inévitables ?


On en tirera toutes les conclusions que l'on veut. La parole n'appartient jamais aux victimes.

Une virgule au lieu d’un point ?


Florence s’appliquait à chaque instant à ce que sa carrière ne soit pas entachée par les déceptions ; il fallait bien vivre, répondre à ses besoins variés en toute tranquillité.

Mais tu dis juste avant que sa vie était pleine d’inconvénients. Si ces inconvénients touchent une autre partie de sa vie, tu devrais le préciser. « Des inconvénients, toutefois pas dans son travail. »


On aurait pu voir en elle l'incarnation de la mesure. Du reste, elle ne savait pas quoi en penser ; avons-nous besoin de croire en quelque chose ?

C’est la première fois que tu parles de croyance, et je ne vois pas le rapport avec le reste.


Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :

Tu devrais carrément enlevé le « après quelques questions en aparté », comme tu expliques la situation juste après.


J'admets que tu serais sérieusement empêché si tu venais ainsi dans l'équipe, sans avoir bénéficié d'une bonne douche depuis plusieurs jours. Je n'imagine pas l'odeur ! Quelque chose me dit que je vais pouvoir tirer profit de la situation pour te demander une aide en retour sur l'un des dossiers qui me préoccupe. »

Jusque-là j’imaginais Florence comme quelqu’un de très sérieux, la tête au boulot tout le temps. Mais avec cet humour soudain, je suis très désorientée. Ça ne colle pas.


   Les scènes les plus inhabituelles sont celles qui assomment, qui détournent l'attention et permettent à ceux qui les manipulent d'instaurer l'affaiblissement des autres.

Un peu lourd.


   Il lui avait ensuite proposé de l'inviter au restaurant pour la remercier.

Le revirement est un peu absurde et pourtant pas si surprenant, j’aime beaucoup.


   Cette histoire ne devait pas se savoir, Florence devait empêcher l'homme de raconter cette histoire aux autres collègues.

Répétition du mot histoire.



Le passage du viol à une vie entière d’obéissance est un peu rapide à mon goût. Certaines tournures de phrase sont lourdes, celles qui sont moralisatrices surtout comme : « On peut souvent attribuer à la bonne humeur les plus inavouables illusions. ». Je crois que ces phrases-là sont à éviter. Par contre, quand on en vient aux actions, c’est beaucoup plus fluide. Le sujet n’est pas évident mais le message passe bien.
  En fait, tu as démarré directement avec ta morale en tête : Avons-nous le choix d’aimer ce que nous aimons. Si tu décidais de clarifier cette morale dès le début beaucoup de phrases très obscures s’éclairciraient (et certains de mes commentaires au-dessus n’auraient plus lieu d’être). Si au contraire, tu veux vraiment qu’on comprenne ça par nous-même alors je te conseillerais d’essayer de nous le faire comprendre très progressivement, très lentement, pour bien faire passer la pilule.
pour réfléchir sur la signification du texte, je ne dois pas chercher à le comprendre.
Voilà, c'est ça qu'il faudrait que tu gardes en tête. Il faut tout leur prémâcher, aux lecteurs.
Titre: Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 16 Avril 2016 à 09:35:31
Bonjour Vir, merci pour ce petit commentaire.

 :mafio:

Je dirais que tu parles du sujet avec une certaine distance, j'avoue que j'aimerais avoir ta grande retenue.

   Ici commence le malheur de Florence.
   C'est son nom dans ce qu'il a de plus simple.

Je ne comprends pas.
Le malheur de Florence, c'est "il était une fois."
Son nom dans ce qu'il a de plus simple, c'est "voici l'histoire d'une situation pas vraiment extraordinaire, tel un fait divers."

L'existence étant cet étau invalidant, je n'aurai aucun mal à décrire la situation dans son inévitable causalité.

Je trouve cette phrase un peu lourde, trop moralisatrice, surtout dès le début d’un texte.
Qu'entends-tu par "moralisatrice"?

Elle ne cherchait pas à échapper aux problèmes, elle les comprenait comme il fallait.

C’est-à-dire ? Qu’ils sont inévitables ?
Elle les comprenait comme il fallait, ça signifie qu'elle est lucide, qu'on ne peut pas lui faire le procès d'être naïve.

On en tirera toutes les conclusions que l'on veut. La parole n'appartient jamais aux victimes.

Une virgule au lieu d’un point ?
Il n'y a aucune relation directe entre ces deux phrases, c'est ton esprit qui te joue des tours.

Florence s’appliquait à chaque instant à ce que sa carrière ne soit pas entachée par les déceptions ; il fallait bien vivre, répondre à ses besoins variés en toute tranquillité.

Mais tu dis juste avant que sa vie était pleine d’inconvénients. Si ces inconvénients touchent une autre partie de sa vie, tu devrais le préciser. « Des inconvénients, toutefois pas dans son travail. »
Elle fait de son mieux, la pauvre.

On aurait pu voir en elle l'incarnation de la mesure. Du reste, elle ne savait pas quoi en penser ; avons-nous besoin de croire en quelque chose ?

C’est la première fois que tu parles de croyance, et je ne vois pas le rapport avec le reste.
En fait, là où tu te contentes de poser une action mentalement comme on se contenterait de situer un lieu, un philosophe aurait déjà analysé la situation. Tu oublies que certains lecteurs aiment se questionner sur leurs lectures et démêler le vrai du faux comme dans les enquêtes policières. Des différents éléments de la vie de Florence que j'ai donnés, on pourrait tirer une conclusion :
Florence est parfaitement normale,
Et poser une question :
Pourquoi sommes-nous normaux ? Dans quel but ?

Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :

Tu devrais carrément enlevé le « après quelques questions en aparté », comme tu expliques la situation juste après.
Ça sert à faire une rupture avec le début. Sans cette rupture, je risque de perdre une partie des lecteurs. Donc difficile de s'en séparer. En revanche, si tu m'en fais la remarque, c'est que j'ai probablement besoin de retravailler cette transition,
Je prendrai en considération ta remarque lors d'une prochaine réécriture.

J'admets que tu serais sérieusement empêché si tu venais ainsi dans l'équipe, sans avoir bénéficié d'une bonne douche depuis plusieurs jours. Je n'imagine pas l'odeur ! Quelque chose me dit que je vais pouvoir tirer profit de la situation pour te demander une aide en retour sur l'un des dossiers qui me préoccupe. »

Jusque-là j’imaginais Florence comme quelqu’un de très sérieux, la tête au boulot tout le temps. Mais avec cet humour soudain, je suis très désorientée. Ça ne colle pas.
:\?

Les scènes les plus inhabituelles sont celles qui assomment, qui détournent l'attention et permettent à ceux qui les manipulent d'instaurer l'affaiblissement des autres.

Un peu lourd.
changement►Aussi vrai que l'habitude renforce la confiance en soi, l'inhabituel choque et paralyse ; ceux qui l'ont compris manipulent les esprits à leur guise.

Cette histoire ne devait pas se savoir, Florence devait empêcher l'homme de raconter cette histoire aux autres collègues.

Répétition du mot histoire.
changement►Cette histoire ne devait pas se savoir, Florence devait empêcher l'homme de révéler les faits aux autres collègues.

Le passage du viol à une vie entière d’obéissance est un peu rapide à mon goût. Certaines tournures de phrase sont lourdes, celles qui sont moralisatrices surtout comme : « On peut souvent attribuer à la bonne humeur les plus inavouables illusions. ». Je crois que ces phrases-là sont à éviter. Par contre, quand on en vient aux actions, c’est beaucoup plus fluide. Le sujet n’est pas évident mais le message passe bien.
  En fait, tu as démarré directement avec ta morale en tête : Avons-nous le choix d’aimer ce que nous aimons. Si tu décidais de clarifier cette morale dès le début beaucoup de phrases très obscures s’éclairciraient (et certains de mes commentaires au-dessus n’auraient plus lieu d’être). Si au contraire, tu veux vraiment qu’on comprenne ça par nous-même alors je te conseillerais d’essayer de nous le faire comprendre très progressivement, très lentement, pour bien faire passer la pilule.
pour réfléchir sur la signification du texte, je ne dois pas chercher à le comprendre.
Voilà, c'est ça qu'il faudrait que tu gardes en tête. Il faut tout leur prémâcher, aux lecteurs.

En fait, mon secret, c'est que j'énonce plusieurs propositions qui génèrent de la surprise ou bien du doute au lecteur, comme pour questionner sa compréhension du monde, et que ensuite, je lui propose une base de réflexion.

C'est ça, la littérature.

Sans cette relative "obscurité" comme tu l'appelles, de nombreux lecteurs n'auraient pas le geste naturel de se poser les bonnes questions. Il faut cultiver la curiosité de tous. Mon intention n'est pas de "faire passer la pilule" comme tu dis, mais d'interroger.

Et toi, te poses-tu les bonnes questions ?

Si mon histoire avait été aussi simple qu'un reportage télévisé, ça n'aurait pas été un conte philosophique. J'espère que tu fais la différence entre mon travail et celui de M6 tout de même !! Le principe du conte philosophique étant de ne pas répondre à toutes les questions posées, c'est dans son ADN.

On est très loin d'un monde protégé où les vérités seraient "prémâchées" comme tu dis.

Ainsi, mes lecteurs gardent une forme de liberté sur leur considération du texte, avec aussi un droit de l'interpréter comme ils le souhaitent. Cette femme, Florence, tient elle-même les rênes de sa vie, ce n'est pas à moi de l'encadrer. C'est ça, l'ouverture d'esprit.

 :oxo:
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Kanimp le 16 Avril 2016 à 13:46:33

Alan les réponses que tu m’as donné et celle que tu donnes à Vir, me permettent de mieux comprendre certaines choses.

Si mon histoire avait été aussi simple qu'un reportage télévisé, ça n'aurait pas été un conte philosophique. J'espère que tu fais la différence entre mon travail et celui de M6 tout de même !! Le principe du conte philosophique étant de ne pas répondre à toutes les questions posées, c'est dans son ADN.

Si je comprends bien, la formulation du texte (conte) dit se détacher des langages aseptisés et abrutissants des mass-médias. 

Mais dans le même temps, le texte traite de sujets graves.

Celui de la femme self-service, abordé par le viol et asservissement qu’elle subit.
Celui de notre mode de vie actuel, abordé succinctement par Florence qui se consacre à sa carrière.
Celui de la mise en conformité, par l’uniformisation afin d’asservir une population à la société de consommation. Ce dernier sujet, je ne l’avais détecté lors de la lecture, c’est une de tes réponses qui m’a guidé dessus.
  • Rien ne sert de se prémunir contre le harcèlement, la conformité nous condamne tous.
Qui après réflexion devient « La lutte contre la conformité est préalable à tout autre combat. Car c’est elle qui créée les différentes luttes auquel il faudra s’opposer. »
 

Il y a quelques (dizaines) années, je m’étais fais une réflexion. Le cinéma d’auteur est le plus intéressant à regarder par les aspects qu’il présente, par les réflexions qu’il induit. Mais pourquoi, faut-il que ce type d’œuvre soit si rébarbatif à regarder ?

Le cinéma répond à une aspérité importante du public qui l’utilise, se déconnecter l’espace d’un instant du monde réel. N’y a-t-il pas là pour le cinéma d’auteur le moyen de transformer ce besoin en opportunité ?

J’y ai répond par l’affirmative de la manière suivante : Une trame principale simple et délassante qui amène le public. Reléguer l’aspect réflectif du cinéma d’auteur dans le décor ou des histoires secondaires traitées à divers endroits de l’histoire présentée.

Méthode que j’applique aujourd’hui, dans mes écrits. La littérature permet aussi de se détacher du monde réel, le temps de la lecture. Mais cette stratégie rend le lecteur réceptif à ingurgiter  toutes ces notions réflectives sans même s’en apercevoir. Libre à lui par la suite d’y réfléchir ou non. De toute façon, cela rendra l’histoire intéressante, car à chaque relecture, il y aura potentiellement quelque chose à découvrir.

Je te retourne la question :
Et toi, te poses-tu les bonnes questions ?
Car à voir les positions que tu défends qui se reflètent dans tes écrits, je n’arrive pas à cerner avec exactitude l’objectif que tu te fixes.

Es-tu exclusivement un auteur qui écrit de la littérature de haut niveau destinée à une élite ?

Où par tes écrits as-tu l’intention de changer le monde ? Auquel ton public cible est abruti par les mass-médias et dans ce cas, tu te loupes car ils ne te liront jamais, c’est trop compliqué pour eux.

Maintenant, rien n’empêche de te situer entre les deux.
Titre: Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 16 Avril 2016 à 16:15:09
 :D Ton commentaire est à la fois extrêmement lucide et très amusant !

Tu as tout compris !!

Je vais y répondre autant que possible, merci à toi pour cette lecture en profondeur de ma démarche littéraire, c'est vraiment très touchant.

 :mafio:

Qui après réflexion devient « La lutte contre la conformité est préalable à tout autre combat. Car c’est elle qui créée les différentes luttes auquel il faudra s’opposer. »
Eurêka ! 8) Tu as compris la dimension de ce texte. C'est exactement la logique qui définit mon opinion. Ce que tu dis est bien dans la continuité du texte. J'estime même que défaire la conformité permet de remporter certaines belles victoires. Je dirais que la différence entre une simple phrase et un texte tout entier est la suivante :
Bien sûr, un texte court n'aura jamais le même impact qu'un roman tout entier qui lui ira transformer la perception d'un lecteur.
Enfin bref, tu as compris ma démarche et ce qu'elle vient chercher comme réflexions.

Mais pourquoi, faut-il que ce type d’œuvre soit si rébarbatif à regarder ?
:P :P :P

Le cinéma répond à une aspérité importante du public qui l’utilise, se déconnecter l’espace d’un instant du monde réel. N’y a-t-il pas là pour le cinéma d’auteur le moyen de transformer ce besoin en opportunité ?
Attention, je sais que tous les auteurs n'ont pas la même démarche que moi, ils n'ont pas tous les mêmes besoin que moi. Mon cas est un cas particulier, on ne peut pas définir une généralité à partir d'un simple exemple. Il faut envisager qu'il y a une certaine diversité des intentions, chaque auteur se distingue de l'autre. Ainsi, tu as parfaitement saisi les problématiques que je rencontre dans ma démarche d'auteur, mais auxquelles d'autres auteurs ne sont pas forcément confrontés. En revanche, tu décris très bien mes besoins qui sont tel que tu les montres.

Ne pas oublier que de nombreux auteurs ne sont pas du tout confrontés aux mêmes problèmes que moi !

Méthode que j’applique aujourd’hui, dans mes écrits. La littérature permet aussi de se détacher du monde réel, le temps de la lecture. Mais cette stratégie rend le lecteur réceptif à ingurgiter  toutes ces notions réflectives sans même s’en apercevoir. Libre à lui par la suite d’y réfléchir ou non. De toute façon, cela rendra l’histoire intéressante, car à chaque relecture, il y aura potentiellement quelque chose à découvrir.
Tu écris dans un autre genre que moi, la science-fiction, même si nous avons des intentions assez semblables, toi et moi.
C'est la raison pour laquelle nous ne passons pas exactement par les mêmes chemins.

Es-tu exclusivement un auteur qui écrit de la littérature de haut niveau destinée à une élite ?

Où par tes écrits as-tu l’intention de changer le monde ? Auquel ton public cible est abruti par les mass-médias et dans ce cas, tu te loupes car ils ne te liront jamais, c’est trop compliqué pour eux.

Ah ah ! Tu touches exactement le point qui concerne l'étendue de mon travail. Comment passer d'un modèle ésotérique au possible à un bouquin accessible à tous. J'ai conscience d'appartenir à une élite lorsque j'écris, simplement parce que j'emploie des moyens complexes pour aborder des sujets encore plus complexes.

Bref, je veux agir sur tous les lecteurs, et me voici conditionné à n'être compris que par quelques uns...

Sauf que j'ai besoin de toucher un public populaire, exactement comme tu dis, je suis bien dans la merde !!

 :aah:

C'est donc effectivement une question que je me pose sans arrêt, car il faut savoir que j'aborde des sujets qui ne sont pas abordés par les mass-médias, bref, la spirale infernale !

Ainsi, la seule réponse que j'ai trouvé à ce problème d'une très large étendue, c'est la vulgarisation.


Puisque les sujets que j'aborde sont par nature complexes comme des sujets scientifiques (on dit sciences humaines) alors je dois trouver un moyen de les vulgariser, c'est-à-dire de les rendre accessibles à des lecteurs qui ne bénéficient pas des connaissances préalables.

D'où la nécessité de travailler sans cesse mon style afin de vulgariser l'ensemble des sujets que j'aborde. Ici, ce texte est un exercice de style avec un résultat plutôt concluant étant donné que tu viens toi-même d'en comprendre la complexité. Tout comme les contes féeriques, à la fin de mon travail d'écriture, il doit rester deux lectures d'un même texte :

D'où la nécessité d'entendre vos critiques et de chercher à chaque fois ce qui a pu de près ou de loin déranger votre lecture. Vient ensuite un long travail pour faciliter encore la compréhension de cette connaissance. D'où la nécessité d'être auprès de mes lecteurs, et également sur Le Monde de l'Écriture où je peux échanger avec chacun, quel que soit son niveau !

Eh ! Voilà, une chose est sûre, cette fois-ci, on s'est bien compris.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: ernya le 18 Avril 2016 à 18:18:29
Salut !

Je lis juste la V2  ;)

   
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Un instant de réflexion se pose sur notre esprit, nous devons y penser.
cette phrase me gêne, une réflexion qui se "pose" sur notre esprit ?

   
Citer
Ici commence le malheur de Florence.
   C'est son nom dans ce qu'il a de plus simple.
pourquoi cette deuxième phrase ? que veux-tu dire exactement par là ? Le nom" Florence", indépendamment de la personne à laquelle il renvoie, n'est pas "simple". Il rappelle une ville italienne, rien que ça  :mrgreen:


   
Citer
L'existence étant cet étau invalidant, je n'aurai aucun mal à décrire la situation dans son inévitable causalité.
je n'aime pas du tout le ton dogmatique de ton narrateur. Tu présentes ta vision des choses comme une vérité générale, pour moi, ça coince.

Citer
On peut parler d'un événement à part, telle une vie oubliée, or vous y retrouverez les grandes thématiques essentielles.
dans la phrase d'avant, tu parlais de "causalité" et là tu dis que c'est un "événement à part". Je ne te suis pas.

Citer
    Florence s’appliquait à chaque instant à ce que sa carrière ne soit pas entachée par les déceptions ; il fallait bien vivre, répondre à ses besoins variés en toute tranquillité. On aurait pu voir en elle l'incarnation de la mesure. Du reste, elle ne savait pas quoi en penser ; avons-nous besoin de croire en quelque chose ?
J'ai de nouveau du mal à te suivre, je ne comprends pas la logique de tes phrases, quel est le lien entre la tranquillité, la mesure et le besoin de croyance ?

   
   
Citer
─Nous avons toujours besoin les uns des autres, affirma-t-elle. J'admets que tu serais sérieusement empêché si tu venais ainsi dans l'équipe, sans avoir bénéficié d'une bonne douche depuis plusieurs jours. Je n'imagine pas l'odeur ! Quelque chose me dit que je vais pouvoir tirer profit de la situation pour te demander une aide en retour sur l'un des dossiers qui me préoccupe. »
elle parle d'une façon étrange, non ? Il y a vraiment des gens qui disent "j'admets que tu serais sérieusement empêché" ? Pour moi, le dialogue n'est pas crédible.

   
Citer
L'accord avait été rapidement conclu, renforcé par l'idéale confiance qui animait les deux équipiers.
   Son collègue n'avait pas manqué de rire en entendant les paroles éclairées de Florence.
   S'était alors mis en marche un mouvement déterminant.
   On peut souvent attribuer à la bonne humeur les plus inavouables illusions.
   Les moments où l'on se laisse porter par la simplicité naturelle provoquent occasionnellement l'impensable.
Pourquoi autant revenir à la ligne ?

   
Citer
Personne ne pouvait prévoir un tel basculement.
sérieusement ? personne ?

Citer
   C'était le meilleur moyen de la maintenir en effroi.
Pas sûre que le mot "effroi" soit le bon.

   
Citer
On avait quitté le dialogue, on était entré dans l'obéissance.
C'est vrai que lorsqu'on viole quelqu'un, on lui tape la discute. :huhu:

Citer
Comment pouvait-elle s'assurer qu'il ne leur raconterait pas tout si elle n'acceptait pas l'invitation au restaurant ?
elle pense qu'il va dire qu'il l'a violée ? Le "tout" est à revoir ou à justifier, pour moi.

   
Citer
On fait pareil avec notre mode de consommation, on se laisse prescrire les produits que l'on aime et ceux que l'on doit éviter.
ouh, ça trolle  :mrgreen:
je veux bien que l'idée du texte soit de faire réfléchir mais balancer ainsi ce genre de comparaison, ça ne prend pas. Donne des arguments. Comparer un viol (violence psy + physique) à la consommation, pour moi, c'est banaliser le viol, chose que je ne peux admettre

   Je pense qu'en l'état, ton texte est encore trop maladroit pour vraiment convaincre/ toucher. Perso, je ne comprends pas ce que tu veux démontrer dans ce texte : le lien entre être violé et suivre les directives de la pub et de la société de conso ? l'obéissance d'une femme envers un homme violent et tyrannique ?
Le thème de l'asservissement est intéressant mais je n'accroche pas du tout à ta façon d ele traiter. Pour moi, tu avances trop de choses comme des vérités générales sans les prouver. Je n'arrive pas à croire à l'asservissement de cette femme parce que tu portes sur elle un regard à la fois extérieur et dogmatique. Tu ne cherches pas à la comprendre. Tu ne cherches pas à nous faire comprendre le point de vue de l'homme. Pour moi, ton propos est réducteur car tout va trop vite dans ce qui est raconté (alors que l'asservissement passe, à mon sens, par une multitude de microphases bien ajustées les unes par rapport aux autres) et dans les conclusions qui sont tirées de l'événement raconté.

Bref, pour moi, ça ne fonctionne pas.  Que voulais-tu faire ?
Titre: Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 19 Avril 2016 à 18:32:16
Bonjour ernya,

Alors, alors,

D'abord merci pour ce commentaire engagé et très précis sur les questions de forme et de fond, qui me permet d'affirmer à nouveau que je ne cherche nullement à culpabiliser qui que ce soit, si ce ne sont les criminels, bien sûr.

Chaque individu victime d'un viol quel que soit son âge ne peut jamais être tenu pour responsable d'une quelconque faute, quelle que soit la situation.

Bref, pour moi, ça ne fonctionne pas.  Que voulais-tu faire ?

Je voulais libérer la parole. Le principe d'un texte philosophique est d'ouvrir la parole à différentes sensibilités afin d'autoriser le droit de s'opposer. En manifestant une opposition, tu ne fais que confirmer l'intention même du texte.

Ça m'arrive d'écrire des textes expressément ouverts à la lecture, dans l'idée que mon propos ne sera pas apprécié par tous, mais que cette ouverture servira le dialogue et l'échange.

Bon, plusieurs accusations sérieuses qui m'obligent, avant d'entrer dans les détails, à réagir à ton propos lui-même. Tu prêtes à ce texte une dimension qu'il n'incarne pas. Il n'y a aucune banalisation du viol dans ce texte, ni pour toi, ni pour les autres, et la comparaison qui est faite avec notre mode de consommation revient à questionner avant tout ce qui met en danger les hommes et les femmes que nous sommes. En questionnant les dangers, ce n'est pas le viol que l'on banalise, mais certains mensonges que l'on stigmatise. Même s'il y a un rapprochement entre conformité et crime, c'est la conformité que j'éloigne et non le crime que je rapprocherais ; le crime reste un crime, la conformité devient un danger. Un texte qui dénonce la conformité ne peut nullement être dogmatique ; un dogme étant lui-même une conformité en soi : tu m'expliqueras comment on peut établir un dogme à partir de principes d'anti-conformité... J'espère d'ailleurs que tu trouveras un Nom à me donner à ce prétendu dogme si ce n'est l'Humain qui s'y distingue. Je ne parle pas de publicité ni de société de consommation mais de mode de consommation, sans m'attaquer à la société elle-même (la société étant faite de différents citoyens, donc de différents modes de consommation aussi nombreux que diversifiés). J'entends par "mode" une continuité perpétuelle qui nous fait toujours loucher dans le même sens ; de nombreuses publicités s'accrochent obsessionnellement à l'uniformité, mais d'autres savent parfois s'en détacher, preuve que la société est faite d'une diversités de modes. La conformité n'est pas universelle, rassure-toi. L'asservissement est un sujet complexe, et je sais qu'il est difficile d'en parler à l'unanimité, c'est un fait ; croire qu'il serait possible que l'on soit tous alignés sur une même analyse en soi est une utopie. Je ne suis donc pas surpris que ma capacité à dénoncer l'asservissement fasse des petits exclus, or j'encourage d'autres auteurs à en parler à leur façon afin que chacun apporte sa pierre à l'édifice humain.

cette phrase me gêne, une réflexion qui se "pose" sur notre esprit ?
Tu as raison, cette métaphore manque de volatilité, on croirait qu'elle s'échoue sur le texte.
changement►Un instant de réflexion vient nous élever l'esprit, nous devons y penser.

   
Citer
Ici commence le malheur de Florence.
   C'est son nom dans ce qu'il a de plus simple.
pourquoi cette deuxième phrase ? que veux-tu dire exactement par là ? Le nom" Florence", indépendamment de la personne à laquelle il renvoie, n'est pas "simple". Il rappelle une ville italienne, rien que ça  :mrgreen:
Non, bien sûr, c'est une façon ironique d'observer un nom d'une pensée métaphysique, c'est absurde. Je ne prétends pas pouvoir donner un sens à un nom, je ne suis qu'un pauvre homme... Mon geste est un peu caricatural, mais sans pour autant pousser à l'humour : c'est en moi une profonde mélancolie.

Citer
L'existence étant cet étau invalidant, je n'aurai aucun mal à décrire la situation dans son inévitable causalité.
je n'aime pas du tout le ton dogmatique de ton narrateur. Tu présentes ta vision des choses comme une vérité générale, pour moi, ça coince.
En fait, c'est ironique. Là est toute l'étendue du problème. De fait, il est clair que tu n'as pas cerné l'ironie, j'ai donc essayé une formulation plus atténuée :
L'existence semblable à un étau invalidant, je n'aurai sans doute aucun mal à décrire la situation dans son inévitable causalité.

Citer
On peut parler d'un événement à part, telle une vie oubliée, or vous y retrouverez les grandes thématiques essentielles.
dans la phrase d'avant, tu parlais de "causalité" et là tu dis que c'est un "événement à part". Je ne te suis pas.
En fait, la "causalité" était ironique (causalité fait penser à conformité) ; cette phrase-ci rétablit le propos réel du texte.

J'ai de nouveau du mal à te suivre, je ne comprends pas la logique de tes phrases, quel est le lien entre la tranquillité, la mesure et le besoin de croyance ?
Le lien ? La normalité : il est "normal" d'être tranquille, mesuré, et d'avoir besoin de croyances.

elle parle d'une façon étrange, non ? Il y a vraiment des gens qui disent "j'admets que tu serais sérieusement empêché" ? Pour moi, le dialogue n'est pas crédible.
C'est une vraie question. Cet aspect distingué est voulu, mais à moi de voir si je suis bien en accord avec moi-même ; j'y réfléchirai.

Citer
L'accord avait été rapidement conclu, renforcé par l'idéale confiance qui animait les deux équipiers.
   Son collègue n'avait pas manqué de rire en entendant les paroles éclairées de Florence.
   S'était alors mis en marche un mouvement déterminant.
   On peut souvent attribuer à la bonne humeur les plus inavouables illusions.
   Les moments où l'on se laisse porter par la simplicité naturelle provoquent occasionnellement l'impensable.
Pourquoi autant revenir à la ligne ?
À ce niveau-là du texte, j'avais besoin d'introduire une rupture dans la narration, revenir à la ligne me semblait être le meilleur moyen de forcer la rupture dans le fil de l'histoire.

Citer
Personne ne pouvait prévoir un tel basculement.
sérieusement ? personne ?
Écoute, je sais qu'il existe un discours qui dit : "Elle aurait dû le deviner, elle aurait pu s'y attendre," mais je suis plutôt du genre à employer des mots déculpabilisant à l'égard des victimes afin de ne pas entrer dans une logique qui me semble dangereuse. Oui, personne ne pouvait prévoir un tel basculement, et on ne peut pas se sentir responsable des crimes qu'un autre commet à notre égard.

Citer
C'était le meilleur moyen de la maintenir en effroi.
Pas sûre que le mot "effroi" soit le bon.
Euh... Un mélange de peur et de stupeur ?

Citer
On avait quitté le dialogue, on était entré dans l'obéissance.
C'est vrai que lorsqu'on viole quelqu'un, on lui tape la discute. :huhu:
Sans commentaire.

Citer
Comment pouvait-elle s'assurer qu'il ne leur raconterait pas tout si elle n'acceptait pas l'invitation au restaurant ?
elle pense qu'il va dire qu'il l'a violée ? Le "tout" est à revoir ou à justifier, pour moi.
Le "tout" évoque la confusion : tout quoi ? De quoi on parle exactement ?
Pour autant, je réfléchirai à ton commentaire, et je réfléchirai à éventuellement revoir la structure de la phrase pour que le sens y soit plus clair (désolé, certains obstacles me paraissent difficile à surmonter immédiatement, je ferai en sorte de retravailler cet effet de style).

Voilà, n'hésite pas à réagir si tu trouves les changements que j'ai apportés insuffisants.

C'est déjà beaucoup.  :bouquine: Je suis toujours très heureux de pouvoir parler de mon texte.
Titre: Re : Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: ernya le 19 Avril 2016 à 21:04:02
merci pour tes réponses, Alan !


Citer
Chaque individu victime d'un viol quel que soit son âge ne peut jamais être tenu pour responsable d'une quelconque faute, quelle que soit la situation.
je suis d'accord avec ça


 
Citer
Le principe d'un texte philosophique est d'ouvrir la parole à différentes sensibilités afin d'autoriser le droit de s'opposer.
il faudrait qu'à l'occasion on ouvre un fil sur le texte philosophique. Je ne rattache pas vraiment ton texte à un texte philosophique mais soit.

Citer
Il n'y a aucune banalisation du viol dans ce texte, ni pour toi, ni pour les autres, et la comparaison qui est faite avec notre mode de consommation revient à questionner avant tout ce qui met en danger les hommes et les femmes que nous sommes.
nous parlons tous deux d'une phrase dans tout le texte. Pour moi, ça relève plus d'un boulet lancé à la mer que d'une vraie ouverture au questionnement

Citer
Même s'il y a un rapprochement entre conformité et crime,
ah bon ? sur quels plans ? en fonction de quel sens du mot "conformité" ?

 
Citer
Un texte qui dénonce la conformité ne peut nullement être dogmatique ;
pour moi ton texte ne "dénonce" pas la conformité, la difficulté que j'ai à te comprendre vient peut-être de là
le portrait que tu traces de l'homme et de la femme sont, pour moi, bien trop succincts pour montrer/illustrer un propos sur la conformité au sens large

 t
Citer
u m'expliqueras comment on peut établir un dogme à partir de principes d'anti-conformité... J'espère d'ailleurs que tu trouveras un Nom à me donner à ce prétendu dogme si ce n'est l'Humain qui s'y distingue.
quand je parlais de "ton dogmatique", je voulais dire "péremptoire" "qui présente des idées comme des vérités générales" (utilisation de présent, de déterminants à portée générique "la" "un")



Citer
Citer
L'existence étant cet étau invalidant, je n'aurai aucun mal à décrire la situation dans son inévitable causalité.
je n'aime pas du tout le ton dogmatique de ton narrateur. Tu présentes ta vision des choses comme une vérité générale, pour moi, ça coince.
En fait, c'est ironique. Là est toute l'étendue du problème. De fait, il est clair que tu n'as pas cerné l'ironie, j'ai donc essayé une formulation plus atténuée :
L'existence semblable à un étau invalidant, je n'aurai sans doute aucun mal à décrire la situation dans son inévitable causalité.
effectivement, je n'ai pas perçu l'ironie. Je ne situe pas bien ton narrateur, en fait. Je ne vois pas bien où il veut en venir, ni ce qu'il défend - s'il défend quelque chose.
Si tu veux qu'on sente l'ironie, peut-être faut-il nous donner plus d'indices ?

Citer
En fait, la "causalité" était ironique (causalité fait penser à conformité) ; cette phrase-ci rétablit le propos réel du texte.
là encore, j'ai un peu de mal à saisir le lien que tu établies entre conformité et causalité (mes cours de philo sont loin, ceci dit). En fait, ça me fait penser aux débats sur le MdE où au bout de 3 pages de débat stérile, on se dit "ah mais c'est parce qu'on n'a pas défini les termes dès le début, du coup, chacun prend le mot dans un sens différent".

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J'ai de nouveau du mal à te suivre, je ne comprends pas la logique de tes phrases, quel est le lien entre la tranquillité, la mesure et le besoin de croyance ?
Le lien ? La normalité : il est "normal" d'être tranquille, mesuré, et d'avoir besoin de croyances.
"normal" pour qui ? pour les dirigeants politiques ? pour les seniors ? pour les jeunes ? pour les journalistes ? pour Nabilla ?



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Personne ne pouvait prévoir un tel basculement.
sérieusement ? personne ?
Écoute, je sais qu'il existe un discours qui dit : "Elle aurait dû le deviner, elle aurait pu s'y attendre," mais je suis plutôt du genre à employer des mots déculpabilisant à l'égard des victimes afin de ne pas entrer dans une logique qui me semble dangereuse. Oui, personne ne pouvait prévoir un tel basculement, et on ne peut pas se sentir responsable des crimes qu'un autre commet à notre égard.
je ne suis pas en train de dire "elle aurait dû s'y attendre, c'est sa faute". Pas du tout. On ne peut être tenu responsable de l'inhumanité des autres. Je trouve juste ça malhonnête de dire "personne". Qu'il y ait eu viol dans cette situation est une chose. Que la situation soit en elle-même fortement connotée sexuellement/sensuellement en est une autre.

J'espère que tu auras d'autres lecteurs pour t'aider à creuser davantage ton texte. Merci pour tes réponses quoi qu'il en soit  ^^
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Invité le 19 Avril 2016 à 21:24:54
J'avais oublié de lire ce texte. J'ai lu un peu rapidement parce que ce n'est pas un thème qui me plait pour des raisons que j'ai déjà évoquées.

Pour les corrections, je n'ai pas remarqué de fautes, mais il faudrait rajouter une espace après les tirets de dialogue.

Le texte est bien écrit et les passages explicites suffisamment détaillés pour comprendre la pulsion de cet homme envers cette femme qui ne se défend pas, venant à accepter ce rapport de force en minimisant les faits, comportement relativement typique des victimes de viols. Pour renforcer le côté pervers, et en me basant sur mon vécu (si ça peut aider), j'aurais changé la phrase de fin par :

J'ai raconté son histoire car elle n'aurait osé la raconter elle-même.

Je trouve que l'impact est plus fort et plus réaliste, mais c'est à toi de décider.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 19 Avril 2016 à 23:07:51
Merci Aïsha, en ce qui concerne la conclusion, la phrase que tu proposes pourrait éventuellement être mal interprétée :
J'ai raconté son histoire car elle n'aurait osé la raconter elle-même. "C'est une femme, elle n'osera jamais !" Bien sûr, il n'y a que les plus malhonnêtes qui tiendraient un tel discours, mais ne pouvant trier mes lecteurs, je préfère ne pas prendre ce risque. (d'où l'emploi du terme "pas sûr")



Alors, ernya, je ne suis pas sûr de bien comprendre ce que tu me reproches. Tu doutes ? Mais c'est bien, le doute ! Ça fait réfléchir un peu... Je me sens obligé de m'indigner. Mon texte ne serait pas philosophique et il aurait des propos péremptoires ? Ne suis-je que l'homme du mensonge et de la pitrerie !? Ou alors tu me détestes... D'abord, je te prierai de me les citer, ces "mauvais propos," afin de savoir de quoi on parle, et ensuite sache que les principes philosophiques que j'élève ont été travaillés pendant de longues années ; dans l'éventualité où nous ne serions pas du même bord philosophique, toi et moi, tu m'obliges à justifier tous les principes que j'avance afin que ce ne soit pas ce travail qui m'a pris des années (j'ai fait des études de philo) qui soit trop vite écarté.

Alors !

La conformité se réfère à quoi ? Que faut-il entendre à travers elle ? Comment pouvons-nous la désigner ? Qui est-elle ? Quel rapport avec les courants philosophiques ?

La conformité vient désigner différentes logiques continues qui sont présentes chez les individus, quasiment par nature, dans le sens où elles n'ont de raison d'être qu'elles-mêmes. Autrement dit, c'est la continuité inarrêtable d'un penchant de l'individu (causalité=cause à effet=déterminisme). Quelques phénomènes propres à la conformité : les préjugés, la paralysie, la fatalité, l'ignorance, l'obsession, l'isolement, etc. C'est l'état automatisé, celui qui réagit toujours de la même manière dans les mêmes conditions. Là où on pourrait parler de l'imitation de l'autre, je parlerai plus précisément de l'imitation de soi-même, comme du prolongement d'un état particulier de l'individu de façon tout à fait irrationnelle.

La conformité vient combler un vide chez l'individu, une incapacité personnelle à répondre à une multiplicité de phénomènes incompris.

On se conforme à "ce qui doit être" selon divers éléments confus : l'étique, l'intuition, les croyances spirituelles, etc.

En cultivant l'être, on éloigne la conformité. La culture des savoirs au-delà de ce que l'on accepterait d'imaginer vrai est un levier qui brise la conformité. "Il faut cultiver son jardin." On en vient à mes références, ça ne te dit rien cette phrase que je viens de citer ? Crois-tu qu'il avait raison d'en parler celui qui en parlait ? Et tu m'as vu citer plusieurs fois l'Humain, ça ne t'a pas parlé ?

Bah ! tiens, en parlant de la causalité et de l'humain, tu me donnes l'occasion de citer Jacques le Fataliste et son maître, tu es adorable :

Citer
  Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.

  Le maître : C’est un grand mot que cela.
  Jacques : Mon capitaine ajoutait que chaque balle qui partait d’un fusil avait son billet.
  Le maître : Et il avait raison... »

Es-tu fataliste ? Penses-tu que tout est lié ?

ernya, étant professeure de français, tu as forcément entendu parler de l'humanisme. Je commence à croire que tu essaies de me déstabiliser, c'est plein de finesse. L'humanisme, c'est le propre par exemple de Montaigne qui a profité de ses périodes d'écriture pour remettre en question toutes les certitudes dont les hommes étaient faits à l'époque.

Crois-tu que Montaigne ait échoué ?

As-tu lu la signature de Milena ? "J'aime mieux forger mon âme que la meubler." Montaigne explique que les savants de son époque passaient leur temps à emmagasiner des informations dont ils ne tiraient que peu de connaissances, telle la confusion qui règne sur le net. J'ai parlé d'une vulgarisation, un peu plus haut ; sais-tu comment est née la première encyclopédie ? Et l'école dans tout ça ? Vois-tu le lien avec un mouvement contre la conformité ? Ne vois-tu pas le lien avec ces principes que l'on retrouve çà et là dans mon texte ? Voici ce que j'en dis :
Et si nous parlions de Rousseau, toi et moi, qui expliquait que le rapport familial qu'il y avait dans la philosophie politique du passé n'avait suffi qu'à ne rien savoir sur le pouvoir ; que cette même méconnaissance était comblée par nombre de préceptes irrationnels et asservissants ; et qu'il fallait se libérer... Se libérer du conditionnement, bien sûr !

Dieu !

Une professeure de français qui ne connaîtrait pas l'humanisme ! C'est peu probable... Quelque chose n'est pas normal, il y a forcément un complot quelque part !! Quelque chose me dit plutôt que tu me fais tourner en rond pour voir s'il y a derrière ces principes que j'ai édifiés une quelconque vérité.

La vérité... vaste sujet !

Eh bien ! oui, sache que je tiens mes informations de source sûre, et que je ne me serais jamais amusé à me faire passer pour ce que je ne suis pas ; j'ai bien étudié la philosophie, et je te serai gré de ne plus remettre en question mes allégations : j'aime la philosophie !!

Ensuite, que tu ne saches pas reconnaître un conte philosophique, c'est une autre histoire, une histoire de culture.

 :huhu:
Titre: Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: ernya le 19 Avril 2016 à 23:53:26
Calme-toi, Alan, je ne suis pas en train de t'attaquer toi personnellement. Je ne parle que de ton texte. Je n'évoque même pas ta culture (mais merci au passage de sous-entendre que je ne connais rien, ça fait toujours plaisir).

Citer
Ne suis-je que l'homme du mensonge et de la pitrerie !? Ou alors tu me détestes...

Je n'ai fait que parler de ton texte, jamais de toi.  Pourquoi mets-tu des sentiments où il n'y a qu'une critique sur un texte ?

Citer
D'abord, je te prierai de me les citer, ces "mauvais propos,"
où ai-je parlé de "mauvais propos" ?  Si tu parles des phrases que JE juge "péremptoires", tu les cites dans ton propre post.

Citer
du même bord philosophique
je ne suis d'aucun bord philosophique

Pour les rapports causalité/ conformité, je relirai Spinoza qui est trop loin dans mes souvenirs mais merci pour tes explications.

Citer
"Il faut cultiver son jardin." On vient à mes références, ça ne te dit rien cette phrase que je viens de citer ? Crois-tu qu'il avait raison d'en parler celui qui en parlait ? Et tu m'as vu citer plusieurs fois l'Humain, ça ne t'a pas parlé ?
quel rapport entre Voltaire et ton texte ?

Citer
Es-tu fataliste ? Penses-tu que tout est lié ?
Non, tu sais, je pense très peu de manière sûre et immuable.

Citer
ernya, étant professeure de français, tu as forcément entendu parler de l'humanisme.
ouaip et je ne vois pas le rapport avec ton texte si par "humanisme", tu renvoies au 16e.

Citer
Crois-tu que Montaigne ait échoué ?
échoué sur quoi ? encore une fois, quel rappprt entre les Essais et ton texte ? Pourquoi cites-tu de grands noms ?

Citer
Ne vois-tu pas le lien avec ces principes que l'on retrouve çà et là dans mon texte ?
en toute honnêteté, non. Mais en même temps, je ne cherche pas à voir Rousseau, Voltaire et Cie dès que je lis un texte.

Je serai franche : j'ai trouvé ta réponse très agressive. Je n'ai jamais évoqué ton métier ni laissé sous-entendre que tu manquais de culture. La seule chose que je me suis permise, c'est de te dire que je tiquais sur le qualificatif "texte philosophique". Je ne comprends pas bien pourquoi cela a suscité une telle fureur chez toi. Ca reste une étiquette, rien de plus, qui, au fond, ne change pas grand-chose à ton texte.

Bien à toi.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Invité le 20 Avril 2016 à 00:09:24
Quelles qu'en soient les raisons, je pense que vous devriez cesser d'imposer votre idéologie car vous êtes totalement à l'opposé et votre débat ne mènera à rien car vos convictions sont complètement à part. Je pense qu'il vaut mieux lâcher du lest pour éviter cette agressivité qui s'éternise. Après, c'est vous qui voyez, je ne fais que passer.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 20 Avril 2016 à 13:49:56
Excuse-moi, ernya, de mettre emporté. Il y a beaucoup de choses à dire sur ce texte, j'y aborde des sujets complexes avec un regard humain, et je ne peux m'empêcher de croire que mon travail est utile à l'intérêt général (au moins pour ne pas finir pendu dans une cave pour déshonneur national). Je souhaitais rappeler que les auteurs du forum postent des textes sur lesquels ils ont travaillé pendant longtemps, ou qui sont l'aboutissement d'un long cheminement ; et qu'il est important de questionner ces auteurs avec une certaine neutralité qui n'aille pas dans le procès d'intention. Dire qu'un texte serait mensonger, voire fondamentaliste, ça ne relève pas du vulgaire commentaire de texte, ça relève de l'accusation grave et conséquente :

Je ne reconnais aucun dogme, si ce n'est la remise en question de la conformité envers un dogme (qui est un principe continu et dont on ne peut pas tirer d'autorité spirituelle).
Je ne souhaite pas tirer profit d'un texte qui irait asservir mes lecteurs à des fins propagandistes dont l'unique intérêt serait ma prise de pouvoir sur les consciences.
Les vérités générales que j'annonce sont peu nombreuses, et même si elles ne sont pas reconnues par tous (car elles ne sont conformes à aucune étique communautaire), elles sont le résultat d'années de travail, et je les assume pleinement (je vais faire une démonstration suite à ces mots).
La lecture de chacun se veut ouverte au dialogue, et invite donc à ce que chaque lecteur rappelle de quoi il parle : je te cite des philosophes humanistes ou des auteurs humanistes qui écrivent des contes philosophiques, car je m'inscris dans leur continuité, et j'aime la philosophie ; et toi, que veut dire le mot philosophie humaniste, pour toi ?
N'ayant écrit ce texte que pour dénoncer la conformité, prétendre que ce ne serait pas mon intention première reviendrait à m'attribuer quelque volonté secrète de tromperie.
Même dans l'idée où je fusse un grand menteur, et que l'humanisme ne fût jamais un courant philosophique, ou qu'il eût disparu récemment, je te prierai de me laisser dans ma folie incontrôlable, au moins par obscurantisme.
Tu ne peux pas nier l'héritage humaniste français sans faire preuve d'obscurantisme, d'où la force de ma réaction.

Ça arrive souvent qu'on soit en désaccord, mais je préfère que nos désaccords se règlent par la discussion et non par la sanction...

Je ne remets pas en question ton rapport à la philosophie mais je veux que tu comprennes la gravité d'une démarche qui viendrait à dire : "cet homme nous ment."
Non, je ne mens pas.
L'école se bat contre les préjugés et contre l'ignorance, moi aussi.
Condamner ma démarche, c'est condamner l'école, et toutes nos institutions, tout notre héritage.

D'abord mes citations "péremptoires," revenons dessus pour une petite démonstration :

Voltaire écrivait des contes philosophiques dont le principe est d'instaurer un état anachronique : il était une fois devient ici commence le malheur de Florence ; les personnages sont peu nombreux et peu caractérisés afin d'englober une généralité (faire le parallèle avec Le Petit Chaperon rouge) ; la morale vient éduquer le lecteur en l'invitant à questionner ces conformités qu'il retrouve au quotidien, c'est la base-même du texte.

Si tu nies le contexte philosophique du texte, tu effaces l'ensemble de ma démarche ; que devient donc mon intention ? La tromperie ? La manipulation ? La terreur ? La propagande ? Il faut bien que j'aie eu une intention pour écrire ce texte... Si ce n'est pas la morale humaniste ? Quelle est mon intention, selon toi ?

Voilà, si tu n'aimes pas les contes, c'était une bonne raison pour venir m'ennuyer, mais j'espère que tu comprendras que j'aime trop mon travail pour entendre dire qu'il ne serait ni humaniste ni philosophique (ni même littéraire ?).
Titre: Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: ernya le 20 Avril 2016 à 14:25:17
Je reviens juste sur deux petites choses pour être sûre de quitter le débat en laissant les choses claires pour toi.

Citer
Dire qu'un texte serait mensonger, voire fondamentaliste, ça ne relève pas du vulgaire commentaire de texte, ça relève de l'accusation grave et conséquente :
je suis d'accord avec ça et je n'ai jamais dit que ton texte était mensonger

Citer
et toi, que veut dire le mot philosophie humaniste, pour toi ?
à vrai dire, pas grand chose de clair et net. Le sujet est intéressant et on pourra en reparler ensemble si tu veux mais le faire ici nous éloignerait trop de ton texte  ;)

Citer
N'ayant écrit ce texte que pour dénoncer la conformité, prétendre que ce ne serait pas mon intention première reviendrait à m'attribuer quelque volonté secrète de tromperie.
je ne prétends pas que ce n'est pas ton intention ! sérieusement, Alan, si je m'efforce de mettre des "pour moi", "je pense", c'est justement pour rappeler que je ne fais qu'énoncer un avis subjectif et imparfait. Encore une fois, ce n'est pas parce que JE trouve que texte n'est pas si philosophique que ça que ce n'est pas ce que TU voulais faire. La lecture faite par un lecteur ne remplace pas et ne nie pas l'intention de l'auteur. Ce sont deux choses différentes. Je ne t'accuse de rien.

Citer
Tu ne peux pas nier l'héritage humaniste français sans faire preuve d'obscurantisme, d'où la force de ma réaction.
je n'ai jamais nié l'héritage humaniste français dans mes post  :o
J'ai toujours parler de ton texte à toi, pas de "l'héritage humaniste français" en général

Citer
Je ne remets pas en question ton rapport à la philosophie mais je veux que tu comprennes la gravité d'une démarche qui viendrait à dire : "cet homme nous ment."
sauf que je n'ai jamais accusé de mensonge, Alan. C'est ton interprétation de mon post.

Citer
Condamner ma démarche, c'est condamner l'école, et toutes nos institutions, tout notre héritage.
Je ne suis pas d'accord avec ça mais passons. Tu sais, j'ai une piètre estime de moi-même et j'ai tendance à me dire que je ne sers pas à grand-chose dans cet univers.

Citer
Si tu nies le contexte philosophique du texte, tu effaces l'ensemble de ma démarche ; que devient donc mon intention ? La tromperie ? La manipulation ? La terreur ? La propagande ? Il faut bien que j'aie eu une intention pour écrire ce texte... Si ce n'est pas la morale humaniste ? Quelle est mon intention, selon toi ?
ben ton intention, tu l'as bien expliquée, sauf que personnellement, je n'ai pas l'impression que tu es vraiment réussi ce que tu voulais faire. Voltaire et Diderot ont développé leurs propos en bien plus de lignes que toi. Maintenant le fait je ne sois pas convaincue de l'efficacité de ton texte (moi, ernya, simple membre, imparfaite, un avis parmi tant d'autres) ne fait pas de toi un menteur.

Citer
Voilà, si tu n'aimes pas les contes,

il est vrai que je n'apprécie guère Voltaire mais j'aime bien les contes (Voltaire n'étant qu'un auteur parmi tant d'autres de contes)

Bref, je pense que nous avons deux façons très différentes de voir le monde et notre place dans le monde. Ce n'est pas grave. On peut en rediscuter par MP si tu veux. J'en resterai là pour te laisser avoir des commentaires sur ton texte. Je voulais juste t'affirmer noir sur blanc que je ne t'accuse en rien de tromperie ou de mensonge. Je n'ai fait que commenter ton texte, mal m'en a pris.

Bien à toi.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 20 Avril 2016 à 17:26:32
Merci à toi, pour ton message, je suis rassuré de m'apercevoir qu'on s'est mal compris. Je désespérais trop qu'on ouvre un sujet sur le thème "Alan écrit-il des contes philosophiques ?" ça m'aurait trop hanté. Je préfère me dire que c'est une petite maladresse dans mon texte et que je trouverai un jour ou l'autre un bon moyen de la réparer. Tu ne servirais pas à grand chose dans cet univers ? Tu m'auras au moins permis de comprendre qu'il y a un long travail d'échange à faire entre nous tous pour nous rapprocher les uns des autres, et ta lecture m'aura permis de m'apercevoir que j'ai encore un long travail à faire pour que mes espoirs aboutissent. Nous avons tous besoin les uns des autres pour penser autrement.

Aujourd'hui, nous sommes dans une période où l'on perd ses repères et on se trompe vite dans ce qu'on croit comprendre ; l'écriture est plus que jamais l'outil qui nous permettra à chacun et à chacune de mieux exprimer nos doutes et nos désirs, de redonner à chacun les repères dont il aura besoin.

Il pourrait arriver sur ce forum une propagande, d'où qu'elle vienne, qui tende à asservir les esprits, comme des incantations tyranniques ; dans un tel cas, nous savons que nous pourrons compter sur toi pour casser la propagande, car il faut dire que tu as un esprit critique acéré et ravageur ! C'est donc une qualité.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Navilys le 20 Avril 2016 à 19:36:48
Bonjour Alan Tréard,
cela fait un petit moment que je t'ai pas lu. Je viens donc commenter ton texte - j'ai lu les commentaires précédents mais il est possible que je répète l'un ou l'autre: toutes mes excuses en ce cas.
Tout d'abord des remarques au fil de l'eau (en gras):
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Bon j'ai raconté sur les détails l'essentiel de ce que j'ai à dire sur le texte. Il évoque des thèmes intéressants, mais je pense qu'il gagnerait beaucoup à être développé, en particulier en ce qui concerne la personnalité, l'histoire et le ressenti de Florence. Le peu que tu en racontes peine je trouve à lui donner l'épaisseur dont tu aurais besoin pour vraiment montrer la construction de la conformité chez l'humain.
Pour ce qui me concerne, je trouve que la consommation fait appel à un autre mécanisme pour construire la conformité; c'est également un sujet intéressant, mais je ne trouve pas que ça découle de la même origine, et donc je ne pense pas que la libération de cette conformité se fonde sur la même chose.
Je m'explique: pour moi c'est essentiellement par paresse de connaître que la conformité s'installe dans nos modes de consommation. La guérison passe donc par la curiosité: sur la manière dont les produits sont faits, sur leurs avantages réels et sur le coût raisonné qu'ils peuvent avoir.
Pour Florence, c'est beaucoup plus compliqué: on part de quelqu'un qui n'a pas grande confiance ni estime de soi au départ. Je ne suis pas psychologue, mais je pense que le remède passe par une plus grande affirmation de soi (c'est-à-dire poser des choix et les respecter: c'est la base de l'estime et de la confiance, je pense? Idéalement le premier choix serait d'aller balancer son collègue à la police, mais ce peut être trop difficile pour un début). Plus simple à dire qu'à faire, c'est clair.

En tout cas merci pour ton texte qui pose plein de questions. Bon courage pour le retravailler et l'améliorer encore!   
Titre: Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 21 Avril 2016 à 15:45:13
Alors, alors,

 :bouquine:

J'ai eu de nombreux commentaires sur ce texte, et ils me permettent effectivement de cerner les forces du texte et ses faiblesses, merci à tous.

 :guillaume:

Navilys, il y a un mot que je ne t'ai pas entendu prononcer, peut-être par malaise, et qui pourtant renvoie au cœur même du texte : la servitude. N'existe-t-il pas de pauvres citoyens qui, se laissant berner par des discours malhonnêtes, seraient prêts à mourir pour une cause qui n'existe pas vraiment ? N'y a-t-il pas des serviteurs de l'illusion qui agiraient n'importe comment sans ne jamais douter de rien ? La conformité et la servitude sont deux choses distinctes, et on ne peut pas les confondre.

Je vais donc revenir sur ton commentaire en distinguant la servitude d'un côté et la conformité de l'autre.

Ce texte parle d'abord de conformité, mais il passe par la dénonciation d'une situation d'asservissement dans laquelle une personne ne fait plus valoir ses droits, au profit d'une obéissance exagérée. Il y a une rupture entre l'individu libre qui aspire à un état de Droit, et l'individu obéissant qui oublie la nécessaire émancipation. La servitude existe, et certaines pressions psychologiques permettent de mettre en place une domination odieuse. Heureusement, pour sortir de ce genre de situation, il suffit de sortir de l'emprise spirituelle et de se libérer selon ses droits, voire de porter plainte. Nous avons, en France, tous les moyens utiles à l'activité indépendante de chacun. C'est la raison pour laquelle je pose la question des mécanismes qui sont employés pour mettre en place une emprise spirituelle et morale, et pour laquelle je constate que les différents mécanismes s'adaptent sans cesse au conditionnement de la victime. Si cette même victime ne travaillait pas, s'affirmait sans cesse et pouvait compter sur des amis solidaires, elle serait tout autant soumise aux risques de la vie, qui font que nous risquons continuellement le pire.

C'est la raison pour laquelle il n'existe dans ce texte aucune morale aspirant à conditionner les femmes à ce qu'elles se "protègent" du viol en respectant quelque norme abêtissant.

La curiosité, telle que tu la décris, est une bonne opportunité pour casser la conformité, tout comme la culture qui sont des éléments de la construction de l'individu dans ce qu'il a de plus libre.

Je trouve la formulation maladroite: le pronom "son" me renvoie naturellement à Florence, mais du coup ça n'a aucun sens. C'est donc à malheur qu'il convient de le rattacher, ce qui n'est pas évident. Je trouve que ça gagnerait à être reformulé pour supprimer l'ambigüité
C'est un effet de style qui permet une double lecture : certains ne comprennent pas la simplicité du nom de Florence tandis que d'autres ne comprennent pas pourquoi le malheur se nommerait Florence. Y a-t-il véritablement une réponse à cette question ? Une chose est sûre, le questionnement que cela provoque chez le lecteur introduit parfaitement la dimension métaphysique du texte.

Là aussi j'ai du mal à faire le lien entre la proposition avant et après la virgule. Le "sans doute" évoque pour moi une relation de conséquence par rapport à la première proposition, relation que je ne comprend pas directement?
Oui, ernya m'a fait la remarque, je retravaillerai la phrase. Je dois encore affirmer ce lien entre "causalité" et "créativité" dans ce qu'il a de plus absurde. Je désigne ici ceux qui pensent que le désespoir et la fatalité sont les seules réponses à la vie, et je leur réponds : si tout est aussi figé, il ne devrait pas m'être difficile d'écrire cette histoire... or tout n'est pas lié, et il m'a donc été très difficile d'écrire cette histoire.

La c'est plutôt une remarque de goût personnel, tu en fais ce que tu voudras, sur le couple comme/tel. "Tel" m'évoque plus une apparence, "comme" une ressemblance plus abstraite ou de l'ordre de la catégorie; du coup j'aurais plutôt mis comme ici.
J'ai changé la formule selon ta proposition.

Elle ne cherchait pas à échapper aux problèmes, elle les comprenait comme il fallait.
Là j'ai une remarque qui porte plutôt sur le fond: ça reste très flou sans exemple ou mise en situation et du coup ça marque moins le lecteur.
changement►Elle avait chaque instant un peu plus de considération pour les différents problèmes de sa vie, et elle avait toujours de bonnes raisons de trouver les bonnes solutions.

J'ai là aussi un problème: tout engagement suppose l'exposition à la déception. Faire un choix de vie, c'est risquer de le regretter. La seule manière d'éviter la déception c'est de rester distant, or je n'ai pas l'impression que c'est ce que tu entends par là (puisque tu parles de "chaque instant", cela suppose qu'elle est plutôt trop active dans son boulot, non?). Ou est-elle engagée à fond dans son boulot plus par peur de déplaire que par goût? On a déjà l'impression qu'elle est abattue et survit plutôt que vit, à travers ces quelques lignes.
On fait ce qu'on peut pour être heureux, même si ça demande beaucoup d'efforts... C'est normal, non ?

Ca confirme le point précédent: c'est une question àquoiboniste, typique de quelqu'un de déprimé
Tout le principe du texte est là : questionner le déterminisme, l'idée selon laquelle la causalité règnerait en maîtresse, la fatalité. Comme s'il y avait un lien constant entre les choix que l'on prend et les obstacles que l'on rencontre, j'introduis là une norme irrationnelle. Ces mots-là caricaturent l'individu piégé par la conformité avant même de rencontrer le danger.

Ce qui est étonnant c'est qu'il n'y est pas décrit le moindre centre d'intérêt de Florence. A l'évidence, son métier n'est pas une passion, il est davantage un gagne-pain. Mais cela n'exclut pas une passion pour quelque chose ou quelqu'un. On a l'impression de quelqu'un de vide ici, je ne sais pas si c'est ton but, mais sans contexte c'est difficile à comprendre. Est-elle en position de faiblesse à cause d'un évènement particulier (deuil ou autre), est-elle dépressive chronique, pourquoi est-elle absolument seule (les célibataires ont généralement un réseau d'amis avec lesquels ils trompent la solitude justement, et ils bougent en général plus que les couples qui ont des contraintes supplémentaires, surtout lorsqu'ils ont des gamins)?
Florence est conforme.

Je ne comprend pas. Le nécessaire pour quoi faire?
Ici, j'ai voulu introduire une rupture. Il est essentiel de rythmer la narration selon l'évolution du propos. J'ai voulu provoquer cette même question que tu me poses toi-même pour interroger le lecteur :"Le nécessaire pour quoi faire ?"

"Tirer profit" me fait bugger: ça fait très langage commercial pour un échange de services. Profiter me ferait moins tiquer.   
Oui, mais je veux bien signaler qu'ils n'ont pas quitté les normes professionnelles qui sont conformes.

Même remarque: autant "marché conclu!" ne me gène pas car c'est une formule toute faite, autant parler d'accord conclu me paraît excessivement formel, à la limite du contrat écrit.
C'est conforme.

J'appuie un peu mes remarques précédentes: la simplicité naturelle s'accorde à mon avis mieux d'un langage lui aussi simple et moins formel.   
Dans chaque métier, il existe un jargon ; à t'entendre parler, je devine que tu n'es pas passé par une école de commerce.

C'est assez elliptique comme description, peut-être par pudeur? Mais c'est vrai que du coup on a du mal à comprendre ce qu'il se passe. On a l'impression qu'elle est très passive, pourquoi ne réagit-elle pas?Et on n'a toujours aucun accès à ce que pensent les personnages. Il faudrait peut-être revenir davantage sur la relation particulière que les deux personnages entretenaient auparavant pour mieux saisir.
Je n'ai pas trop développé pour que le texte lui-même ne devienne pas un "manuel du viol" dont les criminels pourraient se servir pour apprendre à torturer leurs victimes. Tu sais, un violeur aurait pu s'emparer de mon texte pour reproduire les différentes méthodes de domination que j'eusse énoncées ; il ne faut pas prendre ce risque. Ceci est un conte, pas un manuel de torture.

Bon, tu réponds partiellement à ma question. C'est parce qu'elle est stupéfaite qu'elle ne réagit pas, parce que l'inhabituel choque et paralyse. Pour être franc je ne souscris pas entièrement à cette analyse. Face à l'inhabituel, il y a ceux que ça paralyse, ceux que ça fait paniquer, ceux qui arrivent à garder leur calme. J'ai vu des personnes qui pourtant n'avaient pas grande confiance en elles se révéler absolument géniales lors d'une crise à gérer. Parce que dans l'urgence, bien des freins tombent aussi. Maintenant, je pense que ça a aussi à voir avec le caractère planificateur versus improvisateur de la personne, et je comprend bien que Florence, qui m'a l'air d'être plutôt dans la planification, soit particulièrement vulnérable à l'imprévu. Mais le collègue a soigneusement choisi sa cible, ça ne fonctionnerait pas si Florence avait un caractère différent, et je trouve que ça ne ressort pas assez du texte. Florence est vulnérable à cette soumission parce qu'elle n'est pas bien dans sa peau, qu'elle manque de confiance et qu'elle est naturellement dans l'anticipation.
De même la position de l'agresseur est ici claire: il fait ce qu'il a décidé, sciemment. Mais dans les mécanisme de soumission, il y a aussi de l'inconscient souvent, la répétition de mécanismes enregistrés, de "jeux" psychologiques. Le film "Oui, mais..." en parle très bien: dans les problèmes de harcèlement, c'est d'ailleurs souvent une grande partie de la question. Mais bon, ça dépasse probablement de ce que tu veux raconter ici.
Il n'est pas question de ne parler que d'un type de manipulation selon un seul type de victime, je parle au contraire des actes criminels et de la force qu'ils tirent de la conformité de chacun. Moins le conte est universel, plus il est dérisoire. C'est le criminel qui s'est adapté aux normes de la victime ; et non les normes de la victime qui la rendent faible ; si la victime avait modifié ses normes, le criminel aurait adapté sa stratégie.

L'air triste de Florence est mentionné pour la première fois: le collègue a bien compris les points faibles de Florence qu'il exploite: fais-les ressortir davantage, cela dessert ton récit de ne pas les montrer. Ce qu'il y a aussi ici, plus que de l'effroi c'est qu'il lui propose une alternative à son comportement, genre "attend t'as pas compris c'était de la compassion". Si elle n'est pas entrée dans la révolte, il lui donne un autre échappatoire, une autre clé de compréhension des faits sur laquelle elle peut se raccrocher, à défaut de révolte. C'est déjà l'obéissance qui entre en action.
Et si elle avait été de nature joyeuse et expressive, il lui aurait trouvé d'autres mots, comme par exemple :
"Tu sais, la vie, ce n'est pas que du réconfort et de la joie... il y a aussi parfois quelques déceptions... tu dois apprendre à accepter la frustration... la vie, ce n'est pas le pays des bisounours !"

C'est un des points sur lesquels j'achoppe: si j'ai compris Florence comme peu intéressée par son boulot en soi, l'intégration dans son boulot à proprement parler ne devrait pas compter tant que cela. C'est probablement le début du récit sur lequel j'ai loupé quelque chose, mais le rapport de Florence à son boulot n'est pas clair. La question qu'elle semble se poser c'est plus "à quel prix" que quand ou comment, j'ai l'impression.
Mon cher Navilys, la servitude ne s'explique pas à coup de calculs ; il y a derrière ces questions irrationnelles une incapacité mentale à comprendre l'événement tel qu'il se déroule : le crime.

Là aussi, ça va trop vite à mon goût. Autant la surprise joue sur le moment, autant elle s'est bien aperçue du problème après coup, d'après ce que tu en racontes. S'installer chez lui? Comment accepter ça si facilement? Tu ne développes pas assez je trouve, et c'est dommage, parce que c'est le but même de ton texte de montrer comment l'inacceptable peut être accepté ou toléré.
La servitude favorise les facilités, on appelle ça l'obéissance. Aller expliquer l'obéissance autrement que par la conformité, c'est obéir. La servitude est un bien triste phénomène qui produit les bien plus malheureuses capitulations.

Même chose que précédemment; les collègues, qui ont souscrit à un mensonge, ne tolèrerait pas un kidnapping. Dans ce "ramenée du travail", il y a quelque chose à dire sur le ressenti de Florence.
"les collègues, qui ont souscrit à un mensonge, ne tolèrerait pas un kidnapping." Tu connais ses collègues ?  :???: N'hésite pas à me les présenter, j'en serai très heureux.

C'est justement ça qu'il faudrait montrer, comment est-elle conditionnée si vite? On a l'impression qu'elle le devient instantanément dans ton récit. Cela prend du temps en réalité, qu'est-ce qu'il se passe pour qu'elle se retrouve conditionnée (se laisser emmener chez lui, amener en voiture, relève déjà du conditionnement je trouve. Est-ce qu'il y en avait une habitude entre eux auparavant pour que cela soit si rapide?
Alors,
Sache que ce texte est lu par des lecteurs d'origines différentes. Ceux et celles qui sont victimes de manipulations criminelles n'ont jamais à être culpabilisés même s'ils se sont rapidement laissés prendre au jeu. Je condamne ce genre de discours, et je rappelle que seul le criminel est responsable de ses actes. Il ne s'agit pas de faire une distinction entre "ceux qui sont forts" et "ceux qui sont faibles" car je crois moi-même que le danger guette chacun et chacune, et que chacun et chacune peut se trouver pris au piège d'une affreuse machination, quelque soit son rang.

Je trouve le rapprochement un peu hasardeux: pour ce qui est du mode de consommation, il s'agit avant tout d'une paresse à se renseigner. C'est ce qui explique la place prépondérante de la pub dans nos sociétés: la paresse à chercher ce qu'il en est vraiment, qui donne à la représentation via la pub autant de puissance d'impact. C'est d'ailleurs aussi cette paresse à se renseigner qui permet le développement de conditions de travail et de gâchis monstrueux: la seule chose qu'on voit, sans prendre le temps de se renseigner, c'est le prix et la fonction d'un produit.
Je ne crois pas qu'il ressorte de la paresse de l'attitude de Florence, peut-être de la fatalité ou du désespoir, mais de la paresse?
La fatalité et le désespoir sont un mal qui ronge l'ensemble de notre société dans ce qu'ils ont de plus destructeur. Sortir de la conformité, c'est se préparer au danger et l'accepter dans ce qu'il a de plus invraisemblable. La publicité est un moyen de communication avant d'être un outil pour les marques ; tous les moyens de communication sont visés à travers ce texte, et tous les modes de consommation, y compris l'Université qui est un prescripteur puissant.

Et je dis : attention à ne pas être trop souvent conforme à ces normes que l'on nous conseille, car elles sont le piège qui se renferme sur nous peu à peu et nous amène lentement vers la servitude.

Je ne remarque cela que maintenant. Si tu vas vite sur certains passages, est-ce parce que tu cherches à protéger la vie de quelqu'un? Si oui et que tu as pris la peine de changer le nom, je pense quand même qu'il est important de détailler ce mécanisme de subordination, car c'est au fond ce qui sera le plus utile à tes lecteurs.
Déjà, je te remercie de ne pas décider de ce qui sera utile à mes lecteurs toi-même. J'ai une liberté d'écrire qui ne peut m'être enlevée en aucun cas, et ce que j'offre à mes lecteurs leur donne à chaque instant un peu plus de libertés. Ensuite, le principe du conte est de viser une portée universaliste qui permet à chacun de projeter sa propre personne sur le modèle qui lui est proposé.
La victime du viol ne peut être identifiée en aucun cas comme ayant désobéi à une norme, ce serait amener de nouveaux individus à se conditionner à la servitude.
Vois-tu le nombre de lectures que j'ai pu recueillir ? Tu n'es pas le seul à avoir commenté ce texte ! Ce sont différents individus dont la lecture a fondamentalement changé en fonction de leur propre expérience ; dans un telle constitution, détailler, c'est exclure... Je préfère garder l'origine même du texte, son intention première : le conte philosophique.

Le peu que tu en racontes peine je trouve à lui donner l'épaisseur dont tu aurais besoin pour vraiment montrer la construction de la conformité chez l'humain.
Il n'existe aucune construction de la conformité chez l'humain, se phénomène irrationnel ne bénéficie d'aucune structure logique significative : tout est déraisonné en la conformité.

Pour Florence, c'est beaucoup plus compliqué: on part de quelqu'un qui n'a pas grande confiance ni estime de soi au départ. Je ne suis pas psychologue, mais je pense que le remède passe par une plus grande affirmation de soi (c'est-à-dire poser des choix et les respecter: c'est la base de l'estime et de la confiance, je pense? Idéalement le premier choix serait d'aller balancer son collègue à la police, mais ce peut être trop difficile pour un début). Plus simple à dire qu'à faire, c'est clair.
De retour à la case départ... Je suis content que mon texte t'ait fait découvrir la servitude, Navilys, ce sera pour toi un bon point de départ pour comprendre que certaines paroles données par certains individus ne sont que le reflet de leur obéissance. La vie n'est pas une histoire de cases, elle se déroule différemment à chaque fois. Et tout n'est pas libre, malheureusement, il existe une soumission qu'il faut transformer. Cette parole de la servitude, elle a besoin d'être libérée ; mais il n'existe aucun remède universel ; il n'existe que des remèdes particuliers que chacun doit savoir élever en dehors de toute conformité.

Poser des choix et respecter pourraient être édifiés sur le même principe que Fidélité et Servir... La liberté se revendique autrement.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Navilys le 22 Avril 2016 à 11:12:43
Mon cher Alan Tréard,
c'est avec un agacement certain que je prend la plume (ou plutôt mon clavier) pour te répondre.

Je reviendrai dans un deuxième temps sur les remarques de détail, je profite de cette introduction pour te donner mon ressenti tout de go: j'ai l'impression d'être souvent critiqué non sur ce que j'écris, mais sur l'interprétation que tu t'en proposes. J'ai également l'impression d'être pris pour un imbécile: penses-tu vraiment que je découvre avec toi le mot servitude?
J'ai trouvé que tu te drapes trop facilement dans ta liberté d'auteur (ce n'est pas la première fois que tu me l'écris) pour justifier du fait que je ne devrais pas donner d'avis : ma liberté de lecteur est de savoir quand je ne suis pas d'accord ou que je trouve que quelque chose n'est pas clair, ma liberté de commentateur est de le dire, et je prends du temps pour ce faire: je serais donc heureux d'être considéré avec bienveillance et non insulté, même si j'ai le malheur de ne pas partager ton avis.

Mes réponses à la volée. Certaines remarques, j'ai trouvé, étaient franchement déplacées. Je ne répondrai pas aimablement.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 22 Avril 2016 à 22:34:33
Navilys,

Ne te sens pas attaqué par mes réponses, car je ne compte pas te laisser en plan sans explication. Notre dialogue est utile à l'un comme à l'autre, nous en avons tous les deux besoin. Il est probable que nous ne soyons pas d'accord sur mon texte, or, comme tu le devines, je garderai la liberté de trancher à la fin du dialogue afin de garder la main sur mon texte.

Cette réponse que tu m'apportes me paraît beaucoup plus claire et mieux argumentée que la première qui me donnait l'impression que nous ne nous comprenions pas. Là, je vois clairement notre différence à l'un et à l'autre. Après une longue étude de commentaire, je crois pouvoir penser que tu te revendiques d'un certain courant philosophique que je nommerai ainsi : le formalisme.

Le formalisme, ou ce qui doit être comme cela doit être comme cela.

Bon, blague à part, je vais essayer de répondre le plus sérieusement possible à ton commentaire afin que tu puisses rebondir sur les différents principes que j'énonce, c'est toujours un bon élément en plus pour mon travail d'auteur qui n'est pas de refus.

Je le redis plus tard, mais à trop chercher l'universalité, tu ne dis plus grand chose à mon avis.
Tu fais preuve d'un anti-universalisme frustrant !

 :bouquine:

Je dois dire que l'intention-même du texte est d'aller chercher des principes philosophiques ouverts qui viendront casser la conformité en lui donnant une scène sur laquelle se produire avec pudeur et force.

d'ailleurs si tu veux être entièrement sûr de ne pas provoquer d'idée criminelle, ne devrais-tu pas bannir la pensée même d'écrire au sujet d'un viol?
Je refuse de donner des consignes pour manipuler ses victimes ; ma démarche est honnête et permet au lecteur d'en savoir suffisamment pour faire un mouvement de libération, et donc de sécurité.

Les lecteurs n'ont pas besoin d'en savoir plus pour comprendre que les normes qu'on leur prescrit sont potentiellement dangereuses, et qu'il faut donc en douter.

Ce n'est pas en donnant des détails sur l'état d'esprit d'un pervers criminel qui, de toute façon, est dérangé et ne pense clairement pas de manière construite, ce n'est pas en exaltant sa cruauté que j'apporterai de la liberté. Aussi faut-il rappeler que les criminels, en entravant la liberté de leurs concitoyens, mettent à mal la liberté de tous, et donc condamnent leur propre liberté. Au bout du compte, il ne reste plus qu'un état d'asservissement général qui n'offre à aucun les droits dont il a besoin.

Les lois permettent de rétablir l'équilibre.

Ainsi, le viol n'est pas un cancer, c'est un crime. En ne partant pas de cette même considération, évidemment, on ne comprend pas en quoi le conte offre une protection. Le crime doit être condamné par tous, contrairement au cancer qui n'est pas condamnable en soi.

Que ce soit le traité de La Boétie -Le discours de la servitude volontaire- sur la domination politique ou des études de psychologie sur par exemple le syndrome de Stockholm quant aux relations persécuteur-persécuté, une relation de pouvoir s'établit en général à deux, le soumis et celui qui impose sa volonté.
Je répète ici qu'aucune victime n'établit de relation de pouvoir, qu'on ne peut en aucun cas reprocher à la victime d'un viol une quelconque collaboration avec le criminel, et que toute victime est en droit de porter plainte pour défendre ses libertés.

Depuis La Boétie, il y a eu Rousseau et sa liberté, depuis il y a eu l'abolition de l'esclavage ; et il nous reste maintenant encore un long chemin à parcourir pour défendre l'égalité des droits et la stricte application de la loi qui interdit le viol. De cette servitude originelle on est sorti, à cette servitude originelle on pourrait retourner en ne considérant pas la valeur du Droit.

En ce qui concerne le syndrome de Stockholm, ce n'est pas une référence recevable au regard de notre sujet qui ne concerne en rien la théorie psychanalytique. Entre la parole individuelle et la métaphysique universaliste, il faut choisir.

En ce qui concerne l'obéissance "magique" de la victime, disons que j'aime la magie. Ce n'est pas un peu d'ouverture d'esprit qui nous ennuiera !

Bon, ce que je peux répondre vis à vis de tes hypothèses sur la servitude volontaire, le cancer et mon illégitimité, il est clair que nous avons quitté le sujet de la conformité et de ce en quoi celle-ci influe dans le rôle de l'obéissant. La conformité tient une place essentielle dans la mise en place de la servitude. Si tu me parles de servitude, je peux te répondre que les préjugés et le désespoir sont des facteurs d'asservissement, tout comme l'ignorance et l'isolement ; tous ces facteurs sont eux-mêmes des termes qui désignent l'irresponsabilité. Le reste, la particularité d'une situation, je m'en vais lui redonner son statut de circonstance. Lorsqu'une femme a passé sa vie à respecter la loi et qu'elle se trouve un jour ou l'autre prise dans les chaînes de l'asservissement, elle ne peut en rien être considérée comme portant une quelconque responsabilité. Face à ces faits, tu m'opposes un avis subjectif qui se mélange de "selon moi" et de "à mon sens" ; je ne suis pas surpris que nous ne puissions nous entendre, car l'un parle de principes universels quand l'autre parle d'avis subjectifs : nous parlons un langage différent, toi et moi.

(mais je serai ravi d'entendre ta conception)
La philo, c'est quoi ? Où commence la pensée métaphysique ? La philo, c'est aborder des concepts majeurs qui régulent l'humain, travailler sur les mots et non sur les exemples... La philosophie porte la pensée au-delà de ce qu'elle entend, la renvoyant sans cesse à ses propres limites. Le regard métaphysique se porte au-delà de ce que peut voir l'homme, il désigne une immensité difficile à contenir ; d'où les principes édifiés les uns après les autres pour renforcer la compréhension des termes. Ces principes manquent de précision ? Très bien, c'est justement le propre de l'universalité. J'énonce des normes sociales habituelles : le professionnalisme, le travail d'équipe, la mesure, le consentement, l'implication ; et j'y glisse un concept fondateur : la conformité. C'est d'être conforme à ces normes que désigne le conte. Libre à moi de reproduire ce qu'a fait Voltaire (merci à toi pour la comparaison, en passant) dans une continuité humaniste pour m'attaquer à des croyances populaires qui me paraissent pleines de n'importe quoi. Je fais tomber les certitudes, je les déloge méticuleusement. Voltaire s'en prenait à Leibniz, moi je m'en prends à l'étique populaire dans ce qu'elle a d'asservissant. Voici quel est mon travail d'auteur. Le conte, en lui-même, n'oblige personne à détailler, à conformer ses personnages, ça reste une lecture subjective. Les codes du conte sont l'anachronisme, la morale, la singularité des personnages et la narration conséquente (principe-conséquence). J'aurais même pu introduire une petite fée qui vienne à la rencontre de Florence pour lui apporter son aide... alors en ce qui concerne l'aspect "caricatural" du méchant, propre au conte, je ne peux que rester en accord avec moi-même.

Je trouve donc dans le texte la position qui consiste à dire: "ce n'est pas sa responsabilité, elle est simple victime", proprement indigne et révoltant, puisque cela revient à traiter Florence comme un objet incapable d'action. "Ce n'est pas de sa faute" me convient tout à fait, ce qui lui tombe dessus n'est en rien de sa faute. "Ce n'est pas sa responsabilité" ôte à Florence toute action et la consacre comme impuissante: c'est faux, sa responsabilité est de se révolter. Il est important de bien séparer faute et responsabilité.
Je ne peux pas accepter de tels propos, aucune victime ne peut être tenue pour responsable du crime ; c'est contraire à toute forme de justice.

La formulation (que je sais ironique) que tu choisis laisse supposer que tu abdiques ton rôle d'auteur puisque tu me laisses la main pour les présenter. Je préfèrerais beaucoup que tu le fasses, en prenant à bras le corps ce rôle d'auteur que tu t'es donné.
Je ne me donne aucun rôle, ce sont mes lecteurs (merci aussi à toi) qui me donnent un rôle que j'accepte.

C'est important de te répondre, c'est pour cela que j'en prends le temps.

Je citais les pubs dans mon message; pourquoi penses-tu que les entreprises investiraient si rien n'était compréhensible de la construction d'une conformité? On pourrait ajouter à cela les mécanismes de propagande des états totalitaire, les discours des sectes qui promettent un paradis sur terre, les conditionnements de l'enfance... Il existe de nombreuses constructions de la conformité (d'ailleurs pas que des choses négatives: le langage doit être conforme pour être compréhensible, la politesse suppose une certaine conformité à des règles usuelles, la loi suppose une conformité pour signifier une réalité pratique...), et mon avis (je dis mon avis, mais cela regroupe des phénomènes tellement connus et quotidiens que je me demande comment tu pourrais passer à côté) est que cela manque à ton récit comme argument, que tu le veuilles ou non.
Le sujet du texte n'étant pas l'application de la loi par un organisme de contrôle, la conformité ne désigne que toute force normative prétendument supérieure à la loi, ce qui n'est pas acceptable. Ce que tu appelles "construction d'une conformité" évoque des éléments confus, changeants, indiscernables et incompréhensibles ; plutôt que "construction" j'emploierai le terme accumulation : on peut effectivement nommer des accumulations de conformités. En revanche, en ce qui concerne ceux qui se conforment à la loi, ils ne font qu'aspirer à la liberté, or cette même loi ne leur dit en rien comment penser ni à qui obéir. Et toi, comment penses-tu qu'il serait conforme que Florence pense ? À qui devrait-elle obéir selon toi ?

Est-elle conforme à ce qu'on attend d'elle ?

Sache qu'il existe une liberté, et que celle-ci a tout le mérite d'être revendiquée ; c'est toute la portée philosophique de ce conte. Ainsi, il n'y a de constructivité que dans l'émancipation de l'individu face à une obéissance qui l'emprisonne.

Quant à la justification que Florence est conforme (c'est l'expression telle quelle que tu as utilisée), navré mais ça ne veut rien dire. Conforme à quoi (l'étymologie de conforme nous apprendrait que ça partage une forme, mais une forme avec quoi?)? A son boulot, à ce qu'elle a appris dans sa famille étant petite, à son quartier, à son milieu social, à son appartenance politique, ou autres? La liste est longue de choses auxquelles on est conforme, et elles se battent entre elles ces conformités: laquelle prendra le dessus? Alors parler de LA conformité n'a pas grand sens, ça donne juste à penser Florence comme une machine vide, sans histoire, sans ressenti, sans épaisseur, en un mot sans réalité.
Florence est conforme à elle-même.

La chaîne qu'elle ne comprend pas, c'est celle qui correspond à elle-même, telle une logique immuable.

Comme une répétition de soi à l'infini... une affreuse fatalité...

Citer
Florence est conforme.
J'ai parcouru les commentaires et je n'ai pas été le seul à reprocher à Florence sa vacuité. Si toi-même tu ne lui donnes rien pour qu'elle existe, comment pourrait-elle être autre chose qu'un objet de pensée abstrait entre tes mains? Si tu veux évoquer un problème humain, décris-nous un humain, avec ses ressentis, ses pensées, ses douleurs, sinon ça ne prend pas de consistance et franchement, je ne trouve pas cela intéressant ou signifiant, que ce soit sur le plan humain, philosophique ou littéraire.
Ne vois-tu pas l'humain à travers cette vacuité innocente ?

L'humanisme ne se base en aucun cas sur l'exaltation des caractères particuliers ; il y a de l'humanité dans la plus grande simplicité de ce qu'est fait l'homme. L'auteur est humaniste, ça ne signifie pas qu'il prétend "convertir" ses lecteurs, mais qu'il énonce sa perception de l'homme dans toute sa simplicité, loin de toute falsification conditionnée. Loin de moi l'intention de séduire ou d'habiller l'humanité ; comme disait Montaigne pour introduire ses Essais :
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C'est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t'avertit, dés l'entrée, que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. Je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent, plus altiére et plus vive, la connaissance qu'ils ont eue de moi. Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c'est moi que je peins. Mes défauts s'y liront au vif, et ma forme naïve, autant que la révérence publique me l'a permis. Que si j'eusse été entre ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t'assure que je m'y fusse très volontiers peint tout entier, et tout nu. Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. Adieu donc ; de Montaigne, ce premier de mars mil cinq cent quatre vingts.
Tu dois comprendre que c'est ici le regard sur l'inhumain qui met en exergue le caractère profondément puissant de Florence, c'est tout.

Cette simplicité se fait tel que je la perçois, sans aucune illusion.

En relisant ce commentaire que tu m'offres, je me rends compte que tu ne fais que confirmer ce pourquoi le texte a été écrit : le droit de s'opposer. En libérant la parole de mes opposants, j'offre au lecteur toute la capacité de s'interroger, de douter et de désobéir. C'est aussi la grande richesse de ce que tu as à en dire qui me permet de comprendre que ce tout petit conte est riche de mille paroles, et qu'on pourrait en parler pendant longtemps.

Avons-nous raison d'en parler ?

Par ailleurs, tu accordes une importance énorme à ce que contient ce texte, tu le détailles dans toute sa substance, comme pour mieux le comprendre ; ça me permet de comprendre que tu parles d'un sujet qui te tient à cœur, un sujet important. Oui, il est toujours important de comprendre quels sont les dangers que l'on rencontre tout au long de cette route vertigineuse. Ce conte aborde donc un sujet important, c'est plutôt flatteur. Sache que j'ai fait attention aux moindres détails, et que, même si je le retravaille sérieusement, tous les éléments qui s'y trouvent ont été pesés assidûment. Les humanistes ont toujours eu à cœur d'aborder les sujets au plus près de leurs lecteurs.

J'ai un peu l'impression que tu cherches à imposer l'idée que rien ne dépend de la victime. J'ai lu un peu plus haut le mot "dogmatisme": tenir le discours que "c'est comme ça et pas autrement, parce que je le dis", en opposition avec une majeure partie de ce qu'on constate dans les manoeuvres d'endoctrinement, ne me paraît pas loin d'en relever.

Alors là, j'ai une question fondamentale pour toi :

Comment un texte dogmatique peut-il aspirer à l'anti-conformisme ?
Un dogme ne véhiculerait selon toi aucune conformité ?
 :facepalm:

Quand à se défier des conformités par défaut, très bien, mais que faire du langage, des règles de vie en société, de ses propres habitudes (une auto-conformité).

Eh bien, voici ma réponse : Je défie le langage. Et j'ajoute ainsi : Je défie les règles de vie. Et je défie mes propres habitudes.

Nous n'avons jamais fini de douter de nous-mêmes.

Il peut paraître de bon ton de s'affranchir de toute norme, mais dans les faits la communication, la vie en groupe, la propre continuation de son être se fondent sur des normes qu'on ne peut sans cesse questionner si l'on veut vivre.
On ne peut sans cesse les questionner ? C'est un principe philosophique qui t'appartient, car moi, je suis sceptique.
Et je ne cesserai pas de questionner les normes, c'est mon scepticisme.

De plus je peux adhérer de mon plein gré à une norme (parce que cela me correspond): la conformité à la norme est alors l'expression de ma liberté (ce n'est pas du conformisme).

J'en doute. Tu as oublié d'argumenter ce passage-là de ton discours. Dans l'hypothèse où tu te ferais croire à toi-même que cette adhésion est assumée de plein gré, tu ne serais alors qu'en conformité avec toi-même, comme une longue reproduction de cet état qui te caractérise. Dans un tel cas, et selon tes propres mots, j'aurais beaucoup de mal à te faire sortir de cette emprise qui te caractérise ; que dois-je faire, selon toi ? En vérité, je ne peux pas t'en empêcher, c'est indéniable.

As-tu besoin de douter ou dois-tu rester égal à toi-même ?


Bon ! Eh bien, pour conclure, je ne veux nullement remettre en question ta liberté. Tu m'as donné tes impressions, ta considération sur la vie et sur tout ce à quoi tu aspires. Ce petit instant de philosophie m'a bien plu car il est dans la continuité du texte, et qu'il offre alors une nouvelle lecture plus qu'intéressante. J'ai douté à plusieurs reprises, et je devine que ce n'est pas forcément ton cas ; c'est la preuve que nous tenons au moins une vérité : nos mots vont dans la continuité de nos attitudes ! Ainsi, des commentaires comme le tien me renforcent.

J'apprends beaucoup des arguments que tu m'opposes, je comprends à chaque instant un peu mieux ce qui me distingue de la norme, et ce qui m'éloigne de "ce qui devrait être."

J'ai vu qu'à plusieurs fois tu citais la lecture des autres, mais sache que c'est ta lecture à toi qui m'intéresse, pas la lecture que tu fais de la lecture des autres. Je n'attends pas que la foule de ceux qui pensent comme toi m'apporte les secrets pour devenir quelqu'un de différent. Je n'aspire pas à obéir à ce qu'on "attendrait" de moi, c'est au contraire l'imprévisible qui me nourrit. C'est ton ressentiment qui m'intéresse, c'est tout.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Invité le 22 Avril 2016 à 23:36:04
Je n'ai pas lu vos très longs débats, mais si le problème du texte de Alan Tréard est la façon dont il aborde le thème du viol, moi-même étant été victime de viols jusqu'à mes 6 ans, je pense pouvoir donner un avis plus objectif que les "c'est peut-être politiquement incorrect", et je peux affirmer qu'il n'y a rien de choquant dans son texte, contrairement à celui-ci (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,20590.0.html) qui en fait une sorte de promotion.

Je n'ai rien de plus à rajouter, et je pense que c'est déjà bien assez pour défendre Alan Tréard.
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Milora le 23 Avril 2016 à 11:22:08
Aisha, l'auteur du texte que tu pointes s'est exprimée pour dire que la promotion du viol n'était en aucun cas son intention et s'était mal exprimée. Pourrais-tu éviter de la pointer du doigt dans ce sens à l'avenir ? D'avance, merci ! :)

@ Alan et Navylis : on voit que votre débat est resté cordial, mais on tient quand même à vous rappeler que le but de cette section du forum est le commentaire du texte. Pour les débats éthiques et philosophiques, vous avez "Le petit salon".
Surtout, Alan, en postant ici tu acceptes implicitement de recevoir des critiques sur ton texte, fond et forme. Ni ernya ni Navylis ne s'en sont pris à toi directement et ont parfaitement le droit de critiquer des points de ton écrit : c'est à ça que sert le forum. Pourrais-tu en tenir compte et ne pas prendre personnellement les remarques adressées à ton texte ? Merci aussi.

Merci à tous de revenir au texte uniquement :)

La Modération
Titre: Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
Posté par: Alan Tréard le 23 Avril 2016 à 12:39:09
Oui, je comprends qu'il y ait des réactions vis à vis de ce texte qui sont fortes et impliquées. Je n'ai pas écrit ce conte pour en fuir la paternité ! On n'oublie quelques fois à quel point le sujet est sérieux.

Effectivement, nous avons eu une discussion avec ernya dans laquelle j'ai finalement appris qu'elle en connaissait peu sur la philosophie humaniste ; j'étais effectivement bien loin d'avoir la réaction appropriée et je lui demande pardon d'être allé un peu trop vite. Oui, si on questionne ma démarche, on questionne le fond du texte et donc sa forme. Quel chemin ai-je parcouru avant d'en arriver là ?

Et quels sont les mots que j'emploie ? Et quelle est mon intention ?

Je rappelle ici que j'ai énormément modifié le texte suite aux commentaires des uns et des autres (la V1 est accessible en spoiler), et que je n'ai pas fini de le retravailler ; en revanche, certains points essentiels, comme la dimension utile du texte (dont parlent Navilys et Aïsha) et les procédés relatifs au conte font partie de mon travail et m'intéressent donc tout particulièrement. J'ai voulu écrire un texte utile, aucune question ne peut donc être écartée.

Si mon texte contenait de propos scandaleux, voire dangereux (nous parlions précédemment d'une prétendue "banalisation du viol"), je me dois d'en assumer l'éventualité et de tenir le dialogue avec celui ou celle qui pose la question ; maintenant, sous réserve de liberté d'expression, un membre ne pourrait pas débarquer sur mon fil, dire que tel propos est dangereux,  et censurer soudainement le texte, sans avoir eu au préalable une discussion qui permette de prendre une décision honnête (sinon, on risque les abus).

C'est aussi ça, la force de l'échange entre les uns et les autres.

Ainsi, malgré les apparences, nous n'avons pas quitté le sujet initial.

(Autrement dit, si une lectrice comme Aïsha me confiait être choquée par le propos de ce conte, je serais vraiment obligé de le retravailler immédiatement afin d'éviter nécessairement tout malentendu ; en revanche, quand les maladresses du texte portent sur des détails et des formulations imprécises, j'ai un peu plus de temps devant moi pour retravailler mon style.)

Les textes sont vivants, ils se développent peu à peu sur le regard des uns et des autres, et douter d'un texte, c'est stimuler son développement.

Voilà, merci, vous avez tous beaucoup apporté à ce conte.