Message à la fille qui vient après le crépuscule
Parfois mes pensées s’entrappellent, s’entreinterrogent, s’entremélangent. Et dans cet entrelacs d’étrangetés, je me sens moi-même attiré vers l’antre béant de ton entrejambe. Rayons de la Lune sur tes poils pubiens. En noir et blanc, ils jouent la mélodie feutrée de la main qui s’y perd… Qui s’y perd… Ce n’est pas une musique que l’on entend, mais une chanson que l’on ressent. La chaleur s’engouffre, comme irrésistiblement menée vers toi, en toi. Ton plaisir liquide. Ton plaisir-mélopée. Ma main en toi. Ton plaisir-muqueux. Je plonge vers ton cou. Effluves, courants, embruns, des senteurs-tropiques qui viennent sensuellement s’allonger sur des plages de plaisir…
Toi la fille qui vient après le crépuscule
Tu m’attires autant que l’ivresse, autant que les pluies tropicales qui maintiennent la Terre dans leur étreinte humide, autant que cette eau, ce bleu qui ondoie, qui vaguoie, qui te rend si belle et si désirable. Toi dont j’ai envie d’empoigner la peau pour ne la plus jamais lâcher.
Toi la fille qui vient après le crépuscule
Rayons pâlescents de la Lune. La lumière rampe sur ta peau, glisse sur ton ventre qui bouge à peine. Ton corps étendu sur le linge humide. La transpiration des âmes. Encore l’envie de toi qui me remue les tripes. Je pose ma main sur ton sexe brûlant. Et je pense aux déserts que je n’ai pas traversés, aux jungles noueuses qui n’ont pas vu mon ombre. Je pose ma main sur ton nombril. Ta peau est douce comme la douleur. Je pourrais mourir en la caressant. Ta main se pose sur ma main. C’est comme si nous étions deux à te caresser. Deux à te faire plaisir, deux à te remplir de bonheur, deux à changer ta peine en extase jusqu’à ce que tu n’en puisses plus.
Toi la fille qui vient après le crépuscule
Nous nous sommes rencontrés sur le vieux pont qui soupirait. C’était à cause des arbres qui bruissaient, à cause de la Lune encore elle qui faisait scintiller le ruisseau et, plus que tout, c’était à cause de ce saule pleureur qui caressait le ruisseau de ses mains-lambeaux. Tu étais assise dessous comme une enfant de Séléné. Je n’ai pas cru à cette vision et pour être honnête je n’y crois toujours pas.
Qui aurait cru, en te voyant ainsi, assise paisiblement sous ton vieil arbre à demi sénescent, que peu de temps après, nous serions tous deux essoufflés dans un lit, crachant l’amour à la gueule de l’autre, puis, qu’après nous être baisés l’un l’autre, nous nous déchirerions jusqu’à ce que nos ébats deviennent des bas, des instants-las au lourd parfum de lassitude ?
Tu avais le regard angélique des filles qui viennent de perdre leur virginité et qui souhaitent se donner des airs de femme. C’était touchant et dérangeant. J’avais envie de te toucher et de te déranger.
Toi, toi, toi la fille qui vient après le crépuscule…
[...]
Je me suis embarqué sur ton océan, je t’ai prise pour du bleu, du bleu dans mon cœur, sous mes paupières et là, au chaud, entre tes reins. Du bleu dans l’écrin de ta sensibilité. Du bleu dans ta douceur, et dans te fermeté. Du bleu partout, qui coule, qui s’étend, s’étale et puis, peu à peu, suinte, de tous les côtés, comme un mal qui refait surface.