Le foyer est artère en flocon,
où l'on s'emporte si loin
sur un dériveur. Contiguïté.
Si loin dans le proche.
"mais il me semble que tu tenterais lorsque tu dis "ce n'est pas ma plume, c'est moi tout entier qui pense et qui est !" de justifier l'absence d'un geste d'écriture précis et mesurer qui pourtant ferait du bien aux justes ambitions de ta réflexion, au nom de la non trahison d'une hypothétique sincérité formelle."
EloiR a écrit [après qques lignes auxquelles je souscris) ceci "(...) sur l'instinctif et l'entier engagement (ah Artaud ! ah Aragon ! ah Genet !),"
Je ne pige pas. Le premier nommé, bien sûr. Mais ce faux-cul (surdoué) d'Aragon, l'auteur du mentir-vrai, l'homo caché nous bassinant des yeux d'Elsa, le stalinien, l'hypocrisie faite-homme...? Et Genet ? Comment disait Ferré...? "que m'importe Jean Genet que tu bandes "si c'est en alexandrins...
"Contrairement à la plupart, je ne travaille pas sur quelque chose(son, rythmique, thème, argument, idée, rêve), mais je travaille sur mon expression sincère dans le fond, la forme de mes pensées. Et effectivement, je ne suis bon en rien, mais tout en moi fuse. Voilà pourquoi j'ai une écriture cérébrale qui va tant bien aux penseurs, moralistes, sages, philosophes mais très peu aux scientifiques, aux aèdes et aux littéraires !"
Excuse-moi, mais je trouve ça d'une prétention sans nom. Laisse donc tes lecteurs juger de ta production et de sa valeur, et l'opposition, comme l'a souligné EloiR est quand même bien simpliste.
Ailleurs, me semble-t-il, bcp de présupposés un peu naïfs opposant "écriture travaillée"/ non travaillée...
D'abord, la première n'existe pas vraiment, (sur le principe pascalien du: "J’ai grand peur que cette nature ne soit elle‑même qu’une première coutume, comme la coutume est une seconde nature."), respect de la grammaire, du sens des mots, etc. Bref, à mes yeux très naïf,, et donc surprenant pour qui se dit venir de la philo.
Je crois, pour ma part (après tout le monde, sans doute) que c'est bien la culture qui nous humanise et, donc, un travail; je crois, de même, que l'art (sans majuscule!) relève avant tout de l'artisanat, du travail patient (sur qque chose qui gicle, qui fuse ? Pourquoi pas!).
Refus du travail, de la culture ? Alors, hop! à poil, à 4 pattes et on bouffe des racines (sans accès au langage, natürlich, réservé qu'il est à ceux à qui on l'a appris.)
Bref, Pensécrire, je n'arrive à te suivre sur aucune de tes pistes.
Mais, probablement, mon incapacité est-elle seule en jeu.
"Ce que j'oppose c'est donc bien le style travaillé que la majorité des scribes exerce face au style expressif que j'essaye d'appliquer. Mon style expressif, ma plume spontanée correspond bien mieux à des lecteurs de philosophie, d'aphorisme, de moralistes et de propos de sagesses car les raccourcis de langage que je fais ont un sens, que les philosophes, moralistes et essayistes pratiquent lors d'abstraction d'une idée, lors de conceptualisation. Il faut avoir en quelque sorte l'esprit de synthèse."
Contrairement à la plupart, je ne travaille pas sur quelque chose(son, rythmique, thème, argument, idée, rêve), mais je travaille sur mon expression sincère dans le fond, la forme de mes pensées.
Qu'est-ce qui est prétentieux ? Le fait de vouloir être lucide sur son travail/passion et de le décrire ?Le "contrairement à la plupart, je travaille sur une expression sincère".
Pour le reste, je dois dire que c'est ta plume, plus que ta démarche, qui ne me convainquent pas encore.En tant qu'objet poétique, moi non plus je ne suis pas convaincu par mes écrits mais je suis fortement convaincu que ma manière de mettre en scène ma puissance créatrice est ce qui me permet de trouver MA place dans l'écriture et dans ce monde, d'être puissamment ce que je suis. Je m'épanouis pleinement (pour l'instant) de cette manière. Que désirer de mieux ?
Lorsque je parle d'Artaud, d'Aragon ou de Genet ce n'est pas pour qualifier exactement l'instinctif et l'entier engagement (j'aurai dû placer plus tard leurs noms pour ne pas directement les associés à ces termes, je m'en excuse, j'ai l'impatience de mon âge qui me fait échouer) ; j'entends ce que tu reproches à l'un et à l'autre, et si je ne partage pas forcément ton avis parce que touché par l'esthétique d'Aragon notamment (Aragon tous les malheurs du monde et bien je le pardonne), je réagis davantage à la lecture simpliste de l'opposition "style/pensée, esthétique/sincérité", qui m'accable sans cesse de rides. Ce sont à mes yeux des pistes d'expressions qui peuvent enrichir et complexifier un peu les liens rompus plus tôt, soit parce qu'on verse tout entier dans la première catégorie, pour Artaud, soit parce qu'on se trouve entre les deux (sans rien y perdre à mon goût intime) pour Genet et Aragon.J'ai dû mal m'exprimer j'apprécie Genet et (bcp) Aragon.