Le Monde de L'Écriture

Sous le soleil des topics => Discussions => Le petit salon => Discussion démarrée par: Alan Tréard le 04 Avril 2016 à 12:09:24

Titre: Prose : poème ou non ?
Posté par: Alan Tréard le 04 Avril 2016 à 12:09:24
Bonjour, pour les amoureux du débat, plutôt que de flooder sur le fil des autres, venez en parler ici :

À votre avis, les textes qui suivent sont-ils des essais ou des poèmes ?

Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Vivi le 04 Avril 2016 à 13:12:46
Poésie : Genre littéraire associé à la versification et soumis à des règles prosodiques particulières, variables selon les cultures et les époques, mais tendant toujours à mettre en valeur le rythme, l'harmonie et les images.

Pour moi (et la définition) : ton texte n'est pas de la poésie.


Essai : Ouvrage dont le sujet, sans viser à l'exhaustivité, est traité par approches successives, et généralement selon des méthodes ou des points de vue mis à l'épreuve à cette occasion.

Bon, là, par contre, vu comme ton texte est écrit, j'me suis gaufrée, c'est pas vraiment un essai (à cause des dialogues et du ton employé).


Donc, je le place dans les textes courts (car moins de 10k mots).

C'est MON avis :huhu:  (et je n'en changerais pas :mrgreen: )


Sur ce, amuse-toi bien ^^
Titre: Re : Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Alan Tréard le 04 Avril 2016 à 13:34:05
Poésie : Genre littéraire associé à la versification et soumis à des règles prosodiques particulières, variables selon les cultures et les époques, mais tendant toujours à mettre en valeur le rythme, l'harmonie et les images.

Justement, je travaille sur le rythme, l'harmonie et les images, et j'aimerais entendre des commentaires sur le rythme, l'harmonie et les images afin de continuer à travailler.

Un essai philosophique, on ne va jamais faire de commentaire sur le rythme ni sur les effets de style employés dans le texte, du coup, je n'aurais que des commentaires hors sujet, merci pour le conseil !

Ton avis est-il :
:bouquine:

Ensuite, j'aimerais avoir le droit de pouvoir continuer à publier mes poèmes dans la section poésie, je veux pouvoir appeler ça des poèmes. J'espère bien ne plus avoir à être emmerdé pour des raisons aussi futiles, allez-vous emmerder tous les poètes du forum ou vous faites une petite exception pour M. Tréard ?

À bas la censure !
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: ernya le 04 Avril 2016 à 14:00:32
Alan, je ne comprends pas ta démarche. Tu poses des questions, tu obtiens des réponses et tu les rejettes. C'est ton choix mais n'accuse pas les autres de censure. Personne ne t'a demandé de supprimer tes textes ou d'en enlever certaines parties  :o
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Alan Tréard le 04 Avril 2016 à 14:11:38
Oui, tu as raison, désolé.  ::) Je me rends compte que je m'emporte un peu. Désolé Viviane, je suis un peu fatigué.
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: mythiris le 04 Avril 2016 à 14:39:43
Je passe par hasard et voilà l'occasion de remercier Alan qui avait commenté un essai de poème en prose. :D

Supposer que tous les champignons sont vénéneux et que tous les lions veulent nous manger  est une manière efficace d'appréhender son environnement. Mais cette forme d'essentialisme est douteuse quand le risque est mesuré et la licence poétique.

Dire que ce qui poème n'est pas prose répond à notre besoin de catégoriser. Depuis le surréalisme, nous savons que l'art est ce qu'on nomme art et donc poésie ce qu'Alan  nomme poésie.

Et puis, moi, J'aime ...  "J'aime Les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!"
Regardez celui-là. On dirait un poème en prose :  l'Etranger de Baudelaire.  Cela fait un peu peur. L'humain est une créature tribale. Il a la peur primitive de l'Etranger, de celui qui n'appartient pas à son groupe restreint et ne partage pas ses préjugés raciaux.  Mais la poésie n'a pas nos frontières.

Et quand il me plairait
d'appeler Souris mon chat,
Je m'appelle Lion
et suis maître chez moi.


Les poèmes distingués
sont rangés en colonnes
Comme Prévert
dans Paroles.





Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Aléa le 04 Avril 2016 à 14:44:54
Citer
Un essai philosophique, on ne va jamais faire de commentaire sur le rythme ni sur les effets de style employés dans le texte
Pas envie de rentrer dans le débat mais juste une remarque à ce sujet :

En fait, bien sûr que si !
Les philosophes réflechissent chaque phrase et chaque poids de mot. Ca donne souvent l'impression qu'il ne se concentre que sur le fond et que parfois ca fait gros bloc de texte pas travaillé mais en fait, ils developpent en plus de leur propres thèmes et langage des structures de phrases bien à eux. Ce n'est pas que du texte brut où chacun opine du chef... Et le commentaire et la précision sur certaines phrase est crucial dans ce sens, chaque mot doit bien correspondre à faire passer l'idée qu'ils veulent, l'agencement des phrases est très important et donc, le rythme aussi et les effeets de styles grammaticaux et synthaxiques de même !
Si Kant est toujours aussi en cours d'exploration de nos jours, ce n'est pas uniquement à cause du fond très dense mais aussi grâce à ses structures de phrases qui donnent des directions et des pistes aux sens. Et puis Nietzsche était un très grand styliste nom d'une pipe !
Donc si ils sont embêtés là dessus à un niveau technique assez autiste à leur domaine, il faut l'avouer, mais on les commente ardemment dans le milieu :huhu: (même si les méthodes d'analyses de ce genre de texte peut faire écho à la poésie, ce n'en est pas)



(c'était ce poème qui avait lancé le débat mythiris http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,20445.0.html
C'est très Marcel Duchamp toute cette discussion.)
Titre: Re : Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Angarth le 04 Avril 2016 à 15:11:03
Bon je me permets de donner mon avis :

Citation de: Viviane link=topic=20453.msg332834#msg332834
date=1459768366
Poésie : Genre littéraire associé à la versification et soumis à des règles prosodiques particulières, variables selon les cultures et les époques, mais tendant toujours à mettre en valeur le rythme, l'harmonie et les images.
Je trouve cette définition insuffisante et difficilement applicable : elle semble non seulement poursuivre une négligence de la poésie en prose, mais on peut bien mettre en valeur le rythme, l harmonie ou l image sans faire un poème au sens strict.

Dire que ce qui poème n'est pas prose répond à notre besoin de catégoriser. Depuis le surréalisme, nous savons que l'art est ce qu'on nomme art et donc poésie ce qu'Alan  nomme poésie.
Oui enfin, il ne suffit pas non plus de dire "j appelle ça poème" pour que ça puisse en être.

Quant aux textes présentés plus haut, j ignore d où certains viennent (si ça ne vient que d oeuvres poétiques tu as déjà la réponse, quoique pour le premier j ai un gros doute), mais ça a peu de sens à mon goût de dégager un morceau d un texte pour se demander ce que c est : le même texte seul peut bien être qualifié de "poésie pure", quand en tant que partie d un essai, ce ne sera plutôt qu un bout d essai faisant appel aux techniques poétiques.
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: mythiris le 04 Avril 2016 à 15:33:53
Citation de: Angarth=topic=20453.msg332867#msg332867 date=1459773894


Dire que ce qui poème n'est pas prose répond à notre besoin de catégoriser. Depuis le surréalisme, nous savons que l'art est ce qu'on nomme art et donc poésie ce qu'Alan  nomme poésie.
Oui enfin, il ne suffit pas non plus de dire "j appelle ça poème" pour que ça puisse en être.

Duchamp a résilié l’accord tacite qui depuis la préhistoire impose aux artistes un cadre de référence commun au spectateur. Pour Alan, c'est de la poésie.

Est-ce pas vous ? Pour n'est-ce pas vous ? Monsieur, la poésie a ses licences, mais celle-ci passe un peu les bornes que j'y mets. [PIRON, La métromanie, ou Le poète]

J'aime bien l'idée d'une poésie, qui par nature, échappe à sa définition.
Est-ce qu'il ne suffirait pas que tu l'appelles aussi poème pour qu'il le devienne à tes yeux ?  Mais rien ne t'y oblige...



Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Angarth le 04 Avril 2016 à 15:49:57
Duchamp a résilié l’accord tacite qui depuis la préhistoire impose aux artistes un cadre de référence commun au spectateur. Pour Alan, c'est de la poésie.
Je n ai pas lu son texte, mais non des cadres il nous en faut un minimum. Sinon j écris "caca caca caca" et pour moi c est de la poésie, du même coup rien ne veut plus rien dire, on ne peut pas parler sérieusement d art avec nos semblables si on s abîme dans les extrêmités du "moi je veux".
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Aléa le 04 Avril 2016 à 15:59:55
Citer
Duchamp a résilié l’accord tacite qui depuis la préhistoire impose aux artistes un cadre de référence commun au spectateur.
Duchamp c'est un tour de force, c'est de l'intelligence, ou, juste une blague artistique intelligente. Là ca peut être le cas certes, mais du coup, c'est rien de neuf. une bonne blague, c'est court  :-\

la poésie pour moi c'est essentiellement une affaire de tripes, de sentiments, d'ambiance plus que de cadre, sinon c'est ressortir quelque chose d'individuel pour en ressortir quelque chose de -quasi- universel, alors que là (et j'ai pas lu les textes au début de ce topic)... De la poésie intellectualisée, pouquoi pas, mais clairement, ca me touche pas. Hors pour moi c'est quand même la seule règle de la poésie, toucher les sensibilités (au pluriel)
Et je t'assure que j'emmerde les cadres et les règles, les licences et tout le tintouin, la poésie peut être tout ca je suis 100% d'accord, là où je le suis moins, c'est quand on dit qu'il suffit d'affirmer que c'en est pour que c'en soit. On entre dans un créatif démiurge assez individualiste au fond. D'où Duchamp, qui m'est sympathique dans sa démarche, mais dans le fond, il ne questionne que le cadre (et la façon qu'à le cadre d'utiliser le fond, pas le fond directement, ce qui fait la poésie c'est le fond -et sa manière d'y parvenir-)

Citer
Est-ce qu'il ne suffirait pas que tu l'appelles aussi poème pour qu'il le devienne à tes yeux ? 
Donc pas vraiment, même si je range dans des catégories, ces catégories sont pas fixes pour moi car je goûte avant de mettre un nom et changer l'étiquette d'une boite ne suffit pas en changer le contenu à mes yeux.
Titre: Re : Re : Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Alan Tréard le 04 Avril 2016 à 16:03:58
Quant aux textes présentés plus haut, j ignore d où certains viennent (si ça ne vient que d oeuvres poétiques tu as déjà la réponse, quoique pour le premier j ai un gros doute), mais ça a peu de sens à mon goût de dégager un morceau d un texte pour se demander ce que c est : le même texte seul peut bien être qualifié de "poésie pure", quand en tant que partie d un essai, ce ne sera plutôt qu un bout d essai faisant appel aux techniques poétiques.

Bien sûr, bien sûr, je m'exécute à l'instant :


Et un petit dernier pour vous faire plaisir :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: mythiris le 04 Avril 2016 à 16:53:23
@ Angarth

Caca.
Caca ?
Caca !

Même si la poésie, c'est une affaire de tripes, ton poème est trop court pour être commenté.  ::) Ces assonances sont comme un bégaiement du cadre que nous cherchons.

Je remets le commentaire que tu commentais dans son cacadre, celui d'un texte pondu l'an dernier, appartenant au même champ lexical :

"Le kitsch était né en expulsant la merde, l’art conceptuel fut baptisé dans l’urine. En claquant la porte de la modernité, Duchamp avait mis fin à l’hégémonie du visuel dans l’histoire de l’art. Il avait résilié l’accord tacite qui depuis la préhistoire imposait aux artistes un cadre de référence commun au spectateur. Inter faece et urinam, la beauté était toujours présente, mais toute intérieure. S’y mêlaient quelques fois l’épuisement du grunge et les surprises du trash. Si l’art conceptuel défiait la logique, un booléen suffisait à exprimer sa valeur esthétique : « ça craint » ou « super » (certains préféraient l’emphatique « trop cool »). En revanche, le langage était devenu nécessaire à la compréhension de l’image. L’artiste suppléait sur le mode déclaratif à la médiocrité du produit : « Ceci est de l’art ». Il se substituait quelques fois à elle. Des œuvres contemporaines étaient exécutées par des artistes indemnes de culture. On extrayait des sujets de leur ignorance crasse. Ils ramassaient quelques matériaux pour inventer un art brut coulé avec la fange immonde de leurs frustrations. Dans cet univers fétide, le souffle de l’inspiration était remplacé par les pets conceptuels que libéraient à grandes enjambées des Art’s Makers pressés.  "

Si nous ne pouvons pas tous reconnaître la poésie de ton texte ( il faudrait "retravailler le rythme, l'harmonie et les images"),  la vie est poésie.  Et ton poème, pour fruste qu'il est, n'est pas si éloigné de ceux que compose ma fille. Tout en potentialité. ;)

Je m'amuse, mais je pense que tu as raison sur ce point. Il faut un cadre. Ne serait-ce que pour en sortir.
Titre: Re : Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: mythiris le 04 Avril 2016 à 17:01:06

Duchamp c'est un tour de force, c'est de l'intelligence, ou, juste une blague artistique intelligente. Là ca peut être le cas certes, mais du coup, c'est rien de neuf. une bonne blague, c'est court  :-\


la poésie pour moi c'est essentiellement une affaire de tripes, de sentiments, d'ambiance plus que de cadre, sinon c'est ressortir quelque chose d'individuel pour en ressortir quelque chose de -quasi- universel,
Je ne peux pas résister à l'envie de raconter celle-là, qui tombe à propos, avant de réfléchir à ce que tu écris.

A la fin de sa vie, on se retourne sur ce qu'on a fait
et on voit qu'on a fait à côté.

D'après une étude, le fromage est considéré comme moins salé quand il a l’étiquette "faible teneur en sel". Nous sommes moins libres et conscients  que nous le croyons.
Même si  les suiveurs de Duchamp répètent sa bonne blague, ils nous interrogent sur l'art et nous obligent à nous le réapproprier, c'est à dire à penser par nous-mêmes. Pour moi, ça, c'est de l'art. Et ça, c'est de la M...
J'ai du mal à ranger dans les petites boîtes et je crois naïvement ce qu'on me dit, laissant le bénéfice du doute jusqu'à preuve du contraire. Je vais lire ces textes ...

Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: JigoKu Kokoro le 04 Avril 2016 à 17:08:07
Je n'irais pas plus en avant dans le débat (car mon avis est similaire à d'autres ^^) mais il y a une chose que nous aimons énormément faire c'est catégoriser les choses. Il nous faut toujours faire des cases spéciales telles des petits tiroirs pour tout ranger bien proprement dedans.   :relou:

Je n'irais pas dire que c'est typiquement français mais notre langue à elle aussi une nette tendance à vouloir tout codifiée. Je trouve ça inutile et bien fatiguant.  :huhu:
Quand on voit l'évolution de notre langue et les nombreux auteurs qui ont joués avec (les très célèbres comme tous nos amis amateurs), je trouve dommage que l'ont cherche à tout ranger au propre alors que la démarche première de ces auteus étaient de s'affranchir des limites et de jouer avec les règles.

Bien sûr, il y a des styles et des règles en poésie, du moins des bases mais soyons clair, il a bien fallu que quelqu'un transgresse ces dernières pour en créer de nouvelles. Nouvelles qui ont été transgressée à leur tours. Pour mois tout ça ne sert peut-être qu'à une chose au final, fixer à un moment précis "ce qui se fait en matière de" mais ça ne va pas plus loin.

L'écriture de la poésie est une forme art comme il y en a beaucoup mais dans nos pratiques de l'écriture (peu importe leur direction : fiction, essai, poésie, roman, historique, scientifique, conceptuel, et j'en passe des milliers) nous ne réfléchissons pas forcément, nous créeons tout simplement.

L'art ne vit que dans l'oeil de celui qui le comptemple (Attention ce n'est que mon avis et je n'ai aucune idée si j'ai lu cela quelque part où si je l'ai inventé à cette seconde précise  :)  :D)

Une oeuvre écrite sera ainsi perçue plus ou moins différement selon le lecteur et si cette dernière se joue des grandes règles, c'est le lecteur et lui seul qui le prendra comme il le ressent. Bien sûr certains catégoriseront sûrement, mais pour beaucoup, c'est surtout l'émotion qui fera tout.  ^^
Titre: Re : Re : Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Aléa le 04 Avril 2016 à 17:20:09

Duchamp c'est un tour de force, c'est de l'intelligence, ou, juste une blague artistique intelligente. Là ca peut être le cas certes, mais du coup, c'est rien de neuf. une bonne blague, c'est court  :-\


la poésie pour moi c'est essentiellement une affaire de tripes, de sentiments, d'ambiance plus que de cadre, sinon c'est ressortir quelque chose d'individuel pour en ressortir quelque chose de -quasi- universel,
Je ne peux pas résister à l'envie de raconter celle-là, qui tombe à propos, avant de réfléchir à ce que tu écris.

A la fin de sa vie, on se retourne sur ce qu'on a fait
et on voit qu'on a fait à côté.

(Je suis pas sûr d'avoir bien compris ta réponse, mais juste signaler que mon sinon c'est pas pour réfuter, juste pour ajouter à la vision que j'ai  ^^ -le c'est en en trop dans le sens, oups- )
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: mythiris le 04 Avril 2016 à 17:38:48
Est-ce qu'il y a consensus pour dire que le 5 est un poème ?  :-\

(@ Ben G.  J'ai lu poésie : essentiellement affaire de tripes, puis la discussion sur la sortie du cadre ... et j'ai glissé)
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Aléa le 04 Avril 2016 à 17:43:45
En fait j'ai jamais parlé des poèmes de ce topic moi  :-\ Je l'ai ai lu en diagonale et pour moi c'en était. Le fond du débat est plus interessant  ^^


Citer
II y eut le vol silencieux du temps durant les millénaires, tandis que l'homme se composait.
Vint la pluie, à l'infini; puis l'homme marcha et agit.
Naquirent les déserts; le feu s'éleva pour la deuxième fois.
L'homme alors, fort d'une alchimie qui se renouvelait, gâcha ses richesses et massacra les siens.
Eau, terre, mer, air suivirent, cependant qu'un atome résistait.
Ceci se passait il y a quelques minutes.
indubitablement une écriture poétique...
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Alan Tréard le 04 Avril 2016 à 17:49:09
 :\? Ou alors c'est un complot !
Titre: Re : Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Aléa le 04 Avril 2016 à 17:58:57
:\? Ou alors c'est un complot !
Edifiant.
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: mythiris le 04 Avril 2016 à 18:06:41
Pour le 5, je pense que c'est évident. Les autres, il faut que je (re)lise.

Je ne pense pas comploter contre la poésie. On ne se questionne pas sur la qualité des textes, seulement sur la catégorisation, sur la définition.
Qu'est-ce que la poésie pour nous ? En l'absence de critères de démarcation sûrs, nous ne pouvons pas nous disputer la question de savoir quand la berge devient marécage. Ça nous renseigne sur nos préjugés. Je range facilement dans la boite à poésie ce qui fait quatre mots et puis saute la ligne. :-[

Alan, est-ce que tu penses que le poème est un genre supérieur à l'essai ? Que ce qu'à première lecture nous considérons comme essai mérite  d'être appelé poème ?
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Aléa le 04 Avril 2016 à 18:09:00
Je crois que la question d'Alan c'est surtout, à partir de quel moment la prose devient-elle poétique  :huhu:
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Nocte le 04 Avril 2016 à 18:15:16
Quand je le décide.
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Alan Tréard le 04 Avril 2016 à 18:39:41
 :D ah ah !

Non, non, il n'y a aucun complot. C'était pour rire, bien sûr. La poésie a des codes, l'essai en a d'autres, heu...

 :\?

Comme dit JK l'art peut effectivement aller au-delà des codes, et dès lors, de nouveaux noms apparaissent pour désigner de nouvelles choses ; mais lorsqu'un texte reprend les mêmes codes qu'un autre, on a toutes les raisons de les catégoriser sérieusement. C'est pour faciliter la compréhension des Lettres.

Pour expliquer la nécessité de catégoriser au moins un peu, un petit exemple :
J'abolis l'utilisation du mot esclavage.
Tous ceux qui emploieront le mot "esclavage" seront considérés comme ne parlant de rien.
Est-ce que ça prouve réellement que l'esclavage n'a jamais existé ?
Ou est-ce que ça permet plutôt de le rétablir sans que personne ne s'en aperçoive car il ne sera plus nommé ?

J'ai personnellement fait attention à ne pas citer Une saison en enfer de Rimbaud (poésie en prose), car c'est une poésie encore controversée, car les codes y sont particulièrement inhabituels.

Le principe du poème en prose est aussi de questionner la prose, de travailler la diction ; l'essai, beaucoup moins codifié, va en général employer des termes précis qui énoncent des principes philosophiques, comme l'obscurantisme, et ces mêmes principes sont souvent très précis et très ancrés dans la réalité. Et de ce fait, difficile (mais pas impossible) de travailler le rythme du texte dans le sens où les principes doivent être clairement édifiés.

Bien sûr, l'essai et la poésie en prose n'ont pas fini de se réinventer.

Le poème va plutôt détourner les mots, les certitudes et les principes, et va les jeter quelque part où l'on aura du mal à les fixer. Du coup, on vire rapidement vers de l'évocation pure, loin de toute vérité constante, un peu comme un casse-tête.

Les codes des poèmes en prose que j'ai cités ici font partie d'un même mouvement, on peut faire un lien entre leur considération de la langue, leur forme et leur utilisation.
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Aléa le 04 Avril 2016 à 18:49:27
Citer
vers de l'évocation pure, loin de toute vérité constante, un peu comme un casse-tête.
Mais c'est ça la 'vérité' justement ! Même en philosophie ou en essai là ou c'est c'est durci dans le verbe pour se faire sciences, il n'y a pas de vérité constante...


Ah mais en fait si pour toi la poésie c'est qu'une affaire de se réapproprier des codes et des rythmes...  :relou: T'es hyper littéral


Citer
leur considération de la langue, leur forme et leur utilisation.
ET LE FOND LE FOND LE FOND ???
(désolé pour les cap me suis enflammé  :mrgreen: )
Titre: Re : Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Alan Tréard le 04 Avril 2016 à 19:05:46
Citer
vers de l'évocation pure, loin de toute vérité constante, un peu comme un casse-tête.
Mais c'est ça la 'vérité' justement ! Même en philosophie ou en essai là ou c'est c'est durci dans le verbe pour se faire sciences, il n'y a pas de vérité constante...
Ce que tu viens de dire : "il n'y a pas de vérité constante..." en philosophie, ce serait du scepticisme, un courant philosophique à part entière ; en poésie, ce serait un bel effet de style, une seule phrase dans le poème en prose. (Bien sûr, quand je dis "ce serait," je ne dis pas une vérité pure, disons plutôt que j'essaie de désigner une vérité au mieux, on peut en discuter bien sûr.)

 :\?

Ah mais en fait si pour toi la poésie c'est qu'une affaire de se réapproprier des codes et des rythmes...  :relou: T'es hyper littéral
Eh ! Oui, je ne pense moi-même pas être un poète très innovant, je ne fais que rénover de vieux modèles. C'est un reproche qu'on me fait souvent, et j'aurais bien du mal à le démentir ! Cependant, je pense que d'autres auteurs que moi sont bien plus innovants, et je considère qu'il faut les encourager, peu importe ce que je fais moi, évidemment.

Citer
leur considération de la langue, leur forme et leur utilisation.
ET LE FOND LE FOND LE FOND ???
(désolé pour les cap me suis enflammé  :mrgreen: )
Ah ah !  :D Oui, le fond. Comment ne pas l'oublier ? Comme quoi, il y a encore beaucoup de choses à dire sur la poésie, mes mots ne suffisent pas !
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Angarth le 04 Avril 2016 à 19:17:27
mythiris, je ne suis pas sûr de comprendre où ton histoire de l urine dans l art voulait en venir, alors disons que je quitte le débat : ça me fait penser à ce film (Woody Allen?), où on apprend que cette simple photo (minable) d écran d ordinateur par un so-called artiste avait coûté la peau des fesses. Bah désolé, mais je rigole : en général, c est le genre de goût ou d acquisition qui part exclusivement d une pseudo révolte philosophique superbement puérile, et de rien d autre. Certes, peut être qu un jour mon caca aura la forme d un oeuf de Pâques, et j en ferai certainement une oeuvre d art très délicieuse aux yeux du monde... En attendant, je reste celui qui ne mets pas Harry Potter à côté de Shakespeare, Dieu sait pourtant qu imaginer ces lunettes rondes a demandé plus de talent qu une coalition de tous mes cacas de la semaine :noange: Non sérieusement, je ne dis pas tout cela méchamment, et je suis on ne peut plus d accord que l immonde peut être beau, mais l immonde n est pas synonyme de vacuité.

Juste au cas où : écriture poétique ne veut pas dire poème en prose, et même si parfois les frontières sont floues, dans la plupart des cas un texte ne pose aucune question : c est un poème, ça n en est pas, il est rarement besoin de chercher la petite bête.

Enfin Alan pour avoir lu ton texte, je répondrai simplement que ce n est pas "in globo" un poème à ce stade : il y a un déficit en faveur du commun de la rigueur poétique, de la "trouvaille évidente", ces verbes/associations/images forts/imprévus qui font la sève d un Maldoror ou autre. Si ton intention n est pas d arriver à un essai, on peut mettre la question de côté : ce texte a bien sa place en section poésie, c est juste que oui ce n est pas "finalisé" comparé à ce que tu rapproches.
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: mythiris le 04 Avril 2016 à 20:29:30

@ Angarth

 
mythiris, je ne suis pas sûr de comprendre où ton histoire de l urine dans l art voulait en venir,

 je suis on ne peut plus d accord que l'immonde peut être beau.


Je travaille sur ça. Noir, jaune et rouge, couleurs des excréments (l'enfant), de l'urine (l'homme) et du sang (la femme) pour Groddeck. Il faut quelques fois se sortir les doigts de la bouche pour aller vers ce qui nous effraye ou nous dégoûte. Ça fait partie de nous. L'ennemi à aimer, parce que c'est aussi nous.

L'art doit mener au divin ou est inutile. Dérisoire.

Titre: Re : Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Alan Tréard le 04 Avril 2016 à 21:31:23
Enfin Alan pour avoir lu ton texte, je répondrai simplement que ce n est pas "in globo" un poème à ce stade : il y a un déficit en faveur du commun de la rigueur poétique, de la "trouvaille évidente", ces verbes/associations/images forts/imprévus qui font la sève d un Maldoror ou autre. Si ton intention n est pas d arriver à un essai, on peut mettre la question de côté : ce texte a bien sa place en section poésie, c est juste que oui ce n est pas "finalisé" comparé à ce que tu rapproches.

Un essai, c'est pas un mauvais poème, hein ! Un essai, c'est un écrit conceptuel qui a trait à définir les phénomènes réels et communs selon une dimension spirituelle, philosophique, sociologique, politique, etc.

Autrement dit, c'est une méditation profonde transposée sur papier, et dont la vocation est d'être aussi précise qu'un microscope ; et on emploie le mot essais quand on aborde des sujets assez conceptuels comme l'évolution des États et des sociétés, la transformation des considérations divines et artistiques, la constitution des certitudes et des hypothèses scientifiques, le sens commun et les aspirations universelles, etc.

Genre, voici un essai pour les curieux :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Angarth le 04 Avril 2016 à 21:55:09
Un essai, c'est pas un mauvais poème, hein ! Un essai, c'est un écrit conceptuel qui a trait à définir les phénomènes réels et communs selon une dimension spirituelle, philosophique, sociologique, politique, etc.
On est d accord, ce n était pas connoté négativement. C est juste que quand t annonces : "je fais un poème" ou "je fais un essai", on ne demande plus exactement les mêmes choses à ton texte.
Titre: Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Alan Tréard le 04 Avril 2016 à 22:07:46
Pas de problème, tant qu'on laisse un peu de liberté de parole, c'est suffisant.
Titre: Re : Re : Re : Prose : essai ou poème ?
Posté par: Aléa le 04 Avril 2016 à 22:55:09
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vers de l'évocation pure, loin de toute vérité constante, un peu comme un casse-tête.
Mais c'est ça la 'vérité' justement ! Même en philosophie ou en essai là ou c'est c'est durci dans le verbe pour se faire sciences, il n'y a pas de vérité constante...
Ce que tu viens de dire : "il n'y a pas de vérité constante..." en philosophie, ce serait du scepticisme, un courant philosophique à part entière ; en poésie, ce serait un bel effet de style, une seule phrase dans le poème en prose. (Bien sûr, quand je dis "ce serait," je ne dis pas une vérité pure, disons plutôt que j'essaie de désigner une vérité au mieux, on peut en discuter bien sûr.)

 :\?

Ah mais en fait si pour toi la poésie c'est qu'une affaire de se réapproprier des codes et des rythmes...  :relou: T'es hyper littéral
Eh ! Oui, je ne pense moi-même pas être un poète très innovant, je ne fais que rénover de vieux modèles. C'est un reproche qu'on me fait souvent, et j'aurais bien du mal à le démentir ! Cependant, je pense que d'autres auteurs que moi sont bien plus innovants, et je considère qu'il faut les encourager, peu importe ce que je fais moi, évidemment.

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leur considération de la langue, leur forme et leur utilisation.
ET LE FOND LE FOND LE FOND ???
(désolé pour les cap me suis enflammé  :mrgreen: )
Ah ah !  :D Oui, le fond. Comment ne pas l'oublier ? Comme quoi, il y a encore beaucoup de choses à dire sur la poésie, mes mots ne suffisent pas !


1 - Non dire qu'il n'y a pas de vérité constante ne se limite pas au scepticisme.
Beaucoup de branches philosophiques se détourne du sens pour trouver un sens au social, dans ce sens, ils sont conscient que toutes les règles qu'ils énoncent sont limitées à des contextes sociaux et des rapports de force changeants : dire qu'ils y fondent une vérité, c'est dire que c'est une vérité temporaire et acceptent les changements de paradigmes. Il y a des vérités instantanées, mais qui ne durent pas dans le temps. Un triangle ça a trois côté hein ? Et si tu pensait ce triangle au délà de nos perceptions et de la 3D, tu crois qu'il aurait encore trois côté? Le triangle est vrai que dans une perception -et même une création, puisqu'il n'y a pas de triangle parfait dans la nature- humaine et temporaire) Rien n'est véritablement vrai. Sinon, tu fais de la philo sociale ou de la philo politique, mais vu le nombre d'avis différent, ose me dire que tu as la vérité plus qu'un autre  ::) (les mecs qui assurent ca ont à mon aviss un égo surdimensionné ou un individualiste nombriliste très prononcé -et c'est le cas de beaucoup de philosophes...-)
Deux seules vérités irréfutables ont été trouvée, Dieu (dont on s'accorde à dire qu'il n'y a pas de preuve pour dire qu'il existe mais qu'il n'y en a pas non plus ) et le je pense donc je suis.

2 -  Ok, donc tu t'autoproclames casseurs de code et tu fais de la poésie parce que tu as repris certains de ces codes pour les appliquer à l'essai, mais dans le fond, la poésie pour ce qu'elle est, tu t'en fiches ? Non que ce soit bien clair, tu t'amuses avec des codes, le lecteur, pfiou rien à faire, rien a lui faire ressentir


et 3 - Voilà on en vient à ma conclusion, tu as oublié le fond. Tu as oublié le fond ! On disserte poésie, une des choses les plus difficiles à cerner, ce qu'est quelque chose de poétique, tu parles, tu ouvres des sujets, tu écrit des poèmes, et tu oublies de parler, de penser à la seule chose fondamentale de la poésie, le fond. Quand je parle de fond, tu dois penser message, idéaux, combat... Ce n'est pas ça. Dire qu'il n'y a pas de vérité, en poésie, ce n'est pas juste un effet de style.
C'est marrant parce que mythiris te défendait justement pour dire que la poésie n'était pas affaire de codes, qu'elle pouvait totalement s'en passer etc, et que là, tu la contredis totalement en montrant que tu ne t'interesse qu'à la forme et aux codes pour les détourner   :mrgreen:
Je  vais reprendre le fameux exemple du je pense donc je suis (bien que je crois pas que les métaphores te parlent beaucoup). Descartes à douté de tout, il s'esst noyé dans un océan de doute, et la seule chose à laquelle il a pu se rattraper c'est qu'il pense. Dès qu'il rentre dans les détails de sa pensée, ce à quoi il pense. Il pense du peu sûr, de l'incertain, bref il pense ça c'est sûr mais le reste...

Dans cette immensément connue citation, on ne se souvient pourtant que du très cartesien, je pense donc je suis... C'est occulter tout l'océan de doute.
Si tu veux, c'est comme une île, unique, perdu au milieu d'un océan. L'île c'est l'Homme, l'océan, le reste.
Les textes vont créer des fictions sur cette île.
Les essais vont décortiquer comment est cette île, de quelle magie elle est faite concrètement et comment on peut l'aménager.
Bref, ils vont se placer d'un point de vue éxtérieur à l'île, ils vont regarder l'île comme s'ils étaient placés d'un surplomb au milieu de la mer. C'est certes beau, c'est certes personnel, c'est certes poignant.
Mais la poésie elle va se placer sur l'île et regarder l'océan. L'étendue et ce que ca provoque d'être dans cette position.
Tu comprends Alan ?


Si tu écris une poésie en reprenant tout ses codes classiques, et que tu me fait un poème avec plein de style synthaxiques, sur un aspirateur. Si c'est juste frois, sans rien, ca sera un essai ou une notice sous forme de poésie d'un aspirateur, c'est un poème c'est vrai, mais sans âme aucune : tu continues à regarder l'île. Si ce même poème tu lui rajoute une touche d'humour, pour faire simple, on a un poème humouristique ! On ne touche pas encore à quelque chose de poétique, mais l'humour exprime une vision personnelle d'une chose, et provoque, transmets quelque chose d'intime au lecteur. Il prends un partie émotionnel (l'humour n'est qu'un exemple fade à côté de ce qu'est la poésie).
Tu dis que l'essai est moins exigeant sur sa forme, mais absolument pas !!! Il impose, et tu le sais, même en s'engageant corps et âme dans ce qui est écrit, une retenue émotive, une retenue personnelle pour s'en tenir à des idées, on n'est pas là dans l'inventivité, la création sensorielle mais intellectuelle, même si celle-ci te provoque à toi des sentiments, les mots de l'essai tel qu'ils sont formellement agencés dans ses codes, ne laissent pas assez de place pour laisser transparaitre toute la charge émotive.


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mais lorsqu'un texte reprend les mêmes codes qu'un autre, on a toutes les raisons de les catégoriser sérieusement. C'est pour faciliter la compréhension des Lettres.
Donc non, c'est un coucou qui vole un nid

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et on emploie le mot essais quand on aborde des sujets assez conceptuels comme l'évolution des États et des sociétés, la transformation des considérations divines et artistiques
On parle sur quelque chose, on n'est pas en train de le dire/vivre
C'pas un poème... Intérieurement à l'auteur peut être, mais il ne l'extériorise pas dans son texte...

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ce serait un bel effet de style, une seule phrase dans le poème en prose.
Non l'absence de sens est un thème en soi, c'est un fond pas juste un assemblement de mots froid à analyser, ca se ressent, ca se vit

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il y a encore beaucoup de choses à dire sur la poésie, mes mots ne suffisent pas !
La poésie c'est justement tenter de mettre des mots sur des choses simples dont pourtant il n'y a pas de mot qui correspond... Et je parle pas de concepts et de créations humanos centrées

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l'essai, beaucoup moins codifié
Donc, non, moins d'historique de codification, mais pas moins codifié



Et pour terminer vu que ca te tient à coeur de prendre des exemples, des codes, des formules plutôt que de s'aventurer à comprendre le fond

Pour le texte 1, c'est une prose oui mais. Seul la fin et le début sont en prose, le milieu c'est de l'essai. L'auteur montre que c'est une reflexion poétique qui l'a amené à disserter.
Le 3 c'est de la prose, oui mais. C'est surtout un passage plus poétique d'un roman, la poétique est bien plus rigide et bridée que dans les autres textes (vu qu'il est sorti de son contexte, il doit l'être entre toutes les autres passages, mais là..)



Voilà maintenant je vais arrêter de répondre à un 'débat' sur un topic avec un titre aussi idiot (vraiment je pense que c'est un faux débat), juste dommage que tu préfère, Alan, en discuter sur un autre topic plutôt que de refuser toute remarques un tant soit peut négative sur ce que tu écris, de personnes comme pehache qui auraient sûrement discuter de ces choses là aussi bien, si tu l'avais permis. (mini edit, j'efface pas juste pour te dire que les textes aussi sont des espaces de discussion, mais tu l'as compris alors te brusques pas pour ce que je viens de dire là, merci)
C'est tout pour moi.
Titre: Re : Re : Re : Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Alan Tréard le 05 Avril 2016 à 12:13:34
Alors, alors, beaucoup de choses. Je vois que c'est un sujet qui compte beaucoup à tes yeux ; moi aussi, sache-le. D'abord je te remercie de dire le fond de ta pensée ici plutôt que sur le fil-même des poèmes que je poste pour obtenir des avis sur le rythme, les effets de style employés et le traitement du sujet.

Je préfère qu'on en parle sur un fil adapté plutôt que de prendre l'habitude de flooder sur les textes des auteurs et perdre peu à peu l'équilibre qui permet à tous de s'y retrouver.

Lorsqu'on parle du traitement du sujet, de comment j'en parle, de sous quel angle je le traite, on est forcément obligé de parler du fond et du sujet. En fait, mes mots sont insuffisants pour parler de la poésie, c'est pour ça qu'il faut préserver une liberté d'expression, et ainsi un petit endroit paisible dans lequel chacun peut donner ses sentiments sur la question. J'ai modifié le titre du sujet qui portait trop à confusion, il vaut mieux clarifier le débat. Ainsi, je n'ai pas utilisé le mot "fond", c'est parce qu'il était compris dans le terme "traitement du sujet" ou "utilisation." En résumé, on peut parler de la forme pour parler du fond, mais si quelqu'un ne veut que parler du fond en poésie, il faut l'accepter.

(les mecs qui assurent ca ont à mon aviss un égo surdimensionné ou un individualiste nombriliste très prononcé -et c'est le cas de beaucoup de philosophes...-)
tu t'autoproclames casseurs de code et tu fais de la poésie parce que tu as repris certains de ces codes pour les appliquer à l'essai, mais dans le fond, la poésie pour ce qu'elle est, tu t'en fiches ? Non que ce soit bien clair, tu t'amuses avec des codes, le lecteur, pfiou rien à faire, rien a lui faire ressentir
Tu as oublié le fond ! On disserte poésie, une des choses les plus difficiles à cerner, ce qu'est quelque chose de poétique, tu parles, tu ouvres des sujets, tu écrit des poèmes, et tu oublies de parler, de penser à la seule chose fondamentale de la poésie, le fond. Quand je parle de fond, tu dois penser message, idéaux, combat...
C'est marrant parce que mythiris te défendait justement pour dire que la poésie n'était pas affaire de codes, qu'elle pouvait totalement s'en passer etc, et que là, tu la contredis totalement en montrant que tu ne t'interesse qu'à la forme et aux codes pour les détourner 
Si tu écris une poésie en reprenant tout ses codes classiques, et que tu me fait un poème avec plein de style synthaxiques, sur un aspirateur.
tu continues à regarder l'île. Si ce même poème tu lui rajoute une touche d'humour, pour faire simple, on a un poème humouristique !
Tu dis que l'essai est moins exigeant sur sa forme, mais absolument pas !!! Il impose, et tu le sais, même en s'engageant corps et âme dans ce qui est écrit, une retenue émotive, une retenue personnelle pour s'en tenir à des idées,
juste dommage que tu préfère, Alan, en discuter sur un autre topic plutôt que de refuser toute remarques un tant soit peut négative sur ce que tu écris, de personnes comme pehache qui auraient sûrement discuter de ces choses là aussi bien, si tu l'avais permis. (mini edit, j'efface pas juste pour te dire que les textes aussi sont des espaces de discussion, mais tu l'as compris alors te brusques pas pour ce que je viens de dire là, merci)

Tu... Tu... Tu... !!

C'est un réquisitoire, il me faut un plaidoyer !  :aah:

Tu comprends Alan ?

Heu...

C'est tout pour moi.

Non, non, ne t'inquiète pas, je ne suis pas réticent à en parler. On s'est mal compris. Au contraire, nous devons en parler. Et puis, si tu t'emportes, moi aussi je me suis emporté précédemment, c'est qu'on n'est pas si différent l'un de l'autre. C'est clair que tu attends des explications : pourquoi avoir ouvert ce sujet ? À quoi bon ?

D'abord, je dois dire que tu as raison quand tu dis que ma poésie est très codifiée, qu'elle en oublie un peu le reste. Il me serait difficile de cacher que je reprends les codes de mes prédécesseurs, et que je n'en réinvente quasiment aucun. Je ne suis pas dans une poésie sentimentale, romantique, baroque, je suis plutôt dans une poésie de la méditation et du doute, (remarque: certains me diront que le romantisme est une méditation, ce sur quoi ils n'ont pas tort, d'où le titre du recueil de Lamartine Méditations poétiques.) et bien sûr, j'ai autant de respect pour toutes les formes de poésie, innovantes et vieux jeu, je ne demande qu'une petite place dans le monde, c'est tout.

Si tu aimes une autre forme de poésie que la mienne, tu feras d'heureux poètes : ceux qui se distinguent de mon style.

Je t'entends dire que je m'attache aux codes de la poésie pour les casser, mais en fait, je ne les casse jamais, je suis un grand traditionaliste. Disons plutôt qu'il y a eu une attitude en particulier qui me paraissait être déraisonnable, et je l'ai questionnée avant qu'elle ne s'en prenne à moi. Si je devenais la cible des anti-poètes, ce à quoi je m'attends déjà (notamment venant de la part des djihadistes qui brûlent des livres), alors il faudrait que je me sois bien préparé à défendre mon travail et celui de mes prédécesseurs (car tous les poèmes seront condamnés).

Ce fil permet de mettre un peu d'histoire sur la table, de rétablir le dialogue.

C'est aussi un bon moyen de questionner les affirmations rhétoriques de quelques uns face au paysage littéraire de tous.

On a, en France, des voix fortes de l'égarement qui affirment que la poésie n'a pas de codes pour en fait cacher la grande ignorance qui les caractérise :
La poésie n'a pas de codes, et c'est moi qu'a raison...
Sauf que lorsqu'on leur propose une série de poèmes connus construits sur un principe codifié, ils répondent étrangement :
Ah ! Non, la poésie, c'est pas ça... C'est autre chose...
Toujours dans l'idée de cacher leur ignorance. Ils opposent le seul argument du plus fort, celui de la colère, celui de l'individualisme. Mais s'ils disent que "la poésie, c'est pas ça" ils disent bien que la poésie a des codes, puisqu'elle n'est pas ça mais autre chose. Comment pourrait-on ne "pas être ça" si l'on ne peut pas être identifié par des codes ? Alors nous attendons leur avis sur les poèmes proposés.
Charles Baudelaire, René Char, Paul Éluard, Le Comte de Lautréamont, c'est pas de la poésie !!
Bref, on en arriverait à effacer toute une part de l'histoire française de la littérature pour faire plaisir à des ignorants. Qui plus est, dans cette histoire, au lieu de parler de poésie en prose, on ne parle que d'un seul poète : Alan Tréard (et encore, je ne suis même pas sûr que certains reconnaissent mon identité de poète, voire efface mon visage d'auteur). C'est pire que de l'obscurantisme, c'est carrément de la tyrannie.

 :roidumonde:

Alors, non, ce n'est pas un faux débat parce que des idées intéressantes en sont ressorties, et puis ça invitera peut-être quelques membres du forum à s'intéresser un peu plus à la poésie en prose ; mais le sujet est ailleurs, là où certains ne l'ont peut-être pas vu. À travers cette question un peu absurde, "sont-ce là des poèmes ?" je pose une autre question beaucoup plus décisive...

Le sujet, c'est : peut-on laisser quelques fortes têtes décider de ce qui est et de ce qui n'est pas de la poésie, sans jamais apporter d'arguments historiques, sous prétexte qu'ils sont un peu plus autoritaires que les autres ? Allons-nous détruire notre bel héritage au profit de la réputation de quelques uns ?

Et puis, effacer les repères, les distinctions entre les différentes formes littéraires, n'est-ce pas un peu périlleux ? Même s'il est normal que les modérateurs aient décidé de ne pas distinguer les textes entre eux, peut-on en tirer la conclusion qu'aucun texte ne se distingue de l'autre ?

Doit-on se résoudre à tout uniformiser ? Je souhaite pouvoir poster dans la catégorie "poèmes" sereinement, sans qu'on vienne m'opposer son désaccord, sauf si celle-ci est renommée "catégorie textes en vers," auquel cas je posterai dans la catégorie "textes en prose."

Je vous invite à aller voir un libraire pour acheter de la poésie en prose, mais vu que vous ne voulez pas dire que c'est de la poésie, à dire au libraire :
"Je voudrais des textes courts qui ressemblent à des essais mais qu'en fait c'est quelque chose qui ne dit pas exactement la vérité, mais qu'à travers ça, ça dit la vérité..."
Bon courage au libraire pour vous trouver quelque chose d'adapté !

Je crois même que vous serez rapidement perdus si vous n'employez jamais le terme "poésie en prose" pour parler de ce modèle, nombreux sont ceux qui ne vous comprendront plus jamais.

Et si demain je sortais un recueil de poème, moi ou un autre poète qui écrit de la poésie en prose, on ferait quoi ? Catégorie inclassable ? On le rangerait dans le rayon "machins"?

Bon, je vais revenir sur certains points car tu dis beaucoup de choses vraies que je ne démens pas, bien sûr.


Ah ! Oui, j'aime bien ta conclusion, on entre dans le vif du sujet.

Pour le texte 1, c'est une prose oui mais. Seul la fin et le début sont en prose, le milieu c'est de l'essai. L'auteur montre que c'est une réflexion poétique qui l'a amené à disserter.
Le 3 c'est de la prose, oui mais. C'est surtout un passage plus poétique d'un roman, la poétique est bien plus rigide et bridée que dans les autres textes (vu qu'il est sorti de son contexte, il doit l'être entre toutes les autres passages, mais là..)

Eh ! Oui, qui fait quoi, quoi est quoi ? Que peut-on catégoriser ? Quelle prose est vraiment poétique ? Est-ce que pouvoir catégoriser un élément, c'est pouvoir tous les catégoriser ? J'ai su désigner des poèmes en prose, puis-je désigner pour autant toutes les formes de poésie ? C'est peu probable... Est-ce que ne pas pouvoir catégoriser tous les éléments, c'est ne pouvoir en catégoriser aucun ?

Et à ce moment-là, les ignorants ne pouvant rien catégoriser, doit-on abandonner toute forme de catégorisation dans les discours ? Doit-on ne plus rien chercher à comprendre ?

Autrement dit, on ne parle plus de rien, plus rien ne doit être débattu.

Et à la fin, l'isolement. C'est ça, le sens de la vie : tout seul qui ne connait rien. L'isolement et la solitude universelle, la fin des considérations humaines.

Et pourquoi pas le silence ?

Et je parie que tout va bien se passer. Je suis dans ma bulle, j'observe le monde d'un œil fermé. Après, plus personne ne comprendra plus rien, mais au moins, toutes les inquiétudes seront effacées.

C'est un peu le paradis sur Terre.
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Aléa le 05 Avril 2016 à 13:28:09
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dire le fond de ta pensée ici plutôt que sur le fil-même des poèmes que je poste pour obtenir des avis sur le rythme, les effets de style employés et le traitement du sujet.
Mais donc ouaip t'as pas lu ce que je dis... Le fond c'est le principal, IL FAUT en discuter texte à l'appui, sinon t'avances pas, tu as beau avoir toutes les formes que tu veux... je comprend pas ce pourquoi tu considères ca comme du flood ?  :???: c'est le lieu idéal plutôt que ce topic avec un titre, qui correspond pas au premier post, et une intention, qui correspond à aucun des deux


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Non, non, ne t'inquiète pas, je ne suis pas réticent à en parler. On s'est mal compris. Au contraire, nous devons en parler. Et puis, si tu t'emportes, moi aussi je me suis emporté précédemment, c'est qu'on n'est pas si différent l'un de l'autre.
Non tu n'es pas réticent, mais j'ai pas l'impression d'avoir tellement un dialogue avec toi
Oula non, ne compares pas ta crise colérique avec mon exposition de pensée stp.

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D'abord, je dois dire que tu as raison quand tu dis que ma poésie est très codifiée, qu'elle en oublie un peu le reste.
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e t'entends dire que je m'attache aux codes de la poésie pour les casser, mais en fait, je ne les casse jamais, je suis un grand traditionaliste.
Tu te rends compte que tu te contredis tout seul sur l'interpretation de ce que je t'ai dis? Tu es sûr que tu m'as vraiment lu Alan ou tu suis juste le fil de tes propres pensées?
Je reprenais simplement mythiris quand aux codes que tu pourrais casser (vu que tu fais de l'essai sous forme poétique mais pas de la poésie), et son explication était plus fine que ca

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Toujours dans l'idée de cacher leur ignorance. Ils opposent le seul argument du plus fort, celui de la colère, celui de l'individualisme. Mais s'ils disent que "la poésie, c'est pas ça" ils disent bien que la poésie a des codes, puisqu'elle n'est pas ça mais autre chose. Comment pourrait-on ne "pas être ça" si l'on ne peut pas être identifié par des codes ? Alors nous attendons leur avis sur les poèmes proposés.
Et tu as vraiment lu les commentaires des gens?
Je veux dire, ton petit piège était grossier, et personne n'a dit explicitement ce n'est pas de la poésie, ils se sont questionnés, ils ont dit que ca pouvait avoir des formes de poésies mais que ce n'était que des extraits sortis de contextes donc dur à juger etc etc, bref c'était bien plus interessant que juste montrez du doigt AHA vous voyez bande d'idiots vous savez même pas reconnaitre les grands auteurs, vous voyez que c'est impossible de catégoriser donc j'ai raison !
Franchement je m'en fout pas mal que ce soit baudelaire, jean pierre ou autre, ouaip ils écrivent bien, ca n'empeche que certain de leur textes sont bien en dessous de certains inconnus, ca n'empeche qu'il n'appartiennent pas forcément à une case, ca m'empeche pas d'essayer d'apprécier les mots pour ce qu'il provoque, pas pour leur historique
Bref en voyant ca j'ai pas voulu participer à ce petit jeu car c'était clair que c'était juste pour prouver que toi tu pouvais faire ce que tu veux. Les gens de savoir m'emmerdent. Ils savent plein de choses, de livres, d'auteurs, de formes, de codes, mais ils ne comprennent rien. Tu es un gens de savoir.
Et c'est pour ca qu'on tas dis que tu restais sur la superficialité. Surement que si on pensait comme toi, ce serait un compliment de dire que tu as une belle maitrise du romantisme du premier quart du siècle (pas le second), juste que pour moi c'est une abération qui n'apporte rien à la littérature, qui n'a aucune créativité. (je grossis le trait hein, je peux apprécier, mais ca a pas de sens de vouloir à tout prix construire la forme du sens sans y mettre)


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Qui plus est, dans cette histoire, au lieu de parler de poésie en prose, on ne parle que d'un seul poète : Alan Tréard (et encore, je ne suis même pas sûr que certains reconnaissent mon identité de poète, voire efface mon visage d'auteur). C'est pire que de l'obscurantisme, c'est carrément de la tyrannie.
Non c'est juste puérile et débile. C'est pour ca qu'il faut parler de ses textes et de son travail sur le topic de ses textes et de son travail, là je trouve ca ridicule mais si t'en es fier...


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Le sujet, c'est : peut-on laisser quelques fortes têtes décider de ce qui est et de ce qui n'est pas de la poésie, sans jamais apporter d'arguments historiques, sous prétexte qu'ils sont un peu plus autoritaires que les autres ? Allons-nous détruire notre bel héritage au profit de la réputation de quelques uns ?
Mais je te retourne la question... Les arguments historiques perso je m'en balance. J'ai croisé plus de clochards intelligents et poète et pourtant sans culture, que de petits rat de bibliothèques vouant des cultes à des institutions et des auteurs d'époques depassées...

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Je crois même que vous serez rapidement perdus si vous n'employez jamais le terme "poésie en prose" pour parler de ce modèle, nombreux sont ceux qui ne vous comprendront plus jamais.

Et si demain je sortais un recueil de poème, moi ou un autre poète qui écrit de la poésie en prose, on ferait quoi ? Catégorie inclassable ? On le rangerait dans le rayon "machins"?
Ca va nulle part ce que tu dis et ca a aucun rapport avec la discussion

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Je vous invite à lire La Poétique d'Aristote : à l'époque (Grèce antique), il a essayé de définir ce qu'est un bon poème (le roman n'existait pas) et il est parti d'un must de l'époque : L'Odyssée. En fait, ses catégories à l'époque fonctionnaient, mais si on suivait ses préceptes aujourd'hui, on en viendrait à dire que Victor Hugo, le poète français le plus connu au monde, est un mauvais poète.
blablabla bla pour comprendre ce qu'est le fond de la poésie tu n'as pas besoin de tout ca
Oui les formes ne sont pas des vérités, c'est ce que je te disais mais tu ne semblais pas me croire  ^^

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Le fond est la "seule chose fondamentale en poésie" selon toi.
Tu veux lancer un sondage ? Vasy tiens, lance ce sondage plutôt que celui en cours
"Selon vous qu'est ce que y le plus capital pour décrire ce qu'est la poésie ?
1 Le fond de ce qu'y s'y trouve
2 Sa forme et ses codes structurels"


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Faux, tu iras réviser les Méditations Métahysiques, lorsque Descartes a douté de tout, il obtient une certitude, Une Certitude, et cette base lui permet de vérifier de nouvelles certitudes. Descartes a inventé la démarche scientifique, celle qui fait des hypothèses, puis les vérifie méthodiquement, autrement dit ce qui a donné la science moderne. Descartes n'était pas un sceptique, c'est un sophisme.
Voilà donc encore m'as lu en diagonale puisque je te dis que tout ce doute est ressorti une des seules certitudes stable de la philosophie, je te montrai juste que si on ne retiens que la certitude et la sciences qui en est sortie, on oublie d'observer avec des yeux naifs et non structuré TOUT le reste (du coup j'ai du mal à croire que tu ai compris ma métaphore)

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Eh ! Oui, qui fait quoi, quoi est quoi ? Que peut-on catégoriser ? Quelle prose est vraiment poétique ? Est-ce que pouvoir catégoriser un élément, c'est pouvoir tous les catégoriser ? J'ai su désigner des poèmes en prose, puis-je désigner pour autant toutes les formes de poésie ? C'est peu probable... Est-ce que ne pas pouvoir catégoriser tous les éléments, c'est ne pouvoir en catégoriser aucun ?
Non c'est aucun vif tu sujet, c'est juste ce que tu voulais que je dises, ton petit jeu qui avait pas pour but d'essayer de discuter, mais juste balancer des questions verbieuses sur des inversions douteuses de mots pour tenter de donner du sens sur un peu tout, je suis sûr que tu l'avais préparé cette petite tirade


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Je suis dans ma bulle, j'observe le monde d'un œil fermé. Après, plus personne ne comprendra plus rien
t'inquiètes on peut comprendre sans tes ô hautes considérations métaphysiques sur... La couleur et les motifs du vase où meurent pourtant les roses...


Titre: Re : Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Alan Tréard le 05 Avril 2016 à 14:52:22
Écoute, si ça peut te rassurer, je déclare ici que je me suis trompé, qu'il ne faut plus m'écouter, et qu'il faut me laisser tomber.

J'ai probablement inventé quelque chose quelque part, sans m'en rendre compte, et j'ai sûrement fait une grossière erreur.

Voilà, j'arrête le débat, mon combat se termine ici, retour à la normale, fais comme avant, oublie-moi, je ne suis qu'un menteur qui se contredit. C'est trop difficile, je n'en suis pas capable, j'abandonne la poésie, c'est comme ça.

J'espère que tu comprendras mon choix de te donner raison, et de ne plus vouloir en parler. Il y a des fois où on perd, j'ai perdu, je reconnais ma défaite. Je ne vais pas effacer mes poèmes parce que je n'en suis pas capable, ça me serait trop douloureux, et je ne sais plus du tout quoi faire. Mon esprit s'efface, mon identité se perd, je ne sais plus qui je suis. Je n'aurais probablement pas dû ouvrir ce fil, je suis désolé.

Voilà, donc je me donne tort à moi-même, parce que je n'ai plus le courage d'expliquer ma position ; position qui est probablement la mauvaise, et que je ne veux plus avoir à défendre. Tu m'as prouvé que j'avais faux sur toute la ligne, que je suis incapable de parler de poésie, et qu'il vaut mieux tout détruire !

Disons que je suis probablement un doux rêveur, et qu'il faut me laisser dans mon petit monde, et qu'il faut faire semblant que je n'existe pas. J'espère que ça suffira à t'apaiser et à m'épargner, je souffre trop de voir cette colère insatiable.

Est-ce que ça suffit ? ou est-ce que ça ne suffit pas à t'apaiser ?

J'espère vraiment que tu accepteras ma reddition.

Voilà,
Alan.
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: ernya le 05 Avril 2016 à 17:54:53
Alan, pourquoi parler de "reddition", nous ne sommes pas en guerre et ben G n'est pas une divinité qu'il faudrait apaiser.

Je n'ai pas suivi tout le débat. Je tique surtout sur le fait que tu dis que comme tu ne sais pas parler de poésie, tu dois arrêter d'en écrire. Je ne vois pas bien le rapport. Le travail du critique et le travail d'un auteur peuvent se conjuguer mais l'un n'oblige pas l'autre.

Que la question de pehache (je crois) sur la bonne place d'un de tes textes t'interroge voire te fasse te remettre en question, je peux le comprendre. Par contre, là où je ne te suis plus, c'est quand tu pars du principe que dans un débat sur la question du genre (qui fait débat dans la critique et où il n'y a pas de réponse définie) il doit y avoir un vainqueur.
J'ai l'impression que tu assimiles le fait de changer d'avis avec la destruction d'une partie de toi-même ou de tes productions. Je trouve ça triste en fait. T'es pas en train de te renier parce que tu changes d'avis  :o
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Alan Tréard le 05 Avril 2016 à 18:26:28
Mais simplement, Ben.G me reproche de ne pas faire de la poésie, d'être un rat de bibliothèque.

Une bibliothèque, c'est un lieu d'échange dans lequel chacun peut venir puiser les ressources dont il a besoin, c'est un lieu de libertés et d'ouvertures.

Un rat de bibliothèque... C'est trop pour moi, je préfère clore le débat. J'aime trop ces lieux d'égalité et de diversité pour en parler plus longtemps. Et en ce qui concerne mon propre parcours de poète, j'ose croire que je trouverai la force de surmonter cet obstacle comme je les ai surmontés précédemment.

Les djihadistes font bien pire.

Je veux simplement que Ben.G ne m'accuse pas des pires choses, c'est pour ça que j'essaie de dire tout et n'importe quoi pour l'apaiser. Ce qui compte, c'est qu'il me laisse dans ma différence, même si je dois dire des choses pour lui faire plaisir. Quand je dis des choses normales, les colères grondent, alors je préfère dire des bêtises par peur que ça ne s'empire encore et encore, à la fin, ce sera la fin.

Les paysages de désolation, ça commence à bien faire ! Autant trouver un moyen de calmer les reproches, même s'il faut mentir. Je peux bien faire semblant que je suis un gros débile, ce n'est qu'une histoire de mise en scène.

Je ne sais plus qui disait qu'il y a les arbres qui tombent pendant la tempêtes, et les roseaux qui se plient mais ne se déracinent pas. N'était-ce pas Voltaire ? Non, pas lui... Je crois que c'était quelqu'un d'autre... Finalement, je suis un roseau, c'est mon droit.
Titre: Re : Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Luna Psylle le 05 Avril 2016 à 18:42:36
Je ne sais plus qui disait qu'il y a les arbres qui tombent pendant la tempêtes, et les roseaux qui se plient mais ne se déracinent pas. N'était-ce pas Voltaire ? Non, pas lui... Je crois que c'était quelqu'un d'autre... Finalement, je suis un roseau, c'est mon droit.

C'est l'Empereur dans Mulan ;D ! (Edit : mon copain vient de me rappeler que c'était la montagne et pas le roseau dans Mulan ;D "qu'importe que le vent hurle, la montagne, jamais ne ploiera devant lui" :coeur: )*je sors... et je reviens pour la suite de mon commentaire ^^*

En fait, le problème, c'est que chacun a une interprétation différente. Il faut parfois savoir confronter son avis à celui des autres et avoir l'impression d'être en tort, alors qu'en réalité on a raison et l'autre en face aussi. Ce sont juste des interprétations différentes.

Un avis personnel : ce texte (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,19274.msg311026.html#msg311026) peut s'apparenter à un poème (quoi ? qu'ouïe-je ? je mets un gentil petit lien vers un de mes textes ? _/-o_ :mrgreen:). Pourquoi ? Parce qu'à mon sens, il reflète un sentiment avec une scène et des mots que chacun peut s'approprier et que c'est ça qui fait un poème pour moi (oui, je sais, je l'ai mis en textes courts, parce que j'avais envie de le mettre là :P).

Donc, finalement, un texte est ce que tu décides d'en faire. Tu veux en faire un poème ? Eh bien, travaille-le de sorte à ce que la poésie telle que tu l'entends en ressorte :) !
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: pehache le 05 Avril 2016 à 18:45:00
Viv' a dit: "C'est MON avis :huhu:  (et je n'en changerais pas) "
Ah... Un conditionnel... Tu n'en changerais pas- sauf.... ? tu n'en changerais pas- pour tout l'or du monde ?
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Angarth le 05 Avril 2016 à 20:08:46
Donc, finalement, un texte est ce que tu décides d'en faire. Tu veux en faire un poème ? Eh bien, travaille-le de sorte à ce que la poésie telle que tu l'entends en ressorte :) !
J ai failli vouloir te manger dessus en ne voyant que le début, mais effectivement c est bien cela :chut:


Bien sûr que ce Baudelaire, ce Maldoror, c est du poème en prose. La vraie question : "pourquoi est ce qu on se demande ce que le mien de texte est au juste", et parti de là comme tu le demandes, comment mieux faire? A mon avis, tu peux trouver une bonne partie de la réponse dans ce genre de passages :

C'est beau, n'est-ce pas ?
Oui, que ferez-vous après ça ?
On ne s'ennuie pas, c'est clair !
C'est vrai, non ?
Que demandent les poètes ?
Difficile de prendre position, je l'avoue.

L idée générale du fond ne m a pas semblé le problème, mais on est bien d accord, c est un poème, ou un essai. Ce niveau de langage me semble difficile à faire entrer, mais surtout un poème, c est un flux continu. Le poème en prose exige encore moins de relachement, ce qui a fait dire que son succès était plus difficile que celui du vers (c est surtout une question de bagage et d habitude). Donc on a beau se libérer des contraintes du vers, il ne faut pas croire que ça rende l exercice moins contraignant ou plus facile : ce n est pas une forme pour les handicapés du vers, mais pas du tout. Et on est bien d accord qu une tentative ne fait de personne un nul, chaque forme a ses "trucs" à saisir, je lis un poète en prose qui a à peine su faire un ver qui tenait debout.

Evidemment, toute idée de poème ne demande pas les mêmes nuances de style. Encore une fois et comme c est souvent le cas, ce genre de texte précisément s appuiera volontiers sur l "association rare" (le crabe de la débauche, blabla). Maintenant ce n est qu un des éléments du style : quelle est sa réussite dans le cadre, sa qualité, son intérêt?

Ici on distinguait effectivement de la recherche, et un peu de réussite. Mais comme dans tous les cas où la valeur poétique arrive clairsemée, ça rapproche plus de la prose tout court que d un poème, tout simplement.
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: pehache le 05 Avril 2016 à 20:54:55
Tiens, un point d'accord: oui, la poésie "en prose", c'est plus difficile, justement parce que le soutien de la versification et la pancarte: attention, poésie! ne sont pas placés en signe d'avertissement.
Mais croire que C.B. ou Lautréamont ont pour autant dédaigné la musicalité, c'est se fourrer le doigt... (dans le nez ?).
Compenser par la richesse des images, la précision lexicale, c'est difficile.
Titre: Re : Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Vivi le 06 Avril 2016 à 02:46:32
Viv' a dit: "C'est MON avis :huhu:  (et je n'en changerais pas) "
Ah... Un conditionnel... Tu n'en changerais pas- sauf.... ? tu n'en changerais pas- pour tout l'or du monde ?
Je suis complétement vénale :mrgreen:
Titre: Re : Re : Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: MillaNox le 06 Avril 2016 à 11:21:37
Viv' a dit: "C'est MON avis :huhu:  (et je n'en changerais pas) "
Ah... Un conditionnel... Tu n'en changerais pas- sauf.... ? tu n'en changerais pas- pour tout l'or du monde ?
Je suis complétement vénale :mrgreen:
depuis quand tu t'accordes au féminin Viviane ? :\?

sinon pour le débat, je suis pas sure que ce soit vraiment important d'avoir des définitions uniques des choses ? On peut avoir chacun sa façon de penser, lire et créer de la poésie à mon sens, et on s'en fout un peu (beaucoup) de la case où ça se range, l'intérêt principal (pour moi) c'est le plaisir de créer.
Titre: Re : Re : Re : Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Vivi le 06 Avril 2016 à 11:34:19
Viv' a dit: "C'est MON avis :huhu:  (et je n'en changerais pas) "
Ah... Un conditionnel... Tu n'en changerais pas- sauf.... ? tu n'en changerais pas- pour tout l'or du monde ?
Je suis complétement vénale :mrgreen:
depuis quand tu t'accordes au féminin Viviane ? :\?
depuis que je me désaccorde lol

pour revenir au thème : prose toujours tu m'instructionnes :D
Titre: Re : Re : Re : Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Alan Tréard le 06 Avril 2016 à 13:03:52
sinon pour le débat, je suis pas sure que ce soit vraiment important d'avoir des définitions uniques des choses ? On peut avoir chacun sa façon de penser, lire et créer de la poésie à mon sens, et on s'en fout un peu (beaucoup) de la case où ça se range, l'intérêt principal (pour moi) c'est le plaisir de créer.

Hé bien, je ne suis pas contre, mais quand quelqu'un dit à un poète "Tu ne fais pas de poésie" il range cette personne dans une case, n'est-ce pas ?

Moi, de toute façon, ernya m'a certifié qu'on ne m'empêchera pas de poster dans la section Poésie ; ça me suffit, et je lui fais confiance.

Donc on a beau se libérer des contraintes du vers, il ne faut pas croire que ça rende l exercice moins contraignant ou plus facile : ce n est pas une forme pour les handicapés du vers, mais pas du tout. Et on est bien d accord qu une tentative ne fait de personne un nul, chaque forme a ses "trucs" à saisir, je lis un poète en prose qui a à peine su faire un ver qui tenait debout.

Je pense qu'il y a des handicapés du vers, et des lecteurs handicapés. Pour ma part, j'ai pris l'habitude d'accepter les lecteurs handicapés au même titre que les autres, c'est une façon de lutter contre l'exclusion.  :meeting:
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: MillaNox le 06 Avril 2016 à 13:39:11
bah la frontière est parfois mince entre poésie et prose, et ça me parait pas la fin du monde que quelqu'un demande si c'est vraiment la bonne section ou dise "je pense que c'est plutôt une autre section". je pense qu'il y a moyen de dire "oui peut-être bien" ou "non je trouve pas" ou "bwof on s'en fout" sans que ça parte sur des pages et des pages.
(toutefois c'est un avis personnel et si vous vous faites plaisir à débattre c'est cool hein)

par contre,
Citer
il range cette personne dans une case
je voudrais attirer ton attention sur le fait qu'on parle des textes dans les différents topic, et non des auteurs. si quelqu'un te dit "c'est plus du texte court que du poème" il ne parle pas de toi mais de ce que tu as écrit et posté dans ce topic là. Ni de toi ni de l'ensemble de ta production.

Citer
Je pense qu'il y a des handicapés du vers, et des lecteurs handicapés. Pour ma part, j'ai pris l'habitude d'accepter les lecteurs handicapés au même titre que les autres, c'est une façon de lutter contre l'exclusion.  :meeting:
là par contre, je te trouve déplacé. ce n'est pas parce qu'un lecteur lira d'une autre façon que celle attendu par l'auteur, ou que celle d'autres lecteurs, qu'il a un "handicap". ça n'a juste rien à voir avec la choucroute.

et enfin
Citer
Mais simplement, Ben.G me reproche de ne pas faire de la poésie, d'être un rat de bibliothèque.

Une bibliothèque, c'est un lieu d'échange dans lequel chacun peut venir puiser les ressources dont il a besoin, c'est un lieu de libertés et d'ouvertures.

Un rat de bibliothèque... C'est trop pour moi, je préfère clore le débat. J'aime trop ces lieux d'égalité et de diversité pour en parler plus longtemps. Et en ce qui concerne mon propre parcours de poète, j'ose croire que je trouverai la force de surmonter cet obstacle comme je les ai surmontés précédemment.

Les djihadistes font bien pire.

Je veux simplement que Ben.G ne m'accuse pas des pires choses, c'est pour ça que j'essaie de dire tout et n'importe quoi pour l'apaiser. Ce qui compte, c'est qu'il me laisse dans ma différence, même si je dois dire des choses pour lui faire plaisir. Quand je dis des choses normales, les colères grondent, alors je préfère dire des bêtises par peur que ça ne s'empire encore et encore, à la fin, ce sera la fin.

Les paysages de désolation, ça commence à bien faire ! Autant trouver un moyen de calmer les reproches, même s'il faut mentir. Je peux bien faire semblant que je suis un gros débile, ce n'est qu'une histoire de mise en scène.

Je ne sais plus qui disait qu'il y a les arbres qui tombent pendant la tempêtes, et les roseaux qui se plient mais ne se déracinent pas. N'était-ce pas Voltaire ? Non, pas lui... Je crois que c'était quelqu'un d'autre... Finalement, je suis un roseau, c'est mon droit.
pour moi c'est surréaliste ces histoires de reproches, de djihadistes etc. si c'est pas du troll, ben euh  :o
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Angarth le 06 Avril 2016 à 14:31:29
sinon pour le débat, je suis pas sure que ce soit vraiment important d'avoir des définitions uniques des choses ? On peut avoir chacun sa façon de penser, lire et créer de la poésie à mon sens, et on s'en fout un peu (beaucoup) de la case où ça se range, l'intérêt principal (pour moi) c'est le plaisir de créer.
Mais ce n est pas une question de définition unique : un poème en prose ce n est pas ce que tu veux, c est tout, ce n est pas contraignant pour rien.

Si tu fais un "alexandrin" sans respecter les codes, je ne te rends pas service en disant oui, c est peut être un alexandrin. Maintenant, si ce n est pas un alexandrin, je dois bien me demander ce que c est avant de pouvoir juger. Si tu me montres un passage en prose poétique d un roman, et que tu me dis tiens comme ça le poème, bah non, ta définition est trop large : tu te bases sûrement sur de mauvais modèles. Bien sûr qu il y a de mauvais lecteurs, mais ce n est pas une raison pour ne pas remettre son truc en question.
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: MillaNox le 06 Avril 2016 à 15:04:09
sinon pour le débat, je suis pas sure que ce soit vraiment important d'avoir des définitions uniques des choses ? On peut avoir chacun sa façon de penser, lire et créer de la poésie à mon sens, et on s'en fout un peu (beaucoup) de la case où ça se range, l'intérêt principal (pour moi) c'est le plaisir de créer.
Mais ce n est pas une question de définition unique : un poème en prose ce n est pas ce que tu veux, c est tout, ce n est pas contraignant pour rien. Si tu fais un alexandrin sans respecter les codes, je ne te rends pas service en disant oui, c est peut être un alexandrin. Maintenant, si ce n est pas un alexandrin, je dois bien me demander ce que c est avant de pouvoir juger. Si tu me montres un passage en prose poétique d un roman, et que tu me dis tiens comme ça le poème, bah non, ta définition est trop large : tu te bases sûrement sur de mauvais modèles. Bien sûr qu il y a de mauvais lecteurs, mais ce n est pas une raison pour ne pas remettre son truc en question.
hmmmmm en fait je pense que la contrainte c'est l'auteur qui se la donne au moment où il crée. s'il a envie de faire des alexandrins, oui il lui faudra 12 syllabes, s'il a envie de faire des vers libre, beh il le fait et c'est peut-être plus le flux qui interpellera, etc. Du coup les lecteurs vont  fonctionner selon les contraintes que l'auteur se sera donné, s'adapter au texte (et non se placer dans un truc universel pour dire si c'est de la poésie ou pas). à partir de là, si c'est un essai de sonnet, oui bien sûr on va parler des codes du sonnets, etc. Je sais pas si je suis claire dans ce que je dis ?

Citer
Si tu me montres un passage en prose poétique d un roman, et que tu me dis tiens comme ça le poème, bah non, ta définition est trop large : tu te bases sûrement sur de mauvais modèles.
ça j'ai pas compris. Quand on commente on se demande pas spécialement si tel passage entre dans le genre poésie ou pas, enfin qu'est-ce que ça apporterait ? Effectivement là la question de base c'était juste où poster tel texte, mais je crois que les sections séparent les textes courts/textes longs/poèmes/chansons/textes en langues étrangères pour un côté pratique, pour aussi permettre à un lecteur qui a envie d'un truc précis de trouver plus facilement mais que c'est en sachant qu'il y a des passerelles, des trucs à cheval et que c'est pas tellement figé. (mais que oui on essaye tous de poster au bon endroit pour des questions pratiques quoi)

Citer
Bien sûr qu il y a de mauvais lecteurs
je comprends pas ce que c'est censé être un mauvais lecteur ? Je suppose que tu te places dans le cadre du forum où on ne fais pas que lire mais où on donne aussi des avis. Auquel cas il y a effectivement des commentaires qui me paraissent inutiles ou insensés parfois (du trollage en fait essentiellement). par contre au niveau lecture, en soi c'est un truc personnel, celui qui lit prend ce qui lui parle dans ce qu'il lit et voilà, parfois du sens, parfois des sensations, parfois rien. mais je vois pas trop comment on peut être un mauvais lecteur :\?
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Angarth le 06 Avril 2016 à 17:00:23
MillaNox, je voulais parler du mec qui essaie de faire un alexandrin : au final ce n en est pas tout à fait un. On est d accord : qu un texte puisse être classé sf ou fantastique ou autre, parfois un seul intitulé ne pourra jamais être satisfaisant : l important est bien qu on y trouve son compte.

Maintenant, ce n est pas pour autant qu on range n importe où, ou qu on peut juger fiction ou poème selon les mêmes critères. D accord, souvent on s en balance, on balance sans trop même savoir ce qu on fait, j aime bien, j aime pas, c est juste un texte comme ça : c est parce qu on est entre amateurs. Maintenant, un forum c est aussi pour comprendre et s améliorer. Reprenons le mec qui essaie de faire un alexandrin : d accord, tu peux bien trouver des qualités à son texte, mais lui, il a pensé faire un alexandrin, c est un peu le but. Si donc ce n en est pas vraiment un, bah oui, autant qu on le dise tout de suite.

(Ce n est pas moi qui suis parti sur le mauvais lecteur, mais j imagine que l idée est de passer à côté d un texte.)
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Alan Tréard le 06 Avril 2016 à 17:11:56
Non, je ne parle pas de mauvais lecteur, je voulais dire qu'on ne peut pas exclure quelqu'un de la poésie sous prétexte qu'il souffre d'un handicap. Ce serait comme de dire : "seule la perfection survivra," ce qui n'est pas viable.

On ne serait plus un forum mais une maison d'édition ou un journal si c'était ça.

On dira :
Et non pas :

MAIS

J'ai probablement tort, et je suis désolé Angarth d'avoir eu des mots déplaisants. Cependant, n'hésite pas à aller chercher les poèmes des autres, et à parler avec ceux qui en ont envie.

Je suis sûr qu'il y a des tas de poètes qui ont hâte que tu ailles commenter leur prose.

En plus, tu en as vraiment envie.

Et enfin, pour souligner quelque chose d'important :
Je ne suis ni un troll, ni un handicapé du vers, ni un rat des bibliothèques,
Merci.
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: pehache le 06 Avril 2016 à 19:05:47
(traité du rythme, p –110-111) Gérard Dessons, Henri Meschonnic : Traité du rythme
est autem etiam in dicendo quidam camus obscurior
« mais il y a aussi quand on parle (au sens de tenir un discours)
quelque chose de plus obscur que dans le chant »  Cicéron, Orator XVII

L’étymologie  mène souvent les critiques littéraires, et ceux qui les suivent, par le bout du nez. Les termes majeurs, dont on ne peut pas se passer, pour parler de la littérature et de la poésie sont le lieu d'un malin travail. Les mots poésie, prose, vers, texte, ou encore théorie et critique ont donné lieu à d'illustres paraphrases qui, croyant parler de la chose, ne faisaient, ne font encore, pour beaucoup, que gloser l'étymologie du mot.
Ainsi versus, de vertere le fait de tourner la charrue au bout du sillon, puis le sillon lui-même, puis la ligne d'écriture, a abondamment servi à expliquer le retour du même, et la raison métrique.
La prose a suivi le même chemin, cette forme particulière d'onirisme verbal. On nous a assez répété que le mot « prose » venait de prorsus, de provorsus (chez Plaute), aussi du même verbe vertere tourner, mais cette fois, en avant (pro)   « qui marche en droite ligne, vers l'avant », d'où une valeur adverbiale de prorsus, « tout à fait », d'où prosa  (oratio),  le discours qui va tout droit, dans les Origines d'Isidore de Séville. Par quoi la prose s'oppose au versus. Et on n'oublie pas non plus que Pro(r)sa était la déesse de l'accouchement, quand la chose se présentait bien, pas par le siège, Montaigne disait « l'oraison solue ».
On sort généralement peu de ce latin là. On ne recourt guère au grec d'Aristote qui parlait de pezos logos, discours pédestre (la marche, opposée à la danse) ou qui disait logos psilos,  plus souvent au pluriel, psiloi logoi, les discours « nus », par rapport à ta metra, ou ta emmetra, les mètres, ce qui est en mètre. Parfois aussi le discours est «lié», sundesmos, ou « cousu », eiroimenê lexis (Rhétorique 1409 a).
Non, c'est la preuve par l'étymologie latine qui a prévalu. Quicherat commence ainsi son Petit traité de versification fran¬çaise : (1881)

On appelle prose un discours qui n'est point assujetti à une certaine mesure, à un certain nombre de pieds ou de syllabes. La prose est la manière ordinaire de s'exprimer : le langage de la conversation et celui de l'éloquence sont également de la prose. / Un vers est un assemblage de mots arrangés suivant certaines règles fixes et déterminées. / Une composition écrite en vers appartient à la poésie, est un ouvrage de poésie, une oeuvre poétique.

La vérité et la tautologie se renforçant l'une par l'autre, comment et pourquoi contredire Monsieur Jourdain : « Tout ce qui n'est point Vers est Prose ». On a vu que cette vérité remontait déjà à Aristote.
Le problème est double, triple même, pourtant : il est vrai que le vers s'oppose à la prose, mais il est beaucoup moins vrai que la prose va tout droit, et sans règles ; que la prose soit le langage de la conversation   « quand je demande mes pantoufles » ; beaucoup moins vrai que le vers soit la poésie, ni (ce n'est pas tout à fait la même chose) que tout ce qui est en vers soit poésie   mais cela, les Anciens le savaient déjà.
C'est pourtant cette idée de la prose que développait George Saintsbury pour la prose anglaise, au début du siècle   ouvrage sans équivalent dans le domaine français   celle d'une loi universelle « qui dicte un flux continuel et ininterrompu ». Il est vrai que, dans un petit coin, sans discussion, il condamnait « l'hérésie de Wordsworth, de l'identité des deux [le vers et la prose] ». Il évoquait pourtant des époques où la prose « avait emprunté quelque chose du vers à son immense avantage ». Contradictoirement il en venait vite à dire que c'était là de la décadence, c'est-à-dire de la modernité.
(…) Lanson ne disait pas autrement : « la prose se définit négativement, c’est tout ce qui n’est pas en vers. »


METRIQUE
La métrique française est syllabo-accentuelle.
Le rythme est un mouvement, non un compte. Etymologiquement, un flux. La métrique est un moyen de mesurer ce flux et une mesure de ce flux.

La part prépondérante de la métrique dans la définition courante du rythme a pour premier effet de confondre une structure –les schémas métriques- avec une périodicité.


Dessons et Meschonnic proposent un retour à Héraclite
Il faut redéfinir le «  rythme dans le langage comme l’organisation du mouvement de la parole » Cette définition n’est plus un universel. Elle n’est pertinente que pour le langage.
Mieux : le «  rythme est l’organisation du mouvement de la parole par un sujet ».
 3 catégories du rythme
rythme linguistique : propre à chaque langue
rythmes rhétoriques et culturels : rythmes d’époque, (la « période » en France au XVII° et la phrase courte de Voltaire, entre autres, au XVIII°)
rythmes poétiques : non parce qu’ils seraient en vers mais parce qu’ils sont propres à une œuvre.

Poésie versus Prose
P 57 « La poétique commence dans la philosophie. Dans Aristote. Et elle commence mal. »
La prose : « discours nus », ou logos (Poétique, 47a29), langage ou « pêle-mêle » (Rhétorique 1409b4) est opposée à ta metra « les mètres » (47a29) ou « ce qui est en mètres ». La prose est définie négativement « ce qui n’est pas des mètres » (ametra 51b1).
P112 : deux traditions opposées, « étanches » : Pour l’une, la prose n’a pas de rythme.
Jacques Roubaud (Poésie, etcetera : ménage, Stock) : « il n’y a pas de rythme dans la prose. Il n’y a pas de rythme sans mètre et il n’y a pas de mètre dans la prose.  »
A l’opposé, il y aurait du « nombre » dans la prose.
Marmontel (Poétique françoise) « La prose ne doit pas être un mélange de vers ; mais les mouvemens qu’on employe dans les vers peuvent tous passer dans la prose. Sa liberté la rend même susceptible d’une harmonie plus variée, & par conséquent plus expressive que celle des vers, dont la mesure limite les nombres. »
Mallarmé (lettre à Jules Huret, Pléiade, p 867) « Dans le genre appelé prose, il y a des vers, quelquefois admirables, de tous rythmes. Mais, en vérité, il n’y a pas de prose : il y a l’alphabet et puis des vers plus ou moins serrés : plus ou moins diffus ».

Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Angarth le 06 Avril 2016 à 20:16:18
J'ai probablement tort, et je suis désolé Angarth d'avoir eu des mots déplaisants. Cependant, n'hésite pas à aller chercher les poèmes des autres, et à parler avec ceux qui en ont envie.

Je suis sûr qu'il y a des tas de poètes qui ont hâte que tu ailles commenter leur prose.

En plus, tu en as vraiment envie.
Ce n est pas le premier message du genre, mais voilà que c est pour moi : ça c est plutôt prendre les gens pour des débiles, et je doute que l effet soit celui que tu souhaites. Je le dirai autrement : la vie, les complexes des gens (j ai bien compris que tu étais publié, on a compris que tu avais du mal à relativiser), moi ça ne me regarde pas, donc inutile de venir me raconter n importe quoi, y compris sous couvert d ironie.
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Alan Tréard le 06 Avril 2016 à 23:11:23
@Angarth, Merci de ne pas me menacer, je te fais part de mon désir que tu laisses ma poésie tranquille, c'est ma seule requête.



@pehache, ah ! Mais ça, c'est un essai... Je ne peux m'empêcher de réagir à ton post, pour dire que tu nous montres-là que le sujet entre prose et poésie est débattu depuis longtemps. Comme quoi, ce n'est pas si facile à clarifier ! Effectivement, j'ai même vu une référence à La Poétique d'Aristote dont j'ai parlé un peu plus tôt. C'est intéressant.

« La poétique commence dans la philosophie. Dans Aristote. Et elle commence mal. »
:D Pas du tout ! Enfin si mais non, heu... Aristote a essayé de catégoriser les formes de littérature, mais même s'il n'a pas parfaitement distingué poésie et prose, il nous a quand même beaucoup apporté !

Sans lui, je ne suis même pas sûr que nous serions en train d'en parler (sans compter la grande contribution des autres philosophes antiques dont Platon).

Pour ma part, je ne prétends jamais pouvoir définir "toute" la poésie, fou que je serais, en y ajoutant les innovations imprévisibles de demain, je rappelle toujours la limite de ma parole, qui désigne une partie de la poésie sans pouvoir l'englober.

En ce qui concerne tes références, c'est un excellent élément pour alimenter une discussion sérieuse ; or n'hésite pas à souligner les raisons pour lesquelles tu nous cites ces éléments, sinon, on pourrait peut-être comprendre le contraire de ce que tu as voulu dire. C'est important que tu puisses aussi expliquer quelle est ta position, et pourquoi tu te réfères à ce livre.

Selon moi, tu montres que la question entre prose et poésie date d'il y a longtemps, et que nous n'avons pas fini d'en débattre. J'ai cru comprendre aussi que tu nous montrais que des chercheurs comme Gérard Dessons et Henri Meschonnic pensent qu'il est important de mettre en place de nouvelles règles pour mieux comprendre le rythme poétique, et j'ai trouvé que c'était une vraie ouverture sur le sujet : on peut effectivement imaginer qu'en inventant de nouveaux mots pour mieux désigner les rythmes de la poésie, on pourrait donner du sens aux différentes formes d'écriture. Je peux éventuellement rebondir sur tes références pour donner une opinion qui est la mienne.

D'abord, ta référence au livre Traité du rythme, des vers et des proses est très intéressante, mais pas universelle. C'est un excellent ouvrage pour appuyer ton propos, mais étant trop récent, on pourrait t'objecter qu'il n'a qu'une faible légitimité. Et au contraire, tu nous affirmerais en toute légitimité que toi, tu es bien d'accord avec ces deux chercheurs, comme dans un débat politique ou il y a une droite et une gauche. Bien sûr, ce serait malhonnête de ma part de nier cette excellente référence, en plus c'est un passage très intéressant, or je t'explique en quoi c'est important que tu expliques en partie tes références pour permettre au dialogue d'évoluer ; et aux opinions éventuellement en désaccord avec la tienne de s'exprimer sans que ça n'entrave ton propre point de vue sur la question.

Pour ma part, je suis plutôt d'accord avec ce que j'ai pu lire dans ce passage du Traité du rythme, des vers et des proses, même si je le trouve un peu trop complexe, et que je trouve qu'il aurait mérité un peu de synthèse.

Petit traité de versification fran¬çaise : (1881)

On appelle prose un discours qui n'est point assujetti à une certaine mesure, à un certain nombre de pieds ou de syllabes. La prose est la manière ordinaire de s'exprimer : le langage de la conversation et celui de l'éloquence sont également de la prose. / Un vers est un assemblage de mots arrangés suivant certaines règles fixes et déterminées. / Une composition écrite en vers appartient à la poésie, est un ouvrage de poésie, une oeuvre poétique.
Alors, là, on a typiquement une référence à un essai de 1881 qui est plus un témoignage d'une époque où la poésie en prose n'existait quasiment pas. (Et tu as certains puristes qui ont déclaré : "La poésie en prose n'existera jamais !!")

Pour resituer, un des premiers ouvrages de poésie en prose : Le Spleen de Paris de Baudelaire, en 1869 (donc à quelques dix ans d'intervalle). À cet époque-là, Baudelaire est détesté d'une grande partie des puristes de la littérature, il s'est fait beaucoup d'ennemis (il a même été censuré pour Outrage à la morale publique). Idem, Lautréamont mort inconnu (contrairement à se que laisse entendre Angarth) n'est redécouvert qu'en 1885.

Bref, on est dans une époque où la guerre entre pro-vers et pro-prose fait rage !  >:( C'est à celui qui imposera sa formule de la poésie sur l'autre. Toujours la même querelle, en fait, celle des Antiques et des Modernes.

À cette époque-là, ceux qui lisent Baudelaire ou Hugo sont des révolutionnaires, c'était mal vu de lire Baudelaire.

Bref, l'essai de 1881 est non-seulement partisan, mais il vient en plus envisager que le début de la poésie en prose est déjà fini, et qu'il n'y aura forcément plus de poètes pour reprendre le flambeau...

Il s'était trompé !!  >:D >:D >:D

Bon, Pour autant, Gérard Dessons et Henri Meschonnic en parlent apparemment dans le Traité du rythme, des vers et des proses pour montrer qu'on ne détient pas vraiment la vraie vérité. Là-dessus, ils n'ont pas tort, on a toujours du mal à prévoir l'évolution de la langue et de la littérature. C'est donc une citation très intéressante !

Dessons et Meschonnic proposent un retour à Héraclite
Il faut redéfinir le «  rythme dans le langage comme l’organisation du mouvement de la parole » Cette définition n’est plus un universel. Elle n’est pertinente que pour le langage.
Mieux : le «  rythme est l’organisation du mouvement de la parole par un sujet ».
 3 catégories du rythme
rythme linguistique : propre à chaque langue
rythmes rhétoriques et culturels : rythmes d’époque, (la « période » en France au XVII° et la phrase courte de Voltaire, entre autres, au XVIII°)
rythmes poétiques : non parce qu’ils seraient en vers mais parce qu’ils sont propres à une œuvre.

Là, idem, c'est trop récent. Ce qu'ils proposent est peut-être la voie à suivre, ou peut-être un cul-de-sac. Ça a autant de valeur que quand Onfray dit : "il ne faut plus bombarder la Syrie" y'a des pour, y'a des contre...
Cependant, nous avons besoin de mouvement, la poésie en prose est tellement récente que nous avons besoin de comprendre son lien avec la poésie en vers, de le questionner.
Leur proposition de catégorisation est très intéressante : rythme linguistique, rythmes rhétoriques et culturels, ou rythmes poétiques, et ça peut être une bonne piste pour lancer de nouvelles recherches.

À vrai dire, cette catégorisation-ci peut prendre peu à peu de la force, comme l'alexandrin s'est un jour imposé (même s'il ne s'est pas totalement imposé, bien sûr) ; l'histoire nous le dira !!  ^^

P112 : deux traditions opposées, « étanches » : Pour l’une, la prose n’a pas de rythme.
Jacques Roubaud (Poésie, etcetera : ménage, Stock) : « il n’y a pas de rythme dans la prose. Il n’y a pas de rythme sans mètre et il n’y a pas de mètre dans la prose.  »

Là, idem, voire pire : on aurait bien du mal à comprendre la distinction entre rythme et nombre. À mes yeux, ça ne m'aiderait pas trop à parler de la poésie, mais peut-être que d'autres trouveraient ça utile et pratique. Qui plus est, c'est un auteur contemporain, donc peut-être voué à disparaître de l'histoire (ce que je ne lui souhaite pas, bien sûr).

Et voilà pour ma réaction à ces citations très intéressantes !!

Super lecture.
Titre: Re : Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Angarth le 06 Avril 2016 à 23:32:37
@Angarth, Merci de ne pas me menacer, je te fais part de mon désir que tu laisses ma poésie tranquille, c'est ma seule requête.
Je ne menace personne, et si tu ne supportes pas la critique, ce serait plutôt à toi de ne pas poster.

Idem, Lautréamont mort inconnu (contrairement à se que laisse entendre Angarth) n'est redécouvert qu'en 1885.
Non là faut qu on m explique, quelqu un m a vu dire ça? C est ta nouvelle méthode pour avoir le dernier mot, mentir sur des trucs ridicules?

Mais sérieusement, ça fait quelques temps que je vois ses embrouilles, que fait la modération avec ce mec?
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: anlor le 07 Avril 2016 à 01:16:59
Alan, je ne crois pas qu'il soit vraiment nécessaire de donner des cours d'histoire de la littérature française à pehache  :)

Et pour Angarth : la modération c'est des gens comme toi et moi qui prennent sur leur temps libre pour que le forum soit à peu près vivable. Donc "la modération" fait c'qu'elle peut et le mieux c'est de l'aider en signalant les posts qui te semblent ne pas être en accord avec la charte du forum (même si ouais, bouh, la délation) et en essayant de ne pas envenimer les débats (si ça te démange il y a une fonction "ignorer un membre" vachement utile parfois ; tu m'contactes par MP, je t'en touche deux trois mots  :huhu: ).

(puis moi t'façon, j'ai toujours préféré les verres aux vers)
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Aléa le 07 Avril 2016 à 01:21:40
Citer
(puis moi t'façon, j'ai toujours préféré les verres aux vers)
Un grand philosophe que j'ai rencontré un jour m'a dit, "En poésie comme au comptoir, un seul verre ne rime à rien"
(S'appelait Gaby j'crois)



pardon my flood
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Alan Tréard le 07 Avril 2016 à 12:32:26
Angarth, c'est un fil pour discuter sur la littérature, pas pour régler ses comptes. Le reste du forum n'est pas soumis à répondre à une petite dispute sur un petit débat sur un petit sujet entre deux membres... Je n'ai pas prévu de demander ton expulsion simplement parce que tu aurais sous-entendu que j'étais un handicapé du vers. Est-ce que tu prévois de bannir tous les membres qui seront en désaccord avec toi sur la définition du poème en prose ? Est-ce que le fait d'obéir suffira, même, à te satisfaire ? ou seras-tu toujours aussi mécontent ? Tu peux toujours m'envoyer un MP si tu en éprouves le besoin.

En ce qui concerne l'appel à la censure que j'ai relevé dans ton message, sous prétexte que je désobéis trop, tu peux toujours en faire la demande sur la Boîte à idées (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/board,12.0.html) ou contacter directement les modérateurs plutôt que de t'attaquer à eux en public. Tu peux même leur dire un grand merci, aux modérateurs, parce qu'ils font beaucoup pour nous, et que c'est ce qui nous permet de discuter et d'échanger nos opinions.

Le fabuleux coup d'État, c'est pas pour maintenant.
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Rain le 07 Avril 2016 à 13:15:20
Modération

@Alan Merci d'éviter d'en rajouter une couche. Comme anlor l'a signalé, ce fil n'est pas le lieu pour régler vos comptes. Si vous voulez poursuivre cette discussion vous pouvez le faire par message privé.

@Tous Pour rappel, si vous avez un problème avec un membre ou des messages en particulier sur le forum, vous pouvez cliquer sur le bouton "Signaler aux modérateurs" en bas à droite du message qui nous permettra de venir jeter un oeil ou bien vous pouvez nous contacter directement par message privé. Nous ne sommes pas une police et n'avons pas vocation à régler vos conflits à votre place, nous essayons simplement de veiller à ce qu'une bonne ambiance règne sur le forum.

Merci d'en revenir au sujet et de ne pas répondre à ce message ni aux provocations qui pourraient vous être destinées.
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Alan Tréard le 07 Avril 2016 à 18:10:29
Oui, désolé, on est parti de la poésie d'Alan Tréard pour aller vers la poésie en prose en général. Maintenant le sujet était donc la poésie en prose. Je n'avais pas trop envie qu'on revienne encore et toujours sur la poésie d'Alan Tréard, voire sur Alan Tréard lui-même.

Alors, oui, le titre du débat, ce n'est pas "la poésie d'Alan Tréard" mais bien la poésie en prose en général, voilà.

Donc, oui, revenons au sujet : la poésie en prose en général, que peut-on en dire ?
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Angarth le 07 Avril 2016 à 20:27:21
Alan, je n ai pas pensé que tu étais un handicapé du vers : je n ai peut être jamais vu tes vers, certains croient à une forme plus "sérieuse" qu une autre, rien de plus. Pour ta question : un simple désaccord en soi ne me dérange pas, et je suis bon perdant. Mais si jamais tu veux t en assurer, j accepte tout duel voté de poème en prose, disons début mai à mon retour de vacances. Après la théorie, pourquoi pas un peu d exercice, histoire de relâcher un peu la tension?
Titre: Re : Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: pehache le 07 Avril 2016 à 20:54:31
Oui, désolé, on est parti de la poésie d'Alan Tréard pour aller vers la poésie en prose en général. Maintenant le sujet était donc la poésie en prose. Je n'avais pas trop envie qu'on revienne encore et toujours sur la poésie d'Alan Tréard, voire sur Alan Tréard lui-même.

Alors, oui, le titre du débat, ce n'est pas "la poésie d'Alan Tréard" mais bien la poésie en prose en général, voilà.

Donc, oui, revenons au sujet : la poésie en prose en général, que peut-on en dire ?

D'un autre côté, tu réponds à ce qui te convient... Tu as lu les citations de Meschonnic, par exemple ?
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Alan Tréard le 07 Avril 2016 à 21:01:34
pehache, je ne sais pas de quoi tu parles, n'hésite pas à re-citer le texte et à expliquer ton intention.

Angarth, si tu veux, pour le duel, ça me va. Ce sera une bonne façon de trouver un équilibre.
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: milena-owein le 07 Avril 2016 à 21:10:15
Meschonnic il est cool :D
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: pehache le 07 Avril 2016 à 21:10:40
C'est assez compliqué à trouver, juste sur la page précédente. Assez long pour que ça ne passe pas inaperçu.
Titre: Re : Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: pehache le 07 Avril 2016 à 21:11:27
Meschonnic il est cool :D

euh.. En fait, non, pas très sympathique. Mais ce qu'il dit est plutôt pointu.
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: milena-owein le 07 Avril 2016 à 21:13:01
Oui c'est vrai que par défaut j'ai souvent tendence à parler des productions plus que de l'homme ^^ (c'est parce que je n'entrevois l'homme qu'à travers ce qu'il a produit) en tout cas ce qu'il dit de la poésie et ses reflexion sur la traduction sont extrêmement intéressante.
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: pehache le 07 Avril 2016 à 21:21:17
Ce qu'on écrit, c'est souvent la meilleure partie de nous-même.
En disant ça, j'ai bien conscience de ne pas me flatter...
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: milena-owein le 07 Avril 2016 à 21:33:52
Ce qu'on écrit, c'est souvent la meilleure partie de nous-même.
En disant ça, j'ai bien conscience de ne pas me flatter...
Ca peut aussi être la pire, ou simplement celle qui a besoin de s'exprimer ;)
Titre: Re : Prose : poème ou non ?
Posté par: Alan Tréard le 07 Avril 2016 à 21:45:18
pehache, je t'ai dit que j'étais d'accord avec ton article sur l'idée de redéfinir le rythme dans le langage, de trouver de nouveaux termes pour le définir, voici le passage en question :

Citer
Il faut redéfinir le «  rythme dans le langage comme l’organisation du mouvement de la parole » Cette définition n’est plus un universel. Elle n’est pertinente que pour le langage.
Mieux : le «  rythme est l’organisation du mouvement de la parole par un sujet ».
 3 catégories du rythme
rythme linguistique : propre à chaque langue
rythmes rhétoriques et culturels : rythmes d’époque, (la « période » en France au XVII° et la phrase courte de Voltaire, entre autres, au XVIII°)
rythmes poétiques : non parce qu’ils seraient en vers mais parce qu’ils sont propres à une œuvre.

Donc, est-ce que c'est bien ça que tu voulais dire ?

(Et au fait, un argumentaire, ça se discute, ça se développe, c'est comme ça partout ; et on ne sera peut-être pas d'accord, ce n'est pas grave enfin, donne-nous ton opinion au moins.)