Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: pehache le 03 Avril 2016 à 20:15:34
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Amères
la lame limant l’âme
la lame limant l’âme
et la limant l’éliminant
il ne nous reste pour tout limon
que l’aliment qui nous condamne
- et c’est l’amour, évidemment
la lame limant l’âme
comme la lime le liant
de nous ne reste que le blâme
- et puis la rime, évidemment
La lame limant l’âme
de nous descelle les rudiments
et sous le joint dont on se pâme
ne reste rien - évidemment
La lame limant l’âme
et la limant l’éliminant
lentement l’homme condamne
à se faire l’âne que l’aliment
mène à la mine des sentiments
La lame limant l’âme
et la limant l’éliminant
nous met à nu tristes Adam
sur cette Pomme qui nous condamne
et dont on broie tout aliment
Tantôt Icares et tantôt taupes
que sommes-nous pages sans flamme
pas même un âne sous la lune
pas même sable sous la dune
un lambeau d’âme et du néant
C’est l‘élément qui s’alimente
de ces limons du temps qui hante
la brève histoire que nous sommes
l’ailé mensonge de se dire homme
Narcisse s’enchante de néant
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C'est un superbe exercice de style que tu nous offres :)
Pourrais-je connaître le sens du dernier vers ?
"Narcisse s'enchante du néant"
Qu'as tu voulu transmettre ? Car à la lecture je ne ressens pas l'amertume mais plutôt l'absurde notamment à cause des anaphores et le fait qu'aucune ouverture ne soit donnée. Quand on est amer c'est au sujet de quelque chose, c'est un trouble qui a un objet précis (humeur, l'injustice, le désespoir, l'impuissance, la non nonchalance, le mépris...)
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la lame limant l’âme
avec ce premier vers très pur, aux allitérations parfaites, l'immersion est immédiate et nous plongeons tous ensemble, directement, dans le grand bain
l'auteur met d'emblée la barre très haut mais il nous montre généreusement la voie à suivre
alors suivons-la
la lame limant l’âme
et la limant l’éliminant
il ne nous reste pour tout limon
que l’aliment qui nous condamne
- et c’est l’amour, évidemment
avec cette première strophe (et merci je vous prie de laisser aux détracteurs de tout poil le soin de dénoncer la répétition, qui n'est en vérité qu'accent poétique- aucune facilité là-dessous), l'auteur nous berce délicatement jusqu'à l'ivresse de ce dernier vers, comme une évidence soudaine :
et c’est l’amour, évidemment
évidemment, nous plussoyons vivement l'auteur
le poète a toujours raison
continuons donc notre analyse
la lame limant l’âme
comme la lime le liant
de nous ne reste que le blâme
- et puis la rime, évidemment
l'auteur enchaîne à présent sur un quatrain qui, pour notre plus grand plaisir, est d'excellente facture, aussi, nous remercierons messieurs les détracteurs de se taire à propos du 2° vers
comme la lime le liant
non, ce n'est nullement une faute de grammaire, et puisqu'il faut tout expliquer, faisons-le : tout est écrit, c'est : "la lime" et plus loin : "le liant"
c'est un régal pour les oreilles et c'est surtout une prouesse remarquable, quelle exactitude, quel talent !
et en guise de cerise sur le gâteau :
- et puis la rime, évidemment
le poète est l'avenir de l'homme
La lame limant l’âme
de nous descelle les rudiments
et sous le joint dont on se pâme
ne reste rien - évidemment
ici, nous pensons que l'auteur cherche à s'exprimer
à nous délivrer un message
aussi, nous laisserons l'interprétation libre à chacun
La lame limant l’âme
et la limant l’éliminant
lentement l’homme condamne
à se faire l’âne que l’aliment
mène à la mine des sentiments
et maintenant, nous prierons les détracteurs de bien vouloir prendre la porte, détracteurs que nous entendons déjà proclamer qu'il s'agit d'un copié/ collé de la 1° strophe
il n'y a pire sourd que celui qui se refuse d’ouïr la poésie
La lame limant l’âme
et la limant l’éliminant
nous met à nu tristes Adam
sur cette Pomme qui nous condamne
et dont on broie tout aliment
le message est tellement explicite
tellement intemporel
et la musicalité tellement rythmée
que nous préférons savourer l'instant
et ne rien dire de plus
Tantôt Icares et tantôt taupes
que sommes-nous pages sans flamme
pas même un âne sous la lune
pas même sable sous la dune
un lambeau d’âme et du néant
c'est réellement parfait techniquement parlant
et comme à notre habitude
nous laisserons aux détracteurs encore présents
la bassesse de dénoncer cette faute de pluriel sur un nom propre
Icares
ignares
c'est une licence poétique
le poète a toujours raison
C’est l‘élément qui s’alimente
de ces limons du temps qui hante
la brève histoire que nous sommes
l’ailé mensonge de se dire homme
ici, sous couvert de poésie somptueuse
l'auteur cherche à nous délivrer son message
comme une conclusion :
nous ne sommes que poussière...
c'est original
c'est puissant
c'est sublime
or, nous nous doutons bien
que le poète est l'avenir de l'homme
Narcisse s’enchante de néant
enfin, l'auteur termine par cette pureté d'ennéasyllabe en forme d'évidence...
pour conclure, nous dirons simplement que cette oeuvre aurait davantage sa place dans la section poésie de notre forum, mais l'auteur, avec l'humilité qui le caractérise, a eu la modestie de la placer dans la section slam&chansons
c'est tout à son honneur
merci à lui
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Lepion ton analyse reste très subjective (c'est plutôt un avis de ce fait) et tu ne devrais pas utiliser le nous. Néanmoins je reste d'accord avec toi sur ce que tu écris sur le fond :)
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En progrès, lepion, c'est bien.
Vous voyez, l'ironie, même un peu lourde, passe mieux que la bête injure.
Et, tout compte fait, cette pesanteur de votre glose, bien involontairement, de par ses gros sabots même, me semble apporter un souffle de légèreté à ces petits vers (sans message, hélas, sans doute parce que je préfère la subtilité du go à la pesanteur mécanique des échecs ?)
Je vous remercie donc doublement. Pour vous être abstenu de toute expression injurieuse et pour avoir, comme malgré vous, offert un écrin à mes pacotilles.
(Entre nous, la référence constante à l'artiste, le poète, etc. non seulement me fait trop d'honneur, mais surtout semble oublieuse du fait que c'est des textes que nous jugeons ici, pas des personnes.)
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Modération
@lepion : Malgré ton avertissement du 31/03 (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=20366.msg331603#msg331603)et notre demande de ne point envenimer la situation tu persistes. d'une part avec ton commentaire chargé d'ironie, mais aussi ici et là (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=20401.msg333503#msg333503) Donc nous t'adressons ici un deuxième avertissement, qui te conduit donc à une mise au silence d'un mois.
@Pehache : on reconnait l'effort et le fait que tu ne charge pas le premier, mais tout de même tu alimentes la polémique. On ne te bannis pas ni rien, mais on te demande d'essayer de préserver un minimum de civilité et de courtoisie.
@tous : merci de revenir au texte, ce message n'appelle aucune réponse
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J'alimente la polémique ?
On me casse les roustons systématiquement, (sachant que je ne peux pas répondre sous peine de bannissement... parce que, je l'ai montré par le passé, ici et ailleurs, j'en ai bâché de plus coriaces) on dénigre tout ce que je propose ici, on m'accuse de plagiat (c'est e que j'ai trouvé de plus dégueulasse) et j'alimente la polémique ?
Bon.
Bises à tous.
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wesh just g kiff& vegra :D
Juste un peu dommage pour le "nous met à nu tristes Adam" qui me ressemble a un horrible "tristes a dents" ;D
nan mais sérieux... :coeur:
C’est l‘élément qui s’alimente
de ces limons du temps qui hante
la brève histoire que nous sommes
l’ailé mensonge de se dire homme
Narcisse s’enchante de néant
serait parfait sans ces affreux "-re que" / "-ge de se di-" qui me font un peu capoter ><
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À la fois habile et intéressant.
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Pas faux, Viv', je vais revoir ça.
Je garde quand même tristes Adam, parce que les dents (que j'avais entendues) collent bien à la pomme broyée.
Mais j'ai changé pas mal de détails.
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Amères (v2 provisoire)
la lame limant l’âme
la lame limant l’âme
et la limant l’éliminant
il ne nous reste pour tout limon
que l’aliment qui nous condamne
- et c’est l’amour évidemment
la lame limant l’âme
comme la lime le liant
de nous ne reste que le blâme
- et puis la rime, évidemment
La lame limant l’âme
et descellant nos rudiments
dessous le joint dont on se pâme
ne reste rien - évidemment
La lame limant l’âme
la limant l’éliminant
lentement l’homme condamne
à se faire l’âne que l’aliment
mène à la mine
des sentiments
La lame limant l’âme
et la limant l’éliminant
nous met à nu tristes Adam
sur cette Pomme qui nous condamne
et dont on broie tout aliment
Tantôt Icares tantôt taupes
que sommes-nous pages sans flamme
pas même un âne sous la lune
pas même sable sous la dune
un lambeau d’âme et du néant
C’est l‘élément qui s’alimente
de ces limons du temps qui hante
la brève histoire qui nous somme
- ailé mensonge- se dire homme
Narcisse s’enchante de néant
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Vache, c'est pas de la merde comme dirais Koffe. (ça c'est la partie gros sabots Lorrains).
Blague mise à part, merci pour ce poème, j'ai grâce à lui passé un doux moment.
J'ai de suite était emporté par les deux premières strophes, d'une fluidité et d'un sens envoûtant. Elles sont si nets, offertes et parlantes, agréables malgrès le sens.
Du coup, à cause ou grâce à cela, je me suis retrouvé un peu refreiné par des strophes au sens plus alambiqué (pour moi) comme la troisième . Non pas que ça me gène de devoir me creuser un peu le cervelet mais j'ai ressenti une rupture qui casse un peu le sentiment de fluidité douce qu'on retrouve au début. Le thème après cette strophe me semble devenir un peu plus misanthropique, une misanthropie moins raffinée comme on la voit souvent (Parcontre là je prends de grosses pincettes car il s'agit d'un ressenti que j'ai déjà du mal à coucher par écrit, une impression plus qu'autre chose avec toute la subjectivité que ça apporte.) et je me suis dit "C'est bon on sait que les Hommes sont de gros pourris mais faut pas caricaturer, y'a des vers dans chaque pommiers".
Et arrivé à ce point de ma réponse, les idées venants, je me rends compte qu'en fait j'aime assez bien cette cassure de la troisième strophe, ascenseur émotionnel qui remet les pieds sur terre. J'aurais peut être juste aimé une ou deux strophes à l'images des deux premières, histoire de planer encore un peu avant la descente.
Au final, ça me resteras comme une belle trouvaille que je repasserais surement lire de temps à autres pour m'en faire une opinion moins à chaud,
et pour cela merci à toi.