Colères : Considérations. V2
« Elle obtiendra ma mort, quoi que ça doive lui coûter ! »
Leur voix, ils la font porter. Un cri, aussi sombre que violent, qui semble s'attaquer au détail, mais qui dénomme en fait une multitude de victimes, n'y voyez-vous pas le génocide ? Une colère construite en continu comme une méthode réitérant. Ça n'a pas l'air difficile à faire, finalement, à celui qui ose voir la réalité en face. Pauvres pleurs, vous ne serez jamais calmés ! Contraintes, aspirations, conforts perdus, volontés belliqueuses.
Les colères grondent.
« Cette voix, proche de la tuerie, désolidarisée du reste... »
Quelle horreur !
Il y a des mises à mort qui ratent, pensez-y ! Le destin revient telle une frappe inconsciente !!
Le cauchemar prend le monde par le bas, ce sont tous les rêves qui sont impactés par l'un-seul.
Visions horrifiantes, mes yeux se ferment...
On se remet en route, on cherche le détail qui tue, l'exactitude, l'ampleur de la chose, l'inévitable. Ils sont surarmés ! Mort d'un poète, mort d'une figure de la liberté, mort d'une identité humaine, mort d'une des mille voix qui représentent la diversité, mort d'une stabilité responsable. Le mensonge récurrent, les condamnations.
Un merveilleux paysage !
Ça y est, la colère a pris ; après des années de conditionnement, le cyclone rageur est lancé. Allez-y, mettez le feu aux derniers espoirs, aux dernières libertés, comme par obéissance... On se fait croire qu'on a gagné, au moins pour en avoir l'air.
L'air d'être le plus fort, comme un chien qui gueule, parfois ça marche ! Ah ! Les colères...
Nous y passerons tous, ils nous élimineront les uns après les autres, personne ne sera épargné ! La purge a commencé, nos activités seront nettoyées.
Leurs questions transformées en infamies, leur obéissance transformée en complicité, le pire transformé en quotidien, leurs volontés transformées en fatalité.
Ils prendront tout ce que nous avons, c'est le début du désastre.
Allez, hop ! Tous ensemble... On est parti !
On fait sauter les têtes avec le sourire, s'il vous plaît, il faut que ça ait l'air normal, voilà tout.
« J'aime bien ta tête, je m'en ferais bien un trophée... »
Et si nous avions envie d'autre chose ? Ne pourrions-nous pas effacer les colères ?
Incompréhensions, malaises, tortures, imprévisible, imprévisible, imprévisible.
La douleur est vive !
Fusils, injures, saignées à l'infini, encouragements haineux, violence en pleine croissance, furie qui se répand.
Et elle se répand toujours un peu plus ; notre vie est mise en jeu.
Pour ma part, ici commence mon combat pour les libertés et pour les droits, car un tel constat m'amène naturellement à agir, à questionner ces colères, à les considérer avec force.
Et ils obtiennent leurs petites tortures comme on prend le temps de massacrer un gosse.
C'est leur victoire bien étrange.
C'est si doux la tuerie...
Le chaos. Tout ça pour voir un gosse mourir... La soif de torture, celle qui massacre les peuples...
Un pauvre gosse...
Moi aussi, ça m'attriste. J'ai besoin de comprendre la colère, sa cruauté absolue. J'en suis déstabilisé, pour de vrai !
Lorsque l'enterrement vient, peste, incendies, tueries de groupe, terreurs pleines de mutisme, panique générale, chaotique et étouffante, et le mort est exhumé à des fins politiques.
« Observez bien ce cadavre, vous pourriez prendre sa place tôt ou tard... »
Ou encore :
« Ce gosse est mort pour avoir aimé la vie ! Prenez-en acte. »
Un corps, celui de la mort qui représente les meurtres attendus, et les malheureux convives qui observent le cadavre en attendant leur tour.
Nous sommes tous les cibles des menaces, tous.
Ce sera bientôt notre tour à nous aussi d'être exécutés, je le sais.
Le chant funeste, on l'entend dans le monde entier.
Comment pouvons-nous nous protéger face à ces atrocités ?
Bientôt viendra le tour de nouvelles victimes de la colère, le modèle sera le même, colérique, et ces victimes seront rapidement enterrées avec la même cruauté.
En protégeant chacun, on protège le groupe tout entier, c'est ça, la liberté.
Certains trouveront encore le moyen d'aimer les massacres malheureusement.
En ce qui me concerne, j'observe les colères avec la calme philosophie que l'on compare à une forme d'inquiétude, peut-être à tort ? Oui, mes yeux, ouverts, conquis par l'exactitude, créés pour voir, et pour alimenter la conscience du beau à l'inverse des carnages.
Mon esprit s'ouvre à ces considérations mortelles, et mes pensées enrobent la réalité comme un vêtement coloré.
C'est beau, n'est-ce pas ?
Après les mots injustes, les idées massacrées, les terreurs de groupe, les consistances affamées, les ignominies, et après ça ?
Oui, que ferez-vous après ça ?
On ne s'ennuie pas, c'est clair !
Je garde cependant une forme de sérénité, car j'ai toujours cru en l'échange et en l'ouverture.
C'est vrai, non ?
Nous sommes nombreux à attendre des ouvertures ; chacun de nous face à la colère attend alors avec impatience, comme le font les poètes qui relataient les grandes épopées dans les temps anciens. Quel beau souvenir !
Que demandent les poètes ?
J'hésite à prendre position sur les colères ; c'est vrai, ça : les colères ont-elles une quelconque force ? Devons-nous les écouter ou les ignorer ? Ou sont-elles l'expression pure d'un phénomène irrationnel ?
Difficile de prendre position, je l'avoue.
Merci Luna, mais je dois dire que je ne préfère plus parler de ce débat sur la poésie. Tu n'as qu'à te dire que dans ma tête à moi, c'est un poème, et que c'est peut-être parce que je n'existe pas vraiment.
Je viens de transformer le poème en reprenant les points sur lesquels tu m'as fait des remarques, n'hésite pas à me dire ce que tu en penses.
Voici les changements effectués :
Je trouve qu'adresser est presque trop doux. Par deux fois, tu as mis le son [té] avec "coûter" et "porter" et sur le moment, je m'attendais à un son allant dans la continuité. J'aurai bien mis "qui semble s'attaquer" par exemple, surtout qu'il y a déjà plusieurs sons [qu] avant. "à l'un-seul" ne veut rien dire pour moi. Je ne le comprends pas, tout simplement. Ensuite, donner dès les premières lignes le mot qui justement fait tout le débat du texte, je trouve cela dommage. Tu pourrais faire monter la pression avant d'annoncer "l'attentat"
changement►Un cri, aussi sombre que violent, qui semble s'attaquer au détail, mais qui dénomme en fait une multitude de victimes, n'y voyez-vous pas le génocide ?
colère/faire" et "réitérant/finalement", good ! Mais pour le coup, je trouve la première phrase un peu longue et le questionnement de fin brise ce rythme.
changement►Une colère construite en continu comme une méthode réitérant. Ça n'a pas l'air difficile à faire, finalement, à celui qui ose voir la réalité en face.
[Je suis sûre que si tu remanies la deuxième phrase, il y a moyen de faire ressortir des sonorités. Sur le moment, j'avais vu les duos pleurs/conforts et calmés/volontés]
Je n'ai pas compris.
[Ces quelques dernières lignes ne m'ont pas vraiment parlé, tout comme le second passage. C'est presque comme si tu en disais trop. Tu es beaucoup trop imprégné pour que ma lecture se fasse autrement que comme un cours (désolée pour la comparaison ><). En fait, j'ai l'impression qu'un prof de social veut me faire rentrer quelque chose dans le crâne, c'est perturbant...]
Ah ah ! Un prof de social, comparaison amusante.
Voici le passage en question :
Les colères grondent.
« Cette voix, proche de la tuerie, désolidarisée du reste... »
Quelle horreur !
Il y a des mises à mort qui ratent, pensez-y ! Le destin revient telle une frappe inconsciente !!
Le cauchemar prend le monde par le bas, ce sont tous les rêves qui sont impactés par l'un-seul.
Visions horrifiantes, mes yeux se ferment...
Là, on est plutôt dans l'évocation de l'horreur.
On se remet en route, on cherche le détail qui tue, l'exactitude, l'ampleur de la chose, l'inévitable. Ils sont surarmés ! Mort d'un poète, mort d'une figure de la liberté, mort d'une identité humaine, mort d'une des mille voix qui représentent la diversité, mort d'une stabilité responsable. Le mensonge récurrent, les condamnations.
Un merveilleux paysage !
Ça y est, la colère a pris ; après des années de conditionnement, le cyclone rageur est lancé. Allez-y, mettez le feu aux derniers espoirs, aux dernières libertés, comme par obéissance... On se fait croire qu'on a gagné, au moins pour en avoir l'air.
L'air d'être le plus fort, comme un chien qui gueule, parfois ça marche ! Ah ! Les colères...
Nous y passerons tous, ils nous élimineront les uns après les autres, personne ne sera épargné ! La purge a commencé, nos activités seront nettoyées.
Leurs questions transformées en infamies, leur obéissance transformée en complicité, le pire transformé en quotidien, leurs volontés transformées en fatalité.
Ils prendront tout ce que nous avons, c'est le début du désastre.
Allez, hop ! Tous ensemble... On est parti !
On fait sauter les têtes avec le sourire, s'il vous plaît, il faut que ça ait l'air normal, voilà tout.
« J'aime bien ta tête, je m'en ferais bien un trophée... »
Et si nous avions envie d'autre chose ? Ne pourrions-nous pas effacer les colères ?
Incompréhensions, malaises, tortures, imprévisible, imprévisible, imprévisible.
La douleur est vive !
Fusils, injures, saignées à l'infini, encouragements haineux, violence en pleine croissance, furie qui se répand.
Et elle se répand toujours un peu plus ; notre vie est mise en jeu.
Pour ma part, ici commence mon combat pour les libertés et pour les droits, car un tel constat m'amène naturellement à agir, à questionner ces colères, à les considérer avec force.
Et ils obtiennent leurs petites tortures comme on prend le temps de massacrer un gosse.
C'est leur victoire bien étrange.
C'est si doux la tuerie...
Là, c'est plutôt le chaos, un mélange de considérations qui grondent, qui font peur, qui désorientent. C'est le pire auquel on pourrait s'attendre, avec quelques voix pour défendre encore la liberté. C'est comme une peinture de guerre... Non, pas une peinture de guerre, heu... Je voulais dire, un tableau qui représente la guerre :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
[Je l'aurai peut-être tourné autrement. :\? Il y a surtout la partie "le désordre mû/crever un gosse" qui me turlupine.]
changement►La soif de torture, celle qui massacre les peuples...
[Le reste m'éloigne à nouveau et je trouve cela dérangeant dans le sens où quelques termes, quelques phrases m'attirent pour presque aussitôt me rappeler à mon simple statut extérieur. Je n'arrive pas à m'imprégner de ce texte :aah: !
Sinon, il y a là quelque chose qui m'attire un peu plus. L'image d'un gosse, de l'innocence, mêlé malgré lui à cette sordide histoire, pleine de ressentiment, de colère et de mort, choses qu'il ne devrait pas avoir à connaître.]
C'est plutôt qu'on a l'habitude de massacrer les gosses, parce que les gros, on n'oserait pas : on s'en prend au plus faible.
[J'adore cette phrase ! Probablement celle qui m'a le plus touchée. Mais, instinctivement, j'ai retiré le "tout". A toi de voir si ça te plait plus ou moins, ce n'est qu'une suggestion.].
changement►Le chant funeste, on l'entend dans le monde entier.
Ce texte me semble beaucoup trop ferme dans ses engagements. Peut-être devrais-tu t'inspirer de l'idée des poèmes écrits pendant la guerre (Attention : je ne parle pas de relire ceux-ci, mais d'essayer de te mettre à la place de leurs auteurs !). Ils devaient eux aussi véhiculer des pensées personnelles et politiques (c'est le sentiment que m'a apporté ton texte), mais de façon détournée à cause de la censure. Ce qui fait que lorsque je les lis maintenant, je peux y voir la guerre comme d'autres combats plus personnels.
Ah yesss, trop génial ton commentaire, ça me permet de citer Apollinaire sur le front pendant la Première Guerre mondiale :
14 JUIN 1915
On ne peut rien dire
Rien de ce qui se passe
Mais on change de Secteur
Ah ! voyageur égaré
Pas de lettres
Mais l’espoir
Mais un journal
Le glaive antique de la Marseillaise de Rude
S’est changé en constellation
Il combat pour nous au ciel
Mais cela signifie surtout
Qu’il faut être de ce temps
Pas de glaive antique
Pas de Glaive
Mais l’Espoir
L'espoir, comme dit Apollinaire... Tu sais, ça signifie que ces soldats ne peuvent plus compter sur leur force physique pour survivre, comme dans l'Antiquité, la guerre y est moderne, ravageuse, et les soldats ne peuvent plus compter que sur la chance, le hasard, et l'espoir d'être épargné. Et la Marseillaise dans tout cela ? Elle est un symbole de l'espoir, celui qui anime la vie. Crois-tu en ces chants dont les paroles redonnent espoir ? La Marseillaise de Rude est une magnifique statue, c'est l'art qui offre un nouveau souffle. Tu crois que c'est ce dont nous avons besoin pour nous en sortir ?