Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: noushkagirl le 26 Mars 2016 à 19:27:12

Titre: Pause café en ville
Posté par: noushkagirl le 26 Mars 2016 à 19:27:12
On m'a souvent dit que j'étais quelqu'un de solitaire. C'est peut être vrai. Après tout le moment que je préfère dans la journée c'est le petit café que je bois tous les matins. J'aime chaque moment de
 cette pause de début de journée. J'entre dans ce petit café, juste en face de mon IUT, alors toutes les odeurs assaillent mes narines et m'emportent en Afrique, au Guatemala ou en Italie.
Je vais ensuite m’asseoir à ma table et regarde le patron s'affairer derrière le bar à l'arrivée de nouveaux clients. Puis vient le moment de boire le breuvage du jour : café, thé, chocolat, cappuccino,
selon mes envies. La première gorgée, je l'apprécie toujours plus lorsque je ferme les yeux. De cette façon, j'ai l'impression de mieux ressentir les différentes notes. Par la suite, chaque gorgée
m'apporte un goût nouveau dont j'essaie alors de deviner l'histoire.
J'ai lu un jour, dans un livre, dont le nom m'a totalement échappé, une phrase qui m'a donné à réfléchir : "Il faut laisser crépiter ses élans". Au début j'ai pensé que cela signifiait qu'il fallait succomber à ses désirs.
Puis j'y ai découvert un autre sens. Pour moi, elle signifie qu'il faut avoir conscience de ses désirs, de s'en imprégner et puis de les laisser disparaître.
Alors je m'y suis entraînée durant ma pause du matin. Parfois un garçon, il faut se le dire plutôt mignon, entrait dans le café. J'avais alors envie de reposer mon café, de me lever, de traverser la salle, de lui toucher et de lui dire : "Salut je voulais te proposer de venir t'asseoir à ma table pour que nous fassions connaissance, donc si le cœur t'en dit rejoins-moi." Et puis de retourner m'asseoir sans lui laisser le temps de répondre. Mais au lieu de ça, je prenais ma tasse chaude pour me réchauffer les mains et fermais les yeux pour écouter sa voix, grave et empreinte de virilité, dire : "Un café s'il vous plait." Sans rouvrir les yeux, je l'écoutais jouer avec sa monnaie, dire : "Merci" et regagner la porte d'un pas souple. Et, alors que ce garçon quittait le café, je laissais mes désirs s'en aller avec lui.
Titre: Re : Pause café en ville
Posté par: Karinet le 27 Mars 2016 à 00:42:50
J'ai bien aimé prendre un café en ta compagnie. Ton texte m'a paru simple (dans le bon sens du terme), direct. Il est très agréable à lire. J'ai compris ton plaisir à boire (et j'ai horreur de ça en temps normal). Ces actes manqués, ces garçons que tu laisses partir, donnent une dimension réaliste à ton texte, opposition de la réalité et du fantasme.
Juste un détail :
Puis j'y ai découvert un autre sens. Pour moi, elle signifie qu'il faut avoir conscience de ses désirs,  s'en imprégner et puis les laisser disparaître.   
Je pense qu'il faut enlever les de.
A bientôt. :)
Titre: Re : Pause café en ville
Posté par: Mahad le 27 Mars 2016 à 20:01:15
On m'a souvent dit que j'étais quelqu'un de solitaire. C'est peut être vrai. Après tout le moment que je préfère dans la journée c'est le petit café que je bois tous les matins. J'aime chaque moment de
 cette pause de début de journée. J'entre dans ce petit café, juste en face de mon IUT, alors toutes les odeurs assaillent mes narines et m'emportent en Afrique, au Guatemala ou en Italie.
Je vais ensuite m’asseoir à ma table et regarde le patron s'affairer derrière le bar à l'arrivée de nouveaux clients. Puis vient le moment de boire le breuvage du jour : café, thé, chocolat, cappuccino,
selon mes envies. La première gorgée, je l'apprécie toujours plus lorsque je ferme les yeux. De cette façon, j'ai l'impression de mieux ressentir les différentes notes. Par la suite, chaque gorgée
m'apporte un goût nouveau dont j'essaie alors de deviner l'histoire.
J'ai lu un jour, dans un livre, dont le nom m'a totalement échappé, une phrase qui m'a donné à réfléchir : "Il faut laisser crépiter ses élans". Au début j'ai pensé que cela signifiait qu'il fallait succomber à ses désirs.
Puis j'y ai découvert un autre sens. Pour moi, elle signifie qu'il faut avoir conscience de ses désirs, de s'en imprégner et puis de les laisser disparaître.
Alors je m'y suis entraînée durant ma pause du matin. Parfois un garçon, il faut se le dire plutôt mignon, entrait dans le café. J'avais alors envie de reposer mon café, de me lever, de traverser la salle, de lui toucher et de lui dire : "Salut je voulais te proposer de venir t'asseoir à ma table pour que nous fassions connaissance, donc si le cœur t'en dit rejoins-moi." Et puis de retourner m'asseoir sans lui laisser le temps de répondre. Mais au lieu de ça, je prenais ma tasse chaude pour me réchauffer les mains et fermais les yeux pour écouter sa voix, grave et empreinte de virilité, dire : "Un café s'il vous plait." Sans rouvrir les yeux, je l'écoutais jouer avec sa monnaie, dire : "Merci" et regagner la porte d'un pas souple. Et, alors que ce garçon quittait le café, je laissais mes désirs s'en aller avec lui.
J'aime bien l’idée, le texte est fluide. Une petite histoire sympathique.   :)
Titre: Re : Pause café en ville
Posté par: noushkagirl le 28 Mars 2016 à 23:38:33
Merci pour vos commentaires, je les mettrai en pratique dans mes prochains textes!!
Titre: Re : Pause café en ville
Posté par: Fried le 30 Mars 2016 à 13:24:40
Jolie moment de la vie que cette pause café. J'aime ton récit, l'écriture. Juste une petite faute quand tu écris "j'avais alors envie...de lui toucher" je pense que tu veux écrire " de le toucher".
C'est un récit sur la solitude, alors qu'on est entouré de monde, ainsi que sur le premier pas.... j'aurais tant aimé pouvoir faire ce premier pas, comme dans les chansons.