Bonsoir / bonjour. Encore un petit nouveau. Voici la naissance d'un texte, rejoignant un peu le dernier que j'ai pu écrire et poster. J'espère que la lecture plaira, mais j'attends comme toujours, vos avis et remarques.
Bonne lecture.
~~~~~~
C'est quand j'ai entendu un bruit étouffant que j'ai sauté de mon lit, pour rejoindre le rez-de-chaussée de la maison. Il était 09h30. Tout au plus. En descendant une à une les marches qui grinçaient à cause de l'ébène usagé, mon regard s'est tout de suite posé sur Snoop. Mon chien. Mon Boxer au poils marrons. Il baignait dans son sang. Dans sa propre marre. Touché d'une balle de Sig Sauer 2022, en plein coeur.
Papa, lui, était assis sur la chaise du bureau familial, dans la pièce après ce couloir qui menait sur Snoop. Et les marches.
Papa avait le visage marqué et sculpté par un lointain et violent passé. D'apparence, il était le stéréotype parfait de l'homme terne et repoussant. Imperturbable. Insociable. En réalité, il avait la main sur le coeur, prêt à tout pour le bonheur de sa famille.
Mais ce matin là, papa tenait toujours, fermement serré entre ses longs doigts fins, son arme au canon argenté. Lorsque nos regards se sont croisés, lui sur la chaise, moi sur la dernière marche, papa m'a visé avant d'appuyer d'une traite, la main quelque peu tremblante, sur la gâchette. Ô combien le tir était mal placé. Mon flanc droit fut le deuxième acquéreur de la balle, de l'arme de papa.
Je me suis aperçu que j'avais été touché que lorsque ma tête a tapé contre le carrelage du bas des escaliers. Rebondissant.
J'avais à ce moment précis, le regard rivé vers celui de papa. Il a porté son arme à mi-hauteur de ses épaules, pointant le canon sous son menton. Il m'a regardé une dernière fois, avant de fermer les yeux, me laissant la perspective visuelle d'une larme couler le long de sa joue.
Boum. C'est le dernier bruit que j'ai entendu, avant d'atterrir dans un silence profond. Sa cervelle a éclaté. Explosé. Des éclaboussures de sang ont fait décor sur le mur blanc-nacré. Des bouts de cervelle. Sa cervelle, sur le sol, sur les murs, sur le plafond, sur les divers meubles et objets présents. Bien que la pièce soit immense, papa était de partout. Il a réussi à se démultiplier, se posant sur chaque centimètre de cette même pièce. On aurait dit un film rejoignant le sonore et le dégueulasse, la morbidité.
Il y en avait de partout. Du sang, des morceaux de dents, de la chair. Son crâne a terminé en miettes. Quant au reste de son corps, il était intact.
Mes yeux, eux, se sont peu à peu fermé. Je ne sentais plus moindre d'un de mes membres. Mes bras, mes mains, mes doigts, mes jambes, mes pieds refusaient de bouger. Papa n'a pas voulu partir seul, alors il m'a - il nous a - emmené avec lui et à ce moment la, ma dernière pensée était telle que : la mort est un roman qui se doit d'être raconté.
Je suis mort.