Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: RyanCoteAzur le 24 Mars 2016 à 20:59:21

Titre: Je n'ai pas arrêté de vivre, je suis mort.
Posté par: RyanCoteAzur le 24 Mars 2016 à 20:59:21
Bonsoir / bonjour. Encore un petit nouveau. Voici la naissance d'un texte, rejoignant un peu le dernier que j'ai pu écrire et poster. J'espère que la lecture plaira, mais j'attends comme toujours, vos avis et remarques.
Bonne lecture.


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C'est quand j'ai entendu un bruit étouffant que j'ai sauté de mon lit, pour rejoindre le rez-de-chaussée de la maison. Il était 09h30. Tout au plus. En descendant une à une les marches qui grinçaient à cause de l'ébène usagé, mon regard s'est tout de suite posé sur Snoop. Mon chien. Mon Boxer au poils marrons. Il baignait dans son sang. Dans sa propre marre. Touché d'une balle de Sig Sauer 2022, en plein coeur.
Papa, lui, était assis sur la chaise du bureau familial, dans la pièce après ce couloir qui menait sur Snoop. Et les marches.
Papa avait le visage marqué et sculpté par un lointain et violent passé. D'apparence, il était le stéréotype parfait de l'homme terne et repoussant. Imperturbable. Insociable. En réalité, il avait la main sur le coeur, prêt à tout pour le bonheur de sa famille.
Mais ce matin là, papa tenait toujours, fermement serré entre ses longs doigts fins, son arme au canon argenté. Lorsque nos regards se sont croisés, lui sur la chaise, moi sur la dernière marche, papa m'a visé avant d'appuyer d'une traite, la main quelque peu tremblante, sur la gâchette. Ô combien le tir était mal placé. Mon flanc droit fut le deuxième acquéreur de la balle, de l'arme de papa.
Je me suis aperçu que j'avais été touché que lorsque ma tête a tapé contre le carrelage du bas des escaliers. Rebondissant.
J'avais à ce moment précis, le regard rivé vers celui de papa. Il a porté son arme à mi-hauteur de ses épaules, pointant le canon sous son menton. Il m'a regardé une dernière fois, avant de fermer les yeux, me laissant la perspective visuelle d'une larme couler le long de sa joue.
Boum. C'est le dernier bruit que j'ai entendu, avant d'atterrir dans un silence profond. Sa cervelle a éclaté. Explosé. Des éclaboussures de sang ont fait décor sur le mur blanc-nacré. Des bouts de cervelle. Sa cervelle, sur le sol, sur les murs, sur le plafond, sur les divers meubles et objets présents. Bien que la pièce soit immense, papa était de partout. Il a réussi à se démultiplier, se posant sur chaque centimètre de cette même pièce. On aurait dit un film rejoignant le sonore et le dégueulasse, la morbidité.
Il y en avait de partout. Du sang, des morceaux de dents, de la chair. Son crâne a terminé en miettes. Quant au reste de son corps, il était intact.
Mes yeux, eux, se sont peu à peu fermé. Je ne sentais plus moindre d'un de mes membres. Mes bras, mes mains, mes doigts, mes jambes, mes pieds refusaient de bouger. Papa n'a pas voulu partir seul, alors il m'a - il nous a - emmené avec lui et à ce moment la, ma dernière pensée était telle que : la mort est un roman qui se doit d'être raconté.

Je suis mort.
Titre: Re : Je n'ai pas arrêté de vivre, je suis mort.
Posté par: Quaedam le 24 Mars 2016 à 21:21:56
Salut Ryan :D
J'ai bien aimé ton texte. Je le trouve un peu maladroit à certains moments mais on rentre bien dans l'histoire. Les détails sont assez immersifs, et tu n'hésites pas à aller dans le gore. Franchement, je trouve cela vraiment pas mal du tout :D

J'ai beaucoup apprécié le rythme notamment dans ce passage.
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Sa cervelle a éclaté. Explosé. Des éclaboussures de sang ont fait décor sur le mur blanc-nacré. Des bouts de cervelle. Sa cervelle, sur le sol, sur les murs, sur le plafond, sur les divers meubles et objets présents. 
C'est assez propre de l'hypotypose  (ces phrases et celles qui suivent): on a l'impression de voir la tête se répandre dans la pièce. Vraiment, c'est super bien trouvé! Niveau rythme et vocabulaire, progression de l'action c'est top moumoute! (petite faute sur "Explosé" > "Explosée")

Après des petits trucs m'ont chiffonnés et m'ont un peu sorti de la scène. Ces deux là en particulier:
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d'une goutte de pleur
Tu fais peut-être la contraction entre la sueur et les larmes pour exprimer le fait que ton personnage ne sait pas s'il pleure ou s'il transpire mais j'aurais dit "une larme"^^
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On aurait dit un zombie, semblable à une série télé.
La comparaison est un peu trop "culture pop" et amène de l'humour. C'est peut-être voulu mais j'ai trouvé que cela détonnait un peu trop.

Sinon, j'ai hâte de continuer à te lire, c'est vraiment très sympa (morbide et triste aussi, oui :D)
Titre: Re : Je n'ai pas arrêté de vivre, je suis mort.
Posté par: RyanCoteAzur le 24 Mars 2016 à 21:29:17
Bonsoir Queedam,

Tu tombes au bon moment, car les propos que j'ai écris, que tu as relevé m'ont pas trop plu non plus, sur le coup, mais j'avais que ça. Je vais remplacé " Une goutte de pleur " par " larme " tout bonnement, ça sera mieux. Plus fluide même.

Idem pour le passage sur le zombie, je retire, ahah.
Merci de ton passage et très heureux que ça t'ai plu. C'est le but souhaité. Que ça plaise. :)
Titre: Re : Je n'ai pas arrêté de vivre, je suis mort.
Posté par: Quaedam le 24 Mars 2016 à 21:45:35
Les grands esprits se rencontrent :D
Ravie de t'avoir "aider" (on va dire "appuyer"^^)
Titre: Re : Je n'ai pas arrêté de vivre, je suis mort.
Posté par: flashsteelers le 25 Mars 2016 à 14:41:26
Champdefaye à déja quasiment relevé tout ce que je voulais dire :)

J'ajouterai cependant un point qui me parait etre le défaut le plus significatif du récit : finalement le personnage principal ne fait quasiment rien. Tu nous décris à peine sa chute, tu te focalise beaucoup plus sur ce qui se passe autour de lui, et son agonie est finalement expédié rapidement, de façon très froide, et je trouve que les dernières tirades du narrateur sont très "ronflantes" "la mort est un roman qui se doit d'etre raconter..." mouaif... c'est un peu trop gothique pour moi dans le genre.

Autrement deux trucs qui m'ont chiffoné (activation du mode maxi pinaillage, la je renonce à toute bonne foi :p)

- Si le père utilise un sig sauer (donc un 9mm) il aurait difficilement put s'éparpiller la cervelle aux 4 coins de la pièce. Ce n'est pas un calibre si puissant que ça, et surtout la tête est une partie TRES solide.

- Toujours dans la catégorie balistique... comment il à put abattre le chien en plein coeur ? je veux dire... un chien c'est à 4 pattes, donc son coeur est sous lui. Ce n'est pas comme un humain dont on voit le torse. Alors ok pour le côté "image" de l'etre vivant frappé en plein coeur je comprends le message, mais côté cohérence pure ça me titille...

- Lorsque tu dis "Papa n'a pas voulu partir seul, alors il m'a - il nous a - emmené avec lui" Nous c'est le narrateur plus le chien ou bien tu sous entend d'autres membre de la famille ? parce que vu qu'on ne les voit pas... bah on se dit que nous c'est en comptant le chien mais que du coup c'est vachement bizarre.

Aller pinaillage fini : revenons à du constructif

Je reste comme pour ton précédent texte sur ma faim vu que tu peins une scène "banale" (vu mille fois dans les films / séries / livre / bd etc) mais il y manque quelque chose. C'est peut etre ton approche trop clinique qui me donne cette impression, mais comme Champdefaye, je fini avec une grande impression de "pourquoi ?". C'est d'autant plus frustrant que le potentiel est là, et que je ne doute pas que tu puisses sortir un texte bien formulé en restant simple qui sera d'autant plus efficace.
Titre: Re : Je n'ai pas arrêté de vivre, je suis mort.
Posté par: Luna Psylle le 09 Avril 2016 à 09:46:10
Coucou :),

Alors, j'avais lu ce texte il y a un moment déjà, mais je n'ai pas eu le temps de le commenter et de fil en aiguille, j'ai oublié. Mais franchement, je n'ai pas grand chose à en dire. On retrouve vraiment ton style dans ce texte, ma foi trop court. En fait, après ma lecture je n'avais qu'un commentaire et je m'en souviens encore, alors je te le mets là :

Citer
la mort est un roman qui se doit d'être raconté.

Si la mort se doit d'être contée, elle a trouvé son conteur. Lance-toi :) !