Bonjour tout le monde !
Je réponds aujourd'hui au défi de Loredan que voici :
Citation de Loredan :
Matthieu, je te défie d'écrire un poème en prose.
Vous avez totalement le droit de me massacrer. ;)
Note : le titre est pour le moment provisoire, le texte également mais j'ai hélas au niveau de ce thème une certaine limite. Mais bon voilà... après c'est vous qui voyez.
Premier essai / L'Inconscient (autre partie)
« Esprit taciturne, poussière de mon corps, dors-tu ? »
― En cette nuit de printemps, à petits pas, je franchis une fois de plus l'un de tes propylées
ténébreux quelque part sous l'œil effroyable du Néant, et ne vois, et ne trouve toujours rien. Où sont
donc passées les faunes et flores luxuriantes qui illuminaient chacun de tes recoins sombres ? tes
beffrois, tes chapelles, tes douves... où sont-elles, elles et leurs couleurs, elles et leurs odeurs ?
Je suis comme un pion qui avance sur un échiquier vide.
« M'entends-tu morne esprit, chrysalide ravagée par les pensées spirituelles de mes matins, ô
gemme d'onyx ? »
― Pas une seule ligne blanche, pas une seule lumière céleste, pas une seule ombre doucereuse à
l'horizon... pas même une quelconque Madone ; j'avance, encore et encore, perdu, désorienté, dans
un dédale chimérique, un rêve chaotique où seul le silence semble être maître de ce lieu, de cet
univers sans dessus ni dessous.
Je suis comme un pion qui avance sur un échiquier vide.
« Esprit de l'Étrange, n'as-tu rien de mieux à m'offrir ? »
― Où sont mes champs de lys, mes rivières émeraude, mes terres d'amour... À gauche, à droite, là,
partout, sur tous les côtés, toujours et encore, sur des corridors infinis ; des tableautins noirs, rien
que des tableautins noirs.
« Te cacherais-tu par hasard derrière l'un de ces rideaux de l'Obscurité ? »
― Minuit approche, j'entends son tambour fou, il résonne en moi et tu ne te prononces toujours pas.
« Que faire pour te sortir de ton sommeil... danser, chanter ? »
― Il n'y a rien que des tableautins noirs, rien ! Juste moi, ici, et juste toi, je ne sais où. Seuls, dans
cet océan de désespoir, océan où mon âme vogue doucettement dans un inconnu qui est tien, et où
toi tu reposes tranquillement dans un inconnu qui est mien.