Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Mogdhorel le 29 Février 2016 à 16:17:08

Titre: [AT n°7 | T22] A lovely day
Posté par: Mogdhorel le 29 Février 2016 à 16:17:08
Les deux jeunes filles poussèrent ensemble la porte battante et pénétrèrent directement dans la cuisine où une puissante odeur de bacon les submergea et remua leurs estomacs encore endormis. Les effluves de friture enfumaient la pièce exiguë. Dos aux filles, Finley Gibbins s’affairait aux fourneaux à grands coups de gestes amples pour verser de la pâte à pancakes dans une poêle brûlante. Il faisait encore noir et, prêt à partir, il avait déjà revêtu son uniforme de sergent de la police municipale de Brokewood, son badge, ses rangers noires, et son Glock 19 porté à la ceinture, côté gauche. Shana se demanda alors quelle crédibilité pouvait avoir un policier empestant le bacon et cette réflexion faillit bien lui arracher un sourire. La radio, volume à fond pour couvrir les grésillements de la viande, crachait un vieux tube des années septante :

            When I wake up in the morning, love
            And the sunlight hurts my eyes


« And something without… hmm hmm… love… ding doun doum doum… hmm… ’vy on my mind… Triiioung… Then I look at you ! Whou, ça c’est de la bonne musique ! »

Il ne les avait pas vu entrer et continua de fredonner la chanson jusqu’à ce qu’elles l’interrompent :

« Bonjour, papa. »

Elles l’avaient dit en choeur, avec entrain, et Finley qui l’avait remarqué malgré le bruit ambiant en fut tout exalté. Il sentit la boule qu’il avait au ventre commencer à se résorber alors que naissait en lui l’espoir qu’il allait enfin les voir heureuses. Il lança un petit regard par-dessus son épaule puis se retourna complètement. Mais en voyant les visages fermés des filles et leurs yeux éteints, il comprit vite qu’il s’était fait des illusions. Il ne se démonta pas pour autant.

« Hé les filles, déjà debout ? »

Il n’eut pour seule réponse que le grincement sur le sol des chaises de la table à manger. Beverly s’assit et enfouit sa tête dans ses mains tandis que Shana plissait les yeux face à la lumière trop forte de l’ampoule nue suspendue au plafond.

« Vous connaissez cette musique ? » reprit-il.

            And I know it's gonna be
            A lovely day
            … lovely day, lovely day, lovely day, lovely day…


« Non bien sûr, ce n’est pas de votre génération. Seize et douze ans, aha, vous n’étiez même pas nées à cette époque ! Rha, je n’arrive pas à me souvenir qui est-ce qui chantait ça… Stevie Wonder ? » demanda-t-il, plus à lui-même que comme une vraie question. Il réfléchit un instant, les sourcils froncés et le regard ailleurs, puis secoua la tête et se remit à s’occuper des pancakes qui commençaient à brunir.

« Il fait froid ici, osa au bout d’un moment Shana d’une petite voix.

– Tu as froid ma chérie ? répondit Finley. Mais tu es encore en pyjama et – il se courba et jeta un oeil sous la table –, et tu es pieds nus ! Je te l’ai déjà dit, tu dois mettre des chaussettes. »

Il lui sourit puis se tourna vers Beverly qui tenait dans la main un des couverts en plastique et l’observait avec dédain.

« Oui je sais, je dois encore réparer le lave-vaisselle. En attendant ça fera très bien l’affaire, tu sais bien que j’ai horreur de laver ces trucs à la main. »

Beverly ne répondit rien, elle ne le regarda même pas. Et pendant de longues secondes, plus personne ne parla. La tension ne cessa de grimper jusqu’à en devenir difficilement supportable. Shana retint son souffle. Mais c’est finalement l’animateur radio qui vint briser le silence :

         … une chanson de Bill Withers, pour bien commencer la journée…

« Bill Withers ! Voilà, c’est ça. » fit Finley, soulagé.

         … et tout de suite le bulletin d’information du matin…

Il pressa le gros bouton de la radio et l’éteignit.

« J’aurai déjà bien assez de mauvaises nouvelles comme ça au travail. »

Puis il renifla exagérément en l’air quelques fois, feignant de découvrir une nouvelle odeur.

« Mais on dirait bien que ça sent la nourriture par ici. Allez, tendez vos assiettes, il faut que vous mangiez pour être en forme aujourd’hui ! »

Il s’empara des casseroles et fit glisser pancakes et bacon sur chaque assiette. Il s’assit ensuite à son tour et entreprit de s’attaquer à son petit déjeuner.

Alors qu’il avait déjà englouti les deux tiers de son repas, il s’arrêta net, la bouche à moitié pleine, devant les assiettes fumantes que les filles n’avaient pas encore touchées. Il les observa interloqué.

« Est-ce qu’on pourrait arrêter de faire semblant ? » lança froidement Beverly.

Cette remarque atteignit Finley Gibbins en plein coeur. Il se figea, comme incapable de répondre. Puis d’un coup, il frappa du poing sur la table avec une telle force que toute la vaisselle décolla et retomba dans un bruyant tumulte de verre et de porcelaine qui s’entrechoquent. Les deux filles baissèrent aussitôt les yeux et Shana se mit à sangloter en silence. Uniquement agitée de quelques soubresauts, elle plissait les yeux très fort et deux chemins de larmes coulaient de part et d’autre de son visage.

« J’essaie, de faire de mon mieux. Je… », Finley s’arrêta, les mâchoires serrées, l’oeil brillant. Une larme coula le long de sa joue droite et vint se perdre dans les frisottis de sa barbe. Il releva le menton, déglutit péniblement puis continua :

« Votre mère vous manque ? »

A ces mots, Shana ne put retenir un hoquet de désespoir. Beverly, elle, se leva, les yeux dans le vague, et se dirigea vers la cuisinière. Finley lui prit l’avant-bras.

« Beverly, assieds-toi s’il te pl… BANG ! »

Elle avait empoigné des deux mains le manche de la poêle en acier et l’avait propulsée de toutes ses forces contre Finley. L’ustensile avait décrit un large arc de cercle et était venu s’écraser sur son crâne. L’homme était affalé sur la table, inconscient. Shana s’était arrêtée de pleurer, sidérée, et Beverly se tenait toujours debout, la poêle à la main, totalement pétrifiée par ce qu’elle venait elle-même de faire. Il n’y avait plus aucun bruit, juste le clapotement du café qui s’était renversé et qui gouttait sur le sol. Beverly se mit à crier :

« SHANA, viens ! »

En un seul mouvement, les deux filles détalèrent hors de la cuisine. Au même moment, Finley commença à remuer sur les débris de la table et marmonna quelques paroles incompréhensibles. Il s’appuya sur ses coudes pour se relever et réussit en dépit de tout à se remettre debout, mais la pièce tournoyait bien trop pour qu’il puisse trouver l’équilibre. Il fit alors quelques pas lourdauds sur place, glissa sur l’huile qui s’était répandue sur le sol et, dans sa chute, tenta vainement de se rattraper à l’étagère sur laquelle était posée la radio. Mais les planches de bois cédèrent les unes après les autres et Finley s’écroula par terre dans un vacarme assourdissant. En chutant, le bouton de la radio s’enfonça et le poste se ralluma.

… magnifique journée qui nous attend, il va faire beau, il va faire chaud, mesdames et messieurs, c’est un temps à laisser vos enfants courir dehors ! …

Beverly et Shana se retrouvaient à présent dans l’obscurité totale. Beverly tenait le bras de Shana d’une main et tâtonnait le mur lisse et froid de l’autre à la recherche d’une anfractuosité ou d’un relief quelconque. Elle le savait, elle l’avait vu, ça devait forcément être là. Elles avançaient petit à petit, dans le noir, la respiration hachée par l’angoisse, le chuintement de leurs pieds nus glissant sur le sol. Beverly ne décelait toujours rien, sa main sondait désormais le mur de long en large. L’avait-elle vraiment vue ? Etait-ce réellement de ce côté ? Elle douta, la panique menaçait de l’envahir. Des bruits de bris de verre émanèrent de la cuisine. Elle accéléra le mouvement, bascula de l’autre côté de l’étroit couloir. Soudain, Finley défonça la porte et une lumière diffuse révéla les détails de la pièce. De chaque côté, des murs gris de béton, désespérément nus, désespérément proches, qui se prolongeaient jusque dans les ténèbres. Fixé sur la gauche du plafond, le conduit d’aération rectangulaire et son ronflement caractéristique. Et au centre, à peine visible, encastré dans la matière, une sorte d’anneau luisait faiblement. La poignée d’une trappe. Ça ne s’était jamais trouvé à côté d’elles, mais au-dessus ! Trop tard. Shana poussa un cri strident, Finley l’avait attrapée par les jambes et la traînait vers lui. Elle essaya tant bien que mal de se cramponner à Beverly, planta ses ongles dans son avant-bras, mais finit par être violemment arrachée à elle, laissant de profondes entailles dans sa chair.

« Je t’avais dit de mettre des chaussettes ! » hurla Finley.

Il ceinturait Shana des deux bras contre son torse et emportait la petite fille qui continuait à crier et à se débattre. Il bifurqua à droite, se baissa, et les cris se firent comme étouffés. Malgré son bras qui la brûlait, Beverly les suivit aussitôt et s’engouffra à son tour dans le réduit de quatre mètres carrés. La pénombre permettait à peine de distinguer le matelas taché et moisi par l’humidité ambiante et qui recouvrait la majeure partie du sol, exception faite d’un petit carré où était posé le pot de chambre que Finley avait pour habitude de vider tous les trois jours.

« Lâchez-moi, je vous en prie, lâchez-moi… » gémit Shana.

Finley l’avait jetée sur le matelas et tentait de lui attraper les chevilles pour lui enfiler une paire de chaussettes antidérapantes tandis qu’elle le rudoyait à coups de pied dans tous les sens, ce qui ne semblait guère perturber le solide policier.

– Je - vous - ai - dit - de m’appeler PAPA ! rugit Finley. Et papa ne veut pas que ses petites filles attrapent le rhume, oh non, c’est pour ça que tu vas être une gentille petite fille et mettre tes putains de chaussettes ! »

Sur ces derniers mots, il la frappa du revers de la main. Beverly se précipita sur lui et sans réfléchir, saisit la crosse du pistolet qui dépassait de la ceinture. Elle voulut sortir l’arme de son étui mais celle-ci resta coincée à l’intérieur. Elle tira, tira, tira dessus mais rien ne bougea. A sa quatrième tentative, et alors que Finley s’apprêtait à la repousser d’un coup de coude, une lourde détonation déchira l’air l’espace d’une seconde… puis rebondit sans faiblir de nombreuses fois contre les parois. Beverly lâcha sa prise et retomba sur les fesses, les mains plaquées contre les oreilles pour lutter contre le sifflement aigu qui lui vrillait les tympans. Une odeur âcre de poudre s’était répandue dans l’endroit confiné. Shana, elle, paraissait tout à fait insensible à ce qui venait de se passer. Elle semblait repliée sur elle-même, complètement absorbée par les motifs en forme d’oursons de son pyjama qu’elle fixait intensément. Une tache aux contours imprécis apparut alors au milieu du vêtement et s’agrandit rapidement pour peu à peu engloutir tous les oursons avoisinants. Malgré la faible luminosité, tous purent discerner les reflets écarlates du liquide visqueux. Le contact froid du tissu détrempé de sang et plaqué contre sa peau démangea Shana qui essaya machinalement de le décoller.

« Regarde, regarde ce que tu as fait. Ce n’est pas gentil, ce n’est pas comme ça qu’on traite sa petite soeur. Tu seras privée de pancakes ! » gronda Finley.

Il gesticulait dans tous les sens en secouant la tête, jetait parfois un rapide coup d’oeil sur Shana et détournait immédiatement le regard, comme s’il ne pouvait supporter cette vision. Son front était perlé de grosses gouttes de sueur qui venaient s’ajouter à l’impression de panique qu’il dégageait.

« Comment vais-je nettoyer ça maintenant ? Un pyjama tout neuf. Comment vais-je nettoyer ça ? Avec de la Javel ? Tout ce sang. Oui, peut-être de la Javel. Un pyjama tout neuf. »

Beverly se releva, hébétée. Elle se sentait flotter à l’intérieur de son corps, à demi-consciente. Elle n’avait plus la force de réfléchir et son instinct avait pris le pas sur ses facultés de discernement et d’analyse. Elle fit un pas en avant puis s’immobilisa.

Et dans un élan qui lui transperça le coeur, elle partit à reculons et quitta la pièce.

Ses bras étaient trop courts. Elle sauta mais ne fit qu’effleurer la poignée de la trappe qui se balançait dans le vide. Elle sauta encore, pliant un peu plus les genoux, et parvint cette fois-ci à se rattraper à l’anneau qu’elle s’empressa de prendre à deux mains. Elle était maintenant suspendue de tout son poids à la trappe qui refusait toujours de s’ouvrir. L’idée que celle-ci était peut-être verrouillée lui effleura l’esprit, mais elle décida de nier cette éventualité. Il y eut un craquement. La structure s’affaissa de quelques centimètres. Et d’un seul coup, la trappe s’ouvrit entièrement et dans un nuage de poussière, un escalier se déplia et vint heurter le sol à vive allure. Beverly se laissa retomber et commença à grimper quatre à quatre les marches.

Elle arriva devant ce qui devait être une lourde porte de béton munie d’une grosse poignée métallique. Elle poussa de tout son corps mais l’objet ne cilla pas. Elle cria, tambourina à s’en ouvrir les poings mais le son mat que le béton armé renvoyait lui fit réaliser que personne de l'autre côté ne pourrait l'entendre. En larmes, elle finit par donner des coups de pied rageurs contre la porte, toujours immobile. C’est alors qu’elle aperçut sur le côté une faible lueur verdâtre provenant d’un digicode que dans la précipitation elle n’avait pas remarqué. Elle se mit à frapper frénétiquement sur le petit clavier, sans aucune logique d’ordre ou de longueur. Chaque touche émettait un petit bip distinct et ce qui ressemblait à une mélodie dissonante résonnait dans le noir. Des grincements montèrent du bas de l’escalier et Beverly vit la silhouette de Finley qui se découpait dans l’obscurité. Il avançait tranquillement, marche après marche. Affolée, elle se remit à pianoter.

                  Bip bip bip bip
                  Bip bip bip bip bip
                  Bip bip bip


Une main l’agrippa par les cheveux, la tira brutalement en arrière et Beverly chuta lourdement sur l’arête des marches qui lui rentrèrent dans le dos. Finley continua à la trimballer dans l’escalier comme s’il s’agissait d’un sac poubelle, la tête de Beverly ballotant dans le vide et heurtant chacune des marches.

Arrivé en bas, il lui serra le visage dans sa main droite et la dévisagea. Il avait la main pleine de sang et maculait de rouge le nez et les joues de Beverly. Il était si proche qu’elle pouvait sentir son souffle chaud aux relents de bacon. Il l’avait l’air calme, sa respiration était lente, mais une indescriptible fureur brûlait au fond de ses yeux noirs. Beverly porta la main à sa poche et en ressortit un petit objet d’un blanc laiteux. D’un geste vif, elle l’abattit brutalement contre la gorge de Finley. Il relâcha son étreinte et porta tout de suite la main à son cou. Il avait les yeux écarquillés et n’osait plus faire un seul mouvement.

Après un petit temps de catalepsie, il se décida à retirer sa main et constata avec horreur que sa paume était recouverte de sang. Paniqué, il commença à agiter le bras d’avant en arrière ; il tapotait quelques fois au niveau de sa carotide puis inspectait le bout de ses doigts ; et répétait l’opération. Il mit un moment à comprendre que le sang n’était pas le sien et que sa peau était toujours intacte. A cet instant, tous les deux se tournèrent vers la fourchette en plastique que Beverly serrait encore fermement entre les doigts et à laquelle il manquait désormais deux dents.

Finley fut à nouveau sur le point de bondir sur elle quand elle le frappa une deuxième fois et vint planter l’ustensile dans son oeil gauche. Il recula, épouvanté, les yeux et la bouche grands ouverts, et émit un son guttural qui se rapprochait plus d’un gargarisme que d’un véritable mot. Son oeil droit louchait sur la fourchette qui dépassait du gauche tandis qu’elle était secouée au rythme des battements de ses cils. Après quelques gestes maladroits dans le vide, il réussit à s’emparer du manche en plastique. Mais au lieu de tirer l’ustensile vers l’arrière, il l’inclina vers le bas si bien que la pointe de la fourchette cassa et resta fichée dans son oeil d’où suintait un liquide translucide.

Ignorant sa mutilation, Finley se ressaisit et sans que Beverly n’ait le temps de réagir, il la souleva et la projeta contre l’épais béton. Beverly hurlait à pleins poumons et dans le choc, sa mâchoire se referma sur sa langue et la sectionna. La douleur l’irradia instantanément, elle sentit son coeur battre entre les dents et sa bouche fut envahie par un amer et puissant goût de fer. Elle pouvait deviner le liquide chaud couler par-delà son menton et le morceau de chair qui pendouillait venir chatouiller son palais.

Finley se mit à déverser toute sa rage à coups de pied et de poing. Recroquevillée, Beverly sentait chaque impact briser ses côtes, broyer ses doigts, fissurer son crâne, démettre sa clavicule, éclater sa rate. La douleur jaillissait par tous les pores de sa peau et à mesure que les coups pleuvaient, les sens de Beverly s’estompaient. Sa vision se troublait, son nez était gorgé de sang et elle n’entendait plus les insultes de Finley que comme un lointain écho.

Il la frappa encore. Une fois, deux fois, trois. Et puis le noir. Et puis plus rien.


         A lovely day, lovely day, lovely day, lovely day, lovely day…



Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: extasy le 02 Mars 2016 à 10:43:28
Bonjour Mout !

Citer
Elles l’avaient dit en coeur
chœur
Citer
J’essaie, de faire de mon mieux.

La virgule me dérange un peu
Citer
La pénombre permettait à peine de distinguer le matelas tâché
taché
Citer
Je, vous, ai, dit, de m’appeler
Je ne suis pas sûr, mais d'habitude on ne fait pas ça avec des points de suspension ou des tirets au lieu des virgules ? Mais bon, ça ne me gêne pas plus que ça en fin de compte
Citer
Son front était perlé de grosses gouttes de sueur qui venait s’ajouter à l’impression de panique qu’il dégageait.
venaient
Citer
il lui serra le visage dans sa main droite et la dévisagea
Répétition visage/dévisagea

Ouah, dur ce texte !
J'ai bien aimé. Au début, j'ai eu un peu de mal avec le style mais je m'y suis vite habitué. Puis l'histoire est prenante et oui, les apparences sont trompeuses. La seule chose qui me dérange, c'est qu'en fin de compte tout le texte ne raconte qu'une seule suite d'actions et une fois l'illusion première dissipée, il n'y a plus de mystère, seulement du suspens (enfin, je ne connais pas le terme exact, désolé si je me trompe de mot). Mais c'est un suspens qui marche bien, donc c'est cool. La fin est dégueue  :D

Bref, j'ai apprécié la lecture, merci Mout :)
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Kathya le 02 Mars 2016 à 18:43:58
Citer
Il faisait encore noir et prêt à partir,
J'aurais bien mis une virgule de plus pour faire une transition entre les deux parties de la phrase.

Je suis pas fan des textes gratuitement glauques, mais j'avoue que c'est prenant et bien écrit, même si la fin est au final un peu décevante. Une fois qu'on zigouille les protagonistes, les questions sans réponse restent sans réponse... x)

Le thème est là, l'angoisse en prime, et même si c'est pas mon style, ça reste un bon texte.  :mrgreen:
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: MillaNox le 02 Mars 2016 à 21:12:21
Salut Mout !

au fil de la lecture...
Citer
Les deux jeunes filles poussèrent ensemble la porte battante et pénétrèrent directement dans la cuisine où une puissante odeur de bacon les submergea et remua leurs estomacs encore endormis.
je tique toujours quand il y a plusieurs "et" dans une phrase, je trouve que ça alourdit  :-[

Citer
Dos aux filles, Finley Gibbins s’affairait aux fourneaux à grands coups de gestes amples pour verser de la pâte à pancakes dans une poêle brûlante.
bizarre non ? à grand renfort de ?

Citer
Il faisait encore noir et prêt à partir, il avait déjà revêtu son uniforme de sergent de la police municipale de Brokewood, son badge, ses rangers noires, et son Glock 19 porté à la ceinture, côté gauche.
pour moi l'enchainement coince, il faut minimum une virgule après le "et", ou carrément reformuler

Citer
Il sentit la boule qu’il avait au ventre commencer à se résorber alors que naissait en lui l’espoir qu’il allait enfin les voir heureuses.
pas très fluide...

Citer
demanda-t-il, destiné plus à lui-même que comme une vraie question.
formulation pas fluide je trouve

Citer
sa mâchoire se referma sur sa langue et la sectionna. La douleur l’irradia instantanément, elle sentit son coeur battre entre les dents et sa bouche fut envahie par un amer et puissant goût de fer. Elle pouvait deviner le liquide chaud couler par-delà son menton et le morceau de chair qui pendouillait venir chatouiller son palais.
hmmmm bof bof la langue sectionnée, ça fait un peu comme si tu en rajoutais trop, enfin même avec un choc violent j'imagine pas qu'elle se retrouve à se couper la langue toute seule en claquant des dents... :\?

hop là, tout lu !
bon, bon, bon...
j'ai trouvé le début un peu moyen sur le style, pas très fluide. bizarrement après plus du tout, c'est devenu fluide, prenant, je tiquais plus sur grand chose. donc peut-être que tu as galéré un peu sur la mise en place, je sais pas ?
On est en plein dans le thème, et c'est pas mal mené du tout, on le voit venir mais pas tout de suite donc ça le fait bien, ça joue tout à fait son rôle. :)
Sinon c'est assez prenant, intense, tu rends bien l'action et la montée de stress...
Et du coup c'est franchement sordide  ><
Je sais pas trop si j'ai aimé ou pas, je crois qu'il me manque un petit truc pour que ça m'emporte vraiment, un truc un peu plus complexe peut-être ?
j'ai bien aimé ta façon de ponctuer avec la chanson et ses paroles qui marquent l'opposition à la réalité.

voili voilou !

au plaisir !

Milla
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Mogdhorel le 02 Mars 2016 à 23:59:31
Bonjour bonjour,

Tout d'abord, merci beaucoup à vous trois pour vos commentaires.

J'ai corrigé les petites coquilles que j'avais laissées, notamment cette virgule qui était effectivement manquante, merci de les avoir relevées ! C'est terrible, à chaque fois c'est la même, quand je pense avoir tout corrigé, il reste toujours une-deux fautes que je suis incapable de voir. Je pourrais lire mon texte 100x, que 100x je passerais à côté. Ça vous arrive aussi ?


Je vois que la fin revient à chacun de vos commentaires et je dois dire qu'à la base, je pensais décrire un peu plus la "vie de famille" et finir par la révélation. Et puis mon texte en a décidé autrement.  ;D

Du coup, je comprends vos remarques, mais finalement, même après la révélation, est-ce que le texte ne se suffit pas à lui-même en tant que texte à suspense ? Ou pensez-vous qu'il doit rester une part de mystère pour que l'intérêt de la lecture reste (ou en tout cas soit plus fort) ?

Dans le détail :


extasy

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La virgule me dérange un peu
Ouais, peut-être, éventuellement remplacer par trois points de suspension ?

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Je ne suis pas sûr, mais d'habitude on ne fait pas ça avec des points de suspension ou des tirets au lieu des virgules ? Mais bon, ça ne me gêne pas plus que ça en fin de compte
Oui c'est vrai, je me suis fait la même réflexion, mais j'avais décidé de laisser les virgules.
Bon finalement, j'ai changé d'avis car tu as raison les tirets sont plus standards.

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Répétition visage/dévisagea
Effectivement...Faut que je trouve autre chose


MillaNox

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je tique toujours quand il y a plusieurs "et" dans une phrase, je trouve que ça alourdit
Je te comprends, mais je suis pas aussi extrême, je pense qu'à petite dose ça gêne pas.

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bizarre non ? à grand renfort de ?
Hmmm, non, ça me choque pas.  :)

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hmmmm bof bof la langue sectionnée, ça fait un peu comme si tu en rajoutais trop, enfin même avec un choc violent j'imagine pas qu'elle se retrouve à se couper la langue toute seule en claquant des dents...
Je ne sais pas ce que tu imaginais, mais dans mon idée, la langue ne se coupait pas entièrement.
A mon avis c'est possible dans une certaine mesure mais je t'accorde que je force le trait  ;)

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j'ai trouvé le début un peu moyen sur le style, pas très fluide. bizarrement après plus du tout, c'est devenu fluide, prenant, je tiquais plus sur grand chose. donc peut-être que tu as galéré un peu sur la mise en place, je sais pas ?
Alors ça ça m'embête, parce-que j'ai quand même pas mal bossé sur la fluidité de mon texte.  :\?
D'ailleurs, c'est un peu le contraire, j'ai plus tiqué sur la suite que le début...

J'essaie toujours de trouver la meilleure formulation entre ce que je souhaite exprimer et la fluidité, peut-être que dans le cas des phrases que tu as relevées, c'est le premier critère qui a pris le pas sur la fluidité.

De manière générale, quel conseil tu me donnerais ? Raccourcir certaines phrases ?

Citer
Je sais pas trop si j'ai aimé ou pas, je crois qu'il me manque un petit truc pour que ça m'emporte vraiment, un truc un peu plus complexe peut-être ?
Qu'est-ce que tu imaginerais comme complexité supplémentaire ?
J'avais éventuellement pensé au cas où les filles trouvent leur situation tout à fait normal et basé en partie le texte là-dessus avec révélation finale. Mais là pour le coup, faudrait que je réécrive tout le texte...   ;D


Dans tous les cas, merci encore pour votre passage.  :)
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: MillaNox le 03 Mars 2016 à 09:09:15
Yo !

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De manière générale, quel conseil tu me donnerais ? Raccourcir certaines phrases ?
je crois que j'ai relevé ce qui me paraissait lourd dans le début. pas forcément raccourcir mais éviter les formulations lourdes quoi

Citer
Qu'est-ce que tu imaginerais comme complexité supplémentaire ?
Alors attention parce que c'est sûrement très subjectif (je suis pas super cliente des textes ou scénario qui tourne principalement autour de l'action et du suspens). Mais en gros, le scénario ici ne me transporte pas vraiment, il me parait assez basique en dehors de la "trompeuse apparence" qu'on découvre assez vite.
Je pense que tu tiens quelque chose d'intéressant avec
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

donc peut-être complexifier les relations ? les enjeux ?
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Rémi le 03 Mars 2016 à 19:34:21
Salut Mout !

Bien dégueue cette histoire ! Plutôt bien écrit (mieux sur la fin qu'au début j'ai trouvé). Je ne suis pas trop fan du glauque pour le glauque par contre. On n'a pas vraiment de tenant et d'aboutissant, pas de sens particulier au texte ni de fin.

Je me suis (bêtement) demandé : pourquoi sont-elles dans le noir ? Je sais pas si c'est super de se faire se questionner le lecteur à ce moment là.

En relecture, je note ça qui m'avait déjà fait tiquer :
Citer
Il faisait encore noir et prêt à partir,
faudrait au moins une virgule

et :
Citer
Rha, je n’arrive pas à me souvenir qui est-ce qui chantait ça… Stevie Wonder ? » demanda-t-il, destiné plus à lui-même
"destiné" renvoie à quoi ?
(question destinée plus à...)

Citer
Il s’empara des casseroles et fit glisser pancakes et bacon sur chaque assiette.
(après c'est des poêles et c'est plus logique)

Citer
elle plissait les yeux très forts
fort (?)

Bon, c'est une grande scène d'action, pas une histoire à mon sens, il me manque de la matière : plus de complexité dans le scénario, plus de richesse sur les persos et leurs relations. Mais pour ceux qui aiment le frisson, ils seront servis !

Merci pour la lecture,
Rémi
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Kanimp le 04 Mars 2016 à 19:33:22
Je n’ai pas apprécié le texte. Il décrit une longue scène de violence, mais j’ignore le contexte.
Il veut qu’elles l’appellent papa, je suppose que c’est leur beau-père.
Leur mère est-elle morte ou a-t-elle quitté le ménage, ce qui pourrait expliquer qu’elle refuse de l’appeler Papa, malgré qu’il soit leur vrai père pour le juger responsable.


Bref, je me suis retrouver à lire une scène de violence gratuite.

Une autre fois peut-être.

N.B : En lisant les commentaires, j’ai quand même du décrocher en cours de route, car la révélation finale je ne l’ai pas trouvé.
   
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Mogdhorel le 06 Mars 2016 à 19:04:08
Hello,

Merci pour ces commentaires supplémentaires.

Décidément, vos commentaires sont unanimes, il faut vraiment que je revois mon début et ce problème de lourdeurs.  :(

@MillaNox :
Merci pour ces précisions. Effectivement, tu as raison, je me suis trop cantonné à vouloir donner du punch à mon texte en oubliant le fond. Et tes pistes sont intéressantes.  ;)


@RémiDeLille :
Citer
Je me suis (bêtement) demandé : pourquoi sont-elles dans le noir ? Je sais pas si c'est super de se faire se questionner le lecteur à ce moment là
En fait, le "il faisait encore noir", était censé trompé le lecteur, genre c'est encore la nuit, alors qu'il fait noir car
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Citer
"destiné" renvoie à quoi ?
(question destinée plus à...)
Juste, je vais modifier la phrase.

Citer
Citer

    Il s’empara des casseroles et fit glisser pancakes et bacon sur chaque assiette.

(après c'est des poêles et c'est plus logique)
En fait je voulais synonymiser, mais c'est un vrai que c'est poêle et casserole sont quand même un peu différent.

Citer
Citer

    elle plissait les yeux très forts

fort (?)
Correct. Je corrige.


@Kanimp :

Merci pour ton commentaire, je pense qu'il rejoint un peu celui des autres.

Néanmoins :
Citer
N.B : En lisant les commentaires, j’ai quand même du décrocher en cours de route, car la révélation finale je ne l’ai pas trouvé.
Je crois que tu es effectivement passé à côté du texte, peut-être l'as-tu lu un peu en travers ?
En fait,
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Je peux concevoir que tout n’apparait peut-être pas clairement dans le texte comme je l'avais imaginé, mais certains passages sont quand même suffisamment explicites pour donner les grandes lignes du truc.

Dans tout les cas merci pour ton passage.

Au plaisir,
Mout
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Kanimp le 06 Mars 2016 à 19:38:37
Ok, je cerne mieux le problème
Voici la correction de l’introduction avec en gras ce que j’ai compris et/ou  ce que voudrais suggérer.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Mogdhorel le 07 Mars 2016 à 13:10:36
Merci pour ces précisions.

C'est marrant, car le "Il faisait encore noir" que tu mets en évidence était censé produire exactement le phénomène inverse.   :\?
Je l'avais vu comme un subtil indice que le lecteur identifierait une fois la révélation... bah euh... révélée en se disant "aaaah, oui, je vois maintenant, bien vu !"

Force est de constater que ça n'a pas marché...  :D
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Loïc le 10 Mars 2016 à 10:41:57
Plop !

Citer
Les deux jeunes filles poussèrent ensemble la porte battante et pénétrèrent directement dans la cuisine où une puissante odeur de bacon les submergea et remua leurs estomacs encore endormis.

Tu as essayé de lire cette phrase à haute voix ? moi ça me coupe le souffle.

Citer
Il faisait encore noir et prêt à partir

Là je lis qu'il fait "noir et prêt à partir"

Citer
… magnifique journée qui nous attend, il va faire beau, il va faire chaud, mesdames et messieurs, c’est un temps à laisser vos enfants courir dehors ! …

bien joué ça !

Citer
sa main tâtonnait désormais le mur de long en large.
Tu as déjà une main qui tâte le mur deux lignes plus haut

Ah mais il est horrible ce texte !
Bon, j'ai vraiment beaucoup aimé. A part le début que je trouve un peu laborieux, j'ai trouvé qu'il y avait une vraie tension, de la force et que la narration est un mélange de froideur et de chaleur (oui ça ne veut rien dire) bien adaptée au ton du texte.

Merci pour la lecture.
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Mogdhorel le 12 Mars 2016 à 14:21:33
Salut Loïc,

Citer
Là je lis qu'il fait "noir et prêt à partir"
Rha, j'étais sûr que je l'avais ajoutée cette virgule.  :-X

Citer
Tu as déjà une main qui tâte le mur deux lignes plus haut
Juste. Zut.  ><

Tu es le premier qui a vraiment aimé, et ça, ça fait plaisir.  :)
Merci pour ton passage !

A+
Mout
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Tomoyo le 13 Mars 2016 à 15:28:39
saaalut,

Citer
un vieux tube des années septante :
:D c’est fort amusant le coté texte français sur un récit américain avec le vocabulaire belge (ou suisse)

Citer
Seize et douze ans, aha
Taaaake on meee
J’aurais mis ha ha  ::)

Citer
demanda-t-il, plus à lui-même que comme une vraie question
pas très heureux  :-\

Citer
« Est-ce qu’on pourrait arrêter de faire semblant ? » lança froidement Beverly.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Oh…Mon…Dieu….  :s
Alors clairement, c’est inattendu.
Clairement, c’est violent, dur, triste, horrible…. :-X
Je n’ai rien à dire sur le style ou la construction, je pense que ce que tu as fait est très bien fait. Mais du moment où je comprends qu’il y a captivité (intérêt de ma part) et jusqu’à la fin, ça devient vraiment trop crescendo en violence, avec espoirs et résignation.
Du coup non ça ne me plait pas, point de vue gouts perso, je déteste me sentir mal à l’aise ou triste  :D, mais je me dis que c’est tellement ce que tu as dû vouloir faire que je ne peux que constater que c’est réussi  ::).
Ah et moi j’ai pas trouvé le début laborieux  :-\… (ou alors il a évolué entre les commentaires précédents et ma lecture).

Au plaisir, et merci pour ce texte :D (enfin, merci  :relou:… )
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Mogdhorel le 15 Mars 2016 à 20:07:28
Hello Tomoyo,

Citer
:D c’est fort amusant le coté texte français sur un récit américain avec le vocabulaire belge (ou suisse)
Aha, effectivement. Et oui, suisse. ;)

Citer
mais je me dis que c’est tellement ce que tu as dû vouloir faire que je ne peux que constater que c’est réussi  ::).
Oui c'était bien le but visé, donc merci  :D

Citer
Ah et moi j’ai pas trouvé le début laborieux  :-\… (ou alors il a évolué entre les commentaires précédents et ma lecture).
Non je n'ai malheureusement pas eu le temps de modifier en profondeur le début, mais je suis content si tu n'as pas tiqué sur le style.

Merci pour ton passage Tomoyo, et merci pour ton commentaire détaillé qui, comme d'habitude, est toujours aussi complet et enrichissant.   :)
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Spes le 16 Mars 2016 à 13:24:28
Coucou !

Alors, en quelques lignes : J'ai trouvé ton style propre et fluide. La narration est bien menée, il y a du rythme, les dialogues se tiennent et son bien insérés, je trouve. L'histoire se tient aussi, en revanche j'ai trouvé que certains éléments d'explication arrivaient de façon un peu trop brutale (du coup, en tant que lecteur, je ne me sens pas trop touchée, j'ai l'impression que le récit n'est pas très honnête avec moi). Concernant la fin du récit, je trouve qu'elle n'apporte pas trop, à mon avis, de conclusion à l'histoire (qui finalement aurait pu s'arrêter un peu plus tôt, ou un peu plus tard, sans que ça ne change grand-chose, à mon avis). La folie d'un personnage est, à mon sens, quelque chose de dur à exploiter sans donner l'impression d'une facilité un peu revue.
Mais, ceci à part, j'ai trouvé que ton texte restait de qualité et se lisait bien  :)

Je te livre quelques remarques au fil de ma lecture. Je les ai voulues aussi objectives que possible, mais à toi de voir si elle te semblent pertinentes.




Attention, quelques verbes faibles (faire, être, avoir) par endroit, qui pourraient, je pense, être remplacés à profit (mais rien de très prononcé non plus) :
Il faisait encore noir
en fut tout exalté
Il n’eut pour seule réponse
Mais c’est finalement l’animateur radio
Il s’empara des casseroles et fit glisser
Il fit alors quelques pas lourdauds
Il avait la main pleine de sang
Il était si proche qu’elle pouvait sentir son souffle
Il l’avait l’air calme
Il avait les yeux écarquillés


Quelques répétitions. Par exemple :
Citer
Il faisait encore noir et, prêt à partir, il avait déjà revêtu son uniforme de sergent de la police municipale de Brokewood, son badge, ses rangers noires
Citer
L’ustensile avait décrit un large arc de cercle et était venu s’écraser sur son crâne. L’homme était affalé sur la table, inconscient. Shana s’était arrêtée de pleurer

Citer
Mais en voyant les visages fermés des filles et leurs yeux éteints, il comprit vite qu’il s’était fait des illusions.
Elles ont de l'entrain, mais les visages fermés et les yeux éteints ? Je ne comprends pas trop ^^

Citer
Beverly ne répondit rien, elle ne le regarda même pas. Et pendant de longues secondes, plus personne ne parla. La tension ne cessa de grimper jusqu’à en devenir difficilement supportable.
L'escalade est, je trouve, un peu brutale ; je n'avais pas vraiment deviné de tension et d'un coup on me dit qu'elle est très forte

Citer
Mais c’est finalement l’animateur radio qui vint briser le silence :
ce fut ? pour la concordance (d'autant plus que tu utilises "fut" plus haut, le style de ton texte n'est pas trop orienté vers le présent, je trouve)

Citer
« Mais on dirait bien que ça sent la nourriture par ici. Allez, tendez vos assiettes, il faut que vous mangiez pour être en forme aujourd’hui ! »
C'est vers ce moment-là que je me dit qu'elles doivent sortir de son imagination ^^

Citer
Finley lui prit l’avant-bras.
Prendre est-il le verbe le plus adapté ?

Citer
Elle avait empoigné des deux mains le manche de la poêle en acier et l’avait propulsée de toutes ses forces contre Finley.
Ah oui, quand même ! Je n'ai pas vu venir cette escalade de violence, et je ne comprends pas trop ce qui l'explique ^^

Citer
Beverly et Shana se retrouvaient à présent dans l’obscurité totale. Beverly tenait le bras de Shana d’une main et tâtonnait le mur lisse et froid de l’autre à la recherche d’une anfractuosité ou d’un relief quelconque.
Où sont-elles, en fait ?

Citer
Soudain, Finley défonça la porte et une lumière diffuse révéla les détails de la pièce
Quelle porte ? Elles avaient fermé une porte ? ^^

Citer
Fixé sur la gauche du plafond, le conduit d’aération rectangulaire et son ronflement caractéristique. Et au centre, à peine visible, encastré dans la matière, une sorte d’anneau luisait faiblement. La poignée d’une trappe.
De toute façon, ça doit être trop haut pour que des fillettes puissent l'atteindre, non ?

Citer
ce qui ne semblait guère perturber le solide policier.
Le passage qui précède (où on apprend qu'elles étaient enfermées dans un réduit) et cette phrase (où on apprend qu'il est policier) me paraissent amener les informations de façon assez brutale

Citer
Beverly se releva, hébétée. Elle se sentait flotter à l’intérieur de son corps, à demi-consciente.
Le passage qui précède est assez fort, je trouve ^^ Je pense qu'il gagnerait à être peut-être un peu mieux amener (moins surprendre brusquement le lecteur)  ; à voir ce qu'en pensent les autres ^^

Citer
Et d’un seul coup, la trappe s’ouvrit entièrement et dans un nuage de poussière, un escalier se déplia et vint heurter le sol à vive allure.
Comment font-ils pour replier l’escalier et refermer la trappe ? (la structure me parait un peu improbable)

Citer
Il l’avait l’air calme
"l'" en trop ^^

Citer
Beverly hurlait à pleins poumons et dans le choc, sa mâchoire se referma sur sa langue et la sectionna.
Dans quel but utilises-tu cette violence dans ton récit ? Je ne comprends pas trop, même si ça participe à l'ambiance et à la construction du personnage de Finley. Je trouve que la fin, le fil rouge de la nouvelle et son but, ne sont pas très clairs.

Bonne suite !
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Yöda le 18 Mars 2016 à 19:33:40
Bonsoir cher Mout !  ^^

Les deux jeunes filles poussèrent ensemble la porte battante et pénétrèrent directement dans la cuisine où une puissante odeur de bacon les submergea et remua leurs estomacs encore endormis.
La première phrase m'a accrochée parce que y a du bacon dedans  :mrgreen: Sinon je la trouve un peu longue en l'état... peut-être ajouter une virgule quelque part ?


Dos aux filles, Finley Gibbins s’affairait aux fourneaux à grands coups de gestes amples pour verser de la pâte à pancakes dans une poêle brûlante.
Alors moi, le "dos au filles" je l'ai compris comme "dans le dos des filles" et pas comme "tournant le dos aux filles", ce qui n'est pas vraiment possible vu qu'elles viennent d'entrer dans la pièce et qu'elles sont donc techniquement  face à tout.  :mrgreen:


Il avait la main pleine de sang et maculait de rouge le nez et les joues de Beverly. Il était si proche qu’elle pouvait sentir son souffle chaud aux relents de bacon. Il l’avait l’air calme, sa respiration était lente, mais une indescriptible fureur brûlait au fond de ses yeux noirs. Beverly porta la main à sa poche et en ressortit un petit objet d’un blanc laiteux. D’un geste vif, elle l’abattit brutalement contre la gorge de Finley. Il relâcha son étreinte et porta tout de suite la main à son cou. Il avait les yeux écarquillés et n’osait plus faire un seul mouvement.

Après un petit temps de catalepsie, il se décida à retirer sa main et constata avec horreur que sa paume était recouverte de sang.
J'ai trouvé ça bizarre qu'il soit horrifié de voir sa main en sang, alors qu'elle l'est déjà quelques lignes plus haut   :-¬?


Bon, j'ai beaucoup aimé le début, même j'ai trouvé un peu long le passage juste avant l'épisode de la poêle (Mais cet épisode a immédiatement relancé mon intérêt pour le coup !).
J'ai particulièrement apprécié les parallèles avec la musique, qui sont plutôt bien trouvés et bien placés !

Par contre, la fin m'a déçue ! Je trouve que c'est un déchaînement de violence inutile. J'aime la violence, mais là j'ai trouvé ça vraiment gratuit, ça ne mène à rien au niveau scénario, et c'est dommage !

Après c'est vrai que la tension est bien rendue, ça monte du début à la fin et c'est plutôt bien écrit, mais du coup on nous tend pour rien et on reste tendu après lecture, c'est un peu frustrant en fait  ^^

Bonne chance pour la suite !  ^^
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Chouc le 19 Mars 2016 à 12:26:26
Salut Mout !

Le début est effectivement un peu laborieux mais en avançant dans le récit, on comprends qu'il est nécessaire d'installer cette paisible petite vie de famille parfaite en apparence. C'est lugubre, glauque et violent, j'ai détesté et adoré en même temps. Personnellement j'aurais laissé jouer la chanson tout le long, distillant des paroles enjouées entre deux coups de poing, mais je suis une vraie tarée.

Merci pour cette lecture, au plaisir.
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: ZagZag le 19 Mars 2016 à 13:01:25
Salut Mout !

Pas vraiment de retournement de situation pour cette nouvelle, c'est rare avec cet AT, et pourtant la fin fonctionne très bien, on ressent toute l'horreur de la scène. Il y a quelques lourdeurs que je n'ai pas relevées, mais cela ne gêne pas vraiment à la lecture. L'idée est bien exploitée, le tiraillement de Finley entre être le psychopathe qu'il est ou le père aimant qu'il cherche à être est bien retranscrit, avec les deux actrices bien malgré elles de cette reconstitution de dilemme cornélien qui subissent le tout. On est dedans de bout en bout, je n'ai pas vu de moment de flottement dans le texte, tu nous plonge bien dans l'histoire.

Merci pour ce texte !
Titre: Re : T22 - A lovely day
Posté par: Mogdhorel le 20 Mars 2016 à 18:37:48
Chers lecteurs,

Merci pour vos commentaires qui me sont très précieux !

@Spes :

Merci beaucoup pour ce commentaire super détaillé.
Content que tu aies apprécié le récit dans sa globalité.

Citer
L'escalade est, je trouve, un peu brutale ; je n'avais pas vraiment deviné de tension et d'un coup on me dit qu'elle est très forte
Je t'avoue que je me suis fait la même remarque...  ><

Citer
ce fut ? pour la concordance (d'autant plus que tu utilises "fut" plus haut, le style de ton texte n'est pas trop orienté vers le présent, je trouve)
Tu as raison, bien vu.

Citer
Prendre est-il le verbe le plus adapté ?
Euh, ben moi ça me choque pas plus que ça.

Citer
De toute façon, ça doit être trop haut pour que des fillettes puissent l'atteindre, non ?
Hmm, elle ne sont plus vraiment des fillettes (12 et 16 ans).

Citer
Le passage qui précède (où on apprend qu'elles étaient enfermées dans un réduit) et cette phrase (où on apprend qu'il est policier) me paraissent amener les informations de façon assez brutale
Effectivement, c'est là que le lecteur est censé comprendre le tout, mais je pense finalement que la chose est suffisamment amenée de manière distillée plus haut pour que ça ne soit pas si brutal que ça. D'ailleurs, c'est au tout premier paragraphe qu'on apprend que Finley est policier.

Citer
Le passage qui précède est assez fort, je trouve ^^ Je pense qu'il gagnerait à être peut-être un peu mieux amener (moins surprendre brusquement le lecteur)  ; à voir ce qu'en pensent les autres ^^
Perso, suis pas sûr. Cette soudaineté est voulue et assumée.  :)

Citer
Comment font-ils pour replier l’escalier et refermer la trappe ? (la structure me parait un peu improbable)
Il s'agit d'un escalier escamotable, très courant avec les systèmes de trappe.

Citer
"l'" en trop
Aie, et je vais même pas pouvoir corrigé.  :(

Citer
Dans quel but utilises-tu cette violence dans ton récit ? Je ne comprends pas trop, même si ça participe à l'ambiance et à la construction du personnage de Finley. Je trouve que la fin, le fil rouge de la nouvelle et son but, ne sont pas très clairs.
Le but de cette violence n'était pas de faire de la surenchère mais de justement construire cette ambiance malsaine et la personnalité de Finley. Je souhaitais également renforcer  l'impression de désespoir des filles et de ce fait la transmettre aux lecteurs. Pour moi, il s'agissait également d'un exercice car j'ai parfois du mal à casser un peu les codes (happy end tout ça...) et ajouter cette couche de brutalité me permettait de rendre mon récit un peu plus percutant et plus proche de la réalité (oui la réalité est dure et crue).
Et puis peut-être que je regarde trop Game of Thones aussi...   ;D


@Yöda :
Citer
Alors moi, le "dos au filles" je l'ai compris comme "dans le dos des filles" et pas comme "tournant le dos aux filles", ce qui n'est pas vraiment possible vu qu'elles viennent d'entrer dans la pièce et qu'elles sont donc techniquement  face à tout.
Suite à ta remarque je me suis aussi posé la question mais en fin de compte je crois que l'expression est correcte.

Citer
J'ai trouvé ça bizarre qu'il soit horrifié de voir sa main en sang, alors qu'elle l'est déjà quelques lignes plus haut
Aie, effectivement c'est une incohérence.  ><

Citer
Par contre, la fin m'a déçue ! Je trouve que c'est un déchaînement de violence inutile. J'aime la violence, mais là j'ai trouvé ça vraiment gratuit, ça ne mène à rien au niveau scénario, et c'est dommage !
Oui je pense que ton commentaire rejoint celui des autres et que j'aurais dû apporté une chute un peu plus intelligente à mon texte.


@ChoucrouteEstivale :
Citer
Le début est effectivement un peu laborieux mais en avançant dans le récit, on comprends qu'il est nécessaire d'installer cette paisible petite vie de famille parfaite en apparence. C'est lugubre, glauque et violent, j'ai détesté et adoré en même temps. Personnellement j'aurais laissé jouer la chanson tout le long, distillant des paroles enjouées entre deux coups de poing, mais je suis une vraie tarée.
Aha, j'y ai pensé le coup de la chanson (je crois que ça veut dire que je suis aussi taré que toi  :D), d'ailleurs c'est un peu dans ce but-là que j'ai fait que la radio redémarre. Mais du coup la chanson aurait duré vachement longtemps !  :P


@Zagreos :

Citer
Pas vraiment de retournement de situation pour cette nouvelle, c'est rare avec cet AT, et pourtant la fin fonctionne très bien, on ressent toute l'horreur de la scène. Il y a quelques lourdeurs que je n'ai pas relevées, mais cela ne gêne pas vraiment à la lecture. L'idée est bien exploitée, le tiraillement de Finley entre être le psychopathe qu'il est ou le père aimant qu'il cherche à être est bien retranscrit, avec les deux actrices bien malgré elles de cette reconstitution de dilemme cornélien qui subissent le tout. On est dedans de bout en bout, je n'ai pas vu de moment de flottement dans le texte, tu nous plonge bien dans l'histoire.
Ton commentaire me fait plaisir car tu résumes en quelques lignes ce que j'ai essayé de transmettre dans ce texte.
Content de voir que ça a fonctionné avec toi.  :) Et merci pour ta lecture attentive.


Encore une fois merci à tous pour votre passage et vos remarques qui me font avancer dans la bonne direction.