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L'art commence où fuit la vie…
Louis Soutter
Un vestibule.
Une desserte sur laquelle trônent des clés, un téléphone, un exemplaire d'un quotidien datant de trois semaines, un vase, des fleurs défraichies.
Un porte-manteau, une veste marron, une écharpe rayée grise et blanche.
Un homme devant la porte, indécis.
Il va bien falloir que tu te décides. Tu es Virginia Woolf, tu as les poches pleines de cailloux, et si tu ouvres cette porte, tu vas te diriger vers le fleuve. Sur ton bureau, il y a le brouillon de Entre les actes encore inachevé. Tu es Virginia Woolf et ce matin, tu as bu ton café noir et sans sucre. Alors que tu détestes ça. Tu détestes boire ton café noir et sans sucre, mais tu l'as bu quand même pour la bonne raison que tu n'as plus de sucre. Tu es Virginia Woolf, tu dois maintenant sortir, avec tes poches pleines de cailloux pour aller acheter du sucre. Seulement, voilà, sur le chemin de la supérette, il y a le fleuve, et toi, tu as les poches pleines de cailloux. Il serait sans doute plus raisonnable d'aller t'asseoir à ton bureau et de finir Entre les actes. D'aller t'asseoir à ton bureau et d'apprendre à aimer l'amertume du café.
Tu sais bien que tu n'es pas un de ces toqués qui, avant de sortir, doivent absolument vérifier quatorze fois s'ils ont leurs clés, si tout est éteint dans le salon. Tu n'es pas un de ces toqués parce que tu n'allumes jamais le salon. Comme ça, il n'y a pas de nécessité de l'éteindre. Il va bien falloir que tu te décides. Tu as listé trente-sept raisons, toutes excellentes pour sortir. C'est Yvain qui t'a suggéré de faire ça. Liste les différentes raisons qui te poussent à sortir. Le jour où elles seront plus nombreuses que les raisons que tu as de rester, alors tu sortiras.
Yvain a dit liste les raisons, et l'amertume du café est la raison numéro dix-sept. Juste après la numéro seize chercher le courrier et la numéro quinze trouver un galet. Il serait finalement plus simple que tu attendes Yvain et qu'il te ramène le sucre, le courrier et le galet. De toute façon, tu n'es pas toqué, tu n'as rien à prouver et Yvain s'est trompé en croyant qu'il suffisait de lister. Alors, tu vas appeler Yvain, l'attendre et lui expliquer. Lui réexpliquer le coup de l'écharpe. Tu n'as pas réussi à lui faire comprendre le coup de l'écharpe. Voilà, tu vas t'asseoir et attendre Yvain.
Tu aimerais prendre ta tête dans tes mains, mais tu as les mains couvertes de peinture et les ongles noircis. Tu es Van Gogh, tu t'échines à peindre, et pour peindre, il faut bien que tu sortes. Que tu passes cette porte. Et avant de peindre, tu pourras passer à l'épicerie pour acheter du sucre. Puis ton matériel et ton sucre sous le bras, tu iras peindre. Pas le fleuve. Il n'y a pas assez de jaune. Tu es Van Gogh et tu aimes le jaune. Tu iras plutôt dans le champ, tu attendras la fin du jour et tu peindras les corbeaux. Tu as essayé d'en parler à Yvain pour les corbeaux. De dire leurs cris. Mais ça ne suffit pas. Tu es Van Gogh et tu aimerais peindre le cri jaune du corbeau sur le mur de ta chambre. Tu saurais alors nouer ton écharpe sans problème et tu pourrais sortir.
Tu te demandes comment font les autres pour nouer leurs écharpes et aller peindre des corbeaux. Cela paraît si simple. Prends Yvain par exemple. Bon Yvain ne peint pas, mais il pourrait sans problème aller peindre des corbeaux si l'envie lui prenait. Mais c'est Yvain et tu es Van Gogh, et tu ne sais pas comment nouer ton écharpe.
Un jour, tu es allé vérifier. Il existe vingt-cinq façons de nouer l'écharpe autour de ton cou. Vingt-cinq. Tu as voulu le dire à Yvain, mais il s'est contenté de hocher la tête. Il n'a pas compris. Il devait avoir l'esprit ailleurs. Yvain fait attention à toi. Mais forcément, il doit y avoir des jours où il est moins réceptif que d'autres. Tu ne peux pas trop lui en demander. Tu n'es pas un de ces toqués, tu es adulte, conscient, capable. Plus que cela même. Tu es révolutionnaire.
Tu as inventé les premières formes de danse moderne. Tu ne peux donc pas rester. Tu es Nijinsky. Tu dois sortir acheter du sucre, mais surtout assister à la première du Sacre du printemps. Tu dois y assister parce que tu as tellement révolutionné le ballet que le public va hurler. Dès les premières mesures. Il va gronder si fort que les danseurs n'entendront plus la musique. Il faut donc que tu y ailles afin de pouvoir leur souffler les indications depuis la coulisse. Tu es Nijinsky, et tu peux parfaitement nouer une écharpe autour de ton cou. Ce n'est pas le problème. Tu n'es pas un de ces toqués, tu es tout à fait en capacité de le faire. Le problème n'est pas de la nouer, mais de choisir le nœud. Yvain ne l'a pas compris. Il était en train de ranger les courses, en te disant comme d'habitude que quand même tu pourrais faire l'effort d'y aller seul, il s'est rendu compte qu'il avait oublié le lait, et que pourquoi n'irais-tu pas à l'épicerie ramener du lait, qui est la bonne raison numéro quatre pour te faire sortir aujourd'hui.
C'est là que s'est posé le problème de nouer ton écharpe autour de ton cou. Comment faire, et comment font les autres pour nouer leurs écharpes. Yvain t'as dit que ça n'avait pas d'importance, mais tu ne le crois pas. S'il existe vingt-cinq façons de nouer une écharpe, c'est que toutes ont une utilité, n'est-ce pas ?
Et parmi ces vingt-cinq façons-là, alors, laquelle choisir ? On ne doit sûrement pas nouer son écharpe de la même façon si l'on va se jeter dans un fleuve, donner des indications à des danseurs russes ou peindre des corbeaux, alors ? Hein. Comment se retrouver dans tout ça ?
C'est comme aux échecs. Il existe deux cents dispositions possibles au premier coup et plus de vingt milles au second. Alors, laquelle choisir ? Sachant que chacune pourrait être fatale. Vingt mille possibilités. Autant commencer par avancer le pion en C4. Ça déstabilisera l'adversaire, et ça, c'est déjà pas mal. Tu es Robert Fischer et tu vas jouer pour le monde libre. Il va falloir que tu noues ton écharpe et que tu sortes pour affronter les Russes. En jouant ton pion en C4 pour anéantir la préparation de Boris Spassky. Tu es Bobby Fischer, tu dois sortir, mais le KGB et la CIA et surtout le complot sioniste a mis toute ta maison sur écoute. Tu ne peux pas jouer dans ces conditions. Tu ne peux pas sortir tant que les juifs t'empêcheront de nouer ton écharpe. Qu'ils t'empêcheront de savourer ton triomphe ! Il faut donc que Yvain arrive, qu'il arrive à te convaincre qu'il n'y a pas de complot sioniste et que les juifs n'ont rien à voir avec le nœud de ton écharpe, que c'est dans ton cerveau que ça se noue. Et tu vas l'écouter, car il n'y a guère que Yvain qui peut te convaincre que les juifs n'ont rien à voir avec ton écharpe et que tu as raison de te faire confiance et de jouer C4.
Finalement vingt mille postions en deuxième coup, ce n'est rien comparé aux vingt-cinq positions possibles pour nouer ton écharpe. Parce que le problème du nœud ne dépend pas de toi, mais du monde autour qui va te juger. C'est pour cela qu'il te faudrait un galet, la bonne raison numéro quinze.
Tu sais que tu ne peux pas comprendre les jugements des autres. Tu sais que ça t'angoisse. Alors, sentir un galet au creux de ta main, ça te paraît plus simple à comprendre tout de même. Il n'y a pas de nœud sur les galets. Comment fait Yvain pour ne pas être terrifié par ce que diront les passants sur son écharpe ? Les passants qui sont sans doute des juifs du KGB ou de la CIA. Que se passe-t-il si tu l'as mal nouée ? Que se passe-t-il si Yvain ne passe pas aujourd'hui ? Que se passe-t-il si tu n'arrives plus jamais à te décider à sortir, malgré la liste de bonnes raisons ? Et si, en sortant, en allant peindre, jouer aux échecs ou te promener le long du fleuve, tu tombes et te fais mal aux mains ? Si tu te fais mal aux mains, cela signifiera que tu ne pourras plus sculpter. Plus du tout. Et que c'est le monde extérieur qui a gagné. Pourtant, tu n'es pas un toqué. Certes tu n'allumes pas dans le salon mais c'est simplement parce que tu vois et ressens avec tes mains. Il te suffit de toucher et modeler à ta guise pour vraiment regarder. Les autres voient, mais ils ne regardent pas, il faut toucher pour comprendre. Tu es John Nash Forbes et tu vois des choses que les autres n'imaginent même pas, tu peux développer un modèle mathématique pour comprendre comment les pigeons se dispersent. Tu sais que Je n'est pas John Nashe Forbes, mais tu es Forbes et tu as besoin de tes mains pour expliquer aux autres l'éparpillement des pigeons. Tu as besoin de tes mains et tu risques de les perdre en passant à la supérette. Et si tu les perds, tu ne pourras plus sculpter ni nouer ton écharpe.
Yvain s'occupe de toi depuis longtemps. Il te répète souvent qu'il aime bien ton travail, il s'occupe de faire exposer et vendre tes pièces de manière à ce que tu puisses rester à sculpter en te souciant un minimum du monde extérieur. Il ne te juge pas. Il sait que tu n'es pas un de ces toqués non, mais que des fois tu te parles. Des fois tu te parles et tu te prends pour quelqu'un d'autre. Ça effraie un peu les gens. Ça t'effraie un peu aussi, tu l'admets. Mais pas Yvain. Yvain, il te dit parfois que tu fais peut être ça pour mieux comprendre comment fonctionnent les gens, pour essayer de faire au mieux, de faire comme les autres et qu'au contraire c'est plutôt bon signe. Mais tu sais que c'est pour ça qu'il est si compliqué de nouer son écharpe.
Parfois, tu te réveilles la nuit. Sur le plafond de ta chambre, l'ombre des rideaux tremble. Tu y vois un fleuve, une eau limpide. Tu te plonges dans cette eau, tu oublies, tu contemples. Tu regardes et tu comprends. Alors, tu tends tes mains et tu commences à modeler l'ombre et l'obscurité. Tu en fais des corps gigantesques, des animaux fantasmagoriques, des feuilles d'arbres. Tu modèles l'ombre et tu comprends mieux. Seulement, cette compréhension-là, tu ne peux la montrer à personne, pas même à Yvain. Même Yvain avec tous ses efforts n'arriverait pas à le voir.
Tu comprends le monde en le touchant. Quand tu caresses un bloc de cire, tu essayes de comprendre ce qu'il y a dans le bloc : un cheval, un visage, un espoir. Tu essayes de comprendre ce qu'il y a dans le bloc, et il te suffit de retirer tout ce qui est superflu. Puis de le recouvrir d'argile, de faire fondre la cire. Faire couler du bronze dans le moule en terre. Pour qu'ainsi, les autres puissent le voir.
Les autres, ensuite, le voient et l'aiment parce qu'ils peuvent tous voir le cheval, le visage ou l'espoir. Parce que la cire a simplement été réagencée. Savoir comment nouer l'écharpe, c'est se réagencer pour que les autres puissent le voir. Tu n'es pas Camille Claudel, ta mère ne te tyrannise pas. Mais tu es Camille Claudel quand même, enfin Je se sent Camille.
Je comprends le monde en le touchant.
Tu dis Je, tu n'es pas Virginia Woolfe, ni Van Gogh, ni Claudel, ni personne. Tu es toi, et le mois d'avril est doux. Tu vas marcher jusqu'au fleuve et récupérer un galet pour le peindre du cri jaune des corbeaux et l'offrir à Yvain.
Yvain va passer tout à l'heure, pour te demander si tu es sorti. Il va s'inquiéter de ta production, il va passer dans le salon. L'allumer, faire le tour des nouvelles pièces, te faire un compliment ou deux, se réjouir que tu aies une commande dans une galerie belge qui adore ton travail. Et puis tu vas pouvoir comprendre Yvain. Avec tes mains. Tu aimerais lui dire, tout en le caressant, que tu es sorti, que tu as longé le fleuve, longé les champs, battu les Russes, et découvert des théorèmes pour expliquer comment s'éparpillent les corbeaux. Tu vas lui dire que cet après-midi, tu t'es donné la mort trois fois, mais seulement pour rire. Que tu as dit je une fois.
Il sera heureux. Tu lui diras que ton café était amer, que tu es allé chercher du sucre à la supérette, qu'avril est doux, qu'il n’y avait pas de corbeau dans les champs, ni de cailloux dans les poches. Tu lui diras qu'avril est doux, et que tu as pensé à lui.
Alors tu es sorti. Sans même nouer une écharpe autour de ton cou.
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Hey Mout' !
Virginia Woolfe
Un o en trop ou pas assez avant.
Parce que la cire à simplement était réagencer
Réagencée
Bon j'ai pas vraiment accroché, j'aime bien le concept, mais la narration à la deuxième personne m'a pas mal surpris et gêné. Ensuite, je vois pas tout ce que le délire sioniste viens faire la dedans, sinon qu'il rends le personnage clairement antisémites, ce qui, avec la narration qui force l'identification, me gêne beaucoup.
Enfin, la fin bah... je comprends pas pourquoi il sort, ça a pourtant l'air d'être une journée comme les autres pour lui (moi ?) et du coup, bin, y a pas d'élément déclencheur à tout ça.
Tcho !
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Sur ton bureau, il y a le brouillon de « Entre les actes » encore inachevé.
Cela fait bizarre sans les guillemets.
Tu es Virginia Wolfe et ce matin, tu as bu ton café noir et sans sucre. Alors que tu détestes ça. Tu détestes [/b]boire[/b] ton café noir et sans sucre, mais tu l'as [/b]bu[/b] quand même pour la bonne raison que tu n'as plus de [/b]sucre[/b]. Tu es Virginia Woolfe, tu dois maintenant sortir, avec tes poches pleines de cailloux pour aller acheter du sucre.
Répétition harassantes. Cailloux se défend très bien lui aussi en plus de celles relevées.
Un personnage qui possède plusieurs identités et qui s’angoisse sur lui-même est typiquement le type de littérature que je n’apprécie pas du tout. À moins que le texte ne me capture dès les premières lignes et me conduise jusqu’à la fin où cela se termine en « J’ai aimé, j’en reviens pas ».
Tu comprendras aisément que je ne fais pas partie du public destiné à ce texte et par conséquent il ne faut pas s’offusquer qu’il m’a laissé de marbre du début à la fin et je n’y ai rien compris.
Très rapidement après le relevé sur les répétitions, j’ai survolé le texte dans lequel, je ne suis jamais entré. Car la stratégie qu’il suit est bel et bien la répétition de mots, voire de phrases pour créer une ambiance oppressante. Je pense que cette approche est plus orale que littéraire.
La narration à deuxième personne est aussi gênante. Compte tenu du fait que je ne m’identifie pas du tout au personnage. La première faute d’action, me semble peu propice à ce type de texte. Il me semble mieux d’utiliser la troisième, plus neutre. De plus cela forcerait, la narration à décrire le ressentiment du personnage, les angoisses à ne pas faire un truc ou l’autre. De cette manière je pense que le texte serait plus vivant à défaut d’être dynamique.
Une autre fois peut-être.
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Salut ô toi grand Mout !
D'abord les vétilles :
on écrit Virginia Woolf (désolé Zag), et Nijinski.
tu es allée vérifier
allé
Sacre du printemps
Printemps ?
On ne doit surement pas
sûrement
si tu l'as mal noué
nouée
malgré la liste de bonne raison
bonnes raisons
comment fonctionne les gens
fonctionnent
Yvain avec tous ces efforts
ses ?
Les autres en suite
ensuite
à simplement était réagencer
a été réagencée
pasde corbeau
espace
Alors tu es sorti. Sans même nouer une écharpe autour de ton cou.
Cette phrase-là, vu son importance, je la séparerais du reste, et je pense que je la mettrais au présent.
Voilà.
J'ai vraiment beaucoup aimé ton texte.
Peut-être parce que je suis assez psychopathe moi-même pour que ça me parle... :)
Ce monologue en boucle, cette litanie qui donne envie de respirer un grand coup à la fin.
Ce disque qui tourne sans cesse (presque).
Et puis ces personnages qu'endosse le narrateur, et qui sont comme des fenêtres ouvertes sur son inconscient. Sur ce qui le fait avancer.
Et sa sensibilité, sa difficulté énorme à exprimer ce qu'il ressent, et notamment dans la création. Et sa logique particulière qui reste logique.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Bref, une vraie réussite très prenante et extrêmement sensible. :coeur:
Voilà, Mout. :)
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Salut l'auteur mouthonien !
Je reconnais à ton texte de nombreuses qualités. Dont celle-ci :
Un vestibule.
Une desserte sur laquelle trônent des clés, un téléphone, un exemplaire d'un quotidien datant de trois semaines, un vase, des fleurs défraichies.
Un porte-manteau, une veste marron, une écharpe rayée grise et blanche.
Un homme devant la porte, indécis.
Non mais sérieux c'est trop bien :o Faire une espèce de peinture morte et puis terminer par "indécis" ça rend vraiment bien. Idem le titre, j'aime beaucoup. Je reconnais aussi un certain talent d'écriture, j'ai beaucoup aimé ces phrases :
D'aller t'asseoir à ton bureau et d'apprendre à aimer l'amertume du café.
(...)
Mais c'est Yvain et tu es Van Gogh, et tu ne sais pas comment nouer ton écharpe.
(...)
Comment faire, et comment font les autres pour nouer leurs écharpes.
(...)
Alors, tu tends tes mains et tu commences à modeler l'ombre et l’obscurité.
:coeur: :coeur: :coeur:
Mais tu es imparfait, et je crois que tu t'es trompé là :
Tu comprends le monde et le touchant.
en le ?
Quant au reste...Je crois que je suis passée à côté du sens profond, je sens bien qu'il y a quelque chose à creuser du côté du Je et du Tu. Je vais tenter une compréhension, et tu me dis si je me trompe :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
J'ai hâte d'avoir ta réponse. En attendant, je suis perplexe, ça m'ennuie de ne pas comprendre. Mais je te dis, je reconnais des qualités au texte, notamment son côté un peu solangien (Solange te parle). Sans doute à cause du côté comment affronter le monde extérieur, et cet accent mis sur de si petits détails - bref ça c'est cool et j'ai bien aimé. Cependant (et c'est très perso), je sens un effet très "j'ai pour intention de faire ressentir plein de choses à celui qui lit en utilisant le tu". Je peux me tromper, mais j'ai perçu je crois ton intention en tant que grand Mout (auteur) de faire passer une grande charge émotionnelle censée peut-être nous faire chavirer et, percevant plus l'intention que les émotions elles-mêmes, je suis passée à côté (aussi à cause de mon problème de compréhension). Mais je peux me tromper...j'attends avec hâte ta réponse en tout cas, mais merci pour la lecture...déroutante ^^
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Je ne saurais pas exactement dire pourquoi, mais j'ai adoré ce texte. :coeur:
Tout d'abord, il est extrêmement bien écrit ! Au début j'ai ouvert le sujet, j'ai vu la longueur, je me suis dit "plus tard", et en fait j'ai commencé, et j'ai pas pu m'arrêter ! (sauf l'un des derniers paragraphes, y'a pas mal de fautes qui traînent)
Je le trouve à la fois simple et très beau. J'ai eu l'impression d'être un peu dans ma tête, ou dans la tête d'un artiste, ou dans la tête de n'importe qui au final, parce que ce genre de réflexion et de passage du coq à l'âne peut être dans la tête de n'importe qui.
J'ai eu l'impression de me promener dans les pensées de quelqu'un, sans que ce soit glauque pour autant, et j'ai adoré le fait de passer d'une raison à l'autre, comme ça. J'ai surtout adoré le fait que le personnage finisse par sortir :coeur:
Je ne sais pas trop quoi dire de plus. C'est un texte plein de ressentis, sans but particulier, mais il a trouvé un écho dans mon âme de lectrice.
Merci beaucoup pour ce texte ! :mafio:
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Hey j'ai bien accroché à ce texte moi aussi :) C'est long et pourtant ça se lit bien, le côté répétitions et délire a bien marché sur moi.
Ensuite, je vois pas tout ce que le délire sioniste viens faire la dedans, sinon qu'il rends le personnage clairement antisémites, ce qui, avec la narration qui force l'identification, me gêne beaucoup.
Pour moi c'est surtout du délire total, cette histoire de juifs sionistes ^^
Je sais pas trop quoi dire, les fautes vraiment gênantes de la fin ont déjà été relevées. A plus !
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Helloooo Mout !
Déjà, désolé si mes remarques sont redondantes par rapport à celles qu'on t'a déjà faites ; j'ai lu ton texte et pris mes notes hier mais ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai trouvé le temps de te répondre.
Tu es Robert Fischer et tu vas jouer pour le monde libre
Quelque chose qui m'échappe ?Sur wikipedia ils disent que c'est un meurtrier quand même :mrgreen:
Après tu parles de Bobby le joueur d'échecs ce qui est logique, mais le Robert je ne comprends pas ce qu'il vient faire dans l'histoire ^^
Il faut donc que Yvain arrive qu'il arrive à te convaincre
Bug avec "arrive"
malgré la liste de bonne raison ?
bonnes raisons, non ?
Si tu te fais mal aux mains, cela signifiera que tu ne pourras plus sculpter
Espace en trop après "signifiera"
pour mieux comprendre comment fonctionne les gens,
fonctionnent
pour essayer de faire au mieux de faire comme les autres
Peut-être une virgule après "mieux" ?
Même Yvain avec tous ces efforts n'arriverait pas à le voir
ses ; manque le point
Tu comprends le monde et le touchant
en ?
Les autres en suite, le voient et l'aime
ensuite ?
aiment
Parce que la cire à simplement était réagencer.
a ; réagencée
qu'il n’y avait pasde corbeau dans les champs
Manque un espace après "pas"
Voilà pour les détails. En ce qui concerne le texte lui-même :
Il m'a laissé une grande impression :)
Perso je trouve que c'est indéniable, tu écris vraiment bien. Ce qui me rend triste, c'est que je manque clairement de références pour vraiment capter toute la puissance du texte, et je ne suis pas en tant que lecteur à la hauteur de l'auteur :( (je m'arrête un instant pour te dire ce que j'ai dit à deux autres auteurs de cette poule : le texte est clairement très bon ; si j'ai eu du mal, ce n'est pas parce qu'il a un défaut, mais parce que je n'ai pas toutes les clés pour comprendre)
Mais c'est sûr, c'est un texte vraiment super. Ça me fait tout drôle de sentir la force du texte sans vraiment le comprendre, de le pressentir pour être plus exact ^^
La fin, avec l'écharpe qu'il n'a pas finalement pas mis c'est du génie. Bref, tu m'as porté par ton rythme et tes mots, et même si je n'ai pas toutes les clés pour vraiment tout capter, je sens réellement du talent et c'est trop cool :)
Merci beaucoup Mout :)
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Bonjour à tous et merci pour votre passage
C'est rigolo comme ça suscite des remarques super diverses.
C'est amusant aussi, parce que en choisissant d'employer la deuxième personne, je ne pensais pas du tout à "forcer" l'identification du lecteur au personnage. au contraire pour moi c'était une façon de mettre à distance. Enfin, je détaillerai ci après, mais je trouve amusant de se rendre compte que l'intention que j'avais en écrivant le texte n'est pas du tout du tout perçu de la même façon
donc les fautes sont corrigé et pour les réponses, c'est partie
@Zagréos
Ensuite, je vois pas tout ce que le délire sioniste viens faire la dedans, sinon qu'il rends le personnage clairement antisémites, ce qui, avec la narration qui force l'identification, me gêne beaucoup.
En fait, lui n'est pas antisémite, c'était Bobby Fischer qui l'était. Du coup, en s'identifiant à un autre, il s'identifie aussi à ce qu'il a de plus mauvais.
Enfin, la fin bah... je comprends pas pourquoi il sort, ça a pourtant l'air d'être une journée comme les autres pour lui (moi ?) et du coup, bin, y a pas d'élément déclencheur à tout ça.
Effectivement, c'est la banalité qui m’intéressait. Comment ça se passe dans la tête d'un type inapte à vivre en gros.
Merci pour le passage. Désolé que tu n'est pas accroché
@Kanimp
Je pense que cette approche est plus orale que littéraire.
L'oralité en littérature est quelque chose qui m’intéresse grandement. Mais je comprends que cela rebute. a la base, j'avais imaginé le mettre en forme comme du théâtre, c'est peut être cela qui te manque.
La narration à deuxième personne est aussi gênante. Compte tenu du fait que je ne m’identifie pas du tout au personnage.
Comme disun peu plus haut, l'emploi de la deuxième personne dans ma tête ce n'est pas pour forcer l'identification. enfin si mais pas celle du lecteur justement. c'est un type qui se parle à la deuxieme personne pour s'identifier justement à tout ces gens, mais en marquant une distance.
il ne dis pas "Je suis machin" parce qu'il n'est pas vraiment dupe, c'est un peu une méthode couet chelou. je sais pas trop coment dire.
Enfin, je comprends très bien que ce jeu de répétion lasse, désolé, et merci dêtre passé
@gage
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Merci beaucoup pour ton passage
@Miromensil
Merci :D
je fais une tentative d'explication en spoiler
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Bon, je sais pas si c'est plus clair en fait, je crois que ça va encore plus embrouiller ^^
@ Kerena et ambriel
Merci beaucoup pour ces retours positifs
@extasy
Quelque chose qui m'échappe ?Sur wikipedia ils disent que c'est un meurtrier quand même :mrgreen:
Après tu parles de Bobby le joueur d'échecs ce qui est logique, mais le Robert je ne comprends pas ce qu'il vient faire dans l'histoire ^^
Bobby est en fait le diminutif Robert. je savais pas qu'il avait un homonyme meurtrier. c'est chelou. Bref, je vais mettre Bobby partout ce sera plus simple
Ce qui me rend triste, c'est que je manque clairement de références pour vraiment capter toute la puissance du texte
L'idée était justement d'arriver à faire un texte qui marche quand meme, même si les réferences échappes.
Si ça t'intérresse
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Ça me fait tout drôle de sentir la force du texte sans vraiment le comprendre, de le pressentir pour être plus exact ^^
C'est que du coup, c'est un peu réussi pour toi.
Merci beaucoup pour ton passage
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Merci pour ta réponse Mout :)
Quand je disais que je manquais de références, je me suis mal exprimé en fait :-[
Il n'y a que Claudel que je ne connaissais pas mais j'ai cherché sur internet bien sûr :)
Ce que je voulais dire (et que j'ai mal dit), c'est qu'il me manque une certaine, disons maturité ? pour vraiment appréhender le texte ; ces personnages et ces situations veulent dire bien plus pour toi que pour moi. (Je ne sais pas si je suis très clair ^^)
Encore merci !
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@Miromensil
Merci :D
je fais une tentative d'explication en spoiler
Okay, j'en étais un peu loin ^^ Je comprends que je me suis trompée pour le tu. Seulement, tu dis que "l'emploi du tu est là pour faire ressentir la mise à distance du personnage qui ne se projette pas dans les autres", ca veut dire que le tu es destiné au personnage, pas au lecteur, si je comprends bien. Le quiproquo est né du fait que je croyais que le tu étais destiné au lecteur, donc à moi, et c'est là que ça n'a pas fonctionné. Je reconnais mon erreur, et te souhaite bonne chance pour la suite ;)
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Salut Mout,
Il sait que tu n'es pas un de ces toqués non, mais que des fois tu te parles. Des fois tu te parles et tu te prends pour quelqu'un d'autre. Ça effraie un peu les gens.
pas nécessaire je pense (mais ça passe sans faire lourd non plus)
il te dit parfois que tu fais peut être ça pour mieux comprendre comment fonctionnent les gens,
peut-être
Yvain va passer tout à l'heure, pour te demander si tu es sorti.
sortie non ? Comme tu as commencé avec Virginia, j'étais persuadé que Je était une femme...
Mon texte préféré depuis que j'ai commencé la lecture. Forte charge émotionnelle, une proposition que l'on sent sincère, un texte qui a une âme et j'adore la fin très subtile, douce et pleine d'espoir, d'apaisement.
Le style est très prononcé avec cette litanie, ces échos (échos dans les répétitions, échos dans les identifications, résonances dans la tête du mec, échos entre le "je" et le "tu"...) et il sert le sens, le fond. Grande richesse donc, texte marquant, et le blocage sur "nouer l'écharpe" fait aussi un super décalage avec les identifications avec des artistes.
Coup de coeur pour moi, vraiment.
Rémi
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"Tu te demandes comment font les autres pour nouer leurs écharpes" à moins que chaque personne ait plusieurs écharpes, vaut mieux mettre au singulier (je pense).
Je n'aime pas trop les textes sans dialogue écrits en "tu", je trouve qu'il y a trop de distance.
Je comprends que c'est voulu...
Essaie d'espacer de ci-de-là, les lignes sont trop longues sur le site et du coup se dégage une impression de bloc.
Mais autrement, c'est intéressant, malgré l'aspect rébarbatif de la présentation.
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J'ai beaucoup aimé ce texte. C'est vraiment fluide et j'aime l'ambiance qui se crée avec les dilemmes intérieurs du narrateur, et j'aime beaucoup la chute. :coeur:
(Pourtant je suis du genre à pas aimer les "tu" et les répétitions. :mrgreen: )
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Yop
Merci à tous pour votre passage. C'est drôle, je viens de le relire (et donc vos commentaires avec) et j'ai eu une drôle de révélation, c'était pas du tout voulu au début mais
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Sinon pour répondre (nottament à des gens plus haut)
@ gage
Cette phrase-là, vu son importance, je la séparerais du reste, et je pense que je la mettrais au présent.
Je l'ai séparé. Pour le présent, je reste partagé. J'aime beaucoup l'effet que ça donne, j'aime bien aussi le faitque y est un bug dans la concordance des temps à ce moment là. donc euh, je sais pas du tout. Si quelqu'un à une autre opinion ?
@ Miromensil
Le quiproquo est né du fait que je croyais que le tu étais destiné au lecteur, donc à moi, et c'est là que ça n'a pas fonctionné. Je reconnais mon erreur, et te souhaite bonne chance pour la suite ;)
Y a pas de problème hein ^^
Au début, j'avais imaginé le texte théâtralement avec un L'HOMME en début de monologue pour bien le marquer. Puis finalement, je me suis dit que c'était inutile. Mais vu que tu n'es pas la seul à faire ce quiproquo, peut être il faudrait que je le rajoute
@Remi
pas nécessaire je pense (mais ça passe sans faire lourd non plus)
J'ai hésité. Moi je crois quand même qu'il est nécéssaire de faire une allusion un poil plus affirmé sur le fait de sa "schizophrénie" pour justement marqué sa prise de conscience. cela dit, c'est peut être too much de cette façon là effectivement. du coup, je re hésite ^^
sortie non ? Comme tu as commencé avec Virginia, j'étais persuadé que Je était une femme...
Ben euuuuuh, c'est rigolo, t'es pas la première personne à le faire remarquer. Dans ma tête c'est un homme, mais en fait, on s'en fiche un peu. L'astuce consisterais à évité tout les participes passés avec le verbe être pour laisser planer le doute. Je vais voir ce que je peut faire.
Merci beaucoup pour ton passage
@Kathya et Georges Cloné
Merci beaucoup pour votre avis
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Salut salut !
Et bien j'ai plutôt bien aimé. Rien à dire sur l'écriture. Les répétitions ne m'ont pas gêné, elles s'intègrent super bien dans le texte. C'est peut-être un peu long.
En tout cas c'est questionnant tout comme il faut, j'ai passé un bon moment à lire.
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L'art commence où fuit la vie…
Louis Soutter
Un vestibule.
Une desserte sur laquelle trônent des clés, un téléphone, un exemplaire d'un quotidien datant de trois semaines, un vase, des fleurs défraichies.
Un porte-manteau, une veste marron, une écharpe rayée grise et blanche.
Un homme devant la porte, indécis.
Il va bien falloir que tu te décides. Tu es Virginia Woolf, tu as les poches pleines de cailloux, et si tu ouvres cette porte, tu vas te diriger vers le fleuve. Sur ton bureau, il y a le brouillon de Entre les actes encore inachevé. Tu es Virginia Woolf et ce matin, tu as bu ton café noir et sans sucre. Alors que tu détestes ça. Tu détestes boire ton café noir et sans sucre, mais tu l'as bu quand même pour la bonne raison que tu n'as plus de sucre. Tu es Virginia Woolf, tu dois maintenant sortir, avec tes poches pleines de cailloux pour aller acheter du sucre. Seulement, voilà, sur le chemin de la supérette, il y a le fleuve, et toi, tu as les poches pleines de cailloux. Il serait sans doute plus raisonnable d'aller t'asseoir à ton bureau et de finir Entre les actes. D'aller t'asseoir à ton bureau et d'apprendre à aimer l'amertume du café.
Tu sais bien que tu n'es pas un de ces toqués qui, avant de sortir, doivent absolument vérifier quatorze fois s'ils ont leurs clés, si tout est éteint dans le salon. Tu n'es pas un de ces toqués parce que tu n'allumes jamais le salon. Comme ça, il n'y a pas de nécessité de l'éteindre. Il va bien falloir que tu te décides. Tu as listé trente-sept raisons, toutes excellentes, pour sortir. C'est Yvain qui t'a suggéré de faire ça. Liste les différentes raisons qui te poussent à sortir. Le jour où elles seront plus nombreuses que les raisons que tu as de rester, alors tu sortiras.
Yvain a dit liste les raisons, et l'amertume du café est la raison numéro dix-sept. Juste après la numéro seize chercher le courrier et la numéro quinze trouver un galet. Il serait finalement plus simple que tu attendes Yvain et qu'il te ramène le sucre, le courrier et le galet. De toute façon, tu n'es pas toqué, tu n'as rien à prouver et Yvain s'est trompé en croyant qu'il suffisait de lister. Alors, tu vas appeler Yvain, l'attendre et lui expliquer. Lui réexpliquer le coup de l'écharpe. Tu n'as pas réussi à lui faire comprendre le coup de l'écharpe. Voilà, tu vas t'asseoir et attendre Yvain.
Tu aimerais prendre ta tête dans tes mains, mais tu as les mains couvertes de peinture et les ongles noircis. Tu es Van Gogh, tu t'échines à peindre, et pour peindre, il faut bien que tu sortes. Que tu passes cette porte. Et avant de peindre, tu pourras passer à l'épicerie pour acheter du sucre. Puis ton matériel et ton sucre sous le bras, tu iras peindre. Pas le fleuve. Il n'y a pas assez de jaune. Tu es Van Gogh et tu aimes le jaune. Tu iras plutôt dans le champ, tu attendras la fin du jour et tu peindras les corbeaux. Tu as essayé d'en parler à Yvain pour les corbeaux. De dire leurs cris. Mais ça ne suffit pas. Tu es Van Gogh et tu aimerais peindre le cri jaune du corbeau sur le mur de ta chambre. Tu saurais alors nouer ton écharpe sans problème et tu pourrais sortir.
Tu te demandes comment font les autres pour nouer leurs écharpes et aller peindre des corbeaux. Cela paraît si simple. Prends Yvain par exemple. Bon Yvain ne peint pas, mais il pourrait sans problème aller peindre des corbeaux si l'envie lui prenait. Mais c'est Yvain et tu es Van Gogh, et tu ne sais pas comment nouer ton écharpe.
Un jour, tu es allé vérifier. Il existe vingt-cinq façons de nouer l'écharpe autour de ton cou. Vingt-cinq. Tu as voulu le dire à Yvain, mais il s'est contenté de hocher la tête. Il n'a pas compris. Il devait avoir l'esprit ailleurs. Yvain fait attention à toi. Mais forcément, il doit y avoir des jours où il est moins réceptif que d'autres. Tu ne peux pas trop lui en demander. Tu n'es pas un de ces toqués, tu es adulte, conscient, capable. Plus que cela même. Tu es révolutionnaire.
Tu as inventé les premières formes de danse moderne. Tu ne peux donc pas rester. Tu es Nijinsky. Tu dois sortir acheter du sucre, mais surtout assister à la première du Sacre du printemps. Tu dois y assister parce que tu as tellement révolutionné le ballet que le public va hurler. Dès les premières mesures. Il va gronder si fort que les danseurs n'entendront plus la musique. Il faut donc que tu y ailles afin de pouvoir leur souffler les indications depuis la coulisse. Tu es Nijinsky, et tu peux parfaitement nouer une écharpe autour de ton cou. Ce n'est pas le problème. Tu n'es pas un de ces toqués, tu es tout à fait en capacité de le faire. Le problème n'est pas de la nouer, mais de choisir le nœud. Yvain ne l'a pas compris. Il était en train de ranger les courses, en te disant comme d'habitude que quand même tu pourrais faire l'effort d'y aller seul, il s'est rendu compte qu'il avait oublié le lait, et que pourquoi n'irais-tu pas à l'épicerie ramener du lait, qui est la bonne raison numéro quatre pour te faire sortir aujourd'hui.
C'est là que s'est posé le problème de nouer ton écharpe autour de ton cou. Comment faire, et comment font les autres pour nouer leurs écharpes. Yvain t'as dit que ça n'avait pas d'importance, mais tu ne le crois pas. S'il existe vingt-cinq façons de nouer une écharpe, c'est que toutes ont une utilité, n'est-ce pas ?
Et parmi ces vingt-cinq façons-là, alors, laquelle choisir ? On ne doit sûrement pas nouer son écharpe de la même façon si l'on va se jeter dans un fleuve, donner des indications à des danseurs russes ou peindre des corbeaux, alors ? Hein. Comment se retrouver dans tout ça ?
C'est comme aux échecs. Il existe deux cents dispositions possibles au premier coup et plus de vingt mille au second. Alors, laquelle choisir ? Sachant que chacune pourrait être fatale. Vingt mille possibilités. Autant commencer par avancer le pion en C4. Ça déstabilisera l'adversaire, et ça, c'est déjà pas mal. Tu es Robert Fischer et tu vas jouer pour le monde libre. Il va falloir que tu noues ton écharpe et que tu sortes pour affronter les Russes. En jouant ton pion en C4 pour anéantir la préparation de Boris Spassky. Tu es Bobby Fischer, tu dois sortir, mais le KGB et la CIA et surtout le complot sioniste a mis toute ta maison sur écoute. Tu ne peux pas jouer dans ces conditions. Tu ne peux pas sortir tant que les juifs t'empêcheront de nouer ton écharpe. Qu'ils t'empêcheront de savourer ton triomphe ! Il faut donc que Yvain arrive, qu'il arrive à te convaincre qu'il n'y a pas de complot sioniste et que les juifs n'ont rien à voir avec le nœud de ton écharpe, que c'est dans ton cerveau que ça se noue. Et tu vas l'écouter, car il n'y a guère que Yvain qui peut te convaincre que les juifs n'ont rien à voir avec ton écharpe et que tu as raison de te faire confiance et de jouer C4.
Finalement vingt mille positions en deuxième coup, ce n'est rien comparé aux vingt-cinq positions possibles pour nouer ton écharpe. Parce que le problème du nœud ne dépend pas de toi, mais du monde autour qui va te juger. C'est pour cela qu'il te faudrait un galet, la bonne raison numéro quinze.
Tu sais que tu ne peux pas comprendre les jugements des autres. Tu sais que ça t'angoisse. Alors, sentir un galet au creux de ta main, ça te paraît plus simple à comprendre tout de même. Il n'y a pas de nœud sur les galets. Comment fait Yvain pour ne pas être terrifié par ce que diront les passants sur son écharpe ? Les passants qui sont sans doute des juifs du KGB ou de la CIA. Que se passe-t-il si tu l'as mal nouée ? Que se passe-t-il si Yvain ne passe pas aujourd'hui ? Que se passe-t-il si tu n'arrives plus jamais à te décider à sortir, malgré la liste de bonnes raisons ? Et si, en sortant, en allant peindre, jouer aux échecs ou te promener le long du fleuve, tu tombes et te fais mal aux mains ? Si tu te fais mal aux mains, cela signifiera que tu ne pourras plus sculpter. Plus du tout. Et que c'est le monde extérieur qui a gagné. Pourtant, tu n'es pas un toqué. Certes tu n'allumes pas dans le salon mais c'est simplement parce que tu vois et ressens avec tes mains. Il te suffit de toucher et modeler à ta guise pour vraiment regarder. Les autres voient, mais ils ne regardent pas, il faut toucher pour comprendre. Tu es John Nash Forbes et tu vois des choses que les autres n'imaginent même pas, tu peux développer un modèle mathématique pour comprendre comment les pigeons se dispersent. Tu sais que Je n'est pas John Nashe Forbes, mais tu es Forbes et tu as besoin de tes mains pour expliquer aux autres l'éparpillement des pigeons. Tu as besoin de tes mains et tu risques de les perdre en passant à la supérette. Et si tu les perds, tu ne pourras plus sculpter ni nouer ton écharpe.
Yvain s'occupe de toi depuis longtemps. Il te répète souvent qu'il aime bien ton travail, il s'occupe de faire exposer et vendre tes pièces de manière à ce que tu puisses rester à sculpter en te souciant un minimum du monde extérieur. Il ne te juge pas. Il sait que tu n'es pas un de ces toqués non, mais que des fois tu te parles. Des fois tu te parles et tu te prends pour quelqu'un d'autre. Ça effraie un peu les gens. Ça t'effraie un peu aussi, tu l'admets. Mais pas Yvain. Yvain, il te dit parfois que tu fais peut être ça pour mieux comprendre comment fonctionnent les gens, pour essayer de faire au mieux, de faire comme les autres et qu'au contraire c'est plutôt bon signe. Mais tu sais que c'est pour ça qu'il est si compliqué de nouer son écharpe.
Parfois, tu te réveilles la nuit. Sur le plafond de ta chambre, l'ombre des rideaux tremble. Tu y vois un fleuve, une eau limpide. Tu te plonges dans cette eau, tu oublies, tu contemples. Tu regardes et tu comprends. Alors, tu tends tes mains et tu commences à modeler l'ombre et l'obscurité. Tu en fais des corps gigantesques, des animaux fantasmagoriques, des feuilles d'arbres. Tu modèles l'ombre et tu comprends mieux. Seulement, cette compréhension-là, tu ne peux la montrer à personne, pas même à Yvain. Même Yvain avec tous ses efforts n'arriverait pas à le voir.
Tu comprends le monde en le touchant. Quand tu caresses un bloc de cire, tu essayes de comprendre ce qu'il y a dans le bloc : un cheval, un visage, un espoir. Tu essayes de comprendre ce qu'il y a dans le bloc, et il te suffit de retirer tout ce qui est superflu. Puis de le recouvrir d'argile, de faire fondre la cire. Faire couler du bronze dans le moule en terre. Pour qu'ainsi, les autres puissent le voir.
Les autres, ensuite, le voient et l'aiment parce qu'ils peuvent tous voir le cheval, le visage ou l'espoir. Parce que la cire a simplement été réagencée. Savoir comment nouer l'écharpe, c'est se réagencer pour que les autres puissent le voir. Tu n'es pas Camille Claudel, ta mère ne te tyrannise pas. Mais tu es Camille Claudel quand même, enfin Je se sent Camille.
Je comprends le monde en le touchant.
Tu dis Je, tu n'es pas Virginia Woolfe, ni Van Gogh, ni Claudel, ni personne. Tu es toi, et le mois d'avril est doux. Tu vas marcher jusqu'au fleuve et récupérer un galet pour le peindre du cri jaune des corbeaux et l'offrir à Yvain.
Yvain va passer tout à l'heure, pour te demander si tu es sorti. Il va s'inquiéter de ta production, il va passer dans le salon. L'allumer, faire le tour des nouvelles pièces, te faire un compliment ou deux, se réjouir que tu aies une commande dans une galerie belge qui adore ton travail. Et puis tu vas pouvoir comprendre Yvain. Avec tes mains. Tu aimerais lui dire, tout en le caressant, que tu es sorti, que tu as longé le fleuve, longé les champs, battu les Russes, et découvert des théorèmes pour expliquer comment s'éparpillent les corbeaux. Tu vas lui dire que cet après-midi, tu t'es donné la mort trois fois, mais seulement pour rire. Que tu as dit je une fois.
Il sera heureux. Tu lui diras que ton café était amer, que tu es allé chercher du sucre à la supérette, qu'avril est doux, qu'il n’y avait pas de corbeau dans les champs, ni de cailloux dans les poches. Tu lui diras qu'avril est doux, et que tu as pensé à lui.
Alors tu es sorti. Sans même nouer une écharpe autour de ton cou.
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Vous pouvez retrouver ici les commentaires faits sur ce texte lors du premier tour. (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,20061.0.html)
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salut !
c'est parti pour la lecture de la poule finaaaale ^^
au fil du texte...
Tu as listé trente-sept raisons, toutes excellentes pour sortir.
:\? tu voulais dire: "Tu as listé trente-sept raisons, toutes excellentes, de sortir." ou pas ?
Finalement vingt mille postions en deuxième coup,
positions
Je comprends le monde en le touchant.
comme "Je" est traité comme une tierce personne ce serait "comprend"
et découvert des théorèmes pour expliquer comment s'éparpillent les corbeaux.
pigeons ? ou le mélange avec van gogh est voulu ?
hop là tout lu !
J'ai beaucoup aimé. C'est très intense, très immersif, et le rendu des différentes personnalités qui entrent en scène dans le personnage fonctionne très bien. J'aime beaucoup la fin, qui éteint le malaise et mal être qui se dégage tout du long, l'espèce de spirale infernale qu'on imagine dans la tête du perso. au contraire il y a une grande douceur qui se dégage de cette fin (avril printanier colle nickel et renforce vraiment cela :)).
Merci pour ce texte
Milla
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Salut Mout.
Tu as listé trente-sept raisons, toutes excellentes pour sortir.(...) et l'amertume du café est la raison numéro dix-sept
Donc l'amertume du café n'est pas la dernière raison en date ?
Prends Yvain par exemple.
Pas tout à fait sûr de l'intrusion de l'impératif ? Je ne suis pas sûr que l'usage de la seconde personne qui va avec s'aligne avec le "tu" du texte.
Accessoirement, je note que tu jongles entre "supérette" et "épicerie" ; je ne sais pas s'il y a vraiment une raison pour éviter la répétition sur ce point-là, surtout que les deux termes ne désignent pas exactement la même chose (notamment en terme de degré d’interaction sociale, une supérette est plus anonyme pour moi).
"Tu n'es pas un de ces toqués" : bon dieu que cette phrase est dure et grinçante. Elle fait partie de la litanie du texte, donc je sais qu'elle est choisie, mais j'ai tellement de mal à croire à un tel degré de déni quand il passe par des "toqués" pour envisager les possibles, quand il confronte directement sa difficulté à sortir.
Ca n'est pas un texte très évident à commenter pour moi. Il y a eu une époque dans ma vie où sortir était toujours le résultat d'un long combat, et ça n'avait rien de joli ou de littéraire ou de lisible. C'était aussi un problème plus précis, et moins ce mélange libre que le texte offre, en piochant dans différentes choses. Mais il garde une sobriété, une pudeur au fond.
Il y a aussi le fait de taire l'amplitude du problème, puisque ça n'est qu'une tranche de pensée ; il me semble qu'il faut que le problème reste léger pour que sa situation de vie soit crédible, mais la tranche de pensée donnée est alors de l'ordre d'une crise, plutôt que d'une routine ?
Bref, j'ai peut-être quelques questions, quelques doutes, mais c'est un joli texte, habilement mené sur le plan littéraire.
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Salut Mout,
Bon. Je relis ton texte pour la troisième fois. C'est toujours aussi cool.
Il existe deux cents dispositions possibles au premier coup et plus de vingt milles au second.
mille ?
Bref, j'avais juste envie de te dire que même si je "comprends" toujours pas, c'est fou comme ça me paraît chargé en émotion.
Et j'avais aussi envie de redire que la dernière ligne est extraordinaire. En toute sincérité, ça me bouleverse un peu comme avec Prévert. Je voulais juste le dire.
Voilà, encore merci pour ce texte :)
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Salut Salut
Merci pour votre passage. Les fautes sont corrigés, sauf certaines mais je réponds
@Milla
comme "Je" est traité comme une tierce personne ce serait "comprend"
En fait, à la réflexion, je crois qu'à ce moment là, "je" n'est plus une tierce personne, mais bien lui même. C'est certes un peu anecdotique, mais si effectivement il a dit "je" une fois, il faut que ce soit vraiment lui... Je sais pas si je suis très clair. Bref, à la réflexion, je crois qu'il faut laisser la première personne à cette endroit précis.
:\? tu voulais dire: "Tu as listé trente-sept raisons, toutes excellentes, de sortir." ou pas ?
Ouip. Par contre, autant je suis d'accord avec toi pour la virgule en plus, autant je ne comprends pas pourquoi remplacer le "pour" par un "de". C'est pas incorrect si " 37 raisons pour sortir" ?
pigeons ? ou le mélange avec van gogh est voulu ?
Oui totalement voulu, ça rajoute à la confusion et à l'espèce de litanie, mais peut être ça ne fonctionne pas, je vais y réflechir
Merci Beaucoup pour ton passage
@Barnacle
Donc l'amertume du café n'est pas la dernière raison en date ?
Non, je crois pas. Mais c'est vrai que ça fais peut être beaucoup entre 17 et 37 ... Je tiens pas spécialement à ce que ce soit la dernière, mais c'est vrai que ça fais beaucoup de raisons. Genre arbitrairement 23 raisons en tout, ça sera bien.
Pas tout à fait sûr de l'intrusion de l'impératif ? Je ne suis pas sûr que l'usage de la seconde personne qui va avec s'aligne avec le "tu" du texte.
Alors pour le coup, j'ai hachement réfléchis et en fait je crois que je vais gardez l'impératif. Il manque peut être plus d'impératifs pour qu'on relève l'effet, sans doute. Mais c'est à lui même qu'il s'adresse. Comme quand McLane se dit "Pense Mclane, pense". Une espèce de méthode couet. Mais le remarque est très pertinente, je vais sans doute essayez de rajouter de l'impératif, ici ou là.
ccessoirement, je note que tu jongles entre "supérette" et "épicerie" ; je ne sais pas s'il y a vraiment une raison pour éviter la répétition sur ce point-là, surtout que les deux termes ne désignent pas exactement la même chose (notamment en terme de degré d’interaction sociale, une supérette est plus anonyme pour moi).
ahaha, bien vu. ça c'est une erreur de ma part. J'avais écris sur la première version supérette, puis n'aimant pas le mot, je suis passez à l'épicerie, mais du coup, j'ai pas du tout remplacé, je le fais immédiatement.
Sinon
Ca n'est pas un texte très évident à commenter pour moi. Il y a eu une époque dans ma vie où sortir était toujours le résultat d'un long combat, et ça n'avait rien de joli ou de littéraire ou de lisible. C'était aussi un problème plus précis, et moins ce mélange libre que le texte offre, en piochant dans différentes choses.
Je n'ai pas la prétention d'expliquer et démontrer ce qui se passe vraiment dans la tête de quelqu'un. D'autant que le type en question n'est pas vraiment dans "un" problème précis mais effectivement de plein de chose. On reste dans le cadre de la fiction bien sur. Et puis encore une fois, mon idée était plutôt de parler de la difficulté du "vivre" dans le quotidien. Personnellement, ayant aussi des diffcultés avec le quotidien, c'est un peu ça qui m'intérréssais comme point de départ on va dire. Mais je comprends totalement les doutes et les gênes que ça peut suciter. Comme un brouillon/amalgame/mix de plein d'idées sans doute.
Il y a aussi le fait de taire l'amplitude du problème, puisque ça n'est qu'une tranche de pensée ; il me semble qu'il faut que le problème reste léger pour que sa situation de vie soit crédible, mais la tranche de pensée donnée est alors de l'ordre d'une crise, plutôt que d'une routine ?
La pour le coup, je le laisse à l'appréciation du lecteur, mais pour moi dans cette fiction, c'est sa routine, son quotidien. Effectivement ce n'est pas très réaliste, mais le texte avait pas tellement vocation à l'être. Pour moi, c'est plusun monologue théâtrale je crois.
Bref, je trouve tes réticences hyper intérréssante, je pourrais pas proposer une autre versions de ce texte pour essayer de le rendre plus crédible parce qu'il faudrait effectivement que je l'aborde complétement différement. Mais en tout cas, merci pour tes remarques.
@exta
Ben euuh, merci, c'est très gentil :-[
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Ouip. Par contre, autant je suis d'accord avec toi pour la virgule en plus, autant je ne comprends pas pourquoi remplacer le "pour" par un "de". C'est pas incorrect si " 37 raisons pour sortir" ?
Hmmm, je crois qu'à l'oreille je trouve "raisons de sortir" + naturel mais qu'effectivement "raisons pour sortir" est juste aussi. C'est ptetre juste une question d'utilisation régionale si ça se trouve :D
sinon pour l'inversion corbeaux pigeons, je trouve l'idée pas mal, juste j'étais pas sûre que ce soit volontaire quoi.
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Je relis le texte, lu précédemment lors des présélections.
Je n’ai rien a ajouté aux commentaires précédents sauf peut-être une petite précision.
Je prends le tu …. , tu …. Comme un bonhomme dans la tête du protagoniste principal.
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Salut Mout !
Un vestibule.
Une desserte sur laquelle trônent des clés, un téléphone, un exemplaire d'un quotidien datant de trois semaines, un vase, des fleurs défraichies.
Un porte-manteau, une veste marron, une écharpe rayée grise et blanche.
Un homme devant la porte, indécis.
J'aime l'entrée en matière ^^
Sur ton bureau, il y a le brouillon de Entre les actes
*vérifie qu'Entre les actes est bien un roman de Virginia Woolf... OK, c'est bon*
Eeeet en fait je suis arrivée à la fin du texte, et je n'ai rien trouvé à dire ^^. J'ai beaucoup aimé le tu, les répétitions qui vont et qui viennent, les images... Bref, j'ai beaucoup aimé tout court.
Je comprends le monde en le touchant.
:coeur:
La répétition de la structure du début (tu es...) m'a un peu lassée à partir de Nijinsky, mais peut-être parce que la danse et les échecs ça me parle moins. En dehors de ça, j'ai trouvé le texte très bien construit. C'est confus comme des pensées mais compréhensible quand même :).
J'ai juste tiqué sur les deux-trois "que Yvain". Je trouve plus naturel d'écrire "qu'Yvain", mais c'est sûrement très personnel ^^.
Merci beaucoup pour cette lecture !
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Hello Mout,
Alors, j'ai lu seulement 60 % du texte pour l'instant mais je commente le début sinon je vais encore oublier de laisser une trace de mon passage. Je reviens éditer dès que possible (dans la journée, normalement)
j'ai la même remarque qu'Elk à faire pour les que Yvain/qu'Yvain. A part ça, je n'ai rien relevé de particulier. Ah si, peut-être ça :
Un homme devant la porte, indécis.
Il va bien falloir que tu te décides.
je trouve la répétition indécis/décide un peu dommage mais j'imagine que c'est un choix.
Jusqu'ici, c'est un joli texte, je me suis laissée porter et j'ai bien aimé !
j'ai relu ton texte, jusqu'au bout cette fois et j'aime toujours autant. Ce texte me touche beaucoup et j'aime beaucoup le choix des mots, le rythme, la façon de s'exprimer et la sensibilité de ton narrateur. Vraiment, je crois que c'est un coup de coeur. :coeur:
Merci pour ce texte !
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Savoir comment nouer l'écharpe, c'est se réagencer pour que les autres puissent le voir.
ce serait pas mieux "puissent TE voir" ?
Hum j'ai pas grand chose à dire. J'aime bien. Mais je sais pas trop quoi commenter je l'avoue.
J'trouve que ça se lit tout seul, ça coule bien, le personnage est très présent, le choix de "tu" est approprié. J'ai eu à un moment un petit doute sur les noms de personnages connus, j'ai pensé que c'était peut-être en trop, pas indispensable, mais finalement si pourquoi pas.
Voila pour moi c'est un joli texte et j'aime la phrase de fin !
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Salut Mout'
mais le KGB et la CIA et surtout le complot sioniste a mis toute ta maison sur écoute.
ont, non ?
Même commentaire qu'en premières lectures lors des poules, j'adore.
Poétique, émouvant, avec des pépites de bonheur dedans et un style qui me touche beaucoup.
Encore merci pour ce texte,
Rémi
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Salut Mouth !
Bon, c'était grand. Et avec Beethoven dans les oreilles, c'était puissant.
Merci pour cette lecture, je suis pas certaine d'avoir tout saisi, mais ça ne me dérange étrangement pas.
Au plaisir
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Bonjour Mout ,
Je suis toute nouvelle sur le site et .. c'est le premier texte que je lis :)
J'ai bien aimé . J'aime les variations en général et là je suis servie . . . Il y a une décontraction qui passe dans l'écriture , du coup on peut ne pas comprendre vraiment sans que ce soit génant . Ca m'a fait un peu penser au monologues de Minyana : la parole ininterrompue comme une ligne droite et à l'intérieur pourtant on se perd dans des méandres , et c'est bon .
Voilà ... au plaisir de lire d'autres textes de toi à l'occasion :) Bonne suite !
Luv
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Salut Baptiste,
J'ai l'impression que plus je lis ce texte, plus je découvre de petits trésors cachés entre le mots...
Bon d'abord quelque remarques concrètes:
un exemplaire d'un quotidien datant de trois semaines
L'exemplaire d'un quotidien? Vieux de trois semaines, ou datant d'il y a trois semaines?
Tu es Virginia Woolf, tu as les poches pleines de cailloux
J'adore, ça nous dit exactement à quel moment de la vie de Woolf il en est
Seulement, voilà, sur le chemin de la supérette, il y a le fleuve, et toi, tu as les poches pleines de cailloux
:coeur:
Tu n'es pas un de ces toqués parce que tu n'allumes jamais le salon
J'adore comme sa raison le contredit
Tu es Van Gogh et tu aimerais peindre le cri jaune du corbeau sur le mur de ta chambre
:coeur:
Le problème n'est pas de la nouer, mais de choisir le nœud
:coeur:
S'il existe vingt-cinq façons de nouer une écharpe, c'est que toutes ont une utilité, n'est-ce pas ?
:coeur:
Tu comprends le monde en le touchant. Quand tu caresses un bloc de cire, tu essayes de comprendre ce qu'il y a dans le bloc : un cheval, un visage, un espoir. Tu essayes de comprendre ce qu'il y a dans le bloc, et il te suffit de retirer tout ce qui est superflu. Puis de le recouvrir d'argile, de faire fondre la cire. Faire couler du bronze dans le moule en terre. Pour qu'ainsi, les autres puissent le voir.
Les autres, ensuite, le voient et l'aiment parce qu'ils peuvent tous voir le cheval, le visage ou l'espoir. Parce que la cire a simplement été réagencée. Savoir comment nouer l'écharpe, c'est se réagencer pour que les autres puissent le voir.
ça je pense que c'est mon passage préféré parce qu'il est vraiment beau. Surtout la dernière phrase.
Bon j'arrête de tout citer..
J'ai vraiment adoré ton texte. Tout s'enchaîne à merveille, les répétitions, n'en sont pas puisqu'elles apportent à chaque fois un nouvel élément, une nouvelle clé de compréhension à l'énigme de ce personnage. J'aime comme le galet ou l'écharpe sont introduits tôt dans le texte, mais ne sont expliqués que plus tard. Ca crée du suspens, un fil à suivre.
J'aime que le personnage s'adresse à lui-même, qu'il essaie de raisonner dans sa déraison, en s'imaginant être la vie des autres. Peut-être parce que cette façon de faire me parle. En s'imaginant être quelqu'un d'autre, peut-être que ça nous aide à comprendre le regard d'autrui sur cette personne, et donc sur nous...
J'adore l'écharpe et ces 25 façons de la nouer. Cela m'a un peu fait penser à Novecento, coincé sur son bateau, qui n'arrive pas à se décider de descendre, parce que la vie est trop grande (Novecento d'Alessandro Baricco).
Donc un grand merci, je le relirai sans doute de nouveau :)