Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Seb167 le 25 Février 2016 à 21:47:55
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Elle était revenue. C’était un de ces fameux soirs ou les nuages sont au rendez-vous, et la lune éclairait les rues. 21h32 précisément, elle sonna à la porte. Je fus interrompu dans mon film préféré. Je regardais une romance lorsque tout à basculé. Je ne l’attendais plus, mais elle était revenue. Elle qui m’avait quitté depuis longtemps et que je pensais ne plus jamais revoir était bien là. Elle était sur mon palier, à m’attendre. Ses pieds étaient trempés, et son gilet troué. Ses godasses étaient tachées, et son vieux jeans lacéré. Derrière elle, le vent soufflait, la neige tombait de plus en plus violement, et elle n’avait rien pour se protéger. Au début, je ne voyais que son ombre transparaitre derrière la fenêtre du salon. Puis, je vis ses lèvres bouger mais aucun son n’était distinct. C’est uniquement en me rapprochant de la porte d’entrée que j’aperçu ces détails. J’hésitais un instant, puis prise de remords je tournais la clé, une fois, deux fois, puis un troisième tour. Cette nuit je m’étais enfermé pour avoir la certitude de ne pas être dérangé. J’avais besoin d’être seule avec moi-même, mais je lui ouvris quand même. Je ne voulais pas la laisser seule. Qui sait ce qu’elle aurait pu faire. Je tournais le verrou aussitôt, et enfin, descendit la clenche, tout en tremblant.
Elle était triste ce soir-là. Cela se voyait. Ses yeux étaient remplis de colère et de larmes, ses cheveux noirs contrastaient la neige au dehors. Ses yeux étaient rouge, effrayants, accompagnés de cernes, comme si cela faisait plusieurs jour qu’elle ne trouvait pas le sommeil. Elle baissa le regard, mais ne parlait toujours pas. Peu à peu, elle remontait ses manches. Honteusement, elle me montrait ses cicatrices, puis, devant moi, elle pleurait toutes les larmes de son corps. Je pris peur. C’était la première fois que je la voyais dans cet état. Je me rapprochai pour la prendre dans mes bras. Elle posa la tête sur mon épaule, elle murmurait un mot, et soudain, à cet instant elle me poussa violement à l’intérieur.
D’un coup elle entra en dévastant tout sur son passage. Comme une tempête dans un pays pauvre, aussi intense que le cyclone de Bhola, elle arrachait les meubles dans mon chez moi, jetait tout à terre, faisait trembler les murs de mon appartement. Les décombres retombaient au hasard dans tous les coins qui n’étaient pas encore attaqués. Je l’entendais crier dans les couloirs, renversant tout ce qu’elle pouvait. Elle jurait, elle menaçait et criait dans tous les sens. Sois disant je lui avais fait du mal en l’abandonnant. Elle frappait dans les murs, elle trouait le canapé, elle déchira mes vêtements.
Effrayée, je me cachais dans un coin de la maison pour me mettre en sécurité mais elle forçait. J’étais dans un tout petit local, tremblante encore sous la crainte. Elle m’entendit dans le cagibi, puis fracassa la porte pour me voir. Je n’avais plus aucune issue. Elle était en face de moi à nouveau. Son mascara coulait. Elle me vit crier, puis, on se regardait dans les yeux. On se fixait avec insistance. Le temps s’était arrêté. Nos corps ne bougeaient plus. Secondes après secondes, son visage se détériorait. Elle avait compris qu’elle était encore une fois victime de ses excès de folie. Nos lèvres étaient cousues, le silence était roi, puis une larme dégringola le long de sa joue. Une perle d’eau salée s’était échappée.
Elle aperçut notre photo, ou pour dire son portrait favori sur ma table de nuit. En face de moi, elle s’était calmée. Ses mots effleuraient ma peau, sa voix me rassurait. Elle parlait dans le vide, mais elle tenait à s’excuser. Je la réconfortais, mais je l’entendis encore une fois murmurer. Je me suis donc éloigné, puis ses yeux devinrent blancs. Ce n’était pas bon signe.
Un cri strident sorti de ses poumons, puis ses démons venaient se loger dans son corps, habiter dans son âme une énième fois. Elle luttait, elle résistait, puis tout à coup elle se dirigea vers la cuisine. Le couteau sur la table, elle se reprochait, tout en saccageant ce qu’elle pouvait. Je devais réagir, donc prise de panique, je lui ai sauté dessus et l’ai attachée pour éviter le pire. A nouveau, elle était en plein pétage de plomb. Retenue par ce qu’il y avait, elle reprit son souffle avant de tout envoyer valser. Elle causait autant de dégâts qu’un tremblement de terre de magnitude 9, mêlé à un orage foudroyant la moindre parcelle de terre. Puis, de son corps sortait la rage. Comme un volcan sous pression explosant en pleine nuit, elle avait su détruire la sérénité de cette nuit. Occasionnant plus de ravages qu’une bombe, elle réduisit en miettes tout ce qu’il me restait. J’eus le droit à tous les reproches possibles, jusqu’au moment où j’allumais la télévision pour écouter notre musique favorite.
Au refrain, les monstres obscurs repartaient. Son sourire renaissait, sa beauté rayonnait, et son rire résonnait dans la pièce. Nous étions deux, rescapées dans les débris de cette violente nuis. Apres ce moment, elle accepta enfin de se faire soigner, pour se retrouver et regagner notre amitié.
ps: ne m'en voulez pas pour les fautes :/
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Bonjour,
j'imaginais une histoire d'horreur en lisant le titre et je ne suis pas déçu: ton récit combine à la fois l'inexpliqué (on ne reçoit que quelques bribes d'information sur l'histoire de la jeune fille) et le terrifiant.
Quelques remarques de forme d'abord:
Je fus interrompu
interrompue
lorsque tout à basculé
lorsque tout bascula
Elle qui m’avait quitté depuis longtemps
m’avait quittée
la neige tombait de plus en plus violement
violemment
mais aucun son n’était distinct
je ne suis pas fan de la tournure (ça reste mon avis, hein?): c'est le "distinct" qui me gène ici, je mettrais "je ne parvenais pas à distinguer le moindre mot" ou "aucun son ne ressortait" ou quelque chose dans le genre...
j’aperçu ces détails
j’aperçus
J’hésitais un instant, puis prise de remords je tournais la clé,
hésitai, tournai
Cette nuit je m’étais enfermé (...) ne pas être dérangé
enfermée, dérangée
Je tournais le verrou
tournai
Ses yeux étaient remplis de colère et de larmes
j'aime bien l'image :coeur:
Ses yeux étaient rouge
rouges
Peu à peu, elle remontait ses manches. Honteusement, elle me montrait ses cicatrices, puis, devant moi, elle pleurait toutes les larmes de son corps.
sauf si c'est un rituel qu'elle fait souvent, j'utiliserais le passé simple plutôt que l'imparfait.
elle murmurait un mot,
murmura, pour le coup
Comme une tempête dans un pays pauvre
joliment trouvé :)
Sois disant
Soi-disant. Pour tout le paragraphe de "D'un coup" à "forçait", l'emploi de l'imparfait me laisse perplexe: je trouve que du passé simple serait plus approprié.
Effrayée, je me cachais
je me cachai
Elle me vit crier, puis, on se regardait dans les yeux
on se regarda
Secondes après secondes
je mettrais ça au singulier, je trouve que ça rend mieux l'impression du temps qui file goutte à goutte
Elle aperçut notre photo, ou pour dire son portrait favori
pour dire? pour tout vous dire? pour ainsi dire? il doit manquer un mot
Ses mots effleuraient ma peau
joli aussi!!
Je la réconfortais, mais je l’entendis encore une fois murmurer. Je me suis donc éloigné, puis ses yeux devinrent blancs. Ce n’était pas bon signe.
réconfortai, je m'éloignai donc
Un cri strident sorti de ses poumons, puis ses démons venaient se loger dans son corps, habiter dans son âme une énième fois
sortit de ses poumons, vinrent se loger
Le couteau sur la table, elle se reprochait, tout en saccageant ce qu’elle pouvait. Je devais réagir, donc prise de panique, je lui ai sauté dessus et l’ai attachée pour éviter le pire. A nouveau, elle était en plein pétage de plomb.
Ca rend pas très clair je trouve: la première est pour le coup incompréhensible. La deuxième gagnerait à être coupée en deux pour zapper le donc (on est dans l'urgence, virons les petit mots qui cassent le rythme) et les temps doivent ausi respecter la concordance: je lui sautai dessus et je l'attachai. "pétage de plomb" fait trop oral et familier pour le reste de ton texte, je trouve.
Retenue par ce qu’il y avait, elle reprit son souffle avant de tout envoyer valser
là aussi je trouve la phrase incompréhensible
Elle causait autant de dégâts qu’un tremblement de terre de magnitude 9, mêlé à un orage foudroyant la moindre parcelle de terre
Je trouve que le"de magnitude 9" alourdit beaucoup une phrase qui combine déjà un tremblement de terre et un orage: ça fait excessif d'ailleurs les deux images: l'orage suffit pour se représenter ce qu'il se passe.
Puis, de son corps sortait la rage
sortit
Comme un volcan sous pression explosant en pleine nuit, elle avait su détruire la sérénité de cette nuit. Occasionnant plus de ravages qu’une bombe, elle réduisit en miettes tout ce qu’il me restait.
Là aussi ça gagnerait à être raccourci en une phrase: la sérénité n'existe plus depuis longtemps après un tremblement de terre combiné à un orage et les ravages de bombes sont déjà là. Conserve l'essentiel.
J’eus le droit à tous les reproches possibles, jusqu’au moment où j’allumais la télévision pour écouter notre musique favorite.
j'eus droit. j'allumai. Hum la télévision a miraculeusement survécu alors? Ou alors elle fonctionne encore une fois en miette? :\?
Au refrain, les monstres obscurs repartaient. Son sourire renaissait, sa beauté rayonnait, et son rire résonnait dans la pièce.
Imparfait ou passé simple?
Nous étions deux, rescapées dans les débris de cette violente nuis.
Nous étions deux rescapées dans les débris de cette violente nuit.
La nuit est répétée deux fois deux lignes auparavant, un synonyme ne serait pas de trop.
Apres ce moment, elle accepta enfin de se faire soigner, pour se retrouver et regagner notre amitié.
après
Plusieurs remarques générales sur le texte :
1) Attention au temps que tu utilises : le passé simple sert à l'action ou en tout cas aux actions ponctuelles dans le temps. L'imparfait sert à la description ou aux actions se prolongeant dans le temps : c'est très perturbant de voir l'un utilisé pour l'autre.
2) En parlant de description, attention à les faire au moment qui convient. Une description ne doit pas couper le feu de l'action sinon ton texte perd en puissance. C'est important de condenser les descriptions que tu dois faire pendant l'action pour ne pas ralentir l'histoire.
3) La fin de ton histoire est nettement moins bien écrite que le début : certaines phrases sont carrément incompréhensibles, il y a pas mal de répétition et la chute donne l'impression d'être écrite trop vite (sans penser au réalisme pour la tv mais aussi pour le retour au calme qui aurait mérité d'être plus détaillé). Laisse-toi le temps d'aboutir à la fin de ton histoire sinon c'est un peu décevant pour tes lecteurs (je trouve).
A part ça l'idée du texte est bonne (même si on reste sur sa faim, qui sont les personnages, pas de noms, pas d'indications, ça reste très vague sur leurs relations...) et la fureur de la jeune fille, bien qu'exagérée, rend plutôt bien. Quelques expressions jolies te sont venues, cultive-les, c'est agréablement surprenant de tomber dessus.
Merci pour ta lecture et bon courage pour les corrections!
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Bonjour,
Je viens de lire ton texte.
Je trouve que les fautes gênent à la lecture. C'est dommage car je trouvais que tu avais une bonne idée mais les fautes sont réellement un frein à ton histoire.
Au plaisir.
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Navilys : merci pour toutes ces corrections, tu as rason, je vais m'occuper de corriger ca. C'est vrai que moi non plus je n'étais pas fier de la fin, je compte la réécrire, je te tiendrais au courant des que je la poste ;)
AJGF : je les corrigerais ;)
Merci à vous deux pour vos avis !
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Salut !
Il y a beaucoup de fautes dans le texte, ce serait bien si tu pouvais les corriger :)
Ensuite, je trouve que les tournures de phrase sont un peu classiques, un peu cliché
Je ne l’attendais plus, mais elle était revenue. Elle qui m’avait quitté depuis longtemps et que je pensais ne plus jamais revoir était bien là. Elle était sur mon palier, à m’attendre. Ses pieds étaient trempés, et son gilet troué. Ses godasses étaient tachées, et son vieux jeans lacéré. Derrière elle, le vent soufflait, la neige tombait de plus en plus violement, et elle n’avait rien pour se protéger.
ce passage il fait un peu cliché, la fille qui revient avec une sale dégaine, le mauvais temps, bon au début on dirait une ancienne amoureuse qui revient
ses cheveux noirs contrastaient la neige au dehors
contrastaient avec ? je suis moyennement convaincue par l'image et la description de la fille
Comme une tempête dans un pays pauvre
il faudrait enlever pays pauvre, à moins que ce soit pour montrer que le narrateur habite dans un taudis
Je l’entendais crier dans les couloirs, renversant tout ce qu’elle pouvait. Elle jurait, elle menaçait et criait dans tous les sens
Elle me vit crier
répétition de crier
Effrayée, je me cachais dans un coin de la maison pour me mettre en sécurité mais elle forçait.
elle forçait ? je n'ai pas trop compris ce passage
Nos lèvres étaient cousues, le silence était roi, puis une larme dégringola le long de sa joue. Une perle d’eau salée s’était échappée.
j'aime bien les images ici :)
puis ses démons venaient se loger dans son corps, habiter dans son âme une énième fois.
il faut reformuler cette phrase, ça n'a pas de sens
Il faut convertir beaucoup de verbes au passé simple plutôt que l'imparfait et redynamiser certaines phrases pour qu'elles soient plus percutantes vu qu'il y a beaucoup d'action dans le texte.
Sinon j'ai bien aimé le concept mais certaines tournures de phrases et formulations gâchent l'effet, je pense que retravaillé ça donnerait vraiment quelque chose de bien :)