Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Gros Lo le 04 Avril 2009 à 01:14:20
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Wesh tout l'monde ^^
Alors, au début c'était juste un texte comme ça, sans idée qui me brûlait les doigts, juste pour renouer avec la vieille tradition "raconter une histoire"... et puis petit à petit, ça a viré à l'exercice de style, genre "je vais vous prouver que je peux écrire normalement, et que quand je le fais, c'est pas beau", mdr...
Et finalement je me suis pris à l'histoire et ça fait 7 pages xD c'est peut-être dû à la 1ère personne + récit au passé. Toutes les sensations du perso semblent couler de source... surtout pour les hobbiens j'imagine. Enfin en moins bien hein, xD
Donc je le poste en deux fois. Hop, premier bout. Rassurez-vous, je ne m'attends pas à ce que vous aimiez, plutôt à ce que vous trouviez ça fade et sans-émotion-alors-que-ça-veut-en-faire-passer...
Le titre est assez artificiel. Mais bon.
Le chamane
Le buisson frémit, un gloussement étouffé me parvint. Par les trouées de feuillage, je distinguai son étoffe aux couleurs vives. Je sifflotai pour paraître tout à fait naturel. Elle m’observait, amusée, d’une frayeur toute malicieuse, à travers les branchages grêles. Je ne tardai pas à entendre un nouveau rire, assumé cette fois. Je feignis de me détourner ; les feuilles frissonnèrent encore, elle pouffa et eut un petit cri lorsque je l’empoignai par les épaules.
« Tu m’as fait peur ! » dit-elle haut et fort, sans cesser de rire.
La cloche retentit. « Ca veut dire que tu repars dans les livres ? » Elle fit sa moue désappointée des grands jours, se serra un peu plus contre moi, la tête blottie dans mon cou.
« Ce n’est rien, petite sœur ! dis-je en riant à mon tour. Ce n’est qu’une question de jours. »
Sur le sentier qui menait aux Maisons, j’eus envie de rebrousser chemin. « Tu perds ton temps », m’avait-on répété. J’aimais froisser ma jeunesse. Je n’étais pas de ces gens qui vouaient un culte à cette cueillette lascive de sentiments éparpillés pour ensuite contempler à grand-peine leur lente pourriture. Cela ne m’intéressait pas, pourquoi ne pas vivre l’éternel ? moi je préférais l’immuable, l’odeur du soleil sur la peau, la science des herboristes, l’encre qui acquérait en séchant une respectabilité sereine… Rien de tout cela ne conduisait aux regrets.
Ainsi rejoignais-je l’ombre des rayonnages où d’illisibles manuscrits exhalaient des soupirs de moisissure. Pour passer le temps. En mon absence. Tandis que je jouais avec une fillette et sa pincée d’hivers, une gosse dont je ne connaissais pas le père et dont je ne voyais plus la mère, car sa mère était la mienne, car cette petite fille, j’ignorais tout de son père. Elle savait que je n’avais que peu de temps pour elle et pensait dans ce cadre – n’en sortait pas. Je crois que c’était la seule personne qui comptait un peu pour moi. Ces manuscrits que je retrouvais maintenant ne me faisaient ni chaud ni froid, mon esprit se dispersait vite. Les anciens parlaient aux animaux d’égal à égal et croyaient que de la sève coulait dans leurs veines. Ce n’est pas la vérité du monde. Leur réflexion s’évanouissait parfois dans une ingénuité que je peine à respecter.
Je soufflai sur le parchemin et relus les dernières phrases que j’avais recopiées. Cela parlait des propriétés de certaines plantes qui poussent sur les hauts plateaux, dans nos montagnes. Je sentis un vague sourire passer sur mes lèvres, moins franc toutefois que ceux que m’arrachaient Jaïa, comme si je signifiais aux anciens regretter mes quelques médisantes réflexions. Je trempai la plume en consultant le vieux manuscrit puis commençai à recopier.
Je n’avais pas prêté grande attention à mon attachement pour Jaïa. Je la voyais de temps à autres, nous jouions dans les friches, elle s’esclaffait de bon cœur… en attendant qu’un carillon me ramenât à mes études, brouillât mon visage de grand-frère pour y dessiner les traits austères de l’apprenti herboriste. Elle grandissait – sept, huit ans peut-être ? – sans se lasser de ces fragments de compagnie, et ma mère les tolérait toujours. Je crois qu’elle souhaitait s’assurer que les soubassements de l’édifice familial demeurent. En laissant à d’autres le soin de réparer les dégâts causés par la tourmente. Et puis ce n’était pas si grave, me disais-je quelquefois, quand mon cœur était en paix. Jaïa était vive et gaie. Je crois que j’en voulais surtout à ma mère de ne pas avoir réussi à garder l’homme qui lui avait fait ma sœur. Elle aurait dû le suivre au lieu de rester au village à s’occuper de mon avenir. C’était cet instinct maternel si déplacé qui m’horripilait particulièrement, presque plus que sa dévotion absolue au Dieu de mes ancêtres. Mais Jaïa ne semblait souffrir de rien ; ma mère s’était montré résolue à me laisser vivre loin de la religion, et ainsi procédait-elle également avec Jaïa. Sa foi, elle l’avait trouvée hors de l’éducation de ses parents. De cette détermination à nous laisser emprunter le chemin spirituel qui nous satisfaisait, je lui étais reconnaissant. Sans oser trop y penser. Je me considérais toujours comme un frère ; me voir en fils m’était plus ardu ou déplaisant, suivant mon humeur.
Nos jeux, nous les abandonnâmes progressivement. Avec le temps, elle préférait que nous restions à l’intérieur ; je lui parlais des plantes que je ramassais, je lui décrivais les gravures anciennes de fleurs aujourd’hui disparues et la dentelure de certaines feuilles vénéneuses. Elle, racontait ses journées, dénigrait son précepteur à la barbe sale et aux sourcils broussailleux, me montrait ses dessins. Elle était moins enjouée qu’avant, je le mettais sur le compte de l’âge. Elle me parlait peu, je voyais dans son œil que ce n’était pas par lassitude ou agacement. Sa nature changeait, voilà tout. Je croisais parfois ma mère ; elle semblait frappée par quelque mal, son regard me fuyait et ses traits restaient tirés. Etait-ce l’usure des ans ? Elle faisait plus que son âge désormais.
Peu à peu, Jaïa n’allait plus à mes devants, lorsque je lui rendais visite. Je la voyais, sagement collée au carreau, un sourire qui fendillait son visage mat. Elle m’attendait, c’était peut-être déjà trop. Un jour, je vis ma mère se tenir dans l’encadrement de la porte, plus pâle et voûtée que d’ordinaire, et je craignis pour sa santé. Cette inquiétude spontanée m’étreignit le cœur d’étrange façon ; je songeai que j’avais trop ignoré ma mère au fil des années qui avaient suivi la naissance de Jaïa. Mais mon appréhension fut vite remplacée par une autre, plus grande et insidieuse, et je m’en voulus de n’avoir rien décelé d’anormal auparavant. « C’est ta petite sœur, elle ne va pas bien. » Je lisais dans l’éclat de ses yeux qu’il ne s’agissait pas d’une indisposition passagère.
« J’étais partie dans le bois, soufflait la fillette sans porter vraiment atteinte au silence pâteux qui régnait dans la pièce. J’étais partie, je ne me souviens plus, je crois que c’était pour marcher, simplement. C’était il y a longtemps. »
Je jetais un coup d’œil réprobateur à ma mère. « J’étais absente », se défendit-elle – la peur dansait dans ses yeux. Je regrettai vite l’âpreté de ma conduite.
« Quelque chose m’a piqué, je ne sais pas, c’était peut-être un serpent… ça m’a brûlé très fort au pied, alors je suis rentrée lentement… mais ça n’a pas empiré, sauf que j’ai de plus en plus de mal à marcher et que…
— La jambe n’est plus la seule à te faire souffrir maintenant », conclus-je pour faire taire cette voix d’enfant qui peinait à avouer son inconscience. Je me tus et le silence aux drapés lourds retomba sur nos épaules. Je compris ce qui abattait ma mère depuis quelque temps : c’était cette touffeur muette, le silence qui accompagne les secrets qu’on ne se résout à lâcher. Tout en sachant ce qu’il voulait dire, ce silence pérenne, je refusai de me laisser aller aux larmes.
« J’ai demandé au chamane de venir, dit ma mère en posant la main sur mon épaule.
— Renvoie-le. Les dieux n’ont rien à voir là-dedans. Je ne veux pas que la vie de Jaïa tombe entre les mains d’un rebouteux. C’est la peur qui te livre à ces tourments religieux. Je vais chercher les plantes qui la guériront, veille-la. »
Ma mère m’adressa un regard interrogateur. Peut-être n’avait-elle pas conscience du mépris qui m’habitait lorsqu’elle abordait ce sujet. Ou avait-elle respecté mon choix afin que je respecte le sien ? Alors que Jaïa souffrait sur sa couche, c’était au-dessus de mes forces.
Quand je parvins au cœur de la forêt, mes joues n’étaient pas sèches. Mes yeux ne voyaient plus assez pour que je puisse me mettre en quête des plantes susceptibles de calmer le mal de Jaïa. Je déambulais toujours cependant, comme si je restais dans le rôle du guérisseur et du frère sûr de lui tant que je ne m’effondrais pas en pleurs. Je poursuivis mon errance, ne voyant que des colonnes d’ombre et des marais bruns là où un regard dénué de larmes m’eût montré terre et troncs. J’enrageais de ne pouvoir mettre un terme à ces flots d’angoisse qui coulaient de mes yeux, j’avais si peur d’arriver trop tard… mais ma raison ne commandait plus à mon cœur, elle était corrompue déjà. On ne peut réchapper au patient venin des ophis. Je crois que ma mère le savait aussi. Elle n’avait pas foi en ma science d’herbes. Nous étions démunis face au mal qui enflammait les veines de Jaïa.
Je courus, je courus à travers les sous-bois à m’en déchirer la poitrine, il était si étrange d’entendre les coups pressés de mon cœur, alors que mes larmes ne connaissaient saccades ni à-coups ; elles roulaient, coulaient, mes yeux dégorgeaient ce flot continu. Ma mère et Jaïa étaient dans mon dos. Je ne souhaitais pas les rejoindre avec l’aveu de mon échec à portée de lèvres, j’avais si peur de constater sa mort, si peur que ma foi ait échoué. Et je sentais que la forêt environnante ne vivait que pour elle-même, la sève qui circulait dans les arbres était destinée à eux seuls, les blanches aigreurs des tiges n’avaient que faire des hommes.
Je revins à son chevet. Il y avait là un homme que je connaissais peu et dont la vue fit naître en mon cœur une rage incontrôlable, comme si les émotions violentes de ce jour se concentraient toutes ensemble dans la haine que je vouais au sentiment religieux de ma mère. J’empoignai la tunique du chamane et lui enjoignis de quitter la demeure sur-le-champ. Sur le perron, alors qu’il protestait, je me montrai violent, et l’effroi qui surgit alors en moi jeta une eau glacée sur les braises de ma colère. Lorsque l’étranger fut parti, je regagnai fébrilement la chambre de Jaïa et y trouvai ma mère en pleurs. Je m’approchai doucement, elle fit signe de rester à distance. J’eus peine à avouer l’immoralité de mon geste, et je restai immobile et tremblant, tandis qu’elle s’agenouillait auprès de sa fille. Etait-ce bien ainsi que je devais me considérer désormais ? comme l’homme qui avait privé une mère du dernier sacrement qu’elle entendait donner à sa fille ? Avait-elle été plus lucide que moi ? elle avait appris le mal de Jaïa bien avant qu’il ne parvînt à ma raison… avait-elle appelé le chamane, non pour tenter de la guérir, mais pour la faire passer dans l’autre monde suivant ses croyances ? Les remords se faufilaient sous ma peau, dans ma tête et dans mon cœur, et me causaient des brûlures sans nombre. J’avais les yeux secs maintenant, mais ma raison demeurait brouillée.
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Eh ben c'est pas si mal que tu le croie! Par contre, c'est pas le tout d'écrire "normalement", ça reste bien longuet...
Mais à part ça moi je suis très bien rentrée dedans et j'ai bien ressenti toutes les émotions qui devaient ressortir ^^
Quelques détails:
Elle m’observait, amusée, d’une peur toute malicieuse
le mot peur est un peu excessif dans ce contexte, je trouve
J’aimais froisser ma jeunesse. Je n’étais pas de ces gens qui vouaient un culte à cette cueillette lascive de sentiments éparpillés pour ensuite contempler à grand-peine leur lente pourriture.
Contradictoire, non? Froisser sa jeunesse, ce serait justement perdre du temps sur les herbiers... C'est comme ça que je le comprend en tous cas.
Il y a aussi je ne sais plus quel passage exactement quand il arrive chez sa mère et que Jaïa est malade, c'est un peu confus, on ne sait pas trop qui parle de qui entre la mère et la fille.
(EDIT: Mil' a mis le doigt dessus ^^ et aussi sur le soi-disant "fade" ::) )
Voilà!
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Le titre est assez artificiel. Mais bon.
Ah bon ? C'est pourtant lui qui m'a donné envie de lire la nouvelle !
Elle faisait sa moue désappointée des grands jours, se serra un peu plus contre moi, la tête blottie dans mon cou.
Là je chipote vraiment, mais le passage de l'imparfait au passé-simple, dans la même phrase et sans répéter le pronom, ça m'a fait bizarre...
« Ce n’est rien, petite sœur ! dis-je en riant à mon tour. Ce n’est qu’une question de jours. »
Je chipote encore, mais j'ai toujours trouvé que la mention "petite soeur" (ou "petit frère" ou "grande frère" ou "ma fille" ou ce genre de trucs) faisait très artificiel pour informer le lecteur sur le lien de parenté... Remarquez, étant fille unique, je ne sais pas, peut-être que les fères et soeurs s'appellent vraiment comme ça entre eux ?
Je n’étais pas de ces gens qui vouaient un culte à cette cueillette lascive de sentiments éparpillés pour ensuite contempler à grand-peine leur lente pourriture.
T'appelles ça écrire normalement, et fade ? :P
C’était ma demi-sœur et je la voyais de temps à autres,
A mon avis, le "c'était ma demi-soeur" n'est pas utile : tu l'as déjà dit plein de fois, on a bien compris...
« J’étais partie dans le bois, soufflait-elle sans porter vraiment atteinte au silence pâteux qui régnait dans la pièce. J’étais partie, je ne me souviens plus, je crois que c’était pour marcher, simplement. C’était il y a longtemps. »
Au début j'ai cru que c'était toujorus la mère qui parlait...
Voilà voilà ! Sinon, pour le fait d'écrire de façon plate ou "normale", c'est... complètement raté, lol. Mais que tu te sois forcé à ne pas partir dans des envolées lyriques donne un ton particulier au texte, peut-être. En tous cas, moi, j'ai bien aimé. J'avoue que j'ai trouvé le début un peu longuet, mais ensuite, on rentre bien dans l'histoire, c'estvraiment bien écrit et l'ambiance est très bien posée. En résumée : j'aime bien, et j'ai hâte de connaître la suite ! :)
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le temps passé ensemble était organisé dans l’attente insensible du carillon qui brouillerait mon visage de grand-frère pour y dessiner les traits austères de l’herboriste que j’étais devenu.
phrase à rallonge :-¬?
dont je ne voyais plus la mère, car sa mère était la mienne, [...] et ma mère les tolérait toujours.
je suis pas sûre d'avoir compris si la mère est tjrs là ou pas...
« J’étais partie dans le bois, soufflait-elle sans porter vraiment atteinte au silence pâteux qui régnait dans la pièce. J’étais partie, je ne me souviens plus, je crois que c’était pour marcher, simplement. C’était il y a longtemps. »
C'est la petite fille qui parle, non ? vu l'agencement je croyais que c'était la mère
Et je sentais que la forêt qui m’environnait ne vivait que pour elle-même
que+qui+que
Et de manière générale, je trouve qu'il y a beaucoup trop de "que", "qui", etc dans ce texte (du coup à cause de plusieurs phrases où ils étaient trop imbriqués maintenant je les vois même quand y'en a qu'un... et y'en a vraiment bcp je trouve)
Alors.
Le début, jusqu'au moment où on apprend qu'il est arrivé malheur à la soeur, j'aime pas trop. Je trouve que tu alternes les phrases style "Lo'", c'est-à-dire longue et soutenue, et d'autres plus bancales, du coup je sais pas trop sur quel pieds danser. Bref j'aime sans plus.
Ensuite par contre, à partir du « J’étais partie dans le bois, soufflait-elle [...] j'aime bien plus. Je trouve le tout plus homogène et surtout bien plus intriguant, j'ai envie de savoir la suite (et oui "cette fois" je trouve que tu racontes vraiment une histoire ^^)
Par contre j'ai vraiment trouvé qu'il y avait trop de "que", "qui", quand on (=je) m'en aperçois ça gène quand même la lecture.
Et puis petite remarque que tu appréciera peut-être de savoir : j'ai bien plus ressenti les émotions du narrateur après qu'il ait appris que sa soeur allait mal ^^ Mais c'est peut-être en bonne partie car il ressent lui-même plus de choses.
edit après Mil' :
Je chipote encore, mais j'ai toujours trouvé que la mention "petite soeur" (ou "petit frère" ou "grande frère" ou "ma fille" ou ce genre de trucs) faisait très artificiel pour informer le lecteur sur le lien de parenté... Remarquez, étant fille unique, je ne sais pas, peut-être que les fères et soeurs s'appellent vraiment comme ça entre eux ?
En France, on le fait aps du tout :mrgreen: Au Japon ils le font beaucoup par contre. Donc je l'ai accepté comme une "coutume" de ce lieu.
Citation
Je n’étais pas de ces gens qui vouaient un culte à cette cueillette lascive de sentiments éparpillés pour ensuite contempler à grand-peine leur lente pourriture.
T'appelles ça écrire normalement, et fade ? Tire la langue
Ca m'a aussi fait tilter à la lecture :mrgreen:
La suite ?
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Je chipote encore, mais j'ai toujours trouvé que la mention "petite soeur" (ou "petit frère" ou "grande frère" ou "ma fille" ou ce genre de trucs) faisait très artificiel pour informer le lecteur sur le lien de parenté... Remarquez, étant fille unique, je ne sais pas, peut-être que les fères et soeurs s'appellent vraiment comme ça entre eux ?
En France, on le fait aps du tout Au Japon ils le font beaucoup par contre. Donc je l'ai accepté comme une "coutume" de ce lieu.
Je me demande si ça ne se faisait pas aussi chez nous dans des temps plus anciens, mais je ne suis pas sûre... En tous cas de nos jours et dans le plus gros de la population, même en étant fille unique moi aussi je suis à peu près certaine qu'on le fait pas ^^
(par contre les familles euh... traditionnalistes, on va dire, j'en ai connu une, et les enfants appellaient leurs parents "mère" et "père"... ça fait bizarre mais oui, ça existe encore)
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J’aimais froisser ma jeunesse. Je n’étais pas de ces gens qui vouaient un culte à cette cueillette lascive de sentiments éparpillés pour ensuite contempler à grand-peine leur lente pourriture.
Contradictoire, non? Froisser sa jeunesse, ce serait justement perdre du temps sur les herbiers... C'est comme ça que je le comprend en tous cas.
ce qu'il entend par "froisser sa jeunesse", c'est ne pas vouer un culte au temps-qui-passe, en collectionnant les petits souvenirs et les petites émotions etc.
Il y a aussi je ne sais plus quel passage exactement quand il arrive chez sa mère et que Jaïa est malade, c'est un peu confus, on ne sait pas trop qui parle de qui entre la mère et la fille.
ok celui-là vous me l'avez tous cité, je vais clarifier xD
Le titre est assez artificiel. Mais bon.
Ah bon ? C'est pourtant lui qui m'a donné envie de lire la nouvelle !
en fait j'disais artificiel dans le sens où ce texte n'est pas censé avoir de titre fixe... j'expliquerai plus tard xD
Elle faisait sa moue désappointée des grands jours, se serra un peu plus contre moi, la tête blottie dans mon cou.
Là je chipote vraiment, mais le passage de l'imparfait au passé-simple, dans la même phrase et sans répéter le pronom, ça m'a fait bizarre...]Elle faisait sa moue désappointée des grands jours, se serra un peu plus contre moi, la tête blottie dans mon cou.
Là je chipote vraiment, mais le passage de l'imparfait au passé-simple, dans la même phrase et sans répéter le pronom, ça m'a fait bizarre...
"elle fit" ?
« Ce n’est rien, petite sœur ! dis-je en riant à mon tour. Ce n’est qu’une question de jours. »
Je chipote encore, mais j'ai toujours trouvé que la mention "petite soeur" (ou "petit frère" ou "grande frère" ou "ma fille" ou ce genre de trucs) faisait très artificiel pour informer le lecteur sur le lien de parenté... Remarquez, étant fille unique, je ne sais pas, peut-être que les fères et soeurs s'appellent vraiment comme ça entre eux ?
oh mais oui (je rebondis sur ce que dit Lial), c'est parce que j'ai revu des Miyazaki xD c'est japonais, ce genre de tournures :mrgreen: je pense que c'est Ashitaka qui a tapé ça dans Word... mais le narrateur est "étranger", donc je vais peut-être le laisser... mais c'était pas du tout pour renseigner le lecteur, au contraire c'était censé être un 'effet de réel' :-\ bref...
Je n’étais pas de ces gens qui vouaient un culte à cette cueillette lascive de sentiments éparpillés pour ensuite contempler à grand-peine leur lente pourriture.
T'appelles ça écrire normalement, et fade ? :P
lol non mais voilà quoi, écrire normalement genre s'attacher aux pensées du personnage, ne pas laisser de points équivoques etc. :-¬?
C’était ma demi-sœur et je la voyais de temps à autres,
A mon avis, le "c'était ma demi-soeur" n'est pas utile : tu l'as déjà dit plein de fois, on a bien compris...
d'acc !
« J’étais partie dans le bois, soufflait-elle sans porter vraiment atteinte au silence pâteux qui régnait dans la pièce. J’étais partie, je ne me souviens plus, je crois que c’était pour marcher, simplement. C’était il y a longtemps. »
Au début j'ai cru que c'était toujorus la mère qui parlait...
comme dit plus haut, j'vais éclaircir ces points-là.
le temps passé ensemble était organisé dans l’attente insensible du carillon qui brouillerait mon visage de grand-frère pour y dessiner les traits austères de l’herboriste que j’étais devenu.
phrase à rallonge :-¬?
c'est pas parce que t'as 21 ans que tu dois te montrer désagréable !
...
non j'avais prévu de dire ça avant de lire ce que tu disais, en fait :mrgreen:
oui à rallonge c'est vrai, j'vais l'écourter...
Et je sentais que la forêt qui m’environnait ne vivait que pour elle-même
que+qui+que
Et de manière générale, je trouve qu'il y a beaucoup trop de "que", "qui", etc dans ce texte (du coup à cause de plusieurs phrases où ils étaient trop imbriqués maintenant je les vois même quand y'en a qu'un... et y'en a vraiment bcp je trouve)
ok j'vais alléger... ici, "la forêt environnante" ?
Je trouve que tu alternes les phrases style "Lo'", c'est-à-dire longue et soutenue, et d'autres plus bancales, du coup je sais pas trop sur quel pieds danser. Bref j'aime sans plus.
ça c'est plus difficile à corriger par contre...?
Merci d'être passés ! et si rapidement... je vais poster la suite, merci pour vos remarques, je vais corriger ça. Après le déjeuner.
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c'est pas parce que t'as 21 ans que tu dois te montrer désagréable !
C'est pas parce que t'as 18 ans que tu dois manquer de respect à tes ainés :mrgreen: :P
ok j'vais alléger... ici, "la forêt environnante" ?
Yak.
Je trouve que tu alternes les phrases style "Lo'", c'est-à-dire longue et soutenue, et d'autres plus bancales, du coup je sais pas trop sur quel pieds danser. Bref j'aime sans plus.
ça c'est plus difficile à corriger par contre...?
Sur le moment là tout de suite je sais pas trop (d'autant qu'il faut que j'aille manger). Et ça vient peut-être de moi, je sais pas. Ou alors tu t'en apercevras dans quelques jours avec plus de recul (ça arrive...)
Mais en fait je relis le tout début (rapidement) et je crois que c'est essentiellement à cause des phrases genre Je n’étais pas de ces gens qui vouaient un culte à cette cueillette lascive de sentiments éparpillés pour ensuite contempler à grand-peine leur lente pourriture. (surtout celle-là en fait) qui vont pas trop avec le reste. je trouve. c'est assez personnel.
Sur ce je dois filer.
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Le recul fait beaucoup :P
Leia, pour "d'une peur toute malicieuse", j'ai remplacé "peur" par "frayeur", qui est censé atténuer... ?
Je relis la suite, ajoute quelques trucs, et je la poste.
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Citation
Citation
« Ce n’est rien, petite sœur ! dis-je en riant à mon tour. Ce n’est qu’une question de jours. »
Je chipote encore, mais j'ai toujours trouvé que la mention "petite soeur" (ou "petit frère" ou "grande frère" ou "ma fille" ou ce genre de trucs) faisait très artificiel pour informer le lecteur sur le lien de parenté... Remarquez, étant fille unique, je ne sais pas, peut-être que les fères et soeurs s'appellent vraiment comme ça entre eux ?
oh mais oui (je rebondis sur ce que dit Lial), c'est parce que j'ai revu des Miyazaki xD c'est japonais, ce genre de tournures je pense que c'est Ashitaka qui a tapé ça dans Word... mais le narrateur est "étranger", donc je vais peut-être le laisser... mais c'était pas du tout pour renseigner le lecteur, au contraire c'était censé être un 'effet de réel' bref...
Je serais plus pour l'enlever, parce que pour un lecteur lambda (moi :mrgreen: ) ça fait pas japonais, ça fait juste déjà-vu... :-¬? Y a d'autres moyens de rendre le texte exotique ! Moi je le voyais plutôt cadré dans une ambiance un brin fantasy, e dehors du temps...
Pour le "fit", oui, ça va mieux. Ou alors coupe la phrase en deux : l'une avec le morceau à l'imparfait, l'autre avec celui au passé-simple.
A ton service ! (si je loupe l'agreg, ce qui est fort possible, je me reconvertiri dans les pages jaunes ^^ )
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Le buisson frémit, un gloussement étouffé me parvint. Par les trouées de feuillage, je distinguai son étoffe aux couleurs vives. Je sifflotai pour paraître tout à fait naturel. Elle m’observait, amusée, d’une frayeur toute malicieuse, à travers les branchages grêles. Je ne tardai pas à entendre un nouveau rire, assumé cette fois. Je feignis de me détourner ; les feuilles frissonnèrent encore, elle pouffa et eut un petit cri lorsque je l’empoignai par les épaules.
le début je trouve que ça fait un peu trop "je" "elle"
je sais pas, peut-être que les transitions sont pas top ( je chipote, hein :P)
« Tu m’as fait peur ! » dit-elle haut et fort, sans cesser de rire.
hum...
j'aime pas "haut et fort", ça fait bizarre, ils sont seuls, non, donc si elle dit quelque chose, il va l'entendre
enfin bref, je trouve ça bizarre
Un jour, je vis en arrivant ma mère se tenir dans l’encadrement de la porte,
que de précisions! on dirait Tite-Live, xD
j'aime pas du tout le "en arrivant" en fait
et j’eus peur pour sa santé.
t'as pas mieux ?
"je craignis" ?
Cette inquiétude spontanée m’étreignit le cœur d’étrange façon ; je songeai que j’avais trop ignoré ma mère au fil des années qui avaient suivi la naissance de Jaïa.
faudrait peut-être enlever tous ces mots parasites, pourquoi pas enlever "je songeai" ?
sinon j'ai trouvé que parfois les transitions entre les phrases, c'était pas trop ça
et hum... tu décris trop, enfin je veux dire tu dis un peu trop "je pensai à ça, à ça", peut-être en gros mettre plus d'indirect libre quoi, ça alourdirait moins, je pense
sinon j'ai bien aimé, je veux dire que l'histoire, elle n'est pas hum.... disons que j'aime bien comme c'est dans cette simplicité et en même temps c'est pas simple
( je vais pas y arriver aujourd'hui ><)
bref, non, c'est pas fade, c'est pas nul, si tu revois les petits relâchements (lol) ça sera parfait, mais j'aime bien ^^
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« Tu m’as fait peur ! » dit-elle haut et fort, sans cesser de rire.
hum...
j'aime pas "haut et fort", ça fait bizarre, ils sont seuls, non, donc si elle dit quelque chose, il va l'entendre
enfin bref, je trouve ça bizarre
c'était pour tenter de rendre la tendance qu'ont les enfants à parler très fort alors qu'on est à côté :mrgreen:
Un jour, je vis en arrivant ma mère se tenir dans l’encadrement de la porte,
que de précisions! on dirait Tite-Live, xD
j'aime pas du tout le "en arrivant" en fait
ouip
et j’eus peur pour sa santé.
t'as pas mieux ?
"je craignis" ?
pourquoi pas, par moment c'est juste que j'ai essayé d'employer des tournures vieillotes en fait, genre "d'étrange façon" etc. xD
Cette inquiétude spontanée m’étreignit le cœur d’étrange façon ; je songeai que j’avais trop ignoré ma mère au fil des années qui avaient suivi la naissance de Jaïa.
faudrait peut-être enlever tous ces mots parasites, pourquoi pas enlever "je songeai" ?
en l'occurrence j'trouve qu'il a son utilité, même si ça alourdit un peu : si je l'enlevais, ça ferait trop affirmatif j'trouve. Trop "vérité découverte, bonus psychologie accordé !"...
'oilà, j'ai presque fini de revoir la suite xD
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ben dit qu'elle le dit très fort ou qu'elle crie presque, parce que là, ça fait un peu dialogue théâtral :P
mouaip pour les tournures vieillotes, mais "j'eus peur pour sa santé", ça fait pas vieillot, enfin pour moi :-[
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Voilà la suite et "fin" (et oui, les guillemets...) !
^^
Jaïa mourut au cours de la nuit. Le chamane n’était pas revenu. Je n’avais pas eu la force de formuler mes regrets à voix haute. Au-dedans, les remords me dévoraient. Sa mère se recueillit longtemps, seule dans la petite chambre d’enfant, j’entendais la douce ligne de ses sanglots sur l’étang de silence que la nuit dégorgeait. Puis elle sortit et croisa mon regard.
« Fais ce que tu veux. Qu’au moins l’un de nous l’ait pu. » Et sa voix ne tremblait plus, tout juste y sentais-je les mille reproches qu’elle avait refoulés et que le deuil avait teinté d’une douce amertume. Je la vis passer et baissai les yeux, espérant qu’elle prenne ce silence pour ce qu’il était, repentance douloureuse.
Je l’entendis se reclure à l’étage. Quand retrouverait-elle le sommeil ? Je m’approchai du petit corps étendu sur le lit. Je touchai sa main, elle était glacée. Roidie. Je restai longtemps à genoux, ma main serrant sa main, et je me représentais l’eau souillée s’infiltrer dans le sol, l’arbrisseau aux racines avides qui s’en abreuvait ; bientôt, il dépérissait, bientôt, toutes ses feuilles tapissaient la terre. Et la sève ne circulait plus. Le venin des ophis est si pernicieux… Alors, tandis que je veillais le corps mince et froid, l’esprit perclus de chagrin et les remords d’avoir échoué à la sauver, une idée me vint, une idée monstrueuse, de celles qui naissent au sein d’esprits déments, dressée contre le monde et ses règles antédiluviennes : je voyais l’arbre en bourgeons. Je la calfeutrai dans un coin obscur de ma conscience. Je savais que, drapée dans ses voiles de douce folie, elle attendrait son heure.
Je pleurai ma petite sœur, j’eusse tant aimé que mes yeux aient encore larmes à éclore. Ils n’en avaient plus. Et ma tristesse demeurait et j’enfouissais mes pensées sous une chape de malheur et d’impuissance, sans que rien ne pût la déloger. Mes yeux étaient secs. Pleurer semblait naguère si facile. Changer en eau toute ma peine, drainer mes noires pensées hors de mon corps, tout cela m’était-il donc refusé ? La sécheresse gagnait mon âme. La colère sourdait. Je me souvenais de notre complicité tendre, je sentais la froideur de sa peau. Je me mis à haïr la folle assurance que j’avais placée dans mon savoir-faire. Je me révoltai contre mes sottes prises de position adolescentes. Le chamane aurait-il pu la sauver ? Ce que j’avais entrevu dans les yeux de ma mère me rongeait depuis le soir. Aurais-je pu sentir à nouveau la chaleur de la main de Jaïa si je l’avais laissé œuvrer ? Je pris peur. Ma sœur marchait peut-être au milieu d’esprits errants, dans le vent glacé et la rumeur constante des pas qui ne peuvent cesser. Il fallait qu’elle eût trouvé le repos : ma tâche était, peut-être, de m’en assurer.
Je ne laissai aucun mot. Je craignais que ça ne cause davantage de souffrance à ma mère, mais je ne savais où j’allai, et comment lui expliquer mes angoisses ? L’horizon était noir encore. J’enjambai le portillon qui donnait sur les prés, Jaïa dans les bras. Je marchai au hasard, vers l’Est, emportant un corps avec moi. Il y eut des lignes de brume et de lumière, le soleil monta ; la chaleur me pesait. Je continuai ma route. Les forêts se clairsemèrent, le soleil grossit et brûla un peu plus. Je m’arrêtais rarement, mangeais peu. Des mouches bourdonnaient à mes oreilles, une affliction sans bornes me saisissait parfois. Ma sœur était morte et la mort la réclamait : je redoutais le moment où son corps commencerait à sentir. La nuit vint, je dormis peu. Je fuyais le sommeil et ses bouffées de cauchemars. Jaïa errant parmi les ombres, Jaïa engluée dans la toile d’un voleur d’esprits… son âme donnée en pâture aux charognards du bout du monde. Quand le matin grignota l’horizon, j’avais repris la route depuis plusieurs heures. L’air était sec, l’eau était rare. Des touffes d’herbe jaunie s’extirpaient çà et là du sol sablonneux. Au-delà, c’était le désert.
« Jaïa, ma petite rose des sables… » chuchotai-je encore et encore, berçant le petit corps au milieu des rochers. Je ne sais pourquoi mes pas me conduisirent en ces lieux arides, ni ce qui me persuada à l’enterrer là, parmi les blocs de pierre rouge, dans le sable goulu. Peut-être les larmes qui roulèrent sur mes joues me firent-elles comprendre que la colère avait déserté mon cœur. Le temps s’étira sous le ciel ensemencé de sable. Deux, trois jours passèrent ; agenouillé là où j’avais creusé sa tombe, je réfléchissais. Je fléchissais, aussi, doutant de tout ce que j’avais bâti autour de moi. Les constructions de ma raison me semblaient tout à coup fissurées et branlantes. Les intérêts que j’avais développés depuis l’adolescence me paraissaient fades ou sujets au dégoût. Maintenant que ma petite Jaïa reposait dans la pierre en poudre, tout était plus clair. Pourquoi l’avais-je portée ici, dans le désert rocailleux, pourquoi si loin du village ? La tribu attachait une grande importance au choix du lieu où le corps rejoignait la terre. Jaïa appartenait au désert, avait-on décrété à sa naissance. Le faisais-je pour ma mère ? Les questions se collaient aux nébuleuses du désert, nombreuses, figées.
Je songeai à poursuivre ma route à travers le désert. Aller de l’autre côté, là où l’océan rongeait son frein, rageur au bas des falaises. Je ne pouvais reprendre mon apprentissage. Trop d’impuissance déchirante, trop de fables pour ceux qui rejetaient la foi des anciens. Je demandais conseil aux étoiles hissées au haut des dunes. Elles ne me soufflaient mot.
L’eau vint à manquer. Je pris le chemin du retour.
Mon comportement à l’égard du chamane m’avait heurté plus que je ne l’aurais cru. La conscience m’en renvoyait les souvenirs douloureux. Peu à peu, comme la marée qui se retire, mes doutes laissèrent place à des certitudes nouvelles, des écheveaux de varech et du bois flotté que je m’efforçais de ramasser, sans m’interroger sur leur survenue, comme si je craignais de raviver des souvenirs de tourmente et de naufrage. J’avais soif d’un savoir fondé non plus sur plantes et remèdes, choses qui me jetaient à présent dans un désordre continuel, mais sur des interrogations muettes posées aux confins des âges… des territoires qu’hier encore je méprisais. Je n’avais que cela en tête : comprendre le mouvement des rouages grinçants qui raccordaient le corps et l’esprit, percer les frontières de vie et de mort entre lesquelles s’était tenue ma petite sœur, l’espace de quelques heures. Si le chamanisme n’était pas un leurre, alors elles n’étaient pas closes. Des passages pouvaient y être aménagés.
Et puis je parvins au fond de mes certitudes. Comme si, après avoir détaillé chaque pied de goémon, chaque débris de bois rejeté par la marée, j’en venais enfin à contempler la couche de sable scintillante que les eaux avaient étalée sur la plage. Je songeai à devenir chamane.
Je rêvai de l’Esprit. C’était le dieu des ancêtres, ma mère lui accordait sa foi. Ce n’était pas un homme aux qualités sublimées ; personne n’aurait osé le déclarer infiniment bon. Il n’était rien d’autre que le tout. Croyants et incroyants, hommes et bêtes, plantes et pierres étaient part de sa constitution. Par nous, il existait ; par lui, nous demeurions. Je crois que Jaïa pour lui n’était pas perdue. La chair et les os de nos morts ne lui étaient pas étrangers. Le monde lui était exclusif. Il était la terre sur laquelle je m’étais agenouillé lorsque j’avais creusé la tombe de ma sœur comme il était le vide au-delà des étoiles. Avait-il accès à l’impalpable, à la fabrication la plus immatérielle et la plus évanescente produite par les hommes, nos pensées et nos doutes, je n’aurais pu le dire. Mais je rêvai de lui et le monde que j’embrassais du regard paraissait frémir d’une vie neuve.
« Fais ce que tu estimes bon, mon fils », souffla ma mère lorsque je lui fis part de ma décision. Elle ne cachait pas sa surprise et ne semblait pas tout comprendre de mes nouvelles certitudes.
« Je suis allé jusqu’au désert. » Elle n’avait pas réclamé davantage de précisions. Quand elle releva la tête, ses yeux semblaient moins voilés et je crois qu’elle voulut sourire.
« Merci, Dessar. Je suis contente que tu l’aies fait. » Elle marqua une pause avant d’ajouter : « Suivant les rites. »
Pendant quelques semaines, puis quelques mois, nous vécûmes comme si l’absence de Jaïa était naturelle. Qu’il suffisait d’attendre. J’étudiais beaucoup. Je me rapprochais des religieux, me recueillais. Et puis, un soir, au cours d’une conversation, je compris que ma mère portait une blessure encore vive. Je me souvins de l’offense commise envers le chamane. Elle avait tenté d’oublier mais je conservais en moi la marque du sacrilège. Je tins une longue discussion avec l’un des assistants du chamane – lui, je l’évitais, non par peur de représailles, mais plutôt par quelque regain de honte. J’entendis des mots étranges. Il me parla de vieilles coutumes et de purification, me conta l’histoire de pèlerins en partance pour l’Orient, déterminés à trouver l’absolution de l’autre côté de l’océan. Je lus leurs récits de voyage, les carnets qu’ils tenaient : ceux qui revenaient semblaient plus sages et plus dévoués à l’Esprit que les chamanes n’ayant pas connu la rigueur de l’exil. D’autres semaines passèrent. Depuis que j’avais pris conscience de la gêne que ma mère avait conservée à mon égard, je ne cessais de voir sous chacune de ses paroles la trace furtive de son triste ressentiment.
Six mois après mon dernier voyage avec Jaïa, j’étais tout à fait résolu ; je parlai à ma mère de mon départ prochain. Je tentai de choisir mes mots afin de ne pas la heurter. Je crois que je réussis. Elle ne fut pas dupe cependant ; le discernement et l’instinct maternel lui firent sentir ce que mes propos atténuaient délibérément, de peur de l’affecter trop profondément.
« Je ne m’absenterai pas éternellement. Dans un an, sois sûr que je serai ici. La route est longue mais c’est en cela que consiste un pèlerinage, n’est-ce pas ? Je marcherai, et la sagesse guidant mes pas à l’aller, elle guidera bien ma tête au retour. Je veux me libérer de ce fardeau. Le pardon, le monde me l’accordera au goutte-à-goutte, au fur et à mesure de mon périple, je crois que c’est la vérité. »
Je ne sais si je la convainquais. Moi-même, je ne voyais pas le pèlerinage d’absolution comme un faiseur de sages ; toutefois, les sentiers qu’il me faudrait emprunter me pousseraient à faire des choix qui forgeraient mon jugement, et j’avais bon espoir que l’aventure m’apporterait un discernement que je n’aurais acquis en restant au village. Et je n’oubliais pas ma petite rose des sables… les chamanes n’avaient-ils pas accès aux secrets du monde des esprits ?
« Fais ce que tu estimes bon, Dessar. Mais reviens. »
*
C'est en bonus. En fait je m'explique. "Le chamane" c'est la genèse d'un des personnages de la Nécro. Genèse qui s'inclura peut-être dans la Nécro-nouvelle-version. Ci-dessous, la première apparition de Dessar dans l'ancienne version, passage qui sera gardé pour la nouvelle... sauf qu'on le connaîtra déjà. Donc en gros, vous n'êtes pas obligé de lire, surtout si vous avez lu la Nécro ; c'était juste pour montrer la jonction. Je mets ceci en police normale pour que ça n'attire pas trop l'oeil mdr. Ca gâcherait un peu la fin du "Chamane" sinon.
Le ciel et la mer ; le soleil, son reflet abrasif. Les bateaux dodelinent de la proue. Le vent d’Est susurre sa fraîcheur dans l’air lourd. Les alizés heurtent la falaise, roulent gravement sur les herbes du promontoire, ébouriffent la poussière du sentier. Et continuent vers l’Ouest, sans moi. Non, je ne suis pas de ceux qui sont prêts à suivre le souffle qui balaie leurs soucis, pour peu qu’il leur offre quelque rétribution. Je ne me damne pas, moi. Je ne suis pas de ceux-là.
Le vent est un idiot. Il prend mon dos pour une voile, souffle, me contraint à courir. J’en suis un tout autant : un caillou et tout s’effondre. L’harmonie avec le vent, rare et exaltée ; moi.
Les docks crient, leur brouhaha saute à la tête. On débarque des essences inconnues, des épices ; en un mot, de l’exotisme. Je me fraie un chemin à travers les matelots et les négociants. Des conversations qui s’enveniment, des chuchotements fielleux, des odeurs de poisson et d’iode. Le soleil frappe l’échine, mais la moisson de sirènes que déchargent les pêcheurs couvre les exhalaisons des corps qui se démènent. Les navires qui font la traversée sont peu nombreux, acceptent rarement des promeneurs. La balade n’est pas de tout repos. L’Amer est un plateau de nacre, pourvu qu’on le contemple de loin. La traversée est moins esthétique. « Quand tu dégueule pas, tu te pisses dessus en voyant les paquets d’Amer cueillir tes potes… comme si t’étais pas assez mouillé comme ça. » Je pense parfois au village, au désert. L’absolution me pèse.
C’est celui-là. Il est semblable aux autres ; un peu plus petit. L’équipage n’est pas non plus différent du vaisseau voisin : prêt à affronter l’Amer et suffisamment conscient du danger pour profiter de chaque heure de la nuit dans les bordels. Mais celui-ci a des passagers. La toge, le fard, l’épingle : c’est un type de l’autre rive, un étranger tout frais débarqué des terres d’en face. Mielleux et aveugle, il n’a rien vu, rien su du butin que l’essaim des tire-laines, bourdonnant autour de lui le temps d’un rayon de lune, lui a emprunté. La Cité-jardin, qui sait ? Vivement demain. Le vent gonfle les voiles, mais il faut attendre.
La toge, le fard, l’épingle : ils sont plusieurs. Drapés de vert et d’or, le visage poudré de blanc et le vêtement retenu par une large fibule d’argent. Comme tout étranger habitant par-delà l’Amer, ils sont bornés. Une troisième fois, ils me demandent si je souhaite partir. Le voyage sera long, difficile sera ma tâche, vaticinent-ils avec leur phrasé tortueux. Mais moi, je confirme. Je ne me damne pas, je ne suis pas de ceux-là. Leur jeu est fourbe. Ils semblent me prévenir de quelque danger, mais boufferaient leurs broches pour que je les accompagne. Ça se voit. Ça se lit sur ces visages qu’ils croient cacher sous le barbouillage blanchâtre. Et ils sont stupides, si stupides. Ils y croient encore ! Ils croient encore aux chimères et aux dieux. Et moi, je vais servir leur déesse. Leur semble-t-il. Je hoche la tête, alors que mes pensées sont toutes dirigées vers l’Esprit.
Le vent plongeait sur la plaine. Ma mère me disait de ne pas m’absenter trop longtemps, j’avais le souvenir de Jaïa qui me poignardait la conscience. Revient-on d’un voyage sur l’Amer ? J’avais pris le chemin de l’absolution… Mon ancienne foi, celle de l’herboriste, avait failli. Cette fois, elle ne flancherait pas. L’autre avait failli de trop terrible façon. Le destin me conduisait à quitter ma terre, mais je n’étais plus maître de ma vie. Ainsi m’en convainquais-je. Je serrais contre moi la petite boîte de fer.
Loin du village, du désert, déjà, si loin ! Ce port, cette ville accueillant l’Amer et l’inconnu, tournée vers ce qu’elle ignorait. Son bâtisseur l’avait-il lancée du haut de la falaise des réalités, elle aussi ? Plane-t-elle comme moi au milieu des courants de l’air, voguant sur les vents de l’impalpable et du non-su ? La peur du vide, parfois. J’ai peur de tomber, je crains qu’un jour les alizés ne refusent de me porter davantage, comme ils laissent choir un gonfalon sur sa hampe ; si éclatant, si affadi…
Et l’heure du départ ! Nous bravons les kilos de vent, je regarde les amarres qui se déroulent. On dirait de grands serpents que charment les matelots. Ils obéissent à leurs psylles bourrus, et je les regarde, toujours. Un bout de corde usé : voilà ce qui me retient à la vie, à l’existence que j’ai connue pour être mienne. Je quitte la liberté, je me donne au destin. Je quitte mon pays, je me donne à l’Amer. Je danse sur ce point de rupture où tout peut se jouer. Je ne suis déjà plus libre, mais pourtant le destin ne m’a pas encore pris en main. Dans dix ans, dans vingt ans, cette amarre qui s’effiloche sera toujours le moment qui décida de ma vie. La décision est trop grande, l’enjeu trop essentiel. Si je saute, j’atterris sur le quai. Je rejoins ma famille – morte ou vive, je rejoins ma terre, sans renouer avec un passé que je n’aurai pas effacé. Quoi ? serais-je libre encore ? choisirais-je la suite de cette histoire devant cette corde qui se déroule ? mais qui sait ? peut-être le destin me souffle-t-il ces pensées, afin de partir, afin de rester ? saurai-je jamais qui a pris la décision ? Je danse sur ce point de rupture. Tout est trop lourd. Le vent, le choix.
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j’eusse tant aimé que mes yeux aient encore larmes à éclore
Là c'est trop, je trouve. Les jolies phrases, c'est bien, d'autant qu'ici elles ne "mangent" pas l'histoire, mais vu le contexte assez dramatique, ça fait vraiment exagéré, celle-là, je trouve...
D'ailleurs, le simple fait de revenir sur l'idée des larmes, ça fait un peu doublon avec le passage plus haut.
La colère sourdait
Je trouve que ça sonne bizarre, parce qu'on est surtout habitués à l'entendre à l'infinitif, ce verbe... Du coup, ça ne coule pas (sans mauvais jeu de mots :-¬? )
Je craignais que ça ne cause davantage de souffrance
Vu le registre très soutenu, j'aurais tendance à mettre "cela" au lieu de "ça".
sans m’interroger sur leur survenue
Survenue, là, je trouve que ça fait un peu trop "je case une tournure compliquée, admirez" lol (et puis sur leur/ surve(nue), c'est pas joli, prononcé)
Et puis je parvins au fond de mes certitudes. Comme si, après avoir détaillé chaque pied de goémon, chaque débris de bois rejeté par la marée, j’en venais enfin à contempler la couche de sable scintillante que les eaux avaient étalée sur la plage.
Braun, sortez de ce corps ! mdr
Sinon, j'ai pas trop compris ton explication : ce qu'il y a après l'astérisque, c'est une suite ? C'est un truc qui va avant ? Un bout de la Nécro ? En tous cas, le style change beaucoup, et j'arrivais pas trop à faire le lien. On perd le calme et l'ambiance bizarre du Chamane.
Bon, je fais comme si ça s'arrêtait à l'astérisque :
J'aime bien :) Tu as vraiment le don pour créer l'ambiance, faire couleur locale. Y a juste un truc qui me chifonne : je n'y connais pas grand chose en chamanisme, et je ne sais pas si tu as voulu poser ton texte dans un cadre un peu réaliste ou pas. Mais il me semble que les idées de rédemption, et les religieux vus un peu comme un ordre à part, ça fait plus judéo-chrétien que chamanique. Enfin, je n'en sais pas plus !
Sinon, ben le truc après l'astérisque m'a perturbée et je sais pas quoi dire sur la fin, lol, si ce n'est que ça laisse un peu sur sa faim. Par contre, j'aime bien le titre tel qu'il est (il prend un double sens à la fin) :)
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Ouais je pense que la jonction est encore à travailler, peut-être ajouter un passage entre l'adieu à sa mère et l'embarquement pour l'Est, qui fasse un peu transition entre les deux ambiances/tons. Entre les deux, le narrateur est devenu plus cynique, moins vulnérable à... l'émotion. Plus froid, peut-être. Enfin bref.
Sinon, c'est vrai que ce n'est pas un chamanisme, hm, comme on peut le trouver dans les peuplades de Sibérie. C'est une civilisation assez structurée et développée qui a conservé certains rituels, en fait ; les chamanes sont à la fois le lien qui unit le monde des vivants au monde des esprits, et... une sorte de théologiens, ou de maîtres-penseurs.
Je dois y aller, mais je corrigerai ce que tu as relevé =)
si ça te plaît, tu peux aller lire la Nécro, la suite de son histoire y est racontée :mrgreen:
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Jaïa mourut au cours de la nuit. Le chamane n’était pas revenu. Je n’avais pas eu la force de formuler mes regrets à voix haute. Au-dedans, les remords me dévoraient. Sa mère se recueillit longtemps, seule dans la petite chambre d’enfant, j’entendais la douce ligne de ses sanglots sur l’étang de silence que la nuit dégorgeait. Puis elle sortit et croisa mon regard.
pareil que pour le début, c'est voulu les trois sujets différents ( Jaïa, chamane, je) ? enfin je veux dire j'ai trouvé que ça faisait un peu: on passe les perso en revue
mais en fait c'est un problème de transition avec la suite surtout
« Fais ce que tu veux. Qu’au moins l’un de nous l’ait pu. »
bon, ne te vexe pas: mais c'est volontaire que les passages au discours direct soient légèrement plats ? :-¬?
Et sa voix ne tremblait plus, tout juste y sentais-je les mille reproches qu’elle avait refoulés et que le deuil avait teinté d’une douce amertume.
je suis pas sûre, mais il ne manque pas un accord ?
Je l’entendis se reclure à l’étage.
hum, oui, en fait j'ai tendance à lire "raclure" :-[
Quand retrouverait-elle le sommeil ? Je m’approchai du petit corps étendu sur le lit.
là, transition :-¬?
Je touchai sa main, elle était glacée. Roidie. Je restai longtemps à genoux, ma main serrant sa main,
ça fait trois fois "main"
"la sienne" pour le denier ?
Je me révoltai contre mes sottes prises de position adolescentes.
là, c'est peut-être un peu trop chamboulée quand même :P
Je craignais que ça ne cause davantage de souffrance à ma mère,
je plussoie Mil, "cela"
mais je ne savais où j’allai, et comment lui expliquer mes angoisses ?
allais, non ?
Pendant quelques semaines, puis quelques mois, nous vécûmes comme si l’absence de Jaïa était naturelle. Qu’il suffisait d’attendre.
je comprends pas trop le "qu'il' :-[
alors j'ai trouvé que c'était un peu répétitif, disons que oui, c'est sûr ça doit être très douloureux de perdre sa soeur ( ><) mais je sais pas, c'est un peu "trop", peut-être
sinon, bon, je suis pas objective donc pour moi le texte s'arrête avant "Dessar", ensuite, c'est... je sais pas.... ça ne me plaît pas, il n'y a rien à faire, je suis un cas désespéré donc bon, tu t'en fiches
en fait j'ai préféré la première partie je crois, dans la deuxième, c'est peut-être le revirement ou...je l'ai trouvé moins travaillée, peut-être ?
voilà^^
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oups j'ai oublié, aujourd'hui...
Jaïa mourut au cours de la nuit. Le chamane n’était pas revenu. Je n’avais pas eu la force de formuler mes regrets à voix haute. Au-dedans, les remords me dévoraient. Sa mère se recueillit longtemps, seule dans la petite chambre d’enfant, j’entendais la douce ligne de ses sanglots sur l’étang de silence que la nuit dégorgeait. Puis elle sortit et croisa mon regard.
pareil que pour le début, c'est voulu les trois sujets différents ( Jaïa, chamane, je) ? enfin je veux dire j'ai trouvé que ça faisait un peu: on passe les perso en revue
hm non pas fait exprès... ?
« Fais ce que tu veux. Qu’au moins l’un de nous l’ait pu. »
bon, ne te vexe pas: mais c'est volontaire que les passages au discours direct soient légèrement plats ? :-¬?
mdr xD non :mrgreen: isolée, c'est vrai que la réplique fait assez stupide mais bon...
Et sa voix ne tremblait plus, tout juste y sentais-je les mille reproches qu’elle avait refoulés et que le deuil avait teinté d’une douce amertume.
je suis pas sûre, mais il ne manque pas un accord ?
euh... je vois pas... ?
Quand retrouverait-elle le sommeil ? Je m’approchai du petit corps étendu sur le lit.
là, transition :-¬?
ouaiff... j'vois pas trop quoi mettre pour transi...ter.
Je touchai sa main, elle était glacée. Roidie. Je restai longtemps à genoux, ma main serrant sa main,
ça fait trois fois "main"
"la sienne" pour le denier ?
ah oui xD non les deux dernières c'est fait exprès, mais j'avais pas vu la 1ère "main"...
oui allais
Pendant quelques semaines, puis quelques mois, nous vécûmes comme si l’absence de Jaïa était naturelle. Qu’il suffisait d’attendre.
je comprends pas trop le "qu'il' :-[
normalement le "comme si" on le reprend avec un "que", non ? : "comme si l'absence de Jaïa était naturelle et qu'il suffisait d'attendre."
dommage j'aurais bien aimé te faire aimer Dessar :-/
heum je sais pas trop, pour la 2ème partie, peut-être que c'est parce que t'avais lu la 1ère partie alors que j'avais déjà corrigé les fautes que certains avaient relevé ? non je sais pas lol
bref, t'façon je n'aime toujours pas ce texte, je le trouve fade, je pense que si je m'en ressers pour la Nécro, je le réécrirai mdr. J'voulais surtout avoir vos réactions quand on comprend qui est le narrateur :P :-¬?
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Je pleurai ma petite sœur, j’eusse tant aimé que mes yeux aient encore larmes à éclore.
sauf que s'il pleure il a encore des larmes, non... ?
le soleil monta ; la chaleur me pesait. Je continuai ma route. Les forêts se clairsemèrent, le soleil grossit
répétition soleil
Depuis que j’avais pris conscience de la gêne que ma mère avait conservée à mon égard,
deux que pas très beaux
ce que mes propos atténuaient délibérément, de peur de l’affecter trop profondément.
« Je ne m’absenterai pas éternellement.
les deux premiers "ment" ça va j'aime bien ça fait une belle sonorité. Le 3eme est en trop je trouve...
je crois que c’est la vérité.
bof pour al formulation
toutefois, les sentiers qu’il me faudrait emprunter me pousseraient à faire des choix qui forgeraient mon jugement, et j’avais bon espoir que l’aventure m’apporterait un discernement que je n’aurais acquis en restant au village.
ça peut passer, mais... il y a peut-être mieux
C'est en bonus.
j'ai cru que ça continuait le texte mdr xD Gros changement de ton :mrgreen:
Alors en conclusion... je sais pas trop. Venant de toi je trouve ce texte très peu travaillé par rapport à ce dont tu nous as habitué. Si ça venait d'une personne "anonyme", je ne sais absolument pas ce que j'en penserais. Mais j'aime sans plus la deuxième partie. Disons qu'il manque une fin quoi, ça se suffit pas en soi-même, ça nécessite vraiment une suite donc c'est pas une "nouvelle"... Et ça m'a quand même pas mal laissée indifférente.
Sinon pour le lien avec la nécro, je trouve le changement de style entre les passages assez faramineux. Tu as beau "dire" qu'il s'agit des mêmes personnages, ils ont beau avoir les mêmes histoires/noms, enfin bref "normalement" ce sont les mêmes, mais au final je trouve le ton bien trop différent.
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Je pleurai ma petite sœur, j’eusse tant aimé que mes yeux aient encore larmes à éclore.
sauf que s'il pleure il a encore des larmes, non... ?
bah justement je me suis posé la question, et pour moi "pleurer quelqu'un" a le sens de "faire le deuil", mais ça sous-entend pas forcément les larmes...
C'est en bonus.
j'ai cru que ça continuait le texte mdr xD Gros changement de ton :mrgreen:
n'est-ce pas xD
Venant de toi je trouve ce texte très peu travaillé par rapport à ce dont tu nous as habitué.
bah en fait, c'est fait exprès. Je voulais essayer d'écrire sans que vous me disiez que c'est trop dense et mille fois trop torturé... finalement ça fait fade mais c'est juste que je ne sais pas trouver de juste milieu je pense. ><
Disons qu'il manque une fin quoi, ça se suffit pas en soi-même
oui oui ça c'est normal, c'était pas du tout écrit comme un texte indépendant, c'est juste que je comptais réfléchir à l'histoire de Dessar un peu avant les événements de la Nécro, et donc j'ai décidé de vous soumettre le premier jet de sa... "préquelle".
Sinon pour le lien avec la nécro, je trouve le changement de style entre les passages assez faramineux. Tu as beau "dire" qu'il s'agit des mêmes personnages, ils ont beau avoir les mêmes histoires/noms, enfin bref "normalement" ce sont les mêmes, mais au final je trouve le ton bien trop différent.
oui je m'en suis rendu compte en raccrochant. Il faudra un passage plus ou moins long de transition. J'ai juste mis le début de Dessar-de-la-Nécro pour que vous le relisiez à l'éclairage de ce fragment de "préquelle", mais j'aurais peut-être pas dû.
merci aussi pour ce que t'as relevé ^^
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( post inutile)
oui, on peut dire "pleurer quelqu'un" dans le sens de faire le deuil de
mais c'est sûr qu'un chouïa plus "toruré" ça serait mieux :mrgreen:
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je reviens juste sur les retours du premier envoi:
frayeur au lieu de peur, ok.
Mais froisser sa jeunesse, c'est toujours nébuleux et pas clair du tout, à mon sens.
(je reviendrai une autre fois pour lire le reste)
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Tandis que je jouais avec une fillette et sa pincée d’hivers, une gosse dont je ne connaissais pas le père et dont je ne voyais plus la mère, car sa mère était la mienne, car cette petite fille, j’ignorais tout de son père.
Elle est brouillon cette phrase, la redondance est pas vraiment agréable ^^
Nous étions démunis face au mal qui enflammait les veines de Jaïa.
Jolie métaphore ^^
Pour la première partie j'ai pensé un peu comme Kailiana : on alterne des phrases où on te "reconnaît" et d'autres où on a l'impression que tu t'es forcé à médiocriser ton écriture, et c'est dommage parce que du coup j'ai pas vraiment accroché comme d'habitude. Je veux dire que d'habitude j'ai du mal à rentrer dans le style mais qu'une fois qu'on "y est", on n'en sort plus. Enfin tu as dit que si tu réutilisais le texte tu le réécrirais, donc rien n'est perdu :mrgreen:
Pour le débat à propos de "petite soeur", moi ça m'a pas choqué. Je l'utilise pas tel quel avec ma soeur mais des trucs comme "frangine" ou "soeurette" viennent spontanément donc ça m'a pas forcément paru très japonisant... à voir
La deuxième partie est de loin beaucoup mieux O_O j'ai adoré tout le passage avec le corps de Jaïa, c'est vraiment poignant. Tu avais abandonné ta résolution de simplifier le style ? :mrgreen: parce que tout paraît beaucoup plus harmonisé et je n'ai pas décroché du début.
La fin et la liaison avec la Nécro, ce que j'en ai lu remonte à trop longtemps pour que je fasse le lien, mais j'aime beaucoup l'idée d'une telle histoire dans le passé d'un personnage. Après, ton nouveau texte et l'ancien me paraissent vraiment étrangers l'un à l'autre, on a l'impression que c'est pas le même narrateur. Il n'y a pas que le fait qu'il ait vieilli et changé, on sent aussi, je trouve, que ça n'a pas été écrit avec le même style à la base... Enfin à mon avis si tu te tiens à ta résolution de tout réécrire, le style sera réactualisé par rapport à maintenant et on n'y verra que du feu :mrgreen: (attention, le message subliminal "réécrire tout" ne signifie pas "ceci n'est pas bon" mais est un encouragement à la continuité des efforts, non mais. \o/)