Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: MillaNox le 13 Février 2016 à 16:44:00

Titre: Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: MillaNox le 13 Février 2016 à 16:44:00
Yo !
Un texte un peu perché bizarre dont vous trouverez une lecture audio ici.
 (https://soundcloud.com/user-688395540/celle-qui-parlait-comme-entre-parentheses)
La V2 grâce à vos bons conseils !  ^^ Le fond et l'histoire n'ont pas changés, par contre j'ai essayé d'alléger la forme :)



Celle qui parlait comme entre parenthèses


     Sa voix se fondit dans le cliquetis des feuilles – enfin, si l'on pouvait appeler ça des feuilles. Elle parlait comme entre parenthèses, d’un ton sans ton, sans accent, sans roulement, sans bruit vraiment. Je n’avais pas entendu sa réponse, et ça me contrariait. Non pas que je me sentisse inquiète, mais j’éprouvais tout de même le léger malaise qui s’impose dans l’air quand un mystère s’y trouve aussi.
     Je n’avais jamais vu de paysage plus surprenant : des dizaines de lampadaires plantés anarchiquement, des centaines peut-être, de tous côtés autour de moi. Une forêt entière s’étendait sous mes yeux éberlués, composée de ces mâts métalliques. Des branches ornementées s’étiraient depuis les troncs, chargées d'ampoules aux tailles diverses. Ces tiges oscillaient légèrement sous l’effet du vent, entrechoquant leurs petites lampes en un claquement doux. Je n’arrivais pas à savoir si je trouvais cette musique agréable ou sinistre. D’une certaine façon, l’étrangeté du lieu désarmait mes perceptions. Et puis, dans cette sorte de clairière dont le diamètre faisait à peine trois fois ma taille, il y avait un banc avec la gamine assise dessus. Mon ombre, projetée par le soleil resplendissant, léchait ses jambes ballantes.
     — C’est quoi cet endroit ? demandai-je de nouveau en me penchant pour bien écouter sa réponse.
     Silence. Du moins rien d’autre que la toile sonore qui habillait déjà le lieu. Comme je m’étais approchée, j’observai la fillette. Avec mes quatorze ans, je devais bien avoir quatre ou cinq ans de plus qu’elle. Le gris de ses yeux me frappa, parce qu’on devinait du bleu derrière, comme une lumière voilée, comme la vraie couleur du ciel caché derrière les nuages de septembre. Puis je remarquai sa bouche triste qui tirait ses pommettes vers le bas, on aurait dit une parenthèse tombée à l’horizontale, comme sa façon de parler.
     — C’est une forêt d’idées, dit-elle au bout d’un long moment.
     Encore cette voix monocorde et à peine audible, mais cette fois j’avais compris.
     Bzzzzzz.
     Un grésillement me fit tourner la tête. En prêtant davantage attention aux lampadaires, je m’aperçus que leurs ampoules luisaient à très faible intensité. Dans la lumière du jour, on distinguait à peine le halo qu’elles généraient.
     Brrzzzzzz.
     À quelques mètres de moi, une résistance vira à l’orange vif. L’ampoule se mit à clignoter, mes yeux se plissèrent.
     Grrrzzzz.
     Éteinte. Elle avait grillé.
     — Tu t’appelles comment ? demandai-je à la gosse qui regardait devant elle avec indifférence.
     — Laureline. Ma mère dit que je suis un prolongement d’elle-même, puisqu’elle s’appelle Laure.
     Je ne m’étais pas attendue à ce qu’elle devînt si volubile – son timbre restait cependant celui d’un fantôme. Un frisson me parcourut. Je m’éloignai pour me balader entre les réverbères. De hauteurs et de largeurs variées, les troncs n’étaient pas toujours constitués du même métal. Leurs couleurs tiraient sur les kakis, gris et marrons, j’avais parfois du mal à me dire qu’il ne s’agissait pas d’écorce. Les ampoules étaient ici abondantes, là en moindre quantité. Au sol, une mousse foisonnante atténuait le bruit de mes pas. Je touchai timidement un réverbère au pilier mince, son contact froid me laissa une impression désagréable. Qu’est-ce que je faisais là ? Puis je remarquai une plaque vissée en haut du mat principal, juste avant le boîtier de verre qui renfermait la plus grosse ampoule de cet ‘arbre’. Je m’étirai sur la pointe des pieds pour mieux voir. En relief sur le métal, un nom apparaissait en caractères script : Laureline. Excitée par ma découverte, je m’empressai d’aller de lampadaire en lampadaire et je constatai que tous portaient cette même signature.
     La gamine s’était levée et approchée de moi sans que j’y prenne garde. J’allais l’interroger, mais son regard me glaça. Des yeux perçants, furieux même. Vivants, au moins. Rien à voir avec ses lèvres parenthèses desquelles le son sortait en sourdine.
     — Ne te fie pas aux apparences, me dit-elle, tu te tromperais.
     — Je…
     L’ambiance devenait électrique, et les grésillements incessants des ampoules ne venaient pas contredire cette impression. Je tentai un sourire innocent dont j’avais le secret et lançai :
     — Ce sont donc tes idées ? Tu en as d’innombrables, c’est incroyable !
     — Non, je viens de te le dire. Ce ne sont pas les miennes.
     Sa bouche s’affaissa encore plus. Je vis la colère s’effacer de ses yeux comme des nuages soufflés par le vent, et puis des larmes coulèrent sur ses joues, silencieusement. Son corps était tout pâle et menu. Maintenant qu’on se tenait toutes les deux debout, je m’apercevais que je mesurais une bonne tête et demie de plus qu’elle. Quant à son âge, je n’aurais pas su lui en donner.
     — Je n’ai pas d’âge, je n’ai rien vécu, lança-t-elle. Et ces idées, elles portent mon nom, mais elles ne sont pas à moi. On me les a données. Tout un tas de gens bien intentionnés. Des cadeaux qu’on ne peut pas refuser et qui prennent toute la place.
     Je me retins de lui demander comment elle faisait pour entendre mes pensées, car cela ne me parut pas opportun. Sa tristesse me touchait, et puis j’avais tout un tas de certitudes qui se bousculaient dans mon esprit de façon étrange. Sûr que sa voix était superbe si on enlevait les parenthèses. Sûr que j’avais pris ce chemin de forêt pour lui tomber dessus. Sûr qu’il y avait une solution à son problème de lampadaires plantés par d’autres, mais gravés à son nom.
     — Laureline, elle est tout de même belle, cette forêt, non ?
     Un frisson la parcourut, et toutes les ampoules autour se mirent à cliqueter.
     — Non, je la trouve laide cette forêt. Elles me font peur ces idées, et je crois qu’elles peuvent me tuer. Si je les laisse s’éclairer, on ne me voit presque plus.
     Son teint me parut davantage blafard après qu’elle eut dit cela. Autour, les lampes diffusaient leur halo presque totalement effacé par la lumière du jour. En plissant les yeux, il me sembla que la scène prenait une coloration différente, chaude, mais inamicale.
     — Oui, tu vois, c’est affreusement glauque, me dit-elle. Je peux te montrer si tu veux, il faut juste que je mette la nuit et que je monte l’intensité.
     Cela ne me parut pas étrange, pas plus que le monde ou que la vie en général en tout cas. J’acquiesçai donc à sa proposition.
     Laureline cligna des yeux et le soleil déclina. Nous pûmes bientôt le regarder en face, grosse boule rouge en train de se faire avaler par l’horizon. Un courant d’air froid parcourut la forêt quand il disparut complètement, et les réverbères s’allumèrent davantage. D’instinct, je me rapprochai de la fillette. Une lueur rouge oppressante avait envahi le lieu, des ombres aux contours flous dégoulinaient des pieds des réverbères. Cela m’évoquait des racines, et je leur imaginais des griffes. À ma gauche, j’entendais la respiration haletante de Laureline. Je percevais mon propre cœur qui pulsait trop vite. Tout ce rouge en brouillard devant nos yeux me nouait le ventre, me remontait jusqu’à la gorge. Écœurant. Contenant ma nausée avec difficulté, je regardai Laureline et cherchai quoi lui dire pour l’aider à calmer son angoisse. Je m’aperçus alors qu’elle était devenue translucide, juste les contours d’une silhouette esquissés sur le paysage lugubre. Il n’y avait que le blanc de ses yeux qui demeurât opaque.
     — Tu comprends ? me demanda-t-elle tout en rallumant le soleil.
     Les ampoules s’éteignirent presque et recommencèrent à grésiller. De rouge, il ne restait que les résistances qui m’indisposaient désormais quand je les regardais. Laureline avait un peu repris consistance à mon grand soulagement. Je n’avais jamais vécu d’expérience aussi dérangeante que celle de voir un être gommé à ce point. La forêt nocturne, irradiée de ses lueurs hostiles, m’avait chamboulée. Maintenant que je la retrouvais de jour, je me rassurais petit à petit.
     — Oui, soufflai-je. Je comprends.
     La fillette me contempla d’un air las.
     — Tu as essayé de planter des graines d’idées à toi ? murmurai-je.
     Voilà que je me mettais presque à parler entre parenthèses moi aussi. Il fallait que je la sorte de là. Que je me sorte de là.
     — Viens voir, répondit-elle.
     Laureline saisit timidement ma main. Elle m’entraîna à travers les lampadaires et les réverbères, loin de la clairière. Nous nous enfonçâmes dans la forêt. Les minutes passaient, ces non-arbres nous encerclaient, innombrables, denses ou épars, dansant sous le coup des bourrasques. Je me demandai depuis quand le vent s’était levé. Un mât déraciné partiellement recouvert de mousse nous barra la route. Quand je m’en approchai, intriguée, je sentis sous mes chaussures des éclats de verre qui craquaient, eux aussi enfouis sous le manteau végétal.
     — Recule, m’intima Laureline. Ce sont des idées toxiques, je t’assure. Je vais mieux depuis que j’ai provoqué une tempête contre elles.
     Elle reprit ma main et me fit contourner le gros tronc verdâtre strié de rouille, me tira pour nous éloigner de là. Fort, vite. Une douleur irradia dans mon bras. Des branches nous tapotaient plus qu’elles ne nous griffaient sur notre passage, et cela déclenchait des cliquetis mi-mélodieux mi-macabres.
     Enfin, Laureline s’arrêta. Entre ses pieds, une jeune pousse de réverbère émergeait du sol. Non pas une branche droite attirée par le ciel, mais plutôt une torsade d’une dizaine de lianes, courbes folles portant des diodes luminescentes multicolores.
     — Celle-ci, murmura la fillette, elle est à moi. C’est la seule. Mais elle n’arrive pas à grandir.
     Une idée s’imposa à moi, une qui ne se trouvait pas dans cette forêt – peut-être avais-je ma propre forêt d’idées quelque part ? Je regardai tous ces mâts et leurs grosses ampoules grésillantes. L’ambiance sordide de la nuit me revint, sa lumière rouge qui efface et oppresse. Le rouge pouvait pourtant être une couleur belle et vivante. Chaude. Ces ampoules étaient fausses, comme le nom sur la plaque qu’elles surplombaient, comme leur couleur chaude qui n’était que froideur.
     — Laureline, dis-je en désignant la forêt, regarde ces lampadaires, ils prennent toute la place. Il faut les faire tomber, comme l’autre !
     La fillette me transperça de son regard – en avais-je déjà vu d’aussi intense ? Elle cligna des paupières et les réverbères flashèrent deux fois, comme des phares qu’elle aurait allumés.
     — C’est même plus simple que cela, répondit-elle. Mais… j’ai peur. Peux-tu imaginer le vide que cela fera ? Mon paysage est plein. Et même si je le déteste, c’est rassurant de le connaître. Je… suis… terrorisée… à l’idée de tout ce vide. À l’idée de voir l’horizon.
     Ses jambes se dérobèrent. Elle s’effondra sur la mousse, je me pétrifiai. Des spasmes la secouèrent, et ses larmes coulèrent en torrents. Pourquoi restais-je plantée là sans réagir ? La consoler, m’excuser, faire quelque chose ! Mes membres refusaient de bouger. J’étais sidérée. Et puis je percevais cette idée qui se transformait en obsession : détruire tous ces lampadaires. Ce n’était qu’une gamine, et elle était coincée dans cette forêt lugubre. Si elle grandissait ici, que deviendrait-elle ? Un fantôme transparent ? Sans passé ? Sans présent ? Sans avenir ? Une extension des idées des autres ?
     Brusquement, je l’attrapai. Mes mains serrèrent ses bras, et je sentis l’excitation qui me débordait.
     — Laureline, dis-je, moi aussi j’ai peur de l’horizon. Tout le monde en a peur. Et je ne sais même pas ce que je fais ici. Je sais juste qu’on s’est rencontrées, et qu’il nous faut de la place pour avoir des idées. Écoute-moi bien, maintenant. Je serai entre l’horizon et toi, et tu feras l’inverse pour moi, pour qu’on ne le voie pas tout entier. On va s’aider, d’accord ? Et tu vas pouvoir être toi.
     Ses tremblements se calmèrent. Dans une grande lenteur, ses bras s’éloignèrent de sa poitrine qu’ils enserraient, se tendirent jusqu’à son arbrisseau d’idées. Elle cueillit une diode violette et l’approcha de son nez. Cela la fit loucher, et j’eus envie de rire malgré le sérieux du moment. Parce que le sérieux n’est qu’une illusion qu’on s’impose, songeai-je, alors que le rire s’impose par-dessus les illusions. Puis elle-même se mit à rire, un éclat clair qui claqua dans l’air tandis qu’elle lâchait la minuscule lumière. Je l’observai, éberluée, perdue. La diode avait glissé jusqu’à mes pieds, je la ramassai pour y plonger les yeux à mon tour. Dedans, des dizaines de parenthèses se brisaient les unes contre les autres, s’effondraient en poussière.
     — Il y a longtemps, dit Laureline d’une voix vive qui me suspendit à ses lèvres, j’ai décidé de m’enfermer dans cette forêt pour ne plus voir personne. Parce que les autres, ils te disent qui être, ils t’utilisent pour entendre ce qu’ils veulent, ils te chiffonnent, ils t’effacent. Mais seule, je n’ai plus eu envie de créer. J’ai trouvé ça long d’attendre de mourir étouffée par les idées des autres. Alors j’ai ouvert ma forêt pour retourner dans le monde, et puis en fait je n’ai pas réussi à bouger d’ici.
     Le début de mon après-midi me revint. Ma sœur ainée et moi, assises dans l’herbe, mon ennui tandis qu’elle se passionnait pour un gros roman assommant. J’avais aperçu un sentier qui s’enfonçait dans la forêt et j’avais décidé de me promener un moment. Impossible toutefois de me rappeler quand les arbres s’étaient changés en lampadaires.
     — Les autres ne sont pas un seul lot, n’est-ce pas ? me demanda Laureline. On peut en rencontrer de toutes sortes ?
     J’acquiesçai tout en me remémorant un vieux rêve que j’avais fait, enfant.
     — De toutes sortes, oui. Il y en a qui savent partager sans rien imposer. Il y en a qui t’aident et d’autres qui te perdent. Mais… Tu peux te défendre, tu sais.
     Laureline ne m’écoutait plus. Elle s’était relevée, et sa détermination transparaissait sur tout son être. Je la découvrais sous un jour nouveau, pas tellement différente, mais ravivée, comme si une croute d’argile s’était craquelée et avait disparu de sa peau. Partout autour de nous, et toutes à la fois, les ampoules se mirent à luire, à briller jusqu’à l’incandescence. Et elles ne grillèrent pas. Elles s’enflammèrent. On entendait de-ci de-là des bruits de verre qui explose et pleut sur le sol. Les réverbères devinrent des torches. Le métal de leurs branches et de leur mât fondit sous la chaleur. Nous nous serrions contre l’arbrisseau à diodes pour échapper au brasier, contemplant les arbres à idées qui rapetissaient comme des bougies qui se consument. Laureline prenait du rose aux joues. Je la trouvais plus distincte et son ombre dansait pour fêter son contour enfin net. Mes yeux s’affolaient, je cherchai partout un moyen de me rassurer, paniquée par les flammes, et découvris subitement que la parenthèse de ses lèvres s’était inversée. Laureline souriait autant que je me crispais au milieu de ce gigantesque incendie. Pourquoi n’avais-je pas plus chaud ? Il me fallut de longues minutes pour admettre que je ne mourrais pas, et seulement quelques secondes pour décider de ne pas réfléchir à comment cela était possible. La fillette m’enveloppa de ses bras, un peu s’accrochant, un peu me soutenant. Une tendre douceur m’emplit l’esprit, ou une brume apaisante, ou une fatigue… mes paupières papillonnèrent. Je perdis la vision de la scène, me sentis flotter. Délicieuse sensation de tiédeur.  Puis une secousse – la main de Laureline sur mon épaule – me ramena à la réalité. J’ouvris grand les yeux et put voir l’horizon, le monde, le champ de tous les possibles qui s’étalaient devant nous. Plus de forêt, plus de lampadaires, plus de mousse. De l’herbe verte et haute pour nous picoter les jambes. Et au loin dans la prairie, ma sœur qui nous hélait en nous faisant signe :
     — Alice !


Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: SoDeb le 13 Février 2016 à 21:41:45
J'aime beaucoup !
Un peu froid au début, en effet, mais ça contribue à l'ambiance.
Ca se lit très bien je trouve.

Une minuscule remarque :
Citer
puis des larmes coulèrent sur ses joues, silencieusement.
J'aurais mis "des larmes silencieuses coulèrent sur ses joues"

La fin est vraiment bien, la référence est évidente, mais c'est bien.
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: MillaNox le 14 Février 2016 à 16:38:51
Yop !

Merci de ton passage, je vais voir pour l'inversion que tu proposes :)
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: Chouc le 14 Février 2016 à 17:21:25
Miiiiilllllllaaaaaaaaaaa  :coeur:

Je n'ai pas trouvé ça froid, mais pas franchement attachant non plus.
Disons que l'onirique, au sens large, est un univers auquel je suis assez hermétique par nature. Du coup, mon temps d'immersion est supérieur aux normales de saison. Ce qui fait que je n'ai pas eu suffisamment de temps pour me familiariser avec ta narratrice, d'où le côté peu attachant. Mais ça n'a rien de froid pour autant, c'est simplement déroutant.

Ça reste très bien écrit, la lecture est fluide et agréable, je l'ai lu d'une traite sans vraiment m'en rendre compte  :)

Merci pour le partage, au plaisir  :meeting:
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: barnacle le 15 Février 2016 à 12:47:35
Citer
L’inquiétude ne me gagnait pas
Si tu as peur de ne pas être très immersive, c'est un peu une formulation à éviter je pense (même si je ne la trouve pas mauvaise en soi) parce qu'elle crée de la distance. C'est une référence à une formule courante (être gagné par l'inquiètude) plus que l'expression d'un sentiment.
Tu peux la garder en la réduisant en proposition subordonnée peut-être ("Sans que l’inquiétude me gagne ["tout à fait" ou une autre nuance ici peut-être]/Sans être [idem] gagnée par l'inquiétude, je ressentais".
Ça évite aussi la semi-redondance du "mais (je ressentais) tout de même".

Citer
Une forêt entière s’étendait sous mes yeux ahuris, dénuée d’arbres toutefois et composée de ces mâts métalliques où trônaient des ampoules.
La remarque précédente tenait peut-être du pinaillage, mais par contre, (à mon sens) il y a un gros problème avec ce bout de phrase.
D'abord d'un point de vue syntaxe etc, c'est pas génial à mon goût.
Mais surtout, l'approche habituelle pour décrire quelque chose qui est comme une forêt d'arbre mais une forêt de trucmuche, est de dire directement "forêt de trucmuche" - la substitution trucmuche-arbre passe naturellement. A la limite ça peut être renforcé pour souligner l'exactitude de la métaphore ("une véritable forêt de trucmuche")... Mais dire "une forêt, qui n'était pas d'arbre, mais de trucmuche", pour moi, c'est le signe d'un problème dans la phrase et du coup dans l'introduction de l'image.
Bref : je supprimerais le passage en gras si j'étais toi.

Citer
La plupart des réverbères possédaient des branches à fioritures qui s’étiraient du tronc, ornées de loupiotes.
Je m'arrête encore un peu vers le début, puisque c'est là que le risque de non-immersion, distance, froideur est le plus grand.
Je ne suis pas fan du verbe "posséder", un peu trop impersonnel, et il me semble que faire des branches le sujet de la phrase serait beaucoup plus naturel, pour la phrase et pour le déroulement du paragraphe. (et ça fait gicler le posséder)
(d'autant que construire la phrase autour de "des branches (loupiotes) s'étiraient du tronc (...réverbères)" limiterait le problème du "qui s'étiraient du tronc" dans la phrase actuelle, qui est utile à la métaphore mais le fait que des branches s'étirent d'un tronc, bon... ^^ Elles s'étirent d'un tronc ou d'autres branches, oui, ça n'est pas vraiment une information.)
Autre remarque sur le paragraphe : les démonstratifs ("ces mâts métalliques", "ces tiges") créent aussi de la distance. Après, je ne sais pas à quel point tu veux garder cette distance, vu qu'elle participe à l'étrangeté... Bref, ce sont juste quelques remarques, mon ressenti. Fais-en ce que tu veux.

Citer
une teinte différente. Chaude, mais pas une couleur chaude agréable.
Je trouve la deuxième moitié de la phrase un peu maladroite (le "mais pas agréable" vs "mais désagréable", la répétition de chaude, même la précision que c'est une couleur qui est un peu en redite vis-à-vis de "teinte").


Voilà. Je me suis pas mal arrêté sur le deuxième paragraphe parce que je t'avoue avoir buté dessus les deux fois où je me suis lancé pour lire le texte - et aussi parce que c'est le point de départ de la vision, donc un des plus importants du texte.
Après ça, ça se lit très facilement. C'est vrai qu'on a pas tout à fait le temps de s'attacher aux personnages comme dit Choucroute, mais on peut tout à fait sympathiser avec les idées derrière eux, les sentiments - le besoin d'aider de la narratrice et le blocage émotionnel de Laureline.
(à la limite il y a peut-être certains détails au sujet de la narratrice, comme "un sourire ahuri dont j’avais le secret", qui la suppose trop connue et viennent un peu brouiller les choses)
La fin est très jolie. La référence est sympa et crée un joli nœud, mais c'est surtout l'enfermement surmonté, l'ouverture de l'horizon - très très chouette.
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: extasy le 15 Février 2016 à 14:24:17
Salut salut !

Citer
Son teint me parut davantage blafard après qu’elle eut dit cela
après qu'elle eut dit cela je trouve ça pas joli du tout :(

Citer
Chaude, mais pas une couleur chaude agréable.
Là aussi  :-\

Fini :)

J'adore. T'écris vraiment très bien, c'était un plaisir de lire ce texte. Le coup des parenthèses qui "ponctuent" le récit était superbe, de même que les arbres à idées et tout le reste.
En temps normal je me serais mis à disséquer le pourquoi de mon kiff, mais cette fois je préfère simplement rester sur cette impression sans la dénaturer en tentant de l'expliquer. Mon commentaire est donc très bref, mais sache que j'ai vraiment, vraiment beaucoup aimé.
Le coup de Alice à la fin est sympa ; pas essentiel à mon avis, mais sympa quand même.

Ah et perso, j'aurais mis "Celle qui parlait entre parenthèses", j'aurais viré le "comme" ; je pense que tu peux y aller avec cette métaphore sans perdre en cohérence puisque tout le reste est déjà métaphorique et imagé.

Merci pour la lecture ^^

Edit suite au commentaire de gage :

Citer
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Merci de me mettre à l’aise…
cet aparté ne correspond pas au style du reste de la narration.
Je pensais pareil, mais j'hésitais à le faire remarquer.
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: gage le 15 Février 2016 à 16:29:26
Salut Milla !

Ce qui me chagrine :
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mâts métalliques où trônaient des ampoules
tu es sûre pour "trônaient" ?  je ne le trouve pas adapté.
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certaines fois abondantes, d’autres parcimonieuses
ampoules abondantes, parcimonieuses ? je ne trouve pas que les qualificatifs collent vraiment.
Citer
Merci de me mettre à l’aise…
cet aparté ne correspond pas au style du reste de la narration.
Citer
sourire ahuri
on avait déjà les yeux ; pas fan de ce mot, (qui à l'origine veut dire hirsute)
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elle avait l’air vraiment mal
Ça , c'est un truc qui passe moyennement à l'écrit. Surtout dans un texte écrit, comme le tien.
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Sûre que sa voix était superbe si on enlevait les parenthèses. Sûre que j’avais pris ce chemin de forêt pour lui tomber dessus. Sûre qu’il y avait une solution à son problème de lampadaires plantés par d’autres, mais gravés à son nom.
Je pense qu'il faut mettre "sûr". Tu veux dire "c'est sûr que...etc." et non pas "je suis sûre que...etc."
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des ombres aux contours flous dégoulinaient
j'aurais mis un autre verbe, je crois
Citer
c’est rassurant de le connaitre
connaître
Citer
coulèrent comme torrent
si je te dis que la formulation est trop poétique par rapport au reste, est-ce que tu vois ce que je veux dire ?
Citer
Les autres en seul lot
tu veux dire quoi ?
Citer
On entendait à tort et à travers
pas convaincu qu'on puisse l'employer comme ça...
Citer
Plus de forêt, plus de lampadaire
lampadaires ?

Voilà pour les broutilles.
Merci pour ce texte. Tu réussis parfaitement à transmettre ton idée, ton rêve.
Les images sont belles et on aurait envie de visiter un tel endroit ; c'est très visuel et très bien décrit. On sent un peu que tu as ramé à trouver des synonymes d'ampoule, tu pourrais peut-être mettre lampe de temps en temps, je ne crois pas que tu l'aies employé.
Je crois bien par contre, que je n'ai pas capté complètement le sens de ce rêve, et surtout la manière dont il faut le rattacher à la réalité de la narratrice.
Je ne comprends pas qui est avec elle et lui tient l'épaule. (Elle rêvait en marchant ?)
En fait, je ne comprends pas la disposition des personnages dans la dernière scène...

Voilà, explique-moi tout, ça vient peut-être de moi...   :)
En tout cas merci pour ce texte dépaysant !
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: JigoKu Kokoro le 15 Février 2016 à 16:52:44
Hop ^^

Alors déjà le titre ne colle pas trop à ce texte, même si tu as cette notion dans tes écrits. Je ne pourrais te donner un titre de remplacement comme ça mais celui-ci je n'aime pas vraiment  :-\

Après, le texte je l'ai beaucoup aimé. Le coté onirique, les idées et interrogations qu'il dégage c'est super chouette. Tout le long du texte on se demande si le personnage est dans sa tête, celle de quelqu'un d'autres, où est le sens caché, y aura-t-il un twist final etc..
Toutes ces petites chose titillent assez la curiosité pour garder l'envie de lire un peu plus.  :)

Evidemment c'est froid... mais l'histoire et l'univers de ce texte est froid ! Il est normal de ressentir ce froid en lisant.  :)

Moi je ne trouve pas ça bien, même s'il faut que je mette un pull  ;) :D

Ce qui est dommage c'est que justement sur la fin, alors que le monde s'embrase, l'énergie et l'espoir que ressent le personnage à travers le changement de la petite fille ne nous atteint pas dans le texte. Ça manque de vie et de chaleur à ce moment précis. Pour ma part, je pense qu'à partir du moment où les choses changent, on devrait ressentir cette chaleur, comme lorsque tu chauffes une pièce froide et que tu sens la température monter progressivement (t'as vu la superbe image ^^). En tous cas, si tu en fait une lecture audio, cette impression devrait ressortir un peu de ta voix.

Pour le point de pinaillage  :mrgreen:
Citer
qui s’étiraient du tronc, ornées de loupiotes.
Loupiotes, pour moi c'est un peu trop familier par rapport à l'ensemble du texte :)

Citer
Parce que le sérieux n’est qu’une illusion qu’on s’impose, songeai-je, alors que le rire s’impose par-dessus les illusions.
La formule est super chouette  :) mais pour moi elle détonne trop dans cette scène "d"action". Il se passe un truc à ce moment précis, elle serait plus à sa place en phase descriptive ou à la fin réelle de la phase "action" .

Citer
pas tellement différente mais ranimée
Je sais que le verbe existe (Ranimer) mais je le trouve un peu trop.. familier ou plus ordinaire que Réanimer qui a exactement le même sens mais que je trouve plus joli.

Voilà, j'aime bien qaund les gens nous dise "Ben vous pouvez lire c'est un peu nul je crois" et qu'il n'en n'est rien.  ^^
(Bon il est vrai que l'inverse est particulièrement désagréable...   ><)
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: pehache le 15 Février 2016 à 19:24:12
Salut,
Déjà, c'est nickel au niveau maîtrise de la langue et, ça, c'est tjs cool.
J'ai trouvé l'ensemble intéressant mais stylistiquement trop alambiqué. Tu me semble hésiter entre plusieurs schémas d'écriture. Ps-Imp., mais figures de l'oralité; qques tournures un peu lourdes. En gros, je crois que ça gagnerait à être plus ramassé, plus concis, plus direct. Avec moins d'explications.

Parfois des mélanges PC/ PS, pas sûr du coup.

Je me suis permis qques remarques ponctuelles.
Au plaisir de te lire.

Sa voix se fondit dans le cliquetis des feuilles – enfin si on pouvait appeler ça des feuilles. Elle parlait comme entre parenthèses, d’un ton sans ton, sans accent, sans roulement, sans bruit vraiment. À cause de tout cela, je n’avais pas compris sa réponse et pourtant j’aurais bien voulu.
Jusque là, j'acquiesce.

 L’inquiétude ne me gagnait pas, mais je ressentais tout de même le léger malaise qui s’impose dans l’air dès qu’un mystère s’y trouve aussi.
J'ai trouvé lourde cette phrase.

Je n’avais jamais vu de paysage plus surprenant : des dizaines de lampadaires plantés anarchiquement, des centaines peut-être, de tous côtés, autour de moi. Une forêt entière s’étendait sous mes yeux ahuris, dénuée d’arbres toutefois et composée
J'eusse préféré qque chose de plus léger, plus rythmé, du genre:

des lampadaires, par dizaines, plantés anarchiquement, des centaines peut-être, une forêt entière de ces mâts métalliques où trônaient des ampoules.

La plupart des réverbères possédaient
"posséder", ça, àça me gave toujours

des branches à fioritures qui s’étiraient du tronc,
s'étiraient de ne me semble pas grammaticalement correct ( à partir du, mais c'est lourd).

ornées de loupiotes. Ces tiges rigides se laissaient
"se laisser", pour moi, c'est comme le "posséder" vu plus haut, ça craint.

 et que cela m’empêchait de décider quoi en penser.
Là, lourdingue grave!


de septembre. Puis je remarquai sa bouche triste qui lui tirait les pommettes
qui tirait ses pommettes eut été plus léger.

 vers le bas. On aurait dit une parenthèse tombée à l’horizontale, comme sa façon de parler.
Ou:
vers le ba,s parenthèse tombée à l’horizontale, comme sa façon de parler.

.
Si certains se ressemblaient, une sensation de disparité dominait.
T'en as, toi, des "sensations de disparité" ? Moi pas.

, gris et marrons,
sans "s"

 j’avais parfois du mal à me dire qu’il ne s’agissait pas d’écorce. Les ampoules aussi étaient de toutes les tailles, certaines fois abondantes, d’autres parcimonieuses.
des tailles abondantes ou parcimonieuses ? Euh... ?

 Au sol, une mousse foisonnante atténuait le bruit de mes pas. Je touchai timidement un réverbère au pilier mince, son contact froid me laissa une impression désagréable.
sans les adv et adj ça marche aussi, non ? même, mieux, peut-être.


, au moins. Rien à voir avec ses lèvres parenthèses par lesquelles le son sortait en sourdine.
desquelles eut été préférable, quant à l'allitération en "s", je la trouve saugrenue.
Son corps était tout pâle et menu.

J’ai failli lui demander comment elle faisait pour entendre mes pensées, toutefois elle avait l’air vraiment mal et j’ai préféré rester sur le même sujet. Sa tristesse me touchait et puis j’avais tout un tas de certitudes qui se bousculaient dans mon esprit de façon étrange. Sûre que sa voix était superbe si on enlevait les parenthèses. Sûre que j’avais pris ce chemin de forêt pour lui tomber dessus. Sûre qu’il y avait une solution à son problème de lampadaires plantés par d’autres, mais gravés à son nom.
Pas sûr du sûr(e); comme dirait l'autre, ce ne serait pas une valeur adverbiale ?

— Laureline, elle est belle,, cette forêt.


Une idée s’imposa à moi, une qui ne se trouvait pas dans cette forêt – peut-être avais-je ma propre forêt d’idée(s)
!
La fillette me transperça de son regard (cliché ?)

Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: MillaNox le 16 Février 2016 à 14:00:49
Merciiii pour ces supers commentaires !

je vais essayer de fluidifier, et d'améliorer tout ça grâce à vos remarques.
Du coup si j'ai des réponses précises, je les noterai dans un prochain post, parce que là ya foison de boulot ! ^^
Par contre JigoKu, je pense que je changerai pas le titre, c'est le truc dont j'étais le plus satisfaite  >< Et ça m'embête d'enlever le "comme" j'ai l'impression que ça change le sens :\?

Bref, bientôt une V2 !

et encore merci !
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: JigoKu Kokoro le 16 Février 2016 à 14:07:31
Citer
Par contre JigoKu, je pense que je changerai pas le titre, c'est le truc dont j'étais le plus satisfaite  >< Et ça m'embête d'enlever le "comme" j'ai l'impression que ça change le sens :\?
Chaque lecteur interprète le texte à sa manière, ni vois pas d'obligation de ma part. Le titre m'a beaucoup moins parlé que le texte tout simplement. A la rigeur, je suis plus attaché à la notion de chaleur dont je te parlais qu'au fait que le titre ne me plaise pas.   ^^

Bon courage pour ta V2  :)
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: Alan Tréard le 16 Février 2016 à 23:11:14
Bonjour Milla !  :bonpublic: Alors déjà, bravo, tu as un nombre de commentaires incroyable ! Je veux comme toi, moi !! Tu as décroché le gros lot. C'est le jackpot !!

 :mafio:

J'ai trouvé que tu entrais dans une certaine maturité, c'est bien écrit. La narration est solide, on ne serait pas déçu d'avoir acheté le bouquin. Selon moi, le premier travail de réécriture que tu peux faire, c'est de simplifier (et... ma pauvre !! de sacrifier certains détails) non pas pour appauvrir le texte, mais plutôt pour faciliter la lecture. Élaguer, c'est faire fructifier les investissements. Cette démarche de simplification te permettrait de renforcer le texte. Tu as beaucoup d'inspiration, cependant il est important de fluidifier la lecture dans un second temps.

Ensuite, en ce qui concerne "l'immersion" aucun problème. J'ai trouvé que ça m'a accroché comme un harnais en plein saut à l'élastique. Tu as très bien su lier l'histoire, l'univers, les personnages et le style d'écriture, pas d'incohérences. Je dirais plutôt que, une fois plongé dans l'univers, l'histoire était un peu monotone. Du coup, j'avais un monde en tête et rien d'autres que des "histoires d'enfants" pour le faire vivre. J'aurais peut-être aimé que Rambo débarque et nous fasse tout péter...  :D Bon, je dis des bêtises ! L'exagération n'est pas toujours la meilleure manière de faire vivre les personnages. Excuse-moi... Plus sérieusement, je pense que l'intrigue gagnerait à être dynamisée.

Ah ! C'est quand même un texte vraiment cool.
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: MillaNox le 17 Février 2016 à 14:58:11
Salut Alan et merci de ton passage et de tes remarques !

ouip, c'est parti pour simplifier, fluidifier et , comme me l'a dit un relecteur extérieur au forum, "faire davantage confiance au lecteur pour comprendre sans trop lui expliquer" (enf ait c'est am version lui il avait dit "arrêter de prendre le lecteur pour un con"  :D :D)
Bref, du boulot, et promis bientôt une V2

par contre pour Rambo, je pense que ça va pas être possible  :mrgreen: :mrgreen: Clairement c'est pas un texte à rebondissement, je compte sur le format court pour qu'on arrive à la fin avant d'être trop en manque de rebondissement pour lire la suite  :/

à tout bientôt !
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: gage le 17 Février 2016 à 15:14:37
"faire davantage confiance au lecteur pour comprendre sans trop lui expliquer"
Je voudrais juste rebondir sur cette phrase.
L'expérience sur le forum m'a montré qu'il y a quand même un sacré pourcentage de lecteurs qui, sans vouloir forcément qu'on leur explique tout, sont facilement frustrés si on ellipse un peu trop, si on n'explicite pas tout. Si on se contente d'évoquer un truc qui est hors cadre, ils exigeront qu'on leur montre.
La vraie question que je m'étais posée, c'est : est-ce légitime de leur part ?
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: MillaNox le 17 Février 2016 à 15:52:19
je pense qu'il faut trouver un équilibre entre le nébuleux et le tout expliqué :)
là ds mon texte je dit certaines choses et puis les redit pour enfoncer le clou, typiquement ça alourdit pour rien. mais ce sont des mauvais reflexes qui prennent du temps à disparaître ^^ supprimer des évidences aussi dans certaines descriptions...
Enfin on est bien d'accord que quand le lecteur s'immerge et imagine par lui même avec l'esquisse qu'on a faite, c'est bcp plus sympa que quand il se retrouve avec une description détaillée de façon encyclopédique  :D
Mais c'est duuuuur à faire (mais pas impossible ^^)
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: Elk le 18 Février 2016 à 21:09:11
Salut Milla !

Chouette texte ! J'aime toujours beaucoup ton style, et là il se double d'une ambiance qui me plaît bien, où on ne sait pas trop sur quel pied danser : est-ce qu'il faut rire (j'ai ri plusieurs fois ^^) ? avoir peur ? est-ce que c'est absurde ou est-ce que tout a une explication et une interprétation précise, ou est-ce que c'est quelque part entre les deux ?
Tu t'inquiétais que ce soit froid et pas très immersif, je n'ai pas trouvé. Peut-être un peu au début, ensuite je trouve que l'équilibre est juste entre le côté flou et onirique, et des personnages consistants malgré tout.

Je suis un peu frustrée par la fin quand même (fin au sens large, les derniers paragraphes) : pas forcément parce que je voudrais que tu nous expliques tout, mais parce que tu nous donnes un peu des deux. Tout en nous laissant interpréter le texte, tu donnes des pistes d'explications assez "rationnelles" (le passé de Laureline, Alice et sa grande sœur) que tu n'explores pas plus que ça. Bon, ok, quatre lignes plus haut je disais que ça me plaisait bien ^^, mais finalement j'ai l'impression qu'il y a une interprétation à tout ça qui t'es sûrement personnelle et du coup j'aimerais bien savoir :mrgreen: (pareil, j'ai saisi l'allusion au pays des merveilles mais je ne sais pas trop comment l'interpréter, mais peut-être que je me casse trop la tête).
Tout ça pour dire que je ne sais pas trop quoi penser de cette fin, je vais peut-être laisser reposer quelques jours ^^.

Les remarques au fil du texte :
Citer
Elle parlait comme entre parenthèses, d’un ton sans ton, sans accent, sans roulement, sans bruit vraiment.
On ne sait pas trop ce que ça veut dire mais ça sonne :coeur:

Citer
une oscillation légère qui entrechoquait les petites ampoules dans un claquement doux
Pour moi, "claquement" ce n'est pas très musical (mais euh j'ai l'impression que c'est très subjectif)

Citer
— C’est quoi cet endroit ? demandai-je à nouveau en me penchant pour bien écouter ce qu’elle répondrait.
Silence. Du moins rien d’autre que la toile sonore qui habillait déjà le lieu. Comme je m’étais approchée, j’observai la fillette de plus près.
Ici je trouve qu'on manque un peu de détails sur la narratrice (elle demande, elle s'approche). On ne sait pas vraiment comment elle parle, comment elle se déplace (est-ce qu'elle a un vrai corps ?), ce qu'elle pense/ressent vis-à-vis de la fille.

Citer
On aurait dit une parenthèse tombée à l’horizontale, comme sa façon de parler
C'est vrai que tu as déjà parlé de parenthèses, mais la comparaison est peut-être un peu raccourcie ? (sinon je trouve l'idée super, la fille avec une bouche en parenthèse qui parle comme entre parenthèses)

Citer
C’est une forêt d’idée
D'idée ou d'idées ?

Citer
La gamine s’était levée et approchée de moi sans que j’y prenne garde. J’allais l’interroger, mais son regard me glaça. Des yeux perçants, furieux même. Vivants, au moins. Rien à voir avec ses lèvres parenthèses par lesquelles le son sortait en sourdine.
Là par exemple je trouve qu'on est beaucoup plus dedans ! Le mystère est bien installé, on commence à se demander si cette petite ne serait pas un poil flippante...

Citer
— Ne te fie pas aux apparences, me dit-elle, tu te tromperais.
Bim, avec ça on est bien avancés ! (j'ironise mais je trouve cette réplique très bien placée ;))

Citer
Merci de me mettre à l’aise…
Ça fait une répétition de petits points(...) Je pense qu'avec un point ça passerait aussi bien, voire ce serait plus percutant.

Citer
Elles me donnent envie de mourir un peu
Je ne trouve pas cette phrase super naturelle

Citer
La fillette me transperça de son regard – en avais-je déjà vu d’aussi intenses
Regard + pluriel derrière, ça ne colle pas.

Citer
connaitre
Accent circonflexe ou orthographe réformée ? :mrgreen:

Citer
et ses larmes coulèrent comme torrent
C'était volontaire d'enlever le "un" ? C'est un peu étonnant...

Citer
ses bras se déroulèrent alors qu’ils enserraient sa poitrine, se tendirent jusqu’à son arbrisseau d’idées
Je ne suis pas sûre de très bien visualiser ^^.

Citer
un éclat clair qui claqua dans l’air
:coeur:

Citer
— Les autres en seul lot, ça n’existe pas, n’est-ce pas ?
Je n'ai pas compris

Citer
On entendait à tort et à travers
Pas sûre que "à tort et à travers" soit approprié  :\?

Citer
Le métal de leurs branches et de leur mât
Il me semble que leurs mâts passe au pluriel aussi.


C'est toujours un plaisir de lire tes textes, merci pour le partage ! Et hâte que tu nous proposes la version audio ;)

Edit : j'ai survolé les autres commentaires
- moi j'aime bien le "comme" dans le titre
- j'aime bien aussi le "merci de me mettre mal à l'aise", ça fait partie des quelques remarques semi-cyniques qui m'ont fait rire
- je ne me permettrai pas de trancher sur l'équilibre entre la nébuleuse et l'explication - c'est clairement compliqué pour tout le monde :D
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: Milora le 20 Février 2016 à 13:19:12
Citer
Sa voix se fondit dans le cliquetis des feuilles – enfin si on pouvait appeler ça des feuilles. Elle parlait comme entre parenthèses, d’un ton sans ton, sans accent, sans roulement, sans bruit vraiment. À cause de tout cela, je n’avais pas compris sa réponse et pourtant j’aurais bien voulu. L’inquiétude ne me gagnait pas, mais je ressentais tout de même le léger malaise qui s’impose dans l’air dès qu’un mystère s’y trouve aussi.
Elle est cool cette entrée en matière, elle capte, elle happe ! :)

Citer
de ces mâts métalliques où trônaient des ampoules.
jolie tournure ! ¤.¤

Citer
Le gris de ses yeux me frappa parce qu’on devinait le bleu derrière sans pourtant en voir un soupçon,
Alors là par contre, j'arrive pas du tout à visualiser :/

Citer
On aurait dit une parenthèse tombée à l’horizontale, comme sa façon de parler.
:coeur:

Citer
— C’est une forêt d’idée, dit-elle au bout d’un long moment.
:coeur:
(mais idées, non ?)

Citer
J’ai failli lui demander comment elle faisait
Bug de temps ? Sinon je comprends pas pourquoi un passé-composé ici, alors que tout le reste est au passé-simple...

Citer
Sûre que sa voix était superbe si on enlevait les parenthèses.
:coeur:
(Par contre, j'aurais mis "sûr" : il me semble que c'est sous-entendu "il est sûr que" et pas "je suis sûre que", non ?  :\? )

Citer
Laureline cligna des yeux et le soleil déclina. Nous pûmes bientôt le regarder en face, grosse boule rouge en train de se faire avaler par l’horizon.
Joli !

Citer
des ombres aux contours flous dégoulinaient des pieds des réverbères.
Joli aussi :)

Citer
Parce que le sérieux n’est qu’une illusion qu’on s’impose, songeai-je, alors que le rire s’impose par-dessus les illusions.
:coeur:


Wouaaaaah  :coeur: :coeur: :coeur: :coeur:
Méga coup de coeur pour ton texte, Milla ! J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé ! Ça faisait longtemps que j'avais flashé sur un texte comme ça, sur le forum  :coeur:
Tu nous plonges dans cette ambiance onirique à double lecture, bizarre et personnelle, qui n'est ni tout à fait rassurante ni tout à fait inquiétante, avec de super jolies images et un personnage de fillette tout à fait intrigant. J'aime autant le fond que la forme de ton texte  :coeur:

Citation de: JigoKu
Alors déjà le titre ne colle pas trop à ce texte
Je suis pas trop d'accord : le titre m'a donné envie de lire le texte et je trouve qu'il résume bien son étrangeté et sa poésie :)

Le seul truc que j'aurais à redire, c'est :
Citation de: pehache
Déjà, c'est nickel au niveau maîtrise de la langue et, ça, c'est tjs cool.
J'ai trouvé l'ensemble intéressant mais stylistiquement trop alambiqué. Tu me semble hésiter entre plusieurs schémas d'écriture. Ps-Imp., mais figures de l'oralité; qques tournures un peu lourdes. En gros, je crois que ça gagnerait à être plus ramassé, plus concis, plus direct. Avec moins d'explications.
Par contre je rejoins partiellement l'avis de pehache. Je ne l'ai pas trouvé stylistiquement trop alambiqué (j'ai bien aimé tes envolées poétiques, au contraire), mais c'est vrai que j'ai trouvé un léger flottement au cours du texte : c'est pas toujours au même degré de poésie. Parfois on est dans un récit plus terre à terre et l'ambiance poétique/onirique s'estompe un peu, légèrement. (Je ne pourrais pas isoler un passage précis pour l'illustrer, mais c'est surtout vers le dialogue du milieu avec Laureline, ou lors de l'explosion)
En gros, en l'état, je trouve que le texte est très bien, mais peut-être qu'en lissant un tout petit peu plus certains passages, il serait encore mieux.


Mais j'ai vraiment beaucoup aimé, le fond, la forme, l'ambiance, l'idée, les tournures, les impressions qu'il laisse. La fin ne m'a pas semblé si opaque, pour ma part ! Ça va me laisser rêveuse pour la journée, je crois.

Merci pour cette très très jolie lecture, Milla !  :coeur:
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: MillaNox le 21 Février 2016 à 21:53:31
Ooooh ! trop merci Milo et Elk pour vos commentaires  :coeur: :-[ :coeur: :-[

ça va pas être simple de tout croiser mais j'y travaille !  :D
(je détaille pas, mais je suis d'accord avec la plupart des soucis relevés par un peu tous, et oui ya un gros bug sur les temps, je sais pas pourquoi j'ai foutu du passé composé de temps en temps :\?)
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: Loïc le 22 Février 2016 à 14:17:57
Citer
– son timbre restait cependant celui d’un fantôme.

Pas convaincu par l'incise. Elle alourdit la phrase et son apport me semble limité.

Citer
Si certains se ressemblaient, une sensation de disparité dominait.

Bof, les mots vont pas ensemble je crois.

Citer
les troncs étaient aussi plus ou moins larges et pas toujours constitués du même métal.

J'aime pas trop le étaient aussi

Citer
Merci de me mettre à l’aise…

je comprends pas ce que la remarque fait là

Citer
Tout un tas de gens bien intentionnés. Des cadeaux qu’on ne peut pas refuser et qui prennent toute la place.

:coeur:

Citer
et j’ai préféré rester sur le même sujet.

Bof

Citer
Voilà que je me mettais presque à parler entre parenthèses moi aussi. Il fallait que je la sorte de là. Que je me sorte de là.

:coeur:

Citer
De l’herbe verte et haute pour nous picoter les jambes. Et au loin dans la prairie, ma sœur qui nous hélait en nous faisant signe :
— Alice !

Elle tombe bien, cette référence à la fin.
Le texte est intense, dur à suivre parfois. Belle écriture, comme d'habitude, même si je me suis fait éjecter du texte à plusieurs reprises par des phrases qui collaient pas trop (celles que j'ai signalées en haut). Du coup je pense que certains passages mériteraient d'être retravaillés un peu, avec des formulations qui vont mieux, mais sinon c'était une belle lecture.

J'adore le titre aussi.
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: ZagZag le 23 Février 2016 à 15:43:50
Yo !
 Juste deux phrases qui m'ont chiffonné :
Citer
Chaude, mais pas une couleur chaude agréable.
La formulation ne me plaît pas trop. Un peu maladroite peut-être.

Citer
Je me demandai depuis quand le vent s’était levé.
Idem.

J'ai vécu ce texte un peu comme un voyage, dans ton monde, dans ton imaginaire. Ça m'a vraiment transporté, c'était à la fois très contemplatif et plein d'action. C'était très étrange. Tu nous plonge vraiment dans l'atmosphère un peu brumeuse et automnale du texte, enfin c'est comme ça que je l'ai vécu. On la voit la forêt de lampadaires, on la sent, et on a envie d'y être, même si c'est inquiétant.
Ce que tu cherche à exprimer à travers ce texte l'est parfaitement bien, c'est très étrange, un peu candide et optimiste, mais on en a besoin parfois.
Tu écris vraiment bien, ton maniement des mots et de la langue est juste génial, tu as cette capacité à trouver le mot et l'expression juste à chaque phrase. Vraiment bravo et merci pour ce brin de rêve.
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: Rémi le 23 Février 2016 à 20:56:26
Yo !

Citer
Ces tiges rigides se laissaient faiblement mouvoir par le vent, une oscillation légère qui entrechoquait les petites ampoules dans un claquement doux.
"une oscillation légère" reprend quoi : les tiges ? non ; le vent ? non plus...
Perso, je tique sur cet effet.

Citer
je m’aperçus qu’ils étaient éclairés,
pour moi, si le lampadaire est éclairé, c'est par quelque chose d'autre, sinon il est allumé

Citer
Les ampoules aussi étaient de toutes les tailles, certaines fois abondantes, d’autres parcimonieuses.
si les ampoules sont parcimonieuses, c'est qu'elles font preuve de parcimonie. ça marche pas pour moi

Citer
J’ai failli lui demander comment elle faisait pour entendre mes pensées, toutefois elle avait l’air vraiment mal et j’ai préféré rester sur le même sujet.
pourquoi passé composé ici ?

Citer
Merci de me mettre à l’aise…
Bizarre cette familiarité et ce petit coup d'humour

Citer
Laureline avait repris un peu consistance à mon grand soulagement.
avait un peu repris (nan ?)

Citer
comme leur couleur chaude qui n’était que froideur et glauque.
glauque est un adj, non ?

Citer
et ses larmes coulèrent comme torrent.
"comme torrent" me fait bizarre

Citer
— Les autres en seul lot, ça n’existe pas, n’est-ce pas ? me demanda Laureline. On peut en rencontrer de toutes sortes ?

"les autres en seul lot", je comprends l'idée, mais c'est vraiment pas naturel comme formulation


Bon, j'attendais que tu aies fait les modifs avant de lire... mais j'ai craqué !
J'ai bien aimé, l'idée est chouette, le déroulement et la progression sont réussis et certaines trouvailles poétiques sont chouettes. À l'inverse, certains effets de style sont un peu lourds (mais ça c'est une question de goût).

Donc, j'attends la V2 pour te faire un com' détaillé si tu veux.
Biz'
RdL
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: MillaNox le 24 Février 2016 à 19:19:19
:aah:
en fait j'essaye de finir un autre texte à temps pour le mout et du coup je trouve pas le temps de me coller sur la correc de celui-ci !

et entre temps vous êtes trop adorables de me le commenter !!!  :coeur:

merci beaucoup donc, Loïc, Rémi et Zagréos !

même si certains trucs divergent, il ya quand même des trucs communs qui ressortent de tous les comm, et je vais me pencher tout bientôt sur mes formulation alambiquées bancales à la noix.

J'hésite un peu pour les remarques un peu humoristiques détachées qui partagent les avis... je vais voir !

merciiiiiiiiiii !  :coeur:

Milla
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: Miromensil le 13 Mars 2016 à 10:24:06
Gibet et défi lecture (combo). Je ne sais pas si les autres ont relevé, mais j'ai noté ceci :

Citer
C’est une forêt d’idée, dit-elle au bout d’un long moment.
une foret... idées, donc

Citer
Silence. Du moins rien d’autre que la toile sonore qui habillait déjà le lieu.
:coeur:

Citer
Laureline, elle est belle cette forêt. (...)
— Je la trouve laide cette forêt (...)
La répétition de la structure de phrase m'a un peu gênée

Citer
Elle cligna des paupières et les réverbères flashèrent deux fois, comme des phares qu’elle aurait allumés.
:coeur:

Citer
Je serai entre l’horizon et toi, et tu feras l’inverse pour moi, pour qu’on ne le voie pas tout entier.
:coeur:

Citer
Et puis la parenthèse de ses lèvres s’était inversée.
vraiment bien trouvé/très belle idée !

Ce dimanche est l'occasion pour moi de découvrir ce texte qui me fait de l'oeil depuis un moment. Mon avis ne sera pas constructif  :huhu: Millaa j'adore ton univers, sincèrement ! Il n'est pas seulement beau visuellement, il est intense quant au fond, dans ce que tu proposes. C'est fantastique/onirique/(très légèrement steampunk) mais il fait réfléchir, questionne. Je le verrais tellement bien illustré, avec des illu un peu atypiques, à la Benjamin Lacombe.

Merci, ça fait plaisir  :mafio:
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: MillaNox le 13 Mars 2016 à 11:07:22
Oh Miro !  :coeur: :coeur:

Benjamin Lacombe !  :coeur: :coeur: :coeur: J'adooore la mélodie des tuyaux et généalogie d'une sorcière (et mes enfants aussi  :D)

ton commentaire est vraiment super gentil, merci  :-[

là j'ai des trucs à finir en urgence, mais c'est le premier truc que je ferai après, reprendre ce texte et faire la lecture audio !

merci beaucoup de ton passage !
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses
Posté par: Miromensil le 13 Mars 2016 à 14:49:45
Citer
Benjamin Lacombe !  :coeur: :coeur: :coeur: J'adooore la mélodie des tuyaux et généalogie d'une sorcière (et mes enfants aussi  :D)
Voui, moi j'ai lu "Les contes macabres" qu'il a illustrés !

Et pas de souci prends ton temps  :huhu:
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: MillaNox le 21 Mars 2016 à 15:56:55
Yop !

J'ai changé le premier post pour y mettre une V2 \o/
Le fond et l'histoire n'ont pas changé, par contre j'espère avoir pas mal allégé la forme. J'ai suivi la plupart de vos conseils et je crois que c'est tout de même un peu mieux !  :)

Merci encore de votre aide !

Du coup je suis bien sûr preneuse d'avis sur cette V2 et je vais commencer à voir si une version audio sur la musique dont je parle dans le premier post est jouable...

Milla

Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: Spes le 21 Mars 2016 à 21:17:04
Coucou Milla,

J'ai trouvé que c'était un texte bien écrit, avec un style propre et efficace, et qui porte beaucoup de poésie. Il y a beaucoup de jolis passages.
De façon générale, je garde une impression agréable de la lecture. ^^

Je te livre mes commentaires au fil de ma lecture :

Citer
je n’avais pas compris sa réponse et pourtant j’aurais bien voulu.
Virgule ?

Citer
Et puis, dans cette sorte de clairière dont le diamètre faisait à peine trois fois ma taille, il y avait un banc avec la gamine assise dessus.
Je visualise vraiment une clairière toute petite (parce que a priori j'imagine que c'est un humain qui parle), du coup j'imagine le banc vraiment tout collé contre la narratrice

Citer
Du moins rien d’autre que la toile sonore qui habillait déjà le lieu.
Virgule ?

Citer
Le gris de ses yeux me frappa parce qu’on devinait le bleu derrière sans pourtant en voir un soupçon, la même certitude qu’on a lorsqu’on songe à la vraie couleur du ciel caché derrière les nuages de septembre.
Joli ^^ (manque une virgule, amha)

Citer
Un frisson me parcourut. Je m’éloignai pour me balader entre les réverbères.
Je ne comprends pas ce que fait la narratrice ^^ Pourquoi est-elle là ? Que fait-elle ?

Citer
Qu’est-ce que je faisais là ?
:mrgreen:

Citer
Puis je remarquai une plaque vissée en haut du mat principal,
Virgule ?

Citer
— Ce sont donc tes idées ?
Comment fait-elle directement le lien lampadaire = idée ?

Citer
Son corps était tout pâle et menu. Maintenant qu’on était
Répétition ^^ (et verbes faibles)

Citer
Sa tristesse me touchait et puis j’avais tout un tas de certitudes qui se bousculaient dans mon esprit de façon étrange.
Virgule ?

Citer
Autour, les lampes diffusaient leur halo presque totalement effacé par la lumière du jour.
Je ne visualise pas bien le ciel ; de quel couleur est-il ? Y a-t-il un soleil, une lune, des nuages ? Je m'étais déjà fait la réflexion plus haut

Citer
Cela ne me parut pas étrange, pas plus que le monde ou que la vie en général en tout cas.
Je me sens toujours un peu perdue  :mrgreen:

Citer
Laureline cligna des yeux et le soleil déclina.
C'est la première fois qu'on parle de soleil, je pense que ça arrive un peu tard dans le texte, ça modifie ma perception du lieu ^^ (je visualisais un ciel nocturne gris très sombre)

Citer
Des branches nous tapotaient plus qu’elles ne nous griffaient sur notre passage,
A quoi ressemblent ces branches ?

Citer
Un fantôme transparent ?
Je la visualise déjà un peu comme ça

Citer
Le début de mon après-midi me revint. Ma sœur ainée et moi, assises dans l’herbe, mon ennui tandis qu’elle se passionnait pour un gros roman assommant. J’avais aperçu un sentier qui s’enfonçait dans la forêt et j’avais décidé de me promener un moment. Impossible toutefois de me rappeler quand les arbres s’étaient changés en lampadaires.
Peut-être sauter une ligne avant et après ce paragraphe, ou bien marquer le changement d'une autre façon ?

Citer
de-ci delà
de-là

Citer
— De toutes sortes, oui. Il y en a qui savent partager sans rien imposer. Il y en a qui t’aident et d’autres qui te perdent. Mais… Tu peux te défendre, tu sais.
J'aime bien ^^

Citer
La fillette m’enveloppa de ses bras, un peu s’accrochant, un peu me portant.
Elle la porte ?  :o J'ai visualisé la narratrice comme une femme adulte tout du long.

Bon courage pour la suite !
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: MillaNox le 21 Mars 2016 à 21:54:28
Merci de ton passage Spes !

J'ai changé "portait" pour "soutenait", le mot était mal choisi !
Pour le reste, tu notes des détails qui manquent effectivement (le fait qu'il fasse jour, mieux donner à cerner la narratrice (une ado plutôt) etc), je me penche dessus demain pour clarifier (et ajouter les virgules manquantes !) :)

Contente que tu aies globalement apprécié et merci beaucoup de tes remarques !

Milla
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: Tomoyo le 23 Mars 2016 à 13:42:58
saaalut,

Citer
enfin si on pouvait appeler ça des feuilles.
Virgule après enfin
Je  n’aime pas trop le « si on »  :relou:

Citer
À cause de tout cela, je n’avais pas compris sa réponse et pourtant j’aurais bien voulu.
Pas fan non plus  :huhu:

Citer
qui s’impose dans l’air dès qu’
pareil, je trouve ça lourd  ><

Citer
l’étrangeté du lieu désarmait mes perceptions
ça j’aime bien  :mrgreen:

Citer
sans pourtant en voir un soupçon
je crois que c’est soupçon qui fait que le trouve la formulation étrange  :\?

Citer
du ciel caché derrière les nuages de septembre
mouais, je trouve septembre plutôt ensoleillé  :noange:


Citer
  — Laureline. Ma mère dit que je suis un prolongement d’elle-même, puisqu’elle s’appelle Laure.
Je pense que c’est la phrase à partir de laquelle je suis rentrée dans ton texte  :)

Citer
Leurs couleurs tiraient sur les kakis, gris et marrons,
La couleur marron est invariable

Citer
toutefois une couleur chaude inamicale.
Hm non ça me plait pas, la repet de chaude déjà, et le toutefois je crois aussi  :\?

Citer
Cela m’évoquait des racines, et je leur imaginais des griffes.
Aime bien  ^^

Citer
     Enfin, Laureline s’arrêta. Entre ses pieds, une jeune pousse de réverbère émergeait du sol. Non pas une branche droite attirée par le ciel, mais plutôt une torsade d’une dizaine de lianes, courbes folles portant des diodes luminescentes multicolores.
     — Celle-ci, murmura la fillette, elle est à moi. C’est la seule. Mais elle n’arrive pas à grandir.
J’adore ce passage  ::)

Citer
Mon paysage est plein.
J’aime  :huhu:

Citer
un éclat clair qui claqua dans l’air
:D


En fait le début m’a embêtée  :-\, je le trouve pas aussi fluide que le reste et je sais pas, ça a eu un effet de défiance de lecture, l’immersion a du coup était plus lente. C’est surtout les 3 premières lignes qui clochent pour moi, mais l’impression a duré plus longtemps du coup  |-|.
Ah oui, comme Spes je croyais que tout le début était de nuit donc quand j’ai su qu’il faisait jour ça m’a perturbé  :P
A part ça j’ai vraiment beaucoup aimé ce texte  :), j’aime l’ambiance, j’adore Laureline un peu translucide, des fois je la voyais en méduse un peu, bref je trouve ce personnage vraiment intéressant. La narratrice m’indiffère plus, mais de toute façon il me semble que c’est le fantastique le héro donc ça me gêne pas du tout  :D. L'histoire flirte avec quelque chose de totalement déconstruit mais en même temps c'est plein de sens, du coup le Alice, c'est pour rappeler alice aux pays des merveilles ? enfin je l'ai vu comme ça du coup.
C’était très agréable à lire et ça m’a laissé dans une sorte d’humeur rêveuse donc c’est cool  ::)

Merci pour ce texte :D
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: MillaNox le 23 Mars 2016 à 15:37:11
(tomo) Yo !
 :mrgreen:

merciiii de ton passage, j'ai refait quelques correc du coup.

Pour le "marrons" tu es al deuxième à me le dire mais en fait ici ce n'est pas un adjectif (qui est invariable effectivement) mais un nom commun "les marrons" qui lui se met au pluriel d'après les dicos.

Sinon pour le fait qu'il fasse jour, j'ai rajouté le soleil resplendissant à la fin du premier gros paragraphe, assez près du début, suite à la remarque de Spes. J'arrive pas à le caser plus tôt naturellement  :-\ ça t'a paru si long avant de tomber dessus ?

Citer
C’était très agréable à lire et ça m’a laissé dans une sorte d’humeur rêveuse donc c’est cool  ::)
tu me vois ravie  ^^

bises !

Milla
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: Tomoyo le 24 Mars 2016 à 21:49:46

Citer
Pour le "marrons" tu es al deuxième à me le dire mais en fait ici ce n'est pas un adjectif (qui est invariable effectivement) mais un nom commun "les marrons" qui lui se met au pluriel d'après les dicos.
Mais enfin... tu parles pas du tout des marrons, tu parles de la couleur dans ton texte  |-|

Citer
Leurs couleurs tiraient sur les kakis, gris et marrons
tu dis bien couleur  :-\... d'ailleurs c'est kaki du coup aussi  :huhu:
Titre: Re : Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: MillaNox le 24 Mars 2016 à 21:54:01

Citer
Pour le "marrons" tu es al deuxième à me le dire mais en fait ici ce n'est pas un adjectif (qui est invariable effectivement) mais un nom commun "les marrons" qui lui se met au pluriel d'après les dicos.
Mais enfin... tu parles pas du tout des marrons, tu parles de la couleur dans ton texte  |-|

Citer
Leurs couleurs tiraient sur les kakis, gris et marrons
tu dis bien couleur  :-\... d'ailleurs c'est kaki du coup aussi  :huhu:
oui je parle de ces couleurs en tant que noms communs, pas adjectifs, ça pourrait être :
"Leurs couleurs tiraient sur les kakis, les gris et les marrons"
les adjectif sont invariable parce qu'on considère qu'ils remplace "de la couleur du "objet qui a donné le nom de la couleur", mais les noms communs s'accordent. Tu trouves pas ça toi ?  :-\

au pire je met "le" et je passe tout au singulier :\?
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: Tomoyo le 24 Mars 2016 à 22:11:06
Ok, je vois l'histoire, mais à mon avis le mot "tons" ou "couleurs" est ellipsé : leurs couleurs tiraient sur les tons kaki, gris ou marron.
Je ne suis pas experte et sans doute faut-il qu'on appelle un SOS Bon François d'urgence  !

Tu peux mettre au singulier mais ce n'est que fermer les yeux devant le problème  :kei:
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: Milora le 25 Mars 2016 à 20:43:51
Je suis pas experte mais j'aurais dit de garder le pluriel, personnellement : c'est plus logique, puisque ce sont ici des substantifs et pas des adjectifs. On dirait bien "des marrons pâles", non ? (Bon après, le français et la logique...)

Wikipedia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_des_adjectifs_et_des_noms_de_couleur_en_fran%C3%A7ais#Pluriel_des_noms_de_couleur) est de l'avis de Milla, en tout cas.
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: Mahad le 27 Mars 2016 à 20:13:30
f
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: MillaNox le 28 Mars 2016 à 21:50:31
ben je sais pas du coup, je crois que je vais m'en tenir à mon idée que c'est un substantif  :-[

Salut wag, merci pour ton paffage  :D :D
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: MillaNox le 31 Mars 2016 à 18:24:35
la lecture audio :

Celle qui parlait comme entre parenthèses (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,19884.0.html), de MillaNox, lu par elle-même (sur fond musical), lecture (https://soundcloud.com/user-688395540/celle-qui-parlait-comme-entre-parentheses)
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: Rémi le 09 Avril 2016 à 19:14:34
J'avais fait un commentaire, et puis... plantage PC, commentaire perdu.
Je voulais quand même dire que cette nouvelle version me plait bien, les effets de style sont moins marqués et plus en phase avec l'esprit du texte je trouve.
Bref, chouette lecture. (j'ai commencé la version audio, ça démarre très fort, mais y a pas moyen que je trouve une occaz' de m'y remettre).
Au plaisir, je repasse d'ici quelques jours je pense.

Tchuss,
Rémi
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: Kerena le 20 Septembre 2016 à 17:10:06
Coucou Milla ! Je passe par les coups de cœur, et je constate que je n'ai pas lu ce texte.
C’est parti :

Citer
leurs petites lampes en un claquement doux

Hum, à mon sens, un claquement c'est plutôt fort. Doux, ça serait un cliquettement, ou quelque chose comme ça (je chipote)

Citer
La diode avait glissé jusqu’à mes pieds, je la ramassai pour y plonger les yeux à mon tour. Dedans, des dizaines de parenthèses se brisaient les unes contre les autres, s’effondraient en poussière.

 :coeur:

     
Citer
Le début de mon après-midi me revint. Ma sœur ainée et moi, assises dans l’herbe, mon ennui tandis qu’elle se passionnait pour un gros roman assommant. J’avais aperçu un sentier qui s’enfonçait dans la forêt et j’avais décidé de me promener un moment.

Alice, Alice, au pays des merveilles  :-¬?

Citer
— Les autres ne sont pas un seul lot

Les autres quoi ?

Citer
     — Alice !

Qu'est-ce que je disais ?  :mrgreen:



Dans l'ensemble : wow ! Alors ça, c'est le genre de texte que j'adore. C'est tellement plein d'images et de détails, et de couleurs ; si j'avais su dessiner, j'en aurais fait une BD, sérieux.
Je ressors de ton texte avec des images plein la tête ; c'est à la fois absurde et plein de sens, ça bruisse de sons partout, plein de lumière et de couleurs...
Bref, merci pour la lecture, je n'ai pas grand-chose à dire (mais c'est plutôt bon signe !)

Merci Milla pour la lecture  :coeur:
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: MillaNox le 26 Septembre 2016 à 20:17:39
yop !

merci rémi, à retardement  :o pardooooon

merci kerena aussi :) le claquement doux c'était volontaire de jouer sur le presque oxymore, peut-être que le rendu marche pas très bien du coup :\?

des bises !
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: holden5 le 31 Août 2021 à 16:07:16
Milla !

Navré pour l'immense retard de ce commentaire, j'étais tout simplement passé à côté de cette pépite cauchemardesque. La version audio en est particulièrement envoûtante. Je ne sais pas si ce texte a déjà connu une publication, mais c'est vrai qu'on imagine très facilement une version illustrée.

J'adore le fait que tu aies creusé à fond cette allégorie complètement géniale au point d'en faire une véritable histoire et de créer une atmosphère très onirique. La densité du texte m'a obligé à le relire au moins 3 fois pour en apprécier tous les détails.

Quelques impressions et pinaillages intempestifs :

     
Citer
Non pas que je me sentisse inquiète
,
ah, ce subjonctif, qu'est-ce qu'il se fait remarquer ^^. Surtout dans la bouche d'une enfant de 14 ans (mais bon, Alice n'est pas n'importe qui, après tout)

Citer
mais j’éprouvais tout de même le léger malaise qui s’impose dans l’air quand un mystère s’y trouve aussi.
Beau! 

     
Citer
Des branches à fioritures s’étiraient depuis les troncs
,
Je ne suis pas certains de comprendre "à fioritures", et l'expression a pour moi une connotation plutôt péjorative.

Citer
chargées de nombreuses ampoules
"chargées de nombreuses", j'ai trouvé la formule...chargée pour le coup.

Citer
Ces tiges rigides
Pas très heureux d'un point de vue musical !


   
Citer
Le gris de ses yeux me frappa, parce qu’on devinait le bleu derrière sans pourtant en voir un soupçon
,
Cela me semble contradictoire: si je n'ai pas un soupçon de quelque chose, je ne peux pas le deviner... mais ça participe du côté onirique du texte, donc ça ne me gêne pas outre mesure.

 
Citer
Puis je remarquai sa bouche triste qui tirait ses pommettes vers le bas, on aurait dit une parenthèse tombée à l’horizontale, comme sa façon de parler
.
 :coeur:

Citer
     — C’est une forêt d’idées, dit-elle au bout d’un long moment.
:coeur: :coeur:
     Ce concept, je ne peux qu'adorer ! Et je n'ai pu m'empêcher de penser à la chanson "Echoes of Mine" de M83, où il est question d'une forêt un peu semblable (une musique qui collerait si bien en générique de fin de ton texte!  :D)

     
Citer
     — Laureline. Ma mère dit que je suis un prolongement d’elle-même, puisqu’elle s’appelle Laure.
:coeur: :coeur: :coeur:
Génialement triste !
     
Citer
Je tentai un sourire hébété
1) tentai/hébété... je ne sais si la répétition du son "té" est volontaire, mais c'est un peu gênant à l'oreille je trouve.
2) un peu étrange également l'idée de faire volontairement un sourire hébété... est-ce que c'était son but de départ ?

Citer
     — Je n’ai pas d’âge, je n’ai rien vécu, lança-t-elle. Et ces idées, elles portent mon nom, mais elles ne sont pas à moi. On me les a données. Tout un tas de gens bien intentionnés. Des cadeaux qu’on ne peut pas refuser et qui prennent toute la place.
:coeur: :coeur: :coeur:
     
Citer
Si je les laisse s’éclairer, on ne me voit presque plus.
     Son teint me parut davantage blafard après qu’elle eut dit cela. Autour, les lampes diffusaient leur halo presque totalement effacé par la lumière du jour. En plissant les yeux, il me sembla que la scène prenait une coloration différente, chaude, mais inamicale.
Je rejoins quelques commentaires qui avaient une vision nocturne de la scène dès le début. Mais pas grave.


Citer
 
     Je m’aperçus alors qu’elle était devenue translucide, juste les contours d’une silhouette esquissés sur le paysage lugubre. Il n’y avait que le blanc de ses yeux qui demeurât opaque.
   
Citer
— Tu comprends ? me demanda-t-elle tout en rallumant le soleil.
:coeur:


 
   
Citer
— Recule, m’intima Laureline. Ce sont des idées toxiques, je t’assure. Je vais mieux depuis que j’ai provoqué une tempête contre elles.
     Héhé, très bonne trouvaille, les idées toxiques. Tu as pensé aux idées fixes et aux idées noires ? :-D
     
   
     
Citer
La fillette me transperça de son regard – en avais-je déjà vu d’aussi intense ?

 Pinaillage grammatical de niveau douze : je me suis demandé si on pouvait utiliser la formule "d'aussi intense" en référence à un visage au singulier. "Un aussi intense" ne serait-il pas plus correct ?
   
   
Citer
  — Il y a longtemps, dit Laureline d’une voix vive qui me suspendit à ses lèvres, j’ai décidé de m’enfermer dans cette forêt pour ne plus voir personne. Parce que les autres, ils te disent qui être, ils t’utilisent pour entendre ce qu’ils veulent, ils te chiffonnent, ils t’effacent. Mais seule, je n’ai plus eu envie de créer. J’ai trouvé ça long d’attendre de mourir étouffée par les idées des autres. Alors j’ai ouvert ma forêt pour retourner dans le monde, et puis en fait je n’ai pas réussi à bouger d’ici.
Ce passage est dense, très dense, et le sens m'échappe. Pourquoi s'enfermer dans la forêt où des idées nous oppressent? Pourquoi est-ce un soulagement de plus avoir envie de créer ? de Créer quoi ? I'm lost... ^^

   
Citer
Le début de mon après-midi me revint. Ma sœur ainée et moi, assises dans l’herbe, mon ennui tandis qu’elle se passionnait pour un gros roman assommant. J’avais aperçu un sentier qui s’enfonçait dans la forêt et j’avais décidé de me promener un moment. Impossible toutefois de me rappeler quand les arbres s’étaient changés en lampadaires.
Ce paragraphe de contextualisation m'a semblé un peu plaqué, inséré sans aucune justification dans le contexte. J'ai peut-être raté l'élément qui le justifiait.

     
Citer
— Les autres ne sont pas un seul lot, n’est-ce pas ? me demanda Laureline. On peut en rencontrer de toutes sortes ?
:coeur:


Merci pour ce très beau texte inspiré !


  H.
     
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: Milla le 31 Août 2021 à 18:53:39
Sapristi ! Holdeeeeeeeen  :coeur:

Bon, déjà, j'ai vu que tu étais de retour dans le coin, et tes Lettres de Loneskwair castle sont dans mes onglets favoris, elles attendent bien sagement que j'aille les lire et commenter ! J'avais lu ton autre texte court
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
mais il a disparu avant que je commente :\? Breeeeef, trop contente de te revoir sur le MDE !
Et merci pour ton passage ici  :o C'est tout bizarre de relire des bouts de ce texte d'il y a 5 ans...
J'essaye de te répondre :



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Navré pour l'immense retard de ce commentaire, j'étais tout simplement passé à côté de cette pépite cauchemardesque. La version audio en est particulièrement envoûtante. Je ne sais pas si ce texte a déjà connu une publication, mais c'est vrai qu'on imagine très facilement une version illustrée.
non, il n'est rien devenu de particulier ! c'est clair que j'adorerais le voir en image... un clip sur la lecture audio *étoiles dans les yeux*
merci pour "pépite cauchemardesque", joli compliment  :coeur: :coeur:  :D


 
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Non pas que je me sentisse inquiète
,
ah, ce subjonctif, qu'est-ce qu'il se fait remarquer ^^. Surtout dans la bouche d'une enfant de 14 ans (mais bon, Alice n'est pas n'importe qui, après tout)
Oui, c'est vraiment Alice ! Du coup ça colle à l'époque...

 
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Des branches à fioritures s’étiraient depuis les troncs
,
Je ne suis pas certains de comprendre "à fioritures", et l'expression a pour moi une connotation plutôt péjorative.
ouep, c'est pas fou, je pense que je voulais dire qu'elles avaient des ornements :\? merci de la remarque !

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chargées de nombreuses ampoules
"chargées de nombreuses", j'ai trouvé la formule...chargée pour le coup.
absolument, le nombreuses peut aisément sauter. Faudra que je relise la phrase entière, mais je pense que je vais faire ça : )

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Ces tiges rigides
Pas très heureux d'un point de vue musical !
ahah ! ça me choque pas, mais je te crois ! A priori je peux simplement supprimer "rigides", ça semble bien passer.


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Le gris de ses yeux me frappa, parce qu’on devinait le bleu derrière sans pourtant en voir un soupçon
,
Cela me semble contradictoire: si je n'ai pas un soupçon de quelque chose, je ne peux pas le deviner... mais ça participe du côté onirique du texte, donc ça ne me gêne pas outre mesure.
oui je comprends... je pense que je voulais parler de la lumière qui traverse ? peut-être que ce serait mieux en virant le "soupçon" :\?


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     — C’est une forêt d’idées, dit-elle au bout d’un long moment.
:coeur: :coeur:
     Ce concept, je ne peux qu'adorer ! Et je n'ai pu m'empêcher de penser à la chanson "Echoes of Mine" de M83, où il est question d'une forêt un peu semblable (une musique qui collerait si bien en générique de fin de ton texte!  :D)
je connaissais pas, j'écoute en te répondant du coup  :D

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Je tentai un sourire hébété
1) tentai/hébété... je ne sais si la répétition du son "té" est volontaire, mais c'est un peu gênant à l'oreille je trouve.
2) un peu étrange également l'idée de faire volontairement un sourire hébété... est-ce que c'était son but de départ ?
hmmm je pense que je voulais dire désarmé, innocent...

 
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— Recule, m’intima Laureline. Ce sont des idées toxiques, je t’assure. Je vais mieux depuis que j’ai provoqué une tempête contre elles.
     Héhé, très bonne trouvaille, les idées toxiques. Tu as pensé aux idées fixes et aux idées noires ? :-D
^^
     
   
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La fillette me transperça de son regard – en avais-je déjà vu d’aussi intense ?

 Pinaillage grammatical de niveau douze : je me suis demandé si on pouvait utiliser la formule "d'aussi intense" en référence à un visage au singulier. "Un aussi intense" ne serait-il pas plus correct ?
j'ai l'impression que ça se dit, mais j'ai parfois des souci de parler un peu régional  :D donc je ne sais pas ! Toutefois, "vu un aussi" me gêne avec u 1 o qui se mâche mal... donc je vais garder comme ça je pense.
   
 
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  — Il y a longtemps, dit Laureline d’une voix vive qui me suspendit à ses lèvres, j’ai décidé de m’enfermer dans cette forêt pour ne plus voir personne. Parce que les autres, ils te disent qui être, ils t’utilisent pour entendre ce qu’ils veulent, ils te chiffonnent, ils t’effacent. Mais seule, je n’ai plus eu envie de créer. J’ai trouvé ça long d’attendre de mourir étouffée par les idées des autres. Alors j’ai ouvert ma forêt pour retourner dans le monde, et puis en fait je n’ai pas réussi à bouger d’ici.
Ce passage est dense, très dense, et le sens m'échappe. Pourquoi s'enfermer dans la forêt où des idées nous oppressent? Pourquoi est-ce un soulagement de plus avoir envie de créer ? de Créer quoi ? I'm lost... ^^
argh, ce texte était vraiment vachement personnel, quand je me relis ^-^''' Si je dois expliciter, la forêt était là quoi qu'il en soit, malgré elle, donc quand elle a voulu s'isoler en se fermant, c'était là de fait. Il n'y a pas de soulagement de ne plus avoir envie de créer, au contraire, un désespoir plutôt, une prise de conscience de seule ça marche pas mieux, et ça n'a pas enlevé la forêt poussée par le passé. Du coup elle rouvre sa forêt, mais elle n'a pas la force d'en sortir (parce qu'elle est trop vidée?).  "Créer quoi?" = créer pour moi c'est engendrer depuis soi quelque chose (n'importe quoi) dans le monde. Du coup c'est pas tant "créer quoi" que "créer pourquoi", et je dirais, dans ce texte, pour s'opposer au mouvement de subir le monde, l'inverser.
(mes réponses sont peut-être encore plus nébuleuses, désolée ><)

   
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Citer
Le début de mon après-midi me revint. Ma sœur ainée et moi, assises dans l’herbe, mon ennui tandis qu’elle se passionnait pour un gros roman assommant. J’avais aperçu un sentier qui s’enfonçait dans la forêt et j’avais décidé de me promener un moment. Impossible toutefois de me rappeler quand les arbres s’étaient changés en lampadaires.
Ce paragraphe de contextualisation m'a semblé un peu plaqué, inséré sans aucune justification dans le contexte. J'ai peut-être raté l'élément qui le justifiait.
C'est une référence directe à Alice ! C'est le début d'Alice au pays des merveilles !

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Merci pour ce très beau texte inspiré !
merci à toi pour ce chouette comm détaillé !

 :oxo:
Titre: Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: Melina Doris le 15 Septembre 2021 à 21:15:31
Bonsoir Milla

Je me suis laissée embarquer dans cette réalité onirique, entre rêve et cauchemar. Cette traversée  m'a donné quelques sueurs et je garderai  en mémoire ces paysages d'un autre monde où il ne fait pas bon vivre. Se libérer des autres pour naître à soi est une très belle idée que tu  as su exploiter avec une écriture maîtrisée. Et cerise sur le gâteau, une bien jolie chute. Bravo pour ce très beau texte.


Titre: Re : Re : Celle qui parlait comme entre parenthèses V2
Posté par: Milla le 15 Septembre 2021 à 22:30:33
Bonsoir Milla

Je me suis laissée embarquer dans cette réalité onirique, entre rêve et cauchemar. Cette traversée  m'a donné quelques sueurs et je garderai  en mémoire ces paysages d'un autre monde où il ne fait pas bon vivre. Se libérer des autres pour naître à soi est une très belle idée que tu  as su exploiter avec une écriture maîtrisée. Et cerise sur le gâteau, une bien jolie chute. Bravo pour ce très beau texte.
Merci de ta lecture et de cet avis très positif !  :)