Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: pehache le 12 Février 2016 à 19:05:59
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Un oiseau
De ta main ne demeurent que ramures, fins réseaux en saillie sur ta peau. Et les os. Je te serre. Pas trop fort. Un oiseau.
Entre nous, peu de mots. Tu les cherches. En picore, quelques uns. Au hasard ? Va savoir.
Es-tu là ? Je l’ignore. Tu souris, quand j’arrive, me retiens, quand j’y vais. Tu récites. Politesse. Des formules. Reste ça. Ton souci pour autrui, ta droiture. A part ça ?
Nous marchons. Bras dessus, bras dessous. Quelques pas. Tu t’arrêtes. Cou tendu, tu observes, comme inquiète, on ne sait quoi.
On t’aime bien, t’es gentille, sans caprices, pas gueularde, t’es facile. Tu t’effaces. Disparais. Ombre odieuse. Du passé.
Et ce qui bat en moi ne porte pas de nom. Entre amour et abjection.
Maman, si j’osais.
C’est à mourir que je t’aiderais.
(Je l'ai posté ici, jadis, je me permets de le remettre en hommage à ma mère, morte d'Alzheimer, dont l'anniversaire du décès approche.)
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Bonjour,
Ton texte est assez poignant. Il est très bien écrit et rempli d'émotions.
Je ne critiquerai rien d'autres vu que c'est un texte personnel.
Au plaisir.
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Petit texte rempli d'émotion, très bien réussi!
J'aime bien le ton que tu lui donnes en hachant tes phrases. ;)
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Merci à vous deux.
Est-ce que tous les textes ne sont pas "personnels" ?
Le coté "haché", c'est pour l'oiseau.
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Beau et Fort.
toute la fragilité dans la main
un coeur qui bat à se rompre
Merci Pe-hache pour ce texte.
Je t'ai crû technicien intransigeant, je te découvre aussi humain sensible. Sans fioriture, je crois.
Tout ceci sonne fort juste.
Pour moi, ce texte aurait aussi eu sa place en poésie pour répondre à une question que tu poses par ailleurs.
(touchant,
les mots et le rythme servent l'émotion,
la forme est personnelle, assumée,
l'impression est profonde,
les images sont appropriées au message
le message est enrichi par l'expression)
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Coucou pehache !
[En picore, quelques uns.
quelques-uns, non ? ou c'est la réforme ?
Sinon, j'ai beaucoup aimé. Le côté haché ne m'a pas gênée même s'il m'a fait buter de temps en temps. L'ensemble reste bien rythmé à mes yeux, ça sonne agréablement à mes oreilles.
Je suis contente de relire ta plume ^^
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Re merci (je réponds trop, je crois).
Oui, je le redis, je voulais coller, rythmiquement, au côté sautillant (même ralenti) de l'oiseau, d'où les ruptures/ hachures/coupures.
Et puis, surtout, je voulais coller à mon chagrin, à mon incapacité à dire la déchéance, la perte d'un bel esprit, recroquevillé, perdu, égaré, boitillant.
Merci pour elle.
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C'est un très beau texte . On ressent vraiment l'émotion que se soit dans le choix des mots ou la forme . Le parallèle avec l'oiseau et le rythme saccadé du texte est bien trouvé. C'est vraiment le genre d'écrit qu'on veut lire à voix haute .
Bravo à toi :)
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Je m'en doutais ;)
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Bonne idée. Qui d'entre vous s'y colle ?
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Salut :)
J'ai beaucoup aimé ton texte, on sent une vrai maitrise du rythme et des assonance, il ressemble presque plus à un poème.
J'ai beaucoup hésité à te faire des remarques au vue du carractère très personnelle qu'il semble revêtir pour toi, mais je m'en permet finalement quelques unes, en espérant qu'elles te donneront peut-être quelques piste pour de prochains textes.
Ton poème est très sacadé (je préfère ce terme à "haché" qui ne correspond pas vraiment je trouve ><) et celà va bien avec le sautillement de l'oiseau. La syntaxe et la ponctuation se détache du sens pour coller au plus près du rythme, c'est cela qui à mon sens créer la force de ton texte, obligeant à prêter attention à chaque segment qui sans cela se serait perdu dans le sémentisme naturel de la phrase. Mais je trouve que certaines simétries rythmiques rende par momment le texte prévisible.
Par exemple ici :
Au hasard ? Va savoir.
Es-tu là ? Je l’ignore.
Ou par exemple dans ces différent passages :
Et les os. Je te serre. Pas trop fort. Un oiseau.
Tu souris, quand j’arrive, me retiens, quand j’y vais. Tu récites. Politesse. Des formules. Reste ça.
Quelques pas. Tu t’arrêtes. Cou tendu, tu observes, comme inquiète,
Tout les éléments on la même longueur, trois syllabes (en fait j'ai l'impression qu'une bonne partie de ton texte est constitué d'unité de trois syllabes). Je pense que ton texte pourais gagner en force si tu jouais d'avantage sur la dissimétrie (cela reforcerais le coté sautillant de l'oiseau).
Une autre option pourrais aussi être de répartir ton texte en vers de trois pied et de retirer la ponctuation, ça pourait vraiment donner quelque chose de très intéréssant je crois :)
Voilà ^^
Au plaisir.
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Certaines articulation du texte mon frustré : lorsque ça se hache, on commence a débiter les mots, ça prend forme, un tempo se met en place... et puis soudain ça coince, soit une rime qui manque, soit l'allure qui s'allonge... frustrant car la cadence "de mitraillette" lorsqu'elle s'élance est vraiment grisante à lire.
Sinon les images sont fortes, on sent que ça vient du cœur, et on devine a travers elles les moments de vie clairs obscure que tu as put vivre.
Un bien bel hommage
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Salut Pehache !
Précision : j'ai lu ta parenthèse avant de lire ton texte, du coup je sais pas ce que donne la lecture sans qu'on sache en amont de quoi ça parle (et je sais pas quelle est ton intention à ce sujet-là).
J'ai trouvé ton texte très juste. Une minuscule expression et on reconnaît exactement la situation que tu évoques. Je sais pas si ça a le même écho chez quelqu'un qui connait de près cette maladie ou quelqu'un qui ne la connait pas (de mon côté, j'ai vécu beaucoup d'années avec mes grands-parents qui en étaient atteints). Mais sur moi, ça a vraiment bien marché : par petites touches, pudiques, justes, tu restitues le personnage et les situation, et l'espèce d'affection désespérée qui l'entoure.
Entre nous, peu de mots. Tu les cherches. En picore, quelques uns. Au hasard ? Va savoir.
Tellement vrai, tellement bien dit.
Tu récites. Politesse. Des formules. Reste ça.
ça aussi, ça sonne très juste.
Tu t’effaces. Disparais. Ombre odieuse. Du passé.
idem
J'aime juste pas la dernière phrase, pour deux raisons. La première est juste un avis personnel sur la question, et n'a donc aucune raison d'entrer en ligne de compte ici. La deuxième c'est que je l'ai trouvée un peu convenue (j'ai l'impression d'avoir lu pas mal de nouvelles qui finissaient de cette façon), comme si cette dernière phrase avait moins le côté "c'est comme ça qu'on le ressent, simplement" et portait davantage une sorte de moralité.
Désolée, je suis hyper maladroite dans ce commentaire, c'est juste que comme le thème de ton texte me touche de près, j'ai du mal à en parler "froidement" comme on décortiquerait un autre texte.
En tout cas, une jolie lecture. Je crois que j'aurais aimé qu'elle soit un peu plus longue pour que son ambiance douce-amère puisse laisser plus de marques sur le lecteur. En l'état, le texte est un chouia trop court pour m'avoir ému. Je m'y suis juste reconnue plutôt que je n'ai reçu des émotions de tes mots, alors que je pense qu'il aurait pu me bouleverser, en rallongeant simplement un peu le temps de lecture pour se laisser imprégner (je sais pas si tu vois ce que je veux dire). Mais c'est un jeu d'équilibriste très réussi. Tu tout en peu de mot et, surtout, en évitant le pathos qui aurait tout fichu par terre. Bien joué.
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Merci beaucoup pour ces lectures.
Particulièrement, Milora, (je trouve ton commentaire très juste, en tous points, mais ma démarche a été autre:) j'ai ôté, élagué, enlevé, apuré. Que ce soit sec.
Et, non, ça ne pouvait pas durer, pour moi, pour des raisons d'intensité (personnelle sans doute) mais aussi de "rendu".
Elle ne "durait" pas, elle non plus.
Un oiseau...
Molena-O, je pense que je viens, également, de te répondre.
Flashsteelers: tu as raison. C'est délibéré. Je conçois que ça déplaise. En général, ce genre de technique m'agace, moi aussi. Mais si tu te risquais à le lire, à vois haite, peut-être que.... que..?)
Sinon, kikiadi, sur l'audiothèque ?
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Et, non, ça ne pouvait pas durer, pour moi, pour des raisons d'intensité (personnelle sans doute) mais aussi de "rendu".
Elle ne "durait" pas, elle non plus.
Un oiseau...
Oui, je repensais à ton texte dans l'après-midi et je me disais que rallonger était pas la solution. Là, la concision ajoute à son ton juste. (Au passage, moi j'ai beaucoup aimé le rythme haché et le parallèle fond/forme avec l'oiseau) Mais du coup je sais pas... Peut-être que ça tient au contexte de lecture : qu'il faut le lire dans une ambiance posée et pas comme un texte lu au milieu d'autres sur un forum (genre : au milieu d'un recueil).
:\?
Je sais pas trop. Bref.
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Merci de ton attention.
Oui, je crois qu'il a gagne à être lu "platement".
(Pardon d'avoir répondu aussi vite et enfreint de ce fait les règles. Mais, j'y arriverai!)