Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: MZK le 28 Décembre 2015 à 08:59:38
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J+l'infini...
Finies les tronches de tek, les faces lourdes et crispées de pierres-migraines ou des rides avant gardistes creusent un visage triste de temps qui trépasse. Noyé dans le goulot du sablier, de la poudre plein les mirettes et jusqu'au fond d'une gorge coupée, aussi tranchante qu'un piège qui se referme, Paul s'observe dans ce passé gerbatif. Le sable est mourant. Chaque geste enfonce le clou, chaque clou défonce un peu plus le crâne et à l'ouverture de la trépanation le vide, effrayant, soudain. Les trous noirs de néant attractif, les aimants bipolaires d'une décharge éthylique, l'addiction qui robotise la diction, rend le discours besogneux, une vie de black-outs ne se raconte pas.
Paul scrute la chute sur les épaules solide d'un horizon nouveau. Il ne sera plus jamais l'heure heureuse de l'apéro. Pour chaque verre offert recevez un trémolo plaintif, une corde coulante et son tabouret assorti aux couleurs de brouillard. Paul n'a pas choisi la mort ni le cimetière pour dernier décor. Pas de flappy end sur sa pièce redevenue porte-bonheur, son théâtre ne sera plus tragique, il vaudevilera la légèreté d'un Guitry et des maîtresses sobres se planqueront sous son lit.
L'haleine de poney rendue à son propriétaire, Paul est prêt à galocher la vie, à galoper le long de ses lèvres juteuses en frôlant du bout des doigts les parties les plus érogènes. Elle se trémousse et lui ouvre ses cuisses pour un spectacle inoubliable. C'est sold out au concert des ivrognes, retour à la genèse, à l'eau de source, au souffle du premier sein où le lait maternel n'était pas un russe blanc mais un concentré sucré d'éternité.
Il n'y a pas de guérison, juste les barbelés d'une certaine déraison qui ne blessent presque plus au travers du gilet-carapace de la conscience retrouvée. Il n'y a pas d'oraison, de céleste supplications mais la simple esquisse d'un sourire sur le visage du Christ qui n'y croyait plus du tout.
Le friable s'arme de béton. Paul réveille chaque muscle de brusques coups de clairon à l'heure ou dans ce passé-passoire le coma le berçait aux embouchures d'une mort annoncée, d'une mort dénoncée.
In -BOIRE !!!-
2016
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Ah ! Agréable, cette lecture.
Le texte est signé 2016, il a un effet d'annonce ! Est-ce un début de roman ?
Oui, on croirait le début d'un grand projet sur les péripéties de Paul, ça invite à présager le pire...